SxJ^bris
PROFESSORJ.S.WILL
CORRESPONDANCE
Dfas
RÉFORMATEURS
DAB lis PAYS DE LAK.IiE FRAM.AISE
nKClTRH-UE ET PUIJUKK
AVEC
D'AUTRES LETTRES RELATIVES A LA RÉFORME
KT DES NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES
PAR
A.-L HERMINJARD
TOME HUITIÈME (1549 à 1543)
AVFC UN INDEX ALPHABÉTIQUE PE3 NOMS
GENE\'E, BALE, LYON
(iEOiu; c*^ r:<\ lihiiaihks-éditeuhs
PARIS
fi. FISCHRACHER, 33, RUE DR SEINE
1893
CORRESPONDANCE
DES
RÉFORMATEURS
D.US LES rWS IIE l.l\l.lE Fll\.\i:\l)iE
GENÈVE. — IMPRIMERIE W. KUXDIG & FILS.
CORRESPONDANCE
DES
RÉFORMATEURS
DA^'S LES PAYS DE LAM.IE FRAMiAISE
RECUEILLIE ET PUBLIEE
AVEC
D'AUTRES LETTRES RELATIVES A LA RÉFORME
ET DES NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES
PAR
A.-L IIERMINJARD
TOME HUITIEME
1542-1548
GENEVE, BALE, LYON
GEOHG & C'«, LIBKAIRES-ÉDITEURS
PARIS
G. FISCHBACHER, 33, RUE DE SEINE
1893
Tous di'oits réservé.-i.
A MONSIEUR LE RECTEUR
ET
A MESSIEURS LES PROFESSEURS
DE
L'UNIVERSITÉ DE GENÈVE
HOMMAGE EESPECTTJEUX
CORRESPONDANCE
RÉFORMATEURS
\ r
SUITE DE LA QUATRIEME PERIODE
Depuis Facceptation des Ordonnanfcs ecclésiasti(|ues à Genève
jusqu'à la ruine du parti des Libertins.
154 1 — 1555
T. YtlI.
1110
GxnLLAUME FAREL à Jean Calvin, à Genève.
De Neuchâtel, 2 mai 1542.
Aiitograplie. Bibl. dos pasteurs de Neuchâtel. Calv. 0pp.
Brunsv. XI, 391.
S. Hodie priniïnn iiiihi redditaî fuerunt tuœ literse, et quas
scripsit Viretus paulô antè quàm tuas ' : ut mirer tam tardare
tabellarios. Quod dicebam priîis ^, idem rursus dico : ne te in
scribendo fatiges ueqHe Viretus. Satis et plus satis est qîiod
agatis. Utinam addat vobis adjufores Domimis pro remoris
istis ^ ut onus tantum levius liât ! Scripsi de cœtu nostro, qui
9. hujus mensis est nohis datus * : cui optarent fratres te vel
Viretum adesse, ut jam ad Viretum scripsi. Si fieri potest, sinite
^ Allusion à deux lettres que nous n'avons pas retrouvées.
^ Voyez la lettre de Farel du 19 avril (t. VII, p. 455, lig. 8-16).
' Henri de la Mare, Amé Champereau, et peut-être aussi Jacques Ber-
nard, collègues de Calvin et de Viret à Genève (Vn, 328, n. 12; 410-411;
438, 439, 448, 455).
* Tous les pasteurs du comté de Neuchâtel devaient tenir un Synode le
mardi 9 mai. Ceux des églises voisines y étaient invités. Il paraît que les
assemblées de ce genre ne pouvaient avoir lieu sans la permission du Gou-
verneur.
4 GUILLAUME FAREL A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 15i2
id à vobis impetrari. Qu» te iirunt non sinunt me quiescere.
Dominns nobis aperiat viam qua consuli sanctè possit omnibus
ecclesiis, quam omnes sequamur omnibus postpositis. In literis
Bnceri video me plurimùm peccare, dum mihi accidit quod ille
deflet % nimirum dum linguas malas vitamus, dumque timemus
offendere quos optamus in officio continere, non pauca omit-
tuntur quse agenda essent. Christus sit nobis propitius, et spiritu
consilii, sapientiœ et fortitudinis nos donet !
Audio confessionem Provincialium prohatam fuisse a Rege ^,
et factam fuisse copiam Roherto l^teplumo imprimendi Bihlia
Gallica '^ : unde conjicio viam satis apertam ad Verbum, si
essent qui qua oportet ratione pure et appositè verbum Domini
proponerent. Sed vereor multos esse qui si attigerint unum aut
^ La lettre de Martin Bucer que Farel mentionnait le 19 avril (VU,
455, lig. 1-7). — Éd. de Brunswick : dum nihil accidit.
® La Confession de foi présentée au parlement de Provence, le 6 avril
1541, par les Vaudois de Mérindol (YLI, 82, n. 6). <■ Or, après la dicte
présentation (dit un opuscule de 1555), plusieurs ont désiré plus ample
déclaration de la foy des dicts de Mérindol A ceste cause, les dicts
ont envoyé plus amples articles au Cardinal Sadolet, pour lors Évesque de
Carpentras*, aussi aux Syndiques d'Avignon et à l'Évesque de Cavaillon,
et à tous ceux qui en ont demandé tant en général que en particulier. Et
mesmes le feu Roy Françoys.... voulut savoir et entendre quelle estoit
la doctrine que suyvoyent les d. de Mérindol et autres persécutez au pays
de Provence. Et devant sa majesté royale, la dicte confession fut leue
par son Lecteur ordinaire, nommé Castellanus. Et après avoir esté leue de
poinct en poinct, le Boy demanda en quel endroict on trouvait faute ou
chose à redire en la d. confession de foy. Et nul n'osa ouvrir la bouche
pour y contredire. » (Hist. mémorable de la persécution de ceux de Mérin-
dol, etc., in-S", p. 41).
Il est difficile de concilier ce témoignage avec le suivant : « Le 17 may
1543 (lit-on dans le plaidoyer de Jacques Aubéry pour les Vaudois. Paris,
1645, p. 52), le Roy envoyé ses Lettres patentes de troisième grâce, » où il
rappelle « ses précédentes lettres [du 8 février 1541], ausquelles les notez
d'hérésie n'ont obéi, parce qu'ils ont envoyé une créance et confession de
leur foy par écrit, que la Cour n'a voulu recevoir, comme aussi le Roy
n'entendoit qu'elle fust receue. » — De deux choses l'une : François I^r
oubliait, en 1543, qu'il avait approuvé en 1541 la Confession de foi des
Vaudois, ou bien l'auteur de VHistoire mémorable a été induit en erreur.
^ C'était un faux bruit. Renouard (Annales des Estienne) ne mentionne
aucune Bible française publiée eu 1542 ou en 1543 par Eobert Estienne.
* Sadolet leur répondit par une lettre très amicale, dont Crespin a publié le soramaii-e,
Hist. des martyrs, éd. de 1582, f. 138 verso.
IS42 GUILLAUME FAREL A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 5
altoniin abusuni Pontificis, roj)iitent se statim totum Evange-
lium ijrœdicasso. Tu qui in hoc valcs ot multos nosti, potes
adinonere, ut non dubito facis " : ut istic eniteris rei)urgare
(luœ terri non possunt. Is qui oninia potest sua te roboi-et vir-
tute, qua possis quod sanctè cupis ! Hannonius non jji'imus
nobis iniposuit '•', iiec erit postrenius : ita fucibus [1. fucisj '"
saepe adsumus, dum credimus bonis benefacer(\ Hîc felix est
Barharinns, neque ego minus, sed i)er familiam, et quia locus
non est, pauciores exeipio ". H^iic ''^ quid consilii visuni sit
dare, ex eo audies. Tractavit qua'dani euni eo Zehedeus^^, quae
non satis probantur. Sed de his aliàs, Vale et omnes saluta,
preecipuè Viretum cuni vestris conjugïbns. Fratres mei tibi
salutem et omnibus dicunt. Neocomi, 2. Mail 1542.
Farellus tuus totus.
Literas Buceri non remitto nune : statim per aliuni mittam.
(Inscrij)tio :) Christi servo Jo. Calvino, fratri et symmystse
quàm chariss. Genevae.
^ Calvin avait donc conservé des relations avec quelques-nns des prédi-
cateurs catlioliqucs-romains qu'il avait connus en France.
^ Nous n'avons aucun renseignement sur ce personnage. Il ne faut pas
le confondre avec celui qui est appelé Annonius dans la lettre des pasteurs
neuchàtelois du 3 décembre 1545.
" La troisième lettre de ce mot a la forme d'un c plutôt que d'une r.
Farel a peut-être écrit par inadvertance fucibus au lien de fucis, qui irait
bien ici. Les éditeurs des Cnlvuii Opéra ont lu fœcihus.
" Thomas Barbarm, pasteur de Boudri, était dispensé de .donner
l'hospitalité aux voyageurs, parce qu'il demeurait assez loin de la grand'
route de Neuchàtel. Guillaume Farel ne i)ouvait en recevoir, parce qu'il
n'avait pas assez de place dans sa maison, où logeaient alors deux ou trois
de ses frères.
*^ Au porteur de la présente lettre.
^' Voyez, sur André Zébédée, le N" 1127.
6 LE CONSEIL DE BERNE AU CONSEIL DE NEUCHATEL. 1542
IHl
LE CONSEIL DE BERXE au Gonseïl de Neuchâtel.
De Berne, 4 mai 1542.
Minute orig. Arch.de Berne. Samuel de Cliambrier. Descrijjtion
de la Mairie de Neuchâtel, 1840, p. 333.
Nobles, saiges, expei'ts, très chiers et féaulx bourgeois !
Les prédicantz et ministres du sainct évangelle de Nostre
Seigneur au Contel de Neufchastel nous ont advertis, par la
voix de maistre Gnillaume Pharell, de la délibération qu'ilz ont
de tenir nng chajJjntre général ou congrégation des frères
ministres ', pour le bien, prouffict et advancement de la Parolle
du Seigneur, singulièrement pour mectre quelque meilleur
ordre au cours et conduicte du Consistoyre de Neufcliastel^,
^ On lit dans le Manuel de Berne du 4 mai : « Pharellus prie mes Sei-
gneurs de leur être secourahles pour la tenue d'un Synode, afin qu'une
meilleure Censura, conforme à celle de notre Église, soit instituée à Neu-
châtel. » — « Ensuite, ceux de Cressier demandent un prédicant : ce qu'ils
ne peuvent obtenir du Gouverneur sans l'aide de mes gracieux Seigneurs.»
(Trad. de l'allemand.) A comparer avec Boyve. Annales hist. de Neuchâtel
et Valangin, 1854-58, II, 429.
* Selon Samuel de Chambrier, il fut formé en 1546 un tribunal mixte,
dans lequel, sous la présidence du maire de Neuchâtel, représentant l'auto-
rité du souverain, les pasteurs de la ville avaient séance, et après eux des
hommes d'âge mûr, réputés de mœurs pures,... qualifiés du titre à^ Anciens
d'église. A ce tribunal, sous le nom de Consistoire admonitif, étaient dénon-
cées les contraventions aux ordonnances ecclésiastiques. Les délinquants y
étaient admonestés et censurés, en particulier d'abord, puis devant l'Église,
s'ils ne s'amendaient pas, et enfin ils pouvaient être excommuniés. Au
Consistoire seigneurial seul il appartenait de condamner à l'amende ou à
la prison.
Un consistoire admonitif fut établi dès 1542 dans la seigneurie de
Valangin, et plus tard dans chaque paroisse du Comté. Il y eut aussi un
consistoire seigneurial à Valangin et un à Môtiers pour tout le Val-de-
loiâ LES CONSEILS DE NEUCHATEL AU CONSEIL DE BERNE. 7
afliii que les vices et scandalles soyeiit tellement chastyés que
leur démérite le requiert. A quoy vous j)rions ne vouUoir
résister, ains y tenir maiiig^ que le bien soit tousjours avancé
et le mal opressé, comme de ce en ayons nostre ])arfaicte con-
fiance en vous, et vostre inclination singulière au bien et hon-
nestité publicque le porte, affin que les esglises de Dieu, Berne
et Keufchastel, sy conjoinctes et voysines, soyent conformes à la
réformation que présantement tenons ^ et à l'ayde du Seigneur
maingtiendrons. Auquel prions qu'il vous ayt en sa saincte
protection. Datum 4" maii 1542.
L'Advoyer ET Conseil de Bernée
4142
LES CONSEILS DE NEUCHATEL au Coiiseil de Beme.
Du Landeron, 5 mai 1542.
Inédite. Manuscrit original. Archives de Berne.
Très redoubtez. magnificques et puissans Seigneurs,
Vostre bon plaisir sera entendre que jjiesse a ' noz sûmes en
pratique avec aumns de ceulx de Landron et Cressier pour les
fère recepvoir de [1. le] sçaincf Évangille ^ Et, espérant avoir
d'yceulx quelques bonne resj)once, sûmes ici comparus par davant
le Conseil de ce lieu. Et comme par si-davant desjà avions faict
Travers et les montagnes qui en dépendent (Cf Boyve, II, 382, 383 ; III,
121-123. ^- Henri Heyer. Guillaume Farel. Essai sur le développement de
ses idées théol. Genève, 1872, p. 92, 93).
' Le texte de S. de Chambrier porte : A quoy vous prions de vouloir
résister, ainsi tenir la main, etc.
* MM. de Berne avaient déjà adressé la même recommandation aux
Neudiâtelois le 15 avril 1538 (lY, 417).
^ La minute porte pour adresse : « An Gubernator, Ministràl und
Rhat, » c'est-à-dire : Au Gouverneur, aux Ministraux et Conseil.
' Piéça ou dès piéça signifie longtemps, depuis longtemps.
2 Voyez les t. II, 334-35, Y, 91-96, YII, 385, n. 3 ; 398-401.
8 LES CONSEILS DE NEL'CHATEL AU CONSEIL DE BERNE. 1542
selon nostre pouvoir, avons faict à iceulx les meilleures renions-
trances et injunction que noz a esté possible pour les fère venir
au dict sçainct etîaict. Lesquelz nous ont respondu que, de
dymanche en huit jours ^ ilz assembleront les deux perrouches
de Landron et Cressier, et leurs proposseront au mieulx que
leurs sera possible ce que leurs avons comuniquer, pour i)uis
après incontinant noz fère ceste response.
Très redoubtez, magnifiques et puissans Seigneurs, il y a
aucuns des plus apparans des dicts lieux du Landron et Cres-
sier, lesquelz jusques à présent ne ce sont déclairé avoir ceste
sçaincte dévotion à recepvoir FÉvangille, lesquelz nous ont
déclairé que, pour la révérance que le peupple d'ilec a envères
vous, vostre bon plaisir estoit de voulloir envoyer voz ambassa-
deurs de demain en huit jours ici au gieste, pour [au] lende-
main comparoistre ilec davant les dictes deux j)erroiches, et à
iceulx voulloir fère les injunction et remonstrancc^ qu'avez de
bonne coustume fère par cy-davant à ceulx dont avez esté
moyen de prandre FÉvangille. Il leurs semble que vous pouriez
estre aussi le moyen de les fère venir à ceste sçaincte Parolle.
Et, [au] cas que vous fusse lo[i]sible, desiroint que fussiez con-
tant envoyer en vostre dict nom Messieurs le banderet de Oraf-
fenried et JJli KocJi, vostre receveur de l'Isle Sçainct- Jehan ^
A ceste cause, congnoissant votre sçainct désir, Fhonneur de
Dieu, le salut de tous, et, en exp[é]cialle, envers nostre souve-
raine Princesse et ses subgetz, comme avons bonne expériance,
cella noz hardi vous escripre ceste présent(\ Vous supi)lliant
très humblement estre contant de voulloir attanter, et ainsi
envoyer au dict Landron comme dessus : auquel lieu noz
esp[é]rons envoyer pour fère en nostre endroit ce que noz sera
possible, ])our amener les dessus dicts à ceste sçaincte Parolle.
A quoy vous plaira adviser. Que sera [1. ce qui sera] de plus en
plus à nostre dicte souveraine Dame et à noz tous à déservir
envers vous, comme de ce fère avons bonne vollunté et affection,
' CVst-à-dire, le dimanche 14 mai.
* Ulrich Koch, receveur ou administrateur de l'abbaye de Sf-Jean,
sécularisée jiar les Bernois en 1528. Elle est située sur la Thièle, près de
la ville de Cerlier, et non loin de l'embouchure de cette rivière dans le lac
de Bienne. On l'appelait ordinairement le couvent de Cerlier ou l'île de
St-Jean.
loiâ PIERRE TOUSSAIN A GUILLAUME FAREL. 9
en noz recomandaiit tousjours très liumblomont à vostro bonne
grâce et souvenance.
Très redoublez, nia^nyfiques (>t i)uissans Seigneurs, noz
prions Dieu vous donner en toutt(^ j)rosi)érité très bonne vie
et longue. Escript au Landron, le vendredy v" jour de niay,
l'an mil v'^xlh.
Voz très humbles scerviteurs,
Le gouverneur, les gens du Conseil de Madame la
CONTESSE DE NeUFCHASTEL ET CONSEILZ DE LA VILLE
DU DICT NeUFCHASTEL.
(Suscrijption :) A très Redoubtez, Magnitiques et puissans Sei-
gneurs, Messeigneurs TAvoyer et Conseil de Berrne.
1113
PIERRE TOUSSAIN à Guillaume Farel.
(De Montbéliard) 7 mai (154^).
Inédite. Autograjike. Communiquée par M. Henri Lutteroth,
S. Metenses minq^iam fHeriint in majore spe. Precemur Domi-
num ut illos respiciat. Ad quos etiam hodie scripsi per .Prxfec-
tum nostrum ' . Bernâtes Principi amicè res])ond('runt - , et
Frinceps ad illos rursus misit nuntium, quem puto hodie redi-
turum, et intellecturos nos quid in ea re facturus sit Dominus.
Vale, nam non vacat ut te j)luribus obtundam. 7 Maii (1542 M.
Tuus Toss.
(Tnscriptio :) Farello meo in Christo [objservando fratri.
* A comparer avec la lettre de Toussain du 23 mai 1512.
2 Allusion à la lettre du comte Georges de Wurtemberg du 22 avril
1542 (Vil, 461, n. 5).
* Le millésime nous semble pouvoir être déterminé par la comparaison de
la présente lettre avec celle de Toussain du 24 avril (VU, l()l-(i2).
10 THÉODORE DE BÈZE A MACLOU POMPON, A DIJON. 1342
1414
THÉODORE DE BÈZE à Maclou Pompon, à Dijon '.
De Paris. 7 mai (1542).
Copie. Bibl. de Zurich. Imi)r. J. W. Baum, o. c. I, 90.
TflEODORUS Bez^us Maclovio Pomponio S. P. D.
Misissem ad te longiorem epistolam et accuratiùs scriptam, si
me hic tabellarius pateretiir ea omnia perscribere quse vellem.
Audio te vtôya[j.cv esse^, coque iiomine tibi gratulor, quippe ea te
prudentia esse scio, ut non nisi multis et gravibus causis motus
ad id genus vitcT convolaris. Deindo verô nostet' ille Agiantlms,
ut est rerum omnium peritissimus, nunquam te, ut opinor, per-
misisset his vinculis conjugii retineri, nisi œquas utrinquo
conditiones esse intellexisset. Itaque sic mihi persuadeo tibi in
hac re nec consilium nec prudentiam defuisse, quœ tibi tuisque
ut bene vertat Dcus Oj). Max. i)recoi'.
Cœterùm, quod ad res meas attinei, una est nohis uxor pMlo-
logia, quse quidem illud non habet ubi vos mariti gaudia vestra
expletis, sed id quoque secum non adfert unde tôt videmus nata
' Voyez, sur Bèze et Pompon, le t. VI, i)p. 138-141, et, sur Agianihus
(Antoine de St.-Flour) et Aquilius (de l'Aigle) les Indices des t. M, "VU.
^ Le mariage de Maclou Pompon fut célébré au mois de mai 1542.
Alexis Gaudinœus lui écrivait de Paris, le 4 juin suivant : « Gratulor tibi
nuptias, prsecor Ista omnia, blanda omnia, et qualia esse soient in ipso
nuptiarum limine Intérim habe quod tibi prpecamur :
Uxor ut faciat tua
Proie te eximia patrem,
Ludat inque sinu tun
Vagiatque Macutulus
Quem tibi similem opto.
Quo die literas tuas accepi, nuptiarum triumphum agebas : quo
factura est ut omnis prserepta nobis sit occasio adornandi profectionem »
(Mscr. orig. Bibl. Nationale. Mss. lat. X° 8585, f. 199.)
\oïi THÉODORE DE BÈZE A MACLOU POMPON, A DIJON. 11
osso divortia. ])ortinaciam dico et caetora id goiuis. Itaquo moiim
iiiihi taiii gratiini est con.jugium. ut i)arom til)i fclicitatciii j)i-e-
cari non dosinani. Alexis noster et Aqtdlius valent, scripturi ad
te simili atque se o])tulerit oui literas ad teeonnnittant : aberant
onim donio quo tenipore lia'c ad te dabani.
Quse hîc agantur nec digna sci'iptione judico, iiec seril)ei'e in
pra?senti possum, nisi forte illud scire velis, vêtus quod est vohis
Testamentum id Lutetiœ novum esse : supiMcatioties ex Senatus
cons. décrétas in proxiimon diem reUgionis cmissa ; Academiam
nostram (x'.(7or.(iyy(>)-ja factam'-^. Graves certè liomines. quos pili
tantopere commoveant ! Sed de liis satis. Epitlialaniion à nobis
expecta : intérim vide nt virum agas. \a\(\ et vîovvufr,v mihi
iteriim atque iterum saluta. Lutetiae, nonis Maii (1542).
I). Agiantho cupio etiam atque etiam eommendari.
(Inscriptio :) A mon meilleur Amy Monsiinir Pompon. Avocat
on Parlement, à Dijon.
* On lit dans Bulaus (Hist. Fniversitatis Parisiensis, VI, 377-379) les
paragraphes suivants, qui lixent le millésime de la présente lettre : « Anno
1542, initio, confecti sunt Articuli quidam Beformationis disciplince
Scholasficœ Lecti sunt in pultlicis Comitiis 5 Maii, suntque ejus-
modi : 1. Quôd Discipuli sacrificin [misspp] adesse cogantur, simul ad
lioras Christiparse virginis dicendas 2. Item quôd Praeceptores sint
graves moribus et conditione ])robati, ornati vestitu qui Regentem deceat
8. Item ab impudicis Hsereticorum voluminibus omnino abstineant, et
apud se nuUa sibi servent 11. Item ne prolixa barba, quod maxime
indecorum est, légère permittantur Item quôd secrète interrogentur
Adolescentes, si inter eos immorigeri fuerint aliqui libros habentes sus-
pectse Religionis, qui alios in suam sententiam trahere conentur.
« Hsec acta sunt Rectore M. Xicolao du Gast. cui die 23 Junii substi-
tutus est M. Leodegarius a Quercu quo Rectore indicta supplimtio
solemni.s edicto Curisp ad hœreaeot} extirpa fi on cm. Edixit enim Rex contra
Lutheranos et Curia Parlamentsea vetuit typis excudi eorum libros; inqui-
situm quoque in novatores malè seutientes de fide et curionibus urbis tra-
ditae schedulae in quil)us formula continebatur inquisitionis.
« Die ultima Augusti inhibait [Universitas] ne harhani nutrirent :
tune enim invaluerat mos, ut plerique barbati immè harbatissimi videri
vellent. »
12 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 1342
1115
JEAN CALVIN à Guillaume Farel, à Neuchâtel.
De Genève, 10 mai 1542.
Calviiii EpistoliE et Rosp., 1575, p. 37. Cal. 0pp. XI, 892.
Postridio aut saltom biduo postqiiam tibi scripsoram*, venif
Carmelita Lugdimensis^, à quo non frustra tinniinius. NonfefeUit
nos diu : vultu, verhis, toto denique corpore, qiialis esset prodidit.
Neque tamen obstitit qiiominus cum eo hunianiter ageremus.
Omitto privatabenevolentise testimonia.Quantùniad ministerium
ipsum attinet, ut obviàm iremus poriculis omnibus, quœ varia
hinc indo instabant, contuUmus cum collegis Nostris, quietunn
erga eum ratio tenenda foret. Communitor censuimus euni ad
nos vocanduni esse, rogandunique ut nobis consilium suuni
exponeret. Condiximus in postorum dimn. Ad prinium postulatuni
res])ondit, se eo aninio venisse ut ecclesiae serviret. Tum excusare
cœpi, quôd non statim eum reciperemus : ordinem enini esse
nobis prsescriptum a Domino, quem in ullius liominis gratiam
violari nefas esset : id quoque ad exemphim pertinere, ne admitti
se alii quoqu(^ eodem modo i)Ostularent. Hortatus sum ut cogi-
taret rem non (sse in manu nostra sitam, cum aperto Dei Verbo
conscientiae nostnie constrictae tenerentur. Quôd si tinior Dei
nos non imjxHliret, ne per homines quidem licere : quia ejus
rei conq)ositam formulam haberennis, cui stare nos oi)orteret.
DeprtH'atus sum deind(\ ne contemptu sui aut diffidentia
nos difterre existimaret. Addidi ejus quoque imiirimis inter-
esse, ne ita subite onus subiret : satins fore nuilto, si ali-
quantulum adhuc t(Mnporis ad delil)erandum sil)i sumeret. Tota
* Calvin fait ])rol)al)l<'nif'nt allusion à la lettre que Farel reçut tardive-
ment de lui à la lin d'avril (N" 1110, renv. de n. 1).
* Voyez la lettre de Farel du 19 avril (VII, 454, renv. de u. 1 ) et le
V 1119.
1342 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCllATKL. 13
oratio ciiiu erga cuiu honorifica erat, tuiu jjloiia boiK'volentiiB ac
luimanitatis. Excepit broviter, so potoro, ut tidos si])i oxt(Miij)lo
daretur: duas osso causas cur iiollet susponsus diutius niancro.
Nuiic so habere idoneos comités à /]uibus doducerctur. et (mjuo
etiam ac viatico instruerctui' : jjosthac non oam sil)i coninio-
ditatom foro. Doinde si in Galliani'^ïïn reniigrandnni foret, nihil
esse melius quàni id citissiniè fieri, anttMjuani runior de ejus ad
nos adventu latiùs manaret.
Jussinius j)aulispei' secedere ex conimuni consilio. Viretus
longani et grav(nn orationem de religione ac diligentia qua; in
vocandis ministris servanda esset. habuit. Produxit tuni (^x
Verbo Doniini, tuni ex veteris Ecclesiiv historiis exenipla,
rationes adhibuit quœ ad causani facere videbantur. Erat
hujusmodi oratio qua? hominem non lacesseret, et tanien al)
importuna illa testinatione retrahere eum deberet: qute denic^ue,
si quid haberet jjudoris ingenui, sine exprobratione aliqua p(M--
niovere ad verecundiam posset. Atqui adeô fractus non fuit, ut
inde ceperit majorem ferociendi audaciam. « Si Domini, in(|uit.
spiritum vos hal)ere putatis, ego eo non sum destitutus. Scio igitur
quid liceat. Non liîc sum quidem ut quas à vobis objecta sunt
refellam : constat tamen Apostolos non fuisse vicissim probatos
alios ab aliis. » Hoc autem j)roferel)at tanto fastu, ut videretui-
à refutatione abstinere, quoniam non essemus digni quibuscum
experiretur. Addidit se libentcn- id passurum fuisse, si ante
proximam Quadragesimam hue veniss(^t. Nunc cum in eeclesia
tam vicina^ spécimen sui ediderit, notiorem se debere esse, quàni
ut nova ])robatione oi)us halxv'^t. Respondi non esse i]lic eccle-
siam ex qua judicium de Pastoribus sumi oporteret. Quôd si
alicjuid nominis illic comparasset, mirum non esse : evenire enim
Gallis quod ait Salomo, nempe animis famelicis etiam amara
esse dulcia. Ad hnec magnam intirmitatem déclarasse in suis
concionibus. Nos quidem non exprobrandi aninio hœc comme-
morare, sed ineptis ejus jactantiis cogi. Ita discessum est, nisi
quôd unusquisque pauca verba subjecit. ad hominem mitigandum :
scis (juid profectum fuerit. Paulô post dixit in diversorio, se hîc
nullos reperire doctos homines : atque ut videas hominem plané
furiosum, dixit nulla occasione. (Aim unus fortasse me et Yiretnm
^ L'église de Lyon.
14 LE CONSEIL DE SOLEURE AUX CONSEILS DE NEUCHATEL. 1542
iiomiiiasset, respondit fastuosè, myriadem esse in Gallia multo
doctioruin. Quid refert V inquies. Ego verô istas ineptias, ut par
est, rideo. Aniinadverto tamen esse certa argumenta malevoliac
maligni aninii. Rogal)is quàm sit doctus qui in alios omnes adeo
severus est censor. Vidisti multos asinos, fing(> te unuin ex illis
videre.
Dum liaec scribo, literse mihi tuœ aflferuntur, quibus rursum
tlagitas ut alter nostrûm istuc veniat. Atqui si scias quàm multa
et necessaria nos hîc detineant, facile excusatos habeas. Magnam
fratrmn multiiudinem nunc haljemus, qu'ibus in singnJas horas
respondendum est. Inter eos duo sunt saltem de quibus non
modo bene speramus, sed splendidè nobis pollicemur. Alii sunt
etiam non inepti, sed illi duo excellunt \ Nuncius tuus nondum
colloquutus est nobiscuni, sed post catechismum ad me veniet.
Vale, frater integerrime. Viretus te plurimùm salutat, cujus
nomine hsec scri])si, longé plura additurus, si ocium foret, sed
jam aliô vocor. Utinam liceret chartam hanc implere : materia
enim suppetit et animus non deest, sed abrumpere omnia cogor,
Iterum vale. Genevae, x Mail, M. D. XLII.
1116
LE CONSEIL DE SOLEUEE aux Gonsells de Neuchâtel.
De Soieure, 10 mai 1542.
Inédite. Copie officielle contempor'. Arch. de Berne.
Nobles, Magnifticques, lionnorables et sages, très chers et grans
amys, à vous de très bon cueur et le plus que faire povons nous
nous recommandons.
* Calvin jjarlo f^ncore de ces candidats au ministère dans ses lettres du
16 juin et du 28 juillet.
^ En tête, cette note de la chancellerie de Neuchâtel : « Coppie extraicte
sur le vray original de la lettre à nous envoyée par les Seigneurs de
Salleurre. »
loi:2 LE CONSEIL DE SOLELRE ALX CONSEILS DE NEUCHATEL. !o
Très c'hors et grans amys ! Pai* noz très chers et ospèciaulx
aiiiys, alliez et conibourgeois du Landeron, sommes estez advertiz
que, la sepmaine passée, vous vous este transj)ortez au dict
Landyron, et leurs avez faict requeste de |)reiidre le ritte de
rÉvangille et la Rétbrmatiou d'icelle -, — disans que, se le pren-
dront, il mettront nostre très lionnorée Dame etCombourgeoise
De Longuevïlle de repos ; et que vous. Monsieur le Gouverneur,
avez dict que, se ne le vouldront faire, que seriez contrainct de
faire chose que ne feriez pas volentiers.
Très chers et gi*ands amys, fions nous esbayons grandement
dont peult venir que noz dictz bourgeois sont ainsin par vous
journellement perturhez et molestez, contre plusieurs offres de
justice que cy-devant vous avons faict, au contenu de la bour-
geoisie que avons avecque nostre dicte Dame comjjrins dedans
sa ville et pays de Neufcliastel, contre la paix universelle de ce
pays, contre toutes promesses, et mesmement ra])])oinctement
que vous. Monsieur le Gouverneur, avez faict dernièrement '\
Et eussions pensé que vous promesses et a])poinctemens ne fussent
si légières comme ilz se monstrent. Et ne savons pour laquelle
chose nostre dicte Dame sera par ce mise en repos, sinon i)ar
information des choses aultrement que à l'aventure ne sont, veu
qu'elle mesme a escript devant quelque peu de temps le con-
traire, concédant aus ditz noz bourgeois vivre à l'ancienne vraye
foy catholique, comme se trouvera par ses dictes lettres, et que
elle-mesmes vit en icelle foy et relligion.
Sur ce, vous prions et requérons très acertes et le plus que
faire povons, qu'il soit de vostre bon plaisir de laisser noz
dictz bourgeois en paix et tranquilité, et vivre selon leur plus *
* A comparer avec le N' 1112.
« La convention du 30 octobre 1541 (t. YII, p. 399, n. 5 ; 401, n. 10) ?
* D'après MM. de Soleure, les paroissiens du Landeron auraient déjà
fait <f uyi plus, » c'est-à-dire une votation, et se seraient prononcés en ma-
jorité pour la messe avant le mois de mai 1542. Et Berne les invitait à
voter encore une fois, le dimanche 14 mai (N" 1112, renv. de n. 4), sur
la même question ! La cliose devait sembler abusive aux Soleurois (Voy.
t. II, p. 403, premier paragraj)he).
Fréd. de Chambrier, qui a dû connaître la présente lettre, ne ])araît pas
avoir admis la réalité de cette première votation des Landeronais. Il
s'exprime, en eftet, comme il suit : « Au Landeron, il s'agissait de savoir
16 LE CONSEIL DE SOLEURE AUX CONSEILS DE NKUCHATEL. 1542
et consciences, sans leurs faire ny souffrir faire aulcune violence
ou perturbation et molestation, ainsi que la dicte paix universelle,
où sont conii)rins tous les habitans de ce pays, et rappoinctement
dernièrement faict et accordé })ortent. Car où cela n'auroit lieu,
ou que on leur veuille faire telle tyrannie, tort et violence, en
estans advertiz, serions contrains de donner ayde et confort à noz
dictz bourgeois, pour les mainctenir en leur bon droict et raison,
selon le contenu de la Combourgeoisie que avons avecques eulx.
Vous prians nous envoyer sur ce vostre response par le présent
porteur, pour nous savoir sur ce conduire, Aultrement, envoye-
rons par devers nostre dicte Dame de Longtievïlle, ou luy
escrirons pour savoir d'icelle si c'est son opinion de contrevenir
à la paix universelle % de rompre tous appoinctemens, promesses
et accordz à la combourgeoisie estant entre icelle Dame et nous :
de contraindre noz bourgeois contre leurs consciences et la foy :
aussi contre les bons privilèges lesquelz ont des Seigneurs et
Dames, Contes et Contesses de Neufchastel, dont ilz ont bonnes
Lettres : se pour faire tyrannye et tort à ses subjectz, elle sera
mise en re])Os V
Et ce pendant veu[i]llez désister et faire désister gens imjjor-
tuns, desirans noises et débatz, de toutes innovations et forces :
et, si ainsi ne povoit estre, vous contanter de droict et raison,
selon les offres cy-dessus faictes. Et quant le pourrions déser-
vir envers vous, en toutes choses à nous j)ossibles le ferons
de très bon cueur, aydant nostre Créateur, à qui prions
qu'il vous doint, chers Seigneurs et grans amys, sa grâce et
qui l'emporterait du patronage politique de Soleure, ou du patronage
ecclésiastique de Berne ; on convint d'une assemblée du peuple où la plu-
ralité déciderait ; selon la tradition, les voix se trouvèrent égales, et on
alla chercher aux champs le berger, qui décida pour la messe, 14 mai 1542 »
(Hist. de Neuchâtel et Yalangin, 1840, p. 309). — Boyve (Annales, II, 428)
dit que Berne envoya trois députés à la conférence du 14 mai ; que Farel
et quelques frères s'y rencontrèrent avec les quatre ministi-es [1. Ministraux]
de la ville de Neuchâtel ; que les suffrages se trouvèrent partagés. « Et quel-
qu'un s'étant avisé de dire qu'il y avait encore un bourgeois qui n'avait
pas voté et qui était aux champs, on l'amena : c'était le berger du trou-
peau, etc. »
* La paix de Bremgarten, signée en 1531 par Zurich le 16 novembre,
par les Bernois le 22 novembre (Boyve, II, 327, 329. — Ruchat, II, 439,
451. — Jean de Muller, X, 493-94).
1542 LES CONSEILS DE NEUCHA.TKL AU CONSEIL DE SOLEURE. 17
très bonne vie. De nostre ville de Salleure, ce x' ^ de may,
Tan, etc., xLn.
Les Advoyers et Conseil de la ville de Salleure.
(Suscription :) Aux Nobles et magpnificques, honnorablos et
saiges Seigneurs Monsieur le Baillif et Lieutenant général,
ensemble les quatre du Conseil de nostre très honnorée Dame et
quatre du Conseil de Neufchastel lesqueîz sont estez derniè-
rement au Landeron, Noz chers Seigneurs, bons et singuliers
amys.
1117
LES CONSEILS DE NEUCHATEL au Gonseil de Soleil re.
De Neuchâtel, Il mai 154:2.
Inédite. Copie officielle contempor. ' Arch. de Berne.
Magnificques et puyssans Seigneurs! Nous avons receu voz
lètres par vostre messaigier. Ausquelles gist à considérer, aussi
à regarder aux choses par cy-devant faictes, à cause de ce que
dictes que vous alliez et combourgeoys du Landeron vous ont
advertyr, que Ton les veult forcer à prandre et recepvoir le
sainct évangille de Jhésus-Christ. Là-dessus nous vous advisons
que en briefz nous assemblerons les gens du Conseil lesqueîz
ont par cy-devant traicter avec nous des affayres du dict L«w-
ierow; aussi verrons diligemment les Lètres que nostre Dame
et Princesse a par sy-devant ordonné sur ce faict. Et, après
avoir le tout bien veu, nous vous ferons responce sur vos dictes
lètres. Tant y a que vous pouvons dire véritablement qu'avez esté
en nostre endroit très mal informez. Car si aucuns vouliont
forcer les dicts du Landeron pour le faict dont nous escripvez,
' La lettre originale, conservée aux Arch. d'État de Neuchâtel, est en
allemand et datée du 9 mai 1542.
^ Cette copie, faite par le notaire neuchâtelois A. Bretelz, était destinée
à MM. de Berne.
T. VIII. 2
18 LES CONSEILS DE NEUCHATEL AU CONSEIL DE BERNE. 1S42
de toute la petite puyssance que Dieu a mis en ce pays, comme de
ce fayre avons commandement de nostre d. Dame, avec nostre
volunté, les en garderont les premiers: tant s'en fault-il que
délibérer ayons de ce fayre, — comme dit Tavons aus dits du
Landeron. De quoy vous avons bien voulssus advertir, en nous
recommandant de bien bon cueur à voz bonnes gnâces. Escript
et cacheté, ou nom de nous tous, du séel de moy le dit Gouver-
neur. Escript à Neufchastel, ce xi""^ jour de May 1542.
Le GOUVERNEUR ET AUCUNS DES GENS DU CONSEIL
DE MA DITE DaME, ET LES CONSEILLIERS DE LA
VILLE DE Neufchastel.
(Suscription :) A Magnificques et puyssans Seigneurs TAdvoyer
et Conseil de la ville de Salleure, noz chers Seigneurs et grands
amys ^
1118
LES CONSEILS DE NEUCHATEL au Gonseïl de Berne.
De Neuchâtel, il mai 1542.
Inédite. Manuscrit original. Arch. de Berne.
Très redoubtez, Magnificques et très puyssans Seigneurs !
Nous avons veu par la responce qu'il vous a pieu nous fayre
sur nostre pétition, comme contynuer [1. continuez] à vostre
sainct propos et poursuyvre l'honneur et gloyre de Dieu et le
salut de tous, ains que envoyerez vous ambassadeurs au Lande-
ron. De quoy vous remertions très humblement. Depuys, les
Seigneurs de Salleurre nous ont escript une lettre, de laquelle
vous envoyons le double : par lesquelles vous playra voir comme
les choses [se] passent. Et ne souffit à leurs lettres ; mais, comme
entendons, leurs avoi[e]r et secrétaire sont au dit Landeron,
* Note du chancelier bernois Pierre Giroti : « Neuchâtel. Landeron.
Cressier. Evangelii res. »
1342 JEAN CALVIN AUX ÉVANGÉLIQUES DE LYON. \9
faignant il avoir des affayres particulières. De qiioy vous avons
bien voulssu advertir. Et vous supplions par ceste, que nous
vueilliez fayre saige [1. conseiller], par vos d. ambassadeur, de
la responce qu'avons affayres [1. à fdire] ans d. de Salleurre sur
les prindpaulx ])oint, pour n'y avoir encores satisfais, comme
vous playra voir par le double des lettres, que vous envoyons,
de la responce que leurs avons envoyé. Vous supplyant encore
une foys avoir ceste mathière pour recommandé et il nous assis-
ter, comme de ce nous nous asseurons envers vous en nous re-
commandant très humblement à vostre bonne grâce et souve-
nance. Escript à Neufchastel, ce xi"* de May 1542.
Voz très humbles serviteurs, le gouverneur, les gens du
Conseil de Madame la Contesse de Neufchastel et les
CONSEILLIERS DE LA DITE VILLE DE NeUFCHASTEL.
(Suscription :) A très redoubtez, magniticques, très puyssans
Seigneurs Messeigneurs l'Advoyer et Conseil de la Ville de
Berne K
1119
JEAN CALVIN aiix Evangéliques de Lyon.
(De Genève, vers le milieu de mai 1542 \)
Minute originale. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n° 145. Jules
Bonnet, o. c. I, 57. Calv. 0pp. XI, 396.
La grâce et paix de Dieu nostre père par nostre Seigneur
Jésus-Christ, soit et demeure tousjours sur vous par la vertu
de son sainct esprit !
Très chers frères, nous désirerions d'avoir matière de vous
escripre qui vous i^înt à plus grande consolation. Car quant
^ Cette lettre, écrite par A, Bretelz, porte la note suivante, de la main
de P. Giron : « Neuchâtel. Landeron. Soleure. Copie d'une lettre grossière,^
Angaria vernalis. »
^ La lettre de Calvin du 10 mai fournit la date approximative.
20 JEAN CALVIN AUX ÉVANGÉLIQUES DE LYON. 1542
quelque aultre vous contristeroit, nous serions les iwe^niers qui
vouldrions mectre paine à vous resjoyr. Mais la nécessité nous
contrainct pour ceste heure de user envers vous d'aultre argu-
ment que nostre vouloir ne porteroit, si c'estoit à nous à choi-
sir. Toutesfois, pource que nous espérons bien que nul de vous
ne pensera que nostre intention soit aultre sinon de vous édi-
fier, consoler et confermer en Nostre Seigneur, nous ne ferons
point plus longues excuses en cest endroict, touchant le contenu
des présentes, que vous ne preniez point en maulvaise part ce
quil ^ vous pourra apporter plus de fascherie que de resjoys-
sance. Nous sçavons bien aussi que c'est chose odieuse de vitupérer
ung hoDime qui non-seulement est en bonne réputation, mais a
acquis quelque bruit et renommée. Mais quant vous aurez en-
tendu les liaisons qui nous meuvent à ce faire, nous ne douhtons
point que vous ne vous teniez très contens de nous.
Pour vous advertir en brief, nous avons à vous escripre quel-
ques nouvelles ^ touchant le Carme qui a là presché le caresme
dernier *, lesquelles ne tourneront pas à sa louenge. Ce que nous
en faisons n'est point de cupidité que nous ayons de détracter
de luy. Car encores que nous ayons quelque occasion qui nous
peult induire à cela, nostre courage n'est pas tel, et n'en avons
point la coustume. Mais quant nous vous aurons exposé la
raison qui nous meut, elle vous pourra plainement satisfaire :
d'aultant qu'il s'en est retourné par devers vous mal content
du recueil que luy avions faict, comme il a dict à quelques-ungs,
nous pensons bien que, estant par delà, il vous pourra fère
beaucoup de complainctes, et ne fust que pour se purger de ce
qu'il retourne de rechef en l'abisme dont le Seigneur Tavoit
délivrée Or nous voyons d'aultre part quelle offence vous pour-
* En corrigeant la présente lettre, qu'il avait dictée, Calvin a ajouté
de sa main, les mots suivants : « que vous ne preniez point en maulvaise
part ce quil. »
' L'auteur a biflfé les mots quelque chose, et il les a remplacés par
quelques nouvelles. Plus bas, au lieu de qui ne tournera, il a écrit lesquelles
ne tourneront.
* Voyez la lettre de Farel du 19 avril, premier § (t. VU, p. 454).
* La conduite ultérieure du carme de Lyon prouva, en effet, qu'il était
rentré dans l'Église romaine. Lorsqu'il revint en Suisse, ce fut pour se
poser hardiment en défenseur de la messe. (Lettre de Yiret, 9 nov. 1544;
de Farel, 1er déc. 1544; lettres de Calvin, 13 déc. 1544 et 7 nov. 1545.)
1342 JEAN CALVIN AUX ÉVANGÉLIQUES DE LYON. 21
riez concevoir contre nous, si vous n'estiez deuement advertis
de tout l'aifaire^ En tant doncques que nous sommes tenus à
vous à cause du lien duquel le Seigneur nous a conjoinctz en-
semble, et que nous serions coupabk^s devant Dieu envers vous,
si nous ne mections paine d'obvier à tous les scandales que le
Diable tasche d'esmouvoir pour nous séparer et aliéner de
l'unité que le Seigneur a mise entre nous, il nous a semblé advis
bon de vous réciter simplement Thistoire du recueil et traicte-
ment que luy avons t'aict, et au contraire comment il s'est porté,
pour vous laisser le jugement de ce qui l'a peu esmouvoir à se
mescontenter de nous. Ce que nous vous en réciterons sera
comme devant Dieu, lequel nous appelions en tesmoing, le
priant de manifester la vérité telle qu'elle est, et confondre
ceulx qui vouldroient user de mensonge et calumnies aucunes.
Quelques jours après qu'il fust arrivé, ayant desjà parlé à luy
en particulier, et luy ayant monstre signes de humanité et amy-
tié, nous Vappellasmes, estans ensemhle\ pour sçavoir sa délibé-
ration. Ap7'ès qu'il nous eust dict qu'il estoit venu pour servir à
l'église de Dieu, nous le priasmes de ne p^'endre point en mau-
vaise pa7't ce que nous ne luy avions point présenté du premier
jour la chaière. Pareillement le priasmes de nous vouloir excu-
ser, si nous différions encores quelque temps, et luy remons-
trasmes les raisons^ qui nous empeschoient de nous haster. Pre-
mièrement, pource que Nostre Seigneur nous a baillé nostre
reigle par escript. laquelle il ne nous est licite de oultrepasser :
c'est qu'il nous a di^tî'endu de recevoir homme au ministère
devant que l'avoir bien et deuement ap])rouvé ; que cest'e reigle
nous doibt estre inviolable, si nous voulons avoir bon ordre et
police en l'église. Nous l'admonestasmes de considérer combien
l'excellence du ministère nous estoit recommandée de Dieu,
laquelle seroit vilipendée si on y recevoit ung homme à la volée
sans observer forme légitime. Secondement, nous luy remons-
trasmes en quelle conséquence cela pourroit venir, si nous
® Au lion de toute la cause, Calvin a écrit tout l'affaire.
'' Probablement, le vendredi 5 mai. La « Congrégation générale, » ou
assemblée de tous les pasteurs du territoire genevois, se réunissait ordinai-
rement le vendredi matin, pour s'occuper des affaires ecclésiastiques (Voy.
la n. 14). Plus tard, le corps des pasteurs fut appelé la Compagnie.
* Dans l'édition de Brunswick, le.s occasions.
22 JEAN CALVIN AUX ÉV ANGÉLIQUES DE LYON. 1542
rintroduisions ainsi hastivement, à sçavoir qu'ung aultre voul-
droit estre receu à son exemple, et, en quelque sorte qu'il en
advînt, que nous tomberions en une plus grande confusion qu'il
n'y a eu le temps passé, faisant dispense à Fung et la dényant
à l'aultre : laquelle inéqualité est une ruyne mortelle en l'église
de Dieu. Tiercement, nous luy dismes que quant nous aurions
si mauvaise conscience de vouloir en sa faveur transgresser le
commandement de Dieu, qu'il ne nous seroit point ])ermis
néantmoins, j)0urce que nous avons noz loix ecclésiasticques
réduictes par escript ^ lesquelles nous chantent une leçon toute
diverse. Or il nous les fault observer, veu que tout le peuple à
nostre instance s'y est obligé. Pour le quatriesme, nous luy
remonstrasmes que c'estoit mesmes son jjrofit que la chose se fît
meurement, pource que ce pendant il auroit le loisir de consi-
dérer combien la charge est difficile et fâcheuse, afin de prendre
conseil sur cela de ce qu'il auroit à fère; semblablement de
cognoistre nostre forme et manière, afin de s'y accommoder, de
peur de scandaliser le peuple, lequel est tendre et délicat, car
les plus rudes sont quelque fois les plus dificiles à contenter.
Néantmoins si luy donnasmes-nous bien à entendre que nostre
intention n'estoit pas de le tenir long temps en suspend et le
fère languir, mais plustost de regarder en brief, et, le plus tost
que possible nous sera, de l'ajjplicquer au service de Dieu. Sur
cela nous le priasmes d'avoir encores ung petit de patience en
actendant que les choses se fissent selon l'ordre de Dieu, et que
ce pendant il usast de nous privément comme de ses frères, nous
oftrant de luy fère service et })laisir en toute chose que le Sei-
gneur auroit mis en nostre main.
Il nous sembloit bien que noz propoz estoient si raisonnables
qu'il les debvoit i)rendre en payement. Davantage, nous i)arlfiJons
aultant amyablement qu'il eust sceu demander, et sommes cer-
tains que tout homme craignant Dieu et ayant bonne conscience
eust esté bien satisfaict. Qui plus est, ung homme mesme de
mauvais cœur, moyennant qu'il eust eu quelque honnesteté et
n'eust pas esté du tout eftVonté, eust eu honte de contredire.
Nostre moyne, pour toute response, nous somma de Tasseurer
' Les ordonnances ecclésiastiques adoptées le 20 novembre 1541 ])ar le
Conseil général de Genève (VII, 350-51).
1542 JEAN CALVIN AUX ÉVANGÉLIQUES DE LYON. 23
sur-le-champ, nonobstant toutes les raisons que nous avions allé-
guées. Et co pour (l(nix causos : la i)reiiiièro, c'est qu'il avoit pour
lors compaignio (jui le pouvoit conduire seuromiMit hors des
dangers et luy fournir monture et argent, et qu'il n'auroit
point tousjours ceste opportunité en main ; la seconde, que s'il
avoit à s'en retourner en France, le j)lus tost seroit le meilleur,
devant que le bruit de sa venue par deçà fust [)ublié.
Nous vismes bien i)ar ceste response qu'il ne sçavoit que c'estoit
ne de l'église, ne du ministère, et que s'il avoit peu d'intelligence,
encores avoit-il moins de cœur et de zèle. Toutesfois, l'ayant faict
retirer et ayant parlé ensemble entre nous, encores luy fismes-
nous une response fort doulce et gracieuse, luy priant qu'il
nous pardonnast si nous n'obtempérions point à sa requeste, veu
que noz consciences estoient abstrainctes [1. adstrainctes] par la
parole de Dieu; et ce qui luy avoit esté dict auparavant luy fust
explicqué et confermé davantage tant par tesmoignages de
l'Escripture que les exemples de l'église ancienne. On luy fist
aussi des exhortations qui le pouvoient bien rompre et réduire
à me[i]lleure raison, s'il n'eust esté par trop esgaré, et, affin
qu'il ne luy semblast qu'on ne luy tist point l'honneur qui luy
appartenoit, nous luy touchasmes qu'on avoit bien usé de telle
forme envers ceulx qui le valoient, et que iceulx s'estoient vou-
luntiers assubjectis à cela.
Lug, au lieu de se renger, réplicqua plat et court que si nous
pensions avoir l'esprit de Dieu, qu'il n'en estait pas destitué, et
monstra bien que tout ce que nous avions mis en avant, il le
prenoit à mocquerie. Nous luy respondismes premièrement
qu'en ceste matière nous avions la parole de Dieu tant clère que
noz consciences estoient suffisamment asseurées. Et encores que
la chose fust doul)teuse ou que nous en eussions quelque scru-
pule, que nostre office estoit de ne rien attenter contre ce que
nous penserions estre du vouloir de Dieu. Toutesfois que ce qu(^
nous alléguions estoit si cler qu'il n'estoit jà mestier d'en fère
plus longue dispute. Davantage, (ju'il se debvoit tenir plustost
pour suspect que nous, à cause qu'il ne regardoit que son parti-
culier, et que de nostre part nous n'avions aultre considération,
sinon de suyvre l'oi'donnance de Dieu. Il nous réplicqua aussi
que s'il fust venu devant le caresme, il eust bien souffert d' estre
examiné, mais plus \\.puis^ qu'il avoit presché en une église si voi-
24 JEAN CALVIN AUX ÉVANGÉLIQLES DE LYON. 1542
sine ^^, qu'on dehvoit bien tenir cela pour approbation. Sur ce point
nous luy dismes qu'il en advient en France comme dict Salomon,
asçavoir qu'à une âme affamée les choses amères semblent estre
doulces ; car le povre peuple est là tant affamé de la vraye doc-
trine, que quant on luy en touche ung petit mot, et ne fusse qu'à
demy, il est tellement ravy et transporté qu'il n'a loisir déjuger.
Au reste, touchant ce qu'il se vantoit d'avoir là presché, nous
luy dismes qu'il n'en dressât point les cornes, et que nous sça-
vions bien en quelle infirmité ce avoit esté. Et toutesfois nous
protestasmes que ce n'estoit point par reproche, et que nous ne
sommes pas si inhumains que nous ne supportions ceulx qui
sont aucunement infirmes en tel danger ; mais que c'estoit pour
l'induire à se recongnoistre, afin qu'il ne s'enorgueillist point
en vain, ayant plus de cause de se humilier. En la fin nous tas-
chasmes de rechef de l'adoulcir et luy donner bon courage. Et
luy, de sa part, ne fist pas d'aultre semblant d'estre irrité ".
Le lendemain, estant en une taverne en grande compaignie, en
laquelle il y avoit envyron une dizainne de prescheurs d'icy
alentour *^ après qu'on eust devisé de quelque matière, — sans
qu"il fust provocqué ne qu'il en eust occasion aucune, comme s'il
eust esté un contrerolleur de tout le monde, — il dict qu'il n!y
avoit point d'iiomme sçavant par deçà, et parla encores plus oui-
trageusement que nous ne disons. Et comme la vérité vient tous-
jours en lumière avec le temps, nous avons esté depuis adverti&
que, du premier jour qu'il estoit entré en ceste ville, il n'avoit
cessé de mesdire, maintenant de l'ung ou de l'aultre, mainte-
nant de tous, jusqu(>s à prononcer qu'il ne trouvoit nul goust
ne nulle édification en toutes noz prédications et lectures. Et
toutesfois il estoit si eftrouté, que ce pendant il osoit bien venir
^° Celle de Lyon.
^^ Ici le secrétaire a posé la plume. Le reste de la lettre a été écrit par
lui eu plus petits caractères et relate des faits dont quelques-uns sont pos-
térieurs à la lettre de Calvin du 10 mai.
'^ Si la réunion indiquée plus haut (renv. de n. 7) doit s'entendre de la
«congrégation générale » du vendredi, cette « dizainne de prescheurs d'icy
alentour » désignerait des ministres du territoire bernois (Pays de Vaud,
Pays de Gex et Faucigny) voisin de Genève. Ils étaient sans doute venus
dans cette ville pour le marché du samedi, et, avant de regagner leur vil-
lage, ils dînaient ensemble dans une taverne. Les « restaurants » n'étaient
pas encore inventés.
1542 JEAN CALVIN AUX ÉVANGÉLIQUES DE LYON. 25
disner chez nous. Nous voyons bien quelle raison le menoit à
cela, c'est que le povre homme est si affamé de gloire qu'il hrusle
tout, et néantmoins nous ne voyons pas qu'il ayt rien en quoy il
se puisse glorifier. Car quant on a/ira bien espeluché tout ce
qu'il a au vontre, on n'y trouvera que pure asnerie. Il sçait
ung peu moins en la langue latine q[u']ung enfant de huit ans
ne debvroit faire. En TEscripture, il y est aussi ignorant qu'ung
caffart, et toutesfois il est si enyvré d'ambition qu'il ne se peult
tenir sur ses piedz. Nous vous laissons à réciter plusieurs me-
nées qu'il a tenté. Tant y a qu'il n'eust i)as tenu à luy de
troubler nostre église, si 1(> temps y eust esté disposé. Mais ce
n'est pas ung exemple nouveau, car telle manière de gens a eu
ses prédécesseurs dès le temps de S. Paul, qui, par seml)lable
artifice, c'est-à-dire en se vantant d'eulx-mesme[s] et détractant
le sainct apostre, troubloient tout pour s'advancer, comme nous
pouvons voir aux Épistres des Corinthiens et des Gallates.
Sur la fin ce bon preudhomme, ayant délibéré en son cueur
de s'en partir, vint à l'ung de nous pour se purger. Et premiè-
rement se vouloit justifier de tout ce qu'il nous avoit respondu.
Il luy fust dict que ce seroit son profit de bien considérer le tout
devant Dieu pour s'accuser et condemner, sans estre tant arresté
à maintenir son honneur par parole, après l'avoir de faict et
d"œuvre ainsi blessé; que s'il persévéroit à contendre ainsi
contre raison et vérité, qu'il viendroit à mauvaise fin, d'aultant
qu'il fault que ceste sentence soit vraye : quiconque s'exalte sera
humilié. Touchant des foies pai'oles qu'il avoit proférées en la
taverne, il vouloit estre creu en les nyant et que on estimast men-
teurs tous ceidx qui les avoyent ouyes. Il luy fust respondu qu'il
plaidast doncques contre Nostre Seigneur, qui a voulu qu'en
la bouche de deux ou trois toute parole fust certaine. Et toutes-
fois qu'il n'estoit jà mestier de se débatre beaucouj) de ce poinct,
d'aultant qu'il ne nous chault pas beaucoup combien on prise
ou mesprise nostre sçavoir, et que nostre principale gloire est
d'estre serviteurs de Dieu. Ainsi que nous tenions cela pour
une chose ridicule et de néant, mesmes pource que nous ne luy
detïérons pas tant que de le recongnoistre pour juge compétent.
Toutesfois que nous appercevions bien en telles paroles que son
cœur estoit si enflé et quasi crevé de venin, qu'il fust contrainct
de le vomir en parlant ainsi, et que ce signe de malveillance
26 JEAN CALVIN AUX ÉVANGÉLIQUES DE LYON. 1542
nous offençoit, vpu que nous ne luy en avions point donné
d'occasion. Touchant le troisiesme poinct, il ne peult pas nyer
qu'il n'eust mesdict en quelque sorte de noz iwéàicaiïons, com-
bien que il estoit bien difficile qu'il en peult donner certain
jugement, encores qu'il eust eu sçavoir pour ce faire. Car jà soit
qu'il y vînt aucunefois par contenance, si est-ce que de peur
d'estre veu escouter pour apprendre, il lisoit en ung livre à
part : en quoy on peult voir sa foie ambition d'avoir si peur que
sa réputation ne diminuast, qu'il ne daignoit ])as faire cest hon-
neur à la parole de Dieu de luy donner audience.
ha fin de ce propoz ftist que celuy auquel il s'estait adressé
luy dict qu'il ferait assembler ses compagnons pour parler à luy
en commun, et luy donna bien à entendre qu'il ne debvoit point
craindre que nous voulsissions par vengeance le reculer, non
plus que s'il se fust gouverné bien saigement. Sur cela il soupa
avec ung de noz compagnons, et luy fi^t acroire qu'il vouloit
prendre logis pour s'arrester en ceste ville. Le lendemain matin,
il monte à cheval, et en montant mesdict de nous à hride avalée
plus que jamais n'avait faict. S'il a eu juste cause ou non. nous
vous le laissons à juger, après avoir leu ce récit que nous vous
avons faict : lequel nous protestons devant Dieu estre simple-
ment faict à la vérité, sans y avoir rien adjousté, et prions le
Seigneur de vous donner esprit de discrétion pour congnoistre
et droictement juger, afin de ne vous point scandaliser de
quelque rapport qu'il vous face ; car nous n'avons eu aultre
int(Mîtion en escripvant ces lettres, sinon de vous contenter,
comme nostre debvoir est, afin qu'il ne vous semblast que nous
eussions esté tro]) inhumains envers luy '^ Car, à la venté,
pource qu'il avoit i)leu au Seigneur de se servir par delà de ses
prédications, et que quelque édification s'en estoit ensuyvie,
nostre vouloir et désir totallement estoit de ne le point rejecter.
Mais nostre conscience ne nous permectoit point de le recevoir
incontinent, jusques à ce que son orgueil fust ung peu abbatu,
qu'il eust apris de se fier ung peu plus en Dieu, et qu'il eust
encores profité ung petit pour enseigner fidèlement et pure-
ment. Car il avoit trois choses lesq^ielles à bon droict nous des-
" Tout ce qui suit jusques à Quant est de luy a été ajouté daus la
marge.
1512 JEAN CALVIN AUX ÉVANGÉLIQL'ES DE LYON. 27
plaisoienf : Premièrement, cède vaine persnamon de aoy-mesme.
Secondement, qu'il estait si adonné à la ciiysine, qu'il luy sem-
Uoit advis que terre luy dehvoit faillir, comme s'il n'y avait
point de Dieu au ciel j)our nourrir les siens. Tiet^cement, il y
avait de l'ignorance dont nous fusmes fart eshahis; car en nostro
congrégation'*, où on lisoit nng texte de S. Paul qui contient
belle matière et copieuse, et doibt estr(* fort commun à tous
ceux qui preschent par delà, j)ource que cVst Fépistre du pre-
mier dimenche de Tadvent '% — quant ce vint à son tour, non-
seulement il parla maigrement, mais il, renversa tout ce que
S. Paul disoit, non i)oint par malice, comme nous pensons, mais
par pure bestise. Nous laissons d'aultres vices, comme la vanité
mondaine et semblables, afin qu'il ne semble qu(^ nous le poui'-
suyvions par baine et inimitié. Ce que nous vous en disons,
cVst pour vous advertir, de peur que n'y soyez abusez à vostre
dommage. Quant est de luy, nous prions le Seigneur qu'il luy
vueille donner esprit d'bumilité et mansuétude, corrigeant la
baultesse et foie présumj)tion qu'il a, et surtout qu'il se
cognoisse tel qu'il est, car lors il aura bien occasion de s'abbatre.
Pour faire fin, très chers frères, nous vous recommanderons à
la saincte sauvegarde de nostre Seigneur Jésus, qui est le vray
pasteur de tous fidèles. De Villefranche, ce '^
^* La congrégation était le service religieux célébré le vendredi dans le
temple de St-Pierre, avant ou après la congrégation générale (note 7). L'un
des pasteurs prêchait sur un texte de l'Ecriture Sainte, ou bien il exposait
un point de doctrine. Ses collègues faisaient la critique de son discours;
après cela, les laïques pouvaient prendre la parole et présenter leurs
objections ou leurs doutes.
Il s'agit probablement ici de la congrégation du 5 mai ou de celle du 12.
^^ Le premier diinancbe de l'Avent, on lit : Romains, chap. XIII, ver-
sets 11-14, pour l'Épitre, Luc, ch. XXI, v. 25-33, pour l'Évangile.
** Beaucoup de minutes finissent ainsi, sans la date : on attendait pour
l'indiquer au bas de la missive, d'avoir ti'ouvé un messager sûr, et le plus
souvent on négligeait de reporter la date au bas de la minute.
Au dos, cette note contemporaine : « Lettres contre le Carme. ♦ Au
bout opposé du même verso, on lit : « Mons^ de Boulencourt » (ou
Bonlencourt ?). C'était, sans doute, le pseudonyme du destinataire lyon-
nais, ou l'anagramme de son nom.
28 PIERRE FORET AU CONSEIL DE BERNE. 1342"
1120
PIERRE FORET ^ ail Conseil de Berne.
Berne, 15-20 mai 1542.
Inédite. Traduct. allemande contenipor. Arcli. de Berne.
(Extraits. Traduit de l'allemand.)
Très nobles et honorés Seigneurs,
Moi, Pierre Foret, voulant obéir humblement à vos ordres,
qui m'ont été transmis par M. le haiUi de Moudon, je me suis
présenté ce jour d'hui 15 mai, l'an, etc., 42, pour [m'expliquerj
devant Votre Majesté sur les articles qui ont été envoyés contre
moi - par très noble et puissant prince, le Seigneur Georges, comte
de Wurtemberg et de Montbéliard et seigneur de Blamont, ville
dans laquelle le susdit seigneur m'a établi prédicateur de
l'Évangile. C'est pourquoi je suis extrêmement réjoui de ce que
le moment et l'occasion me sont accordés de répondre sur
chaque article, afin que vous, nobles Princes, et aussi M. le Comte,
vous puissiez reconnaître que vous avez été renseignés autrement
que la vérité ne le comporte.
Quant aux lettres de maître Guillaume Farel, de maître
Pierre Viret et de Jacques de Morges'', nous répondons que
* Voyez, sur Pierre Foret, les Indices des t. VI et VII. Au commence-
ment de l'année 1542, il était i^asteur à Moudon (VII, 461, 462), d'où il
fut transféré à Monipreveyres, village situé à deux lieues et demie de
Lausanne, sur la route de Berne (note 5).
2 Ces Articles sont résumés dans le t. VII, p. 237, 238. Foret réussit à.
se disculper, le 6 septembre 1541, devant le colloque de Payerne (VII, 239).
Mais, ayant été cité à Berne par un ordre daté du 10 mai 1542, il dut
encore adresser à LL. EE. la présente Apologie, que nous avons déjà
qualifiée (VII, 239, note 5). Chaque paragraphe y est suivi de la Réponse
du comte Georges de Wurtemberg. Nous n'en reproduirons que le para-
graphe final, qui caractérise le système de défense de Pierre Foret.
Ces lettres sont imprimées dans notre t. VII, pp. 124, 125, 128, 146, 147.
3
1542 PIERRE VIRET A OSWALD MYCONIUS, A BALE. 29
les ministres de Monthéliard les ont instruits pai" d(^s men-
songes ; car il n'est aucun peuple à qui j'aie prêché, ni au-
cune assemblée [de pasteursj où je me sois trouvé, qui ne m'ait
désiré et n'ait témoigné de l'affection |)our moi. Si donc les
susdits ministres ont quelque chose contre moi, nous sommes
prêt i\ les entendre devant vous, très nobles Princes. C'est
pourquoi nous avons longuement répondu sur chaque article et
les avons mis par écrit, afin qu'il tut prouvé à mon très honoré
seigneur le Comte, à quel point il a été mal instruit de la vérité ;
car aussitôt qu'il le comprendra, il nous aimera.
Je promets ici de répondre plus tard, quand ce sera nécessaire,
car je ne comprends pas les lettres de mon seigneur le Comte,
parce qu'elles sont écrites en allemand. Mais j'ai déjà répondu
devant les prédicants à Payerne, et je me suis là justifié de toutes
choses, comme on peut présentement le savoir par la lettre du
Doyen de cette Classe, et, m'engageant à maintenir que ces
choses sont vraies, j'ai pour attestation de leur vérité apposé ici
mon sceau ordinaire, ce xxv'"" ^ jour de mai, l'an, etc., xx,n.
Pierre Foret ^
1121
PIERRE \1RET k Oswald Myconius, à Bâle
De Genève, 16 mai 1542.
Autographe. Bibl. de Zurich. Calv. 0pp. XI, 395.
S. gràtia et pax ! Qu6 minus viam nobis excogitare licet qua
^cclesiis consulatur nostrse fidei demandatis, eô magis angimur
* II faut lire le âO^e et non le 25^^, attendu que la présente Apologie
fut envoyée le 23 mai au comte Georges (n. 5). Le copiste ou le traducteur
aura pris pour un v (5) l'abréviation de eme qui suivait xx dans l'original.
^ Manuel de Berne du 23 mai : « Écrire au comte de Montbéliard,
que mes Seigneurs lui envoient, à cause de sa lettre [du 6 mai], commu-
niquée au prédicant de Montprerière, une copie de la réponse présentée par
celui-ci et du certificat [des gens de Blamont]. Le dit prédicant ne confesse
point les choses » [dont il est accusé]. (Trad. de l'ail.)
30 PIERRE VIRET A OSWALD MYCONIUS, A BALE. 1542
ego et Calvimis, et minor suppetit auxilii et consilii copia.
Commissa est nobis ecclesianim cura, quas nec deserere possumus,
iiec tameii jjro rerum necessitate adesse. Instat tempus quo
Lmisannam sitm revocandiis\ Ego verô qiiorsum me vertam
haud satis video. Utcunque sors casiira sit, non possum non
involvi inexplicabilibus molestiis ac difticultatibus. Si Getievam
desei'o, facile animadverto quaenam secutnra sint incommoda in
tanta ministrorum pennria ^ in ecclesia et republica tôt ac tam
periculosis vieissitudinibus ac motibus obnoxia, in tanta Calvini
imbecillitate, cui tam gravem molem soli sustinendam relicturus
sum. Nec abs re dico soli, quem forte solum esse prœstaret^
Videor jam mihi audire fratrum querelas, qui me velut deser-
torem ac transfugam habituri sunt, qui non putant me bona
conscientia posse ab hac discedere ecclesia, idque multas ob causas,
quae mihi quotidie objiciuntur. Nec tamen spes ulla ampliùs, aut
si qua est, perexigua omnino superesse videtur, impetrandi a
Bernatibus ac denique a Lausannensihus, ut ab eorum ecclesia
absim diutius *, banc verô curem. Quod si non liceat bona eorum
omnium pace, facile conjicis, opinor, plus inde ecclesiis incom-
modi quàm commodi accessurum, et simultates hac ratione
potii^is auctum iri, quàm minuendas. Taceo calumnias quœ
undique in me struerentur, quas ne sic quidem etïugiam omnes,
nec hactenus potui, quamvis Christi negotium ea curaverim
simplicitate et synceritate, ut minime dubitem, me candidis
animis ac bonorum virorum conscientiis, saltem aliqua ex
parte satisfecisse. Crede mihi, valdè perplexus hœreo videorque
mihi lupum auribus tenere, incertus quomodo retineam, aut
quomodo amittam. Si mea tantiim res ageretur, facillimum mihi
esset ex his me tœdiis expedire. Nihil enim mea refert ut ut res
accidat, si mei tantùm ratio habenda esset. At nihil minus volo
1 et * Le 7 janvier 1542, le Conseil de Lausanne avait de nouveau prêté
Viret à la ville de Genève <■ pour les six mois prochains, mais pas au delà »
(Vn, 409, n. 3).
* Quatre candidats au ministère venaient cependant de se présenter a
Genève. Mais ils ne furent examinés qu'au milieu de juin (N° 1115, n. 4;
lettres du 16 juin et du 28 juillet, à la fin).
' Calvin n'avait aucune confiance dans ses deux collègues ordinaires : Amé
Champereau et Henri de la Mare (VU, 410-411; 438, renv. de n. 6; 439,
renv. de n. 9). Farel (N° 1110, renv. de n. 3), leur donne l'épithète de
remorœ.
1542 PIERRK VIRET A OSWALD MYCONIUS, A BALE. 31
quàm me respici, sod solam Christi ecclesiam, cujus me ministerio
semel totiim addixi et consecravi. At vereor ne in plerisque i)lus
valeat humaniis affectns, (]iiàni justa Ecclesia? et séria sollicitudo,
in tanta temporum iniquitate, et auimis adeô exulceratis. Nec
Geneva Ministris, nisl magna Evangelii jactura, car ère imtest,
nec Lausanna diutius i)erdurare, nisi sacris prospectum faerit'' ,
miliique perinde accidit atque ei qui undique videt amieorum
œdes conflagrare, pendens animi, anxius ac incertus quô potiùs
accurrat, cui potissimùm succurrat, quum peraeque charos habeat
omnes. Hoc dumtaxat sedulè precor Dominum, ut me faciat mese
vocationis certiorem, extrudat quocunque volet, ac ubicunque mea
volet uti 0})era, nec sinat me quicquam meis aut cujusquam
hominum indulgere affectibus, meum fortunet suis auspiciis
ministerium, ne mea culpa ejus gloriae quicquam valeat derogare.
Te verô et reliquos fratres nostros oro et obsecro, ut vestris nos
precibus et consiliis juvetis, Dominum precemini, ut ministros
sanctos suis prseficiat ecclesiis, ac nos his angustiis liberet. Vale.
Genevae. 16. Mail 1542.
Tuus ex asse Petrus Viretus.
(Inscriptio :) Singulari eruditione ac pietate D. Os. Myconio,
ecclesise Basiliensis pastori vigilantissimo. Basilese.
* Pendant que Viret était à Genève, Lausanne n'avait qu'un pasteur,
Béat Comte, et un diacre. Vital Robert ou Boherti, présenté le 24 janvier
1542. Comte n'était pas un modèle de dévouement (Lettre de Calvin du
28 juillet, à comparer avec le t. Vil, p. 293, renv. de n. 20). Au lieu de se
consacrer tout entier à ses fonctions, il s'absentait souvent pour pratiquer
la médecine. Il est vrai qu'il était insuffisamment rétribué. Aussi MM. de
Berne ordonnaient-ils aux magistrats lausannois, le 7 juin 1542, de cons-
tituer une meilleure pension à leurs ministres [ceux de Lausanne, Écu-
blens, Crissier, etc.] et de donner un jardin, un pré et un logement à
Maître Bobert, prédicant de Montheron, village situé à 2 1. N.-O. de Lau-
sanne (Lettre analysée dans un inventaire des Arch. de la ville).
32 LE CONSKIL DE BERNE AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 1542
4422
LE CONSEIL DE BERNE au Gouverncur de Neuchâtel.
De Berne, 19 mai 1542.
Inédite. Minute originale. Arch. de Berne.
Noble, etc. Nostre banderet de Gh'afemied, estant de retour de
la journée tenue au Landiron sus ce 14" de may, nous a relaté
tout ce que illecq a esté sans fruict besoingné pour radvancement
de la saincte parolle du Seigneur Dieu, sans oblyer la dilli-
gence que de vostre part y avés employée, de tous vous efforts,
pour faire régner le Seigneur Dieu par sa parolle au dit
Landiron'^. De quoy vous remarcions grandement, nous offé-
ris[s]ants de le recognoistre. Et puis que au Seigneur n'a pieu
de tirer les dits du Landiron, pour ceste fois, à son obeyssance,
ne nous convient pour cella cesser ; ains vous prions que, ensuy-
vant Tadvis et conseil prins entre vous et nostre d. Banderet,
il vous plaise de ordonner et commectre à ceulx de Cressier, qui
sont la pluspart à ï Évangelle ^, ung prédicant de bon sçavoir
et meur conseil, espérant que ce sera ung bon commancement
pour tousjours mieulx avancer l'honneur de Dieu. Et n'en pourrés
avoir aulcung reprouche, vehu que la cure est à Madame, et le
plus faict [est] pour l'Évangille^
> Voyez les N"' 1112, 1116-1118.
^'* Voyez la lettre des Évangéliques de Cressier du 16 janvier 1542'
(Vn, 398-401). Il est vraisemblable que la votation constatant qu'ils
étaient en majorité avait eu lieu le dimanche 14 mai (N" 1112, renv. de
n. 3-4).
L'établissement d'un x><^steur à Cressier était vivement désiré à Berne.
Mais les Évangéliques de ce village neuchâtelois eurent à compter, pendant
plusieurs années, avec le mauvais vouloir du Gouverneur, M"" de Prangins,
et avec l'hostilité de leurs concitoyens catholiques, des Landeronais et des
Soleurois. Ce fut seulement le 14 novembre 1546 que le Gouverneur con-
duisit à Cressier le ministre Thomas Barharin. Ils y furent tous deux très
mal reçus.
1542 PIERRE TOUSSAIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 33
Aultre ne vous oscripvons présentement, sy non qu'ayés tous-
jours en recomandation l'honneur de Dieu, pour lequel [vous]
vous estes au Landron sy vertueusement employé, que ne le
mectrons en oublye. Priant Nostre /Seigneur qu'il vous doinct
acroissement de saincte grâce pour continuer au ])Ourehas de
sa gloire. Datum xix" maii 1542.
L'Advoyer ET Conseil de Berne*.
1123
PIERRE TOUSSAIN à Guillaume Farel, à Neuchâtel.
De Montbéliard, 23 mai 1542.
Inédite. Autographe. Communiquée par M. Henri Lutteroth.
S. Venerunt hue paucis diebus suprà Metenses duo exules,
qiibd Jacohum concionantem audissent \ Et nunc agitur adver-
* La minute porte en tête les mots suivants : « Praiigins, Landiron,
gôttlich wort » (parole de Dieu).
* Un passage de la lettre de Calvin à Farel du 30 août 1542, nous donne
lieu de croire que le Jacobus ici mentionné était Jacques le Coq, pasteur
à Morges, dans le Pays de Vaud. L'hostilité du Conseil de Metz contraignait
les Évangéliques de cette ville à changer souvent de prédicateur (Voy.
t. Xn, p. 491, 492, le N" 1217 renv. de n. 3, et la Sequéte de l'Église de
Metz aux Eglises réformées (IbAS) : « Nous sommes en très grande angoisse
(y est-il dit) pourtant que quand nous commandons à gouster le pain de la
Parolle..., il nous a estéosté, comme tant de fois paravantnous est advenu;
car quand il y avoit grande apparance que la Parolle deust avoir son
cours entre nous, ceulx qui avoient commencé de prescher, failloient et
changeoient propos au second sermon, ou au milieu, ou à la fin du temps
qu'ilz preschoient, ne persévérant en vérité, ou il falloit qu'ilz nous aban-
donnassent... » (Voy. Farel. Du vray usage de la croix. Genève, J.-G. Fick,
1865, p. 273.)
Depuis l'expulsion de Pierre Brully et de Walrin du Bois, les fidèles
de Metz avaient eu, en décembre 1541, « un nouveau dominicain, (^ni prê-
chait purement et librement » (ATI, 388). Son nom est ignoré. On ne pour-
rait, en tout cas, songer à Pierre Alexandre, qui était carmélite. Au mois
de mars 1542, plusieurs jirédicateurs étaient accourus à INIetz, sans y être
T. \aii. 3
34 PIERRE TOUSSAIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 1542
SUS Jo. Martinum ^ pientissimum viruiii, qui, convocatis civi-
bus aliquot, illum domi suœ de religiono colloquentom audivit,
quemque promit Magistratus, ut socios j)i'odat, hoc est eos qui
illum unà privatim secum audiveruut, illique authores fuere,
ut extra urbem coucionaretur. Nam qui illic reipuhlicie prsesunt,
et verbi Domini cursum impediunt, nu])er cum Duce Lotharin-
giœ^ sunt colloquuti, et domum reversi uihil spirabaut quàm
ciedes et incendia. Et quoniam ïlluc propriuni miseram nun-
tium \ admonuit me quidam illic non infimœ sortis % per mu-
lierem quandam^ ne id posthac faciam, hoc prœsertim tempore.
Adversarii vident se multis vehementer exosos, periclitari(|ue
de fortunis omnibus ' : qu£e causa est, ut quibus possint modis
veritati reluctentur. Sed est in cœHs Dominus, qui Pharaones
et Nerones in ordinem redigit, invitoque mundo Christi regnum
l)ropagat. Ubi Prœfedus noster redierit ^ ut hue iUac " Lutzeni-
hurgo est rediturus, faciam (volente Domino) ut scias quomodo
ïllic habeant omnia'". De Foreto, vereor ne brevi pœnas sua-
runi iniquitatuni hiat, ])0steaquam pœnitere nunquam voluit".
Quoties Calvino et Vireto scribis, fac illos mihi diligenter sahi-
tes. Vale in domino. Monbelgardi, 23 Maii 1542.
TUUS P. TOSSANUS.
(Inscriptio :) [Gujilielmo Farello, fratri suo charo et obser-
vando. Neocomi.
appelés : ce que Toussaiii jugeait très défavorable aux intérêts de l'Eglise
messine (VII, 451, lignes 6-11).
* C'est probablement le même personnage qui reparaîtra, avec les pré-
noms de Jean-Pierre, dans la lettre du 10 avril 1543.
' Antoine, duc de Lorraine, qui régna de 1508 au 14 juin 1544.
* Toussain avait envoyé ce messager le 12 avril (\T^I, 451, reiiv. de n. 7).
^■•^ Veut-il parler de « son cousin François de Tryve » et de la femme
de celui-ci (V, 382, 383)? Tout considéré, il s'agirait plutôt du maître-
échevin de Metz Gaspard de Heu, et de sa femme Jeanne de Louvain,
qui entra en correspondance avec les Réformateurs.
^ Est-ce une allusion au pillage dont les Catboliques de Metz se disaient
menacés par les protestants messins (Vn, 510, lign. 4-6)?
* Le bailli de Montbéliard était parti le 7 mai jiour Luxembourg
(N" 1113).
^ C'est-à-dire par Metz.
'" Toussain lui donnera ces nouvelles dans sa lettre du 10 juillet.
" Pierre F'oret, jadis pasteur à Blamont, dans le Montbéliard. (Voy. Al,
107, 204, 212, l'Index du t. Yll et le N» 1120).
154? CHRISTOPHE FAUIII A GUUJ.AUME FAREL, A NEUCHaIEL. 3o
11^24.
CHRISTOPHE FABRi à Guillaume Farci, à Ncuchatel.
De Tlionon. 25 mai 1542.
Inédite. Autographe. Bil)liothèque des pasteurs de Neuchâtel.
S. Legati Dominorimi noviss.[imè] hîc fueruut, i)artemque
legationis suae, de qua ad te scripseram ', ol)ier(\ altéra i)arte
infecta, quod Valesanorum legati non satis anijjlam sibi conces-
sam authoritatem causarentur ^ In MarsUiensi ditione'* contro-
versiam dirimuernnt, imde circiter 30 familiie, inter Lugri-
nenses immixtœ, cogendœ sunt ad reformatioriem * .• quse hade-
mfs rebelles f/ierattf. Aherensium % oh Valesanos, sîiS2)ensimi
manet negocium. De BeJlevanlx et Vallon cum Rege agitnr^.
' Allusion à uno lettre jierdue.
^ Cette conférence entre les députés de Berne et ceux du Valais avait
eu lieu à Thonon le 24 avril (Recès des diètes suisses, vol. de 1541-48,
p. 136, 137).
"'* La seigneurie de Maxilly, à une lieue à l'E. d'Évian, était enclavée
dans le territoire conquis par les Valaisans en février 1536. Michel de
Blonay, propriétaire de cette seigneurie, y avait établi sans difficulté la
Réformation : ses paysans ayant demandé avec instance qu'un pasteur prît
la place de leur ancien curé (IV, 227, n. 9. Cf. p. 31, n. 1, \il, 351,
11. 11). Mais, en vertu de ce principe usuel de l'époque : cujus est regio,
ejus est religio, M. de Blonay, au dire de Fabri, aurait fait décider par la
susdite conférence de Tlionon, que les trente familles de Maxilly qui
avaient émigré dans le village catholique de Lugrin, seraient contraintes
d'embrasser la même religion que leur seigneur (A comparer avec le t. IV,
p. 140, renvoi de n. 5; V, 361, lig. 1-5).
^ Habère- Poche et Habère-LuUin, villages situés à 3 lieues sud de
Thonon (IV, 405, n. 5). Leur état ecclésiastique fut réglé le 14 juillet 1545
dans une conférence tenue à Évian (Recès, vol. cité, p. 516).
* Los revenus du prieuré de Bénédictins de Bellerau.r et de la char-
treuse de Vallon (deux monastères situés au sud de Thonon) avaient
donné lieu, dès 1536, à de nombreuses négociations entre François I et
MM. de Berne. On voit que le litige durait encore, malgré le traité du
11 juin 1.539 (V, 329, n. 5).
36 CHRISTOPHE FABRI A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 1542
Dominus regiii siii pomeria perpetuô dilatare pergat, nosque
omnes ad id urgere !
Novissimè à fratribus Bernnm missus sum, et quse proposui,
gratia Domini, exoravi, ut Ajtgustinense Cœnohium ScholcÇ dice-
tiir', stipendia Hypodidascalo constitiiantur, domuiim et Minis-
troriim ratio liabeatur, etc. Peculiare quoque exoravi : spolium
scilicet medici qui superiori anno domi mese defunctus est ^
Unde gratias Domino agimus, quem modis omnibus per pios
l)rincipes gloriam suam promovere, et quse desunt corrigere ac
restaurare obsecramus. Proxima hebdomade Calvinus et Viretus
hue profecturi sunt, sed Viretus per aliquot dies post Calvimmi,
si priîis quàm velimus solverit ^ aliquanto plus refocillandarum
virium gratia hîc acturus est, si Dominus permiserit. Utinam et
tu commode adesse posses : non sanè injucunda et inutilis foret
peregrinatio cum Fatone^^, cujus adveutum tam anxiè et tam
diu expectavimus et adhuc expectamus : ni velit apud me
nullius promissionis tenax haberi. Quamobrem te oro ut eum
summè urgeas. Id enim valetudini ipsius pernecessarium esse
sentio.
Historiani Joh nostri hîc iniblica conati sunt exprimere comœ-
dia *'. Utinam Domino gratius sit quàm nobis! Sed quod Prin-
cipes ipsi, ne dicam impuriùs, faciunt '^ in subditis impedire
' L'École protestante de Thonon allait donc être installée dans un
ancien couvent de cette ville : le prieuré des Ermites de St-Augustin
(W, 58, n. 4).
* Le Manuel de Berne du 27 avril 1541 contient l'article suivant :
« Demander au ministre de Thonon quels sont les frais de la maladie du
médecin défunt » (Trad. de l'ail.).
^ Le manuscrit porte, après solverit, les mots bahiœi et, que Fahri a
biffés. Nous avons vu, t. V, 308, note 27, que ce médecin-pasteur avait
commencé en 1539, à utiliser les eaux thermales de la contrée.
1" Jean Fathon, pasteur à Colombier, s'était chargé de la gestion du
petit avoir de Fabri et de sa femme dans le comté de Xeuchâtel.
" Deux lettres antérieures de Fabri (IV, 33, 153), montrent que
l'Abbaye de la Jeunesse à Thonon aimait les comédies et les farces gro-
tesques. Nous supposons que l'auteur de l'Histoire de Job, s'efforçant
d'identifier les Catlioli(iues du Chablais avec le malheureux patriarche, et
les amis de celui-ci avec les ministres, prodiguait à ces « consolateurs fâ-
cheux » les vérités les plus désagréables.
** Le poète bernois Niclaus Manuel, auteur de satires et de drames
populaires très goûtés de ses concitoyens, avait eu, ])arait-il, des imitateurs
1542 CHRISTOPHE FABRI A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 37
non valemus, qiiin vd invitis iinbis tînt. Non fuimiis tanicii iiuiti
in concioiiibus.
CtÇtorùiu hic nohilis Simon BeU/ardensis ^'\ (\\\n]\ \)vo])è
nosti, Bert/am concedit : ciijus nogc^cium sanè piuni et coiiiiiiise-
ratione tlignum juvare conaberis, scio. pei- Christuni, cujiis glo-
riœ hic insorviit, et nunc, instar i)rodigi illius Evangclici, ad
patrem redit, post varias qiiidem serumnas. Dominus illi pro-
spicere dignetur, nobisque omnibus !
Vale, salutato Capunculo, Thoma Cuniero ac reliquis fratri-
bus, maxime Claudio et Gaucherio cuniuxoribus ac familia'\
meae quoque iixoris. Danielis^^, Pariati, Urhani, Porreti^^,
roliquorumque fratrum nostrorum nomine. Si quid de pro-
ventu Evangelii audisti, scribere ne graveris, tamc^tsi gravis-
simè occupatum te sciam ; sed paucioribus contenti erimus.
Dominus te ecclesiae suae diutissimè servet incolumeml Tononii
25 Maii 1542.
à Berne et dans le Pays de Vaud (Voy. t. Y, p. 410, n. 46. — Ulric Zwingli
et son époque, trad. de J.-J. Hottinger par Aimé Humltert. Lausanne,
1844, p. 276-277).
" Ce personnage, qui appartenait, sans doute, à la même famille que le
maître d'hôtel de Valangin, Claude de Bellegarde, avait été l'un des pre-
miers partisans de l'Évangile à Thonon (IV, 134, renv. de n. 4-5).
^* Jea}i Chaponneau, collègue de Farel, et Thomnx Cimier, pasteur à
Cortaillod ("^) ont ligure dans les t. IV- VIL Claude et Gauchier Farel
vivaient alors à Xeuchàtel: le premier avait épousé Louise de Beaurais; le
second, Françoise, sœur de Louise (France prot., éd. Bordier, \l, 387).
*^ S'agit-il ici de Daniel Farel, frère du Réformateur? Nous n'osons
l'affirmer. Si c'est de lui qu'il est question, on pourrait supposer qu'il
avait succédé (1.539) à son frère Claude dans les fonctions d'administrateur
du prieuré de Ripaille (IV, 127, V, 369). N'étant pas marié, il aurait vécu
dans la maison de Chr. Fabri.
David Ancillon parle de ce frère du Réformateur dans les termes sui-
vants : « Daniel Farel est encore aujourd"liuy en bonne odeur en plusieurs
églises, où sa mémoire est encore en bénédiction, et où sa piété, sa pro-
bité et sa capacité reçoivent encore aujourd'huy les louanges qu'elles ont
méritéf's. Bien que ce Daniel Farel ne se mêlât que des affaires civiles.
Dieu bénissoit tellement son employ, qu'il a esté salutaire à des troupeaux
entiers. » (L'idée du fidèle ministre de Jésus-Christ. Ou la vie de Guillaume
Farel. Amsterdam, 1691, in-12, p. 8).
1* Urbain Chamhoui, pasteur à Fessy, au S.-O. de Thonon, et Michel
Porref, qui évangélisait peut- être la paroisse de Végi, où nous le trouve-
rons en janvier 1552.
38 OSWALD MYCONIUS A J. CALVIN ET A P. VIRET. 1542
Recepi liodie literas a Francisco meo^', qui rectè valet et suo
diligenter fiuigitur inunere, gratia Domiiii.
Tuus Christoph. Libertlnls.
(Imcriinio :) Suo Guliehno Farello, Christi Ecclesiœ Ministre
fidoli ac diligentissimo, fratri et araico integerrimo. Neocomi.
4125
OSWALD MYCONIUS à J. Galviii et à P. Viret.
De Baie, 30 mai 1542. •
Autogr. Bil)l. Pul)l. de Genève. Vol. n" 110. Cal. Opp. XI, 405.
S. Nihïl diligeutiA' seu lahoris omisimus, quod attinet ad reti-
7iendmn Viretum K Scripsi nanique ad fratres Bernenses, adii
consulem Hostrmn ^ conveni D. Beruhatinm \ Bernenses nihil
responderunt hactenus. Consul promisit quod et praestitit. Sena-
tus eniui diligenter Bernenses est adhortatus nuncio in hoc
etiani niisso. I). Bernharkts similiter nihil officii omisit. Verùm
omnia frustra, quôd LaMsannenses dicunt id non permissuros *.
Argunientis igitur esset agendum cuni eis. quibus non possent
resistere, nisi adfectus audire mallcnt. In veritate dico. mihi sic
videri : n(nnin('ni i)iuni contradicere jjosse causis quas ego scripsi
et nunc de novo concepi. Taceo si tu, aut alius quispiam qui
pars negocii existit, suas esset pro])Ositurus.
Nos de novo taie consiliuni concepimus, in quod et Bernhartns
consensit, ut adhuc tent(Mnus siniul, Argentinenses et nos, Eccle-
sia' nomine. si quid fieri ])Ossit. FAjjertnnius itaque literas a
1' François du Pont, pasteur .à Moudon (VIT, ni)?
' Voyez, J). HO, la lettre de Viret du 16 mai.
^ Addher(j Mener ou Meyger, bourgmestre de Baie (Vil, 325).
^ Le banueret Bernard Meyer (N" 1129).
■* Voyez la réponse du Conseil de Lausann(> aux députés de Genève,
p. 30, n. 1.
lo'l2 OSWALD MYCONIUS A J. CALVIN ET A P. VIIIKT. 39
Bucero, (iiuis iiostris adjunctis luittcimis, sjjcraiitcs aliqiiid nos
sic viribus coUectis iiii|j('traturns. Bert/liarfiis ituiiis Argeidi-
vam ciim Bucero corîim agct. luidc is i-c Ix'nc cogiiita tbrsitaii
coiiiicict ali(iiii(l. lîogavi. (jiiod la< tiiius est in îrniporc l'aciat :
tormiiiuin ciiini Vireti api)ro])in(iuai'('. IN'liquuin est igitur ut.
si videbitur consnltiuii. ali(iiiis agat ciini Latisannensilnis, ut
consoutiant, si forte Bernenses m cis adlcgaudis vcllfut jxTti-
uacitoi- durare. De Comite'% noscio (ptid est ab illis ctiam scrip-
tum. iiuod potitioncni senatiis iiosiri iuijxxliit. Quid si et cum
hoc ageretur. quod ('■ v<' jjossct csscV Nos profcctô sunius anxii
proj)ter ecclesiam isùdii " : timomus cuiin ne (\nu\ niali patiatur,
si tibi fuerit tain lidus adjntor adcniptus. Age, precabiniur Do-
niinuni ut hîc auxiliuni suum non al)neget.
Vireto gratias ago quôd scri])sit tam faniiliariter. Dein i)la-
cct. ut quod maxime, quia ministrum se taleni cxhibet, ut ubi-
cunque Dominus opéra ipsius uti voluerit, ])rom])tuni aninium
sit inventurus. Decet (Miim nos, quos in Evangelium jjosuit
Christus, omnino taies esse. Non enim vohiptas. aut ojjes, aut
gloria nobis qua?renda. sed sanctilicatio noniinis I)ei. Ad hanc
autem inveniendam non locus facit, sed homines pietatem expe-
tentes, quales audio certè multos esse hodie Geneva^. Dominus
eis adsit ! Amen.
Credo vos ])rid('m intellexisse de nuptiis Buceri cum Yui-
hixinde Cajntonis defuncti ', Féliciter cedunt omnia, et nemo est
([ui non faustum esse cupiat quod factum est. Conflictamus nos
hîc cum impietate multorum. ijui contra jusjurandum profecti
sunt ad Gallum •* contra Cœsarianos, cumque his qui taies tueri
conantur. Sic fructiticat Evangelium apud nos. De Tnrcu nihil
audimus, neque de his (jui contra cum |)roficiscuntur, quorum
* Béat Comte, collègue ^h- Virct. ( f. p. 31, j). 5.
* L'église de Genève.
' Wibranâis Bosenblntt, veuve d'un Bâlois, avait épousé en 1528 Jean
Œcolanipade, puis en 1532 AVolfgang Ca]nton, qui mourut le 4 novemlire
1541 (II, 118, 135, VII, 344. — T. W. Rdhricli. Gescli. der Réf. ini EI-
sass, 1832, II, 70). On ne connaît pas exactement la date de son mariage
avec Bucer ; mais on jx'ut affirmer qu'il fut célébré en avril ou en mai 1542
(Yoy. la lettre suivante et celle de Sultzer du 31 janvier 1543).
* Malgré leur serment de fidélité et d'obéissance aux magistrats, plu-
sieurs Bâlois couraient s'enrôler dans les troupes du roi de France
(XM126, n. 7).
40 SÉBASTIEN MUNSTER A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. lo42
certè numerus est magnus. Ptumor est tamen illum petere indu-
cias, quae si permittentur, timeo fiiturum quod accidit Rliodien-
sil)ns\ Sin minus, habet quod de Csesare Qtfratre^^ conquera-
tur. Si Christum habebunt ducem, is docebit et ducet qiiô débet
et conveniet. Valete in Christo Domino cum vestris et bonis
fratribus omnibus. Avocant me négocia, longior alioqui fuissem.
Basileœ, 30 Maii, anno 1542.
Os. Myconius vester.
(Inscriptio :) D. Jo. Calvino et Petro Vireto, viris doctiss. et
piiss. in Domino fratribus inter primos colendis suis.
1126
SÉBASTIEN Mt'ysTER ^ à Guillaume Farel, à Neuchâtel.
De Bàle, 31 mai (1542).
Inédite. Autograplie. Bibliothèque des pasteurs de Neuchâtel.
Salutem in Domino et prosperum in sanctissimis votis optât
successum.
Doctissime Yarelle, cum audirem puerum hinc ad Corderium
vestrum transferendum -, volui brevibus tuam humanitatem
salutare, memor adhuc qiiàm amicè me tractaris, etiam cum
dispendio rei tuie familiaris '. Discedens auteni à te. ubique
' Allusion au siège de Rhodes et à la prise de cette ville par le sultan
Soliman (25 décembre 1522).
^° Ferdinand, roi des Romains.
* Voyez, sur Séb. Munster, les Indices des t. précédents, et spéciale-
ment le t. Vn, pp. 208, 209, 413.
* La plupart des jeunes Suisses qu'on envoyait dans le Pays romand
pour y apprendre la langue française, étaient placés à Lausanne ou à
Genève; mais le Collège de Neuchâtel en attirait aussi quelques-uns, à
cause de la réputation de Mathurin Cordier.
' Des visiteurs étrangers attestent que Farel exerçait l'hospitalité d'une
façon cordiale et généreuse.
1312 SÉBASTIEN MUNSTER A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 41
à doctis majori (iiiàm dignus siim honore fui oxceptus. Losannae
tamen Comitem non invoni domi agcntom \ Genevie biduo
mansi% rodiique opjjoi'tunè BasiJeam ad prœsmi)tuni tcmpus^
Omnia adhuc n^ctè liîc agnutuVy Concionfdores omnes sani
sunt. Civibus omnibus sub capitis pœna intcrdictum est, ne
quisquam ad GalUarum regem se transférât '. Elapsi sunt tamen
quidam, sed pauci, at plurimi servi relictis artiticiis bellum
petierunt illud Loml)ardicuni. De expeditione contra Turcam
instructa adhuc nihil certi auditur \ Id certum est, maximum
militum numerum jam descendisse in Austriam. Puto te scire,
Bucerum jam nujjtias célébrasse cum relicta Caintonis ^ Sed
satis sit na^niarum mearum, ne in sanctissimis operibus tibi sini
impedimento.Vale et Christi ministros, prsesertim T^.Thomam^^,
nomine meo saluta. Basilea?, ultima Maii (1542").
Tuus Sebastianus Munsterus.
(Inscriptio :) Gravissimo viro atque vero Christi ministro
Domino W. Varello, Neocomensium concionatori diligentissimo.
* X" 1121, note 5.
* A comparer avec la lettre du 17 avril 1542, où Calvin parle de l'ar-
rivée de Munster à Genève (Vil, 453).
' C'est-à-dire, pour reprendre ses leçons à l'Université, après les vacances
de Pâques (VU, 419, n. 9-10).
' Plusieurs colonnes de soldats mercenaires traversèrent bientôt la
Suisse occidentale, pour se rendre en Italie (Ruchat, V, 181, 182). Tout
se préparait en France pour la guerre qui fut déclarée à l'Empereur le
10 ou le 12 juillet (Voy. Guiffrey. Chronique de François I, p. 392-396.
— Sleidan, édit. am Ende, II, 259, 260, 270, 272. — Henri Martin. Hist.
de France, 4""^^ éd., \TII, 278-280. — Gaillard. Hist. de François I, 1819,
m, 127).
® La guerre de l'Empire contre les Turcs fut décidée on avril dans la
diète de Spire, et l'électeur de Brandeliourg, Joachiin II. fut élu général
en chef (VH, 450, 453. — Sleidan, II, 260).
9 N" 1125, n. 7.
1" Thomas Barharin, qui aurait fait la connaissance de Séb. Munster
àBàle en 1538 (Y, 74, n. 7)?
** Le contenu de la lettre détermine le millésime.
42 ANDRÉ ZÉBÉDÉE AU CONSEIL DE BERNE. 1542
1127
ANDRÉ ZÉBÉDÉE ^ au Conseil de Berne.
(Berne, vers la fin de mai) 1542.
Inédite. Autographe. Archives de Berne.
Briefve et simple exposition de responses faites par Andrieu
Zébédée aux accusations faites contre luy par le vicaire d'Orbe-.
Le tout présenté aux Magnifiques, puyssantz, très redouhtées et
christiens seigneurs et princes de Berne.
Les Responses d'Andrieu Zébédée, prédicant d'Orbe, aux accu-
sations faites ])ar le vicaire d'Orbe devant les excellens et puys-
santz seigneurs et princes de Fribourg, l'an 1542, le lundy
devant pentecouste\
Je, Andrieu Zébédée, minister de la parolle de Dieu en la
ville d'Orbe, estant devant le Conseil des seigneurs et princes
de Fribourg, ayant ouy une grande et aspre accusation faicte de
par le vicaire de la dicte ville, en respondant a[y] réduyt la
^ Voyez les Indices des t. Y, VI, VII, et si:)écialement le t. V, p. 98 et
le t. M, p. 240, 241.
André Zébédée était natif de la Flandre. Professeur à Bordeaux pendant
trois ans, puis, dès 1538, pasteur à Orbe, il avait néanmoins conservé
certaines singularités de style et d'orthographe qui annoncent que le fran-
çais n'était pas sa langue maternelle; mais il nous semble que, pour la
clarté et la rapidité de l'exposition, il n'est point inférieur à ses collègues
nés en France ou dans la Suisse romande.
Son caractère se trahit naïvement dans la présente ajiologie. Très zélé,
mais présomptueux, tracassier et parfois violent, il n'était guère à sa
place dans une ville où les Évangéliques, constamment surveillés par les
Catholiques-romains, pouvaient, pour la fiuitc la jilus légère, être dénoncés
à MM. de Fribourg et sévèrement jjunis.
^ Claude Gui/of (Voyez les Mém. de Pierrefleur. Lausanne, 1856,
]). 1.36, 21()j.
' C'est-à-dire, le 22 mai. Il avait été cité à Fribourg, ainsi que sa partie
adverse, jiour le samedi 20 (Pierrefleur, p. 210).
1342 ANDRÉ ZÉBÉDÉE AU CONSEIL DE BERNE. 43
longue accusation on trois ])ointz principaul.x. |)riant les excel-
lences et puyssances des mes seigneurs et pi-iiiccs de les bien
consider et conférer avecques les responses.
Le primier poinet. J'ay esté trop Ipng au sermon, le dimenche
de Pasques liory '^ et au sermon du grand vendredy sainct ',
et que je fasoye cela ])ar certaine malice. i)Our empescher le
service de prestres, et que toutes les dimenclies je fasoye aultant,
et que, quelques remonstrances qu'on me fait, je ne veulx aul-
cunement obeïr.
Le second point. Ainsi que le vicaii-e faisoit son office, ce
dimenche mesme ^ je suis venu audacieusement. voulant faire
ung grand tumulte, le démentir ])uhliquement, et (pie n"a tenu
à moy que n'aye eu une grande effusion du sang.
Le troisiesme jwint. L(^ vendredy a])rès TAscension ". en jjlaine
ru(\ j"ay appelle le vicaire ahuseiir.
Quant au lyrimier jwud, j'ay respondu : Yen que, pour cer-
taines et honestes causes, je presche, les dimenclies, les Évan-
giles de la messe, les prestres me pourroient supporter, ainsi
qu'ilz avoyent faitz les aultres anné[e]s (car pour lors je n'avoye
rien fait de noveau), si, quant les Évangiles de leurs offices sont
bien longues, la déclaration aussy soit aulcunement plus longue.
Et a[y] ])i'otesté. demandant Dieu en tesmoing, que je faisoye
* Le dimanche de « Pâques tiories » ou des Rameaux, qui lut le 2 avril
en 1542.
° 0 Le prédicant Zébédée, se sentant advoué du seigneur Ballif [Conrad
Buhy], lequel estoit de Berne, ])ensa mettre empeschement au service
divin... le jour du Vendredy sainct, assavoir qu'il se mist à sermonner son
sermon, depuis sept heures jusques à onze; et tousjours eust sermonné, si
ne fust que le Gouverneur de la ville le tist à descendre de la chaiie, disant
qu'il passoit l'heure ordonnée par les Seigneurs » (Pierrefleur, j). 209).
Selon les Ordonnances de Bern<> et de Frihourg du 30 janvier 1532
(II, 401-404) publiées à Orbe le 3 mars suivant, le sermon devait avoir
lieu « en temps d'hiver, depuis la St-Michel jusques à Pâques, au matin,
de sept heures jusques à huit; en été, de six jusques à sej)!. Aussi, en
l'église paroissiale, seront dites, et toujours avant le sermon, les matines
et laudes, [et] après [le sermon] les autres heures canoniques, Ja messe,
cérémonies et offices de rÉgiise,... par condition que icelles n"enii)échent
la prédication, ni aussi la prédication les susdites cérémonies... » (Pierre-
fleur, p. 83).
" Le jour de >• Pâ(iues fldrics. » 2 avril.
^ C'est-à-dire, le 19 mai.
44 ANDRÉ ZÉBÉDÉE AU CONSEIL DE BERNE. 1542
point cela par malice, comme le vicaire avoit donné entendre.
Mesmement j'api)ellois le chastellain d'Orbe ^ là présent, pour
testifier et certifier que le vicaire avoit faulsement informé
Messieurs, en ce qu'il avoit dict que, quelque remonstrance
qu'on me fasoit, je ne voulois aulcunement obeïr; car le chas-
tellain sçavoit bien que je m'estoye déporté après sa remons-
trance.
Quant au second point, qui est d'avoir démenty le prestre
faisant son office dedans l'église, etc., j'ay confessé le fait, mais
non pas le mode ne l'intention proposée de par le vicaire. Et
j'ay prié les excellences de princes, de me donner audience pai-
sible, ainsi comme, de leur grâce, avoyent faict à mon adver-
saire. Laquelle chose ayant tellement quellement impétré, j'ay
exposé comme je n'estoye point venu alors à l'église pour faire
aulcun bruyt, moins encore pour estre cause de quelque effusion
du sang, en tant que j'estoye entré au temple tout seul, paisi-
blement, sans avoir adverty persone, comme aultre fois j'avoye
fait souvent. Et j'ay confessé d' estre bien véritable, que pour
lors me suis arresté davantaige, et c'estoit à cause que, après
l'évangile chanté et l'offertoire achevé, j'ay veu le vicaire
venir pour faire le prosne, comme parlent les prestres, et ainsi
je m'arrestoys. Et luy, au lieu de ex])Oser quelque propos de
l'épistre ou l'évangile de sa messe, se déportant de cela comme
de chose de petitte importance, avise le peuple de cérémonies
qui se debvoyent garder en ceste sepmaine-là, qui estoyt la sep-
maine saincte ^ : que le jeudy estoyt la commémoration de la
saincte cœne, et que le peuple debvroyt faire comme il estoit
accoustumé; que le vendredy c'estoit la commémoration de la
mort et passion de Nostre Seigneur, et que le peuple debvroit
faire selon la coustume; que le sammedy on f(M'oit les bénédic-
tions de l'eau du font'", et que le peuple en viendroit prendre
et en boire et en garder, comme il avoyt de coustume; que le
dimenche, c'est la résurrection de Nostre Seigneur; que doncques
^ François Warnery ou Warney, qui avait succédé en 1535 à Autoine
Secretain (Picrrofleur, ]>. 137).
^ On lit à la marge : « le sermon du vicaire. »
"^ Il veut dire : des fonts baptismaux (Voyez le Manuel ou instruction
des curez et vicaires... à l'usage de Rome, de Lyon et de Lausanne. Par
Pierre Yiret (Lyon, Claude Ravot, 1564, p. 17, 25).
1342 ANDRÉ ZÉBÉDÉE AU CONSEIL DE BERNE. 45
le peuple se disposa à recepvoir son r)i(Hi et son Créateur;
et qu'il clebvoit aussy bien j)('nser à décharger ung chascun
sa conscience, de payer le rachapt à quoy ilz estoyent tenus et
obligés, d'aultant que c'est l'ordinancç de la saincte mère Église,
à laquelle il fault obeïr, car il n'y a point de puyssance si non de
Dieu, et qui résiste à la puyssance il résiste à Dieu, comme dit
TApostre aux Romains.
Sur ce projjos, moy pensant à la droite vérité, et cognossant
la vraye intelligence de TEscripture alléguée, — voyant aussi la
grande et manifeste faulseté du vicaire, que quant il touchoit
les grandes choses, comme la cœne saincte de Nostre Seigneur,
la mort et la i)assion de Jésus-Christ, il renvoyoit les simples
gens à coustumes, disant légièrement et en passant : « Vous
ferés ainsi que vous estes acoustumés ; » et quant il vient à
parler je ne sais de quel j)ayement du rachapt, qui touche la
bourse et fait pour le ventre, alors le vicaire, à l'exemple de
Judas, charge les consciences du paovre peuple, en alléguant
faulsement la saincte et véritable Escripture, pour establir sa
villaine et meschante menterye, — moy, dy-je au[x] seigneurs
et i)rinces de Fribourg, voyant tout cecy, ay esté esmeu (du quel
esprit. Dieu le scet) à crier à haulte voix : « Cela est faulsement
allégué et l'a menti/. " Et cant et cant ", ay demandé tous les
assistans à la messe en tesmoing du propos que le vicaire sur
telle matière avoit tenu. Car je m'offroye devant toute honne
justice de x)rover et maintenir qu'il avoit faulsement menty. Et
encoire disoye à Messieurs que j'estoye tousjours prest à prouver,
devant tous bons juges, que le vicaire eut tenu ce propos, non
pas seulement contre les sainctes Escriptures, mais aussy droite-
ment et ouvertement contre le droit canon, c'est-à-dire, disoye
[-je], contre le droit de son pape.
Et, continuant mon ])ropos, j'ay suj)])lié que, si sambloit
aux excellences de Messieurs que je i)arlois trop hardiment et
haultement, qu'il pleust à leur bénignes grâces de me supporter
en cela; car la vérité seurement congneue et la conscience,
de la crainte de Dieu meue^^ en Toffice de la prédication
" Quant et quant, ainsi qu'on l'écrivait ordinairement, signifiait en
même temps.
^- On ))(>ut liro menée on menée (mue).
46 ANDRÉ ZÉBÉDÉE AU CONSEIL DE BERNE. 1542
de l'évaiigilo do Jésus, me poussoyent et induisoyent à parler
ainsi vivement. Et j'ay requesté davantaige, qu'il pleust à leurs
excellences d'avoir esgard à ung certain propos que je desyrois
alléguer en manière de similitude. Et proposois ainsi :
Si quelqung des officiers de l'excellence des Messieurs, ayant
charge de publier certaines ordinances par leurs seigneuries,
mettoit les mandemens de ses princes arri[è]re, et, au lieu de
ceulx-là, en publieroit des aultres de sa fantasie, et [qu'il] se
trouve par avanture quelqung de subjects asseuré que l'officier
ne dit riens ou bien peu de ce qu'il a en charge, mais attribue
au prince ce que le prince n'a jamais pensé, — si donques
l'aultre, bien cognossant cela, vient crier publiquement et sur-
le-champs contre ung tel officier, et sauve l'honneur de princes,
le démentant devant tout le monde, — à sçavoir mon '^ si ung
tel subject pouri-oit estrejugé desloyal et séditieux ? Je pense,
disoye, que non.
Pareillement, dy-je, seigneurs et i)rinces, est de moy et de ce
vicaire icy. Car le vicaire, ayant pris la charge de publier et
enseigner les ordinances qui sont ])Our entertenir, avancer et
mener à quelque perfection le peuple christien, ne fait rien ou
bien peu de tout cela; et. le peu qu'il fait, il le fait indeuement,
et aultrement que Dieu n'a commandé, et met en avant des
aultres charges, de quoy il n'a nulle charge, ne de Dieu, [ne] de
son Église, non obstant qu'il fait cela desoubz le filtre de la
saincte mère Église.
Et moy, me trouvant là à la fort une ^\ non pas seulement
comme subject, mais comme filz de la vraye Église catholique
(Car tel me tiens et tel je veulx vivre et morir), si je me suis
opposé à ung qui a imposé à l'Eglise saincte ce que elle n'a
jamais pensé, l'affaire, si samble, selon la similitude, ne doiht
point estre trouvé si rude ne tant estrange, principalement devant
cenlx qui vendent aussi estre vrays suhjectz et loyaulx enfans de
la saincte Eglise.
Et ainsi que je voulois alléguer ung exemple de l'histoire
ecclésiasti(iu(>, pour prouver que je le j)Ouvoye faire cela et
m'opposer, on m'a imposé silence. Et j'ay supplié les grâces de
" Mon est ici uiio particule int«^rrogative, signifiant est-ce?
" Par un cas fortuit, par hasard.
1542 ANDRÉ ZP'RKDÉE AU CONSEIL DE BERNE. 47
Messieurs qu'on nio laissa rcsijondro au troisicsiuc point de
l'accusation : ce qu'on ni"a accordé.
Quant au troisiesme point, qui est d'avoir appcllt'' le vicaire
aljuseur, j'ay respondu (ju'il n'y avjsit pas grande difficulté à
prouver cela en beauco|) de sortes ; toutefois ([n<' ji" n"avoye
})oint dict cela sans cause de par luy donnée. Laciudle cause,
combien qu'elle soit assés longu(\ je Fay réduyt, devant les
excellences de Messieurs, eu brief, racomptant ainsi :
Le vicaire s'estant allé cant et cant après Pasqucs devant
Messieurs, a rapporté c<n'taines lettres à Monsieur le hulUf, par
lesquelles on manda que Monsieur le ballif eût à faire citer le
vicaire et sa contre-part '^ et Claude MattJùeu^^. Et est chose
véritable que le vicaire n'a point voulu donner (Mitendre à Mon-
sieur le ballif, ne à son cliastellain quil [1. quij cstoit sa contre-
part. Mesmement, quant Monsieur le hallif avoit donné chargea
son cliastellain de demander au vicaire quil estoit S(( contre-part,
le vicaire a respondu, qu'il ne sçavoit rien, et n'a fait samhlan.t
aukun de me demander aulcime chose. Et davantaige a dict à
Claude Matthieu, ciui\l] ne s'estoint pas plaint de luij : ce que
totalement, à la longue, a esté trouvé estre fardx^'. Car cinq
sepmaines après, ayant attendu jusques près d(^ la venue de la
journée assignée *^ [il] est venu vers Monsieur le ballif, donnant
entendre qu'il ne pouvoit penser d'avoir aulti'e contre-part que
'^ Sa partie adverse.
*® On lit dans le Manuel de Frihourg, an mardi 23 mai : Claude Ma-
thei d'Orbe a dit, en présence du Bailli, selon le rapport du ficaire :« Que
les administracions du S. Sacrement que le d. vicayre fasoit, estoint contre
Dieu et la saincte Escripture et qu'elles estoint méchantes; et qu'il voul-
loit prouver par la S. Escripture que tous ceulx qui l'ensuyvent que il
font contre Dieu et la S. Escripture. r,
'' L'enquête faite à Orbe contre Matthey, le samedi 27 mai 1542, le fut
« à l'instance et poursuyte de messire domp Claude fT}ii/ot, prestre et
vicaire d'Orbe. »
Deux assistants n'avaient pas entendu les paroles de ]\latthey (Voy.
n. 16), et deux des témoins ne soutenaient que la première ])artie de l'ac-
cusation. Ainsi l'un de ces derniers, « Domp Guillaume Chollet, prestre
d'Orbe, ...interrogé si[l] avoit ouyr dire à Claude Grivat (lue Claude Mat-
fheis eusse parler et médictz contre Messieurs de Fribourg, » répondit
négativement. Malgré cela, l'accusé ne fut i)oiiit admis à j)roduire ses
témoins à décharge (Mscr. orig. Arch. de Fribourg).
'^ Assignée au prédicant d'Orbe et à Cl. Guyot ))onr le 20 mai.
48 ANDRÉ ZÉBÉDÉE AU CONSEIL DE BERNE. 1542
le prédicant d'Orbe '^ De quoy moy estant adverty et i'e[nJcon-
trant le vicaire, je l'ay remercyé de ce que à la longue s'estoyt
déclaré que j'estoye sa contre-part. « Toutefois, » disoie, « je
vous eusse mieulx remercié, si m'eîit esté déclaré plus tost. »
A quoy le vicaire respondit en s'en allant, « que ce n'estoit luy
ma contre-part, mes que Messieurs de Fribourg me donneront
entendre que eulx sont ma contre-part. » Sur quoy je luy res-
pondoye « que cela ne se porroit pas sans que luy se fust com-
plaint de moy. » Et luy de crier du loing contre moy « qu'il
])arleroit bien à moy. » — « Parlons donques, » disoye. — « Et
de quoy? » dit-il, — « De l'évangile et de l'épistre que vous avés
hier (c'estoit le jour de l'Ascension ^") chanté à vostre messe :
là où vous dict[es], en language que le peuple n'entend pas, que
le corps de Jésus-Christ est osté de nous, tant de nous mains
que de nous yeulx. Et toutefois tous les jours vous dites et faites
le contraire, disant que vous le tenés en vous mains et que le
monstres aux yeulx de povre peuple : lequel tu, ainsi faisant,
abuses et séduyts, rien douant entendre de ce que vous dites
bien, et faisant à croire ce que vous faites mal, ce que mesmes
est contre l'article de la saincte foy. »
Sur ce, avons esté tous renvoyé de par le Conseil -'.
Brief recueil de la parolle du vicaire sur qiioy on Ta démenty.
Le vicaire a dict que le peuple est tenu en sa conscience et
obligé de payer le rachapt, car cela estoit l'ordinance de la
sainte mère Église ^^
" C'est-à-dire que, selon le Bailli, la partie adverse du vicaire Guyot ne
pouvait être que Zébédée lui-même.
20 Le jeudi 18 mai.
*' Nous complétons le récit de Zébédée par celui de Pierrefleur, p. 211 :
« finalement, après avoir ouy les propos du d. Vicaire et de luy, [Zébé-
dée] fust condamné d'estre mis en forte et estroitte prison, et y demeura
vingt-quatre heures. Au sortir, il fist amende honorable, assavoir : crier
mercy à Dieu, à la Vierge Marie, à tous les saincts et sainctes de Pa-
radis, et aussi... aux Seigneurs de Fribourg, lesquels acceptèrent ainsi
la d. mercy, le bannissant de leurs terres et seigneuries, sur peine de la
vie. »
Le Manuel de Fribourg omet la comparution, l'emprisonnement et
l'amende honorable de Zébédée, et il ne mentionne que cette rétractation :
« 5 juin. Chiudi Mathieu d'Orbe a rétracté les paroles citées au 23 mai,
et il a dit avoir mal parlé et fait tort à ceux qui sont attachés nu\ saints
sacrements et à la messe » (Trad. de l'ail.).
lo42 JEAN BOSSET AU CONSEIL DE BERNE. 49
1428 ^
JEAN BOSSET ^ au Coiiseil de Berne.
TDa Val de Tavaunes, l^^« jours de juin) 1542.
Inédite. Autographe. Archives de Berne.
S'ensuit la manière et la mode de vivre et le régime que l'on
tient por le présent à la prévosté de Mothié-Grand Vaidx, prin-
cipallement envers tons cenlx qui ont receu la sainde parolle de
Dieu, et qui se sont conformé et desclérez de voloir tenir hi
religion catholique (sic) comment Mess[i]eurs de Berne et leur
réformation porte et enseigne, tout selong la sainte parolle de
Dieu.
-* Zébédée étant sorti de prison le 23 mai, nous avons lieu de croire
qu'il composa cette Apologie à Berne, où il se trouvait le 7 juin.
Quatre députés. fribourgeois s'étant présentés le 26 mai devant le Conseil
de Berne, celui-ci leur fit des plaintes assez vives sur l'incarcération et le
liannissement de Zébédée, et sur la comparution du l)ailli d'Orbe à Fri-
iiourg. Le 31, Claude Matthey se plaignit, à Berne, de ce qu'il avait été
l'objet d'une enquête (n. 17) et sommé de comparaître devant des magis-
trats fribourgeois, qui étaient en même temps juges et parties (Man. de
Berne du d. jour).
Le conseiller Crispin Fischer, envoyé à Fribourg, le 3 juin, pour y
exposer les griefs des Bernois, reçut l'oi'dre d'insister sur cet argument :
qu'on ne pouvait être légalement banni des bailliages-communs d'Orbe et
de Grandson qu'en vertu d'une sentence des deux souverains, et non pas
d'un seul. Dans le cas où Berne suivrait, à l'avenir, l'exemple donné par
les Fribourgeois, ceux-ci en ressentiraient autant de chagrin qu'elle-même
en éprouvait du bannissement de Zébédée.
Fischer remplit sa mission le 5 juin. MM. de Fribourg lui dirent « que
Zébédée avait transgressé maintes fois les ordonnances des deux Villes, et
qu'il avait été grossier devant eux en parlant de l'ancienne et vraie reli-
gion. Ils consentaient néanmoins à lui rouvrir les bailliages-communs,
pourvu qu'il se conduisît avec modération; mais il ne prêcherait plus à
Orbe » (Manuel de Fribourg).
MM. de Berne, après avoir entendu, le 7 juin, le rapport de Fischer,
furent d'avis que l'enquête contre Zébédée avait été faite d'une manière
T. viir. 4
50 JEAN BOSSET AU CONSEIL DE BERNE. 1542
Et premièrement le vaidx de Tavannes et le vaulx de Motliié-
(h'and Yaulx, et le vaulx de Sornetal ^ entre lesqueulx por le
présent ont tient pouvre et misérable ordre de vivre selon
rÉvangille et la réformation de noz honorez seigneurs Messeurs
de Berne.
Item, quant les devant-nommé Ijohs Jiomnips ^ veulent prendre
ung homme à serment, au [1. ouj faire jurer ung officier, il
jurent et prennent tous jors le nom des sainct et des sainctes,
qui est contre Dieu et la réformation de Messeurs de Berne. —
Item, observent tousjours le d. bons hommes leur hénissons''-
comme du temps passez. — Item, il sonnent tousjours les cloches
après les mortz comme du passez. — Item, au jors des nopces
et aultre, dances se font la nuytz et le jors. — Item, grand
y Ivrognerie règne por le présent entre eulx la nuyt et le jors, et
des plus grand du pays. — Item, iowiQ'^ f estes 'papcdles mwi gardé
comme du passez. — Item les hahitz deschaplées"^ comme du
passez.
irrégulière, insidieuse, et ils décidèrent que ce ministre serait transféré à
Yverdon. Thomas Malingre, l'un des pasteurs de cette ville, irait le rem-
placer à Orbe. — Malingre dut voir dans cette brusque translation une
suite de la disgrâce qu'il avait subie quelques jours auparavant. Berne, en
effet, avait écrit aux « prédicants » d'Yverdon, le 29 mai : « Le porteur,
Hugonin cfArnex, bourgeois d'Orbe, prétend que vous l'avez examiné
et reconnu propre à devenir un prédicant. Abstenez-vous, à l'avenir, de
pareilles incartades, et remplissez votre office » (Traduct. libre de l'ail.
Manuel du d. jour).
' Jean Bosset prêchait à la Neuveville en 1530 (II, 289). Il devint en
1538 pasteur des villages de Maleray, Sorvilier et Court, situés dans le
Val de Tavannes, au S.-O. de celui de Moutier-Grandral. Diverses loca-
lités de cette contrée sont mentionnées dans le t. Il, N°' 320, 325, 330, 348,
349, 352, 354, et dans le t. M, p. 98, n. 86-88.
* Sornethal désigne en allemand le Val de Sornetan, situé au X. de
celui de Tavannes.
' Prud'hommes ou jurés. Il y avait six cours de justice dans la Prévôté
de Moutier-Grandval. Chacune d'elles se composait de douze jurés ou asses-
seurs, présidés par le maire, lequel était à la nomination du Chapitre
(Voyez A. Quiquerez. Hist. des institutions de l'ancien évêché de Bâle.
Delémout, 1877, j). 244, 249, 250).
* Bénédictions. La hénechon ou benesson était le nom populaire de la
fête du saint d'une paroisse.
^ Voyez, t. M, p. 368, 369, les règlements de Berne contre les habits
découpés.
1542 JEAN BOSSET AU CONSEIL DE BERNE. 51
A debvoir escripro toute leur maulvaisc conversations, ilz
requiroit ung troup grand livre : et tout sesi à faulte de la Sei-
gnorie, qui n'y mest point de ordre ne de cliasteyement, et qui
ne fait point son otïice ne son delnojrr.
Item, les bons hommes de Mallerez et Bel Villard ^ au vaulx
de Tavanes, ont pris et desrogner et despolié la mellior partie
des biens de V église de Sainct-George\ et en ont faict leur
propre héritage, desquelx bien soloit vivre ung curé, et de pré-
sent img p-édîcant, et ne veullent nullement regardez ne obser-
ver la réformations de Messeurs de Berne, mais disent que ont
aultant de auctorité de partir les biens de leur église comme
Messeurs de Berne en leurs terres et seignorie. — Item, a pres-
tez ung abher de Bellelée*, tant comment colateurs d(> la d.
église, la plusjiart des terres en fied^ au bons hommes : des-
quelles terres de[v]roit avoir ung prédicant por en vivre. —
Item, ne veulent nullement laborez les d. bons hommes por ung
prédicant, comme il ont fait por ung curé, mais disent : quand
nous dirons la messe, que lal)orerons les terres de l'église.
Court et Sorvelié. Item, les bons hommes de Cort et Sorvélié
o[nt] faict semblablement comme ceulx de Mcdlerez et Bel
Villard. — Item, ont prestez [le] Prévost et CJiapitre de Mothié
Ch'ond-vaidx, tant comme coUatours de l'église de Sainct-
Vi[n]cens à Cor et Sorvelié, les terres de la d. église en fied
héritable : lesquelles terres doibt avoir ung prédicant, et n'en
joyst, synon ung pitit de censés.
Sur lesquelles choses nous prions et supplions tant humble-
ment noz très chiers, reddoubter et magnitique et puissant
Messeurs de Berne, que il leur plaise de voloir remédié et
regardé à ces alîaires, por et à celle fin que Thonnour de Dieu
soit exaltez et sa sainte parolle mantenue : au fl. ou] altrement
tout irat en abisme et ])erdicion. Et que l'ong rescripve au
Prévost et à l'ahher de Ballelée, collateurs qui sont des églises,
® Bévilard, villajsp entre Maleray et Sorvilier.
' St. Georges était le patron de l'église de Bévilard.
* Bellelay, abbaye de Prémontrés, située à une lieue à TO. de Sornetan,
avait pour chef depuis 1530 Jean Cognai (JV, 64^, V, 422-425).
* C'est-à-dire, en fief (feodum). Saucy (Hist. de Bellelay. Porrentruy,
1869, p. 110, 114-116) cite les noms de plusieurs de ces nouveaux feuda-
taires, investis par ./. Cognât.
32 LE CONSEIL DE STRASBOURG AU CONSEIL DE BALE. 1342
que facont par ensemble une prébande souffisante au ministre
des églises, à celle fin que puisse faire debvement son office : au
altrement i[l] serat contraint de abandonné le lieu '".
Jehan Bosset. de Xuveville,
ministre du sainct évangille de Dieu,
au lieu de Mallerez et Cort et Sorvelier. 1542.
La summe des biens que peult avoir le devant nommez prédicaut, pour
la substance de luy et de sa famille, à cause des dues [1. deux] église devant
nommée, Mallerez et Court : Sine muytt de froment et sine muyt de
avoyue et demy, pour faire 4 cbair de foin, et 14 sol d'argent, et quelque
peult de novally [1. uovales] aulcune foys. 1542 ^^
1129
LE coxsEiL DE STRASBOURG au Conseil de Baie.
De Strasbourg, 7 juin 1542.
Inédite. Manuscrit original. Arch. de Baie.
(Traduit de l'allemand.)
Aux prudents et sages, nos particulièrement bons amis et
fidèles chers voisins, le Bourgmestre et le Conseil de Baie, Nous,
Hans Bock, chevalier, le Meister et le Conseil de Strasbourg,
offrons nos amicaux et empressés services.
^" A comparer avec les notes de la p. 360 du t. II.
" On lit au dos cette note du chancelier bernois : « Prédicant. Moutier-
Grandval. Là-dessus, décidé d'envoyer une ambassade, 6 Junii 1542. —
23 Julii être là » (Trad. de l'ail.). Les instructions des députés bernois
envoyés à Moutier leur furent données, en effet, le 20 juillet.
Manuel du 7 juin : « Sur le rapport des prédicaiits de Moutier-Grandval,
on décide d'écrire à l'Évêque [de Bâle] et au Prévôt [de Moutier] qu'il
indique, si cela lui convient, le jour d'une conférence. Mes Seigneurs
enverront leur ambassade, ])Our procéder à un examen [des choses], afin
que les transgresseurs de l'édit de Réformation soient châtiés, et que les
amendes passent dans les mains de l'Évêque et du Prévôt » (Trad. de
l'ail.). Voyez, au 29 juillet, la lettre des ministres de la Prévôté (N» 1142).
1342 LE CONSEIL DE STRASBOURG AU CONSEIL DE RALE. 53
Chers bons amis et fidèl(^s voisins!
M. 2Iartin Bucer, ministre de la parole de I)i<'U en cette
ville, nous a informés qu'il a ai)i)ris^de votn^ Banneret, le pieux
Bernard Meijer, que nos bons amis et fidèles voisins de Berne
veulent rajjjjeler M. Pierre Tiret, leur prédicateur de Lausanne,
qu'ils ont prêté pour un temps à ceux de Genève, — rappel très
fâclnuix pour ^Monsieur Jean Calvin, j)arce que touf n'est peut-
être pas encore ramené au meilleur état autour de lui, et que
M. Calvin lui-même, à cause de sa faible santé, ne ])('ut ])as tout
faire. Ces circonstances réunies apporteraient du dommage à
l'œuvre de l'Évangile. 2£eyer nous a dit (jue, pour cette raison,
vous aviez alors décidé d'écrire à nos amis de Be^me de laisser
encore ])lus longtem])s le d. ^I. Tiret à Genève, et que vous
trouvez bon {pie nous écrivions dans le même sens aux Bernoise
C'est, en effet, notre devoir d'avancer surtout et de toutes nos
forces l'honneur de Dieu, et nous sommes tout disposés à vous
agréer et à vous rendre service amicalement. C'est pourquoi
nous écrivons aux susdits nos amis et voisins de Berne la lettre
ci-incluse, en vous jjriant de la leur envoyer avec la vôtre. Nous
reconnaîtrons ce service, à l'occasion, amicalement et volontiers
envers vous, chers amis et voisins. Donné le mercredi, 7'"" de
Juin, l'an, etc., xlh.
(Note du secrétaire bâlois : « Relative à M. Pierre Viret, qu'il
faut retenir à Genève. Présentée [au Conseil] le 14 [juin] 1542.)))
^ Berne ne s'opposait pas à ce que Tiret prolongeât son séjour à Ge-
nève, pourvu que les Lausannois y consentissent (VII, 376, tin de la ii. 22;
409, n. 3). C'est donc à ceux-ci qu'il aurait fallu s'adresser tout d'abord.
54 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 1542
4130
JEAX CALOTS' à Guillaume Farel, à Neuchâtel.
De Genève, 46 Juin 1542.
Calvini Epp. et Resp. 1575, p. 38. Calv. 0pp. XI, 408.
Utinam ita ad prseseiitis vita? contpnii)tum ac sanctae mortis
meditationem erudiar, ut hic anniis miiltis piorum funeribus
mihi luctuosiis fuit ! Poralis, primus urhis Syndicus, ad Domi-
num migrarit : cujus mors nobis, ut par erat, tristis atque
acerba fuit. Ipsius verô mortis species, ut nounihil mihi solatii
attulit, ita ex adverso mihi dolorem auxit, dum cogito quantum
in eo Jiomine perdiderimusK Postridie quàm in morbum inci-
derat, cum essemus apud eum ego et Viretus, denuiiciavit se de
vita ])ericlitari : morbum enim quem patiebatur familiœ suse
esse fatalem. Ha])uimus deinde longum sermonem de rébus
variis : sic loquebatur, quasi sana esset ac intégra valetudine.
Biduo quod proximè sequutum est acriùs lal)oravit, sic tamen
ut ingenio et loquendi dexteritate magis vigeret quàm tota vita :
quisquis ad eum visendi causa accesserat, audiebat prœclaram
aliquam exhortationem : ac ne putes futilem fuisse loquacita-
tem; quantum lieri potuit, aptissimè singulis accommodabat
quod illis conveniret ac prodesset. Cœpit inde meliuscuiè ha])ere,
ut spes optima esset restitutum propediem iri. Triduum duravit
hic status : tandem iterum morbus ingravescere, ut constaret
maximum esse periculum. Quô tamen afflictior erat corpore, eô
spiritus vividior fiebat. Taceo médium illud tempus.
Qiio die mortims est, circiter nonam ante meridiem, illuc veni-
mus ego et Viretus. Cum ))auca verba fecissem de cruce, de gratia
Christi, de spe vitae seternae, nolebamus enim prolixis sermo-
nibus eum fatigare, exce])it se acci]iere T)(^i nuncium ut par erat,
^ Celles des lettres d^Ami Forral que nous avons reproduites dans le
t. nr, peuvent donner une idée de la sagesse et du patriotisme de ce ma-
gistrat.
i542 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCIIATKL. 55
se enim scire quaiu viin lialx-rot Christi iniuistcrium ad coiifir-
mandas consciontias tiddiuiii. Illic de minisferio ac toto illius
usu ita splendidè dissernit, ut nos sfiijwre amhos afficeret : ac
quotios milii in inoiitom voiiit, adhuc o])stui)esco. Sic cniiii
loquel)atiir, ut vidor(>tur oratioiiein ab aliquo iiostrûiu diu ac
diligonter meditatam referre. Haiic partom sic concludebat, ut
dicpret se reiiiissionem peccatoruni, quani ex uiandato Cliristi
polliceremur, non aliter accipere quàni si angélus si])i è cœlo
apparuisset. Descendit postea ad unitatem Ecclesiœ, quam miris
elogiis commendavit, testatus nullum se habere melius nec
certius solatiuni in certamine mortis, quàm quia in illa unitate
jam plané confirmatus esset. CoUegas autem nostros ixndb antè
vocaverat, ac redierat cmnillis in gratiam^, ne si in illo dissidio
ferstiHsset, eo exemplo alii ahuterentur. Dixerat autem nobis :
« Cum i)ublica ecclesise sedificatio vos cogat ad illos pro fratribus
tolerandos, cur non eadem ratione pro pastoribus agnoscerem?»
Adnionuerat tamen eos seriô, ac illis quid peccassent in niemo-
riani reduxerat.
Sed redeo ad illam postreniani orationem. Conversus ad eos
qui adsta])ant, hortatus est omnes ut ecdesiœ commimionem
haberent commendatam ; eos verô qui in caeremoniis et die-
bus sunt superstitiosi^ admonuit, ut deposita jjervicacia nobis
acquiescèrent : nos enim meliùs ac prud(Mitiùs videre quid ex])e-
diret quàm illos : se quoque in illis fuisse magis obstinatum, sed
datos sibi demum oculos, ut videret quàmnoxia esset contentio.
Postea confessionem edidit hrevem ac gravem ac hœulentam.
Inde nos hortatus est, cum ad alias officii partes, tum rerà ad
constantiani : nec secùs ac rates aliquis defuturis difficultatihus
sermonem hahuit. De repuhlica mirmn quàm sapienter dixerit
quod ad rem pertinel)at. Imprimis, ut reconciliandis sociis
iirlnhus^ pergeremus operam studiumque impendere commenda-
vit. « Quidquid vociferentur claniosi aliqui, dicebat. non oportet
vos animis frangi. » Non liabco tantum tem})oris ut omnia per-
sequar. Nos ubi aliqua subjecimus, concepimus orationem. Sic
^ Portai, ainsi que plusieurs autres Genevois, s'était refusé à recon-
naître comme légitimes les pasteurs qui, en 1538, avaient pris la place de
Farel, de Calvin et de Corauld, bannis de Genève.
* A comparer avec le t. V, p. 137, note 9.
* Berne et Genève.
56 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL. A NEUCHATEL. 1342
discessimus. Secuncla pomericliaiia, cum uxor mea'^ venisset,
jiissit « hono animo esse, quidquid accideref : cogitaret se non
temere, sed mirahili Dei consilio hue adductam, ut ipsa quoque
Evangelio serviret. »
Paulô post deniuiciavit, vocem jam sibi eripi, castcrùm etiam
sine voce confessionera se retinere in animo qnam priùs edide-
rat, ac in ea moritnruni. Illic reciiato Simeonis cantico, atque
eJKS inferjyretatioue ad se upplicata : « Yidi, inqnit, et manu
tetigi salutare istud, » atque ita se ad quieteni conii)osuit. Exinde
sermone fuit destitutus, nntibus tamen indicabat, se nihil de
animi vigore perdidisse. Sub horam quartam veni illuc caini
Sgndicis. Cum aliquoties erumpere in sennonem conatus esset,
et faucibus im])ediretur, jussi ne si])i molestus ampliiis foret,
abunde ejus confessione satisfactum. Cœpi tandem loqui ut
potui : audivit vultu admodum composito et tranquillo. Yixdum
eramus egressi, cum sanctam animam Christo reddidif^.
Haec narratio vix tibi erit credibilis, si expendas hominis
naturani : verùm scito fuisse novo prorsùs spiritu tune donatum.
Nunc in deligendis novis coUegis sumus vcddè occu2^ati, eoque
magis quôd, dum ]nitamus nobis contigisse aliquem valdè ido-
neum, postea deprehendimus nostrœ expectationi non satis
respondere. Uln aliquid constituerimus, intelliges. Neque enim,
cum absis, juvare nos consilio potes. Vale. xvi. Junii m. u. xlh.
* Idelette de Bure (VI, 275, n. 15).
^ Registre du Conseil du 5 juin : « Par le bon volloir de Dieu, samedi
3 Juin, icelluy nostre bon Dieu et Saulveur retira à luy le seigneur syn-
dique For rai, et hier fut mis en sépulture au lieu accoustumé. » — Nous
empruntons encore à M. A. Roget, H, 39, le § suivant du susdit Registre :
« Pource qu'il y a aulcungs qui ont esté après à fère ijlusiours insolences
et mocqueries de la mort du syndique Porral, ordonné que soient prises
légitimes informations, et selon icelles soient chastiés. »
lol2 PIERRE TOUSS.VIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 57
1181.
PIERRE TOUSSAiN à Guillaume Farel, à Neuchâtel.
De Montbéliard, 10 juillet 154;2.
Inédite. Autographe. Commuiiiquée par, M. Henri Lutterotli.
S. Statueram descenclero Argentoratum, ])Otissiniinn ut J/e-
tenses inviserem et alloquerer; sed Foreti causa\ adversa va-
letudn. adventus Diicis Christophori ex])ectatio -, etc., me liîc
invituni retinuerunt. LutzemhHrgo ' rediit nudius tertius Prse-
fedus noster, qui narrât oninia illic niilitil)us pleua et turbata esse
omnia*. ut ])er 2Iediomatrices'' commode redire non potuerit :
qui liomini spem fecerant maximam, ut ante suum ad nos redi-
tum ali(|uid -à lyrhnorïbus^ im])etrarent ad gloriam Domini pro-
])agandam; sed bellum hoc, vel saltem tria casti-a niilitum non
jn'ocul ab urhe interturbant oninia, cum nondum certô sciatur
adversùs quem Rex bellum movcre statuerit '. Bucerus scribit
exercitum adversùs Turcas nondum esse totum coactum **, et
' Les griefs du gouvernement et des pasteurs de Montbéliard contre
P. Foret, sont consignés dans les lettres suivantes : 2, 10 juillet, 14 août,
6 septembre 1541 (MI, 171, 182, 220, 237), et dans les annotations que
le comte Georges fit ajouter à cliacun des articles de Vapolocjie de Foret,
composée du 15 au 20 mai 1542 (N" 1120).
* Le duc Christophe de Wurtemberg arriva le 22 juillet à Montbéliard.
* Appelé plus anciennement Luciïiburgum (Voyez R. P. Alexandri
AViltbemii Luciliburgensia. Luxemburgi, 1842, p. 148, 151).
■* La guerre entre François I et Charles-Quint était imminente.
' On se servait volontiers du mot Mediomafrices pour désigner la ville
de Metz ou son territoire, bien que le nom antique de la villf fût Diro-
durum Mediomatricorum (Voy. l'Annuaire de la Soc. des antiquaires de
France, 1850, p. 267).
^ Ceux des nobles de la cité de Metz qui avaient du penchant pour la
Réforme, mais qui différaient toujours le moment d'agir en sa faveur.
' La déclaration de guerre du roi de France à l'Empereur ne put être
connue du public qu'après le 12 juillet.
» V 1126, note 8.
58 PIERRE TOUSSAIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 1542
multa alia deflenda, ut velicmenter cœci simus nisi videamus
instare diom Doinini.
Princeps hic noster Georgius copiosè respondit ad omnes arti-
culos Apologiœ Fore.ti^, et quain qiiidem responsionem misit
Dominis Bernatihus ante hebdoinadas très. Ad hœc MichaëV°
anteactis his diebiis multùm iiistitit apud nos ut dimitteretur ;
sed quoniam nusquam vocatur, et meliùs habet (gratia Christo)
quàm habebat cum hue venit, et agit hic proxiiliè, et ecclesias
habet uihil propemodum iuter se distantes", et scimus homi-
nem sollicitatum à nebu]onil)us quibusdam, et videmus eum hoc
prœsertim tempore ecclesiam suam deserere non posse sine
magna offensione, — non potuimus ulla ratione illius petitioni
acquiescere ; quin vehementer miramur qua conscientia id tanto-
pere à nobis efflagitet, maxime cum testem habeamus D. Deum
nos omnes hominem verè et ex animo amare : ad cujus animum
pacandum non incommodum fuerit si nobis scripseritis, vos non
in ea esse sententia, ut sine nostro consensu certaque ac légi-
tima vocatione ecclesiam suam deserat'^ Vale in Domino et
mihi fratres omnes saluta, quorum et tuis sanctis precibus
ecclesias et me commendo. Scripsissem copiosiîis, sed divexor
adversa valotudine. Iterum vale. Monbelgardi, 10 Jullii 1542.
TUUS TOSSANUS.
(Inscriptio :) Farello fratri meo in Domino colendissimo.
' Voyez la note 1.
10- n ]]fjç},gi J)ol)t. Les deux églises mentionnées sont probablement
celles d^ Exincourt et à.^ Audincourt . Elles appartiennent à des localités
situées à une lieue environ de Montbéliard.
'* C'est pour cette raison que, le 31 mai 1543, Farel blâma avec tant
de rigueur ses collègues de Xeuchâtel d'avoir accueilli MicJiel Dobt pen-
dant l'hiver précédent.
1342 EUSTACHE DE KNOBELSDORF A G. CASSANDER, A BRUGES. n9
EUSTACHE DE KNOBELSDORF à Georges Cassaiider, à Hriiges \
De Paris, 10 juillet 1542.
Epistolae selectiores scriptœ vel a Belgis vel ad Belgas.
Lugd. Bat. 1617, 8°, p. 37.
(Extrait)
.... Qiiod petis ut distiuctiùs singula perscribain qiuf obiter
tum de exKrendis Lniherarm attigi, ex animo faciani, quantum
quidem temporis angustia feret. Hoc enim ipso uiouiento quo
tuas recipio, respoudere cogor, ni nuntium vacuuni redire nialim.
Tum mentionem feci supjjlkatiommi quse lue fiebant, quarum
tamen causam neque sciel)am, neque diligentor roquirebam,
quôd ox more fieri eas putarem, quum intérim peculiares au-
diam fuisse, easque quœ nisi jam rébus deploratis adliibeantur.
Plenas Jmmanitatis Rex Oallise ad Senatmn Parisiense^n (quod
Parlamentum vocant) niisit literas, quitus vel iniprimis petere
visus est, ut suo nomhie decernerentur siqyplicationes ad Deum
' Une traduction française de cette lettre est insérée dans le t. W du
Bulletin, p. 420-423.
On ne possède que peu de renseignements sur Knobelsdorf. Il était
prussien (Prutenus) et poète, et il publia en 1543 une Description de la
ville de Paris (Voy. Bulseus, o. c. Yl. Index illustr. virorum).
Georges Cassanâer (1513-1566) né à Bruges ou dans l'île de Cadsan
(ou Cassand), au S. de Flessingue, fut professeur de littérature classique
à Gand, à Bruges, etc. Il s'appliqua ensuite à l'étude de la théologie, et,
après quelques voyages, il s'établit à Cologne avec son ami Cornélius
Gualtherus. Cassander s'est rendu célèbre par le livre où il essaya de se
porter médiateur entre les deux religions, et qui est intitulé : « De otïicio
pii ac public?e tranquillitatis verè amautis viri, in hoc religionis dissidio.
(Basile*) 1561, » in-S". Accusé d'hérésie par les Catholiques, il mourut
« soumis à l'Église romaine . (Voy. Yalerii Andréa^ Biblioth. Belgica,
p. 259-262. — Le P. Nicérou. Mém. pour servir à l'Hist. des hommes
illustres, t. XL, p. 72-87).
60 EUSTACHE DE KNOBELSDORF A G. CASSANDER, A BRUGES. 1542
opt. max. profelici rerum successu^, si vol ipse aliqiiando tandem
repotiturus esset patrimoniiun siuim legitimuiii, quod iniqiiis-
simo jure nunc ab alienis possidetur, vel ulturus necem legato-
rum regioruni, prai'ter jus gentiuin, huiiiauitatein oninem et
fidem, occisorum ^ Si quos praiterea Imherent infideparîim sïbi
constantes, ut de illis more solito sumerent supplicium *.
Obtemjjeratum est ea in ro régime voluntati diligentissimè, ac
post varias, ut vocant, processiones, siipplwatio generalis à toto
clero omnique populo magna cum pompta et celehritate perada
est'\ Eligebantar conciouutores, qui popuhmi docerent (si Diis
placet) in quem iisum prœcipuè pompa illa Jieret, tum ut Régi
omnin ex animi sententia succédèrent, tum ut Ecclesise Romanse
jam ruinam minitanti succurreretur : ideoque, sacro finito, octo
vivos Ignibus exurendos esse, qui in Apostolicam sedem nonnuUa
dixissent. Vixdnm suproma manus imposita erat supplicationi,
jam vulgus tnnnatim/or^fm Mohertinum^ petehat, ibique victi-
mas mactationi destinatas exsijectabat. Verùm oo die nihil actuni
est, eo quôd ferebantur Lutlierani illi appollasse Parlamentum.
Duos exuri vidi, quorum ut vita dis])ar erat, ita me mors
2-4-5 ,^ l'occasion de cette lettre du Roi, datée du 2 mai (Sleidaii, II, 270),
il y eut déjà une procession à Paris, et l'Université prit, le 5 mai, les
mesures que nous avons mentionnées plus haut (N" lllJ, n. 3, au com-
mencement).
Le 1" juillet, le Parlement pul)lie un édit qui ordonne, sous peine
d'excommunication, de dénoncer avant six jours à certains docteurs de la
Sorbonne (savoir : Henri Gervais, Nicolas le Clerc, Pierre Richard, Ro-
bert Bouquin, Jean Benoît, P'rançois Picard) tous ceux qui négligent les
lois et les cérémonies de l'Église, qui répandent des livres Iiérétiques, et
qui fréquentent ou accueillent diez eux des assemblées secrètes. « Quo die
divulgatum est hoc edictum [dit Sleidan, p. 274], supplicatio facta fuit
ad templa divorum, et regni salutis et conservandje causa religionis, cir-
cumgestata fuit Genefeva, tutelaris ipsorum Dea... et his ipsis ferè diebus
exusti quidam fuerunt, propter dogma. »
Le 8 juillet, le Parlement décide de faire exhorter le peuple par les
curés. Ceux-ci reçoivent un qiu^stionnaire qui les aidera à découvrir les
intil seutans de la foi (La Chambre ardente, par N. Weiss. Paris, 1889,
p. XXIV, XXV).
8 Voyez le t. VII, ]). 201, 204.
® La pince Mauhert, de sinistre mémoire, est située au sud et près de
la Seine, non loin de l'endroit où la rue des Noyers rejoint celle de
St.-Victor.
lo'l2 EUSTACIIE DE KNUBELSDORF A G. CASSANDER, A HRUGES. 61
varié affecit. Si hîc adfuissos, niitius gcmis pœna> misons
optasses. Erai prior Jwiie juveuis, adlmc plané imberl)is, iiisi
(|iiô(l j)rima laiiiigo paiilliilùm jn-niTix'rct, suforis dijusdam hic
y77/?r.s', quem i)l('rique viginti noiulnii) aiiiios ha))oro putal)ant".
AJfprjam sexar/piHoiHs aiit etiam ultra, affoctus, plané sencx^
facie vencrandus, cana eaqno prolixa barba.
Juvenis ille, qubd nescio qnœ in imagines miracnloms (quas
liîc niaxinio concursn non venorantur, sed adorant), incaxtiùa
dixerif, nenipe non nmltùni à lajjidois Gentiliuni Diis difforre,
ejidendas ox Christianorum tcniplis. si idololatriie subrp])oret
vitinni vcl susi)icio. Fertnr pi-a'tcrea qua^dani dixisso non aliéna
a Martini'^ sontontia : ob qua^ qnnni {)roductiis esset ut palino-
diam ('an(M-ot, illo tantùni aberat à l'ccantando, nt ctiani morte
ea quse dixerat se corroboraturum adlirmaret. Productus igitur
in cnriani, lata sententia, elingneni. vivumque exurendnm esse,
ad quam ille niliil do pi-istino sno vultn remittens, sponte lin-
guam carnitici, quam longé potuit, resecandam exeruit. Carni-
fex forsice [1. forcijx'J protracta excisaque cnltro lingua, iterum
atque iterum f'aciem hominis ea verberabat. Arrii)uisse adhuc
palpitantem (ne quid de Gallorum i)ietate dubites) eircumstans
turba dieitur, hominique in os jecisse. Levatus inde in currum,
ad locum supjjlicii ductus est, eo aninio, ut non supplicium, sed
'■ ^Icrlc (rAuliigné (Hist. de la Réf. au temps de Calvin, VIII, 59) iden-
tifie ce « fils d'un cordonnier » avec « le jeune orfèvre » dont Jacques
Dryander a décrit le martyre (Lettre du 20 février (1541), et qui, selon
toutes les vraisemblances, était Claude le Peintre. Mais Jean Crespin, qui
assistait au supjilice de celui-ci et en a publié le récit, l'a placé en 1540
(Actes des Martyrs, 1582, fol. 118 a). Pour établir que cet événement
appartient à l'année 1542, il faudrait prouver que la susdite lettre de
Jacques Dryander est du 20 février 1543, — chose impossible, croyons-
nous (Voyez, dans l'Appendice, le N° 944 a, n. 4, 5).
* Si Claude le Peintre et le jeune homme dont Knobelsdorf vient de
parler étaient une seule et même personne, Crespin n'aurait-il pas dit
quelque chose de ce « vieillard sexagénaire, » qui devait au même instant
attirer ses regards, exciter sa pitié, et qui ne j)ut. même au ]irix d'une
abjuration, écha])]ier à la mort? Il nous semble donc qu"il faut maintenir
la date du martyre de Claude le Peintre telle que Ta indiquée Jean Cres-
pin (Voyez n. 7).
^ S'agit-il ici de Martin Luther ou de Martin Bésard ? Le second
résidait depuis plusieurs années à Paris, où il était bien connu des étu-
diants de la Suisse et de l'Allemagne (t. VL ]i. 305-308, 348).
62 EISTACHE DE KNOBELSDORF A G. CASSANDER, A BRUGES. 1542
convivium petere videretur. Sine monitore, sine duce, descendit
de currn, iihi crucem paratam vidit, seque commodissimè pcdo
applîccd : cui dum (dUgatxr catena, dicere nonpossum,qiio vultu,
qiia prœsentia animi pertiderit insidtantis turhse plausum et
oblatrationem. Xidhim incidium edidit sonum; cruorem qui ex
recenti amputatione linguse \d>errimè demanahat, siûnnde
exspuehat, ocuJosque in cœlum dirigebat, ac si divinitus adhuc
quicquam auxilii exspectahat. Siilj)hiire jam instrato capiti,
quum carnifex minaciter ignem ostenderet, nihil perterritus,
motu qiiodain corporis appetebat incendium. Yix equidem puto,
Cassander dulcissinif. Philosophos illos qui tôt de contemiieiida
morte li])ros ediderunt, tam prsesente animo adeô crudeles cru-
ciatus pertulisse. Ita ille omnem liiiinanitatem mihi exuisse
visiis est.
Hahes fatum adolescentis : audi mine senis, quod etsi mitius
paullb sit, tamen mihi qiddem longe atrocius videtur. Vetulus
ille jam decrepitus, civis Parisinus, multarum prolium pater,
sat aliàs lionest£e et spectatae vitae, quum nescio quae in mona-
chos de invocatione Sanctorum, liberiùs quàm liîc competit,
prseterea, Christianos omnes esse sacerdotes, dixisset, couvictus
testibus, in carcerem conjectus est, Quum ibi cum Theologis
committeretur, facile vincebatur hoino rusticus disputationum
ignarus. Fatebatur igitur errorem, pœnitentiaque se duci asse-
verabat : qua palma Theologis nihil optabilius accidere potuit,
quôd id genus liominum non rarô etiam praecipuis Magistris
nostris summum negotium facessat'". Itaque ut in ea sententia
perseveraret monebant : « moriturum enim jam ut Christianum,
qui aliter Lutheranus periisset, nisi recantasset. » Vinctus per
tortorem sublatus est in currum, cui annectebantur adolescentes
duo similibus funibus ligati, indusiis candidis amicti, gerentes
faces ardentes in manibus, eo quôd audissent senem in monachos
disputantem, neque statim prodidissent. Deducti in templum
Deiparae virginis, veniam sceleris impetrarunt, senexque denuè
ibi in aurem Divae virginis 7:ahjtùâeîv cogebatur. Hinc rectà
ductus adfurcam, ac multa prsefatus, se omnia recantasse, neque
*° Le Martyrologe de Crespin nous apprend que des hommes très
simples, mais qui étaient versés dans la connaissance des Écritures, rédui-
sirent plus d'une fois au silence les docteurs de l'Inquisition.
1542 LE CONSEIL DE BERNE A LA. REINE DE NAVARRE. 63
quicquam hserere in se commune cum LxtJiero, repente strangu-
latiis est, ac postea semimortuus in ignem coujectiis.
Viclebatur ea pœna miiltis initior a^quo. quôd non vivus exu-
reretur, qui si me interrogassont, iiiB/illi diversissiniam senten-
tiam iiostram agnovissont. Qnid oniiii indlgnius, qnàm kominem
oh quemiis errorem quem mordicus non taetur, flummis tradi,
qunm etiam ipsi patres sancti dicant, liseresin non esse nisi in
pertinacia. Exustus ost senex ille miser paucos (lies post disccs-
sum Cornelii ". Audio innumeros esse quihus eadem sit terenda
via^-. Orandus Deiis est, ut si malè sentiuiit, convertantur : sin
bene, viriliter pugnent. Sed plus satis : reprimenda enim vox est.
Tu extemporalem istam confabulationem sequi bonique consule.
Vale ex Lutetia, Anno 1542, die 10 Julii.
EUSTATHILS A IvNOBELSDORF.
(Inscriptio :) Doctissimo Georgio Cassandro, professori pri-
mario in Collegio recenter instituto Brugis, amico suo prsecipuo.
1133
LE CONSEIL DE BERNE à la Reine de Navarre.
De Berne, 15 juillet 1542.
Inédite. Minute originale. Arch. de Berne.
Blustrissime, excellentissime, très honnorée Dame, à vostre
bonne grâce très affectueusement nous recommandons.
Noble, illustre Claude de Tornon *, nepveur de Mons' le
" Probablement Cornélius Wouters (en latin Gualtherus), natif de
Gand, chanoine à Bruges (Valère André, o. c, p. 151). Le moment où il
quitta Paris étant inconnu, on ne peut en inférer la date des sui^plices
mentionnés par Knobelsdorf. Mais il est évident qu'ils eurent lieu entre
le 1" et le 10 juillet.
** Le jour même où Knobelsdorf écrivait la présente lettre, Laurent du,
Muel, escuyer, seigneur de Fontenil en Normandie, montait, à sou tour,
sur le bûcher de la place Maubert (Voyez la France protestante, éd. Henri
Bordier, V, 1172).
^ Claude de Tournon, neveu du cardinal et de Claude de Tournon,
64 LE CONSEIL DE BERNE A LA RELNE DE NAVARRE. 1542
Cnrdhial de Tor)io)i, ayant faict domeuranco ot résidence de
deux ans rièro nous jjaïs, sy lionnoste ot vertuense. qne tous
gens de bi(Mi. principcdlement nous mi)ristres du sainct Evan-
^e/?e de Nostre Saulveur. luy en rendent tosmongnaisre \ nous
a exposé qu'il y ayt une dame en vostre court nommée Dame
Jeluiune de Rohrac '\ dame de ]\Iolans. hninelle. ])our la part de
son filz Antoine Parpalic, luy soit entenue de certaine somme
annuelle d'argent, ou jà soit pension, causant une cession de
certains bénétices faicte par le diet Claude de Tornon au dict
Parjudier : de laquelle soniuK^ le d. de Tornon n'a esté satis-
faict *. T)()iit en est grandement intéressé, non ayant de quoy
entretenii' sa feninK^ (^t famille : ayant sur ce son recours à nous.
Pour ee vous ])nons voulloir induisre la d. Dame de Bohrac et
son tilz, (luil ayent à contanter le d. supliant, ainsy qu'ilz eu
sont tenuz et obligés: car la nécessité de son estât le requiert,
avecque la raison. Vous asseurants que recognoistrons le bien
qu(% ji nostr(^ requeste. luy sera faict. Priants Xostre Seigneur,
très illustre Dame, qu'il vous doinct augmentement de son
sainct esperit et bonne vie. Datum 15" Julii 1542.
L'Advoyer et Conseil de Berne.
fSuscription :) A illustrissime, excellentissime Dame la Roynue
de Novarre {sic\ seur du Roy très chrestien de France, nostrc
très honnorée Dame.
évêque do Viviers (mort t-ii 1542), était un aiuiiMi élrvc do Jea)i Pellisson
(V, 282, n. 21), dont il ado])ta les croyances évaugéliques. Réfugié à Lmi-
sanue en 1540, il ne jnit obtenir la restitution de ses biens confisqués en
France. Nous l'inférons du fait que le bailli de Lausanne lui paya, en
1543 et 1544, une pension de la part du aonvernenient bernois. Il mourut
en noviMubri^ 154}. Nous ignorons ce qui- devinrent dès lors sa femme et
ses enfants.
* Ce détail annoncerait, à lui seul, que Claude de Tuhdjo». ])artageait
les convictions religieuses des ministres de Lausanne.
^ Le nom de cette dame ne figure ))as dans le Litre de dépenses de la
reine de Navarre (Voyez Mai'guerite d'Angoulême par le comte H. de la
Ferrière-Percy. Paris, 1862).
* De ce passage on jieut conclure que (7. de Tourno)! avait été pourvu
de bénéfices ecclésiastiques par ses deux oncles, et qu'avant de quitter la
France, il avait fiiit cession de ces bénéfices à Parpalier, moyennant une
pension annuelle que celui-ci devait lui payer.
1512 LE CONSEIL DE BERNE Al CARDINAL DE TOIRNON. 65
4134 .
LE CONSEIL DE BERNE ail Cardinal de Tournon '.
De Berne, 15 juillet 1542.
Inédite. Miniito originale. Arch. de Berne.
Illnstre. très révérend et honnoré Seignenr.
11 n"est de besoing de vous fascher par longs propos de la
retraicte de noble illustre Claude de Tornon, vostre nepveur.
rière nous pays : car la nécessité et adstraincte de consanguinité
souffict et sert de recomandation envers vous, au bien et prouf-
fict de ses affaires, qui n'est aultre synon de vous suplier, —
vehu rhonneste conversation que le dict vostre nepveur, desjà
deux ans entiers, a faict rière nous pays, bien renommé et aymé
de tous honnestes gens, causant sa vertueuse vie et conversation
irrépréhensible, — que vostre grâce et bon plaisir soit Thavoii-
pour recommandé, et luy faire restituir son liien temporel, soit
d"héritaige. patrimoyne. ou suc[cJession, qui justement luy peult
venir et apartenir, affin qu'il en puisse jouir et vivre avecque sa
femme et enfans. ainsy qu'il s'ai)artient. Et nous ne serons in-
gratz de recougnoistre le bien que, à nostre requeste, luy fairés ^
^ François de Tournon (1489-1562) fut successivement abbé de la
Chaise-Dieu et de St-Antoine de Viennois, archevêque d'Emlirun, d'Auch,
de Bourges, de Lyon, et gouverneur dn Lyonnais. Il était cardinal dejiuis
l'an 1530. A plusieurs reprises, il avait rempli, comme ambassadeur, des
missions importantes en Espagne, à Rome et en Angleterre. Conseiller,
puis ministre de François I, il se distingua toujours par son ardente hos-
tilité contre la Réforme; mais il favorisa les savants et les gens de lettres.
Blanche de Tournon, sa sœur, fut dame d'honneur de Marguerite de Na-
varre, à qui le cardinal de Tournon « fut de tout temps dévoué » (Voyez
la Ferrière-Percy, o. c, p. 10, 86).
^ Au moment d'une nouvelle guerre, les requêtes des Bernois avaient
plus de chances d'être écoutées de François I et de ses ministres (\Y{. 373,
renv. de n. 7). Aussi MM. de Berne écrivaient-ils, le 15 juillet, >• au Roy,
qu'il satisface le Conte de ChaUant des sommes par luy levées en ce et
aultres pays, à intérest de cinq pour cent, et employées au besoing des
affaires du Roy » (Manuel du d. jour).
T. VIII. 5
66 THÉODORE DE BÈZE A MACLOU POMPON, A DIJON. 1542
Priant le Seigneur Dieu, très révérend Seigneur, qu'il vous ayt
en sa saincte protection. Datum lô" Julii 1542.
L'Advoyer et Conseil de Berne.
(Suscription :) A très illustre, très révérend Seigneur Fran-
çoys, Cardinal de Tornon, nostre très honnoré seigneur et grand
amv.
1135
THÉODORE DE BÈZE à Maclou Pompoii * [à Dijon].
De Paris, 19 juillet (1542).
Copie moderne. Bibl. de Zurich. W. Bauni, o. c. I, 91.
Theodorus Bez-eis Maclovio Pomponio S. D, P.
Etsi diu admodum videtur scribendi cousuetudo à me inter-
missa, paucis tamen ad te scribam, mi Pomponi. Nam quœ una
res omnium paenè literarum magnam partem occupare solet, ea
à me prœtermittetur, prœdicatio sinceri amoris et benevolentiae :
de qua te quidem dubitare non credo quin eam esse putes quœ
hactenus fuerit, atque adeô ita confirmatam ut nulla temporis
injuria labefactari possit. De rébus autem meis sic habeto. Fra-
trem illum meum qui Aurelise canonicum agehat -, quum illic
unà essemus, nuper summo cuni mœrore meo plithisi interiisse,
itaque nihil propiùs abfuisse quàm ut vivendi rationem à me
institutam commutare cogérer. Quum enim Aurélia discessis-
sem. cogitabat jM^pr* futurum ut me statim j;«?«^io velut glebœ
adscriptum videret ; verùm cum id nec educatio nec natura
mea pateretur, nunquam adduci potui ut sordidi istius lucri
gratia philosophiae studium mihi deserendum putarem. i\Iirœ
hinc lites, assidua jurgia. Intervenit /ra^er ^ qui causœ mese
» Les lettres précédentes de Bèze (N" 837, 838, 839, 841, 980, 1098,
1114) sont toutes adressées à ce correspondant.
^ "' ■* Son frère aîné, Audebert, chanoine de Ste-Croix à Orléans et
prieur de Lougjumeau (VI, 140, 142).
' Pierre de Bèze, bailli à Vézelay, en Bourgogne.
1542 THÉODORE DE BÊZE A MACLOU POMPON, A DIJON. 67
faveret. Parens ubi so à duobus vidit oppugnari, tandeni œciiiior
factus, pax iis conditionibus inita, ut f rater et ego doniuni coni-
muni siimptu conduceremiis, ille familiae nostrae nogotia curarot,
niilii secundùni libertateni vindiciaj darcntur. ltaqu<> unuin
atqiio altorinn aiinuin vixi longé, ut opinor, beatissimè, quuiii
nec otiuin mihi deesset nec praeceptorum ulluui genus, nec boiio-
rum copia nec denique animus ad ea studia ca])essenda quaî
niihi, ut nosti, sunimè placuerunt. Sed hujus felicitatis cursum
mors fratris immatura pœnè fregit. Statim çmm pater, ad inge-
nium reversus, dicere magna se negotiorum mole urgeri, aeta-
temque agere provectam : œquum esse ut ego, à quo sunnua
omnia expectaret, huic oneri succederem : liortari ut mihi tan-
dem et meis consulerem : inarda esse studia quœ tôt annos essem
perseqimtus. Ego niulta vi [Lin?] contrariam partem. Pa#n«/s '
velut honorarius arbiter electus. Is paulô sequiorem sententiam
tulit. Quandoquidem à foro tam alienus essem, censere se ut
cursu semel cœpto pergerem, dederem me tamen in Principis
aut magnatis alicujus clientelam ^ à quo spes esset fructum ali-
(|uem laborum à me perceptum iri. Quid tum mihi putas animi
fuisse, mi PomponiV Egone in aulam, qui nec simulare necadu-
lari didici ? Ego hoc vitœ genus tôt tumultibus obnoxium am-
plectar, qui in tam honesto otio victurum me sperabam V Sed
parendum fuit : jam igitur i)a?nè alterum pedem in Episcopi
Constantiensis ■ domum intuleram. quuni ha^ bellorum tempes-
tates *, ut hoc institutum si non mutaretur, at differretur certè,
in causa fuerunt. Ita factum est ut ad pristinum vita^ genus
reverterer, in quo sanè consenescam, nisi me vis aliqua major
impedierit, et certè futurum credo, ut tandem posteris testatum
i-elinquam : Bezœum olim non prorsùs otiosum vel in summo otio
vixisse ^ Quidni hsec enim ego apud te, cui nihil est ànopp-rizùiv
caelatum unquam esse volui. Sed de his hactenus. Jam enim
imitrudens in Asiatismum incido, qui Laconismum cogitar(>m.
Caetera ex Agiantho nostro, cujus quidem viri tum liumanita-
* Claude de Bèze, abbé de Notre-Dame de Froidmoiit, ])rès de Beauvais.
' A comparer avec le t. VI, p. 142, renvoi de n. 6.
' L'évêque de Coutaiices, Philippe de Cossé-Brissac.
* La guerre récemment déclarée par François I à TEmpereur.
® Allusion à ses Poëmata, dont il avait composé une partie à Orléans,
et qu'il publia en 1548.
68 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
tem tum oruclitionem singularem sic admiror, ut jam et tibi,
cujus alioquin commoda pro meis duco, ejus consuetudineiii
invideam. Bene vale. Lutetiœ, 19 Julii (1542) "*.
Pestem SLudio Divio nenses^^ infestare. Dii te servent incolu-
mem, mi Pomponi, et pestes illas^^ potiùs rapiant ad su])pli-
cium quœ reipublicœ nostrse molestse esse non desimmt.
Tuus Bez^us.
flnscriptio :) Maclovio Pompoiiio meo.
1136
PIERRE VIRET à Jean Calvin, à Genève.
De Lausanne, 21 juillet 1542.
Autographe. Bibl. Publ.de Genève. Vol. iril P. Cal. Opp.XI,411.
S. Veni, vidi, obstupui, atque utinam non tam vera essent quse
de hujus eœlesiœ statu midiveramus. Eo ipso die ac eadem penè
hora qua hue ego appuli ', appulit et canonicus Perrimts ^, cui
ob sermonis delitias Chrysostomi cognomentum obtigit, vulgo-
que dictus est os aureum, nebulo ut indoctus bonarum litera-
^" L'événement indiqué dans la note 8 détermine l'année.
^^ Les habitants de Dijon.
^^ Pour comprendre quelles étaient « ces pestes, » il suffit de lire le
N° 1132. Th. de Bèze ne pouvait que réprouver le zèle atroce du parle-
ment et du clergé de Paris.
' On lit dans le Registre de Genève du samedi 8 juillet : Il est arrivé
un ambassadeur de Lausanne, pour redemander M' Viret pour servir à
leur église : ce qui lui a été accordé. — En conséquence, Viret dut partir
sans retard, probablement le lundi 10 juillet (note 6).
Le Conseil général qui se réunit le dimanche 16 décida, que les [quatre]
prédicants et diacres présentés par devant tout le peuple jureraient d'an-
noncer fidèlement la parole de Dieu, et d'obéir aux lois et ordonnances de
la Seigneurie, réservant toujours la liberté de prêcher la parole de Dieu,
comme leur office le porte (Voyez, dans A. Roget, o. c. Il, 42-43, la for-
mule du serment). Le procès-verbal de cette assemblée se termine comme
il suit : « Maistre P. Viret a pris congé de Messieurs, à grand regret de
la Seigneurie de son despartement, et luy a-t-on faictz les remerciations
1512 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 69
nim, ita vafer et astutiis. Sed divina utri, iiiihinc an illi, plus
lionorifici viiii oblatum sitV Imperitus fueris adniodiim conjec-
tor, iiisi divinaris. Qiias voces in vidgus sparserit de sut status
restitidione, quïbus vunis pollicitationibns »pem fecerit suse fa-
linie homiuihvs, per te satis conjicis. Mihi hominem vidcro non
licuit, noc diu liœsit in iirbo. Ejiis advontus coninionni prxfec-
fiim ', sed trust m.
Die Mercui'ii \ tVatruni fuit scntcntia ut ad dicni Martis ])i'o-
xinunn Viviacum ad Synoduni conveniamus ^ Ul)i rodiorinius,
audics quod tua to sciro referet. Gemstohus ^ narravit, opinor,
(juid audioi'it cum liîc osset. Die Jovis \ Senatiim adii, qiiem sui
quidem admonni officii, sed in génère, ne priùs conqueri viderer
tiuàni appulisse, si ad speeies devenissem. Pollicitus sum omnem
nieani operani et aniniuni proniptissinunn : videant ipsi mode,
suo ne desint muneri. Quie tune speciatim (uhnonere oportuit,
id malui a Comité * subjnngi, qui inter reliqua, ineo suasu, ro-
gavitut edictum de puhlicis precihus renovaretur, quœ peniths
condigiu's, et a esté ordonné luy donner douze escus*. » — Est-ce une com-
munication du premier Sjaidic au ("onseil général? Ou faut-il croire que
Viret était revenu à Genève tout exprès pour prendre congé? Cette der-
nière supposition ne nous paraît pas fondée.
^ Pierre Perriri, chanoine de l'ancien Chapitre de Lausanne. Nous
supposons qu'il résidait habituellement à Écian avec la plupart de ses
collègues et leur prévôt, Messire François de Lustry (VI, 213, n. 1).
*'' Antoine Tillier, bailli de Lausanne pour les Bernois.
* Le mercredi 12 juillet.
^ Le synode ne put se réunir à Vevey que le 1*'' août.
* Matthieu de Genes-ton, natif du lieu de Geneston, diocèse de Nîmes,
était l'un des quatre candidats au saint ministère que les pasteurs de
Genève avaient proposés aux magistrats genevois, le 10 juillet, en leur
annonçant que « Maistre Pierre Viret, pour la grande nécessité qu'est en
l'église de Lausanne, s'est transporté au d. Lausanne » (Reg. du Conseil
du d. jour).
^ Le 13 juillet. Le jeudi était le jour où siégeait ordinairement le Con-
seil des XXIV de Lausanne.
* Béat Comte, second pasteur de Lausanne et collègue de Viret (N" 1121,
n. .5).
■•* Une quittance fiançais-e, signée par Viret, le 10 juillet 1542 (sans indication de
lieu), existait dans la collection de lettres autographes formée par feu M. de Radowitz,
collection acquise en 186-1 par la Bibliothèque royale de Berlin. — C'est sans doute la
(|uittance des douze écus reçus par Viret du trésorier de Genève, avant son départ pour
Lausanne. Selon Ruchot, V, 162, Viret demeura à Genève jusqu'au 12 juillet 1542.
70 PIERRE V[RET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
exoleverant : quod et factum est, ita ut postero die plures solito
convenerint ad concionem, sed quie nihil habuit quod à quoti-
dianis differret. Dabo autem operam ut proxima hebdomade
alla ratio habeatur. Nihildum concionatus sum.
Decrevimus pro2)edieni Psahnos canere ' qxios Oindromis '® ad
mtmeros composuit, vestris imdfo faciUores et suaviores, qnos
malim excusos fuisse quàm quihts usi siimus^\ Cogitare cœjyi-
9 Voyez, sur le chmif des- Psaumes, le t. IV, 162, 163; V, 6, 145, ii. 19,
452, n. 20-23 ; M, 279, ii. 5, 289, ii. 5.
^* François Gindron, ancien chanoine de Lausanne (IV, 233, 234, VT, 342.
— 0. Douen. Clément Marot et le Psautier huguenot. Paris, 1878, I, 613).
" L'église de Lausanne allait donc changer de psautier et adopter celui
dont le chanoine Gindron avait composé les mélodies. Nous ne saurions
désigner avec certitude le recueil des psaumes qu'elle avait employé précé--
demment ; mais nous supposons que c'était l'un des trois suivants :
I. Celui de Calvin, 1539 (dix-huit psaumes et trois cantiques. Voyez
t. VT, p. 58. — Douen, o. c. I, 302-306, 355, 617-632).
n. « Psalmes de Dauid, translatez de plusieurs autheurs, et principalle-
ment de Cle. Marot. Veu recongneu et corrigé par les théologiens, nom-
meement par nostre M. F. Pierre-Alexandre, Concionateur ordinaire de
la Royne de Hongrie. L'an M. D. XLI. Cum gratia et priuilegio. » A la tin,
on lit : « Imprimé en Anuers, par Antoine des Gois. L'an m. d. xli. » Ce
volume, petit in-8°, renferme quarante-cinq pièces de vers : les trente
psaumes de Marot (imprimés à Paris, chez Estienne Roffet, sans notes de
musique ni timbre, en nov. ou décembre 1541) et quinze de divers auteurs.
On trouve dans ce psautier d'Anvers le timbre de dix psaumes, c'est-à-
dire l'indication des airs populaires sur lesquels ils se chantaient * (Voy.
Félix Bovet. Hist. du psautier des églises réformées, 1872, p. 247-249. —
Douen, I, 815-332, H, 506).
ni. « LA MANYE | re de faire prières aux églises Francm/- | ses. tant
deua/nt la prédication comme après, \ ensemble pseauhms d' cantiques
fra/nco \ ys qûon clumte ans dictes églises, | (Strasbourg) M. D. XL II»
(petit in-8").
Ce psautier, dont l'impression fut terminée le 12 février, contient qua-
rante-quatre morceaux. Trente-deux ont les notes de musique ; pour la plu-
part des douze autres, l'auteur indique sur quels psaumes ou sur quels airs
populaires on peut les chanter (Communication obligeante de M. Adolphe
Gaiffe. — F. Bovet, p. 18, 19, 250, 251. — Douen, I, 333-347, II, 506,
649-656).
Quelques mois après la publication du susdit psautier de Strasbourg,
*■ Le cxx porte, en tète : « Sur Adieu tout solas [et] plaisir et lytsse. Adam à
regress.[u] •» : ce qui nous permet de croire qu'il se chantait sur un air composé par
Adam de Retours, pasteur à St-Julien, près de Genève (Voy. notre t. IV, p. 62, 92,
93, 351, V, 233, 235, VII, 439. — Douen, I, 317).
1542 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 71
mus de 'prseficiendo Zebedœo huic Coïlegio^^ : quinii sjioro ad
diem domiiiit-um hue concessurum ac de robus necessariis iio))is-
cum doliberatunim. Scripsi onim ad ij)suin et Farelliim de i-ebus
nostris, et nieo à vobis discessu e^t ministrorimi ordinations.
Zehedœi et Malingrii negocium suspensum est ad adventiim lega-
toram utriusque urhls, ad sitbducendas cum pnefedis ratioties^\
Vetiila quœ ad Malingrimn concosserat, rursuni hîc conduxit
hospitium, cujus maritus hinc hodie abiit. Audio non bono intor
ipsos convenisse. Cum hœc scriberem, ex insjjerato adv(>nei'unt
Jo.[aimes] Tornacus, Franciscus Viviacensis et Christopho-
rns^% cum quibus nondum licuit conferre. I])si te plurimùm
salutant et nostri omnes. Non licebit nobis, quantum ex ipsis
audio, ad diem Martis convenire. Saluta nxorem et amicos
omnes nostro nomine. Vale. Laus.[ann8e] 21 Julii, 1542.
TUUS P. VlRETUS.
(Imcriptio :) Doctiss. Jo. Calvino, Verbi ministro tideliss. Gt;-
nevse.
parut une nouvelle édition de celui de Calvin (\1I, 409, 410, n. 8, 10). Elle
renferme les trente psaumes de Marot et cinq de Calvin ; la musique est
notée au premier verset de chaque psaume (Bovet, p. 17-20, 211-214, 249,
250. — Douen, I, .347-51, II, 506). Mais il n'est pas probable qu'on ait pu
l'utiliser à Lausanne, avant le mois de juillet 1542.
*'^ En conséquence de l'arrêt prononcé contre Zébédée, le 5 juin, par
MM. de Fribourg, ce ministre ne pouvait plus exercer de fonctions à Orbe
(N° 1127, n. 22). Mais son professorat de Bordeaux (V, 98) pouvait le recom-
mander aux Bernois pour la place àt^ liiincipal du Collège de Lausanne.
'* Chaque année, les députés de Berne et de Fribourg, munis de pouvoirs
étendus, avaient des conférences avec les baillis d'Orbe et de Grandson,
dans lesquelles les revenus et l'administration des deux bailliages-communs
étaient l'objet d'un minutieux examen. Souvent les amendes et punitions
infligées par l'un des États étaient remises ou diminuées, à la prière de
l'autre. Ainsi les procès-verbaux de leurs conférences du 21 août et du
9 octobre annoncent déjà que MM. de Fribourg étaient disposés à gracier
Zébédée (n. 12), à la condition que Berne réintégrerait dans ses fonctions
le vicaire d'Orbe, Claude Guyot, qui avait été cité à Berne deux fois inuti-
lement et déposé pour sa désobéissance (Recès des diètes, vol. de 1541-48,
p. 179, 191, 235).
« L'atfaire de Zébédée et de Malingre » se réduisait à cette question :
Le premier serait-il autorisé à rentrer dans sa paroisse d'Orbe, et le second
à regagner sa cure d'Yverdon ? (Voyez le N" 1127, note 22).
" Jean de Tournai/, jiasteur à Aigle, François' Martoret, qui l'était à
Vevey, et Christophe P\ibri, l'un des réformateurs de Thonon.
7^ SIMON SLLTZER A JEAN CALVIN, A GEMÈVE. 1542
1137
SIMON suLTZER ^ à Jean Calvin, à Genève.
De Berne, 24 juillet 1542.
Copie. Bibl. Nationale. Collect. du Puy, t. 102. Calv. 0pp. XI. 412.
Si deplorando publicum ecclesiarum statum proficeretur in
meliùs, deplorare[m] sanè idque acerbe et vehementer tecum
privatum et communem dolorem, propter ademptum, inquam,
Viretum nostrmn, cujus ahscessus non potuit non grave pectori
tua vulnus infiigere et Ecclesiœ toti mœrorem. Amisisti enim tu
dimidiam tui partem, et poptdus Jidnm pastorem. ^^erùni quia
consolari prœstat [et] sanare potiùs dolorem quàni memorando
refricare, studio prœtereo quse hac in parte meum angunt ani-
muni. Praecor autem Doniinuni Jesum ut quod hujus fratris
niigratione decessit, alterius alicujus collegae fide operaque sar-
dat.ur, quo subsistere tu, mi frater, statione eminenti et pericu-
losa queas ad nominis sui profectum : maxime verô uti catho-
licam pro ecclesiis sollicitudinem instillare dignetur eorum
prsesertim animis qui rerum i)rœsident gubernaculis : in quibus
si extinctis aflfectibus ea esset tides, is zelus, qui esse debebat,
summa otfendiculorum minus (sic) esset, et uberior feliciorque
successus. Nobis certè, utcunque accidat, et patienti et forti
animo ferenda simt omnia : qnod \l. quos] ad omnem eventum
convenit esse paratos. Quse tu ipse dudum nimirum et sapienter
et cordatè dispexisti, ut mea nihil sit monitione magnopere
opus. Unum vel [1. verô '?] hoc abs te magnopere contendo, tua-
rum ut rerum omnium statum significes mihi, et si quid per me
pra?stari in tui gratiam atque Ecclesise velis, contidenter jubeas.
Dabo operam ut fidem erga te tuosque Sultzeri cognoscas.
Nos quietè satis agimas, nisi quod negotium sid)inde aliquod
* Voyez, sur Simon SuUzer, le N" 1051 (VII, 284). La co])ie de sa i)ré-
sente lettre est très fautive.
1542 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 73
nobis noster ille ^ faelt cum stiis : quanquam tdhil magnopere
efficiant, Doiiiini bcMieficio, nisl qudd mspicionïbns sinistris
mitoritatem uostram, quasi ad papismum respirantem [l. aspi-
rantem] ^ lahefactarit. Sunt gravia/et hœc, sod ^equaniniitate
siiporaiida, et iiitondcnda inodis omnibus cautio })ia, ne quid
por iiicogitantiain adniittam tanto indignum iniiiistcrio.
BasHeie a Carohtadu ohittt iu mntaam gratiam redeiint fra-
tres si/mmystie % ot coit quoquo scJiolœ et cum ipsis et inter se
concoi'dia : id quod iiuper non sine singulari volui)tato istic
cognovi. Diom obiit inter eos Joanues Luthardus, HospitalifsJ
u]'])is minister '. Tiguri verô Léo Judef decessit ^ relictis qua-
tuoi' orphanis. Bihliandro autem cum febri est negotium, ut jam
■^ Le pasteur Érasme Bitter était, à Berne, le principal représentant du
parti qui soutenait les idées de Zwingli sur ia sainte Cène. Sulfzer, au con-
traire, Pierre Kuniz, Béat Gering et Conrad Schmid, ses collègues, avaient
adopté la doctrine de Bucer sur les sacrements (VI, 237, renv. de n. 21-24;
424, n. 5 ; 468. — Cf. Hundeshagen. Die Contlikte des Zwiiiglianismus, etc.,
p. 105-109).
Nous ne savons rien des « fréquents embarras » que BUfer aurait sus-
cités à ses collègues ; mais, dans une occasion, au moins, ils lui cherchèrent
querelle. Ritter se plaignit, le V juillet 1542, de ce que les autres « prédi-
cants » refusaient de le laisser prêcher, comme auparavant, deux jours de
suite par semaine. Ceux-ci ne voulaient pas qu'il fût censé avoir plus d'oc-
cui)ations qu'eux-mêmes, et ils lui reprochèrent sa prébende, plus forte que
la leur. Il en résulta, de part et d'autre, des paroles amères, et le Conseil,
témoin de cette scène désagréable, exprima aux pasteurs sou vif déplaisir
de ce qu'ils ne savaient pas s'accorder même dans les choses secondaires
(Manuel du d. jour).
^ Cette accusation atteignit même une fois Erasme BUter. On lit, en
eflet, dans le Manuel de Berne, au 2 février 1542 : Fauhj [Strasser\ diacre
de cette ville, ayant été envoyé comme pasteur à Berthoud, « Bucerani
electimiem damnarunt, quia a Senatu factam, etc., non canonicam alle-
gantes. » Le 4, Érasme Bitter, Sim. Sultzer, Gering et le diacre Schmid
sont réprimandés par le Conseil, à cause des critiques susmentionnées. Ils
demandent un délai, parce que Pierre Kunfs n'a pu comparaître. — A la
tin de ce paragraphe, le secrétaire a écrit : « Novi papismi lex. »
* A comparer avec le t. VII, p. 420, lignes 16-20.
^ Jean Ltifhard, natif de Lucerne, avait été cordelier à Bâle (I^ndw.
Wirz. Helvet. Kirchengesch. V, Th. II, 342, 355).
* Léon Jude était mort le 19 juin (N" 1146, n. 2-3). On conserve aux
Archives de Zurich le document intitulé : « Confessio Leonis Judte octiduo
antequam moreretur, » et le discours d'adieu qu'il adressa à tous les mi-
nistres zuricois ai)])elés aujjrès de lui.
74 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
mensibus aliqiiot vacare pr^electioni sacrée neqiiiverit \ Argen-
torati Bncenis non (V) soins molem snstinet et valetudine utitur
satis firma, non sine miracnlosa Domini gratia. Interea heUicis
adparatïbus tumuUuatur iota Oermania. Nam prïeter expeditio-
nem Tnrcicam, qnœ Budam versus panlatim movere dicitur, et
ea[in] qnte contra Gallum niagnis paratnr conatil)us, etiam alia
bella snrgnnt, quœ partim a Brunswigo et Mognntmo moventur
contra nrbes saxonicas Goslariam et Brunswigam, partim a
Geldrio contra Mariam ^ Cœsaris pnto sororem. Quare exer-
citns 24 millium, à pmestantibus [1. protestantibus?] urbibus
atque ordinibus conscriptus, Hesso dnce militabit et comité
Gidllelmo a Fnrstemherg, qui ad eam occasioneni servatus segrè
dicitur ^ Basilienses legati liodie hw tentant in concordiam redi-
gere dnas respiiblicas '" : quorum pio studio adsi)iret totius una-
' Théodore Bibliander (Buchmann), professeur de théologie ù l'École
de Zurich (Voy. J.-J. Hottinger, o. c. m, 751).
* Marie, veuve de Louis, roi de Hongrie, gouvernait les Pays-Bas au
nom de son frère Charles- Quint.
Guillaume, duc de Gueldre et de Clèves, neveu de François I depuis son
mariage avec Jeanne d'Albret (Y, 146, \TI, 184, 200, 201), devait nécessai-
rement prendre part à la guerre contre l'Empereur. Dès l'ouverture des
hostilités, son maréchal de cour, Martin van Eossem, envahit et ravagea le
Brabant et il fut près de s'emparer de Louvain et d'Anvers. Il rejoignit
bientôt dans le Luxembourg l'armée française du Nord, commandée par
Charles, duc d'Orléans (Sleidan, II, 270, 272. — H. Martin. Hist. de
France, Vffl, 280).
* Fausse rumeur. Le comte Guillaume de Furstemberg n'exerça pas de
commandement dans la guerre contre le duc Henri de Brunswick. Pendant
cette courte campagne (13 juillet-12 août), il servait ailleurs et d'une autre
manière les intérêts des princes protestants.
En vertu des droits qu'il prétendait posséder sur le bourg de Gorze (à
3 l. S.-O. de Metz), il y avait introduit une petite garnison et s'y était établi
lui-même le 23 juin, bien résolu à prêter, de là, conseil et appui à ses (core-
ligionnaires de la Lorraine. Mais sa première visite à la ville de Metz, le
dimanche 9 juillet, y avait excité une émeute, dans laquelle succomba l'un
des huit gentilshommes qui l'accompagnaient. Le 22 [1. le 12?], par une
lettre datée de Gorze, il demandait une réparation aux magistrats messins,
et dès lors il ne perdit aucune occasion d'intervenir auprès d'eux en faveur
des partisans de l'Évangile (Voyez Meurisse, op. cit., p. 36-42).
'" Berne et Genève (VII, 420, 453, n. 9). Les députés de Bâle étaient les
suivants : Christoffel Effimjer, Joder Brand et Blàsy Sthôlli. Les nou-
velles qu'ils annoncèrent au Conseil de Berne, le lundi 24 juillet, sont à
peu près celles que Sultzer donne plus haut.
loi2 MARTIN BLCER A JEAN CALVIN, A fiENÈVE. 75
nimitatis pacisque oxompluin Christus Josus. Bom^ valc, mi fra-
ter, cum tiiis omnibus, pi-îecipuè Jacoho Beniardo ", quom cupio
meis verbis sahitos amantor ot diligontcr. Bprna% 24=' .Tiilii.
anno 1542. Sahitaiit te CoHt.[.zen\ etJ3eat\)(s] '-.
TlUlS SlLTZERUS totiis.
1138
MARTIN BUCER à Jean Calvin, à Genève.
De Strasbourg. 25 juillet 1542.
Copio contompor. Bil)!. de Zurich. Calv. 0pp. XI, 414.
Gratiam et pacem. Nihil à proximis literis ' accidit cujus rt^-
t'erat te certiorem fieri, charissime et mihi colende Calvine, nisi
timinltus tyranni Bninsvicensis causa excitotus^. Dum enim
ille legatis Ferdinandi, postulantibus eum stare suspensioni
proscriptionis à judicio caméra' pridem contra Goslarienses
décrétée '\ respondit se id nullo modo facturum, et statim com-
parare equitem et peditem instituit, decreverunt ])rincij)es fœ-
deris nostri '" et imperatores, Elector Saxonise et Lantc/ravms,
illum justo bello coërcere. Nam tyranmts suis quotidianis vexa-
tionibus ac direptionibus Goslariam et Bruvsvicnm eô rede-
gerat, ut intra trimestre tempus aut urbibus illis ])otitus esset
aut ad eas conditiones compulisset, ut j)aulô pôst jjotiri illis
facile potuisset. Diu distulit nostros ini(iuitas temporis hujus
^' Jacques Bernard, précédemment pasteur à Genève (Vil, 410), devait
l'être bientôt à Satigrnj, village du territoire genevois.
^■^ Voyez la note 2.
* Allusion à une lettre perdue.
* Sur l'origine et les événements de la guerre de Brunswick, voyez
Sleidan, II, 276, 277. — C. von Rommel. Philijjp der Grossmiithige. I.
461-65. — La déclaration de guerre des princes protestants, datée du 13
juillet 1542 (Spalatini annales, }>. 633-639).
8 Tome V, p. 167, 168; W\, 49, 57, 59 (renv. de n. 27), 61, 90, 95, 97,
175.
* La ligue de Smalkalden, dont les chefs étaient l'Électeur Jean-Frédéric
et Philippe, Landgrave de Hesse.
76 MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. loi2
propter helh ( m Turôicum. Sed extrema iiostrarum urbium néces-
sitas, et metus ne tyrannus illis, potitiis vicinia, evaderet intole-
rabilis, conipulerunt negligtn'e invidiam hujus temporis.
Décima nona Jiilii indictum belluni est, copiis nostris jam
ferè coactis. Miles cupide coniiuxit, utcunque jam Germania
delectibus ad bellum contra Turcos, tam dudum a Céesarianis
liabitis contra Galhim, et subductione eorum qui ad Gallmn
dilapsi sunt, exhausta sit. Socii tyranni ex fœdere adversario ^
adhuc nihil movent, nisi quôd Bavari et Ferdinandici suos
provinciales jubent esse in armis et delectus faciunt, Mogunti-
fm?(s "^ adhuc nihil prorsîis movet, cumque ditio Moguntina in
eo fœdere non sit, per eam nostri milites deducti et arma a])ertè
devecta sunt : tyranno [1. tyi-annusj cum maxime voluisset con-
ducere, nec pedites tamen nec équités comparare potuit : et
bona pars equitatus qui in tyranni ditione est, cum nostris j)a-
ciscitur, Itaque creditur tyrannus ])r8eter manum provincialium,
et eam parvam. nihil habiturum militum quibus arces suas tue-
atur, quarum très tantùm habet munitas. Primam autem, et
ipsius sedem, quœ germanicè nomen habet à httrsa lupi', exi-
miè munitam. Dabunt nostri summam operam ut provinciales
tyranni, quos ipse in extrema ferè deduxit, minimum affligan-
tur. Unus metus nostris est, ne diu desidendum sit ad arces
quas tyrannus forsan relinquet, et se aliquô dabit unde nostros
incendiis et latrociniis vexare possit. An socii ejus eum apertè
bello adjuturi sint, adhuc incertum est, nec multi cr(^dunt id
eos facile factures. Nostri socii omnes bellum commune habent,
praeter unum Virtenihergensem % qui temporis iniquitatem et
periculum à fœdere adversario causatus, solus decrevit se non
facere belli hujus particijjem. ut scilicet se gratum Lanfgirivio
prsestet ". Vos igitur in ecclesiis vestris Dominum rogabitis ut
populo suo adsit. Certum enim id est, quidquid inimicitiœ nos-
^ La " ligue sainte » fondée le 10 juin 1538 à Nuremberg, et jurée pour
onze ans par les archevêques de Mayence et de Saizbourg et par les ducs
Louis et Guillaume de Bavière, Georges de Saxe, Eric et Henri de Bruns-
wick (V, 229, n. 11. — Banke, o. c, 1843, IV, 111).
® Albert de Brandebourg, archevêque de IVlayence.
^ Wolfenhûltel, l'une des caj)itales du duché de Brunswick.
* Ulric, duc de AVurtemherg.
® C'est-à-dire, sans doute, i)our lui laisser l'honneur du commandement
suprême.
1542 MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 77
tris cum hoc tyranno extitit, causa Evangolii oxtitisse. Nihil
enim prorsùs negotii aliud ois cum illo fuit, iniô Lantgravio fuit
conjunctissimus ot ab illo summis boneficiis adjutus. Et Jurant
quoquo ambo princii)os (luàni sanct)ssimè. i)roi)tor famosos et
blasphemos ejus libellos arma contra eum hoc quidem tomi)oro
nequaquam sumi)turos fuisse. Et quod decrevorunt bdlum. una
causa tuendi urbos socias suscopisso, cum oas nulla alia rationc
servare contra vim tyranni potuerint '".
Exercitus qui contra Tnrcos cogi debuit. ncc hodic crcditur
totus convenisso, cum nostri milites tertium jam mensem in
castris agant, et prope omnium evangelicorum. Muiti obedien-
tium ne hodie quidem suos mittunt. Ferdinandns etiam nihil
prope earum rerum prsestitit quas in se recepit : nec enim bom-
bardas et quae ad eas necessaria ])arata liabet, nec suas co|)ias.
Legofi Turci Viennam nuper vene7~nnt petentes. ut f^rtur.
inducias trium annorum. Eas forsan nécessitas nostris extor-
quebit, prEesertim cum desm- tantum bellum suscijjiat. Coi)io-
sum enim exercitum in Italia habet, quem indies auget. Idem
fit in Belgis. Deus respiciat nos. ne sic distractum nosti'um
regnum prorsùs desoletur! Certè si unquam tem])us fuit, nunc
est, ut veram supplicandi rationem Deo revocemus et quidquid
in nostris plebibus aures habet audiendi. in severiorem obedien-
tiam Christi adducamus.
Nos hîc satagimus quidem, etiicimus autem adhuc non mul-
tum. Instandum itaque precibus est, ut Dominus efficiat nos et
sentire ejus plagas et vera cordium nostrorum contritione mise-
ricordiam ipsius implorare. Dominus te servet et uxorem totam-
que ecclesiam, et omnes fidèles tibi cooperarios. Salutant t(>
Hedio, Sturmius et Sevemts^\ meaque uxor, et tuœ precatur ut
uterum commode gerat et féliciter exoneret suo tempore. Arg(m-
torati, Julii 25. anno 1542.
M. BUCERLS.
( Insci-ijJtio :) Eximio servo Domini D. Joanni Calvino. pastori
'" Les princes protostants affirniont la niénip chose dans leur réponse du
11 août à Ferdinand, qui venait de les exhorter à renoncer à cette guerre
(Sleidan, n, 279, 280).
" Gaspard Hédion, pasteur, Jean Sttinn, professeur et Gérard Sève-
mis, professeur de grec (Voy. Strobel. Hist. du Gymnase prot. de Stras-
bourg, p. 119).
78 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 1342
ecclesiœ Genevatis, suo in Doiniiio colendo symmystae et fratri
chai'issiino.
(Communes Calvhfo, Farello et Myconio.)
1139
JEAN CALVIN à Guillaume Farel, à IVeuchatel.
De Genève (^8 juillet 1542).
Autogr. Bibl. Piibl. de Genève. Vol. n" 106. Calv. Opp. XI, 416.
Ego verô meam negligenticmi ex animo accuso damnariqtie
Ubenter patiar, ac vix petere veniam audeo : ita nihil est excu-
sationis qnod prietexam. Qu5d tamen nihil j)er Corderium '
scripsimus, illnd partim in cansa fuit quôd putavimus illuin
vivœ epistolcT. loco fore, partim quia liîc tune ^ nonnulli erant
qui dicebant brevi se istuc ituros. Sed hoc habent vitii commu-
niter. quôd jam ad iter comparati et accincti abire se denunciant,
ac tune rogant num quid ad te velim. In hune modum Sebastia-
nus ^ cum nuper istuc profectionem institueret, quain non ab-
solvit : venit ad me sub noctem dixitque postridie summo mane
se iturum. Ego autem née eo die scribere audebam, ne valetudini
officeret, et non soleo tam mane surgere *, ut antevertere mea
diligentia ejus celeritatem possem. Adde quôd habenda mihi erat
eoncio. Sed istis sermonibus supersedeo, ne excusationem medi-
tari videai', quam confessus sum nullam mihi esse.
Nisi Viretus jam est in itinere, non ?dtra diu differet quin
Bernam adeat. Sic autem inter nos convenerat, ut te in reditu
potiùs inviseret, ne malevoli suo more instructum ahs te calum-
' Mathurin Cordier avait i)rofité des vacances d'été à Neuchâtel pour
faire une visite à ses amis de Genève.
'^ Édition de Brunswick, nunc.
^ Sébastien Châieillcm., principal du Collège de Genève (VI, 376, 377,
378, 4(X); VII, 5(;, 159, 359).
* Le 24 octobre 1538, Calvin écrivait à Farel : « Non insomniis modo...
divexor, sed enecor etiam pervigiliis, quibus nihil valetudini mese magis
adversum habeo » (Voy. aussi t. VI, p. 231).
lo42 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 79
niarentnr, si quid odiosi afferret : quod nocesso ci-at. \'oluinius
orgo te hae invidia sublovare, tôt aliis niodis |)liis satis gmvatiini.
Hoc ideo dico, ut si consiliiuii nostnini inij)rol)abis, intelligas
tanion ratioiio non carcrc. Qiue anto ejdis disccssuni liîc gossinuis,
vel quae nobis contigcnint, oninia tibi mcliùs t'oràni voi-l;)is ox|)0-
net : haec causa est cur i)netereain. Fratres quox niiper elegi-
nms'-^ speronon ineptosfore : modo accesserit mediocris exerci-
tatio. ïametsi qui est omnium doctissimus^ et md trihuimus
inter illos primnm locnm, mhdme est popularis. Hab(^t enim
confusam dicendi rationem, atque ut ordine ac distincte locjue-
retur, sermo tanien ijjse obscurus est. Aliis tribus fœlidter ini-
tia snceedunt'', tametsi nihil ad Viretum. Itaque qui protîcere
cupiunt, siniul optant me sœpiùs solito concionari. Quod facere
incepi facturusque sum, donec alii plus gratiiB sibi coneiliaverint.
Proximo die dominico " Catiniaciim ® proficiscor ad Jacobum
ordinandum '°. Imj)edioi' in commendatione, sicuti facile con-
jicere potes, Verùm quod esse in ediiicationem pojjuli cogno-
vero, id sequar.
In lîbello meo'^ hoc miJd displicet, quod non factum est ut
optaham et ante très annos statueram. Nempe ut aliqua abs te
^ C'étaient, d'après le Reg. des Conseils du 16 juillet : Philippe Ozias,
surnommé de l'Église, natif « du diocèse de Fiezoz » [1. Vierzon, dans le
Berri], Pierre Blanchef, du Lucz, même diocèse, Matthieu de Geneston et
Louis Treppereau, natif de St-Vincent « de l'archevesché de ïhoraynne »
[1. de l'évêché de Térouane, dans l'Artois]. Ces deux derniers furent élus
en qualité de diacres.
^ Philipjje Ozias {Ecclesiasticus ou de Ecclesia).
' Voyez le N" 1141, renvoi de n. 1-2.
* Le dimanche 30 juillet (note 10).
^ Satiymj, village paroissial à 2 1. 0. de Genève. — Édition de Bruns-
wick : Satiniacum.
^^ Jacques Bernard (VII, 40, 42, 410, n. 15). Le lundi 24 juillet, le Con-
seil de Genève décida que son installation à Satigny aurait lieu le dimanche
suivant, et que M. Calvin s'y rendrait aussi.
'* La Psychopannychia, qui fut imprimée à Strasbourg en 1542, pour
la première fois (III, 245, V, lo2, n. 13). Cette édition princeps porte le
titre suivant : <• VIVERE | apvd Christvm | non dormire animis sanctos,
qui I in fuie Christi decedunt. \ Assertio. \ loannis Caluini. | Argentorati
per Vuendelinum \ Bihelium. ^«wom.d.xlii, » 8 et 51 feuillets petit in-S"
numérotés, caractères italiques (Voy. les Calvini Opéra. Bruns., t. V, Pro-
legom., p. xxxvii).
80 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 1542
prœfatio adderetur. Nec possum aliud dicere nisi quôd Sathan
impedivit quomiiius hoc abs te extorquerem. Puduit enim abs te
petere, ne quis aliam in ])artem acciperet. Sed ille pudor non
fuit ex prudentia spiritus, quemadmodum nunc certè judicare
possum. Quanquam aliud etiam ex obliquo intervenit. Promise-
ram enim Michaeli '^ me, simul atque ex conventii Wormadensi
rediissemus *^ exemplar '* missurum cum hoc commento. ut ipse
in prsefatione diceres te e.jus editionem curasse, Abiit ille '^ Sic
tota nostra ratio turbata fuit. Mirum tamen est nisi ille noster
enconiiasfes "^ existimat mihi magis doh^re, quôd non illse tam
amplse vel potiiis prodigœ laudes quas mihi tribuit, in prima
pagina leguntur'". Neque enim tam prudentem, opinor, esse
censés, ut non illi hoc in mentem venire queat. De iis quos per-
stringit'^ prseterire satins est, ne ejus cupiditati obsequamur.
Videmus enim quid captet. Ergo sit illud pro non dicto.
Sîimmarium^^, ubi miseris, libenter percurram, non ut cen-
sor, sed unus ex numéro lectorum : nisi quôd, si quas cautiones
adhibere potero, ne sit liber obnoxius improborum calumniis,
hac parte tibi serviam. Quantum ad meas in Genesim ohserva-
tiones^" attinet, si Dominus longiorem vitam dabit et ocium,
12 L'imprimeur Michel du Bois. Il avait apporté à Calvin, à Strasbourg,
la première lettre de rappel des magistrats genevois, datée du 13 octobre
1540 (VI, 333).
'' C'est-à-dire, à la fin de janvier 1541 (Vil, 11). ^
" A la suite d^eœemplar, Calvin a écrit hue, puis istuc, et il a biffé ces
deux mots.
1^ Allusion à la déconfiture de Michel du Bois, qui le contraignit à
quitter Genève dans le courant de l'année 1541 ("STI, 252, n. 3-4).
1® Personnage inconnu. Peut-être Antoine Pignet (V, 134, n. 19) ou l'un
des professeurs de Strasbourg.
" Sur le titre même de la troisième édition latine de V Institution (Ar-
gentorati, m, Martio, 1543), Jean Sturm fait un très grand éloge de cet
ouvrage. Nous ne savons s'il en fut blâmé par Calvin.
1* La préface composée par « le louangeur » n'existant plus, on ignore
à qui se rapportent les mots : De iis quos perstringit, etc.
1® Le manuscrit préparé pour une nouvelle édition du « Summaire et
briefue déclaration daucuns lietix fort nécessaires a vng chascun Chres-
tien, » — ouvrage que Farel avait fait paraître à Neuchâtel en décembre
1534. Il a été réédité en 1867 par J.-G. Baum.
^^ Allusion aux leçons publiques dans lesquelles Calvin interprétait ce
livre de l'Écriture sainte.
i5'i2 JKAN CALVIN A GL'ILLALME FAREL, A NEUCHATEL. 81
fortassis ad ciim laboreiu maiiiiiii adjiciam -'. Sin minus, non
habeo niagnani sponi in anditoribus ^-. Hoc miJii pneciimum
caput est curarnm, ut secido meo serviam <ic pra'senti vocationi.
Si quid est roli(inuni oj)i)ortunitatis/i(l postons imijondorc co-
nabor.
Scripturus eram plnyxi, sed cum nxor mine lahoret non sine
periculo, animus alib abstrahitur. Hoc addam tanion : semper
moderationem tuam plurimi feci inferendo collecja '^'\ teque sem-
per hortatus sum idi pergeres. Sed mim audio qualiter se gerat,
vihil possiim (diud judicare, nisi (ijjertms esse tradandum. Nam
illud romediuni niihi minime placot, ut ab illo cavoatis ac som-
per dissimuletis. Nam ille cum suspectum se animadvcrtit -*. oo
fit doterior : simpliciter orgo j)otiùs cum monete. Valc, mi cha-
rissimo fratcr. Dominus te diu conservet! Saluta fratrcs nostros
omnes, tuos etiam cum iixorihus diligontei-.
Lege literas solus vel cum paucis ac remitte, ne quid exeat ^\
(Inscriptio :) Suo Farello
26
^* C'est-à-dire : peut-être publierai-je moi-même un commentaire sur la
Genèse, et je répondrai ainsi à votre désir.
-^ Plus tard, ses auditeurs prirent soiu de recueillir et de faire imprimer
ses leçons d'exégèse.
^' Il s'agit ici de Jean Chaponneau, second pasteur de Xeuchâtel.
'^* Nous verrons Chajxjuneaii se plaindre avec douceur d'être tenu à
l'écart et privé de la confiance de P'arel (N° 1201). « Fateor ingénue (dit-
il), jamdudum egrè admodura tulisse, quôd me negledo ad plerosque, de
rébus quas me rescire oportebat, profusas scripseris epistolas. »
25 Pfj,-^i^ écrivant à Bucer, le 10 mai 1529, avoue qu'il laisse traîner
tous ses pajners, « cum omnia (dit-il) ex])Osita babeam, sineque aliquo
secessu omnia omnibus pateaut » (II, 174). A comparer avec le t. Yl,
p. 237, renvoi de note 25.
^^ L'adresse n'est pas de la main de Calvin. Farel a écrit au-dessous :
28 Juin 1542.
T. vin.
82 JEAN CALVIN A BENOIT TEXTOR, A NEUCHATEL. 1542
1140
JEAN CAL\TS' à Benoît Textor, à Neuchâtel.
(De Genève, 28 juillet 154â.)
Billet autographe, écrit à la lin de la lettre précédente.
Calv. 0pp. XI, 419.
D. Textori \ tratri et amico singulari.
Priniiini hoc abs te contento [1. contendo] ut, cum te doinuni ^
recipies, hac iter facias : deindc ut circa Neodunum ^ vel xmulb
siiprà ah itinere de/lectas ad nohilem quendam, 'pairem ejiis adu-
lescentis qui apud mevivit \ Payus ejus vocatur Boursin \ Bollse
poterit tibi indicari. Erit illi gratissimus tuus adventus, ac, ut
spei'o, beneficium agnoscet. Ego hoc abs te in ejus gratiam impe-
tratum esse velim.
1141
JEAN CALVIN à PieiTB Vlret, à Lausanne.
(De Genève, 28 juillet 1542.)
Autogr. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n° 106. Calvini Epistola^ et
Resp. 1575, p. 368. Calv. 0pp. XI, 420.
S. In quanta anxietate tibi scribani, narrabit hic frater. Uxor
enim ])arturit, non sine extremo periculo, quôd nondum utérus
^ Bénédict ou Benoît Textor, médecin, natif de l'ont-de-Vaux, en Bresse,
était très considéré à Neuchâtel, où il séjourna plusieurs fois assez long-
temps (Voy. sa lettre du 19 déc. 1542).
^ C'est-à-dire : lorsque vous irez visiter votre famille à Mâcon.
* La ville de Ni/ou, sur la route de Lausanne à Genève.
*"* D'après un ensemble de probabilités que nous indiquerons à propos
1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIREX, A LAUSANNE. 83
])ai'tiii inaturus erat. Secl Doniiiius rcspiciat nos! Nostri omîtes
jani fecerunt perioihniL Priinus ' speciiiKMi ad i)0|)uliim dodit,
(juale semper expectaviinus. Petrus miiltè a])tior ad docenduin.
Oenistomo fœliciter cessit ])i'iiiia coiwio. Quartus ^ spoin nostrain
superat. In stipeudiis Iwrum non snmns consocnti quod voleba-
miis. Nam dnobns aliis Sénat us sine magna disceptatione decre-
vit qnantùm priores habebant : hoc est Henricus et Champerel-
lus '\ Permiserant de diaconis consultationeni syndico Coruuensi,
Jounni Parvo * et mihi. Yerùm postquani retnliinns, non sunt
obsecuti nostro consilio. Ergo Getiistoniùs non ultra ducentos
liabet : alter dnntaxat centum ([uinquagiiita '. Spem tamen me-
lioris status interea fecerunt. Cum videreni difhciliores in liac
re, acriter aurem illis vellicavi de administratione honorum eccle-
d'une lettre subséquente, le gentilhomme vaudois dont parle ici Calvin était
François de Senarclens. Il possédait un fief noble et « une maison forte »
à Bursins, village situé à 7* de lieue et à l'ouest de la ville de Bolle
(Voyez le Dict. hist. du C. de Vaud, par Martign ier et de Crousaz, art.
Bursins, p. 131, 132, 133). Celui de ses fils qui vivait chez Calrin s'appe-
lait Claude.
'■^ En comparant ces détails avec ceux du X" 1139 (note 5), on s'assure
que « le premier » des pasteurs récemment élus était Philippe de l'Église,
et « le quatrième, » Louis Treppereau.
* Le procès-verbal du Conseil du 22 juillet nous apprend que l'h. de
l'Eglise et Pierre Blattchet devaient recevoir un traitement annuel de
240 florins, égal à celui d^Heiiri de In Mare et d'Ainé Champereau. Le
Conseil décida, le même jour, que Geneston aurait 200 florins, parce qu'on
le savait capable « de conseiller [au besoin] les aflaires de la ville. »
* Le syndic Amblard Corne et Jean Petit. A notre connaissance^ J. Petit
n'était pas membre du Conseil ordinaire.
® Bèze a placé cette phrase entre deux crochets barrés, et il l'a sup-
primée dans le texte imprimé. « Alter » désigne Treppereau. Comme il
n'avait pas de famille, on fixa pour lui une pension de 140 florins (Roget,
0. c. n, 40).
Nous avons dit (t. ~\^, p. 105, note 130) d'après les calculs de M. Ernest
Chavaunes, que le florin de Savoie valait alors 4 fr. .50 de notre monnaie.
M. J.-B. G. Galiffe (Quelques pages d'histoire exacte, 1862, p. 88-89) l'éva-
lue à 12 fr., ce qui nous paraît excessif. M. Théophile Heyer, directeur
des Archives de Genève, s'était arrêté, après de longues recherches, au
chiffre de 8 fr., qui est, à 25 centimes près, la moyenne entre 4 fr. 50 et
12 fr. Que l'on calcule, sur cette base, la pension des pasteurs de Genève,
en y ajoutant 40 florins à cause de la maison et des meubles très simples
que le Conseil leur ])rétait, — on arrivera aux sommes suivantes : 1440,
1920, 2240 fr. Leur traitement le plus élevé n'était pas, en 1542, supérieur
84 JEAN CALVIN A PIERRE VIREX, A LAUSANNE. 1542
siasticonim : « in tempore cogitandum illis esse, qualiter Deo et
hominibiis rationem redditiiri forent : Papmn fuisse furem et
sacrilegum, videndum ne simus successores. » Usus sum autem
prîefatione quae attentionem excitaret : « Meliora esse vulnera
amici, etc. Item : Ne quœrerent Balaani qui illis in maledictione
benediceret. « Res in aliud tempus dilata fuit. Dixi enim omnino
oportere brevi ejus tractationem seriam suscipere. Domum tuam
volebant relinquere vacuam, sed ego dissuasi, non malis rationi-
bus. Itaque Philippo Ecclesiastko data est. Vale ^
(Inscriptio :) Suo Vireto.
de beaucoup à celui de leurs collègues du Pays de Yaud (VI, 105), et aucun
d'eux ne pouvait nager dans l'abondance.
On sait d'ailleurs que les magistrats de Berne et ceux de Genève, tou-
jours promi^ts à secourir les malades sans famille et les pauvres, n'étaient
pas prodigues des deniers publics. Quand ils accordaient une augmentation
de paie, c'est qu'il était urgent de l'accorder. Déjà le 20 octobre 1543,
les ministres de Genève demandent qu'on augmente leurs gages, « attendu
le cher temps. » On les exhorte à patienter. Ils reviennent à la charge
trois mois plus tard, et le Conseil répartit douze écus entre cinq d'entre
eux. Le 27 novembre 154.S, les gages de Treppereau sont, sur sa demande,
portés de 140 à 200 tiorins (Roget, II, 81). Dès le mois de janvier 1558,
les ministres de la campagne reçoivent 250 florins (Communication de
M. Th. Heyer). Enfin, écoutons Calvin, dont le témoignage offre ici un
intérêt particulier. Il écrivait à Renée de France, le 10 mai 1563, en lui
recommandant Fraiiciscus Portiis : ♦ Ses gaiges sont si petis, comme de
nous tous, qu'il luy seroit impossible d'en vivre, s'il n'avoit support d'ail-
leurs pour le soulaiger de ses charges » (Voy. Jules Bonnet. Lettres franc,
de Calvin, II, 516). Port us avait une fiUe à marier.
Calvin écrivait encore, le 17 oct. 1568, à l'hébraïsant Jean Mercier :
« Exiguum quidem stipendium esse fateor. Librae enim ducentie pendun-
tur. ^des dantur satis aniœnae et spaciosse. Verùm cogita impensas hîc
minores esse quàm apud vos [scil. Parisiis]. »
® Ce dernier mot et l'adresse sont d'une autre main.
1542 LES PASTEURS DE LA PRÉVÔTÉ AU CONSEIL DE BERNE. 85
4142,
LES PASTEUES DE LA PRÉVÔTÉ au Gonseil de Berne.
DeMuûliei'-Graiidval, :29 juillet 1542.
Inédite. Manuscrit original. Arch. de Berne.
Grâce, i)aix en Dieu, iiostre bon père le tout-puissant, jjar
nostre Seigneur Jésus-Christ soit tout jo[u]rs avec vous! Amen.
Très redoubter et niagnitîique, puissant, honorables Seigneurs
Messieurs de Berne ! Nous vous prions tous par en semblés que
vous persévérez tout jours, ainsy comme vous avez desjà aulcuns
temps jusque ysi, à debvoir mantenir Thonour et la gloyre de
Dieu : laquelle chouse Dieu par sa grâce vous doing tous jors
force et puissance de le faire! Amen.
Noz honorez Seigneurs, nous avons 'receu vous lettres', des-
quelles sommes bien joyeulx les avoir lentes, comment bien co-
gnoissont que vous avez fort bon voloir de mantenir l'iionour et
la gloire de Dieu, et de mestre hordre entre vous conborgois de
la Prévostez, affin que toute abomination soit vuydée et déchas-
sez, principallement enver le prcvost- et le peuinle : sus lequeulx
mandement vous renvoyons rostre réfornudion ^ escrij)te dens
vostre ville de Berne, ay[n]sy que avons atendus [1. entendu] que
Tavié composez, por ycelle debvoir gardez et observé. De Mothié
grand vaulx, ce xxix" Julii, anno xlii.
Por les vostres bons amy et serviteurs les ^Iinistres
DE LA PAROLLE DE DiEU A LA DITE PrÉVOSTEZ DE
MoTHIÉ GRAND VAULX.
(SmcripHon :) Aux très ylustres Princes, magniti(iues Sei-
gneurs Mons' l'Avoër et Conseil de la ville de Berne, nouz bons
amys.
^ Lettre qu'ils avaient prnlialjlement reçue par l'intermédiaire des dé-
putés bernois envoyés à Moûtier-Grandval pour le 23 juillet (N" 1128, n. 10).
^ Le prévôt du Chapitre de Moiitier, Cornélius de Lichtenfels (M, 98,
n. 87).
* L'édit de Réforniation publié par M\L de Berne le 24 décembre 1536
(Ruchat, IV, 389, 522-531).
86 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
1143
PIERRE TIRET à Jeaii Calvin, à Genève.
De Lausanne, 30 juillet 154:2.
Aiitogr. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n'^ IIP. Calv. 0pp. XI, 421.
S. Tain fuerunt mihi grata? tuae literœ ' quàm meum anxit
anininm domesfica ista afflictio, qua te Dominns, multis alioqni
iisque gravissiniis curis confectum, exercere voluit, nec tantis])er
quiescet aniinus dum aliquid nnncii l?etioris ea de re audivero '\
Quicquid tamen eveniat, fortiter standnin est, nec magis animo
frangi nos decet quàm sanctum illuin virum Jobnni, quem tôt
simul mala oppresserunt. ut videretur Deus penitùs [euin] dese-
ruisse, ac totum permisisse Satanîç ludiln-io et liliidini. Sed quid
ista tibi occino veterano in hac arena niiliti, qui jam tôt luctibus
pridem penitùs exhaustus esses, nisi te fides in niorem Al)raliœ
erigeret et fulciret V
Grata fuerunt qu?e de snccessu frafrum scripsisti. praesertim
Genistoni, cui prœ cseteris timebam, propter innatum illum pu-
dorem et sui diffidentiani. De rébus nostris Gnrinns ^ omnia
referet. Conventuri sumus Viviacum ad diem Martis \ Diniisso
cœtu, ubi primùm licebit, iter Bernnm aiTij)iain, sed Neocomo
iter facturus, prœter nostram utriusque sententiam. Nam id
Farellus literis à me postulavit, ac se comitem adjuncturum, si
videretur, recepit. Quamvis non levis erat causa quœ secùs mihi
faciendum esse suaderet, contigerunt tamen, ex quo abs te dis-
cessi, pku'ima, ac multa niilii sunt narrata, quorum causa con-
sultius est ut cum FareVo colloquar priusquam Beniam perve-
' Lettro X" lUl.
^ La femme de Calvin lui donna un tils, qui ne vécut que peu de jours
(Yoy. la lettre du 19 août).
" Les nouveaux éditeurs de Calvin disent qu'il est ici question de Tho-
mas Grwœns, professeur à Berne (V, 56). C'est une erreur. Il s'agissait
de Pierre Gitrin : son nom est nettement écrit dans l'original.
" Mardi 1" août.
1342 PIERRE VIRKT A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 87
iiiam. Cujusiiiodi cw ros sint, quia non tutô comniittuntur litoris,
nec eanini ignoratio j)lnrimiini in pra?S(Mis til)i obrssc pot(^st,
nialui difforre tantispoi- oaruni narrationoni, duni aut tu nos aut
te nos invisamus. Farelll lit(M-as^ ^d te niitto. (ausani (Tiirjni
ut habeas coniniendatissimam oro, quocunque modo lioniini
adesse poteris''. Claitdins Francus me etiam oravit ut suam tibi
sa^pe commendarem \ quamvis nihil sit opus apud te commenda-
tionibus. Saluta uxorem, cui praecor et ejus fœtui " fausta omnia.
Saluta omnes fratres meo nomine. Nostri te et tuaiii iixoi-cni
omnes salvere jubent. Vale. Lausannae, 80. Julii 1542.
TUUS P. \'|RETUS.
(Tnscriptio:) 8uo Joanni Calvino frati'i et symmystœ conjunc-
tiss. Geneva:'.
1144
PIERRE YiRET à Jeaii Calvin, à Genève.
De Lausanne, 8 août 1542.
Autogr. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 111^ Calv. 0pp. XI, 423.
Salutem. De rébus nostris audies tabellarium. Ci-astiuo die
* Cette lettre de Farel n'a pas été conservée.
* Voyez, sur Pierre Gurin, le t. XI, p. 240. note 36. De])ins 15.39 il
était domicilié dans le territoire bernois; mais il venait parfois à Genève
pour ses procès. Il en eut un à soutenir contre Jehan Barralis, et un
deuxième contre Estienne Dadaz (Reg. du Conseil, passhn).
'' Claude Franc, citoyen genevois, fils du conseiller I)omai}ie Franc et
d'une sœur du capitaine général Jean Philippe, était Leau-fière du pre-
mier syndic Amhlard Cor)ie. Il était l'ami des Articulants fugitifs (Y, 372,
11. 10; M, 199; VII, 412), et, ])ar conséquent, hostile au ])aiti calviniste
(.I.-A. Galiffe. Notices, III, 222, 223. — A. Roget, 11. lOO)- <»ii voit cepon-
dant qu'il ne dédaignait pas, en 1.542, de se recommander aux hons offices
de Calvin; et lorsqu'il éjmusa, vers la fin de septembre, même année, la
fille du syndic Jean Baux, il invita à ses noces le réformateur Pierre
Viret.
* Édition de Brunswick : frafri. Le mot fœfui se lit distinctement. Il
n'existe d'ailleurs aucun indice que le frère cVIdelelfe de P>nre (VI, 27.5,
n. 15) soit venu à Genève dans ce temps-là.
88 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
cum Holardo \ qui meêie i)rofectioni cornes adjunctus est à fra-
tribus, solvam hinc, si ita Doinino visum est, Bernmn comessu-
rus: cujiis comitatus, praîter alias rationes, justus milii praetextus
erit nostri Neocomo transitus. Nam cum jurejurando, ab hinc
aniios decein aut undeciiii, finilms Frïburgensis difionis exula-
rit ^ née tutus illi illhac transitus pateat, cogimur, etiam si nulla
intercédât causa alia, Neocomo iter facere, aut alias quasrere vise
ambages. Nihil aliud addam, nisi ut amicos saintes diligenter et,
si qua ratione fieri potest, per hune tabellarium ad me miffas
formam disciplmai ecclesiasticœ quam isthic instituimus'^. Hîc
nohis coi/ai/tihusmuJfa adrersahimtur,pmicajuvabunt'* : anden-
*"' Jean Holard, natif d'Orbe, ancien chanoine et doyen de la collégiale
de St-Nicolas à Frihoiirg, avait été banni de cette ville et du territoire
fribourgeois, vers la fin de l'année 1530, à cause de ses opinions religieuses.
Le 19 avril 1531, MM. de Berne le firent présenter, en qualité de pasteur,
à la paroisse de Moûtier-Grandval. Dès lors il prêcha l'Évangile à la Neu-
veville, à Orbe, à Bex, à Corcelles-sur-Chavornay, et de nouveau à Bex
(Voy. t. III, p. 11, 12; IV, 451, 452. — Pierrefleur, 15, 57, 121.—
Ruchat, m, 37, 572).
Dans l'un de ses voyages à Berne, vers 1534, Jean Holard avait signalé
au professeur Bhellicamis les monuments de la ville à'' Orbe, « prseter alia
antiqua rudera et numismata, turrim mirœ vetustatis » — renseignement
que celui-ci n'eut garde d'omettre dans ses Annotationes sur les Commen-
taires de Jules César (Basile», 1543). Il en est résulté, pour le « prédi-
cant » d'Orbe, l'honneur très inattendu de voir figurer son nom, à côté
des noms d'^gidius Tschudi, d'Alciat, de Rhenanus, de Budé et de cin-
quante-deux autres savants, dans la Nomenclature des « auteurs » cités
par Rhellicanus.
* L'influence de Calvin et de Viret ayant été grande dans la commission
genevoise qui prépara, de septembre à nov. 1541, les Ordonnances ecclé-
siastiques (VII, 350, 351. — Cornélius. Die Griindung der Calvinischen
Kirchenverfassung in Genf). Vii'et pouvait dire à Calvin, sans vanterie :
formam disciplinée quam isthic instituimus.
* Il convient de reproduire ici le paragraphe suivant du Manuel de
Lausanne du 2 avril 1542 : « Fuerunt producti et lecti certi Articuli, in
numéro undecim, emanati a Dominis Verbi Ciiristi Ministris in Viviaco,
die 27* mensis Martii... Super quibus fuit... arrestatum, ipsos taies quales
Articules respective observari debere quantum J)ossibile erit, et etiam illis
respective obviare. Nec non etiam... arrestatum, quod abhinc quicunque
insolentias faciet contravenientes bonis moribus et certis statutis hacte-
nus... per... Dominos nostros Bernenses factis et jam aliàs publicatis, —
taies contravenientes, post certas remonstrationes ipsis factas, debeant
absentare cillam Lausannœ, juxta casus per ipsos perpetrati exigentiam,
1542 CLAUDE DE SACHINS A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 89
diini tamen erit aliquid, et bona sjies est Doniinum t'ortunatiu'iim
nostros conatus, Nihildum aggrossus aut conatus suni, sed Ikrna
reversîis constitui seriô ac sedulà his ecclesùi' ruinis manuni ad-
molù'i. Puto te andivisse qiiid sparsum sit riimoris de ministro-
rum Bernatkmi emissione ^ Id eiiim logatis vestris Basiliva
rcdeuntibus ^ indicavi, à (quorum disccssu nihil ha])oo coinpo rtius
quod ad te sei'il)am. Pra'sens meliùs oniiiia iutelligam. Saluta
uxorem lueo iioiiiine, fratrem ' (>t doinesticos omnes et tuos col-
legas. Vale. LausaiiiicB, 8. Augu. 1542.
TUUS P. ViRETUS.
(Inscriptio :) Suo quàm cliaiiss. fratri et symmysta3 Joanni
Calvino. Genevœ.
1445
CLAUDE DE SACHiNS ^ à Jean Calvin, à Genève.
(D'Asnières, en Bresse ^) 12 août 1542.
Autogr. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 112. Calv. Opp. XI, 425.
Si magnam aliquando ex ullis amicoriim literis, ex tuis vel
maxiniain cippi volii])tateni : noqiie quantum ego existimo id abs
re, ut i)ote per quas fœlicibus, ut spero, auspiciis me niJrjl taie
et hoc ad tempus et beiiivolentiam... Doiuiiii Burgi Magistri et Doniino-
rum Consiilum Villae Laiisannse. »
^ Ce qui s'était passé à Berne, du 31 juillet au vendredi 4 août, donnait
lieu de croire que plusieurs ministres bernois allaient être congédiés
(X" 1147, n. 3, p. 96, et la tin de la n. 13, p. 100).
" Les députés genevois Claude Fertemps et Pierre Tissot ayant appris,
à Bâle, (jue les ]5crnois n'acceptaient pas les propositions de Genève
(\T^I, 453, u. 7-9), ils étaient revenus sur leurs jtas. Viret les avait vus à
leur passage par ivausanne.
' Antoine Calvin.
'■'•^"* On a de ce personnage cinq lettres, adressées à Calvin. La seer nde
est datée : Hx villa nostra Aneriann, 7 novembris 1545. La quatrième :
Ex domo nostra Aner., 9 Oct. 1550. Il y parle des deux prisonniers dont,
le 24 septembre, il lui annonçait l'arrestation, et qu'il va recommander au
90 CLAUDE DE SACHINS A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
nnerltnm ad amicitiam tum Immaniter invitas^, ad quam sane
tyiejam olim ardentissimis vofis aspitr(gse testes mihi sioit quàm
j)h(rmii : idquo cum eruditionis multijugîP noinine, quani in te,
ut par est, unicè sum semper exosculatiis, tum verô multô magis,
quôd gloriam Dei, atquo ijjsum adeô C'hristi iiogocium, syncerè
ac diligontor promovere to intelligam. Faxit Dominus Deus ut
quod fœlicitor in te cœpit fœlicissimo exitu coronet ! Quod autein,
charissinie frater, piorum honiinum sermoni nonnihil deferens,
de me prseclariùs sentis, ingenteis per Cliristum tibi gratias ago :
non quôd iis laudibus quilnis me oneras miram in modum délec-
ter, ut qui me iis ferendis imparem plané agnoscam, sed quôd ea
denium occasione Christianum tui animi candorem habeam per-
spectum, qui ex aegregiis suis dotil)us aliorum metiatur virtutes.
Adde quôd baec haud as])ernanda quidem mihi videtur adhor-
tandi ratio, quam sanè perinde ac commode nobis adjectum sti-
mulum lubenti aniino amplectimur. Quàm verô aiperem (si ita
Domino videretur) sacris istis interesse C07iventihis, in quihus
second président de Chambéri/. Dans la cinquième, écrite « Ex Aneria
nostra, nonis maii 1554, » il dit : « Pirater meus... et I). Te.vfnr, qui hîc
apud nos est, te salutant. » Tout annonce que l'écrivain habite un pays
voisin de Genève et de la Savoie ; mais il s'agit de déterminer exactement
le lieu.
La France ne compte pas moins de seize localités du nom d^Anières
(ou Asnières). La plus rapprochée de Chambéry est située dans la Bresse,
et sur le chemin que Textor avait dû suivre, à la fin de juillet 1542, pour
se rendre de Genève à Mncon (X° 1140). Ce point étant acquis, il suffisait
de consulter Guichcnon (Hist. de Bresse et de Bugey. Lyon, 1650, Par-
tie ni, p. 339-40) et Edm. Révérend du Mesnil (Armoriai hist. de Bresse.
Lyon, 1872, p. 598), pour savoir que Claude de Sachins, seigneur d'Anières,
et son frère Fratiçois, seigneur d'Anières, du Saugey et de Chamergy,
étaient les derniers représentants de l'une des plus anciennes familles che-
valeresques de la Bresse, connue primitivement sous le nom de Sejjf chiens
(de septem canibus). Un Claude de Sachins, seigneur de la Mylatière et
parent éloigné des deux personnages précédents, exerçait les fonctions de
bailli à Po}tt-de-Vaux, ville natale de Textor.
A la Révocation, la famille de Loriol possédait « le château d^Asnières,
à moitié chemin de Bourg à Mâcon. C'est la plus belle résidence seigneu-
riale (lu moyen-âge qui ait été conservée en Bresse » (Edmond Chévrier.
Notice hist. sur le Protestantisme dans le département de l'Ain. Paris, 1883,
p. 110. — Haag. France ]irot. VII, 128).
Ce fut, sans doute, Benoit Textor qui, partant pour la Bresse, engagea
Calvin à écrire au seigneur d'Anières (Voy. les n. 6, 7, et le N" 1140, n. 2).
lo42 CLAUDE DE SACHINS A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 91
crehri de rehus divinis serib miscniinr sermones, Ininiaïut con-
quiesciod somriid, nhi clniriias n'muhdioms nescia mirificè suas
exerit vives, nhi denique no}i fedus ac lacei'us, sed uperius atque
intege)' prodii C]irisfHs ' .' Poîior certrfe dios una in ati-iis Doiiiini
quàiii mille aiuii vcl in ipsis impiorum palatiis.
0 utinam me posso frui dent uumiiia taiitis
Divitiis, quas ampla ppqiiat non co])ia ronfinii !
Sed forte sese aliciuando ntï'civt tcmpus illiul. (luo iiiilii. otsi
nune arctiiis irrotito '. olim tainon libero, licebit evolare. Inté-
rim quoad spiritus hos rogot artus, pro virili dabimns operam,
nt oa necessitudo. qua' Cliristo auspice inter nos fœlicitor est
inita, majus in dies accipiat incromentum. Cœterùm qiiod ad eimi
attinet, quemnobis (({\\2è tua est humanitas) diligenti cura mi-
nistmm exquisiisti •"', quàm maximas possumus ex animo gratias
•• Ce passage prouve que les éditeurs des Caîr/iii Opéra se sont trompés
en affirmant (t. XY, p. 133, n. 3) que Claude de Sachms résidait dans le
bailliage de Thonon, à Aniere, ])rès de VeUji. — Le liameau iVAnière est
situé sur la rive gauche du lac Léman et à deux lieues de Genève. U ap-
partenait depuis 1530 au territoire bernois, et faisait partie de la paroisse
réformée d'Hermance, dont le pasteur, en 1542, était Antoine Bnhier
(IN", 364; YI, 275, 404. — Yoy. aussi Fr. Mugnier. L"Hôpital d'Hermance,
1542-1733. Thonon (188G) p. 14). Si Claude de Sachins avait habité le
susdit hameau, il aurait eu toute facilité de faire la connaissance person-
nelle de CalciiK et n'aurait ])as été réduit à soupirer après un culte évan-
gélique.
* Il exerçait probablement des fonctions publiques, ainsi que son liomo-
nyme, le sieur de la ]MyIatière.
" La suite du discours et. en particulier, cette phrase : <- Det Dominus
ut is nobis sit tam commodus, quàm nox ei vicissim apti simus, » — sem-
bleraient annoncer que le seigneur d'Anières avait fait prier Calvin de
choisir pour sa maison, non jias un serviteur quel(on(jue, mais un viinistre
de V Evangile. Notre interprétation peut paraître téméraire; mais nous la
croyons en partie autorisée par certains traits de l'histoire de la Bresse.
De bonne heure, cette province s'était ressentie du voisinage de Genève
et de Lyon. Nous avons vu en Suisse, dès 1531, des Évangéliques bressans :
Pierre Masuijer, Claude Bigothier, Angelin Chasnal (II, 375, 424, 425,
489; W\. 287). Alexandre r««M.ç ])rêchait dans la Bresse on 1533 (III, 162).
Le duc de Savoie tenta vainement de s'opposer par la force à l'invasion
des nouvelles doctrines, et il fut mal secondé par le jiajie l'aul III, qui
supprima l'évéché de Bourg (4 janvier 1535). Yers cette époque, on comj)-
tait à Bourg trente-cinq bourgeois suspects d'hérésie (Chévrier, o. c. ]). 14-
17). En 1536, François I s'eni])arait de la Bresse, et pendant plusieurs
92 CLAUDE DE SACHINS A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1S42
habemus. Qui hasce perfert " multis noininibus lioiuiiicin nobis
commcndavit, idque quantum intelligo non ex auditu, ut quem
prsedicet se propiùs habero perspectuni : itaque huic rem totam
commisimus. Det Dominus ut is nohis sit tam commodus, quàm
nos ei vicissim apti simus! Nihil superest, frater in Domino
amantissimo, nisi Christum Dominum ex animo oremus, ut sacris
sui spiritus dotibus ministerium tuum magis ac magis in dies
illustraro pergat, in quo te cui)io valere. Salutaf te unicè frater-
meus ^ Tu verô cura ut nos precibus tuis Domino jugiter com-
mendemur. Domi 12. Aug. 1542.
Tuus in Christo Clau. De Sachins K
(Inscriptio :) D. Joanni Calvino fratri et amico singulari
10
années il ne s'occupa de ce pays que pour l'accabler d'impôts. On i)eut
même dire qu'en 1538 il y introduisit un ardent ennemi du catholicisme,
en garantissant au comte Guillaume de Furstemberg les revenus des sei-
gneuries de Bagé et de Pont-de-Veyle, situées près de Mâcon (VI, 239,
n. 34).
Les prêtres et moines du chef-lieu prirent-ils au moins la défense de leur
religion menacée ? — Un historien catholique de la Bresse va nous ré-
pondre : « Le clergé de ce temps — il faut bien le dire, puisque les registres
nous le répètent fréquemment — étranger à l'inspiration de la charité
chrétienne, aux devoirs de sa sainte mission, vit à part, dans un triste
égoïsme, uniquement préoccupé d'intérêts matériels : de prélever la dîme,
de s'affranchir de toute contribution, de toute participation à la vie com-
mune... Qu'il touche ses prébendes, ses droits paroissiaux, peu lui importe
le reste : les choses d'ici-bas ne le concernent point. Si la parole de Dieu
est annoncée au peuple, c'est à l'instigation active et persévérante des syn-
dics et du Conseil de la ville, sans cesse obligés de lui rappeler son devoir »
(Jules Baux. Mémoires hist. de la ville de Bourg. Extraits des registres
municipaux de 1536 à 1789. Bourg-en-Bresse, 1868-70, 3 vol., t. I, p. 230.
Voyez aussi les pp. 31, 60, 74, 101, 153, 210, 211, 233, 234, 354. — A,-
C. N. De Lateyssonnière. Recherches hist. sur le département de l'Ain.
Bourg, 1838-44, 5 vol., t. IV, p. 414; V, 142, 143, 180, 293).
Dans ces conjonctures, l'établissement d'un pasteur au château d'Anières
n'aurait pas éveillé la défiance d'un clergé en majeure partie corrompu et
endormi, pas plus que ne l'avait provoquée, en 1539, le séjour d'un « pré-
dicant » à Pont-d'Ain, au centre de la Bresse (Voy. Th. Dufour. Notice
bibliogr., p. 189).
^ D'ajjrès ce que nous savons du voyage de Textor à Mâcon, à la fin de
juillet (N" 1140), il est naturel de croire que c'est lui qui est désigné par
ces mots : (^ui Imsce [literus] perfert, etc. Il devait, en effet, repasser par
Anières pour retourner en Suisse. C'est bien lui (et non un vulgaire mes-
1542 CONRAD PELLICAN A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 93
1446'
CONRAD PELLICAN ^ à Jean Calvin, à Genève.
De Zurich. 15 août 1542.
Autogr. Bibl. Pii])l. de Genève. Vol. ii" 110. Calv. Oi)i). XI, 426.
Salutem in Domino salvatorc ! Niliil optabilins aiuliendnni no-
bis, amiciss. frater, quàni si cuni ecclosia sancta Dei cni servis,
sanctè valeas et ad Dei gloriam prolicias, inque sahiteni anima-
rum cum i)ace et coustantia sancta. Nos nostro more Domino
adjuti persistimus, corpore imbecilles, qnantîim ad me attinet et
Theodorum nostrmn^, sed et Leone nostro amisso natnrœque
concesso et vita^ feliciori \ Qnin et aliquando BuJUrigerus del)i-
sager) qui aurait été compétent pour recommander le jiasteur choisi par
Calvin; et c'est encore de Textor, son ami, que l'écrivain aurait pu dire :
huic rem totain coinmi.'iitnus.
* François de Sachins.
® Ce nom est jjarfois abrégé sous la forme suivante : Cl. D. Sach. Il a
été altéré en tète de deux pièces, l'une de dix, l'autre de quinze vers latins,
composés en l'honneur du principal ouvrage de Texior, intitulé : « De la
Pestilence. Lyon, Jean de Tournes et Guil. Gazeau, M.D.LI, » petit in-8".
Ces vers ont pour titre : CL. de Sachivs in ïractatum D. Textoris de
Pestilentia.
" Les nouveaux éditeurs de Calvin ajoutent : « Sachins, ■> comme si ce
mot faisait partie de. la suscription. C'est tout simplement une note écrite
plus tard par l'un des personnages (jui ont étiqueté la correspondance de
Calvin.
' Voyez, sur Conrad Pelîican, professeur d'hébreu à Zurich, les Indices
des tomes III- VII.
^'^ BuUinger écrivait à Vadian, le 23 juin : « Léo noster... xix hujus
mensis, paulô post primam pomeridianam, féliciter migravit ad Dominum,
magno omnium bonorum mœrore. Amisit enim ecclesia nostra in?pstima-
bilem in hoc homine tliesaurum. (ertè bona pars vitie mefe decessit in
morte adaniantissimi Fratris... Decumbit et doctiss. et piissimus vir I).
Theodorus Bibliander ac contiictatur graviter cum tertiana. Dmiiinus
illum uobis restituât nec dolorem dolori adjiciat! » (Minute orig. Arch. de
Zurich. — Ilottinger, o. c. III, 751.)
94 CONRAD PELLICAN A JEAN CALVIN, A GENÈVE. lo42
lem se experitur. Omiics tamcn in tide et cliaritate tirmiores,
gratia Dei. Mittimus autem pariter clmritati tuai Jmnc eximise
eruditionis etpietatis virwn oh Evangelium ex Italia reimlsum ^
ut indicabit. Qui cum nobiscum consistere utiliter ecclesiîe ne-
queat, ad te pervenire cui»iens, à nobis tïbi Amice comme ndatur,
si quo modo, ut liugua Pedemontanus, goiti vestrœ vicinior, in
EvangeVw nunciando proficere possit, vel eciam consistere cum
suis ' : de quibus referet non necessariô ^ liîc scrilienda. Videtur
prorsîis nobis vir sanctus et idoneus Evangelio i)lantando pu-
bliée et privatim. Qua eciam ratione Italia pulsus vel ex Tuscise
Luca ■' ab antichristo. plurimos reliquit Christo fidèles testes.
Speramus in vestra quoque lingua pihirima ptosse^. Habet comités
duos non ])1'0inùs ejusdem lingu^e ^ quos intérim uti poterimus
retinel)imus. Hune verô magnopere omnium nostriîm nomine
tibi commendamus et ecclesiœ vestr^e : quam cuijimus ex animo
proficere in pietate et pace. Yale, Amantissime frater, omnium
nostrûm nomine in Christo fœliciter. Tiguri, 15. Augusti 1542.
CoNRADUs Pellicanls tuus in Domino,
cum fratribus reliquis, Bullingero, Theodoro, Megandro,
quibus ])er occupationes non licuit scribere bac vice.
(Inscriptio:) Piissimo Tlieologo Jobanni Calvino, Ecclesiae
Genevensis pastori fidelissimo, in Christo Amicissimo fratri suo.
* Celio Secundo Curione (X" 1155, note 1).
® C'est-à-dire, sa femme et ses enfants, qu'il avait laissés en Italie, pen-
dant qu'il venait en Suisse pour y chercher une place de professeur.
^ Dans l'édition de Brunswick, nuncio, qui ne s'explique pas.
' Curione était encore au mois de juin à Lucques, d'où il adressait à
Fulvio Peregrino Morato son Epistola de pueris pie christiauequeeducan-
dis, datée : « Luc*, M. D. XLII quarto idus lunii. » L'auteur la publia en
1544 à la suite de son Aranceus, et une seconde fois en 1549, avec le Ca-
téchisme intitulé : « Cselii Secundi Curionis Christianae Religionis Institu-
tio, et brevis et dilucida... » (Basilese), 99 pp. petit in-8" (Communication
obligeante de M. Charles du Mont, bibliothécaire à Lausanne).
* Nous ne connaissons rien de Curione qui soit écrit en français. Mais
nous supposons que s'il avait possédé seulement l'italien et le latin, MM. de
Berne ne lui auraient pas confié des fonctions au Collège de Lausanne
(Voy. le X" 1159, n. 6).
® C'étaient peut-être ce Turca et ce Georgius mentionnés dans la lettre
de Curione du 7 septembre suivant, et qui furent envoyés à Bâle par les
Zuricois.
1542 LES CONSEILS DE BERNE AUX PASTELRS DU PAYS ROMAND. 95
1U7 /
LES CONSEILS DE BERXE aiix Pasteurs du Pays Romande
De Berne. 15 août 154:2.
Inédite. Copie contciiipoi'. IMbl. des pasteurs de Xeuchâtel.
Nous L"Advoyek, Conseil et Bourgeois de Berne faisons sçavoir
par ces présentes : Comme ainsi soit que dijférendz soyent esmeuz
entre les Jionnorahles docteurs, noz très chiers et féaulx prédi-
cants et ministres de TÉvangile, Pierre Cantzen, Béat Gering^
Symon Sultzer et Cnnradt Schmid, d'une, et Érasme Rytter leur
confrère, d'aultre j^urtye, tousclunit leur doctrine et jn-édication,
singulièrement en l'article de la Cène de Nostre Seigneur Jésus-
Christ - : Lesquels, pour avancement et entretènemeut de ])aix
et union entre eulx principallement et nous, aussi noz commu-
naultés, iceulx avons évocqués devant nous et ouys, et entenduz
leurs proposites, responses et ré])licques ^ Et, sur ce, les [avons]
1 J.-J. Hottinger (Helvet. Kirchengeschichte, IV, Addenda, p. 191-102)
donne « ex Archive Ecfl-esi« Bernensis » un résumé du texte allemand de
cette pièce, qu'il date du 15 août. La reproduction intégrale du texte fran-
çais sera encore plus utile pour l'intelligence des lettres de Calvin et de
Viret écrites aux mois d'août et de septembre. L;i copie contemporaine sur
laquelle nous l'avons relevé est très incorrecte. Nous en signalerons, seule-
ment les fautes principales.
^ La cause de ces « différends » est déjà indiquée dans le X" 11?>1, note 2
(Voy. aussi le t. VI, p- 79-81). Érasme Bitter se plaignait spécialement de
ce que Pierre Kvmtz (en latin Concenus ou Conzenus), Simon Sultzer, etc.,
préoccupés de maintenir le traité de Concorde avec les Luthériens, em-
ployaient dans leurs sermons des expressions qui n'étaient pas conformes
aux dix Thèses approuvées dans la I)isi)Ute de Berne (Voy. Ruchat, V, 204,
205, 224. — Fiislin. Epistolse Reformatorum, 1742, p. 21.5-220. — Hun-
deshagen. Die Conflikte, etc., p. 157-165).
* Selon J.-J. Hottinger, 1. c. et la Collection Simler, l(>s ministres de la
ville de Berne comparurent devant les magistrats le 15 août ; selon Ruchat,
V, 205, le22. Hundesliagen, p. 105, IGfi, indique le .81 juillet et le 22 août.
Ce dernier historien ne donnant (jne peu de détails sur les journées qui
précipitèrent la crise ecclésiastique, nous tenons à préciser les faits et les
dates.
96 LES CONSEILS DE BERNE AUX PASTEURS DU PAYS ROMAND. 1542
aniyablcmont ai)pointés. unyz et accordoz, et lour [avons] pres-
cript finale résolution et forme, laquelle doibvent observer,
comme en la fin des présentes est escript.
Premièrement, estre les dits Concène et ses consors tombés eïi
quelque suspition d'avoir presclw, touschant la Cène de Nostre
Seigneur, non conformément et contraire et nostre Disjnitation *,
ont iceulx, — sur nostre demande et interrogation sMlz vou-
loyent cy-après tenir et observer nostre dite Disputation, et,
touschant la Cène de Nostre Seigneur, selon le contenu d'icelle
conformément prescher? — premièrement une response et une
Déjà le 31 juillet, le Petit Conseil, alarmé du trouble qui régnait dans
l'Église, fit citer devant lui les cinq pasteurs de la ville. Il censura iro-
niquement leur désaccord sur la doctrine de la sainte Cène, et déclara qu'il
ne tolérerait, à l'avenir, aucune autre doctrine que celle qui était formulée
dans les dix Thèses de la Dispute de religion. Les chefs des deux partis
théologiques répondirent, le même jour, aux censures du Petit Conseil, et,
le lendemain, devant le Conseil des Bourgeois, ils exposèrent librement
leur opinion et même leurs griefs réciproques. Dans ces deux séances,
Erasme Bitter s'exprima avec la netteté et la vigueur d'un champion sûr
de la victoire ; Pierre Kiintz, avec une véhémence pleine d'amertume et
de fierté, car il ne dissimula point qu'il donnerait sa démission, si MM. de
Berne n'étaient pas contents de lui.
L'arrêté pris par les deux Conseils, à la fin de la séance du 1" août, fut
tel qu'on pouvait le prévoir, après la déclaration faite aux ministres le
31 juillet. Il renfermait ce considérant : « Luther n'est pas resté fidèle à
la Concorde, » — et cette sanction : « Tout pasteur qui n'enseignera pas
suivant les dix Thèses de la Dispute et l'édit de Béformation, sera con-
gédié. »
Bitter se dit très satisfait. Kuntz, Gering et Sultzer protestèrent contre
les entraves qu'on leur imposait. Ils ne voulaient pas, disaient-ils, les laisser
imposer aux églises, ni laisser restreindre la liberté de prédication garantie
aux pasteurs par le décret du 5 mai 1540. Mais ils oubliaient qu'elle était
conditionnelle, c'est-à-dire, que le décret susdit leur interdisait déjà de
s'écarter de la doctrine admise dans la Dispute de Berne (Voy. notre t. M,
p. 424, note 5).
Les magistrats essayèrent de les rassurer en leur disant, qu'on n'enten-
dait nullement les « écarter » de la Parole de Dieu et les réduire à ne
prêclier que les dix Thèses; on leur demandait seulement de ne ])as conti-
nuer à critiquer celles-ci, qui avaient été établies par la Parole de Dieu ;
de ne pas chercher à les interpréter autrement par l'Écriture ; de s'abstenir
d'emi)loyer des mots étrangers et [de ceux] de la doctrine de Luther. » Enfin,
on leur demanda, ))0ur le lendemain, une « réi)onse écrite et satisfaisante. »
* Voyez, sur la Dispute de religion qui eut lieu à Berne en janvier 1528,
et sur les dix Thèses qui y furent discutées et adoptées, le t. II, p. 54-60.
1542 LES CONSEILS DE BERNE AUX PASTEURS DU PAYS ROMAND. 97
confession touschant la Cène de Nostre Seigneur produidz par
escript, la tenetir desquelles s'ensuyt'' :
« De Scriptura sacra quse Vêtus nonimiKiiiam Tostaiiiciitum
vocatur, ita scntimus : David Ycrbum Doiiiini solum esse lumen
certamque viam pronuntiat (jua ad omnis |1. oniiicinj roj^uitio-
nem perveniatur. Id i])suni verè Verbum in sacra l)iblicaque
Scrij)tura invenitur, qua oninis huuiana atque adeô aiigclica
doctrina dignosci ac judicari débet. Ad eam ipsam Christus quo-
que tantùm hortatur, banc de se testari affirmans. Esayas item
propheta monet ut qui lumino indiget, Lcgem testimoniaque
respiciat. Quocirca et contitcnuir et ])rofitoniur, unà cum omni-
bus ecclesiis Dci Christi Domini nostri tidelibus, sacram bibli-
camque Scrii)turani solaui summam certissimamque voritatem
existere, ut cui omnis rcliqua doctrina omniaque scripta sul)jici
debeant, ut ipsa habeatur régula ad (juam omnis voritas prol)etur
et agnoscatur, quemadmodum eadem prima? apostolicœ Ecclesiœ
in usu fuit pridem et esse hodie débet. Ea propter nos ipsos offe-
rimus, (}uemadmodum ministerium nostrum conscientiaque co-
ram Domino dictât, docturos omnia et concionaturos quae ejus
Scripturae sacrée autlioritate per nos ])ossunt probari, juxta pri-
mum illud excussumque typis mandatum ". — Deinde quod Chris-
tianam et laude dignam Disputatiouem [et] Confessionem Ba-
sïlese compositam ' attinet, oflferimus nos utramque conservatu-
ros, contra nil nec docturos nec locuturos, iisque * pro necessitat(>
oportunitateque concionum usuros, ])aci concordiaeque studium
* La Méponse de Sultzer et de ses trois collègues fut présentée et lue
par Pierre Kuntz, le 2 août, et leur Confession de foi sur la sainte Cène,
le 3 août, devant le Conseil des Bourgeois (Notes 10 et 13).
® Allusion à l'édit dû Grand et du Petit Conseil de Berne daté du 15
juin 1523, et qui était conçu en ces termes : « Ordonné... que tous les pré-
dicateurs prêchent publiquement et sans dissimulation le saint Evangile
et la doctrine de Dieu, n'avançant que ce qu'ils peuvent établir par la vé-
ritable et sainte Écriture... » (Trad. de l'ail.)
^ Ce n'était pas « la première Confession de Baie, -> composée par
Œcolampade en 1530, mais « la seconde, » qui fut l'œuvre commune de
BuUinger, Myconius, Simon Grynseus, Léon Jude et Gaspard Megander.
Elle avait été préparée en vue de la Concorde avec Luther, et elle fut
signée à Bâle, le 3 février 1536, par les députés des églises réformées de
la Suisse et de la ville de Strasbourg (Voy. Ruchat, UI, 310, 311 ; IV, 58-
60. Il en donne la traduction, t. IV, pp. 61-76).
* Dans la copie neuchâteloise, idque.
T. VIII. 7
98 LES CONSEILS DE BERNE AUX PASTEURS DU PAYS ROMAND. 1542
omiie impensuros ad aedificationem ecclosise Christi, modo ne
qiiis poculiaribus formis verbisque arctiùs ^ nos instituât ads-
tringcre '°.
Confessio et Dodrina de Cœna Dominica.
Quô semol et in onine deinceps tempus eam à nobis susi)i-
cionem amoliamur qua forte insimulamur, perinde ac quisqnam
ex nobis eum errovem foveat, uti vel sentire vel docere instituât,
quasi cum pane aut Cœnœ dominiez symbolo naturalo ossen-
tiale(iue Christi corpus è cœlo detrahi vel aliquatenus trans-
mutari includive, aut ulla ratione hoc ceu naturale corpus
honiinis manducari atque pcrcipi debeat, — id quod verba
Christi « Accipite et comedite, hoc est corpus meum » foris
juxta literam prse se ferre videntur, — verùm, ut nullum ea
opinione christianura verumque doctorem teneri intelligatur,
sic rursum asserentes accipimus quod jam inde à principio et
verè semper tirmiterque, sicut semper fecimus et docuimus, ho-
dieque et eam sententiam tenemus et deinceps etiam, Domino
aspirante, conservabimus ac tuebimur : Christum scilicet natu-
rali humanoque corpore cœlos ascendisse, ubi et pro naturalis
hominis conditione, corpore formaque naturali ad dextram Dei
usque ad extremi diem judicii permanet. Unde et sciendum et
sentiendum : cum jubet accipere et comedere panem, quare
^ Ibidem : aclinis ou actiuis.
*** Aj^rès la lecture de cette Réponse, le 2 août, MM. de Berae assurèrent
encore à ses auteurs, qu'ils ne voulaient pas leur « interdire » la Parole de
Dieu, ni endurer des reproches à ce sujet ; on leur demandait seulement
d'éviter tout ce qui pouvait faire soupçonner qu'ils ne prêchaient pas con-
formément aux dix Thèses. « Mes Seigneurs (fut-il ajouté) reconnaissent
que la Confession [de Bâle] est fondée sur la Parole divine, et ils veulent
bien que cette Confession subsiste, et que les pasteurs l'emploient, ainsi que
les Saintes Écritures, en toute occasion où ce sera nécessaire. Mes Seigneurs
n'ignorent pas que beaucoup de choses, en dehors des dix Thèses, deman-
dent à être confirmées par l'Écriture Sainte. Mais ils veulent que les dix
Thèses elles-mêmes restent hors de cause » (Trad. de l'allemand).
La susdite ordonnance fut communiquée oralement, \)',\v l'Avoyer, à Pierre
Kuntz et à ses trois collègues. Elle les rassura (Voy. le N" 11G2).
Le 3 août, Pierre Kuntz, accompagné de ses trois collègues, comparut
de nouveau devant les Conseils. Il revint sur la réponse faite aux ministres,
le !"■ du mois; il exprima leurs ])laintes et il prononça un long discours
sur l'autorité de l'Ecriture Sainte. Puis il présenta i)ar écrit la liépnuse
1542 LES CONSEILS I)K RERNE AUX PASTEURS DU PAYS ROMAND. 1)9
corpus ij)sius inanducaiiuis et calicis potii saiigiiiiKMii hibiinus
ipsius, iicininoin liîc opinari do])ei'e (^luVl isthic lioiiiiiiis iiatiii-alis
terreiii(iiie carneiu iiaturali terrenoqup modo prR'sciitciu habeat,
maiîducet, porcipiat. Absit vorù " id qiiiii seiitiatur, in vcrbis
Doiniiii (( Hoc est corpus meum » subesse iiiaximè tropmn, hoc
est, figuratuiii sermonein, qiio haiic inaiidiicationeiu Christus
Domiiuis in aliam quandam s])iritiialoni iiitoriianique fidoi iiian-
ducationoni intendat, qua Dominus fidelcm aniinani cibat, satiat,
rcj)iet, inqiie vitam conservât œternani. Atque (Hini esse genui-
niim si)iritualenique verborum Domini sensuni, ex certa pers])i-
ciiaque Domini interpretatione constat. Jolian. (i", Ca])ernaitis
loquens ait, cuni '^ de suîts manducatione carnis loquitur, sinri-
tum ritamque esse verha sua, hoc est, non de corporali carna-
lique, sed de spirituali manducatione intelligenda esse, soli
animae per tidem in ipsum i)rehensi)>ili. Verba itaque Domini
si spiritus sunt, nec corporale utique nec carnale, prœstô est
quicquam [1. cuiquam]. Adjicit autem hîc : et vita, hoc est, verba
ejus non tantùm spiritus sed etiam vita sunt.
Unde constat, hîc non solùm ore corporali externum tantùm
panem manducari, sed animam etiam sua fide vitam manducare :
id quod Christus ipse testatur. Atque ea vita Christus est, Do-
minus solus verus Deus et homo; atque ita in Christo vivit
anima et ipse in illa, ut suis verbis adfirmat. Adjicit autem sig-
niticanter vocem vitam, ne quis opinetur panem tantùm vinum-
que ore externo percipi, sed multô magis animam vera vita
pasci. Atque hic sensus sic certus est, ut hîc primùm Dominum
sacramque Scripturam admittamus judicem, deinde et Disputa-
tionis exjjlicatioiiem unà cum ecclesim'um christiauarum in Hel-
vetiis Confessione, Basihie composita. »
Desquelles response adjoincte et confession, nous, les susdits
Advoyer, Conseil et Bourg(>ois, nous contentons '\ Et est sur ce
lue la veille et donna ensuite lecture de la Confession rédigée par eux, et
qui est intitulée : Confessio et IJoctrina de Cœna Dominica.
'^ Dans la copie contemporaine : adsit vere.
^^ Ibidem : seciini.
^' Le procès-verbal de la séance du 3 août se termine comme il suit :
<r Senatus posfremum CousiiUiim et Epilogtis totius iragœdUe. Mes gra-
cieux Seigneurs du Conseil et des Bourgeois se contentent de la Héponse
et de la Confession écrite de Kuntz, de Batten [Gering], de Sultzer et de
100 LES CONSEILS DE BERNE AUX PASTELRS DU PAYS ROMAND. 1542
nostrc déclaration, vouloir, résolution et linale intention : Pre-
mièrement, à cause que les susnommés prédicantz se plaignent
que Ton les vouloit poulser [hors] de la Parolle de Dieu, ou
icelle serrer et limiter (ce que jamais n'entra en nostre adfec-
tion, pensée, ny couraige), pareillement la confession susdite, —
afin que icelle '* ne se puisse, aussi le dernier Cateschisme, chan-
ger, — Voulons que [ils] puissent prescher et enseigner pure-
ment et franchement la Parolle de Dieu, aussi user '" le dit
CatescJiisme. Toutefoys, à cause que "^ au dit dernier catéchisme,
Conrad [Schmid], ainsi que des explications qu'ils ont données oralement.
La volonté de mes Seigneurs est : Primo, quant à la Confession de Bàle :
que les prédicateurs ne soient pas astreints à n'employer en chaire que
ses formules.... ; que cette Confession ne soit pas en usage ici, mais qu'elle
ne serve que pour les cas où l'on est appelé à présenter, dans les Synodes
(m Conciliis) ou ailleurs, une profession de foi commune. Dans ces cas-là,
on peut utiliser la susdite Confession. Ensuite, que les prédicateurs, selon
ce qui a été décidé, s'en tiennent aux dix Thèses de la Dispute. Pour le sacre-
ment de la Cène, en particulier, il faut se servir de l'ancienne Liturgie et
du Catéchisme qui étaient autrefois employés ici. Mais il est défendu d'in-
troduire et de mentionner des cérémonies et des usages ecclésiastiques
inusités chez nous. Il faut que le royaume de Christ soit prêché yav des
cœurs unanimes. Quiconque agira ou prêchera... contrairement à cette or-
donnance, mes Seigneurs le congédieront... » (Trad. de l'ail.)
Procès-verbal du vendredi 4 août : « La réponse donnée hier aux prédi-
cants a été approuvée et confirmée par le Conseil et les Bourgeois. Elle
aura sa place dans le livre des décisions (Spruchbuch) et sera datée d'au-
jourd'hui. »
** Dans la copie contemporaine : ainsi que d'icelle.
'*■" Si l'on traduit dans le français de l'époque la première rédaction
de cette pièce, on trouve ici deux variantes, supprimées dans la rédaction
définitive : « aussi user la dite Confession et le d. Catéchisme. Toutefoys,
à cause que dans la Confession et au dit Catéchisme, etc. » — Cela nous
autorise à croire que IVEVL de Berne se décidèrent, le 3 août, à déclarer,
plus nettement que jadis, leur adhésion à la doctrine de Zuingli sur la
sainte Cène, et que c'est pour cela qu'ils firent supprimer ici les mots
autorisant l'usage de la Confession de Bâle.
Lorsque Pierre Kuntz et ses trois collègues prirent connaissance du
mandement écrit, ils constatèrent avec inquiétude que le texte n'en était
pas conforme à la communication orale que l'Avoyer leur avait faite, le
2 août (n. 10, second alinéa). Ils se présentèrent donc, le 14, devant le Petit
Conseil, et ils demandèrent pourquoi on leur interdisait de porter en
chaire les formules de la Confession de Bâle? pourquoi ils recevaient
l'ordre de reprendre en main l'ancien Catéchisme de Megander?. — Le
Manuel indique en ces termes la réponse du Conseil :
1542 LES CONSKILS I)K HERNK AIX PASTEURS DU PAYS ROMAND. 101
clernièrcmoiit imprimé ot publié ' ', sont aulcuns motz obscurs,
non usités, no pai* cv-dovnnt (Mi l'église icy fréquentés, singuliè-
rement touscliant Taffaire du Sacrement '^ — Voulons, (piand
les dits prédicantz presclieront et enseigneront en cest endroict,
que iceulx motz interi)rètent et déclairent selon le contenu de
nostre Dispute et du livre lequel Ton lict (]uand Ton célèbre la
Cène de Nostre Seigneur '^ Et [que] iceluy article, concernant
les motz obscurs au dict catécisme, redressent, corrigent et cou-
chent au contenu susdit, à s(;avoir de nostre Disputation et livre
prémentionés. Pareillement, les dits jn-édicants \\\v devront]
introduisre aulcunes nouvelles doctrines, cérémonies, ny aulcuns
aultres cas d'église par cy-devant non accoustumés ^°, contraires
aux dix conclusions de nostre dite Disputation, ne d'iceulx faire
aulcune mention, ains par ensemble prescher et annuncer con-
eordablement le Royaulme de Christ. Car cpJny qui fera en sorte
que se soit ou preschera contre iceste nostre ordonnance, sera dé-
mis du ministère et à luy donné congiez. Et i)ar ainsi toute haine
« Mes Seigneurs n'entendent pas supprimei" la Confession, ni l'inter-
dire; mais ils veulent qu'on n'use pas ici de la même forme, quant aux
sacrements, et que, pour le sacrement [de la Cène], les ministres prêchent
suivant les Thèses de la Dispute et comme porte la Liturgie. » — Le
procès-verbal ajoute : « Us n'ont pas voulu y consentir. » — « On a décidé
de les prier encore une fois de se contenter de l'ex])lication. S'ils refusent,
le Conseil des Bourgeois décidera si l'on veut les laisser partir, à savoir,
les étrangers, hors de la ville et du pays. » — <^ Malgré une vigoureuse
admonestation, ils ont refusé tout net. Le Conseil des Bourgeois sera con-
voqué demain. » (Trad. de l'ail.) Voyez la note 2\.
'^ Il s'agit ici de l'édition du Catéchisme de Gaspard Megander, corrigé
par Bucer. Elle parut en janvier 1538 (IV, 343, n. 16). — Voyez aussi
H. VuiUeumier. Notice hist. sur les Catéchismes qui ont été en usage
dans l'Église du Pays de Vaud depuis les temps de la Réformation. Lau-
sanne, 1888. — La brochure du même auteur intitulée : A pro])08 du
catéchisme français de Berne de 1551. Lausanne, 1892.
** Ces mots « obscurs, non usités » à Berne, étaient jjrécisément ceux
que Bucer avait introduits dans le catéchisme de Megander (u. 17).
^^ Le livre qu'on appelait Agend Buchlin (Liturgie). Voyez, sur la
Liturgie de l'Église de Berne, le t. IV, j.. 190-191, n. 12, 14: V, 219,
n. 19 ; M, 79, n. 3 ; 466.
*" Berne ne voulait pas entendre ])arliT de la Cène distribuée à domicile
aux malades, ni de la discipline ecclésiastique, dont Viret, à l'exemple de
Calvin, réclamait l'établissement (IV, 368; VI, 183 ; N" 1144, renv. de n. 3,
4; la lettre de Calvin du 11 sejjtenibrc, tin du § 2).
i02 BERNE AUX DOYENS DES CLASSES DU PAYS ROMAND. 1542
et malvoillance estre morte et abolie, et nulle partye à Faultre
ouvertement ou secrètement faire reprouches, soubz griefve pu-
nition.
Et affin que cestuy affaire ne soit mis en oul)ly, ains ^' ferme-
ment observé, bavons dresser deux lettres dessoub nostre séelz
et à une chaiscune partie donné une. Et davantage avons évoc-
quez devant noz [1. nous] les doyens, cbammériers ^^ et aultres
de noz pays anciens et nouveaulx, et à iceulx ceste nostre réso-
lution preslire et faict remonstrer ", et dire, estre nostre finale
intention et vouloir, eulx et tous ministres de la Parolle de Dieu
cy-après icestes observer et fermc^nent suyvre sans contredic-
tions quelconques ^\ Faictz et conclud le quinsiesme ^^ d'Aoust,
Anno 1542".
1448
LE CONSEIL DE BERNE aux dovens des Classes
du Pays romand.
De Berne, 16 août 1842.
Inédite. Minute originale. Arch. de Berne.
L'Advoyer et Conseil de Berne, nostre salutation devant
mise.
Pourvéable, sçavant. très chier et féal! Comme ainsi soit que
de recbiefz certains différens soient estes entre noz prédicants
2' C'est-à-dire, 7nais. — Note marginale de la copie : « Vide non legen-
dum sit avons. »
" A la marge on lit : « Chambriés potiùs. » Nous n'avons pas rencon-
tré, dans les autres lettres adressées aux pasteurs romands, le mot cham-
briers (en allemand Kdmmerer). Nous supposons que « les chambriers »
avaient, dans les Classes allemandes, à peu près les mêmes fonctions que
les jurés des Classes romandes.
2» Voyez la lettre du IG août, note 1 et le N" 1152. Déjà le 12 du mois, le
Conseil avait décidé de convoquer à Berne « les doyens ivelches. ->
*" Le texte allemand a de plus : sous la peine prémentionnée (by obge-
meldter stralï).
Pierre Kuntz et ses amis ne résistèrent pas longtemps aux instances de
MM. de Berne. On lit, à la fin du procès-verbal du 15 août : « Décidé de
1542 JEAN CALVIN A l'IKRHE VIRET, A LAUSANNE. 103
et ministres do la j)aroii(' dv Dieu, priiicipallciueiit touchant le
sacrement de la Saincte Cène de nostre Seigneur Jésuchi'ist, —
de quoy avons finale conclusion sur ce faicte ', — et estimans
estre neccessaire icelle vous déclairer et mettre en avant, i)Our
selon icelle vous sçavoir conduire, Est nostre vouloir (jne vous,
Dimenche xxvn jour de ce moys d'Aoust, au soii-, icy compa-
roissés, ])Our Lundy après, à heure de Conseil, entendre nostre
vouloir. Datuni xvi augusti 1542.
Paverne. Yverdon. Lausanne. Morge. G(>x. Thonon -.
1U9
JEAN CAL^ax à Pierre Viret, à Lausanne.
De Genève, 19 août (1542).
Copie. Bibl. PubL de Genève. VoL nMlL Calvini Ei)p.
et Resp. L575, p. 373. Calv. 0pp. XI, 427.
Jam pridem ad te scripturus eram, nisi quôd sciebani literas
meas nihilo citiùs ad te venturas esse, quàm si in reditum usque
leur accorder une copie de l'ordonnance et de les engager à s'y soumettre,
et à prendre en considération le bien et la prospérité de l'Église, du gou-
vernement et aussi de leur patrie. S'ils acceptent l'ordonnance et veulent
faire de leur mieux, mes Seigneurs, en retour, se conduiront avec eux
comme de bons pères... » — Et, le 16 août, au matin, les récalcitrants de
la veille promettaient au Conseil d'observer fidèlement l'ordonnance (Ma-
nuel du 15 et du 16. Trad. de l'allemand).
« Voyez la note i du N" 1148.
** Le manuscrit porte cette note de Christophe Fabri : <• Du différent
touchant la Cène entre les Ministres de Berne. 1542. »
^ La « conclusion » ou décision communiquée aux doyens des Classes
romandes est évidemment celle du 15 août (X" 1147). Rucliat, Ilundesha-
geii et les éditeurs des Calvini Opéra {XI, 444, note 4) se sont trompés en
disant qu'elle était du 22. Ils ont été induits en erreur par le mandement
destiné aux Classes allemandes, qui est, en effet, daté du 22 août.
La différence des dates s'explique. On ne pouvait pas a])i)eler à Berne
pour un même jour tous les doyens du territoire bernois, attendu que le
gouvernement devait tenir comj)te des raj)]iorts qu'ils avaient à jjrésentor
sur la grande affaire du moment. Ils furent donc convoqués successive-
104 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. ib\f
tuum dififerrem '. Nunc quia ex temi)oris supputatione rediisse
te conjicio, accipe qiiœ in montcm iuuk' veniunt. Simul atquo
abiisti, mira certamina inter Sehastianmn et ejus sororios ^ exti-
terunt, quœ me exercuerunt diu et ssepe, dum volo amico arhi-
trio ea componere. Has autem partes ideo suscipiebam, ne ad
contentionem adhuc descenderent, cujus runior cum infamia
scholœ longiùs manaret. Neque tamen id consequi potui magno
studio ac diligentia, quin alius aliuni traducerot, atque ita pas-
sim fièrent niultoi'um fabula. Ubi conimunis controversia de
solutione dotalis pecuniœ^ sedata fuit, ecce novae lites inter 1%-
bastianum et Petrimi \ partim de administratione rei familiaris,
ment : ceux des Cliapitres de Berne, de Nidau, de Buren, de Thoune et
de Berthoud, le 9 août, pour comparaître le 14; le 9 aussi, ceux de Thun-
stetten, d'Aarau et de Brugg furent convoqués pour le 21. Et, ce jour-là,
le Conseil de Berne décida qu'on leur donnerait communication par écrit
de l'arrêté (Eattschlag) du 15 août. C'est pourquoi la copie allemande du
susdit arrêté porte la date du 22, jour où elle fut expédiée.
Le texte allemand qu'on trouve dans le Registre intitulé : Spruchbuch,
LL, porte, à la fin (p. 283) cette date : « Fait le 3 augusti. v. Elle a été
biifée et remplacée par celle-ci : « Conclu, 15 augusti 1542. » On lit au-
dessous : « Confirmé 22. augusti 1542 in Senatu. » (Communication obli-
geante de M. H. Tûrler, archiviste d'État, qui a bien voulu copier pour
nous plusieurs paragraphes du Manuel de Berne.)
' Ces noms de lieux indiquaient au copiste de la Chancellerie bernoise,
qu'il fallait écrire aux doyens des Classes de Payerne, d'Yverdon, etc. La
minute porte, en tête : « Decanis in weltschen Land, » c'est-à-dire : Aux
doyens dans le Pays romand.
1 Viret étant parti pour Berne le 9 août (X° 1144) et ayant dû faire
un grand détour par Neuchâtel, il ne pouvait guère rentrer à Lausanne
avant le 18 ou le 19.
* Les beaux-frères de Sébastien Châteillon, dont l'un était Pierre Mu-
sard ou Mussard (note 4).
^ Il s'agissait probal)lement de la dot d'une sœur de Châteillon.
* Le nom de famille de ce personnage nous a été révélé par les passages
suivants du Registre du Conseil : « Jeudi 9 Mars 1542. » Maystre Esfienne
Boph et Fierre Musard, bachelliers des escholes. » — « Lundi 17 Aprilis
1542. La seur de maystre Bastian [Châteillon] régent de nous escholes.
Icy a esté proposé comment illyaz esté contraycté mariage entre maystre
Pierre [Mimird] bachellier des dites escholes et la seur de maystre Bas-
tion. Lesqueulx bout délibéré de ce fère epposer en la congrégation des
fidelles. ïouteffoys, pour ce que il sont tous deux estrangiers, l'on fayssoit
quelque scropule de signe[r] les annonces. Résoluz que cella soyt mys aut
consistoyre. »
15i2 JEAN CALVIN A PIERRE VIREX. A LAUSANNE. 105
])artim de habitationo. Nihil uiKiuaiu vidi tani im|)li('ituiii. I^st-
quam multùm inter se jui'fîati siiiit, tacta est qualiscuiique trans-
actio : sed qiia^ mox novam coiitroversiani pejiei'it. Ita<iue sic
exulcerati fuerunt liiiic inde aiiiiiii^ ut vix solidani amicitiaiu
imqiiam inter eos fore spei-eni, (jualis inter tVatres esse débet.
Nunc quidem quievenint turl)a' ilhç, sed vereor ne levi occasione
subito rursum excitentur^ Ac jam conquestus est apud me
Sebasfianus, sibi non sutticere sua stipendia'' : (pue tanien ut
augeantur vix ini])eti'ai'i à nostris poterit. Ego cei-tè i)enitùs
despero, ut tentare nullo modo ausim. Ecce til)i ,sr//o/,r nostrse
statum, ne nol)is invideas.
Eursum Nicolans Jussiacus '' novam molestiam nobis ante
paucos dies peperit, sua superbia. Cum enini nescio queni com-
mendasset, cui putabat injuriam fieri, cum ojjtimo jure in car-
cerem conjiceretur : quia non acquiescebant ejus jjostulato Asses-
sores, in eos acerba oratione invectus est. Kes delata ad Senatum,
qui Iretus banc occasionem ejus expellendi arrijjuit. Nos inter-
cessimus : non in hominis gratiam, qui non multis abhinc diebus
mihi nimiùm deferri conquerebatur : sed ne i)erversum exem-
phim in ecciesia. ederetur tam facili vel praecipiti potiùs ministri
ejectione. Nunc amj)liîis inquirunt : deinde, nobis adhi])iti5i,
pronuntiabunt. Si video esse satis justam causam, cur abdicetur,
non ulteriîis pugnabo. Mirum quàm fortiter pbilosophetur iiTew-
ricus noster^ de asserendo ministerii bonore : (|uia scilicet tam
prseclarum hujus constantiœ exemplum nobis edidit. Quod ego
minime tacui. Et tamen satisfeci meo officio, testatus palàm co-
ram omnil)us, me non respicere quid mibi factum sit, sed quid
fieri debeat.
CoUegx nostri tolerabiliter pergunt in concioni])us : verùm in
* On comprend que ces querelles entre Châteillon, princijial du Collège,
et son subordonné P. Musmrd devaient nuire à la discipline et à la re-
nommée de cet établissement.
Les trois phrases qui suivent exdfentur jusqu'à Ecce lihi ont ('té suj)-
primées par Bèze.
* Le traitement annuel de Sébastien Châteillon, comme princi])al, était
de 450 florins; mais il devait payer ses deux sous-maitres ou liacbeliers.
^ Nicolas Wandart, pasteur à Jussy, successeur d'Henri de la Mare,
fut déposé le 27 novembre 1542.
* Henri de la Mure, l'un des pasteurs qui avaient pris la jjlace de Cal-
vin, de P'arel et de Corauid, exilés de Genève le 23 avril 15H8.
106 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1342
duobiis timoo nomiiliil xsvs'Js^j'stv. Qiiis lioriim alter sit ', intel-
ligis : quaiiqiiam cortè opiiiioiie nostra moderatiorem se prsebet.
Petrits^" aiitem aliqua signa jam dodit, qiiœ milii displicent :
siquidem verum est qiiod milii retiilit Genistonius. Quoniam
iiondum satis id com])ei-tiim liabemiis, decrevi pro])iùs jam ob-
servare. Si in eo falsi fuerimus, ubinam erit fides? Ludovicus^\
quod semper verebar, i)lus levitatis et incontinentiœ habet in
verbis et actione, quàni ministerium nostrum deceat. Sed teiii-
pore, ut spei'o, vitiuni hoc corrigetur : modo non desint reliqua
magis necessaria.
Quia Neocomo transisti cum Bernatn ires, non dul)ito quin
tibi ad plénum exposuerint fratres de Far elli prof ectioue '^ quod
tibi ex ejus literis indicare possum. Proinde supersedeo : literas
taraen ipsas '' mitto, ne quid desideres. Frumentus nnjjer Liig-
duno rediit^'*. Refert Régi nom Navarrœ meliore itunc esse
animo, quàm unquam fuerit. Yeriim refert ex ejus verhis. Xam
cum ea familiariter est colJoquutus^''. Tametsi non omnibus
etiam nuntii verbis fidem temere habendam nosti. Sic enim hac
gloria inebriatus est, quôd in colloquium Regina^ admissus sit,
ut particulam sani cerebri qute illi restabat, mihi videatur pror-
sîis amisisse'^ Nam pra^ter cœteras ineptias, cum diceret Regi-
^ Il veut parler d'Atné Champereau.
'""" Pierre Blanchet et Louis Treppereau.
^* Sous-entendu Jletim. De ce passage on peut conclure que Guillaume
Farel était parti pour Metz avant l'arrivée de Viret à Neuchûtel, c'est-à-
dire avant le 10 août (Voy. n. 1).
'* Lettre perdue.
14-15 François I, qui était le 29 juillet et encore le 2 août à Argilly,
près de Beaune, et le S à Trévoux, fit son entrée le 9 à Lyon. Sa sœur
Marguerite, reine de Navarre, l'accompagnait. Ce voyage de la cour dut
intéresser vivement Marie d'Entière, feiume à^ Antoine Froment, laquelle
avait entretenu jadis des relations d'amitié avec la reine de Navarre, et
lui avait même dédié son Epistre très utile (V, 295). Cette femme ambi-
tieuse et intrigante engagea sans doute son mari à se rendre à Lyon, afin
de présenter leurs hommages à la sœur du Roi.
*" Tout fier du bon accueil de la reine Marguerite, Froment, aussitôt
après son retour de Lyon, présenta le If) août au Conseil de Genève une
requête que le jirncès-verbal mentionne en ces termes : « Maystre Anfhoine
Froment, ])rédicant... a prier luy relàcbe[r] envyron quinze cens Espistres
addressantes à la Eoienne de Naverre, que sont imprimées, lesquelles luy
furent saysie et mys en la mayson de la ville. Sur quoy résoluz que cella
1542 JEA.N CALVIN A l'IEUHE VIUET, A LALSAiNNE. 107
■/lam meas liferas desiderare'^' , mihi rolehat dictare argument nm :
et quasi parhm hu/oiio meo fideret, rotahat ne quid mitferem,
fiisi antè à se lectum ac recognitum. Runiorcin iii tota iirlic dis-
sipavit, minimum al)fuiss(', (juin corqrm Bege coiicionatus fiun-it.
Mille suiit ejus generis. Ne tamoii ijutes ipsiim omnia iiiPiitiri,
part cm oorum qiia^ narrât, habet vel a Befjina, vel al) ejus mi-
nistris. Sed artifices aulici ciim vidèrent hominem credulum,
ejus facilitate abusi sunt in suum commodum, ut ha>c fania in
Germaniam perveniret, quœ reconciliaret piorum animos Régi,
quos sciunt nunc veliementer aliénâtes esse '^ Inter alla persua-
soyt visité par luaystro Calrin. » Ces Epitres avaiont été coiilisquées au
mois de mai 1539 (Voyez le t. Y, p. 302-303).
^'' En 1541, Calvin avait déjà écrit à la reine de Navarre (\TI, 198).
Cette princesse ne se faisait aucun scrupule de correspondre avec Bucer
et Mélanchthon et de réclamer les prières des éorlises protestantes (VII,
184, 392. Voyez aussi les X"' 171, 175, 179, 463, 472, 530, 721).
^* Les actes de rigueur contre » les Luthériens » avaient redoublé en
France depuis deux mois. Le 16 juin 1542, le parlement de Toulouse
aggrava les peines de cinq prisonniers condamnés aux galères : trois d'entre
eux furent fouettés et eurent la langue percée. Il condamna les deux autres
à être brûlés, après qu'ils auraient eu la langue coupée, — « attendu que
depuis la première sentence, ils ont jiroféré des blasphèmes contre le cru-
cifix, la sainte Vierge et la Justice » (Drion, o. c. I, 29). Nouveaux sup-
])lices à Paris en juin et juillet (X° 1132). A Houen, martyre de Constan-
tin et de trois autres « hérétiques » (Bèze. Hist. eccl. I, 29).
La Guyenne, où la doctrine évangélique avait beaucoup de sectateurs
(V, 100). ne pouvait ]ias édiapper à la persécution. Nous avons omis de
mentionner le supplice, en 1541, de deux artisans, Jean Joyau et. Pierre
J^aguet, qui furent brûlés vifs, le 26 juillet. Le 28 juin 1542, François 1
ordonne au parlement de Bordeaux d'instituer une commission composée
des trois présidents et de neuf conseillers, pour faire le procès des Luthé-
riens dans les villes du Bourdelois. Aussitôt un grand nombre de suspects
sont arrêtés. Il suffit d'un propos qui semble critiquer la doctrine catho-
lique, pour être « décrété d'accusation. » Quelques membres du clergé sont
compromis, même Guillaume Loyer, l'un des conseillers de la chambre cri-
minelle instituée par l'édit royal du 28 juin. Il est dégradé et brûlé vif le
4 août 1542. Trois ])ersonnes de Ste-Foy : François La Johannie, Giron
Cartier et Jehanne, sa sœur, sont condamnés j)ar c(iiituiii;(ce au même sup-
plice ; Giron, à être brûlé « à petit feu. »
Aymon de la Voye, natif de Noyon, instituteur à Villeneuve d"Agen,
était prisonnier depuis neuf mois à Bordeaux, lorsqu'il subit, le 21 août
1542, la question extraordinaire, sans dénoncer aucun de ses frères. Il ])érit
sur le bûcher, le 26 août (Voyez Cres])in. édition de Toulouse, 1885-1889,
108 JEA.N CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1542
seruiit, Cancellarinm non alla niagis de causa toneri in car-
cere '*, quàm quôd injiissu Begis edidum illud de lihris promul-
gandum curaverit^", piosque exuri jusserit^'. Quid plura? non
modo omnia credidit : sed sibi ipse plura conlinxit, quàm audie-
rat.
Rex Gallise exercitum trajicit in Hispaniam ^^ cui aiunt
Turcani altéra ex parte imminere ^^ Dîix Aiireliensis^^ nihil
adliuc egit memorabile, nisi quôd oppida duo exussit ^\ Quan-
quam illud vêtus est. Fortassis ah eo tempore multa contigerunt.
Scis quid responsi dederint Bernâtes legatis Basiliensium ^^
Nostri nunc sunt in ea consultatione. Nostris nunc nodus est
t. I, p. 349. — Bèze, o. c. I, 27, 28. — Ernest Gaullieur. Le Collège de
Guyenne, p. 160-162. La Réforme en Guyenne, I, 57-67).
Enfin, par lettres-patentes datées de Lyon (?) (29 et 30 août 1542), le Roi
ordonnait aux parlements de Toulouse et de Paris, de rechercher, de punir
les Luthériens, et d'enjoindre « très expressément de par lui aux arche-
vesques, évesques, abhez et autres prélats... de leur ressort, que de leur part
ils ayent... à faire le semblable » (Bulletin cité, 1852, p. 360 ; 1885, p. 19.
— Drion, I, 30. — N. Weiss, o. c. xxv, xxvi).
'^ Le chancelier Guillaume Poyet (YI, 104, n. 125) avait été arrêté le
1" ou le 2 août précédent à Argilly et conduit à la Bastille (Voyez les Mém.
de Martin du Bellay, éd. Lambert. Paris, 1753, t. Y, p. 133. — Sleidan, H,
281. — L'Estat de l'Eglise, avec la suite des temps... (par Jean de Hainaut,
ministre de Sacconex-le-Grand), 2™' éd., Genève, 1580 ou 81, p. 475. —
H. Martin, o. c. \TII, 269).
'" Allusion à l'arrêt du parlement de Paris du 1" juillet contre les livres
contenant des doctrines nouvelles et hérétiques. Ce même arrêt défendait
aux libraires d'imprimer ou de vendre des livres condamnés ou suspects, et
spécialement V Institution chrétienne de Calvin (Yoy. d'Argentré. Collectio
judiciorum, II, 133, 134. — Sleidan, H, 273).
*' Les courtisans avaient recouru à l'excuse mensongère dont le Roi
s'était servi, en octobre 1540, pour tromper les princes allemands (YL, 228,
fin de la n. 6).
*^ L'armée de quarante mille hommes envoyée contre l'Espagne était
commandée par le Dauphin : il avait pour conseiller le maréchal d'Anne-
baut (H. Martin, Yltl, 286-87).
^' Ce fut seulement en 1543 que la flotte turque, commandée par Barbe-
rousse, put joindre la flotte française, pour attaquer, de concert avec elle,
l'Italie impériale (Sleidan, 272, 273. — Martin, 1. c).
J4-25 Charles, duc d'Orléans, avait pris (juin-août) toutes les villes du
duché de Lux(Mnbourg, exce])té Thionville. Damvilliers seul fut brûlé et
Yirton, rasé (M. du Bellay, o. c, t. V, p. 102-107. — Guiff"rey, o. c, p. 389).
2« Voyez le N" 1144, not<' 6. Les arbitres bâlois n'ayant pas réussi dans
1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 109
difficilis ad soIvcikIuih : oociiie iiiagis, quôd otiam si hiiic omiiia
fuerint concessa, aiii])igiiain spcin adhuc altéra pars tacit. Evici
tamen apud Spiiatuni ininorom -'. Precaro Domiiium, ut ad fœli-
cem exitum res i)('r(liRatiir. Est eiiiiri poriculum, ne ciiin in con-
cionem -* ventuni fu(>rit, omnia conturbent i)auci illi, quos nosti
esse veteres et exercitatos tJ/j^uayo^/îù; ". Sed Doniinus, si)ero,
gubernabit, modo nos diligenter eum preeemur. Vale, optinie et
mihi charissime frater. Saliita fratres omnes, materteram tuam
quoqiie ac uxorem ^° : ciii niea gratias agit de tani arnica et sancta
consolatione. Rescribere enim non !)Otest, nisi per amanuensem.
Et in dictando non parùni esset inipedita. Domitms certè nohis
vulmis inflixit gi-ave et acerhim in morte filioli. Sed pater est :
novit qiiid filiis suis expédiât. Vale iterum, Dominus tibi adsit.
Utinam liceret istuc usque accurrere. Libenter tecum diniidiuni
diem confabularer. Genevae, 19. Augusti (1542) ^'.
JOANNES CaLVINLS tUUS.
4150
JEAN CAL\TN à r^ierre Viret. à Lausanne.
De Genève, 23 août 1542.
Autogr, Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 106. Calvini Epp. et
Resp. 1575, p. 39. Calv. 0pp. XI, 431.
Utinam mihi jam redditte essent tuœ literie, quas in itinere
esse non dubito '. Nani etsi nihil lœti in illis expecto, tamen hoc
une nouvelle démarche auprès des Bernois, ils en prévinrent MM. de Genève
par une lettre que ceux-ci reçurent le 16 août, et qui leur recommandait
certaines concessions (Voyez A. Roget, o. c. II, 92-94).
^^ Sous l'influence de Calvhi, le Petit Conseil venait de décider qu'on
ferait de nouveaux efforts pour engager le peuple de Genève à suivre l'avis
des Bâlois.
Ï8-29 Lpg craintes de Calvin se réalisèrent, lorsque le Conseil des Deux-
Cents eut à examiner, le 27 septembre, les propositions du Petit Conseil.
'" La tante maternelle de Viret, et sa femme, Elisabeth Turtaz.
'' Le millésime est fixé par le contenu de la lettre.
^ Viret, accompagné de son collègue Jean Holard, était arrivé à Berne
HO JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1S42
ipsiim nonnihil mo jiivaret aliquid certi cognoscere de statu
ecclesiœ Bernensis l Nunc scribere cogor de re mihi incognita,
nec tamen inihi teniperare qiieo quin scribam. Audio evocatos
fuisse Bernam classium omnium decmios ^ ut uudiant quidnam
de cœna Domini statiierit senatus. Nibil dicturiis sum quod tu
non jam satis superque meditatum ajjud te habeas. Magnitudo
tamcn ipsa causse tacere me ac quiescere non patitur. Duo hîc
spectanda esse vides : statum ipsum quaestionis et rationein
agendi, quœ partim ex circumstantiis i)endet. De causa non opus
est te monei'c, ut cuni decano vestro '' diligenter conféras. Hoc
tamen velim til)i curœ sit ajjud eum efficere, ut apud quoscun-
que loquatur, non dubitet hoc testatum relinquere : non modo
jigurari in Cœna communionem quam hahemus cum Christo,
sed etiam exMheri, neque verha illic nohis dari a Domino, sed
veritatem ac rem constare cum verhis '\ Hanc porrd communio-
nem non imaginariam esse, sed qua in umim corpus unamque
substantiam cum capite nostro coalescanms. Excludat intérim
libéra voce omnia absurda, excipiat, caveat. Modo in illo capite
tam necessario nihil extenuet. Neque enim amlnguis aut obscuris
verbis iinplicare licet quod summam lucem ac perspicuitateni
requirit.
In ratione agendi hoc expendere oportet, qucde exemplum edi-
turi sint fratres, si doctrinal judicem haheant senatum, ut quid-
quid sanxerit, amplectendum protinus sit atque hahendum xwo
oracnlo. Quale ac quantum sit hoc pra^judicium ad posteros.
le 12 ou le 13 du mois d'aoïit. Il s'était sans doute entretenu avec les pas-
teurs, et nous apprenons par une lettre de Sultzer (N" 1162, renv. de n. 10)
qu'il avait assisté à la dernière journée de la crise ecclésiastique. Il était
donc en mesure de dépeindre l'état des esprits à Berne. Malheureusement,
la lettre qu'il doit avoir écrite à Calvin après son retour à Lausanne, n'a
pas été conservée.
* Bèze a biffé légèrement le mot Bernensif et l'a remplacé, dans l'im-
primé, par vestrœ. Toutes les modifications de ce genre qu'il a fait subir à
l'original, s'expliquent par le désir de ménager les Bernois. Ainsi, plus bas,
au lieu de Bernam, il a mis in urbem, et substitué Princeps à Senatus.
* Voyez le X" 1148.
■* Texte de Bèze : uf cum X. diliyenier, etc. Le doyen de la Classe de
Lausanne était François Martoret, pasteur à Vevey.
' A comparer avec la remarquable préface où Calvin exposait, en 1539,
ses idées sur la sainte Cène (\T^, 132-137).
1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. III
Certè si itaïKitimur nohisjiigum inqjoni, prodimus nostra dissi-
nmlatione sacrum ministerium, neque Ikiuc pcrfidiam rel coram
Deo vel coram hominihas exciisare poterimus. Verùin minime
necesse erit in hanc contentionem déscendero, qiiando mod(^sto
civilique responso declinare hune scopulnni fratros i)otoriint, si
dicent majorem esse causam qnàm ut inconsultis suis collegis
aliquid recii)iant ^ Habebunt autem specinsos et favorabiles
prtetextus, quil)us senatni ' satisfaciant. lllud quocjue praetere-
undum non est, ut ubi bonam causam esse viderint, il lue seri6
se a])plicent, ne dum medii esse volunt, deserant veritatis de-
fensionem. Non intelligo ut se adjungant ad vitia, vel si ambte
partes peccent, se implicent alterius societate. Hoe tantùm volo,
ut rectae sanseque sententiae palàm nec dissimulante!' adhtereant.
Postremô decano vesiro ^ expone quid de bominil)us ipsis sentias
et quid in illis deprelienderis ^ : ut sciât quil)us fidem habere ac
dare debeat. Sed ineptus sum, qui tam anxiè te instruo : quasi
lion satis sit uno verbo signum dare. Finem igitur faciam '".
Qui meas literas tibi reddit, visus est niilii i)ius ac integer.
Convenit hic cum phaj'macopola quodam Viennensi, qui istic
agit, de diseenda ejus arte. Interfui pactioni, quia erant hîe qui
pharmacopolam dicerent esse honestum ac probum viruin. Si
talis non erit, locus est adhuc pœnitentitie, ut juvenis hic à con-
traetu diseedat. Yelim igitur ut consilio tuo illum regas, com-
mendatumque hal)eas. Neque enim suraptu te gravabit, aut mo-
lestus erit aliqua imi)ortunitate.
Vale, optime ac suavissime frater. Dominus Jésus te spiritu
suo semper regat ac contirmet magis magisque. Saluta mihi
omnes fratres, uxorem, materteram ". Genevœ 23. Aug. 1542.
JOANNES CaLVINUS tUUS.
(Inscriptio :) Optimo atque mihi chariss. fratri Petro Vireto,
Lausannensis ecclesise pastori tideliss.
•' C'est pour cela que Calvin blâme si vivement Zéhédée (N" 1156, renv.
de n. 5) de sa précipitation à accepter la furmule (ou Confession) de Pierre
Kuniz. Zébédée pouvait la signer en son nom personnel; mais, comme doyen,
il aurait dû préalablement consulter les pasteurs de la Classe d'Yverdon.
^ •' 8 Texte de Bèze : illi. — fratri nostro.
^ Il s'agit ici de ceux des ministres de la Classe de Lausanne qui étaient
mieux connus de Viret que du doyen Martoret.
^° Le paragraphe qui suit a été supprimé par Bèze.
" Bèze a omis ces deux derniers mots, ainsi que la suscription.
412 EYNARD PICHON À RODOLPHE GUALTHER, A ZURICH. 1542
1151
EYNARD PICHON ^ à RodolpIiG Gualllier, à Zurich.
De Neuchâlel, 27 août 1542.
Inédite. Autogr. Bibl. de Zurich. Copie communiquée
par M. le pasteur Aug. Bernus.
Quantô milîi fuit optatius, ut primùm abs te ipso, deinde à
ceteris omnibus, quàm gratissimus erga te esse cognoscerer,
tantô afficior summo dolore, ejusmodi tempora post meam ])ro-
fectionem ^ consecuta esse, ut de me secùs existimandi nonnihil
loci dederim. Te enim mandasse ludimagistro Bielensi ^ ut an-
notationes tuas repeteret, ex aliquihus intellexi. Qiibd seriùs red-
ditse fuerunt, in causa hœc sunt. Cum Neocomum venissem *, et
peregrinationem meam absolutam esse putarem, me mea expec-
tatione frustratum esse video : nam continué alib'^ eunduni
fuit. Ea absoluta, quum putarem mihi tandem aliquando quies-
cendum, literae à matre ^ afferuntur, quibus me ad se vocavit :
consilium fratrum fuit, auditis causis, ut eô concederem. Illico
' Voyez, dans les Indices des t. V, VI, MI, les passages relatifs à JEynard
JPichon.
* Allusion à son voyage à Zurich eu octobre ou novembre 1541 (MI,
252, n. 9 ; 260, n. 1 ; 274, n. 1 ; 295, n. 1, 2).
* Jean BhelUcanus a déjà figuré dans les tomes précédents. Après avoir
étudié à Cracovie et à Witfemberg, il dirigea l'École de Berne, puis celle
du Fraumûnster à Zurich. Il fut appelé à Bienne comme pasteur en 1541.
La vie de ce savant modeste a été racontée par L. Meissner (Beriihmte
Zuricher, I, 114-115), et F. G. Freytag (Adparatus litterarius. Lipsia^, 1755,
ni, 429-434) donne sur ses ouvrages de nombreux renseignements. BhelU-
canus avait achevé en avril 1540 un livre très curieux et très intéressant,
intitulé : « Notœ sive Prœlectiones Bernenses in Cœsarem, » imprimé à
Bâle en 1543, iu-8". C'était une entreprise hardie, et qui n'avait été tentée
par personne, sauf par Glareanus (1538,1540). Aide Manuce (1547-1597)
a souvent copié textuellement Bhellieanus, sans le nommer.
*-^ Arrivé à Neuchâtel le 19 ou le 20 novembre 1541, Bichon avait dû
aussitôt repartir ])our Berne (VII, 364, n. 2).
® La mère d'Eynard Pichon vivait daus le Dauphiné.
1542 EYNARD PICHON A RODOLPHE GUALTHER, A ZURICH. 113
me itineri accingo : rémora praeter oi)iiiionem, ad menscs ali-
quot, injicitur Genève \ Redii tandem Neocomum, audio ad vos
de negotio FareîU scripsisse fratres •* : quse res me negligentio-
rem reddidit, iibi viderem mihi ablatâm esse scribendi occasio-
nem. Paulô post, cum aliqiiem qui Bielam profiseiceretur {sic)
interrogarem, num Reliquanum novisset, respondit se novisse,
sed è vita migrasse ^ quod nuntiiim mihi peracerbiim fuit. Sic
occasio mihi ablata fuit, et ea est causa quôd per me de omnibus
rébus certiores facti non estis, et meam erga vos et benevolen-
tiam et fidem perspicere non potuistis. Cui darem perferendas
non habebam, defuncto Reliqnano, quia in eo sum loco ex quo
propter intervallum, pauci ad vos ire soient '^. Quare, quôd non
tam celeriter annotationes hise in Oseam, quàm tu expectabas,
redditse fuerunt, miserere temi)oris, et ignosce timori nostro :
nam ego pertimui, neque injuria, alicui dare quem ad te certô
perferre nescirem : prœsertim cum taie fasciculum esset, ut
eum (sic) non auderem temere committere. Sed ubi certi homi-
nis potestas fuit, cui rectè darem, non prsetermisi.
Hsec paucis significare volui, ut quam sperabam atque opta-
bam, habere te de me oppinionem, conservares. De quo etsi te
non dubitare certô sciebam, tamen quia maximi ex[is]timo ut
incorrupta maneat, laboravi. Quod quando ut volo, mihi per-
suadeo esse, à te maximopere, pro nostra summa conjunctione
tuaque singulari humanitate, etiam atque etiam peto, et quœso
ut si me et fidum et tua amicitia dignum cognovisti, ne me des-
peres : sed qui fuerim, idem perpetuô me esse et futurum cogites.
Ego ut me tibi amicissimum esse omnes intelligant, corrigendo
curabo. Tu vicissim, si me amaveris, de tuis rébus sœpiùs scri-
bendo amorem tuum erga [me] confirmabis. Et valebis.
Neocomi, 6 kalend, septemb. 1542.
Tui amantissimus Enardus Pichonus.
^ Nous ne savons pour quelle raison il fut retenu à Genève. Quelques
mois plus tard, il put visiter sa mère (Voyez la lettre du 28 novembre 1542).
^ Les ministres neuchâtelois écrivirent à ceux de Zurich le 28 février
1542 (Vn, 427-436).
^ Ehellicatms était mort de la peste à Sienne, le V janvier 1542, âgé
de quarante-quatre ans, et non de soixante-quatre, comme le dit Meissner.
'"^ Nous ignorons dans quelle paroisse reculée il était pasteur. En 1553,
on le trouve à Dombresson, dans le Val-de-Ruz.
T. VIII. 8
114 LE CONSEIL DE BERNE A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. lo42
Salutom dices, si placet, prœstantiss. viro et fideliss. miiiistro
D. Heinrico Bullingero et Domino Conrado Gesnero, cum ves-
tris omnium uxoribus.
(Inscriptio :) Pio et doctiss. juveni Rodolpho Gualtliero. Ti-
guri.
1152
LE CONSEIL DE BERNE à Pierre Viret, à Lausanne.
De Berne, 29 août 1542.
Inédite. Minute originale. Arch. de Berne.
L'Advoyer et Conseil de Berne, nostre salutation.
Honorable, très expert, chier et bien aymé! Sur ce que les
doyens par delà, avoir entendue nostre résolution et conclusion
touchant le différent qu'est esté entre nous prédicants icy, à
cause du Sacrament, etc., ont desmandé * leui- communiquer
ung double de nostre Disputation ^ en latin ou en françoy,
^ La lettre du 16 août (N" 11-48) les avait invités à se présenter, le
lundi matin 28, devant le Conseil de Berne. Et cette lettre ne dut pai'venir
à la plupart d'entre eux que le 18 ou le 19. La date du xrx, écrite au bas
de la minute par le chancelier Pierre Giron, au lieu du xxix, est donc
une erreur de plume. Les passages suivants du Manuel de Berne le prou-
veront avec évidence :
« Lundi 28 août. L'écrit et l'ordonnance, etc., ont été lus aux doyens
îoelches, ainsi qu'aux doyens allemands. Ils ont demandé qu'on leur lais-
sât [du temps] pour y penser et répondre. » — « Mardi 29 août. Les
doyens du Pays romand ont accepté l'ordonnance relative au sacrement...
Us la montreront à leurs collègues, et, pour le cas où quelques-uns de
ceux-ci ne promettraient pas de s'y conformer, ils [ont reçu l'ordre de] les
envoyer ici. » — « Aucun prédicant welche ne doit être examiné ici, à
l'avenir, sans qu'il ait « tesmoignaige de vie et doctrine » délivré par les
doyens. » — « Aux doyens 6 écus à partager selon les circonstances de
chacun d'eux. » — « Les prédicants icelches ont demandé à prendre copie,
chez Viret, [des Actes] de la Dispute de Lausanne. Écrire à Viret. »
(Trad. de l'ail.)
^ Les Actes de la Dispute de Berne de 1528 n'avaient été publiés qu'en
allemand.
1542 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A METZ. 115
pour selonn nostre advis se sçavoir régler et conduisre, —
avons considéré que cella icy sans grosses costes ^ ne se peult
faire. Et sur ce [avons] advisé, puis que en la disputation de
Lausanne ^ mesme matière a estée-' débatue conformément à
nostre Disputation, et que vous avés icelles actes rière vous en
escript, est nostre vouloir et commandement que aux dicts
doyens que les demanderons, donnés copie ^ de transcripre et
prendre transumpt ^ de la d. matière, assavoir concernant le
Sacrament. Datum xix [1. xxix ''] augusti, Anno, etc., xlii.
(Suscription :) A honorable, très expert, nostre chier et bien-
aymé Maistre Pierre Viret, ministre de la parolle Nostre
Seigneur, à Lausanne.
1133
JEAN CALVIN à Guillaume Farel, à Metz.
De Genève, 30 août 1542.
Autogr. Bibl. PubL.de Genève. Vol. n° 106. Calv. 0pp. XI, 434.
S. Dominus ubicunque sis, te salvum ac incolumem diu eccle-
siœ suœ conservet, frater mihi charissirae. Si Metim ingressus
es, quod speramus ', ostium istuc evangelio suo aperiat, teque
spiritu sapientiœ, prudentise, moderationis, zeli, fortitudinis
* Frais, dépenses.
* La Dispute de Lausanne (octobre 1536) avait eu lieu en français.
Une copie manuscrite des Actes de cette Dispute existe encore à la Biblio-
thèque de Berne. Ruchat et le Chroniqueur de Louis VuUiemin en donnent
le résumé. Voyez aussi l'opuscule intitulé : La Dispute de Lausanne de
1536, par Charles Subilia. Lausanne, G. Bridel, 1885, 147 pp. 8°.
^ C'est-à-dire, permission, facilité.
® Copie intégrale.
' Voyez la note 1.
^ Farel ayant quitté Neuchâtel avant le 10 août (N" 1149, n. 12), il
semblait qu'il dût être arrivé à Metz vers le 19. Mais aucun témoignage
historique n'y constate sa présence avant le dimanche 3 septembre (N" 1157,
n. 2). H employa, sans doute, quelques jours à concerter ses mesures avec
les pasteurs strasbourgeois et avec les partisans de l'Évangile dans le pays
messin.
116 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A METZ. 1542
impleat, ut omni ex parte ad opus tam difficile et arduum sis
instructus! Video enim quoi ac quàm ])ericidosèe certaminum
species tihi immineant, qiise singidare Dei auxilmm reqiiimnt.
Verùm iieque ipse rudis es aut imperitus, ut vel magnis peri-
culis terrearis : neque virtus Christi, quae mirabiliter semper
tibi adfuit, est imminuta. Nos liîc anxii admodum expectamus,
quem tibi successum dederit. Scis enim hodie maxime regnare
illud stultorum judicium : ut ab eventu facta consiliaque omnia
aestimentur. Interea mirum quas querélas spargat hic passim
Jacohus Morgiensis ^ : te eurrere, cmn ipse vocatus esset ^ : sihi
gravem injuriam factam esse. Te invitis inis omnibus qui istic
sunt, advolasse. Nosti hominis aXaÇoyeiav : quam utinam in tem-
pore cohibuisses. Nunc ita per etatem invaluit, ut sit morbus
incurabilis. Nunquam tamen sic palàm insaniit ut nunc. Quan-
qwam fratres Metenses partim in cidpa sunt, qui ad eum solum
confugerimt, quasi ad sacram anchoram* : cum alios haberent
et notiores et paulô aptiores. Sed istœ nugse nihil te impediant.
Neque verô iis tibi molestus fuissem, nisi quia verebar, ne
aliunde rumor ad te manaret. Itaque malui prseoccupare. Ul3i
primiim certior aliquis nuncius allatus fuerit, copiosiîis de statu
nostro tibi scribam. Vale, optime et integerrime frater. Saluta
mnicos onines^, quibus precor et consilium et animum dari a
Domino, ut virtute spiritus ejus fulti nihil reformident. Iterum
vale. Genevse, peneult.[ima] Aug.[ustij 1542.
JOAN. CaLYINUS tUUS.
(Inscriptio :) Egregio Christi servo G. Farello, fratri mihi
chariss., ubicunque erit ^.
^"* Jacques le Coq, pasteur à Marges. Nous croyons qu'on peut l'identi-
fier avec le Jacohus qui prêchait, quelques mois auparavant, dans l'église
évangélique de Metz (N" 1123, renv. de n. 1).
* L'appel que les Évangéliques messins avaient précédemment adressé à
Jacques le Coq est donc une chose avérée.
' Le nom de Calvin devait être cher à l'église de Metz, pour laquelle il
avait montré tant de sollicitude pendant son ministère à Strasbourg.
* Farel a écrit sur l'adresse : « 30 Aug. 1542. »
1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 117
1154'
JEAN CALVIN à Pierre Viret, à Lausanne.
(De Genève, premiers jours de septembre 1542 '.)
Autogr. Bibl. Piibl. de Genève. Vol. ir 106. Calv. Opp. XI, 433.
S. Adlmc expecto qnicl Bernœ adum sit, quid didum sit deca-
nis, quid 7'esponderint, quid ohtinuerint^. Ubi primùm certus
aliquis nuncius ad nos venerit, sententiam meam pleniùs vobii
exponam. Nunc formulam mitto ex qua poteritis excerpere quod
placuerit, expungere quod displicuerit ^ Quanquam Dominus
fortessis aliquid melius dabit, ut neque corrigere neque sequi
aliquid de meo necesse sit \
Piidet me ac miseret nostrî, Virete, quod in odium vel favo-
rein homimim veritas Dei ohruitur. Hoc ideo dico, quia sic loqui-
tur Gurinus ^ ac si Erasmi ^ causa optima foret, alii nihil nisi
mendacium loquantur. Mihi videre videor, quantum isti rumo-
res praejudicii contra sanam doctrinam afferant. Itaque ut con-
scientise meae satisfaciam, statui non dissimulanter i)rofiteri quid
sentiam. Quid autem excusatione opus est? Neminem in hac
ecdesia'' novi qui mysterium hoc^ vel mediocriter intelligat
Nunc malè me habet, cum in errore non modo foventur, sed
etiam confirmantur, ut fiant prorsùs insanabiles. Hoc iterum
^ Voyez la note 2.
^ A Lausanne, on ne pouvait apprendre que le 30 ou le 31 août ce qui
s'était passé à Berne le lundi 28, jour de la comparution des doyens
(N" 1152, note 1).
^ Cette formule ne s'est pas retrouvée.
* Il y a, au-dessous, une grande place blanche, où Calvin se proposait
peut-être d'écrire la formule dont il annonçait l'envoi.
^ Pierre Gurin (N" 1143, note 6).
® Érasme Bitter, l'adversaire de Simon Sultzer, de Pierre Kuntz et de
Béat Gering (N" 1147, n, 2).
^ L'église de Genève.
* La doctrine de la sainte Cène.
118 C. s. CURIONE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
ideo dico, ut si quid mihi credis, nostris hac in parte non ni-
miiim indulgeas. Unum sentimus. Unum igitur loquamur.
(Inscriptio :) Fideli servo Jesu Christi Petro Vireto, Lausa-
nen. ecclesiœ pastori. Lausanae ^
1155
c. s. cmuoNE ^ à Jean Calvin, à Genève.
De Lausanne, 7 septembre 1542.
Autographe, Bibl. de Gotha. Calv. 0pp. XI, 435.
CcELius Secundus Curio Joanni Calvino S. P. D. per Christum
Jesum.
Cum redditae à te literae essent Vireto, pi-opterea quôd nul-
lam in his de me mentionem faceres, gravioribus te occupatum
rébus esse putavi, quàni ut mei posses meminisse. Quare cum
ut tuse nostrî mémorise, tum pietati erga te mese consulerem,
nuncium idoneum nactus ad te hasce literas statim exaravi.
® La suscription est d'une autre main.
* Celw Secundo Curione, l'un des plus intéressants parmi les huma-
nistes italiens qui embrassèrent la doctrine évangélique, naquit le V mai
1503 dans un bourg du Piémont. L'espace nous manque pour raconter les
événements de sa vie antérieurs à l'année 1542. — Sa jeunesse, qui s'écoula
à Turin, sa conversion opérée par la lecture des ouvrages de Mélanchthon,
de Zwingli et de Luther, les persécutions dont il fut l'objet et sa présence
d'esprit admirable au milieu des dangers, sont retracées avec de très amples
détails dans les ouvrages suivants : Stupani Oratio de C. S. Curione : apud
Schelhorn. Amœnitates litterar., t. XTV. — Teissier. Éloges des hommes
savants, II, 338. — Nicéron, o. c, t. XXI. — Athense Rauricse, p. 284-91.
— Maccree. La Réf. eu Italie. Genève, 1834, passim. — Jules Bonnet.
Récits du seizième siècle, 2""= éd. 1875, p. 241-312. — Merle d'Aubigné,
0. c. IV, 578-95.
Après avoir enseigné les belles-lettres à l'université de Parie, et séjourné
à Venise et à Ferrare, il fut informé à Liicques, au mois de juin 1542,
que le tribunal du St-Offîce venait d'ordonner aux magistrats lucquois de
le saisir et de l'envoyer à Rome. A cette nouvelle, il n'hésita plus à se ré-
fugier en Suisse (Voyez le N" 1146, renv. de n. 4-9).
1542 C. S. CURIONE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 119
Credo te ex Vireti literis inteUexisse, qiiid de rehits nostris octiim
sit : nec quicquam scilicet nisi illud magimin quidem et prœci-
piium est (quod facile credam) nos cunctis ministroriim suffra-
giis esse comprohatos ^
Cœterùm cum i)rœto7- ^ ad quem me habere literas a Berna-
tïbus non ignoras, nondum redierit, quid nobis agondum prse- '
terea sit, non facile perspicimus. Adest autumnus, et quidem
satis adultus, et mox, ut ait Horatius, bruma recurrit iners.
Mihi verô et Alpes et Apennini jtiga bis ante liiemem siiperanda
forent : quod ni fecero, incommoda gravissima consequentiir.
Nam neqne ecclesiee Dei inservire neqiie familiœ ciiram habere
idlam p)otwo. Atque interea omnes'' fratribus oneri esse coge-
mur. Quod quàm invitus faciam, testis est cum mea ipsius con-
scientia et pudor ingenuus quidam meus, tum Deus quem spi-
ritu meo atque animo colo. His ego, Calvine optime, distringor
angitstiis, ciaibus aliud mdlum video remediam, nisi id Bernam
cumfratrum literis^ eam, et illic de i'ernm meariim summa cum
Principibns agam. Quos si Dominus nobis propitios dederit, in
Italiam evolabo, ut inde uxorem carissimam unà cum didcissimis
liberis adducam. Sin nihil erit quo exilium nostrum solari pos-
simus, Domini in manus spiritum commendabo meum, non ali-
ter ac David fecit cum a Saulo interceptus et circumventus nul-
lam evadendi viam inveniret. Tu intérim, optime frater, orabis
patrem ut nobis in tantis difficultatibus adesse velit, qu6 illius
bonitatem apud omnes deprœdicare possimus.
Si quid in Italiam scribere cupis, puta ad Benatam Francise,
principem optimam, seu ad Franciscum Richardotum ^ , homi-
nem doctissimum tuique amantissimum, aut alium, fasciculum
bue ad Viretum mittes. Hîc enim futuri sumus usque ad Idus
Septembris ad summum. Sed tamen curabis ut vel ante Idus
«
2 II veut dire, sans doute, que les ministres de la Classe de Lausanne,
après s'être enquis de sa doctrine et de son érudition, Tavaieut accueilli
comme un frère en la foi.
' Le bailli de Lausanne, Antoine Tillier.
* C'est-à-dire, moi ici, et ma famille à Lucques.
* Le testimonhon ou lettre de recommandation des pasteurs et profes-
seurs de Lausanne qui était adressée à ]\EVL de Berne (Cf. N" 1152, n. 1).
* Sur Renée, duchesse de Ferrare, et sur son aumônier François Ri-
chardot, voyez le N" 1058 (VH, 307-320).
120 C. s. CURIONE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
ipsas nobis reddantur ^ Praeterea Turca noster ^ ut scias, est
Basïleœ, ut ex literis ipsius hodie et hoc nuncio ^ accepi. lUuc
enim a Tigurinis fratrihus missus cum literis commendatitiis
est, jam sunt multi dies, et tamen nondum ejus necessitatibus
prospectum, Quapropter rogo ut ad Bucerum scribas, ut illi
faveat, et portionem aliquam ojus pecunise quam eo nomine ex
Italia anno superiore accepit '°, ad illum transmittat. Nam scio
illum egere. Id si feceris, erit mihi mirum in modum gratum.
Si ad ipsum Georgium '• literas dare placeat, mittes ad Opori-
nnm^^. Is enim ubi Georgms diwçvterit novit. Vale per Jesum
Christum, et ecclesiam domesticam meo nomine saluta. Lau-
sannse, 7 Idus Septembris 1542.
finscriptio :) D. Joanni Calvino, Genevensis ecclesise integer-
rimo pastori et fratri in Christo ornatissimo. Genevae.
' Au lieu de rester à Lausanne jusqu'au 13 septembre, Curione partit
pour Berne le 7. Nous l'inférons, du moins, de ces passages du Manuel
bernois : « Samedi 9 septembre. Conseil des Bourgeois. Cœlius Secundus
est admis comme recteur {Régent) de l'École de Lausanne. Sa pension est
fixée : 400 florins, 2 chars de vin, 3 muids de blé. [On lui accorde] un lo-
gement, 20 écus pour les frais de voyage de sa famille, un louffer (courrier,
messager d'État) jusqu'à Zurich, une lettre de recommandation adressée à
Coire. [Écrire] au bailli de Lausanne qu'il prépare des bois de lit, des
sièges, des tables, etc. Mes Seigneurs enverront là-bas la literie ; le bailli
lui-même doit acheter le reste du mobilier. » (Trad. de l'ail.)
* Nous supposons que Turca était le nom de guerre d'un personnage
arrivé d'Italie avec Curione (N° 1146, renv. de n. 9).
® Le porteur de la présente lettre.
" Cet argent, destiné à secourir les réfugiés pour la religion, venait sans
doute de la duchesse Renée.
" Personnage inconnu.
^^ Jean Oporin, imprimeur à Bâle.
1542 JEAN CALVIN A PIKRRE VIRET, A LAUSANNE. 12t
1156
JEAN CALVIN à PieiTe Viret, à Lausanne.
De Genève, il septembre 1542.
Autogr. Bibl. de Gotha. Copie contempor. Bibl. Publ. de Genève.
\'ol. n" 111 a. Impr. en partie dans les Calv. Epp. et Resp.
1575, p. 39. Bretschneider. Calvini... Literae, p. 7. Calv. 0pp.
XI, 436.
S. Tertio die, ex quo tibi scripseram, venit ad me Jacohiis ',
Decamis Gaiensis, ac qiiid Bernœ actum esset ^ hreviter expo-
sait. Mihi verô, ut simpliciter tibi quod sentio fatear, summo-
pere omnia displicent. De senatusconsulto ^ dicam postea. Verùm
decauos quis co'égit responsum ïllud dare, quo prsejudicium col-
legis suis omnibus afferrent^?'Utinam vel abfuisset Zehedieus,
vel aliud cor almdque consilium ad hanc causam attulisset"\f
Hoc ideo dico, quia Jacohus mihi narravit, ejus culpa factum
esse, ut decani sic praecipitaverint. Video quid sit. Gui religio
non est, periculi metu, per omnes sanctos dejerare ^ is deinde
paucorum hominum gratiœ hoc vel illud concedere non dubitat :
quia obnoxius, ut est, sibi videtur. Respondeant pro se decani'^
quidquid volent : mihi tamen suam hanc facilitatem nunquam
probabunt.
Quantum ad summam ipsam spectat, ut tibi penitùs assentiar,
^ Jacques Camerle, doyen de la Classe de Gex. Il pouvait être arrivé de
Berne le 2 ou le 3 septembre. — Bèze a remplacé Jacohus par N., et sup-
primé les deux mots suivants. Les altérations que le texte original a subies
dans l'imprimé étant nombreuses, nous n'en relèverons qu'une partie.
^ BerncB est omis par Bèze. Il s'agit toujours de la comparution des
doyens welches à Berne, le 28 et le 29 août (N" 1152, n. 1).
* Dans le texte imprimé, edicto. C'est le mandement du 15 août (N" 1147)
qui est visé ici.
* Tous les doyens des Classes romandes avaient souscrit la formule de
Pierre Kvmtz. Elle est reproduite tout au long dans le N" 1147, pp. 98-99.
^ Voyez la note 6 du N° 1150. Au lieu de Zebedœus, Bèze a mis une N.
' Est-ce une allusion à l'« amende honorable » qn'' André Zéhédée aurait
faite à Fribourg, selon Pierrefleur (N" 1127, n. 21)?
'' Dans l'imprimé, alii.
122 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1542
conscientia mea non patitur. Senatusconsultum * tolerahile esse
censés ^ ac tuto à vobis posse 7'edpi. Expendamus ergo id quod
continet. Prindpio approbat Conzeni ^^ formulam. At qualis ïlla
est, ohsec7'o7 Tu Buceri ohsciwitatem vitupéras, et mérita. At nihil
est in Bucero adeb perplexum, ohsmirum, Jlexiloquum, atque,
ut sic loqiiar, tortuosum. Exceptio tamen additur, ut tam liœc
confessio " quàm catechismus '^ locum habeant, si secundùm dis-
putationem Bernse Jiahitam '^ explicentur. Quô romittimur? Hoc
ergo à vobis quœritur, ut spondeatis vos nunquam discessuros
à sententia vobis incognita. Deinde quid putas illic fuisse dispu-
tatum, nisi Christum non esse inclusum in pane ' * ? Id autem
Sencdus^' perinde accipit, ac si nihil aliud foret quàm sigmim.
Quidquid sit, non ausim credere, mysterimn Cœnae illic fuisse
bene ac rite explicatum. At confessio Basileensis adjungitur.
Equidem non nego quin istud multum sit : sed mihi non suffi-
cit, praesertim ubi omnia iterum ad Disputationem illam etfor-
midam quse in Cœnee administratione 7'ecitari solet '*, exiguntur,
Atque, ut hoc unum mali ûi, persuaderi nequeo, Diacosios^',
qui sententiam hanc tideï'unt, sanam de hac re sententiam tenere.
® Edictum nemj)e, dans le texte publié par Bèze.
® Il s'agit ici d'une lettre de Viret qui est perdue.
*° Ce nom, comme tous les autres noms propres, est masqué par une N.
dans l'imprimé.
" La Confession de foi de Bâle (N* 1147, note 7).
1* Le catéchisme de Gaspard Megander (N" 1147, n. 15-16, 17-18). Il
fut réimprimé à Genève, sous ce titre : « Exposition chrestienne dés dix
comniandemens, dés articles de la Foy, de l'oraison de nostre Seigneur,
reiglée et modérée selon la capacité et entendement des enfans, avec l'expli-
cation des sacrements, escrite en forme de dialogue latin, et de latin eu
françoys : nouuellement et fidèlement revue. (S. 1.) 1540, » 40 feuillets
petit in-S" : le verso du dernier porte la marque de l'imprimeur Jehan
Girard (Voy. le Catalogue de la Bibl. de feu M. le professeur Jacques
Adert. Paris, 1887, 2°" Partie, p. 14).
*^ Bèze a supprimé ces quatre derniers mots et les a remplacés par
certo modo.
" Ruchat, I, 417-439, résume les discussions relatives à la sainte Cène
qui eurent lieu, du 14 au 19 janvier 1528, pendant la Dispute de Berne.
Calvin aurait-il fait faire pour lui-même une traduction de ces discours,
qui occupent plus de 150 pages des Actes originaux ?
*^ Dans le texte de Bèze, N.
" N" 1147, renvoi de note 19.
" Le Conseil des Deux-Cents (ou des Bourgeois) de la ville de Berne.
1342 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 123
Jam ejus erit iîiterpretari, cujus fuit prominciare. lia i^erjurii
alligatus judicahitur qui seaùs docuerit quàm i^m jndices asse-
qiiantur. Neque hac sola in parte erit pcriculum. Votant onim ne
de ullo novo ritu aut novis ceremoniis/verba posthac fiant. Quis
autem nescit, eos et excommuiiicationem, Qtfrequentiorem Cœnee
nsuni, et multa alia hoc nomine comprehendereV quœ nos desi-
deramus, ac restituta cupimus. Tacendum tamen erit.
Cum ita scientes ac volentes laqjieum robis induitis, cogitate
non finem ccdamitcdishîc fore, sed initium. Domimis enim ves-
tram mollitiem severiore cdiquo fiageUo coniget, si tiegligitis oc-
ciirrere, cum palàm jaciuntur fundamenta peft'niciosse tyranni-
dis. At quid faceret magistrat us '" V inquis. Nondum dico quid
magistratus peccaverit in ipso ordine agendi : tantùni demon-
stro, quàm non sit tutum vos astringere, nisi magna cautione
adhihita. Quod ad rationem modumque agendi pertinet, agnosco
quod dicis, majorem yartem culpée in ministrts liserere. Horreo
tamen cum lego senatusconsidtum : tanta iïlic etfe^^ocia et super-
bia se ostendit. Sentcntiam suam vocat definitivnm âpecrzcv, cui
contradicere non liceat. Promulgant, non ut libertas sit minis-
tris respondendi, sed ut sequantur, teneant, observent quod
Dominis placuit ^^
Agnosco etiam quod postea commémoras, Conzenum justas
pœnas dare suse vel ambitionis vel maligmtatis : quôd in tam mi-
seram servitutem cogitur, quia pati non potuerit fratres secum
esse liberos. Sed nos simul plectimiir, imo in totam ecclesiam
pœna hœc redundat. Nam hoc exemplo edito, posthac necesse erit
doctrinam nostram non modo 2)otestati, sed tiutui paucorum Jwmi-
num, et quidem indoctorum ^°, subjectam esse : ut loqnendum sit
mit tacendum, simul atque digito signum dederint. Neque tamen
expedire censebam, ut fratres hac de re in certamen descende-
rent cum Senatu ^\ Sed videbantur mihi habei-c honestum prœ-
textum declinandi, si cum excusatione civili et modesta confes-
sionem suam offerrent. Atqui non postulatur ab illis confessio,
inquis. Ego verô ideo dandam fuisse puto ^^
De sci'iptis Zuinglii sic seutire ut sentis tibi permitto. Neque
^^ Texte de Bèze : Princeps.
" Voyez la fin du N" 1147, p. 102.
^'^ Texte de Bèze : unius etiam hominis et quidem imperiti.
^' Ces deux derniers mots sont absents du texte imprimé.
124 JEAN CA.LVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1542
enim omnia legi. Et fortassis siib Jinem vitse retractavit ac cor-
rexit in meliùs quse temere initio exciderant. Sed in scriptis
priorïbus memini quàm profana sit de sacramentis doctrina.
Qiiod dixeram, « neminem nostrorum habere plenam mysterii
hujus intelligentiam ", » id de plèbe urhis Imjus dictum acci-
pias velim. Atque id me tantùni voluisso, facile ex literis pers-
picies, si relegas. Neque verô me hoc dixisse pœnitet. Nam ut
tu, dum eorum temeritatem ac confidentiam deridere vis, soles
dicere « omnes esse magistros, » sic seriô asserere audeo, nemi-
nem esse ex illis bonum disci])ulum in hac parte. Si mentior aut
erro, unum mihi nomina qui probe loqui de Cœna possit. Sed
jam nimis multa. Scio enim nos aut nihil, aut perparum dissen-
tire. Sed voluisti, malum quod tu ipse agnoscis extenuando,
solatii aliquid mihi dare, ne me prseter modum affligeret.
Literse Farelli et fratris ^^ jam mihi allatae erant ante dies
quatuor. Putabam autem ad te pervenisse, quoniam eas retule-
rat Petrus Cossoniensis ^°. Nunc audi Sebastiani ^^ nostri deli-
tias, qiise hilem tibi simul ac risum moveant. Nudiustertius ad
me venit : pet'iit an non mihi placeret suam Novi Testamenti
translationem edi. Respondi, opus habere multis correctionibus.
Causam rogavit. Ostendi ex paucis illis capitibus, quse mihi in
spécimen Jam pridem dederat. Excepit se fuisse in reliquis dili-
gentiorem. Deinde iterum rogavit quid mihi placeret. Respondi
me nolle impedire quo minus imprimeretur : paratum tamen
esse ad fidem solvendam quam dederam Joanni Girardo ^^ :
nempe ut inspicerem, ac corrigerem si quid corrigendum foret.
Recusavit hanc conditionem : obtulit tamen se venturum ac
mihi lecturum, si certam horam condicerem. Negavi me hoc
facturum, si centum coronatos daret, ut me ad certas horas
adstringerem, deinde ut litigarem interdum duas horas super
^^ Bèze a supprimé tout ce qui suit, et n'a conservé que la salutation :
Vaîe, etc.
2* Fin du N" 1154.
^* On verra plus loin que Guillaume Farel était parti pour Metz avec
son frère Claude. Leur lettre ici mentionnée est perdue.
^* C'était probablement Pierre Masuyer, appelé ailleurs Petrus Cosso-
niacensis, pasteur à Cossonay (VU, 287, n. 1).
** Sébastien Châteillon.
•' Imprimeur à Genève. Il a été mentionné fréquemment dans les t. V,
VI, VII.
1542 MARTIN BUCER A GUILLAUME FAREL [a METZJ. 125
imo verbulo. Sic à me discossit, tristis, ut apparebat ^^ Et ta-
men, td scias qiiàm Jidelis sit interpt-es, dum multa vult novare,
plurima corrupit. Proferam lociim unum. \Jh\ habetur : Lespe-
rit de Dieu, qui habite en nous, mutfCvit : Hante en nous, cum
hanter- non habitaro, sod frequontare, GalUs significet. Unus ille
tam puerilis lapsus posset libro infamiam inurore. Ego tamen
taies ineptias tacitus devoro. Vale, mi frater. Dominus te semper
conservet ac dirigat. Saluta omnes fratres : quibus tamen non
communicabis omnia. Genevœ 3. eidus Septemb. 1542.
JOAN. CaLVINUS tUUS.
(Inscriptio :) Petro Vireto, Lausanensis ecclesiœ pastori fide-
liss., amico et fratri singulariter dilecto.
1157
MARTIN BUCER à Guillaume Farel [à Metz].
De Strasbourg, 13 septembre 1542.
Inédite. Autographe. Bibliothèque des pasteurs de Neuchâtel.
S. D. in Domino, mi Farelle colende et charissime. Quid aliud
quàm ut precemur Dominum, ut tibi consilium, aliis robur lar-
giatur, faciamus hac tempestate? Nostris^ oninino videtur, per-
gendimi vohis fuisse, aut omnino qidescendum, donec legati redi-
issent^. Idem nos existimamus. Qui ecclesiam Hierosolymita-
nam, collatam adversariis suis, multo quàm sit nostra minorem,
** Le sentiment de sa supériorité intellectuelle fut trop souvent un piège
pour Calvin : elle ne le prédisposait pas à la douceur et à la patience en-
vers un homme qui lui faisait perdre son temps, et qui l'avait déjà fatigué
par ses querelles de famille (N" 1149, renv. de n. 2-5). Le Réformateur
disait, le 26 mars 1544 : « Scio hoc illi [scil. Sebastiano] esse persuasum :
vie cupere eminere. Jurene an injuria hoc de me sentiat, Domini esto judi-
cium. Mihi certè ego non videor ullam occasionem dédisse. Sed mihi cau-
sam prsehuit cur illum et ambitiosum et contentiosum judicare debeam.
Sed doctrinam respicio et animum alioqui non malum. »
^ Nostri, dans la présente lettre, désigne les magistrats de Strasbourg.
* Sur l'activité de Farel à Mets, on a trois documents de première
126 MARTIN BUCER A GUILLAUME FAREL [A METZ]. 1542
teri'ibilem tamen adversariis suis fccit, is indubie et à vobis vim
civium iratorum cohibuisset ^ Sed Dominus novit quid sit me-
lius. Tii tacendi magnam caiisam Imbuisti, quando id etiam
main : la présente lettre, celle de Bucer du 6 octobre et les Chroniques
messines, où nous lisons, p. 861, le paragraphe suivant :
« Le troisiesme jour du mois de septembre 1542, ung docteur nommé
Guillaume Farel, estant en la cité, fut persuadé d'aulcuns bourgeois...
pour prescher le sainct Évangile de Dieu. Le dit docteur vint en la cime-
tière des Jaicoppins et monta en la chaire pour prescher, et y avoit beau-
coup de gens qui assistoient à sa prédication. Voicy venir, cependant qu'il
preschoit, deux moines des d. Jaicoppins, et luy dirent qu'il descendist de
la chaire... Tantost s'esmeurent aulcuns des bourgeois et vinrent au devant
des dits moines, disant qu'ilz... se retiraissent en leur cloistre, ou aultre-
ment ilz ne feroient pas bien. Ce voyant, les d. moines se sont retirez, et
eulx allant à l'église se prindrent à sonner les cloches de toutte leur puis-
sance, pour empescher la parolle de Dieu. Ce pendant que le d. docteur
persévéroit en sa prédication, vindrent trois sergens de part messeigneurs
de Justice, disant qu'il cessast de prescher... Le d. prédicant respondit
qu'il ne cesseroit point à annoncer la parolle de Dieu, plus tost à mettre
sa vie. Les d. sergens s'en allèrent et le d. docteur acheva sa prédication,
et fut le peuple fort bien édifié de son sermon, disant qu'il avoit bien pres-
ché et catholicquement. Ce voyant, le lendemain, qui estoit le lundi, les
d. frères Jaicoppins firent abaittre la chaire qui estoit de pierre anticque...
et ne sceurent ti'ouver aultre vengeance. »
Bucer nous apprend (lettre du 6 octobre) que, « le lendemain » [du
3 septembre], trois mille personnes attendaient pour écouter la prédication
de Farel; mais que les principaux Evangéliques et le maître-échevin ob-
tinrent de lui qu'il s'abstiendrait de prêcher en public {ut quiesceret), jus-
qu'au moment où la prédication pourrait avoir lieu sans exciter des
troubles; et que, le même jour, le Réformateur comparut devant le Conseil
des XTTT, auxquels il répondit avec fermeté. « Intérim [continue Bucer]
quievit Farellus... expectans legationem quam Evangelici... miserant ad
nostros... »
Citons encore le § 411 des Extraits de Paul Ferry : « 1542, septembre.
Lettre des principaux de la Religion au sénat de Strasbourg, où se void
Testât de ceste affaire à Mets en septembre 1542, et que ces principaux
avoient prié M. Farel de ne prescher point le lundi/ 8 [1. 4] septembre, de
peur de tumulte, et la promesse du maistre-eschevin au peuple assemblé,
pour le renvoyer doucement. Et que le magistrat passionné vouloit appeler
un prince voisin pour les opprimer... » (Communication de M. H. Burtin,
bibliothécaire de Metz.)
La présente lettre de Bucer du 13 septembre correspond exactement à
l'état de choses créé à Metz par les événements du 3 et du 4. Mais cette
lettre ne se comprendrait plus, si l'on admettait l'assertion du P. Meurisse
(o. c, p. 43), qui affirme que « Farel fit son entrée dans la ville de 3Ietz
lo42 MARTIN BUCER A GUILLAUME FAREL [a METZ]. 127
Consul jussit '*, in quo solo aliqiiid potesiatis piOÂicee vohis reli-
qimmfuit. Ad Considem fortiùs agere oportuit^ Tu, an deboas,
potestatis jussu contempto, pergore, an minus, id scis totum
pendere à directione spiritus sancti,'' quem oremus ut tibi et
cœteris fratribus nostris adsit.
Scribiint nostri (defuerunt enim qui nunc legati mitti potuis-
sent) ad VII viros ^ ad Considem et fratrem Imjus Rohertimi.
Ad liés duos, ut constanter agant in causa Domini, nec Immano
se nietu detei'reri ah eo patiantar, qiiin adsint piis, nt Verho
Domini frui possint et Sacramentis, in uno saltem templo \
Al[ljegant exempla Principatuum magnorum et Civitatum ^
le 3 de septembre » et qu'il prêcha en public « le Dimanche suivant »
[10 septembre]. On aboutirait alors à la conclusion absurde que voici :
Deux ou trois jours après les événements précités, et sans attendre des
rapports complets sur ce qui se passait à trente-trois lieues de leur ville, les
magistrats et les pasteurs de Strasbourg se seraient hâtés d'écrire à 3fetz
et de prodiguer, un peu à la légère, des exhortations aux deux partis.
* C'était aussi la conviction de Fareî. On lit, dans la préface de son
traité intitulé : « Forme d'oraison pour demander à Dieu la saincte prédi-
cation de l'ÉvangUe... Genève, J. Girard, 1545, » traité qu'il composa pour
les Messins : « II est vray (comme j'ay dit à ceux qui pensoyent parler bien
sagement, et avoir un conseil tant sage pour conduire Dieu et les hommes...)
qu'il estait nécessaire, en l'œuvre de Dieu, regarder Dieu seulement et ce
qu'il commande, et ne falloit aucunement regarder l'effort de Satan... Et
davantage ay dit que, s'il y avoit personne qui deust craindre, je le devoye
faire, pourtant que tout le danger estoit sur moy. » (Crespin, o. c, 1582,
fol. 153 a.)
*"^ Le consul (maître-échevin) de l'année 1542, Gaspard de Heu, sei-
gneur de Buy, homme de haute et ancienne noblesse, était partisan de
l'Évangile. Farel écrivait, le 11 janvier 1545, aux Évangéliques de Metz :
« En toute humilité vous avez donné de telles supplications, que vos Sei-
gneurs disoyent qu'elles estoyent bonnes et saintes et dignes d'estre receues :
adjoustans cela, mais que le cœur fust selon les requestes... Et combien de
fois en avez-vous instamment, et au nom de Jésus, requis le maistre- Esche-
vin : que comme chef de la ville, il vous octroyast la ParoUe ! Et luy qui...
avoit grand désir que l'Évangile fust presché, quelles remonstrances a-t-il
faites aux autres Seigneurs ! » (Traité précité.) — Néanmoins, Gaspard
de Heu se conduisit comme l'un des « prudents de ce siècle. » C'est pour-
quoi Bucer dit ici qu'il aurait fallu lui parler plus énergiquement.
^ « Les VII de la guerre, » comme on les appelait, faisaient partie du
Conseil des XUI Jurés de Metz.
' Les Évangéliques messins n'obtinrent cette faveur que le 21. mai 1543.
^ Les Villes impériales, qui se gouvernaient elles-mêmes.
128 MARTIN BUCER A GUILLAUME FAREL [a METZ]. 1542
et ubi admisso Verbo tranquillitas retenta est, et ubi repulso
res motae sunt. Admonent periculi ab intestine dissidio et ab
externis adversariis, unde rospublica etiam de libertate tam
diuturna et singulari periclitari queat ^ Hortantur ut a Domino
pendeant.
Septemviris scribunt, se audisse aliquid perturbationis istic
esse, propterea quôd quidam civium Evangelium et Sacramenta
Christi pétant puriùs sibi administrait : id ipsis forsan ideo
difficile vidci'i admissu, quôd periculosam inde metuant nova-
tionem. Se autem non dubitare quin futurum sit, ut periculosae
res moveantur '", si pergant evangelion Christi suis prohibere,
et tranquillentur, si illud admittant. Oft'ondi enim Dominum et
bonorum animos irritari Evangelii prohibitione, placari permis-
sione. Allegant exempla utriusque eventus. Causam scribendi
inde sumunt, quôd sit vêtus amicitia inter has respublicas, et
utraque alterius commoda promovere et incommoda arcere cu-
piat. Omnia quse possunt amicè scribunt. Graviter tamen admo-
nent et hortantur. Oremus Christum, ut ipse causœ suse adsit.
Tii hono animo esto, nec dnbmm enim quin mpias te immo-
lare pro populo Dei, et tantùm laborare de certa cognitione jus-
sîis divini. Christus Dominus, qui hoc studium dédit, dabit
etiam rogatus, ut aliquod operse praecium facias. Non pudefaciet
te pro suo regno zelantem. Precibus nostris debetur, quôd non
egit adhuc in tuo ministerio magnificentiùs. Sed prœvalebit
misericordia ejus, ut fructum adferas, et fructus is maneat. Hic
te et sanctos omnes istic corroboret, regat et gloria sua omet !
Argent. 13 Septemb. 1542. Salutem et successum pii conatus tui
precantur tibi omnes symmystœ nostri.
M. BUCERUS tuus.
(Inscriptio :) Fideli et forti servo Christi Gu[lielmoJ Farello,
suo [in Domino] unicè colendo et fratri charissimo *'.
^ Allusion aux visées du roi de France sur la ville de Metz.
*" Ce mot a remplacé contingant.
" Farel a écrit sur l'adresse : « D. Bucerus. »
1542 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. Ii29
1158 ,
SIMON srLTZER à Jeaii Calvin, à (lenèvc.
De Berne. 1(3 septembre 1542.
Aiito,2:r. P.ibl. Publ. d»' (IcikVo. Vol. n" 112. ("alv. Of)]). XI. 440.
Salve, mi ("alviiic fratcr. Literas Jiodie accejnmus à confrairi-
hns Hostiifi Classis Neoconiensis scripias ad se a Farello nostro ',
iioii IsiiK'l siiigulari aiiiini voliiptatc, (luippc quihns lyrosperum
iter ilU Meias contigisse cognovimus, nimii-iiiii n])tiiiiis ausi)iciis,
quae [D.] et ad siii iiominis profectum poteiiîi iiiaiiu dirigot.
Niliilo V(^r5 iiiiiiùs oblectavit au^uy^oa^fjtôvojv saiictorum corda-
torumque saiicta o-uy./3cu/ta, quorum opora atcjue j)ret'ibus cer-
tum est plurimùm adjutum iri hune fortem iiostrum infrac-
tumque Cliristi mUitem, m tain arduo i)ra^sertini opère. Sic enim
necessarium est ut commuui circumspf^ctioue, ceu oculis uiidi-
quaque (.sic) intentis, res taiitie peragautur, et cum primis cœ-
leste advocetur i)ra^sidium. Certuui euim est veteratorein Satha-
uam omnibus macbinis adnisurum, ut vel surgens impediat
iedilicium V(>1 jam extructum dejiciat, maxime cum tanta sup-
petat instrumentoi'um atque satellitum copia. Verùni sic ut cœ])it
agenti neque o])e neque sapi(>ntia sua deerit cœlestis Architec-
tus, ])erticietque quod misericorditer ca?i)it. Sic etenim et de
Catliolica ecclesiarum structura atque restitutione persuadeinus
no])is. quamlibet iniqua rerum facie, fore scilicet ut convulsas
sanet et redintegret. Xeque enini est a])])reviata manus Domini,
iie(|ue in totum abjecit viscera niisc^ricordia^suîie. Quare non al)s
re ingentem ex hoc nuncin volu|)tatem traximus, (pue nos in
jxTturbatione et ])ul)li('a et ])i'ivata jucundissimè i-ecreat l't reti-
cit, ceu in magna tenipestate ettulgens ex pai-te serenitas. I>abi-
musque operam ut pieiitis^iinos conatus cuni (^cclesia nostra
juvenuis oratione sedula.
^ Il iniportcrait i\v i-ctioiiviT cette lettre udressée à la Classe de Xeucliâ-
tel. Elle fut écrite (coiiiine on le voit) bientôt ni)rès l'arrivée de Fard à
Metz (Cf. N" 1150, renv. de ii. 24).
T. VIII. 9
130 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. lo42
Accedit verô hiiic nuncio aliud quidpiain non j)rorsùs inaus-
picatum : nompe nararcJium Turcée vi tempestaiis cuni mogna
hominimi naviumque midtitudine ojypi'essnm, cum -npà; au/zf/a-
yioc'j Gain contenderet -. Itaque falsum ea spe regem non medio-
criter ])orturbari. Sod et Venetos Turcœ negavisso transitum
per siiani ditioneni, quod plerique mirantur. Famani autem
liane j)ro})at transmissum ex Oemia in Hispanias italicum sub-
sidium a Marchione Guaiasco ^ quod facile prohibituri Tnrae
fiierant, nisi fato ali(iuo jjrofligati tntuni pi-a^l)ere transitum
liberunique cogerentur. Interea fertur de Gallo queri Turcicam
legatioiiem, quod minîis sanctè initis stet pactis, et nisi prsestet
pollicita, nescio quse, prœdicere bellum ex Pannoniis adversùs
ipsum translatum iri. Sic forte constituit Dominus impiorum
syncretismum ' dissipare tandem.
Accipimus varia, imô horrenda, de cojnarum regicoion in Ger-
mania infer'wre successibus et x>opulationihus per Flandriam
exercitis ~\ Manus est germanorum mUitum a Geldrio '^ coacta,
quse et Loranium improvisa caepit irruptione, studiososque cir-
citer quingentos, solos ausos captis armis resistere interemit,
per cfetera verô et hanc et reliquas urbes reliquit, nulli ' cons-
tituto prsesidio, versus Pyremeos montes pro])erans *, reliquo
illic jungenda exercitui, qui versus Hispaniam tendit, ubi Impe-
rator belli molem excipere constituit ". In Pannoniis nihil, ut
audio, perticitur. Dominum laudamus quôd nulla dum clades
sit accepta'". Protestantes fecerunt quod in se erat, et faciunt
* '■' * L'amiral turc envoyé par Soliman était le famoux Barherousse. Il
ne fit sa jonction avec la flotte de François I qu'en 1543 (Voy. de Ham-
mer. Hist. de l'empire ottoman, V, 350, 351). L'alliance entre ces deux
monarques datait de 1534 (III, 250, n. 3; 251, n. 5), et elle persistait, au
grand scandale d'une partie de la Chrétienté.
^ Le marquis Alphonse du Guast, gouverneur du Milanais pour l'Em-
pereur (\TI, 201, 204).
* N" 1137, notes.
' Guillaume, duc de Clèves et de Gueldre.
' Dans l'édition de Brunswick : nullo.
t-9 Prançois I faisait investir Perpignu)/ par une armée de quarante
mille hommes: mais la défense fut très vigourfuse. A)i(lré Doria y avait
envoyé par mer tout ce que l'Empereur avait sauvé d"artiLlerie de son expé-
dition d'Alger, et le duc d'Albe commandait dans la ville (H. Martin, YIII,
281, 282).
i5l2 SlMOiN SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 131
('tiaiiiiiuin, scd iiiliil proliciiiiit soli et i-('li(iii(ii-iiiii auxilio aut
coniinoatu ])Otiùs atciiic Ix'lli ikm-vo. pcccmiia. destituti ". (^uaro
aut iiuhicia' suscipicntuf. vcroor lualè taiista', aut de nova cxpc-
ditiono lei'iscjue exactionc i)i'()vid(>n(lui{i, (|uani et uioliri tVruntur.
Nos quidcni quietem nimc agimus lui-, sed vereor mule pax ut
firma duraturaque store Jiac in ecclesia possit , eo durante homine
qui ussertionem sacri munsterii cmn suis pmiïbus ])rohare non
ridefxr'^ : quam tamon nos nbmittoro noquo possuuuis m'cpio
debemus : coiistaiiter, quaiitùiu in nol)is est, advi^ilaturi uti
niinistcrii aguoscatur autoritas. s//nihoIorum usus sacer augus-
tusque habeatur, et catholica ccclcsiaruni provehatur ac coiitir-
metur consensio : qua in ve Christus faxit Doniinus, ne quid vol
per ignaviam vcl iucogitantiam comniittamus nostrœ (sic) indi-
gnuni functioui i)u])li(u'(iuo ivditicationi obfuturuni. Pestis in
agro nostro germanico recrudescit , quœ et a])suini)sit nobis
aliquot exiniia organa. ut in cojjiosa messe operariorum dej)lo-
remus penuriam. Sed et liaec Domini nianus est ad pœnitentiam
vocautis. Dominus Jésus te servet, et nos ama, amantissinie
Calvine. Literis tuis obsecro sa?p(^ nn' interpella, excita, nione.
Saluta fratres et cooperarios in Domino. Salvum te cu])iunt
D. I). Contzen., Beat., G^-yw., Te^rtWîowM^s'^ jam ducta uxore et
locuplete et honesta sponsus. Bene vale. Seripsi Bernie. Ifi Sep-
temb. Ainio 1042.
T. SlLTZERUS.
(Inscriptio :) Eximio Christi servo Domino Joanni Calvino,
viro doctissimo, amieo et patrono suo.
'" Cette phrase se teriiiine dans l'oripinal par les mots suivants, que
Sultzer a biffés : « sub duce tam et imjirnvido et infelici Ferdh/ando. •
" Ranke, o. c. IV, 239-243, donne maints détails sur l'imprévoyance et
le désordre qui i)aralysèrent l'armée impériale chargée de résister aux Turcs
en Hongrie.
''■' Allusion au pasteur Erasme Biffer.
'^ Beatus Geritiy, Thomas Gryn(cus et le Jeune professeur Bernard
Tillmann (\T1, 286, n. 13-U).
132 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1342
1159
JEAN CALMX à Piei'pe Viret, à Lausanne,
De Genève (entre le 1:2 et le 19 septembre 1542.)
Autogr. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 106. Calv. Oi)]). XL 442.
Petis ut tuœ prolixitati igiioscam '. Ego igitiir ne similem
veniam petere abs te cogar, non modo lirevis ero, sed abscissus
etiani. De Zehedœo non est facile consiliuni, quia parùm proderit
consultari quod exequi simul nequeRs. Dujflicavitculpam stidiee
suœ profecHoins et i)rofa)ii jiirisJKrandi, non correxit-. Li^tinam
istis docunientis nionitus aliquando discat non ita sibi indulgere.
Si tibi connnodum esset hue usque conimeare, sermone forte
plus quàni literis efficeremus. Hoc ])artim dico quia Clcmdius
Fraitcus ' ad suas nuptias vult te accersere, quas altero ab liinc
Dominico die celel)rabit. Sed altiùs specto : ut scilicet paululùm
te nobiscum reticias ex illis niolestiis, quœ te excruciant \ et
simul inter nos conferamus. De successore '"" etiam heesito. Nemo
^ Allusion à une lettre perdup.
- André Zébédée avait, sans doute, entrepi'is de justifior, devant les j^as-
teurs de la Classe d'Yverdon, son adhésion à la formule de Fierre Kunîz
(X" 1150, n. 6).
* Sur Claude Frcoïc, voyez la note 7 du X° 11^3.
■* Dans sa lutte incessante contre les vices et les désordres, Viref n "était
soutenu ni ]»ar les magistrats lausannois, ni par son collègue Béat Comte,
qui se montrait peu soucieux de conserver l'estime jjublique.
° Le successeur de quiV — de Zébédée, ex-pasteur de la ville d'Orbe?
— Fribourg Favait suspendu de ses fonctions, le 5 juin ÇS" 1127, n.22),
mais Berne lui avait aussitôt substitué Thomas Malingre, que Zébédée dut
remplacer à Yrerdui/. Il faut donc chercher ailleurs le jioste (|ui allait deve-
nir vacant.
Nous avons lieu de croire que \'iref, dans la lettre à laquelle Calcin
répond, déplorait la conduite légère de son collègue Béat Comte, qui venait
de provoquer, à Lausanne, des commentaires défavorables. Le Consistoire
lausannois s'était occupé de lui. et la fiasse de Lausanne devait prochaine-
ment examiner s'il était encore digne d'exercer le ministère de la parole
de Dieu (Voyez la lettre de Calvin écrite vers le S décembre, et celle du
19 janvier 15-13).
loi2 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET. A LAUSANNE. 133
enim idonens erit, nisi bene exercitatiis. 'rnlciu non lialx'inns luC
ad mannni. Si Cel in s Whir potiiis adjicci-ct aninuiiu " qiiàni ad
sclidlarnni pra't'ccturani ". non (lis|)ljc('rct. yV/'^p/vM^Mcrô suffici
nescio an cxjx'diat \ Utia illa me c/irti ai/fj/f (te torqnet, tte si
diuiihs differamus, inquietîtsille S2)iritfis'' tat/qiKnn in ntcnam
possession e)n iniiniput. <,)uid si ad Natalcni istnc ant Nihiffiis '°
aut alius (juis])iani conccdei'êt : ot interea dispicorenius d(> ccrtiore
rationo V Hoc dico (juia niliil nn'liu^ occnrrit. At(in('. nt fatcar.
cnni d(^ to et volns omnibus cogito. fei-jà exaninioi*. Ohsccro
tanien, qiioad i)Ossiim, ut sine literis aut ali(|ua status tui signi-
ficationo neniin(nn liuc venire sinas. De Iniberto " ita ut scripsi '^
inihi narratuni fuerat '■* : iniô etiani nrhe aufugissr» '* et se aut
lu Germat/iam aut alio procul coutulisse : sed non niemini
authoris. Tumetsi iUnni Sfdvuni cupio, moriamnr iamcii, et ipse
et nos omnes, quàm nt taie crudelitatis exemplum^'^ et nostro
secido demus et ad posteros relinq^icnmts. Vale. tVater integer-
rime et niilii in Domino charissime. Saluta omnes amanter,
Celium, Imhertnm, Bihittnm et familiam tuam. Iterum vale.
JOANNKS CaLVLNLS tUUS.
Scripsi turbato animo. et tunudtuariè ac festinanter,
(Inscriptio :) Petro Mreto jjastori Lausancnsis ecclesiae
tideliss., fratri et amico chariss,
" Celio Curicme parlait donc le français. i)uis(iii"il est ici ])roposé comme
candidat ]i(iur une charge de prédicateur à Lausanne.
'' Ï\DI. de Berne voulaient confier à Curione les fonctions de ])rinci]ial
{luâimarjixter) du Collège de Lausanne (xchola inferior. ])ar o])])()sition à
la Haute-Ecole, qu'on ne tarda pas à décorer du nom d'académie), et il
devait s'occuper spécialement des XII écoliers-pensionnaires de LL. EE.
(Cf. les X"* 1155, n. 7, 1100. n. 7).
* Hugues Turtaz, pasteur à Meyriez. près de :\Iorat, était natif de la
ville d'Orbe et parent de la femme de Viref.
^ Dans cet « esprit in-ouillon » on reconnaît Zébédée.
^' Ce personnage était peut-être Hippohjle liehit nu liihil. qui tigure,
avec ses frères, dans le Registre du Consistoire de (icn^vc. ;iu Hl a^ût 1Ô13
(Calv. Oj)p. XXI, .SU)).
^' Probablement Imbert Faccokl, ])rofessi'ur d'iicbrcu à Lausanne. Ndyez
les Indices des tomes IV-\'n.
'^ Encore une lettre |ierilue.
" La phrase suivante jusrprà contulisse est écrite à la marge.
134 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. lo'l2
1160
PIERRE ^iRET à Jean Gal\ in, à Genève.
De Lausanne, 19 septembre 1542.
Autogr. Bil)l. Publ. de Genève. Vol. ii" 111^ Calv. 0pp. XI, 443.
S. De decano7imi res'ponso et formula Conzeni, tecum sentio
plané, de qua re fortasse aliàs faniiliariùs colloqucniiur. Voluissem
decanos sectdos nostrum consil'mm. Zehedcvum non ])otui conve-
nire priusquam classem ' convocaret, necduni inilii visiis est
postqnain Berna rediit ^ quamvis literis à me seriô et instan-
tissimè vocatus. Aliàs, ecclesiœ cum alligatior esset ^ ob levis-
simas quasque causas ciirsitabat : nunc penè solutus \ vix
evocari ad res adniodum necessarias potest. Noliiit scholasticam
conditioneni admittere, sed quas ob causas, nonduni liabeo satis
compertum : quod tamen non puto sine nuinine factuni. Nani
ex quo bine abiit Crelius"% cum literis nostris comnicndatitiis,
quibus bominein coininenda])amus ut dignus videbatur, accepit
'prœfedus literas à Senatu, quibus monetur admissum esse Cœ-
lium ad banc conditioiiem '', ut ei domum adornet ^ et collegium
14-is (^(. passade rosto obscur. On ne sait pas si Imherf s'était enfui de
Lausanne pour éviter la peste, qui commençait à y faire des victimes. La
« cruauté » dont on l'accusait aurait-elle consisté à abandonner sans res-
sources sa femme et ses enfiints? Quoi qu'il en soit, Calri)i continua à le
faire saluer dans les lettres qu'il adressait à ses amis de Lausanne.
' Sous-entendu IrerrlHuensem.
* André Zéhédée pouvait être de retour de Berne depuis le iJl août ou
le 1" septembre.
* C'est-à-dire, avant le 5 juin 1542 (N° précédent, n. 5).
* Parce qu'il n'était plus le pasteur des Évangéliques d'Orbe.
* Celio Curio)u écrivait à Calvin, le 7 septembre, qu'il repartirait le 1.3
pour l'Italie. Mais il s'était déjà mis en route, le 7, pour Berne, Zurich et
le caiitoii des Grisons.
® Voyez la note 7 du N" ILoO.
' Maison que Celio Curione devait habiter avec les XII écoliers-])en-
sionnaires de MM.de Berne (t. VI, p. 340-.S 48). Voyez aussi l'opuscule de
M. le i)rofesscur Henri Vuilleumier intitulé : « Les douze escholiers de
loi2 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 135
instruat ea qua opus est suppollcctilc Additur i)ra'toi'ea <'i a
Seiiatu decrctuiii salariuiii 400. Ho.[ronoi'iiiii |, inodioi-inn tritici
3. viiii ciirriiiun 12. aiit H. Puto et i)0cuiiias ad iiiiix'nsas osse
additas, ut coiiiuiodiùs Imc fanilUiim traiisfcrret. Prius(]naiu
niilii tua' litene* redderentur, jaui à uohis disc(>ssei'at, quo fac-
tum est ut tuas (>i rcddore non licuorit, quas rosignavi et asscr-
vavi. Quod autcm vororis ne se coniiiiittat periculiset ])ra'judiciis,
id ultro fac'turus est quod consulis. Non enim dccrevit Fena-
riam pra^teriro ^ Sed de his jam satis.
Ucdeo ad tuas literas et setiai nsconsultum '". Ut ingénue t'atear
apud te quod sentio, est quod desidereni in hoc negocio, nec dis-
siniulavi. I)i ea eram sententia ut clarihs eloqueremur quod sen-
timus, occurreremus periculis etpriejudiciis quee tu colligis : sed
cdiis " visum est, ipsis Uteris '^ ha'c omnia satis caveri et nostris
occiirri querelis. Non putaham esse in certamen descendendum,
sed minits tamen connivendum. Sed si nostri hac in j)ai'te luere
faciliores, ne ])utes ab aliis^-^ hanc |)ensari facilitatem majore
cura. Video et audio aliis meliùs esse satisfadum, nec consti-
tuisse aliud quidpiam esse respondendum. Ad ])rjefixani diem
Aîbonam^* nie contuli, sed aliarum duaruni classium '^ nemo
adfuit, Causatur adversam tempestatem Pariatus '^ Quid
Mossiours. Lausanne, 1886, » in-12. — Ernest Chavannes. Extraits des
Manuanx du Conseil de Lausanne, II, l.SO.
* La lettre de Calvin du 11 septembre à laquelle ré})ond Viret.
® C'est à Fernar (jue sa famille devait le rejoindre, après avoir (juitté
Lucques sans espoir de retour.
'* Les nouveaux éditeurs de Calvin disent, p. 444, note 4. à ])ropos de
ce décret : « die 22 Augusti factum, non 15, ut Simlerus habet. » Nous
avons vu, au contraire (V 1147-1148), que la date donnée par Simler est
exacte.
*^ C'est-à-dire : ses collègues de la Classe de Lausanne.
'^ Le mandement du 15 août, adressé aux six Classes du Pays romand
(X" 1147).
^* Viret désigne ici les autres Classes, dont la décision tut, (}u"il n'y
avait rien à répondre au mandement de LL. EE.
'* Dans la ville à''Auhonne, située à 4 lieues 0. de Lausanne, devaient
se réunir les deux Classes indiquées ])lus bas, et celle de Mortes.
" Les Classes de Thonon et de Gex, comme on le voit ])ar les deux
phrases suivantes.
'^ Selon Gérard Pariât, doyen de la Classe de Tlionon, le mauvais
temps avait empêché ses collègues de traverser le lac.
136 PIERRE TIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1342
Oaierises^' inipcdivcrit, me latet. I)al)0 operam ut uosiris ad
Seuaium literis respoiidcatur qiiàm fiori potorit mitissimè, sed
ita ut non penitùs malè consulatur nostrœ libcrtati '^
Colligis multa incommoda, qa^e tametsi satis apertè inde con-
seq^ii videantur, non arhitror tamen eb sj)ectare auiores ' '\ Toti eb
rajiiui/tnr ni papismuni et hdlieranismum excludant : qnam
causam ita agunt, 7(t prseclude?'e viam ad omnem disciplinam
ecclesiasticam videantur, ipianivis certô sciam i)lurimos osse ex
eoruin numéro, qui non postremas partes in bac contre versia
tenuerunt, qui secîis sentiant. Nam quura de aliis quibusdam riti-
bus, ac praesertim excommunicatione, nibil actum sit in Disjjuta-
tione ^^ ne putes eos tam latè voluisse suum edictum extendere,
neque niiniis pênes nos ejus interi)retationeni quàm ipsos au-
tores futuram arbitror. Qubd si tyrannidem exercere velint,
poterunt etiam sine idlo suo edicto : sed video aliter affectos,
quamvis nos non opoîieat nimis esse securos et posteritatis négli-
gentes. Porrô, quod scribis « nos ignota approbare, » verum sanè
esset si Bern[ens^s^^ tantùm disputatio jjroponeretur, sed huic
Lausannensem annectunt, in qua quid actum sit. tu testis es-'.
Tametsi non omnia ad unguem ex])ressa sint. nibil tamen obsti-
terit quo minus clarior et fusior doctrina tradi possit, modo ea
adhibeatur cautio, ne quid durius excidat. Qui infensiores bostes
visi sunt in bac causa et acriores receptœ opinionis ])ropugna-
tores, non otïenduntur tua ([uam ])rotiteris in Institutionihus
sententia", nec aliis forte, si te tuorum verljorum audirent inter-
prètent Multa in nobis sitasunt. si modo prudentes simus dispen-
satores. Faciam ut exemplaria videas nostrarum literarum - '.
" Gaienses, ceux du Pays de Gex, près de Geuève. Yiret avait d'abord
écrit lacob., qu'il a effacé : c'était le prénom de Cainerle, doyen de la
Classe de Gex.
^^ La Classe de Lausanne cliargea, en effet. Fun de ses membres de com-
poser une réponse au mandement de MM. de Berne (Voyez la note 2.S).
'^ Le juçrement que Viref porte ici sur les dispositions du gouvernement
bernois, jjouvait, en 1542, pai-aitre équitable. Mais la crise ecclésiastique de
1558 donna raison à la clairvoyance de Calrhi.
^^ La Dispute de Berne de 1528.
2' Voyez, sur la présence de Ctilrlu à la Dispute de Lausanne (octobre
15.SG), le t. IV, p. 88, note 11.
^'^ Dans la seconde édition de rinslituiinn chrétienne (Argentorati, 1539),
Calvin traite de l'excommunication dans le chap. IV, ji. 145, 146.
loiâ JEAN CALVIN A PIEHRK VIRET. A LAUSANNE. 137
Caetorùm. de Scbastkmo ^'* ncscio qiiid scrili.nii. iiisi (luod à
ini' aiidivisti. Doleo tibi tantum esse niolostiai-inii. Xegelins ^'
Bei'ncnn rediens mxJtis apud mp commendavit humaniUdem et
civïliMem Genevathnn : iiui vid('tui'.^iuilii et iii te et civitatcm
non nialè atfoctus. Ego. quoad ojus ticri liotuit. conatiis suni liane
oi ojjinioncm augero et confirniare. Hic ta])ollarins tibi notus
refoirt qum de Farello audivit Xeocomi. Saiuta onincs nico
noniino. Nnstri to salutant. Valc Lausanna\ V.) So|)t. 1")4'2.
Tuiis P. VlHKTUS.
(Inscriptio :) Pietato ot oruditiono ornatiss. Joanni Calvino,
Verbi ministro fidcliss. Genevse.
IIOI
JEAN CALVIN à Pierre Viret, à Lausanne.
De Genève, 25 septembre 1512.
Copie contemjjor. P>ibl. Publ. de Genève. Vol. n" 190.
Calv. Oi)]). XI, 445.
Hic f rater, sicnt nosti. {•oinniendatitias niilii attnlit a Mat-
tJi^'o ' quas tibi remitto. ut videas quidnani à me |)('tat. Id ciiini
nieliùs fore censui qnàni verbis mois id refci-rc. Niiuc si (|ua
erit ratio ipsuni adjuvandi, rogatuni te vdini ut oix^ram ei
tuani imix'udas. Quanidiu (niini hic a|)ud nos fuit, seuipcr
^' Au jugement de Caîrin (S" IIG.S, renv. de ii. 4), cette réponse était
« courageuse et assez énergique. »
^^ Sébastien ChâteiUon.
^* Selon les nouveaux éditeurs de Calvin, ji. 44.5, note 11. c'était « Sébas-
tien Nœgueli, bailli de Lausanne. .. Il l'avait été jusqu'en 1.541 ; mais en
1.542, cette charge était remplie par Antoine TiUier.
^ Nous sommes disj)Osé à croire que ce Mutthœus était « Tanii com-
mun •> de Calvin et de Sultzer (Voy. la lettre de celui-ci datée du .31 jan-
vier 154.S), et qu'à l'aide de futurs indices il pourrait être identifié avec
Matthieu Blancli, élu régent de l'école de Xyon. le lit octobre 1536
(IV, 92).
138 SIMON SLLTZER A JKAN CALVLN, A GENÈVE. loi2
optima signa dare mihi visus est recti ac simi)li(;is animi : quod
snmmum est ac prfecipiiiini. Doindo, quantum i)otui observare,
si ad nnmus aliquod adliil)itus fiierit, sedulô ac diligont(n- in eo
Yorsabitur. Postremô, ntciinquo non sit doctissimus, tamen purœ
doctrine studiosus a])i)arot. Hoc ])i'8etorea mo movet, quôd non
parîun rcf(»ret, ouni qni locuni obtinobit ad quem adspirat, tibi
esse obstrictum, et esse non niahini. Matthœus autem, ut vides,
vehementer laborat, nec cessaljit pro sua parte, donec aliquid
efficiat. Nunc si suffragationeni tuani addas, uterque tibi fiet
conjunctior. Faciès igitur quod iidei officiique tui esse statues.
Vale. Hodie literas per Nicolaum'^ scribam. 1542. 2.5 Septem-
bris.
Jo. Calvinus tuus.
(InscripHo :) Petro Vireto, Lausannensis ecclesiœ pastori,
fratri mihi cliarissimo.
1162
SIMON SULTZER à Jean Calvin, à Genève.
De Berne, 4 octobre 154:2.
Copie moderne '. Bibl. nationale. Coll. du Puy, t. 102.
Calv. (3pp. XI, 452.
Salve, mi amantissime et observande frater. Non injuria mi-
raris in tam grœvi ecclesiœ nostrœ tempestate, qua nuper tantùm
non semel est obruta, tam ])erti)iax nostrimi sileutium, quij)pe
qui nec instans periculum nec invalescens certamen, nec deniquè
totius hujus ti'agœdia3 historiam perscripserimus amico, qui
nimirum et consiliis et consolatione adesse nobis in tanta neces-
sitate i)oterat. Verhm mirari desines, in ipsa saltem adione
niJiil [te] literarum accepisse, si intelligas quoi res siniul nos
* Probiibloment Nicolas Le Ferf (VIT, 16), beau -père d'Antoine
Calvin.
* Ecrite au siècle passé et très imparfaite. Nous en avons corrigé quel-
ques fautes, sans les signaler.
loi2 SIMON SLLTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 139
omnes occuparint , (nii])|)(' (|iii vcliit in altissinia pacc ameutes
niliil iiialonnii non solinn cxpcctahatm- (sic), veriini ih' \)vy
sonininm quidcni i)r<ec'Ogita])atni", duni iiiccndiuni UIp noster-,
iinius lioiw sj)atio sic cxcitavit. ctf'ii'sa scnicl (luani aluri-aî suit
ppctorc virulontia, ut jani. (iiiod alibi Hi«n"0 scribit, lainbcivt
ignis t(\'ta latcijnc jx'rva.iians vastarct oninia. Sic etenim i))ope-
ruhatur illico in eo tiegotio, ut ne nohis qnidem inter nos conce-
deretur jtisia deUherandi facuUas, nedum, qnod (^t jiar orat ot
nos unicè liagitabanuis, iit conferre cum idiis passim Jmtribus
in re tantaliceret. Satisque adparehat jam ad certum tenvporis
articulum cmiagonista' fuisse medit<d<t pra'imratctque onuiia.
Triduo enim et cœpta est et (d)solutu causa ^ Nos igitiu*. (|uod
uniini licebat, ])rocibus ad Dominum confuginius, cujns nianuni
in ii)sa contlietus dy.ij.Yi sanè ancipiti ot poriculosa jjotcntcr sen-
simus : ceciderutque tum 2)7 a voto quam puhlice acceperam [1. ac-
ceperamus ?] a Consule sententia, doctrinœ libertatem relin-
quens pdcemqne comme)/dans *. Itaquo tum contenti al)undè et
cum gaiulio discossimus,
Yerîmi hoc idem mox aconito temperavit nescio quorum raf ri-
des, ut tabula' t/egotii testifficatrices^ non solimi diversa, rermn
[1. verùm] et pugnantia resj)onso dato complecterentur, quibus et
confessionis Basiliensis usas et Catechismi a Bucero rep)urgati
penitùs negabcdur ''. Quod cum nos [non \ recepturos animadverte-
rent, convoccdo minore, mox etiam majore Senatu, transigenda
curaverunt'' principes civitatis eudem qua priùs festinatione, ut
2 ui 11 Lp pasteur Erasme Bit ter.
* Le différend datait de loin, mais la crise qui le termina, en apparence,
n'avait duré que trois ou quatre jours (X" 1147, n. 2, 3, 10, 13). Selon
Hundeshagen, o]>. cit. p. 165, cette crise fut ])rovoquée par Pierre Knntz,
qu'on accusait, à Zurich, d'avoir répandu secrètement des écrits contre la
doctrine zwinglienne de la sainte Cène (Voy. Fiislin, o. c, p. 210). liitter
attaqua Pierre Kuntz à ])ropos d'un sermon sur la charité, dans lequel
celui-ci avait soutenu qu'elle interdisait à une église particulière de se
séparer des autres. Kuntz faisait sans doute allusion aux attaques de liitter,
quand il disait, le lundi 31 juillet, devant le Petit Conseil : « On a entendu
comme j'ai été hlessé, hier, jiar des railleries eni]inisonnées. » (Trad. de
l'ail. Manuel du d. jour).
* Voyez le X" 1147, note 10.
^'^ C'était une copie de ronloiinance du 3 août, qui. sur quelques ])oints,
disait le contraire de celle du 2 (N" 1147, n. 13. 15-1(!).
140 SIMON Sl'LTZKR A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1342
110 tiim qiiidom coiniiiunicari ciiiii aliis negotium liorot intogriim
nobis, iiisi quôd ego, iioscio qiiid pneseiitiens, pi'oi)riiim meis
sumiitibus tabollo])]ioriim ad 1). Mycon.[rum*] iiiisi : à (jun vciioii-
tiiiain coiisolatioïK'iii taiitùm accepimus.
Iiitolligitis ^ igitiir, mi Calviiio, te niilla iiegligontia iicque
obliviono tui esso ])r?etoritiim. Scd quôd no catastroplion qiiidom
tragœdiœ perscripsorim, iiidc factum ost quôd ot nollom to
iiimirum ejus historiœ dy.poxax-i lassatuni douuô fatigare, et
quôd Yiretum, qui jjostremo eventui interfuerat^", ipsum enar-
' Nous résumons lo second tiers du procès-verbal du 15 août :
Les quatre prédicaots ont encore présenté leur requête d'hier (Cf. p. 100
au bas). Cependant SuHser et Schrnid se sont engagés à expliquer les mots
[obscurs] qui causent du mécontentement. Là-dessus on décide : Primo, que
[le secrétaire] Nicolas ZurKiiideu n'a point failli en n'écrivant [pour les mi-
nistres?] que l'ordonnance qui a été en premier lieu adoptée par le Petit Con-
seil et ensuite par celui des Bourgeois, mais qu'il est entièrement justifié
de cela. Quant à cette observation des quatre ])rédicants, qu'on leur a donné
par écrit une autre réponse que celle qui leur a été faite oralement par
M. VAvoyei-, — mes Seigneurs éprouvent un grand déplaisir de ce que
les prédicants allèguent si souvent que mes Seigneurs veulent leur « inter-
dire » la Parole de Dieu.... Cela n'est pas. Mais puisqu'ils demandent
qu'on Jes laisse entièrement au bénéfice de la première ordonnance, et
que la Confession [de Bâle~\ soit conservée, et que le dernier Catéchisme
ne soit pas changé..., mes Seigneurs veulent bien qu'ils prêchent en toute
liberté la Parole de Dieu, et qu'ils se servent de la Confession et du [der-
nier] Catéchisme. Toutefois, à cause qu'il s'y trouve des mots obscurs et
inusités ici... (Voyez, pour la suite, le N" 1147, p. 101, dès la 2""^ ligne).
Et, après leur avoir fait cette concession, le Conseil leur adressa les exhor-
tations que nous avons mentionnées plus haut (p. 102-103, note 24).
Si nous avons bien compris ce procès-verbal du 15 août, Pierre Kuntz
et ses trois collègues auraient finalement obtenu gain de cause, relativement
à la Confession de Bâle : ce qui expliquerait leur soumission (X" 1147,
n. 24).
* Osicaîd Myconius, autistes de l'Église de Bâle. Melchior Kirchhofer
(Biogra])hie de Myconius. Zurich, 1813, ji. 340) dit que les pasteurs
bernois s'adressèrent aussi à Théodore Brand, chef des tribus de Bâle ;
que Mifconius recommanda la modération à ses collègues de Berne, et
qu'il leur écrivit que la chaire sainte n'était pas faite pour la polémique.
^ Une phrase précédente : Non injuria miraris, etc., fait allusion à une
lettre réccute de Calvin. Intelligitis semblerait annoncer qu'il avait parlé
aussi au nom de Viret.
'<* Viret était parti ])our Xeuchâtel le 9 août (X" 1144). Il put arriver à
Berne le 12 ou le 13 : mais le Manuel du Conseil ne dit rien de lui.
1342 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A I.AISAN.NE. 141
rcdiintm sii///iil(i coiijicieham. ^\'I•ùlll >^i (|iii(l est oa in j)ai"t('
])arùm officiosa cessatioiic ix'ccatiiin à me |»i-a'stitiiiii. ciiiiio g'ra-
tiam milii ticri. Qiii(l(|iiid ciiiiii (lciii(c|)s coiitigcrit, faxo (iiuim
l)riinîiiii iiitclli.uas. ([iii nos et coiisilii) et |)i-i'cil)iis juvarc pliiri-
iiiùin potes. Nain )ios quidem pucem Ecdesue coi/stai/tc)», nf
02)tare 2)ossiiïn[ns\, ita sperare non 2)ossu))i\hs\, qnamlo novimus
nndeqxaqtie dodruue syncmiori nohisqite paratas insidius,
neque liomit/em isf/iui " qiioad vivit coi/quiescere posse. Sic est
justuni judicinm Doniini in noshisrationiljns nos (ut scribitis '-)
])robantis et lininiliantis. vScd ])('rd('t idem (jui loqnuntnr nicn-
dacium. et vir linguosus non dirigctnr in terra et ineidct in
foveani (luani fecit. Donet inodô nobis Cliristns ut constanter
libereque stare in veritate' ' atque certare j)ossinius. patienterque
omnes Satana? insiiltus sustinere citra aniarulentite rationein '';
liis enim solis arinis liostis vincitur. Causam hanc Cliristi esse
et ecclesiarum novimus : (luô niagis advigilare i)ar est, ne (juid
l)er incogitantiain et nobis et niinisterio indigiiuni comniitta-
mus. Oi)to rerum tuaruni ecclesiaeque statum istic signilïices.
Yale. mi fratcr observande, et nos ama. Pluribus in prascntia-
rum non lie<'l)at. Scri])si 4=' Octobris 1542.
T. Slltzerls
1 J r)3
JEAX CAL^ix à Pierre Viret. à Lausanne.
De- Genève (5 octobre ? 1542.J
Copie contem])or. Bibl. Publ. d" (ienève. Vol. n' 1]] ii.
Calv. ()p|t. XI. 446.
Soins le(je\ Qno die tilii pci- Xicohuim scripîurus ci-am
'-' D.'iiis réclitioii (le Brunswick, scrihifur.
** Ibidem : pro verifnte.
^* Ibidem : stationem (V).
' Ces deux mots sont écrits à la maru-e.
- Voyez la tin de la lettre de Calvin du 25 se])tend)re,
142 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. lol2
aliud negocium intorvonit : quo factum est ut non pi-œstitoi-im
quod rec(^poram. Nunc cum nuncinin ad te qua'rerem, hic frater
cominodùm niilii oblatus est, nisi quôd rogabat ut statim resj)on-
derem. Verùni cum excusareni me non tam citô posse, quoniam
instaret hora consistorii '\ non difficulté!- niihi totum diem con-
cessit. Quia autem ne sic quidem niultum teinporis mihi restât,
singula de quibus tecum agere institui breviter perstringam.
Literie ad Senatum \, quando aliud remedium, quod mihi
videbatur nielius, subhitum est, vehemenier placent. Siint enini
satis viriles et animosœ. Deinde viam prœcludunt malis ac tyran-
nids exemplis. Erasmum ^ judico nimis molliter tracta^-i, prœ-
sertim cum alii'^ duriùs castigentur, (jui et meliorem causam
habuerunt, nisi fallor, et minîis in agendo peccarunt. Neque
tamen hoc ideo dico, quia velim vos illis adulari ; sed videndum
vobis est ne, duni i)lures meritô reprehenditis, videamini in
simili causa uni parcere. Utcunque sit, res tamen meliùs habet
quàm sperare ausus fuissem. Faxit Dominus ut litera' restrœ
bene ab hominibus exaudiantur '.
De bonis ecclesiasticis nihil ferè hal)eo prœter auditum \ Di-
" Le Consistoire se réunissait ordinairement le jeudi. Le Registre de ce
corjis ne mentionnant point de séance au jeudi 28 septembre, on peut en
conclure que Calvin parle ici de celle du jeudi 5 octobre.
"• C'est la lettre que la Classe de Lausanne se proposait d'adresser à
MM. de Berne, en réponse à leur mandement du l.ô août.
* Le pasteur bernois Erasme Biiter.
* Ceux des collègues de Ritter qui étaient partisans de la doctrine de
Bucer sur la sainte Cène.
^ Cette lettre que la Classe de Lausanne se proposait d'adresser au
Conseil de Berne n'a pas été conservée. Il paraît que la Classe différa
d'abord de l'envoyer, puis résolut d'en faire remanier le texte, en y ajou-
tant des représentations sur la vente des biens ecclésiastiques (Voy. la
lettre du 1" novembre suivant).
* Dans sa lettre du 19 septembre, Viret ne disait rien de la vente des
biens d'Église; mais, quelques jours plus tard, il demanda l'avis de Calvin
sur cette question, qui venait de prendre une importance toute nouvelle.
Après leur conquête du Pays romand, MM. de Berne avaient mis la
main sur les biens ecclésiastiques, et ils en avaient d'abord disposé avec
justice et prudence. Ils en donnèrent une partie aux villes et aux commu-
nautés pour les écoles et les établissements de bienfoisance ; une autre
partie fut consacrée ta l'entretien des ministres et à la fondation de l'aca-
démie de Lausanne. Quelques biens, il est vrai, furent vendus à des
particuliers (Voyez Ruchat, IV, 395-405). Mais, en 1542, tout le reste, et
1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. I 43
cam igitiir primùni quid andierim, deinde quid sentiam. Pro-
scripsei'unt quidquid ci-at eensuuiii ac l'cdituum se vciulitiiros
hac loge, ut pars ad inaimiii imiiK^rarotur, <'x roliciua suinina
conficorotur anima ponsio. Addiiiit ''(»xcoj)tion(>iH. ne diutius
asserant ac tucaiitiir possossioneiu (>m])toril)us donec |)rovinciam
obtinebunt ^ Hac conditione omit Petrus Vendelius '" i)rioratum
millo quingontis coroiiatis ; alii vitos, alii agros, alii domos. lam
quid sentire 2)0ssim, ipse per te covjicies. Vides (diet/atioiiem
fieri, Ecdesiam relbiqui nudam, ut mugistratus dei quasi de suo
quantum lihuerit^\- qubd si officia sno non satisfaciat, possit
eam ipsam jwrtionem quant distrihuet imimtare '^ et de ea aufe-
renda minari. Vobis autom quid facioiiduni sit non est facile
oxplicaro, prœsertim cum i)auci sint qui so niagno animo invidiie
objicero audoant, j)luros connivondo malint i)artos suas doserere,
atquo ita retinero hominum gratiam, quàm constanter ac for-
il était considérable, fut adjugé au trésor public. La première mention de
cette vente générale se trouve dans le Manuel du Conseil au 31 juillet 1542.
L'avoyer Nœgueli et le trésorier Augshurger furent députés ad hoc. Ils
reçurent leurs instructions le 4 octobre.
«Au mois d'octobre (dit Pierrefleur, p. 216), furent envoyés de Berne
certains commis et ambassadeurs ayant charge de vendre tous bénéiîces,
comme priorez, cures, chapelles, terres, vignes, prez et autres possessions
estans du bien des églises, quels qu'ils fussent, réservez les diesmes et
censés, qu'ils retenoyent à eux, au plus offrant et dernier enchérissant. »
Le grand nombre des domaines mis en vente à la fois devait éveiller les
inquiétudes de nos Réformateurs.
^ Cette réserve était de rigueur. Nous lisons dans un extrait des Registres
du Conseil de Genève : « Le 25 août 1542, le roy des Romains [Ferd/iiand]
demande que MM. de Berne ayent à restituer la Savoye à son Prince :
ce qu'ils n'ont voulu faire. » Et, au 28 : <■ Sur le déjjart (la décision des
arbitres) de Bâle, que M]NL de Berne ne veulent pas tenir à cause des
deux articles [en litige], a été arrêté que l'on prenne patience pendant
qu'ils tiendronf le paï.f, et non autrement. » (Voy. A. Roget, o. c. Il, 92).
'" Pierre Wandel. membre du Petit Conseil de Genève, depuis 1540, et
ancien capitaine général (III, .876 ; Y, 27. — A. Roget, o. c. I, 28, .88).
^^ Calvin avait déjà qualifié, devant le Conseil de Genève, l'aliénation
des biens d'Église (N" 1141).
'* Impuiare est très lisible dans la cojtie de Jonvilliers. Il suffit de
suppléer le mot sibi, que l'écrivain aura omis dans la hâte de la com])0-
sition, et l'on obtiendra un sens naturel. On a proposé la variante ompu-
tare ; mais ce verbe, suivi de el de ea auferenda minari. aurait formé, ce
nous semble, un pléonasme.
144 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1542
titer loquondo incurrcrc in oftonsioneni. In hoc autcm negocio
niliil agitiir sine consensu. Ergo frustra aliquid inchoare stii-
deas, nisi omnes haboas tibi conjunctos. Hoc tamen certè à nobis
praestandum est, ne aut verl)is aut uUa alia signiticatione rem
non bonam ap])ro])einus.
Gaudeo quôd nuper me non frustra fatigaverim scribendo in
Italium, quando litenie mete in temjjore venire non poterant ' '.
Hahemus hic quoque alterum Italum, homhtem senem, et ipso
aspectu reverendum. Fidt apïid suos marpue (Ufflioritafis^*. Hîc
vivit suniptu suo. Si poterit linguam discere, erit aliquando
summopere, ut spero, utilis.
" Ses lettres seraient parvenues à Lausanne après le départ de Curione
pour V Italie (X" 1155, n. 7).
" C'était le célèbre prédicateur Bernardino Ochino, appelé parfois eu
latiu Ocellus. Né à Sienne (1487), il s'affilia de bonue heure aux Francis-
cains de l'Observance, puis aux Capucins (1534), parce qu'il trouvait leur
règle plus sévère. Ils le nommèrent vicaire général en 1538 et en 1541. A
cette dernière époque, l'étude approfondie de la Bible l'avait pénétré des
doctrines évangéliques, et il en était venu à i)roclamer ouvertement la
justification par la foi, mais sans attaquer les abus et les erreurs de l'Église
romaine. Toutes les villes où il prêchait étaient ravies de son 'éloquence.
A Moâène, eu 1540, on commença à suspecter son orthodoxie. Ajant été
envoyé à Venise pour y prêcher iiendant le carême de 1542, il fut
surveillé de très près, sur l'ordre du pape, et bientôt dénoncé. Bullinger,
énumérant les réfugiés italiens qui s'arrêtèrent à Zurich (août-septembre)
parle A^ Ochino en ces termes : « D. Bernardinus Senensis, vir insignis
sanctimonia et eruditione, venerandus senex et canus, procera? statura^ et
miram prse se fereus majestatem.... Mansit apud nos per biduum, de rébus
religionis nobiscum coUocutus. Brevia nobis apostolica complura exhibebat,
quae à pontifice Paulo acceperat, jubente illum primo Januensihus [scil.
Genue>isihus], dein Florentinis, inde Venetis ])ra^dicare. Ubi autem
sensisset ipsum Christum ])rs'dicare, misso brevi apostolico Momain ipsum
evocat : abit vir fortis, sed Florentim pi'ohibetur et in Germaniam able-
gatur à plis, perhibentibus Romce paratum \\)û certum exitium. Abiitergo
Genevani tandem, ibi suis sumptibus victurus, propter Ifalire confinium.
Curât autem plurimos ibi sermones Italica lingua scriptos imprimi et inde
transportari in Italiain.... Habet autem non immérité maximam apud
Italos omnes authoritatem : imù i])sum jirojiè ])r(i divo exosculantur. »
(Lettre du 19 déc. 1542 à Vadian. Autogr. Bibl. de St-Gall. Mscriptœ
Epp. V, IGO. — Voyez aussi Calvini 0pp. XI, 479, 480. — Aonii
Palearii 0])era. lîecensuit Hallbauer. len*, 1728, p. 102, 103, 294. —
Th. Maccree. La Réf. en Italie, trad. de l'anglais, 1834, passim. —
L'ouvrage capital est crhii du I)-^ Karl Benrath. intitulé : Bernardino
Ochino von Siciia. Leii)/.ig, 1875, xn et 383 pp. 8".)
1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 145
Joannes hïbUopola '", nupor istac re versus, mocum de Zebe-
dieo locutus est. Dicebat paratiim esse himc [1. hue ?] venirc, si
locus foret. Nihil aliud respondi nisi me tibi scrij)turiiiii. Quid
autem scribani non ha])eo, quia facuftate, ut sois, destituiniur.
Et tu meliùs colligcre potes, quàm multa nos impediant, quàm
ego scriptis complecti.
Est aliud quod me véhémente?' excruciat. Ctim imtare^n com-
positam esse litem cimi Bernatibus, ecce derepente omnia ahrnpta.
Jam decretum erat a Diacosiis, reniittendum esse Bernatihus
quod petierant '". Restabant coniitia '^ de quii)us habendis cum
Senatus tractaret, Ameda'us noster**^ dixit : se retractare quod
censuerat. Deinde magnificis verbis disseruit quàm turpis foret
illa cessio. Nonnulli eum secuti sunt. Eô ventum est ut Sexa-
ginta, postea Ducenti vocarentur'^ Cum Ducentis res esset
proposita, ecce Paguetius ^°, quasi unicus Athlas rei])ublicœ,
acerbis conviciis in eos invehi qui sponte urbem tam prieclaro
jure spoliarent. E5 autem usque contentione raptus est, ut
Senatui forum lignarium minaretur, ubi decollari soient prodi-
tores. Tuinultus gravis excitatus. Tandem in ejus sententiam
discessum est, nisi quôd jussus est flexis genibus suppliciter
veniam a Senatu potere. Hoc verô totmn, ut scias, ex Macrini
prodiit officina -', qui videtur mihi destinato consilio hoc captare,
ut diiée civitates p>erpetud inter se dissideant ".
Nunc, si posses per tuam commoditatem, hue te mox conferre,
valde mihi gratum foret. Nam etsi remedio nullus erit locus,
'= L'imprinieur-libraire Jean Girard était de retour d'une foire, peut-
être de celle de Francfort, close le 22 septembre.
16 Voyez la fin de la note 9, et A. Roget. o. c. II, 92.
" Le Conseil général.
** Voyez sur Amied ou Ami Perrin, l'Index du t. III. Ce fut dans la
séance du Petit Conseil du 25 septembre qu'il déclara avoir changé d'opinion.
'® Le Conseil des Soixante s'assembla le mardi 26 septembre, et le
Conseil des Deux-Cents le lendemain (Roget, II, 94).
^° Dans la copie on peut lire Pagnetius ou Paguetius. Le nom exact
est Paquet (François), gendre de l'ancien syndic Jean Bâtard (Cf. Galiffe,
0. c. I, 309). Il fut plus tard interprète au service du roi de France.
21-22 u,^ agent secret de Fi'ançois I ou de Charles III, duc de Savoie,
aurait-il agi autrement que Laurent Maigret, surnommé le Magnifique?
Ce réfugié finançais avait rendu jadis quelques services aux Genevois, qui
l'en récompensèrent avec libéralité (Voyez l'Index du t. III; t. IV, p. 24;
V, 220).
T. VIII. 10
146 . MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
hoc tamen me et te juvabit, quôd hanc calamitatem inter nos
deplorabimus. Verùm ne dubita : multùm proderit tuus adven-
tus, modo Lunae ^" hue te sistas. Causam tamen cave abs te
quispiam intelligat. Nam jurejurando polliciti sunt silentium,
quotquot aderant ^* : itaque non sine periculo foret. Fructum
tuœ profectionis coràm audies atque, ut spero, senties. Vale, mi
frater. Dominus te conservet, atque hue incolumem celeriter
adducat ! Saluta fratres omnes et tuam familiam meo et uxoris
nomine. Genevae ^~\
JOANNES CaLVINUS tUUS.
1164
MAKTiN BUCER à Jean Calvin, à Genève.
De Strasbourg, 6 octobre 1542.
Calvini Epistolse et Resp. 1575, p. 365. Calv. 0pp. XI, 449.
De motu illo ' idem omnino quod tu suaseram, quanqiiam non
tam plané scripseram. Circumstantias causas quas tu mod6 mihi
exposuisti, ignoravi : ideo eam nunc petendam dilationem opta-
veram, dum remisisset sese illa animorum concitatio tam impie
excitata, et recepissent sese fratres ad defensionem veritatis gra-
vem et claram. Hujus capita prima fuissent, dispiitationem ^
nihil quàm crassam illam prsesentiam daninare, et necessario
fatendum veram percipi in E?<cha7'istia corporis et sanguinis
Domini conimunionem : tum cœtet-a quœ disciplinse sunt, clarè
a Domino prsecepta esse, ut dissimulari tacerique, nisi Christo
^* Si la date que nous donnons à la présente lettre est juste, Calvin
aurait engagé Viret à se trouver à Genève le lundi 9 octobre.
^* On lit dans le procès-verbal de la séance des Deux-Cents du 27 sep-
teml)re : « Il a esté dit et levé la main de tenir icelluy dift'érend secret »
(Roget, II, 95).
** La date a été déterminée dans la note 3.
^ Allusion au différend qui s'était élevé entre les pasteurs de Berne
(N"'' 1162, n. 3, et 1147).
2 La Dispute de Berne (1528).
1542 MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 147
abnegato, non possint. Tu me tuis literis porturbasti. Expertus
onim sum multis in locis quantum causas voritatis nocuerit
insyncera defensio et neglectus communionis. Christus gaudet
virtutem suam sic explicare, no viili>atur malorum affectuuiu
patronus, et caput factionis.
Literx meœ, ut muic queritur N. ^, non sunt ipsis allatœ.
Consilium à me petit. Scriham igitur illi de synceritate actionis,
de necessitate communionis, de pia cautione, ne quid admisccatur
ad causam Christi, de explicatione clara et ex Scripturis ipsis
manifeste deprompta, qualis tua est '*, quant ne inferi quidem ca-
lumniari queant. Denique de probis patronis, qui et Christi verè
sint, et nostri tantùm propter Christum, Illa tam execror de
imaginibus, de adservatione symbolorum % ut libenter fingerem
mihi conficta esse per calumniam. Nam vitiosa haec sunt, et
submovenda, ubi remanserunt. De infirmorum commimicatione
motum aliquid audieram, et non improbabam ^ Tu vero pie et
necessario facis quodfacis : etiam in infirmis et vitiosis fratrihus
defendenda est causa Cliristi. Sed simul danda opéra, ut infirmi
aliquando roborentur, et vitiosi corrigantur. At dum ita partim
ipsi fugimus, partim Satanae prodimus pias Synodos \ quid
nobis polliceamur ? Christus caput esse vult omnium membro-
rum suorum, et agere per universa non per singula.
Exhilarasti me, fada spe plense inter Bernâtes et vestram Rem-
puhlicam conciliationis **. Quanquam si non confraJiatur et eccle-
^ Le nom supprimé était probablement celui de Sulizer.
* L'explication donnée par Calvin dans son Traité de la Cène du
Seigneur, publié en 1540.
^ C'est-à-dire qu'on accusait faussement Bucer d'avoir conservé dans le
culte ces rites luthériens.
® Berne s'opposait absolument à ce que la Sainte Cène fût administrée
aux m.alades. Le 6 juin 1542, Jean-Henri Meyer, pasteur de Baetterkinden,
village bernois, est cité devant le Conseil, parce qu'il a dit dans ses sermons,
qu'on devrait pouvoir donner la cène aux malades, et que le viaticum dont
parlent les Pères est très consolant. On lui ordonne de s'abstenir entière-
ment de pareilles innovations, qui sont contraires à la Dispute [de 1528], à
la Confession et à la Réformation de mos Seigneurs (Manuel du dit jour).
^ Le gouvernement bernois ne voulait plus de synodes réunissant tous
les pasteurs d'un même pays. Nous verrons bientôt ceux de la Classe de
Lausanne demander le rétablissement de cette institution (N" 1174, n. 11).
* Cet espoir de Calvin avait été récemment déçu (N" 1163, renv. de
n. 16-21).
148 MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
siarum societas, et resfituatur unà res ecclesiasticas tractandi
facilitas, nihil prsestahis via conciUationis. Videmus quotidie, ut
Dominus eos qui ipsius nomen jactant, conjungi non in se non
patiatur. Instabis igitur, et instabo ego tecum, ut causam Christi
fratres quàm simplicissimè, et totam, et ex verbo Dei ipso, et
Gvix^d-/oi-ç pure Cliristianis ^igoni.Per ministermm restitid omnia
necesse est : ergo inmisterium ipsum priiis ®. Id verô non fiet,
nfsi conspirantibus et communiter agentibus quotquot inter se
communicare poterunt.
Meti Farellus imam duntaxat concionem habuit '", quod
sciam, et in cœmeterio Dominicanoriim : qui cum aliud non
possent, strepitu campanae suae verbum Domini populo avertere
conati sunt. Sed Farellus noster voce intenta usque ad summam
raucedinem, campanae sonitum vicit. Postridie tria milita ade-
rant audituri: sed prœciimi inter eos qui Evangelitim petunt, et
ipse Consul ^\ a Farello impetrarunt ut quiesceret dum rem eb
deducerent, ut sine metu motus civilis concio haberi p>osset :
quod hrevi fore pollicehantur. Vocatus Farellus eodem die ad
summum consilium, et rogatus qiio juhente jjrœdicasset, et quo
petente, respondit : « Christo jtihente et petentihus me^nhris. »
Née tamen voluit quenquam nominatim indicare. Et satis gra-
viter ac piè coram illis de suo munere et prœdicatione Evangelii
disseruit, eosque officii sui admonuit. Dtim vero illi deliherarent
quid de eo statuèrent, fratres deduxerimt eum domum : et inipo-
situm equo qui magnitudine et habitu non absimilis esse Farello
videbatur, simularunt se fratres quidam educere Farellum.
Intérim quievit Farellus ^^, expectans legationem quam Evan-
gelii [?. Evangelici] initia, statim cum ipse Metim venisset,
miserant ad nostros, qui à nostris auxilium et ah universo fœ-
dere pelèrent '^ Visum enimfuit ut legati ex nostris Electorem
^ Plusieurs gouvernements de la Suisse réformée n'admettaient pas les
idées de Bucer, de Calvin et de Viret sur l'autorité et les privilèges du
ministère évangélique.
'<• Le dimanche 3 septembre (N" 1157, note 2).
" Le maître-échevin Gaspard de Heu.
*^ Cela signifie que, pendant le reste du mois de septembre, Farel ne
prêcha plus en public. Le P. Meurisse, op. cit., p. 44, dit la même chose,
à sa manière : « Farel se retiroit tousjours cependant, beuvoit, raangeoit,
dormoit, catéchisoit et dogmatisoit chez Gasjiard Gamaut. »
I
1542 MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 149
Sax.[oHiag] et Landgravium adirent, et ah illis recipi iufœdus
Hostruni Rempnhlicam Meteusem, in saniore illa sin parte quas
Evangelium petit, postularent . Id factiim est. Landgravius
causain comprobavit ot ad Electorem statim rotiilit'* : intorim
tainon, quia res moram non ferobat, decrevit legationem mit-
tendani ad Metenses, noniine communis fœderis, qiiœ i)Ostularct
ab adversariis, ut nostris ununi templiim, et lïberam coucionem
et Sacramentorum administrationem concédèrent. Dodit ipse
Legatum unum, alteruni Francfordienses, tertius noster''' erat.
Hi in mandatis habent, niliil non tontaro àb adversariis, ut im-
l)etrent quod petitum missi sunt. Eo etiam adjuncto, fœdus
nostrum non posse déesse fratribus tam sancta et pia petentibus.
Idque interesse totius Romani Iini)erii. Mde ut audeamus. Spes
itaque est, etiamsi adversarii quod petitur ultro non concédant,
ut tamen quieturi sint, si nostri liac legatione aniniati per se
FareUum concionarffecerint '®. Satan in eo quoque niultùm la-
boravit, ut si Evangelium non posset omnino, tamen ex parte
averteret huic poi)ulo, aliquo pro Farello obtruso, qui non
£ihy.pivMç, ovdè i^eçûç ^\ Obstitimus huic Satanœ quoad licuit.
Cras spero aut hodie, reverso I). Jacobo '% audiemus quid dede-
rit Dominus.
" Selon Seckendorf (livre III, p. 399 a), ce fut au mois de novembre
que les Évangéliques de Metz envoyèrent leurs députés, Jean Niedbrucker
et Jean Carquien, pour demander aux confédérés de Smalkalden de les
recevoir dans leur alliance.
" L. Ranke (o. c, 4" édition, IV, 235) mentionne la lettre que le land-
grave Philippe adressa, le 17 octobre (Dienstag nach Galli) 1542, à
l'électeur de Saxe, en faveur des Évangéliques de Metz ; mais il ne dit rien
de celle dont parle ici Bucer. On sait d'ailleurs par Seckendorf, loc. cit.,
que Luther et Mélanchthon déconseillèrent à l'Électeur d'intervenir dans
les affaires de Metz. (Luthers Briefe, éd. de Wette, V, 508.)
'^ Nous ignorons si les députés envoyés par le Landgrave et la ville de
Francfort étaient les mêmes que ceux mentionnés par Seckendorf à propos
des négociations du mois de mars 1543, c'est-à-dire, le comte Théodoric de
Manderscheyd et Pierre Sttirm. Le « troisième député » était le conseiller
strasbourgeois Jacob Sturm de Sturmeck (V, 402, n. 12, 13).
*® Bucer dit, plus loin, que si l'ambassade des Protestants avait tardé
d'une semaine, les Évangéliques messins auraient tenté de conquérir par
eux-mêmes la liberté de la prédication.
" Aucun historien n'indique le nom de ce prédicateur qui ne prêchait
• ni purement ni avec zèle. »
150 MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
Multus illic popiilus Christum admodum sitit. Consul cum
fratre R. '^ fortissimè agit. Moram hanc Farellus lœgerrimè
tnlit, nec immérité. Nam peste illic multi quotidie tolluntur, qui
gravissimè queruntur, se sine consolatione certa Evangelii et
Sacrmnentorum hinc ahripi. Si distulisset legatio unam tantùm
septimanam, indubie rursus aliquid au si fuissent. Habes sum-
mam ferè omnium quœ Meti hactenus in hac causa acciderunt,
Bruno ^" admodum constanter egit, quanquam ad id opus ha-
buerit multis cohortationibus. Bene vale. Uxorem et fratres
diligenter atque officiosè saluta. Sed quàm mihi dolet illud de
ignorata disciplina, de factiosa agendi ratione, de neglectu
Synodorum, de offensione sive retenta, sive affectata. Sed tu,
meum cor, meus animus, semper tuo, imô Christi bono, omnia
omnium mala vinces, quoad licuerit. D. Jésus te servet ! Vale,
Argentorati, \i. Octobr. m. d. xlh^'.
D. Jacohus heri vesperi venit, sed proli dolor, nihiî boni
attulit. Adversarii in uî'he dominantur. Nostri, cum legatio ad-
veniret, non aderant ^^ Legationem itaque itrhe excluserunt, et
nec equos eorum Jiospitio accijyere voluerunt. Vix tandem impe-
tratum est, ut très mitterent adversarii ex urhe qui Legatos
audirent. Auditis, mdlum resjwnsum dederunt, causati Senatuni
totum cogi non posse, propter pestem, quae uno die 50 absumit^^
** Jacob Sturm. Après l'accueil fait à l'ambassade, à la fin de septembre
(renv. de 22-23), il n'avait plus qu'à retourner à Strasbourg,
19 Bohert de Heu (N" 1157, renv, de n. 4-6),
^** Jean Brunon Niedbrucker, appelé aussi Jean de Metz (VII, 191, 196).
2* Dans l'imprimé : 1541, ce qui est une erreur évidente,
22-23 geiQu Meurisse, o. c, pp. 44, 45, 50-52, « le duc de Witemberg, le
Landgraff de Hess et les villes de Strasbourg et de Francfort, sous
couleur de pacifier les différents meus entre ceux de Metz et le comte de
Furstemberg.... envoyèrent des députez à Metz : au devant desquels ceux de
leur foction estant allez, ils arrivèrent tous ensemble aux portes de la Ville,
le 28 de Septembre 1542. Les députés s'estant arrestez au Jardin et en la
maison appelée Briba, proche de la Porte des Allemands,.... leurs gens... se
présentèrent à la même porte... et à celle du Pont Reymond, où l'on les
arresta, attendant la permission des Treizes. Sur quoy Gaspard de Heu...
estant arrivé, les fit entrer de son authorité particulière, contre le gré des
Treizes et des Bourgeois....
« Le lendemain, Samedy 30 Sei)tembre, l'on députa quelques-uns des
Treizes et du Conseil vers les envoyés des Princes et des Villes d'Allemagne...
pour ouyr leurs propositions. Toutes leurs harangues..,, ne tendoient à autre
1542 GUILLAUME DE FURSTEMBERG AU CONSEIL DE METZ. 151
Jiirarimt omnino se extrema 2)otihs passuros, qnàm quod nos
petitmts, id est, Regmim Chinsti admissuros^''. Consul volébat
admittere concionem. Frater repugnavit et retraxit eiim. Si
neque eum pro se adeant cives pii,/est iterum et hîc misera
Christi ecclesia. Nostri sine cruce Christum quœrunt. Adversarii
propter Antichristum mille cruces subeunt. Oremus, supplice-
mus, flagitemus opem Domiiii.
TUUS tOtUS BUCERUS.
4165
GUILLAUME DE FURSTEMBERG au Conseîl de Metz.
(De Gorze?)8 octobre 1542.
Le P. Meurisse. Hist. de la naissance de l'hérésie dans la ville
de Metz. Metz, 1670, in-8°, p. 61.
Fermes d'honneur, honnorables, chières, singulières,
Nous avons entendu par nostre serviteur, que puis n'aguères
avons envoyé vei"s vous, touchant l'arrogance, mespris, contempt
et injures à nous advenues en vostre Cité', ce que luy avez
baillé pour réponse. Et ne pouvons estimer que ce soit seulement
la coulpe des cinq personnages, desquels l'un est mort, et les
autres quatre détenus en vos prisons, ou que quand ors vous
puniriez iceux, que par ce nous soit satis-faict : car selon ce
chose qu'à obtenir le libre exercice de la religion de Luther dans la ville de
Metz.... A quoy ceux de Metz ne voulurent pourtant jamais consentir,
s'excusans tousjours avec belles paroUes, en leur donnant, dit l'histoire, tm
gratieux refus.
« Nonobstant cela, Gaspard de Heu et tous ceux de la faction luthé-
rienne.... passèrent jusques à un tel point d'impudence que, le second jour
du mois d'Octobre, ils s'assemblèrent du grand matin en l'église de
S. Pierre aux Images, où Farel les devoit aller prescher. De quoy les
Treizes... ayans eu avis, allèrent aussitost dissiper cette assemblée..., et tes-
moignèrent tant de vigueur en cette rencontre... que les Luthériens furent
contraints de prendre de nouveaux conseils. Alors donc Gaspard de Heu
dit à tous ceux de sa faction qu'ils l'allasseut attendre hors de la Porte Ser-
penoise..., et aussitost montant à cheval, il alla prendre Farel chez Gas])ard
152 GUILLAUME DE FDRSTGMBERG AU CONSEIL DE METZ. lo42
qu'avons vescu par cy-devant, et nous [sommes] démonstré en-
vers vous et vostre commune Cité, nous ne pouvons penser qu'à
tel affaire à nous advenue contre équité et raison, nous ayons
donné aucune cause : ains convient que l'ayons tenu entière-
ment à ce que ce jeu nous ait esté dressé à cause de la Religion,
veu que présentement nous voyons publiquement ce que vous
entreprenez à l'encontre de vos bourgeois qui adhèrent à la
parolle Divine, et qui seulement la voudraient ouyr prescher et
annoncer, non ayant regard que en autres choses ils se présen-
tent en toute obéissance ; et aussi que entreprenez de les des-
chasser et bannir hors de vostre Cité^. Et si par telles vos
Gatnaut, lequel il fit aussi monter à cheval, et s'en allèrent ainsi bien
escortés... à Montigny, faisant entendre, en sortant, à ceux qui estoient là
présents, que Montigny et leurs personnes estoient sous la protection des
Protestants d' Allemagne... »
On voit que Bucer ignorait encore, le 6 octobre, ce qui s'était passé à
Metz quatre jours auparavant.
^* On sait qu'en sortant de la ville, le 2 octobre, Farel prononça les
paroles suivantes : « Vous ne voulés point recevoir Jésus-Christ ; mais je
vous di qu'il viendra une nation qui vous déjettera de vostre authorité, et
ne serés maistres ni de vos maisons ni de vos biens » (Bèze. Hist. eccl,
m, 433).
* Allusion à l'émeute que l'arrivée du comte Guillaume à Mets avait
suscitée, le 9 juillet (N" 1137, n. 9j.
* On lit dans l'ouvrage du P. Meurisse, p. 56 : « Le Clergé et les Catho-
liques n'avoient point manqué de se pourvoir... par devers l'Empereur,
duquel ils avoient receu... mandement exprès que nuls de la ville de Metz
n'adhérassent à aucunes nouvelles doctrines, jusques à [ce] que provision y
auroit esté mise,... et que l'on eust ce pendant à punir les rebelles. Et ce
mandement avoit esté suivy d'une belle Ordonnance des Treizes portant
la mesme deffense... et mesme... de n'assister à sermon d'aucun Prédica-
teur... s'il n'avoit sa mission de l'Evesque,... sous peine de bannissement.
Et cette Ordonnance avoit esté publiée et aifichée par tous les quarrefours
de la Ville au mesme temps que Farel en fut mis hors... Ceux qui estoient
plus notoirement connus alors pour Luthériens ... furent mandez... par
ceux de la Justice, incontinent après la sortie de Farel. Il leur fut en-
joint... de quitter leurs nouvelles opinions et d'obéir ponctuellement au
mandement de l' Empereur et aux ordonnances de la Ville. •
Meurisse dit ensuite qu'on exigea d'eux un serment, qu'ils le violèrent,
« à deux jours de là » et furent bannis. « Les procédures qu'on fit contre eux
durèrent six ou sept semaines. » Ils sortirent de la ville, les uns le 16, les
autres le 20 janvier 1543. Voici leurs noms d'après Ferry, § 413, dont M.
Henri Burtin a bien voulu nous envoyer une copie :
io42 GUILLAUME DE FURSTEMBERG AU CONSEIL DE METZ. 153
entroprises vous procédoz contre autres vos bourgeois, nous
avons bien par ce à comprendre et véritablement à estimer, que
par cette voye vous nous avez aussi voulu aj)prendre de éviter
vostre Cité, et entrepris de nou!^ charger, comme si par
trahison nous eussions voulu mettre la Cité en autruy main : ce
que toutefois oncques nous ne pensasmes, et ne sommes pas
de telle race que l'on doive estimer telle chose de nous.
Et à cette occasion requiert la nécessité de nostre honneur,
veu que le bruit de ce est par tout divulgué, que nous ayons le
conseil de nos seigneurs et amys sur ce, comment nous pourrons
soustenir et deffendre nostre honneur, de sorte qu'un chacun
puisse voir que tort nous est fait. Mais si vous désistiez envers
vos bourgeois de punition, bannissement et autres procédures, et
que ne leur deffendissiez la prédication de la parolte Divine, et
que fussions de ce advertis, nous pourrions plutost conjecturer,
et estre induicts à ce que l'affaire advenue contre nous a esté
faite sans malengin ' : ce que nous ne vous avons voulu celer
par cette, donnée le huitième d'Octobre l'an 1542 \
<r Gaspar Gamaut, marchand, Jean Carchien ou Carquin, marchand et
teinturier, Regnault Daube ou d'Aulhe, marchand, Didier Le Couxat,
drapier, Guillaume le maignier (chaudronnier), Domange dit le Pienne,
Jean-Pierre Martin, marchand, Jean Hussenet, marchand, Simonin de
Gorze, teinturier, Thomassin de Chevillon, drapier, Pierson Mathiai dit
de St. Arnould, marchand ; Ancillon, Jaconiin (ou Jacquemiti), Grégoire,
tous trois huiliers. » — Ces quatorze bannis obtinrent, en vertu du départ
(recès) de Strasbourg du 21 mai 1543, et de l'arrêté du Conseil de Metz du
1" juin suivant, la permission de rentrer. Les autres exilés qui ne l'ob-
tinrent pas alors étaient : « Jean de Termègne, apothicaire, venu de Sedan.
(Il fut feit conseiller l'an 1557). Jean Petitjean, maître d'école, aussi
étranger, Piéresson Mathiat, cordonnier, Mareschal de St. Arnould,
Thiébaut Dollée ou Dolleci. » Paul Ferry ajoute : « Néanmoins il appert
par le dit départ de Strasbourg du 21 may 1543 qu'ils estoient dix. » (Voy.
aussi Meurisse, p. 58-60. — J.-B. Nimsgern. Hist. de la ville de Gorze.
Metz, 1853, p. 92.)
' Sans mauvaise intention.
* «■ La Justice dite les Treizes » répondit au Comte le 11 octobre : « Sur
la motion advenue à nostre insceu et très gros regret en cette Cité, vostre
Grâce y estant, nous avons fait tous debvoirs d'estre informez des délin-
quants... Nous trouvons que ceux qui sont encor détenus en nombre de
quatre ont démérité la mort... et à demander pardon à vostre Grâce : ce que
despiéça nous avons eu notifié à... Robert de Heu, comme celuy qui est
bien féale et agréable à vostre Grâce.
454 MARTIN BUCER A GUILLAUME FAREL [a MONTIGNTJ. 1542
1166
MARTIN BUCER à Guillaume Farel [à Montigny].
De Strasbourg, 11 octobre 1542.
Inédite. Autographe. Bibliothèque des Pasteurs de Neuchâtel.
Gratiam et Pacem ! Charissime et fortissime mi Farelle, heri
accepi literas tuas datas 7 octobris, in quibus memoras quas
miseris altéras, in quibus scripseris de successu préedicationisK
Eas ego non accepi : videris igitur cui illas credideris. Ut heri
nostri ad Senatum istuc gravissimè et minaciùs etiam multo
qtiàm soleant *, scripserint, ex magistro scliahinorum intélligere
poteris^. Onines optmmis et hortamur vos, ut in ipsa urhe'^
Christum prœdicetis et glorificetis. Ipse vos tuebitur.
Tu verô in justificatione pra^dicanda ita omnia attemperas
indubie, ut ex notioribus homines boni inducantur sensim in ea
« ... Par icelles [vos lettres du huitième d'Octobre]... peut sembler... que
vous estimez la motion advenue avoir esté à cause de la religion. Nous... ne
l'entendons pas ainsi ; car, comme sçavez, plusieurs de nous... s'exposèrent
et mirent en dangiers... pour mitiguer et appaiser l'affaire. Et de la
justice que faisons de ceux qui veulent autrement user que du passé, c'est
en ensuivant l'Ordonnance despiéça faite par rEnijJereur... qu'est de
demourer en la Foy Chrestienne... sans vouloir condescendre à aucunes
innovations, comme encor puis naguère S. M. nous a escrit..., comme V. G.
pourra voir par la vraye copie d'icelle lettre, que nous vous envoyons avec
cette... » (Meurisse, p. 65-66).
* La lettre de Farel à Bucer du 7 octobre est perdue. Dans « l'autre, »
qui était antérieure, parlait-il du succès des prédications qu'il avait faites,
dès le 4 septembre, dans la maison de Gaspard Gainant, ou bien de celles
qu'il avait commencées, dès le 2 octobre, dans le château épiscopal, à Mon-
tigny (N"' 1157, n. 2; 1164, fin des n. 22-23)?
* Le ton menaçant de la missive strasbourgeoise du 10 octobre s'ex-
plique par le mauvais accueil que les députés des Protestants avaient
éprouvé à Metz (28-30 septembre).
* " ^ Magister Schabinorum et Consul désignent Gaspard de Heu.
4, 6 »i 10 parel prêchait depuis le 2 octobre à Montigny, village situé à
une demi-lieue de Metz. Nous n'avons pas la preuve positive qu'il soit
« rentré dans la ville » quelques semaines plus tard.
1542 MARTIN BUCER A GUILLAUME FAREL [a MONTIGNY]. 155
quae minus nota habont : ut hostos criminationc eorum vitioruni
maxime urgeantur, quae omnibus bonis et aliqu(^m sensum recti
habentibus, pro vitiis habontur. Fructum justificationis, bona
opéra, fructus j)œnitentiïe sic explices/ut et Christo fuiidamenta
jacias disciplina% et planum facias, hostes vei'bis ista jactare, re
ipsa nihil îequè odisse. Cumque in génère et in specie exj)lical)is
vermn usum sacri ministerii, Sacramentorum, aliarum veterum
cerimoniarum, Sabbathi, sacrarum oblationum, jejuniorum, pu-
blicarum precum et cantionum, multum detrahitur existima-
tioni adversariorum, et idololatrite eorum maxime patefiunt ■' :
quod etiam, dum deplorando inagis quàm exagitando convitiis,
et cum luculenta significatione amoris erga homines et doloris
de perditione eorum, facimus, plus etiam proficimus.
Sed ipse probe nosti ut, in istis initiis regni Christi revocandi,
magis nobis eo respiciendum sit, ut eos quos nulla novationis
et licentiœ mpiditas tenet, sed vera Christi religio (tametsi prîe-
ter explicatam Christi scientiam), lucrifacimmis, quàm ut grati-
ficemur quibusdam intempestivis novatoribus. Namilli quidem(V)
manent et adferunt veros Evangelii fructus, cum alii eô nocen-
tiores hostes Ecclesiœ evadunt, quô initio contra pa])alia magis
exarserint. Ut omnem sanabilium hominum olî'ensionem vite-
mus, et curationem cautissimè instituamus, vocati sumus. In
id élaboras indubie summis viribus. Dominus det ut quàm pri-
mùm in urbe te concionari audiamus •■'. Quid i)Oterit Consul •
suavius, hoc est, reipublicae suse magis salutare, et sibi coram
Deo et angelis atque sanctis ejus honorificentius agere ^ V Co-
gitet se patrem patrise et populi sui scrvatorem esse debere.
Exempla perpendat adolescentis Davidis, pueri Josiœ, etc., quae
tu illi semper meliùs^ Prœcare ei robur Christi ad optatum succes-
sum, meis et ecclesiae nostrœ verbis, quœ eum maximi in Domino
facit : ideo ardenter pro eo orat. Orat nostra ecclesia, oramus
nos, ut Satanam Christus i)edibus vestris subjiciat. D. lo ^ et
alii vestrates non diihitant, rem optime cessuram, si in urbe
audeatis [1. audiaris '"?]. Ita frangetis Satanam coràm. Locns "
^ La fin de ce paragraphe jusqu'à proficimus a été ajoutée à la marge.
^ Cette phrase est écrite à la marge.
' Ce Dominus Joannes, natif de Metz, comme semblent l'indiquer les trois
mots suivants, était Jean Niedbrucker ou Jean Carqtiien (N" 1164, n. 13).
" Un local pour les prédications.
156 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
fdcïlè invenietiir. Dominus adsit vobis ! Arg. xi Octob. 1542.
Fratrem ' ^ officiosè salutes.
M. BucERUS tuus in Domino.
(Inscriptio :) Eximio apostolo Christi Guliel. Farello, suo in
Domino colendo et charissimo '^
1167
SMON SULTZER à Jeaii Calvin, à Genève.
De Berne, 21 octobre 1542.
Calvini Epistolae et Resp. 1575, p. 41. Calv. 0pp. XI, 454.
Binas ad te dedimus dierum non ita multorum intervallo '.
Itaque et tuas expectamus jam, idque eo avidiùs, quo magis
tuum ecclesieeque statuni cupio cognoscere. Quanquam enim
andiam non sine voliiptate fœlicem istic ecclesiasticae reforma-
tionis disciplinaeque eommunis successum, te tamen scribente, et
rectiùs liceat singula perspicere et animo meo magis exultare,
qiiippe qui spem foveam, aliquando nostram nohis ignaviam
ecclesiam istam vel exemplo tacito oppi'ohraturam ^itiliter. Neque
nos sanè spem al/jecerimus, revocari aliquando mimsterii sacri
cum suis partihus audoritatem^ , Ecdesiœque vel aliquam facieni
conformari xmsse, si sublato fatali dissidio liceat aliquando ôixo^-j-
liaèbv in communem causam inciimbere, prsesertim cum tu et
tui similes velut l8et£e aves pr^evolantes appareant, nec sinant
despondere animum. Dominum itaque precor totius pacis cha-
l'itatisque Patrem, ut suuni Spiritum impartire nobis dignetur,
*^ Claude Farel.
*' L'adresse porte cette note de Guillaume P\irel : « D. Buceri, » et,
plus à droite, en caractères à peine lisibles : « Noèl Thorel de Rouen. »
En écrivant ce nom, le Réformateur ne se doutait pas que, seize ans plus
tard, il épouserait la sœur de ce même Thorel.
^ Lettres du 16 septembre et du 4 octobre.
* A comparer avec le N° 1164, renvoi de note 9.
loi2 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 157
uti prodigiosa luw lues tnllatiir è grego siio: nobisque donot ut
certis, modoratis ac salutaribus consiliis cuncta poragamus.
Caeterùm ex Argenforafo heri Adriamis, aluninus noster^
fausto nuncio signiticavit Coloniensém Episcopum'* yrofliffata
Papismi impietate reformationem religionis per totam ditionmi
sîtam moliri, D. Buceri auspidis, qui denuo nunc serioque ab
ipso at'cersitur, crediturque eô profecturus"' verè sanctus Chi-isti
Apostolus, Idem verô etiam Monasterienseni episcojnim^ niedi-
tari, ac utrumque ad Protedantium fœdus asj)irare ". Nain de
Argentinensi nimirum accepisti, qui ArgeiiiiiiensiumQi quorun-
dam suorum liortatibus impulsus, colloquium in Molsheim
instituit^ quod hoc ipso tempore 1)1). Bucero, Hedione aliisque
pripsentibus peragitur, mox nimirum auspicatoque ai)ei'turum
per eam quoque provinciam Evangelio ostium. Doniinus Jésus
lai'giatur fœlicem progressum, non solùm i)ro])ter horum
ditiones amplissimas, verùm etiam propter exemplum quod hac-
tenus inusitatum : ita nimirum etiam alios invitaturum ad
capessendam alacriîis Evangelicam veritatem, qui per metum
forte nihil sunt primi ausi tentare.
De Fcn'ello nostro nimirum exBucei^i literis omnia intelliges:
cujus angustise miritîcè meum animum solicitum habent atque
percellunt. Dominus et illius et Ecclesiœ misereatur, qui solus
* Ce pensionnaire de l'Ecole de Berne était peut-être Adrien Blauner.
* L'électeur Hermann de Wied, archevêque de Cologne (YI, 259-260,
n. 14 ; Vn, 190, 195, 419, 449, 451, 452. — Sleidan, H, 309 et suiv. —
Seckendorf, III, 435-437. — C. ^Yarrentrapp. Hermann von Wied h. sein
Reforniationsversuch in Kôln, 1878, p. 122-125).
^ Bucer arriva à Bonii le 14 décembre 1542, et il y resta jusqu'au
24 août 1543.
*'^ Frantz de Waldeck, évêque de Munster en Westphalie (Seckendorf,
m, 40. 114, 418, 513. — Warrentrapp, o. c. p. 123, 124).
* Erasme de Limbourg, élu évêque de Strasbourg le 8 décembre 1541
(M, 127; vn, 198). Ce prélat très instruit, pacifique et tolérant, était
universellement honoré. Dans la conférence qu'il tint à Molsheim, le
16 octobre 1542, les députés de la ville de Strasbourg le prièrent instam-
ment de réformer son clergé et de jiermettre une discussion entre les
théologiens des deux Eglises. Le Chapitre y consentit, la même année, et
il y eut des théologiens nommés en vue d'une enteute à réaliser. Mais
l'affaire traîna en longueur, et les événements des années subséquentes
l'empêchèrent d'aboutir (Voy. Rohrich. Gesch. der Réf. im Elsass, II,
28, 29, 277).
158 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. iS42
potest repressa tempestate, serenitatem inducere, ut qui verbo
mare sedat quamlibot fremens exitiumque minitans. Nos tantùm
eum precibus excitemus cum nostris tum ecclesiarum nostrarum,
et verorum Christi membrorum avu.-Ka^siaq declaremus. Non
desino expectare lœtius aliquod nuncium, quod utinam brevi
accipiamus.
Vitehergœ, ne et hoc nescias, D. LutJierus Eucharistiœ siible-
vationem, in Cœnse sacrœ administratione exercitam hactenns,
sustidit^, tintinab^diqiie pidsum, propterea quod et Gallos q2<os-
dam et Germanise sitperioris studiosos ea cerimonia offendi intel-
lexisset. Sed et in Ecdesia Leipsensi, ipso consentiente, his men-
sibus, excepto uno, altaria omnia sunt confracta et simulacra
omnia sublata'", ut plané declararit se non tam cerebrosum
prœfractumque quàm vulgô habetur et audit. Id igitur nuncium
mihi ab honiine tidei exploratae significatum eô me oblectavit
impensiiis, quôd sperem plurimum ponderis ad Catholicam
ecclesiarum consensionem habiturum hoc factum, quando rituum
vel copia vel diversitate apud Saxonas non pauci offenduntur
hactenus, maxime cum non desint ubique artifices miré ad
calumniam omnia detorquendi et cavillandi; Pmdus Fagius
Isuensis ' ' I). Capitoni piae mémorise successurus fertur tum in
^ Luther écrivait, le 1""' novembre 15-42, au pasteur de Zwickau : « Exis-
timo liberam esse elevafionem sacramenti, semperque sic existimavi. Neque
unquam tamen damnavi ecclesias Saxoniœ quas sciebam elevare... » Et, le
10 novembre, à Spalatin : <■ De eîevafione sacramenti facias quod libuerit...
Ego in rébus istis neutris nolo poni ullum laqueum » (Luthers Briefe, éd.
de Wette, V, 504, 507), — déclarations équivalentes à celle-ci de Calvin :
« Hfec indifferentia sunt et in libertate Ecclesise posita » (Voyez notre
t. IV, p. 106, note 6).
^^ Ceux des documents contemporains que nous avons pu consulter ne
fournissent aucun renseignement sur la destruction des autels à Leipsic.
" Paul Fagius (vulgô Bûchlin) né à Saverne en 1504, ancien élève de
Bucer et de Capiton, était déjà célèbre comme hébraisant. D exerça d'abord
le ministère évangélique à Isny (Souabe), où la générosité d'un magistrat,
Pierre Buffler, lui permit de fonder une imprimerie, destinée spécialement
à la publication de livres hébraïques. Conrad Gesner (Bibl. univ.) en énu-
mère sept ou huit que Fagius fit paraître de 1541 à 1542 avec la traduc-
tion latine. Lorsque celui-ci fut appelé par les Strasbourgeois, il était
pasteur à Constance, où il venait de succéder à Jean Zwick, mort de la
peste le 23 octobre 1542. Ce fut seulement en 1545 qu'il s'établit à Stras-
bourg (Voy. Rôhrich, o. c. II, 33, 34).
1542 GUILLAUME FAREL A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 159
ministerio ecclesiastico, tum Thoologiae profossiono, isquo in
horas expectatur. Haec te scire volui. Quicquid erit te non celabo
quem ex animo et verè colo et diligo. Doininus te servet cum
uxore et symmistis, quos meo noinifie amanter et diligenter
salutabis. Salutant te ContzeH.[us], Beat.[îis], Oryti.\ieus\ et
Telamon '^ Vale. Bernae, xxi. Octob. Anno m. d. xlh.
TUUS SULTZERUS.
1168
GUILLAUME FAREL à Jean Calvin, à Genève.
De Montigny, près de Metz', 22 octobre 1542.
Manque
On lit dans la Vie de Farel par Olivier Perrot : « Geste
mesme année [1542] Farel entreprint le voyage de Metz en
Lorraine, pour y travailler en Fœuvre du Seigneur, qui desjà y
estoit bien advancée. Ce fust sans doute sur quelque advis receu
que son ministère y seroit fructueux comme en d'autres lieux.
Et estant désiré des fidèles pour tel œuvre, mesme par le congé
de son Église. Car avant ce, en Tannée 1541, il avoit escrit aux
Seigneurs de Metz en la faveur des fidèles, pour impétrer libre
exercice de la religion^
»2 Voyez la note 13 du N" 1158.
^ Voyez le N" 1164, fin des notes 22-23. C'est bien de Montigny, et non
de Metz, que Farel écrivait alors. Paul Ferry, faisant l'inventaire des
manuscrits qui lui avaient été confiés par les ministres neuchàtelois, a
tracé la note suivante, § 405 : « Deux lettres latines de Farel, escrites
Monianiaci le 22 octobre 1542 à Calvin, l'autre à ceux de Neufchastel le
23 octobre 1542, Montaniaci , à Montigny » (Communication obligeante
de M. le bibliothécaire Henri Burtin).
" David Ancillon s'exprime comme il suit, dans la Vie de Guillaume
Farel (Amsterdam, 1691, p. 210) : « Ce fut de Neufchastel, où P'arel
estoit le Ministre ordinaire, que dès l'an 1541 il escrivit au Magistrat de
Metz en faveur des fidèles (ce sont les termes du Journal) \)ouv obtenir
pour eux le libre Exercice de la Religion. Ce fut au mois de Septembre,
l'an 1542, que Farel arriva à Metz. » Ailleurs, p. 65, il mentionne « le
Journal très exact de Farel, » et, aux pp. 98, 110, 202, il dit : « Les Mé-
moires de Farel..., le Journal de Farel que j'ay entre mes mains. » Or, les
passages qu'il emprunte à ce prétendu Journal sont tout simplement tirés
160 GUILLAUME FAREL AUX PASTEURS DE NEUCHATEL. 1542
« Il peut arriver là environ le mois de Septembre. Car estant
à Metz, il escrivit lettre à Calvin du 22 Octobre 1 542, en laquelle
fait mention du zèle du peuple à l'aller ouïr prescher, d'un bap-
tesme administré à une fille avec édification ^ des maux et tra-
vers que soustenoyent les fidèles, d'un cri public prohibitif
d'aller ouyr Farel sous l'amende pécuniaire et converser avec
luy, d'un Mandement de par l'Empereur, crié et afiiché par arti-
fices es places j)ubliques* et déchiré par des enfans, etc., d'un
mécontentement que le Comte Guillaume tesmoignoit des retar-
dements donnez à la Parole et fascheries causées aux fidèles. »
(Manuscrit original, p. 67. Bibl. de MM. les pasteurs de Neuchâ-
tel.)
1169
GUILLAUME FAREL aux Pasteurs de Neuchâtel.
De Montigny \ près de Metz, 23 octobre 1542.
MANQUE
Immédiatement après les deux paragraphes que nous avons
extraits de la Vie de Farel par Olivier Perrot (N° 1168), on
du manuscrit d'Olivier Perrot (cité plus haut), qu'il a pris pour un ouvrage
du Réformateur lui-même.
J.-C. Fixslin (Beytràge zur Erlaiiterung der Kirchen-Reformations-
Gesch. des Schweitzerlandes. Zurich, 1749, t. IV, p. xlvii) a copié et
embelli l'erreur d'Ancillon, que le Musœum Helveticum (Turici, 1746-53,
7 vol., Particula XIV, p. 310-312) a signalée en 1749, L'éditeur de la
France protestante (2°" éd. VI, 390) s'est également trompé en confondant
le prétendu « journal de Farel » avec « le livre de raison ou carnet sur
lequel le Réformateur inscrivait les événements et les dépenses de chaque
jour » (Voy. notre t. I, p. 179).
* Nous ne saurions dire si c'est le baptême dont parle Fathon dans sa
lettre du 28 novembre (N" 1183, renv. de n. 12-13).
* Ancillon, op. cit., p. 65, affirme que la lettre de Farel du 22 octobre
« fait mention... d'un mandement prétendu de l'Empereur affiché par
artifice aux Carrefours des rues, et déchiré par les Enfans. » — Les ma-
gistrats de Metz auraient-ils osé se prévaloir d'un faux mandement impé-
rial et le déclarer authentique (Voy. leur lettre du 11 octobre, N" 1165,
n. 2, 4)? — Sleidan, II, 276, n'exprime aucun doute sur la réalité du susdit
mandement.
1542 RENÉE DE FRANCE A HENRI BLLLINGER, A ZURICH. IGl
trouve le suivant : « Du 23- dit mois [d'octobrej, il escrit à ses
frères, les Pasteurs de la Classe de Neufchastc^l, leur descrivant
les grands dangers esquels se rencontroit, les priant de ])rier
I)Our luy et les exhortant de courageusement poursuivre à tout
ce qui restoit à faire, et dresser tout en Itoii ordre. »
1170
RENÉE DE FRANCE à Henri BnlliriiJer, à Zurich.
De Ferrare, 24 octobre 1542.
Inédite. Copie contemi)oraine. Arch. de Berne.
(traduit DE l'allemand.)
Vénérable Monsieur Bullinger,
Nous avons reçu par le porteur de cette lettre, M. Celio
Secundo, votre missive et vos offres de service très amicales,
ainsi que le superbe cadeau qu'il Nous a apporté en votr(^ nom.
Nous lui donnons à cette heure pour instruction de vous remer-
cier grandement et de cœur, et de vous témoigner quel grand
jjlaisir Nous ont fait éprouver votre cadeau et les nouvelles que
vous Nous avez données ])ar écrit. 11 est également chargé de
vous informer, de Notre i)art, d'autres choses, pour lesquelles
Nous nous reposons sur sa lionne et suffisante judiciaii-e; aussi
ne voulons-Nous ])as vous arrêter davantage sur ce sujet '.
' Voyez la note 1 du N° précédent.
^ La date du 1/i Octobre indiquée par Ruchat, \, 211, esit une faute
d'impression. Tout ee qu'il dit de la lettre de Farel aux Ministres de la
Classe de Neuchâtel, est en elfet emprunté à la page 210 <Ie l'ouvrage de
David Ancillon, qui s'est borné à reproduire, mais avec d'autres termes,
le résumé d'Olivier Perrot.
* Dans la lettre de Bullinger à Vadian du lî) décembre, que nous avons
déjà citée, on lit au sujet du voyage de Curione en Italie :
« Post mensem redit e Lausanna Coelius, Italiam denuô ingressurus, ut
inde curet in Germaniam transportari uxorem ac liberos. Orat l'rim'ipi
scribam Ferrariœ, quîe Ludorici, régis Francift", tilia est. Obsequor ac
inhortor Principem ad pietatem, et ut pulsos propter Christum bénigne
foveat. Addo nuinus, comincnldrios niros- in Matfhœum, quibus acceptis
T. vin. 11
162 RENÉE DE FRANCE A HENRI BULLINGER, A ZURICH. 1542
Seulement Nous vous dirons Notre cordiale prière et Notre
sérieux désir que le susdit Celio soit recommandé à votre con-
fiance comme une personne qui en est tout à fait digne, et à qui
le Seigneur a départi en abondance de ses grâces et de ses dons.
Il a une épouse et sept enfants, desquels il a laissé quatre ici,
parce qu'il n'a pas osé les aventurer sur une lointaine route,
dans un âge si faible et si tendre. Vous verrez les trois autres
avec leur mère, si Dieu le permet ^
C'est pourquoi Nous vous prions, par l'honneur de Celui qui
nous a unis dans un même esprit, que vous leur soyez secourable
en ce qui sera nécessaire et autant que cela vous sera possible
par l'inspiration de Dieu; car Nous avons cette pleine coniiance
en vous, que vous ne négligerez rien de ce qui touche à la cha-
rité et à la compassion chrétiennes.
Nous vous offrons sérieusement que là où Nous pouvons faire
preuve de Notre amitié et assistance à vous et à vos amis. Nous
voulons être prête à vous servir. Nous n'avons plus rien à dire\
acciugitur itineri ac abit.... Serô autera rediit Cœlius ex Italia, advehens
secum uxorem et liberos, mira de persecutione Pontificis referens. Attulit
qiioque literas à Regina illa sive Principe, Ferrarice scriptas ad me perhu-
maiiiter et summa cum pietate, quibus gratias agit pro munere, vicissim
adbortaiis ad pietatem. »
^ Les plus âgés des enfants de Curione étaient : Violanthis, née à Ceva
le 8 novembre 1532, Horace, né à Casai, dans le Montferrat, en 1534,
Léon, né à Sales (Milanais) le 13 janvier 1536, Augustin, né à Sales en
1538. Leur mère, Jlcirgaretha Blanca Isacia, appartenait à une famille
noble de Milan.
Dans VEpistola placée en tête de sa Christianœ Beligionis Institutio,
Curione s'adressant à ses fils Horace, Léon et Augustin, leur dit : « 0 dul-
cissimi mei filii, mefe (ut spero) seiiectutis tria lumina, ab eo tempore quo
ingredi et fari cœpistis, nunquam destiti vestros teneros animos et annos
ad virtutem informare, in rectam vitae viam deducere, ac potissimùm opti-
mis certissimisque nostr»... religionis sententiis imbuere.... Te primum
alloquor, Horati. qui ut PPtate, sic etiani bonestarum rerum cognitione...
fratribus tuis antecellis : meministi, credo, per quos quautosque labores et
molestias, per qute pericula, niminim per saxa, per ignés, ut ille ait, non
pauperiem fugientes, sed Christum sequentes, vos semper ego, et pia ves-
tra mater, educaverimus... »
^ Dans le texte allemand, qui doit avoir été traduit du français par
ModoJphe Gualther : Xitf mehr dann, rien de plus, si ce n'est, etc. —
comme on disait dans les lettres françaises : A tant (en ayant autant dit),
je ferai fin, etc.
I.')i2 JEAN CALVIN A PIEKRK VIHET, A LAUSANNE. I fûJ
si ce n'est qu'il plaise à Dieu de vous maiuteiiii- dans sa grâce
divine. Donné à Ferrare le 24""" jour d'octobre. Tan l.')42.
Renée de France.
(Suscription :) A Monsieur H. Bullinger, autistes de l'Église.
Zurich,
1171
JEAN CALMN à Pierre Viret ', à Lansamie.
De Genève (enlre le 25 et le 28 octobre 1542.)
Copie cont(Mnpor. Bibl. Publ. de (ienève. Vol. n° 111". Henry,
0. c. II, Api)endice, j). 5. Calvini Opéra, XI, 4ô7.
Literae tuae, quibus rogabas ut de bonis ecdesiasticis aliquid
conscriberem \ niihi die linue ■' redditîf fuerunt, cuni adliuc
esseni in nu])tiarum reliquiis occupatus \ Quanquani illud h me
[1. me à] scribendo minime impediisset. Sed ab eo tem])ore nul-
lum temporis momentum milii vacuum fuit. Pestis hic quoque
vchementior esse incipit. Et pauci, quos attigerit, salvi evadunt.
Destinamlns fuit unus ex nostro collegio qui iegrotis adessef.
Quia Petrus ^ se ohtidit, facile oranes passi sunt. Si qnid ei acci-
' La copie faite par Ch. de Jonvilliers porte en tète : « Calvinus Vireto. »
Pour la déteriniiiatioii do la date, voyez les notes 3, 4, 5, 11, 14.
^ Depuis le 19 septembre (N" 1160) Viret avait écrit deux lettres à
Calvin, pour requérir de lui un mémoire sur les biens ecclésiastiques.
' Ce « lundi » était certainement le lundi 23 octobre, jour où le Conseil
de Genève prit deux décisiojis indiquées plus loin (renvois de ufite ô et 11 ).
Il ne peut être ici question du lundi 30 (note 14).
* l'our quelle raison Calvin aurait-il dû s'occuper spécialement de la
noce de Claude Franc, célébrée le 24 septembre ou le 1"^ octobre (N° 11.59,
renv. de n. 3)? Il s'agit ici de celle à' Antoine Calvin, qui venait d'éi)0user
Anne, fille de Xicolas le Ferf (N" 11S7, n. IC).
* Le pasteur Pierre Blanchet, conmie on le voit dans ces passages du
Registre du Conseil : « Lundi 23 Octobre. M' P. Blanchet, ministre évan-
gélicque. Lequelt d'ung grand cueur c'est offert d'aller à l'hospital pesti-
lencial ])our consoler les povres infect. Sur quoy résoluz qu'il soit accej)té
164 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1542
derit, vereor ne mihipost ewn sit périclita ndum. Nom, ut dicis'^,
quia sumus singulis memhris dehitores, non jyossumus ils déesse
qui prœ (diis nostrum miuisterium desiderant. Neque taraen
iiieum consiliiiin est, ut. diiin voliiinus parti coiisiilere, ipsum
occlosice corpus deseramus. Sod quandiu siinuis in hoc inunere,
non video (juid prsetexere iiobis liceat, si periculi tiinore eos
destituiiims (iui])us maxime auxilio opiis est. Quantum ad vos
pertinet, dixi til)i quid mihi videretur. Nunc quia vobis iUe su-
})latus est \ quœrendus est alter, qui in ejus vicem su})stituatur.
Si iiemo repcrietur, ineunda vobis est ratio, sed de communi
consilio fratrum.
Bernurdinus noster nmns machinis impetitiis est, id nohis
abduceretur ^ Constariter tameii perstat. Et magna ex [jarte
ansam prsecidit Antichristo, ne posthac de eo solicitaudo cogitet.
Scripsit enim volumen conciormm ^ in cujus tine palàin ])roti-
et que il liiy soyt provliou de toutes [choses] néoessayres... » — « Mercredi
25 Oct. M' P. Bïanchef, de sa spontanée volunté est allé autjourduy en
l'hospital i^estilencial pour consoler et solager les povres infect de peste. »
" Dans l'une de ses deux lettres récentes (perdues pour nous), Viret
])arlait sans doute des progrès de la peste à Lausamie, et des mesures de
préservation prises récemment par les magistrats lausannois.
^ Ce n'est pas une allusion à Béat Comte, collègue de Viret, mais au
diacre de Lausanne [Vital Bohert ? N" 1121, n. .5], qui avait été enlevé
par l'épidémie.
* Les agents de la cour de Rome essayèrent peut-être d'acheter Ochino
ou de l'épouvanter. En tout cas, avant de recourir aux calomnies et aux
libelles, ils employèrent d'abord « les merveilleux stratagèmes » dont parle
Calvin.
Ochino, parti de p'iorence le 23 août (c'est la date vraisemblable donnée
par son récent biographe), avait passé par Ferrare, Brescia, Chiavenna, le
canton des Grisons et Zurich, et il était arrivé à Genève dans le courant
de septembre. Ses Sermons y parurent le 10 octobre. Ce n'est que vers la
fin du même mois qu'il put connaître les accusations et les reproches
qu'on lui adressait d'Italie. Entre autres lettres qu'il reçut alors, il convient
de mentionner celle du célèbre humaniste Tolomei. Elle est datée de Rome,
le 20 octobre 1542 (Lettere di Claudio Tolomei. Yinegia, 1566, ft; 237-41.
— Choix des cinq livres des Épistres argentées de Tolomei. Paris, 1572,
j). 172-177). Voyez, sur les accusations des Italiens et sur les réponses
d'Ochino, Maccree, o. c. p. 216-210. — F. Treclist I. Die protestantischen
Antitrinitarier. Heidelberg, 1844, t. H, p. 202-205. — Benrath, o. c.
p. 136-170.
^ Intitulé : « Prediche di Bernardino Ochino cîa Siena. Si me perse-
15i2 JRAN CALVIN A l'IKHRE VIllKT. A LAUSANNE. 165
tetur se iiostniiu prorsùs ac sine oxccptioiio osso, M/dfi liali
eum iuvisviif. Etjam duos alios concionatores haheniiis^'^. (,)ui-
ciinquc euiii noverunt, existimant non parvani accossionem
factani esse Christi ve^uo in uno capitc. Me intci-ca. ut scias,
minime dormire oportnit. Qnd peiiiiihs hominem considpro, eo
pluris facio. Sed t'atetnr se magnoperc adjutnm et sublcvatum
à me. qnominns conciiteretnr. Senatus jam concessit. ut concio-
netur quoties visuni fuerit ". Halx'mus liîe Jiiïïhmi Camillum,
cujus tam diuturna mora nolns nonnihil suspecta est '^ Tamctsi
enim liberaliter ore jactat Evangelium, quia tamon ali(|uid
clandcstini consilii hal)et, quod etiam incognitum nobis displi-
cct, eum meritô timemus. Sed l)ene habet, quôd BeiiKiidiitiis
sil)i tanquam al) hoste cavet.
\'erùm jam ad illiid tuuni de houis ecclcsiasticis postnlatnm
revertor. Mam iterum mihi in mcmoriam revocas posterioribus
quuti sunt, et vos porsequcntur, sed Oninia vincit Veritas. 1542 die
X. Octobris, » in-8" (Bonratli, p. 375). La conclusion do ces Sermons est
traduite à la p. 182 de la biograpliie précitée.
'" L"un de ces prédicateurs s'appelait Frà Girolamo da Melfi (Beuratli,
o. c. p. 134).
" On lit dans le Registre du Conseil de Genève, au 23 octobre :
« ]M. Bernardine de Sesnaz [1. Sief/a] lequelt est homme sçavant et désire
presché publiquement la parolle de Dieu en langue italienne. Sur quoy
résoluz qu"il luy soit baillé place de prescher à S.-Pierre en la chapelle du
cardinal [de Brogny] ])our ung jH'ult de temps, et dempuys pourra cstre
mys à S.-Gerniaiti. Et semblablement ])()ur aulmosne a esté advisé de douer
à uny sien comparpiyon six escus soley. >
'^ Voyez, sur Juîius Camillus, le t. III, p. 312, note 25. Jean Sturm
écrivait de Paris à Bucer, vers le milieu d'octobre 1533 : « Julius
Camillus, qui jam per annos jtrojie quadraginta ).a5w(> i^icoae, vir recon-
dita eruditioue, mirabili pietate, ex Ilalia a lù'ge magnis promissis et
prsemiis vocatus, te voluit per me suo nomine officiosissimè salutari... »
(Gérard Roussel par G. Schmidt, p. 219).
Sturm ignorait que ce personnage était un habile charlatan, (hjraldus
l'a (jualitié sans ménagement dans son dialogue II, de l'oëtis (Freytag, o.
c. III, 132), et Gaillard (Hist. de François I, 1819, IV, 157) résume en ces
termes la lettre d'Alciat du 3 septembre 1530 : « Jules- Cnmille assura le
roi qu'en un mois, avec une leçon d'une heure ])ar jour, il le mettroit en
état de parler grec comme Démosthène, latin comme Cicéron, et de faire
des vers dans l'une et dans l'autre langue comme Homère et Virgile.... Il
demandoit ])our récomjx'nse deux mille écus de rente en bénéfices.... i.e
roi le renvoya aussitôt après la seconde leçon avec une gratilicatioii de
six cents écus. »
166 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1342
tuis literis. Ego verô abs te peto, ut mihi ignoscas. Scis enim
Imjus (iiuestionis tractatioiiem esse ejusmodi, quae tempus,
ociiim. auimi qiiietem, ac diligentiam non parvam requirat. Cum
Ratisponse essemus, commodavi nieam operam Bucero in his
colligendis quae inter acta comitiorum edidit '^ Sed quia obiter
duntaxat illic quaestio ista attingitur, quod illic scriptum est
vobis ad prsesentem actionem^* non suflficeret. Aliquantulum
taraen sumi poterit. MiJd autem hifariam videtur distribnenda
causa: Primmn, ut dicatis liane alienationeni miiltis gravihus
offendicidis causam fore. Deinde, ut demonstretis esse iUicitam.
Ojfendicnla sunt in promptu. Quôd Pajnstœ passim Evange-
lium inde infamant. Idque facere cœperunt quo tempore non
habebant tani speciosum prœtextum. Antehac igitur calumniis
usos fuisse : nunc justam accusandi rationem habituros, cum de
direptione l)onoi'um Ecclesia? loquentur. Deinde, quôdj;/e&5in
tota ])rovincia, quia palàm non audet, in angulis omni])us de eo
conqueritur. Ministri autem nihil ha])ent quod respondeant '\
Nam cum adversùs Papae et totius sacerdotii pai)istici sacrilegia
clamitaverint, qua fronte defenderent venditionem qua? Eccle-
siani i)rorsîis S])oliet, ac nudam relinquat, cum fructuum abusum
non tulerint V Tertio, quôd aliis Principilais dent pessimum
exemi)lum. Illos enim plus satis cupidos esse, ut non aliunde
occasionem habeant. Nunc si in bac parte peccent, partem culpa?
dimidiam i)enes eos fore qui illis praeierint. Quarto, eos nescire
neque ba])ere in sua manu, quales futuri m\i ])osteri. Fieri posse
ut, cum nibil Ecclesiœ reliquum fuerit, ea occasione relinquatur
déserta et solitaria.
'^ Voyez, sur cet ouvrago de Bueer, notre t. VII, p. 217, note 3. Dans
l'édition allemande qui fut achevée d'imprimer chez "W. Rihel le 17 déc.
1541 (262 ff. petit in-4"), il est traité des hiens ecclésiastiques aux ff. 114-
116, - — passage à comparer avec le t. V, p. 250, 251.
'* Question très actuelle pour la Classe de Lausanne; car elle devait
s'en occuper le 1" novembre. Calvin était donc obligé, s'il voulait lui faire
parvenir son mémoire en temps utile, de l'envoyer à Viret pour le
dimanche 29 octobre, au plus tard. Il fallait bien laisser deux jours au
doyen de la Classe, François Martoret, pasteur à Verei/, pour rédiger le
projet de requête à MM. de Berne (N" 1174). Aussi fixons-nous la date de
la présente lettre entre le 25 et le 28.
'^■"^ Les arguments indiqués ici par Calvin se retrouvent dans la requête
de h\ Classe de Lausanne, mais présentés avec beaucoup de ménagements.
1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 167
Quantum ad illud secimdum caput pertinot, teiies illiid argu-
mentum in quo prœcijjuus cardo vertitur : Non esse magistridiis
quod Christo et Ecdesue semel fuerit consecratum. At(iue hîc
commenioranda erit lex illa, et ratio-Vetiis : (jiialitor dispcnsari
Inuc bona oporteat. Erit igitnr in eo insistcndum : Ecclesise
fuisse dodicatum quod ini])ii ventres occupaverant. Constare
satis, quis sit legitimus usus bonorum Ecclesiae'^ Eum nunc
sequendum esse. Alienationem anatliemate non cai-er(» et nialc-
dictione : quia sacrum profanet.
Interea tollenda erit omnis suspicio, ne vos atïectare hîc ali-
quid putent. Demonstrandum tamen erit, illam esse optimam
reformationis regulam quam Josias rex pr»scripsit : ut niagis-
tratus inspectionem habeat : Diaconi administrent. Poteritis
tamen testari vos contentos esse, ut magistratus plénum jus ad-
ministrationis habeat : modo tideliter dispenset annuos reditus,
et nihil ex fundo depereat ''.
Vides quàm confuse et tumultuariè pauca ista percurrerim.
Verùm excusatione non utar : apud te prgesertim, qui scis neque
negligentia neque temeritate me, in tanta causa, eflfutire quod
primùm in buccam venerit, sed necessitate coactum pra?cipitare
quod libenter elaborarem, si plus esset ocii. Vale, optime et
mihi chariss. frater. De propin(}uo Corderii videbimus. Fratres
te salutant : iixor mea et tota domus. Iterum vale. Dominus te
et alios bonos conservet. Gmideo plurimùm te in illam domum
demigrasse. Quod nisi factnm esset, conviciis te istinc, uhi eras,
eximlissem^^. Vale. Dominus te consilio s])iritus sui semper
regat, et te virtute sua j)rotegat ex alto !
JOANNES CaLVINUS tUUS.
Vix scio quid scripserim, ita caligant oculi.
'^ C'est ce que la Classe n'osa pas demander à des maîtres aussi oml)ra-
geux que les seigneurs de Berne.
'* Le logement de Pierre Viref se composait de deux ou trois cellules,
dans la partie orientale de l'ancien couvent de St.-François. Il paraît que
des difficultés imprévues surgirent, quand il crut pouvoir s'établir, en 1542,
dans le logement plus commode qu'on lui avait promis. Ce fut seulement
le 9 août 1544 qu'il écrivit à Calvin : « Migro in .^^des de quihus hactenus
tamdiu certatum est. » Nous avons lieu de croire qu'il voulait parler de lu
belle maison située au dessous de la cathédrale, et qui avait appartenu
jadis au chanoine Benoit de Pontareuse, maison dans laquelle les magis-
168 M\RTIN BLCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
il72
MARTIN BUCER à Jean Calvin, à Genève.
De Strasbourg, 28 octobre 1542.
Calvini Epistolœ et Resp. 1575, p. 42. Calv. 0pp. XI. 45fi.
Gratiam et pacem ! Qnàm infœlicHer sihi consuluerhit 2Ie-
tenses, cum regnum Christi, non nisi certi de brachio carnis
admittere vobierunt ', in dies gravioribus calamitatibus i)atetit^
Dominns corrigat quod à nobis peccatum est, et excitet regnum
suum suo brachio ! Colonia moliebatur aliquid pro Christo ^ : id
vereor ut nunc bello quod Brahauti intulerunt Juliacensi ^
etiam dififeratur. Xoster quoque nioHri cœpit aliquid ; sed adver-
sarii, dum non valet id advertere, extrahunt etiam tempus
quantum possunt \ Utinam sentiremus et bona et mala nostra,
et conspirantes rite in Domino, veris supplicationibus incum))e-
remus ! Pœnitentia vera, etiam apud evangeUcissimos, ignoratur.
Christus nos excitet et suo spiritu impleat !
Res nostrœ hîc habent, ut soient, satis languide pro donis
trats lausauuois avaient installé le premier-pasteur Pierre Caroli (novembre
1536). Cette habitation solidement construite, spacieuse, haute de deux ou
trois étages, flanquée de quatre tourelles rondes et élancées, était pourvue
d'un beau jardin, qui faisait l'orgueil de l'ex-docteur de Sorbonne (IV, 109,
291). Elle a été visitée maintes fois par Calvhi et habitée par Viref et par
tous les premiers-pasteurs de Lausanne jusqu'à M. le doyen J.-Pierre-Louis
Ricou. Après lui, dès 1839, la maison fut occupée par l'École supérieure
des jeunes filles, dont Alexandre Vinet présidait le Comité-directeur. Cette
École succédait à celle que M™* Anne-Marie de Molin-Huber avait fondée
en 1837.
A notre époque, où les anciens souvenirs pèsent si peu dans la balance
des intérêts, le vénérable édifice n'a pas semblé digne d'être conservé. Sa
destruction est déjà décidée.
' A comparer avec le N° 1173, note 5, et le X° 1183. renvois de
note 14-15.
* C'est une allusion à l'ordonnance de l'Empereur récemment publiée à
Metz et aux procès qui en étaient résultés (S" 1165, n. 2, 4).
» '' * Yovez le X" 1167, notes i et 8.
loi2 MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 169
iiobis collatis : orato i)ro iiol»is ut iiiagis iiiardpscamus. Ludus
Uteratius non incommodé liabet. Advenit ex Italia \\v (luidam
Gr£eeè, Hebraicè et Latine admoduni doctus, ot in Scripturis
fœliciter versatus. annos natus quadrAginta quatuor, gravis mo-
ribus et judicio acri : Petro Martyri nomen est •"'. Prtefuit Cano-
* Guillaume, duc de Clères, devenu ennemi de l'Empereur ])ar son
alliance avec François I.
^ Pierre Martyr Vermigli (1500-1562). Né à Plorence d'une famille dis-
tinguée, il s'affilia, très jeune encore, aux chanoines réguliers de St. Au-
gustin, à Fiesole, qui l'envoyèrent étudier dans les universités d'Italie, et,
après son retour, le choisirent comme leur prédicateur ])nblic. Il fut suc-
cessivement élu abbé de Spolète et prévôt du collège de 8t.-Pierre ad Aram
dans la ville de Naples (15.80). C'est là que l'étude attentive de la Bible et
la lecture des livres de Zwingli, de Luther, de Bucer, etc., très répandus
alors en Italie, ébranlèrent ses anciennes croyances. Écarté momentané-
ment de la chaire, il n'en fut ])as moins élu visiteur général de son Ordre,
puis nommé prieur du couvent de St.-Fridiano à Lucques. Ses leçons aux
jeunes religieux et ses prédications produisirent dans cette ville une pro-
fonde impression. Mais les Augustins, irrités des réformes qu'il leur impo-
sait, intriguèrent contre lui et le tirent citer à Gênes devant une assem-
blée de l'Ordre. Averti du piège qui lui était préparé, Pierre Martyr se
retira à Pise, d'où il envoya sa démission aux conventuels de St.-Fridiano.
Il se rendit ensuite à Florence et y rencontra Ochino, qu'il suivit de très
près dans sa fuite. Ayant reçu à Zurich l'invitation de se rendre à Stras-
bourg, il arriva le 17 octobre 1542 chez Bucer, qui le lit élire professeur
de théologie. Il adressa, le 25 décembre suivant, à l'église réformée de
Lucques une lettre dans laquelle- il justifiait sa sortie de l'î^glise romaine,
et exhortait ses anciens auditeurs à persévérer dans la doctrine évangé-
lique.
« Pierre Martyr possédait à un haut degré les heureuses qualités qui
distinguent ses compatriotes, sans avoir les défauts qu'on leur a repro-
chés.... Sa piété et son savoir étaient relevés par sa modestie, par sa
candeur, par l'affabilité de ses manières. Ses adversaires eux-mêmes ren-
dirent hommage à ses talents ; et, plus tard, dans l'Église réformée, on
s'accorda généralement à mettre ses ouvrages en première ligne après ceux
de Calvin, sous le rapport de la sagesse et de la clarté » (Voyez Josias
Simler. Oratio de vita et obitu P. M. Yermilii. Tiguri, 1568. — J.-J. Hot-
tinger, III, 756. — Ruchat, Y, 191-198. — Maccree, o. c. p. 130-35, 138-
40, 213, 219-23, 427. — C. Schmidt. Peter Martyr Vermigli. Elberfeld,
1858).
' Paolo Lacisio, de Vérone, qui fut élu professeur de grec à Strasbourg.
Les deux étudiants étaient Theodosio Trebelliario et Julio l'erenfiano.
« Chacun sait (dit Simler, o. e.) que celui-ci resta fidèlement et constam-
ment attaché à P. Martyr jusqu'à sa mort. »
170 • JEAN STURM A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
nicis regulari])iis Lucœ : adduxit très, unum Grœcè doctissimum,
reliquos duos jiivenos studiosos \ Hîc laboravimiis jam no in
tantis ecelosise nostrœ opibus hi osuriant. Respice nos, Domine
Jesu ! Hic te sei'vet et tuos, et habete nostram ecclesiam, ut
soletis, in vestris precibus commendatani. Yalc Argent. 28 Oc-
tob. 1542.
M. BUCERUS.
1173
JEAN STUEM à Jean Calvin, à Genève.
De Strasbourg, 29 octobre (1542).
Autographe. Bibl. de Gotha. Calv. 0pp. XI, 460,
S. P. Petrus, co7icionator noster ', valde angitur de ea pecunia
quani ti])i débet : cui)it enim veliementer til)i persolvere. Cer-
tum debitum est, cuni metuit debitor, et cupit, et cogitât. Pro-
misi me intercessuruni. Rogo ut adhuc aliquantulum temporis
impetret : id quod te puto permissurum. Audio enim res tuas
in bono esse statu, id quod, ut debeo, gaudeo. Quôd uxo7- tua
convaluerit, lœtor : quôd filiolum vivum non habes ^ tametsi
doleo, tamen est aliquid quôd te virum esse declararis, et
expectes alterum partum : quod mihi negatum hucusque fuit,
tibi gratulor. Videor mihi xklero parviduni Calvinum in œdibus
tuis : quas tametsi non vidi, tamen formam earum animo com-
plexus suni, ut etiam filioli. Uxorem meis verbis s.[alutaj dili-
genter,
' Stunn, qui était membre du Conseil de l'église française de Strasbourg
(VI, 398), pouvait à double titre appeler noster le prédicateur de cette
église, Pierre Brulli (VII, 196). Les fonctions de Calvin, comme profes-
seur, avaient été confiées, au commencement de l'année 1542, à Pierre
Boquin ou Bouquin, natif de la Saintonge, ancien prieur des Carmes de
Bourges (Voy. J.-J. Hottinger, o. c. III, 749. — Rôhrich, o. c. Il, 69. —
Haag. France prot. Il, 400).
^ Le fils de Calvin était mort vers la fin du mois de juillet, peu de
jours après sa naissance.
1542 LA CLASSE DE LAUSANNE AU CONSEIL 1>K REIINE. 171
Res religioms apud Mediomatrices indinata est, ut cor/nosces,
ut opinor, ex literis Farelli l Plus sœpo iu liac [vita] * jji-olicitiir
agondo quàui sapiciulo \ Dcus aclsit ei ecclesicL' ! liene valo, mi
Calville. Argcut. 29 Octob. (1542). ^
Tui studiosiss. J. Sturm.
(Ii)scriptk):j ()j)tiiiio et doctissimo viro I). Joauni ("alviuo:
priniario lidelissimoquc Genevensis ecclesiœ doctori.
1174
LA CLASSE DE LAUSANNE 811 Conseil de lieme \
De Vevey, 1" novembre 1542.
Inédite. Minute orig -. C oininuniquée i)ai' M. le colonel
Henri Tronchiu.
Magnitici Principes,
Intelleximus cum ex Decanis qui à vobis istiic accersiti fuere,
tum ex literis quas dignati estis eis ad nos dare, quœ declaratio-
* Cette allusion aux deux lettres de Farel des 22 et 28 octobre, qui ve-
naient d'arriver à Strasbourg, confirme la date que leur donneut Olivier
Perrot et Paul Ferry (N"^ 1168, 11G9).
■* Sturm voulait d'abord écrire in hae humana vita (ou palœstra), puis
il a biffé humctna et laissé subsister i^i hac.
* L'écrivain exprime le même avis que Bucer (X" 1172) : Au lieu d'agir,
les Evangéliques de Metz ont jugé qu'il était plus prudent, plus sage, de
temporiser encore jusqu'au jour où les jirinces protestants s'engageraient
à soutenir effectivement leur cause.
* Puchat (V, 220) et Hundeshagen, qui le traduit (o. c. p. 175), ont
commis quelques erreurs, parce que n'ayant pas connu le texte do cette
pièce, ils ont cru pouvoir en indiquer le contenu d'après la réponse des
Bernois du 12 février 1543. Ainsi Rucliat affirme qno « ht Classe de Lnu-
« saune s'étant assemblée le 1" novembre, dressa un jirojet de divers rè-
« glements pour pousser plus loin la réformation... ; que, dans ce projet
« les ministres de la dite Classe imj)rouvaient en termes fort vifs la vente
« que leurs Seigneurs faisaient des biens ecclésiastiiiucs. traitant de sacri-
« lèges et de Judas les détenteurs de ces sortes de biens. Ils demandaient
« encore l'établissement de In discipline ecclésiastique, voulant remettie
172 L.\ CLASSE DE LAUSANNE AU CONSEIL DE BERNE. lo42
nem extremœ vestrsesententiœ complecimiiur, quid animi habeatis
ad ea quœ in illis fradantur ^ Unde nostri officii esse judica-
vimus, iiiagnificentiœ vestne, quantum oa adtinet, rescribere *
quod pro iiostra virili i)utaremiis vol)is gratissimum fore : nulla
tameii ratioue derogando muneri quod Deus nobis credidit. et
quod ab eo commissum agnoscimus, non autera ab honiinilnis,
neque aliquatenus repugnando nostris conscientiis et officio.
Xi nobis jam satis persuasnm esset, quàm benevolo animo et
qiianto zelo accensi sitis erga eccJesiam Dei, ut eam in sua liber-
tate conservetis. et ministros Christi in ea dignitate qua Pasto-
rum et Ministrorum Evangelicorum Princeps eos constituit. ut
et vestris postremis literis ^ ampliùs testificati estis, potiùs
quàm eam dura tyrannide opprimere, ansam ac occasionem ha-
beremus vos admonendi, non esse Principum qui in Iwc sœcido
agunt, qiiamlibetpotentiummitmijiisciinque conditionis,x>rsescri-
bere sola sua auctoritate Ministris, quie docere debeant, neque
Ecclesix quœ credere debeat et sequi, sed soli Deo pei' suam
Eccïesiam juxta verbiim ejus convocatam, atque ordinem ab
eodem constitutum. Nam qiiemadmodum Ministrorum tantùm
non est Eccïesiam regere ac de doctrina ejus decernere pro suo
nutu, quia debent potiùs ecclesiastico judicio subdi, in quo Ma-
gistratus etiam complectitur : ita si Magistratus itidem sua
auctoritate, citra Pastores et Ministros eosque quibus prfecipuum
« l'Église sur le pied du premier siècle, V excommunication , l'autorité de
« l'Eglise, V imposition des mains, l'emploi des diacres, etc. »
On verra, au contraire, que la susdite requête présentait convenablement
quelques observations au sujet du manifeste bernois du 15 août et de
la vei)te des biens d'Église ; qu'elle ne réclamait ni l'imposition des
mains, ni l'excommunication, ni la discipline ecclésiastique, mais seulement
l'application des règlements confirmés par les Bernois eux-mêmes ; et que;
si elle atïirmait l'autorité du ministère évangélique, elle ne demandait, sur
ce dernier point, aucune innovation (Voy. la note 12).
■'' Elle nous paraît de la main de François Martoret, doyen de la
Classe, et elle porte de nombreuses ratures faites par lui-même.
* Allusion aux lettres de MM. de Berne du 15 et du 16 août (N"" 1147,
1148).
* Après rescribere, on lit les mots suivants, qui sont biffés : (luàm fieri
posset gratissimè.
^ Nous n'avons rencontré aucune lettn' de ]\[]\I. de Berne adressée aux
pasteurs du Pays romand entre le 29 août et le l" novembre. Il s'agit pro-
bablement ici du manifeste du 15 août.
1542 LA CLASSE DE LAUSANNE AU CONSEIL DE BEUNK. M'.i
omis et cura animaniiii ac Ecclesiaî siint concivdita. decernere
vellet quod illi risum essef, deinde id ohsorrdudum jyrœcipere,
alioqui Ministerium'deponere'^', id noii rsset tyratniklem papis-
ticam profligare, verîn)i UUim ))iiif(i/e et à falsis piastorihus ad
altos tyrannos traducere. Xovinw non i)ossiinius vos Inijus jure
accusai'O (taint^tsi non vocatis Ministris ' constitueritis quod
iiobis raandatis : quod tamen videri posset factuni pi-îetor ordi-
nem Ecclesiasticuni qui omnibus s^eculis in occlcsia Dci ol)s(>r-
vatus est, quamdiu luec ali(iuani Ecclesiie sijecicni rctulit),
expensis causis ac rationibus (]u;e vos ad id im])n]erunt, (iuod(}U(^
uiininiè statueretis nobis autcrro jjurè docondi lilx'i-tatoni ea
qute sacris litoris comi)rehenduntur.
Itaqup vobis respondonius, nos haudquaqnam recnsure coiuli-
tionem qnam nohis ohfidisfis, nec quempiam nostrnm esse qui
aliter docuerii, et qui docere decreverit qiwd no» sif ad Ecdesise
œdificationem. Minime intelligentes quôd bac ratione velitis
adsti'ingere spiritum Doniini. quominus semper liceat ei cui
Dominus quicquam revelarit. id Ecdesise ])roponei'e; sed ea
lege, ut nidÏHS audeat noram aliquod dogma Ecdesiœ ohtrndere
dira ejusdem judicimn et consensmn ^ Ac veluti, Magnifici
Principes, ad id adstringi volumus, vos etiam oramus, quando-
quidem offendicula et tur])îe à vestns Ministris emanarunt ^ ut
nicbilo magis liceat eis (julcquam innovare in vestra ecclesia,
non observato decenter ordine, cui et nosmet subjicimus, ad
tuendam mutuam inter nos et illos et in tota ecclesia Christi
pacem et concordiam, sine qua ha^c esse non potest Ecclesia,
et ad occurrendum tumulti])us. scandalis et gravissimis malis
quae Inde enasci possent. Et ut faciliùs nos ipsos contineamus in
consensu doctrinie Evang(^lica? et in syncera pace et amicitia
mutua, dignetur vestra magnificentia nohis concedere qnotannis
® Cette menace existe, en etfet, dans le manifeste ])rémeiitioiiiié (page
101, lignes 15-17).
' Le 16 août, MM. de Berne avaient convoqué pour le 27 du même mois
les doyens des Classes romandes, mais en leur laissant seulement six ou
sept jours pour consulter les ministres de leur ressort.
® Cette loi existait déjà au mois d'octobre ou de novembre 1536 (IV,
188, reuv. de n. .5).
® Les Bernois avouaient dans leur manifeste du 15 août (|ii(' les troubles
ecclésiastiques avaient commencé à Berne même, i)aniii Icins ministres.
174 LA CLASSE DE LAUSANNE AU COiNSEIL DE BERNE. 1542
mit secundo quoque muio, prseter aniiua capitula, vel illoruin
loco, Synodos aliquas generales^^ , ut oJhn habebamus, et qiiemad-
modum pollicemini in statutis vestns synodalibus, typis ex-
cusis " : in quibus de doctrina inquiratiir ac eadem tractetur
non perfnnctoriè atque obiter, ut ferè lit ; sed cum omni dili-
gontia ac timoré Dei, consyderantes niala ac scandala qua? in
Ecclosiam irruerunt, quôd privati sinius liujusceniodi disci-
plina '^ quodque neglecti sint cœtus ac concilia doctrine Chris-
tiania.
Insuper, Venerandi Domini, supplices oramus ex animo, ut
relitis in melioreni parteni i)iterpretari quod vobis scrihimus de
venditiotfe honorum Ecclesue cpuœ hoc tempore fit in ditione
recens parta '^ cnjus vos Deus constituit Principes, protectores
et patres ad instaurandam et conservandani Ecclesiam suam. et
quicquid illius est, atque illani integram conservare, ne dissi-
petur ac ruât prorsùs per falsos pastores ac tyrannos tani cor-
porum quàm animaruni. Quod de hac re vobis scribimus non
bine émanât quôd erga vos malè simus aftecti, aut quôd vana
quapiam moveamur curiositate in iis quorum nosti-a nichil om-
nino refert. Si res nichil prorsùs conscientias nostras remorderet,
*" Martoret avait d'abord écrit : synodum ah'quam generalem.
" Les pétitionnaires entendent les Actes du synode de Berne, tenu du
9 au 14 janvier 1.532 (t. H, p. 395). Imprimés d"abord à Bâle en allemand,
jjuis bientôt après en latin, ils ont paru de nouveau à Berne par les soins
du professeur Christophe Luthard, qui les a placés à la fin de son livre
intitulé : « Disputationis Bernensis.... explicatio, 1660, » in-fol. On les
trouve eu français dans l'ouvrage de Ruchat, t. III, pp. 438-527. >DI. de
Berne leur avaient donné force de lois par un édit du 14 janvier 1532,
édit qui ordonnait de les lire « dans les synodes suivants, qui se tiendront
annuellement au 1" mai ou environ. »
^- De toute la lettre c'est la seule phrase où figure le mot disciplina, et
encore s'agit-il ici de la discipline que prescrivaient les règlements syno-
daux de 1532. De l'excommunication et de l'emploi des diacres, pas un
mot. On ne pourrait du reste supposer que la Classe de Lausanne modifia
la rédaction de Martoret, soit en lui donnant un ton plus agressif, soit en
y ajoutant d'autres réclamations. (Voyez, dans la lettre de Calvin à Yiret
écrite vers le 8 décembre, la note 11, relative au paragraphe commençant
j)ar ces mots : « Literœ [vestrœ] summa moderatione scriptae sunt. »)
is-u >i 17 Voyez, sur la vente des biens ecclésiastiques, les deux lettres
de Calvin, V^ 1163, renvoi de note 8, et 1171, 3""' alinéa. — Ruchat, TV,
531-36.
1542 LA CLASSE DE LAUSANNE AU CONSEIL DE KEllNE. 175
faciliùs ac securiùs tacoremus ac dissinmlaremus, quàm (liccrc-
iiius ici ad qiiod vei-itas nos inipcllit. Nain si liabeamiir Mutistri
Jesu CJirisfi, ut snnius. (»t opinaniur nos à vobis talcs judicari.
tndl((s inficiari possit qimi ea nos aliqha ratioiie adtineant, quo-
rum omnibus ssecuUs Aposioli et veri Pastores ac Ministri Evan-
(jelici curam gesserc^* : nisi qiiis negare vclit ant illos aiit nos
non esse Jesu Christi ministres.
Et quando nicliil aliud nos moveret qukm jusjftrandum qnod
ijesirœ dominationi lynestitimus ^^ , non ])Ossonius tamen jun;
tacere, quin vos coninionefaceronius coruni (pue honoroni vos-
truni et utilitateni concernunt, jjra'sertini ubi lionor Dei Icdi
potcst aut imniinui, — ni nicritô judicari velimus ac haberi pro
adulatoribus, porjuris ac proditoribus Doi et Ecclesias suae ac
vestnie Magniticentiie, qui ejus estis servi ac ministri. Jam verô
satis comjjertum est ex hujusmodi venditione ac aUenatione hono-
rum et possessionum Ecclesiasticat'iim, et earumdem administra-
tione, magna ac horrenda scandcda esse exorta, non solmn in hac
regione, verimi etinm per universum orbem ubi Chiistus nomi-
natur, ut nesciamus quorsum sit nobis potiùs inclinandum '",
quidipie respondere valeamus querelis, accusationibus et oly'ec-
tionibus quas nobis quotidie et boni et mali intentant, neque
qua ratione possimus rem excusare coram Deo et hominilnis.
Eramus jam antea admodum im])editi (piî res])onderemus ({ue-
rimoniis quœ de abusu qui in administratione et dispensatione
eorundem committebatur, subinde tiebant : quo fit ut vobis
cogitandum relinquamus quid atferre queamus, cum jam videan-
tur prorsùs vendi ac distrahi in potestatem alienam ''. QmuI de
vobis, qui luec agiiis, et nobis, qui tacemus, opinari possint fum
boni tum mali; quidque possit promovere nostra predicatio, quw
jam apud complures habebatur ludibrio, qui nunc oblatamJujbe-
bunt occasionem quam venabantur longe commodiorem ad ca-
lumniandum ac detrectandum vestris exceUentiis ac nostro mi-
iiÀsterio, quàm unquam antea ?
Non ambigimus (piin id sano consilio ac deliberatione matura
tentetis, quodque non sine ratione ad id consilii inducti sitis,
'^ Ou trouvcni dans lo t. IV, p. 411, et dans lUicliat, IV, 117, (luclqiics
détails sur le sermeut yirêté à IVIM. do Beruo par les pastinirs.
16 Pi-pn^ièrc rédaction : (piorsuni sit nobis tcndcnduni. in (piani paitcni
potiùs, etc.
176 LA CLASSE DE LAUSANNE AU CONSEIL DE BERNE. lo42
nequaquam praetendentes manus vestras sacrilegio fœdare, vobis
adscribeiido quod Jesu Cliristi est et siiorum niembroriim '^
Intérim tamen niclnloniiiius persévérât scandalum, nec commi-
nisci ])ossiimus rationem idoneain ad satisfaciendum nostris
conscientiis ac caeteroruin. Nam invenire non possumus neque in
divinis neque himianis legihus id Ucere eo pado quo videmus
tradari in prœsentia, ni aliter instruamnr, quemadniodiim nos
sumiis parati vobis fusiùs denionstrare, cum visnni erit Magnifi-
centise vestrse, vel libro super hoc argumento composito '^ qui
explicité continebit argumenta et rationes tam ex legibus divi-
nis quàm bumanis exceri)tas : quœ tam fortes erunt, ut non
dul)itemus eas facile persuasuras qui])usvis animis bonis ac
Christianis quod allaturi sumus.
Itaque, metuendi ac Magnitici Doniini, oramus vos per nomen
Jesu Christi, cujus nomen geritis, ut diligenter expendatis quod
vobis ])roponinius; nec putetis nos curare quod nostra nichil
refert, si modo nos tanquam Ministros Jesu Christi habeatis.
Sed cogitcde potiùs cui et vos et nos serviamus, cuiqiie erit red-
denda ratio nostri officii ac administrationis, qiiid oneris nohis
commissum sit, quid Jesu .Christo debeatis ac ejus Ecclesiœ, et,
ejus causa, ministris ejus, ac omnibus ejusdem membris, atque
in qua per])lexitate ac anxietate essetis vos, si videretis ac audi-
retis quse vide[mus] ac audimus singulis horis, vobis absenti-
bus ^^ tametsi vobis presentibus quidam egregiè dissimulent,
utque ita ecclesiae Jesu Christi pros])iciatis, quô et vos et nos
reddere rationem in conspectu magni Judicis vivorum et mor-
tuorum valeamus, ac satisfacere conscientiis bonorum ac os
occludere calumniatoribus, nec ullam eis ansam Evangelio Jesu
Christi maledicendi ])niebere. Gratia Domini vobiscum ! Viviaci,
ex nostra congregatione. 1. Novembris 1542,
Vestri obsequentissimi servi ac subditi
Franciscus Martor.ïus, decanus,
JOHANNES TORNACENSIS,
JOHANNES A GrUE,
JoHANNES ReBITTUS,
et Petrus Viketus, Jurati, nomine totius Classis-'.
" ("était dire trôs diplomatiquement ce (jne le mémoire de Calvin
15i2 BARTALDIÈRE A d'ESPEVILLE [JEAN CALVIN, A GENÈVE]. 177
1175 '
BARTAUDIÈRE ' à (lEspeYiUc [Jean Calvin, à Genève.]
De Fe^^a^e^ 4 novembre 1542.
Autographe. Bil)l. Pul)l. de Genève. Vol. h" KM), ( alv. <)\)\).
XI, 461.
S. P. Recldita milii est epistola tua. (lua quouiaiu niilii labo-
rare videbaris, ik^ i)arùm à iiobis dilig-cns scribeiido ])utarere,
disait sans ambages : « Aliciiatioiicm anatlicniate non carcrc et nialcdic-
tione, quia sacrum profanet. ^
'® Le livre on question fut effectivement composé (Voy. le X" 1204), mais
il ne paraît pas avoir été conservé.
^" II eût été imju'udent de reproduire ces expressions de Calvin-:
« Plebs in tota provincia, quia palàm non audet, in angulis omnibus de ep
conqueritur » (p. IGG, lign. 21-23).
^' Jean de Tournay était pasteur à Aigle; Jean le Grus, à Montreux ;
Jean JRebif ou Hibit enseignait le grec à l'académie de Lausanne. Les
quatre derniers noms ont été écrits par le rédacteur de la minute.
^ De la présente lettre on peut inférer que Bartaudiere connaissait
Calvin personnellement et qu'il soutenait avec lui des relations très ami-
cales, cimentées par cette confiance mutuelle qui naît de la fraternité reli-
gieuse. Nous désirions en savoir davantage ; mais nos recherches étaient
encore sans résultat, lorsque nous eûmes le plaisir de recevoir la visite
de M. Benjamin ï'illon, de Fontenay-le-Comte, savant très distingué, à
la mémoire du(iuel nous payons tardivement un juste tribut de recon-
naissance et de regrets. M. Fillon, auteur de ])lusieurs ouvrages relatifs au
Poitou et à la Vendée, nous renseigna immédiatement au sujet de Bariau-
dière en écrivant la note que voici : « Mauderc ou Prévost [sieur] de la
Bertaudière, paroisse de St. Philbert-de-Pont-Charrault. près Chantonnay *,
était à Ferrare en même temps que Michelle de Saulionne et Boussiron,
sieur de Grand-Ry. »
Après un témoignage si autorisé, l'enquête nous semblait dûment ter-
minée ; mais il faut la recommencer aujourd'hui. Nous avons lu, en effet,
tout récemment dans V Histoire des Martyrs (éd. de Toulouse, ISSi), t. III.
p. 551) une note empruntée à l'étude de M. .Jules Bonnet sur la Disgrâce
* A 8 1. eu\nron de Foiitenav-le-Coiiite (Vfudée). Il y a une autre Bertaudière, située
dans la commune de Moraud, canton Ghiiteau-Eenault (Imiro-eti-Eoire).
T. VIII. 12
178 BARTAUDIÈRE A d'eSPEVILLE [jEAN CALVIN, A GENÈVE]. 1342
oporoprctium judicavi, ut per me certior fieres, qiiicqiiid à te
proficiscitur tam liîc esse gratum quàm quod gratissimum. De-
ledamw enim cum recordatione tni, tiim maxime tuis literis,
ut rnJiil duhUandum tïbi sit, Jiabere te neminem cui quàm nobis
sint JiA'c officia tua cariora. Sed tamen tu quia haud saepe for-
tassis liabes cui ad nos epistolam rectè dare possis, et es nego-
ciissempei- pluriniis impeditus, nolumus hacliterarumanibitione
tuai'um, officium tuum conturbare. Te niliilominus etiam atque
etiam rogo (quod facere tuo commodo possis) ne justam occa-
sionem ullam scribendi j)r?eterniittas.
Cœlms ày-lniç'jiç periclitatus ^ singulari tandem Dei beneficio
servatus, ad vos provinciam ohiturus jam redit * : cui ne quid
deesset, quominus et honestè, et commode se reciperet, operam
pro nostra facultate dedimus. D. rero Ben^'. [l. Bernardin i']
nobis hitegritas ex multo jam tempore, et usa famiUari pers-
peda ac probe judicata est. De quo tamen varius est hîc hominum
sermo. Hoc, quicqaid est, multoriim solicitât animos. MiJii antem
non fit verisimïle, hominem gravem, et eum senem, adductum
potiùs esse desperatione rerum omnium, quàm cogitato consilio,
ut profectionem * in tanta hominum admiratione ac vulgi ru-
more medituretur.
de 31. et de M"' de Pons (Bulletin du Prot. franc., année 1880, p. 6), où
nous apprenons que l'aumônier de la duchesse de Ferrare, François Bi-
chardot, était « sieur de la Bartaudière. » Mais malgré l'autorité du savant
biographe de Benée de France, nous ne pouvons admettre que Bartau-
dière (ou la Bertaudière * ) et François Bichardot soient une seule et
même personne (Voyez la note 17).
* La date porte Bono.[niœ], c'est-à-dire Bologne. Cette ville renfermait
déjà des « fauteurs de Luther, » comme l'indique l'opuscule intitulé :
<■ Apologia I Fratris loannis Ma | rite Verrati Ferrariensis C'armelitsp, | Ad
Illustrissimum, & inuictiss. Princi | pem Herculem eccellentissi- | mum Fer-
rariae | ducem. ] M.D.XXXVin. » 39 ff. petit in-8°. A la fin : « Bononise
per Vincentium Bonardum Parmensem, & Marcum Antonium Carpen.
Anno salutis. M. I). XXXVIII. Mense Octobris. » Mais tout annonce néan-
moins que La Bertaudière a écrit sa lettre à Ferrare même, et au milieu
de l'entourage de la duchesse Renée.
* Voir le X" 1177, note 2.
* Curione était reparti de Ferrare le 24 octobre (X" 1170).
^■^ Bernardino Ochino (X" 11G3, note 14).
* Ce changement de forme du nom primitif n'a rien de sm-preuant.
1512 BAhTAlDIÈRE A d'f.SPEVILLE [jKAN CALVIN. A GENÈVF,|. 179
A'ii-iuu liuiic boiiuiii, (lui à vobis ad nos est ])r()l'('ctus, imiltis
nomiiiibus, sed tua etiam cominondationc, inij)i'iiiiis aiitcm (|iiia
frater csf, comploxi suiniis. Quciu non taiitùni juvare. scd
rébus omnilnis ornare cupiebamus. At nulla id ratioiic pci-tici
potuit. cujus hue ipse se causa contulerat : (piod facile judicabit,
cuicunque woisd p7iHci.\pis\ tiosine ** rationes erunt : nequo vero
id ex re honiinis esse potuisset. Quod ipsi (^tiani iiullo monitore
judicare ixihk licebat. Hujus itaiiuc rci inipetmnda^, quia nulla
aut expcdita aut tuta ratio potuit liaberi, conatuni Anihrosins ^
et ego nostnini onniem in hoc nioditati sumus, ut honesto aliquo
dono aliquantulùni auctus, ad vos rediret. Sed neque fuit luec
honiinis calamiiosi et fortiinis omnibus ejecti,juvandi satis ex-
iwompta ratio. Rogas (luamobrem V Tanta est homimmi hoc de
causa lahorautium co])ia, quorum onmis hue inopia et calamitas
commeare solet, ut mirer siepenumero principis liheralitatem non,
fatigari. Hujus autem rei testimoniuni in Ca^Jio erit illustre'",
Rogantibus itaque nobis, et obnixè pro honiine postulantibus,
(( sui sibi tandem habendani rationem » respondit ; « imi)areni
se tam multis sunitibus, vixque excessisse biduum cuni uni x ",
alteri xx numerarentur. w p]t id certè verum. Huic igitur con-
fecimus quantum maxime licuit, et id quidem quo est à nobis
aninio datum, eo ab ipso, qua est facilitate. est accej)tum. Cœte-
rùm, si qui isthic erunt valdè inopes, effice ])otiùs ut nos per
literas certiores faciant, quàm ut tantis cum incommodis hue
' Nous doutons fort qu'on puisse identifier ce personnage avec Jeun
Bérauld, qui arrivait d'Italie à Tirano, le 8 novembre, et de là se rendait
à Berne (N" 1177).
* Benée de France, duchesse de Ferrare.
^ Peut-être Ambroys de Chareigne, l'un des clercs de chajielle de la
duchesse Renée (Voy. 0. Douen. Clément Marot, I, 172). Il devait être
sous les ordres de l'aumônier Bichardot. C'est un indice qifoii iiivdijucra
peut-être pour attribuer à celui-ci la présente lettre ; mais plusieurs consi-
dérations militent en faveur de la thèse contraire (Voyez n. 17).
'" C'était grâce à la générosité de Benée que S. Celio Curiane avait \m
faire face aux dépenses de ses deux voyages précédents. Le troisième devait
être plus coûteux encore, puisque sa femme et trois de ses enfants étaient
partis de Lucques pour le suivre jusqu'à Lausanne ÇS" 1170, renv. de
n. 2).
'' Il faut sous-entendre scuta. Avant le cliiffre romain x, l'écrivain a
biffé le mot decem.
180 BARTAUDIÈRE A d'eSPEVILLE [jEAN CALVIN, A GENÈYe], 1542
l)i'oi)('r('nt. Nos quantum studio, otiicio ac opéra pra^stari possit,
tuis literis moniti statim perficiomus.
Tq 2)riitc.[e2)s], I). Pont. [a nus] '-, niaritus Sinapins et uxor '^
qu8e gestat uterum, Amhr.\osiHs], idem tuus idem meus, caeteri-
que omu(>s officiosè resalutaut. Rogantque sui ut memineris ev
-■?i rojo-c-j/.vî, maxime verô Prin.lcejjs] et Pon'^'^ '% qua? Bar^. '\
ut suo uomine ac I). Mar/r'^ "^ salutem dicas, te obsecrant :
quod et nos facimus. Ab humore melancliolico molesté D. Pont^<^
saepius œgrotat, cujus morbi depellendi in Cbristospes omnis est.
Tu et qui tecum sunt boni viri Patrem orate i)ro ea. Vale, frater
in Christo dilecte. Bono.[nire] pridie non. Novemb. 1542.
Tuus modis omnibus fr. Bartaudiere ''.
(lifscrijyfio :) A Monsieur Monsieur d'Espeville.
*'^ Antoine de Pons, comte de Marennes, barou d'Oléron et chevalier
d'honneur de la duchesse de Ferrare (Voy. Haag. France jH'ot., YTÏL, 287).
^' Jean Sinapius et sa femme, née Françoise Boussiron de Grand-Ru
(Voy. les Indices des tomes IV- VII, et Doueii, o. c, I, 171, 173, 174).
" Lisez Pontana (Madame de Pons). Anne, fille aînée de Jean Parthe-
nay-Larchevêque, seigneur de Soubise, et de Michelle de Saubonne, avait
épousé en 1533 Antoine de Pons (Voyez notre t. \TI, p. 508. — Haag, o. c.
■\% 339, 340. — Le Bulletin cité, t. XXI, p. 163, 164 ; XXXIX, 169, 170,
301. — Douen, o. c. I, 172, 176-178. — Œuvres de Clément Marot, éd.
Guiffrey, II, 212, 213).
1^ Baro, au lieu de Ber», abréviation de Bernardino (Ochino), serait
ime erreur de plume. Mais si l'écrivain a voulu abréger le mot Bartholo-
mœo, nous ne saurions dire quelle est la personne visée. Serait-ce le troi-
sième prédicateur de l'église italienne de Genève (N'ini, renv. de n.lO) ?
*® Ce mot ne peut représenter un prénom quelconque. Désignerait-il
Lauirent Maigret, le Magnifique, ce Français réfugié et pensionné à
Genève ?
'^ Il est possible que M. Jules Bonnet, en lisant cette signature, ait
pris fr. (frater) pour l'abréviation de franciscus. De là à supposer que
François Bartaudiere était le nom nobiliaire de Bichnrdot, il n'y avait
])as loin. La Biographie universelle de Michaud dit, il est vrai, que ce
dernier ai)i)artenait à une famiUe noble de la Franche-Comté ; mais dans
toute cette i)rovince on ne trouvera pas un village, pas un hameau, pas
même une grange qui s'appelle la Bertaudière. Gilbert Cousin, de Noze-
roy, compatriote, client et ami de François Richardot et de son frère
Pierre, parle d'eux plus d'une fois avec grand éloge, dans la Descriptio de
sa province natale (hnjjrimée entre 1550 et 1554), mais sans leur donner
1111 titre iiol)ili;ure ; et cependant il accorde cette gracieuseté à beaucoup
d'autres Fraiics-( '(iintois. Les Papiers d'État de Granvelle, Gollut (Mémoires
1S42 LES l'HlNCES PROTESTANTS AU DUC DE LORRAINE. 181
1176.
LES PRINCES PROTESTANTS au Dnc (Ic Lorraiiic.
(Du Will.einluM't>) 7 novembre \~)ï±
Melantlîonis Epistolœ', od. Rretschiioidci-, IV, Sii-J.
S. I). Illiisti'issiiiio Priiicops et consaiiguiiicc dilcctc!
Etsi non ignoranms, apnd exteras nationcs intorduni de nobis
jndicari diiriùs, propterea qnôd iis qni Ecclesiasticos abusus pio
hist. do la Répub. séquauoise. Dôlc, 1592), Aul)ert le Mire (I)ii)lomatiim
belgicorum coUoctio, éd. 2da, Bruxcllis, 1723-4S, II, 10G6, 135fi ; III, 466),
Valère André (Bihlioth. Belgica, p. 239) gardent également le silence sur
la seigneurie de l'aumônier de Ferrare et sur la noblesse de son neveu.
« Rien de jilus sévère (dit M. Jules Bonnet) que le jugement de Calvin
sur Richardot, et rien de plus vif que le portrait qu'il en a tracé... * Cu-
rione qui ne fit que traverser la cour de Ferrare en 1542, et qui foit
l'éloge de Richardot dans une lettre à Calvin [7 septembre, même année],
le connaissait-il mieux que ce dernier qui dejjuis longtemps avait percé à
jour son astuce? » Et i)lus loin, à propos des manières doucereuses dont
Richardot, devenu évêque d'Arras, usait envers les prisonniers évangé-
liques **, — M. Bonnet ajoute : « On voit que l'ancien chapelain de lienée,
devenu persécuteur de ceux dont il avait autrefois paru i)artager la
croyance, n'avait rien perdu des « fassons blandissantes '> qu'il déployait à
la cour de Ferrare. Elles purent tromper Curione, mais Calriii n'en fut
jamais dupe » (Bulletin cité, année 1887, p. 39-41).
Et ce serait à Bkhardot que le Réformateur aurait recommandé « le
frère » qui allait chercher une place à la cour de Ferrare ? Et, au lieu de
réclamer pour celui-ci les bons offices de ses vrais amis, Jean Sma})ius,
M. et M™" de Pons, etc., il se serait adressé au personnage (pril estimait
le moins? La judiciaire si ])éiiétiante de M. J. Bonnet ne s'est-elle jjas
abusée en cette occasion ?
On remarquera que le corresi)ondant de Calvin s'exjiriiiie avec une fran-
chise, une cordialité de ton et une familiarité de style qui font trouver
très naturels ces mots : « Tuns modis omnibus frater, » qui j)récèdent la
signature. Tout hyjiocrite qu'il était. Bichardot aurait-il osé se qualifier
ainsi ?
* Vovez sa lettre à Rouée de France, oct. on nov. 1541, VII, 311.
** Histoire des Martyrs, année 1568, éd. cit., t. III, p. 551 et suiv.
182 LES PRINCES PROTESTANTS AU DUC DE LORRAINE. 1542
studio et voris rationibus taxanint, non adversati sumus, tamen
cum sciamus, D.[ominationem] T.[uam] singulari i)riidentia et
gravitate pra?ditam esse, arbitramur eain de nobis quidem jiidi-
cium adhuc suspendere, donec lue controversine aliquando légi-
tima ratione audiantur et cognoscantur, praesertim cum mani-
festum sit, multos esse veteres morbos Ecclesiœ, de quibus
necesse est tandem pios gubernatores populi Christiani delibe-
rare. Yerè enim hoc aiiirniare possumus, nos ex animo semper
optasse, ut piè cognitis rébus gloria Dei illustraretuv, saluti
hominum consuleretur, et communis concordia et Ecclesiœ pax
conservaretur. Nam cum hsec professio no])is ingentia pericula,
labores, sumptus adferat, non est existimandum, nos privata
cupiditate buic negotio favere. Non enim ob alias causas abusus
corrigi pennisimus, nisi propter gloriam Dei et Ecclesiae salu-
tein. Quare cum cognitionem Ecclesiœ semper flagitaverimus,
nequaquam accusari possumus tanquam sejuncti ab Ecclesia. Et
omnes sapientes Principes ubique oramus, ne quid de nobis
secùs statuant sine cognitione quœ decet Dei ecclesiam.
Haec petitio cum sit a^quissima, impetvabimus a D. T., ne
gravatim has nostras literas accipiat, quas de tranquilUtate civi-
tatis Metensis scribendas esse duximus. Cum enim nuper eb
legatos nostros misissemus^, nullius privatae utilitatis causa, sed
tantùm ut cives ad concordiam hortaremur, et viam ostendere-
mus piam et salularem, intelleximus, quosdam iinmicos iis qui
dodrinam imriorem exiMuni, moliri ut ad sua odia adjuugant
D. T., et anxilio D. T. perterrefaciant mit opprimant Jiouestos
liomiues, t/ohiJes et pleleios, qui et siuit tranquiUi et fidèles in
omnibus ciriUhus qfficiis prsestandis, nec aliud petunt, nisi tit
haheant in aliquihus ecdesiis dodrinam puram et usum sacra-
mentor um sincerum. Scimus autem, D. T. naturœ bonitate et
voluntate al) injusta asperitate abhorrere. Sed tamen calum-
' Mélaïu'lithon écrivait à Joacli. Camerariiis, le 18 novembre 1542 :
« Mitto... aliam nostram Epistolam ad Lofharingum nomine Principum
scriptam. » La présente lettre avait déjà ])ara dans l'édition princeps de
la Vita Melanchthonis composée par Camerarius, et elle a été réimprimée
])ar Strn'hel. o. c. p. 448, et par Hummel en 1778. Au lieu du titre houo-
riti(iue i). T. donné ici au duc Antoine (h Lorraine, le texte de Strœbel
porte : Claritudo Vestra, et celui de Hummel Caritas Vestra.
2 Allusion à l'ambassade protestante qui était arrivée à 3Ietz le 28 sep-
tembre 1542 (N" un t. notes 22-23).
1542 LES PRINCES PROTESTANTS AU DUC DE LORRAINE. 183
niosis dolatioiiibus interduiii ojitiiiii et iiiitissimi ^ubcnuitores
inconduiitur, ut non suîo niodn-ationi sed alicnis affcctiljiis
morem gérant, Fromiitunt cives Metenses ])ro quihiis scrihimus,
se in omnibus cirilibi(S ojficiis omnia ohedienter faduros, se
mdhi in re paci communi defutiiros; finitiim suas ecclesias rectè
constitîii volunf. Id si inipediotur, priniùm gloria Dei hi'ditiir,
deindc niulta aniniarum et civitatis ])ericiila sequuntur.
Postquam sjjarsa est aliqua Evangelii lux, multos ahusus,
jam inieïïigit iwpulus. Hos si cogitur ohservare contra conscien-
tiam, excutitur eis vera invocatio Dei. Nam cum perturbatio
hseret in conscientia. quae deponi non potest, fugit mens, non
invocat Denni. Quid est autem tristius et detestabilius, quàm
impedire verani invotationem Dei? Accidit etiam interdum, ut
in tali perturbatione animorum concipiantur vel ab erronihus
audiantur faisan opiniones, ubi desunt boni concionatores, qui
publiée doceant. Nocent autem pravai opiniones et animal)us et
paci publicne. È contra XQvbjna et salutaris doctrina etiam pacem
civitatum munit. Constat enim doctrinam de omnibus civilïbus
officiis in hac ipsa hœe Evangelii magis illustratam esse quàm
antea miqiiam. Et quanquam ojjtandum est, omnes vera invoca-
tione et piis moribus Deum colère, tamen là qui doctrinam
puriorem expetunt, non surit hnpedituri ceremonias cœteroriim
qui seciis sentiunt'\ Yicissim œquum est, non labefactari con-
scientias horum qui abusiis intelligunt et vitare cupiunt. jRoga-
mus igitur D. T. et amanter et diligenter, ne se incitari sinat
contra partem civitatis quœ ecclesias rectè constitui cupit, nec
adjuvet iracundiam eorum qui civilem sanguinem haurire
cupiunt. Nam liœc causa, qualiscunque videtur, certè non potest
nec débet promiscuis et mutuis civium ciTedi])us dijudicari. Nec
verô dubitamus quin D. T., pro sua virtute digna i)rincipe bono,
maxime detestetur civilem crudelitatem, et velit vicinamcivita-
tem tranquillam esse. Sic autem retineri tranquiUitas potest,
si neutru pars alteram vi impediat*. Hiec niutua modei'atio
maximeque civilis multis civitatibus in Germania salutaris fuit,
in quibus pauliatinu veritate elariùs illucescente, et dissensio
*■* C'était là un engagement i>ris au nom des Évangéliques de Metz.
Mais les Princes entendaient bien que les Catholiques de cette ville prissent
un engagement tout semblable.
184 CELIO SECONDO CURIONE AU CONSEIL DE BERNE. 1542
mitigata est, et sanatœ sunt volimtates. Iii his locis si violenta
çoiisilia initio teiitata esseiit, oinnia funditus periissent. Semper
enim in civiuni dissensionil)us magis salutai'ia fuerunt mitia
consilia quàni violenta. Quare D. T. pro sua bonitate ac sajnentia
annitatur, ut tali moderatione consulatur saluti civitatis
Metensis. HiPC ut scriberemus ad D, T. non privato aiïectu, sed
honestissimis et publicis causis adducti sumus, ut honesti et
innocentes homines, quorum niulti propter virtutes et facultates
patri» magno prsesidio atque ornamento sunt, et vero timoré
Del moventur ad quserendam de Christo Salvatore puram doc-
trinani, sint in tuto. Taies Principum benevolentia tuendi sunt.
Ideo rogamus, ut lias nostras literas D. T. in optimam partem
accipiat, nosque nostra oiiicia D. T. summa cum benevolentia
deferimus. Bene et féliciter valeat D. T. Datte 7. Novemb. anno
1542.
1477
CELIO SECOXDO cuEiox^E ail Goiiseil de Berne.
De Tirano, 8 novembre 1545.
Inédite. Autographe. Archives de Berne.
Cum bac iter faceret Jo. Beraldus, vir et eruditione et cliris-
tiana religione pmestantissimus', committere nolui, quin vos de
mea fide et constantia his paucis certiores facerem. Qubd autem
* Nicolas Béraidd, d'Orléans, l'ancien précepteur de Gaspard de Coli-
gny, n'avait qu'un seul fils, nommé François, lequel visita l'Italie et fut
professeur, comme son père (I, 83, 248 ; IIl, 195, 19G, 220, 221. — France
prot., éd. Bordier, II, 302).
Nous ignorons les antécédents de Joannes Beraldus. Sur l'un des vo-
lumes de la Bible hébraïque de Robert Estienne (Luteti;?, 1544-1540,
in-l(3), nous avons lu, au milieu de plusieurs noms d'étudiants vaudois, la
signature suivante, écrite en fins caractères du XVP siècle : « Jo. Beraldus
Turonensis. » Mais rien ne prouve que ce volume ait appartenu au voya-
geur qui était arrivé d'Italie à Tirano, le 8 novembre 1542. — Du Verdier,
éd. Rigoley, YI, 120, mentionne un Joannes Beraudus qui publia :
« Tractatus singuiaris de Injuriis, etc., Tholos*, Anton, le Blanc, 1524, »
iu-4".
1512 CBLIO SEGONDO CUHIONK AU CONSEiT. DE BEHNK. 185
Honjam nnnc (qjud vos si»i, ciiiii alia milita, tiiiii maxime //o.s-
tiiim iusidia', quas jx'ssim mild dispositas reperi-, vetuerant
Tandom acccrsita ad mo iixore mea unà ciim liboris, son jjotiùs
jiissa mo soqui, Tirat/nm xom (oi)i(liim ost Rethorum, Berna
distans itinoro soptoni diornni). nl)i oam j)nestolor. Nam nnà
cnni ea me hncnsqno ]jroticisci poricnlosissimnm orat. Ubi illa
hnc appnlerit, statim ad vos proficiscomnr, ot coràni intolligotis,
qnanta otiam nnnc pro Christi nomino j)assi simns. Valeto por
Christum, viri princii)os. Tirani Vallis Tolinii-', die 8. Novem-
bris 1542.
Ilinstr. I).[ominationibnsJ V.[ostnsJ
fidelissimns
CoELius Secundus C.
(Inscriptlo :) Ad lllnstrissinuim ot fortissimnm Sonatuni lîor-
nenscm. In manu 1). Kodnlti CJrantbi'ier*.
^ Curione avait d'abord résolu de ne pas dépasser Ferrare (S" 1160,
renv. de n. 9). Mais il s'avança beaufouj) i)lus loin ot attendit sa famille à
Pescia, à 3 1. de Lucques. Il était à table dans une auberge, lorsque plu-
sieurs suppôts de l'Inquisition vinrent pour l'arrêter. « Leur capitaine
(nommé en italien harlsello) se montra tout à coup dans la chambre et
ordonna à Curione de le suivre. Celui-ci, persuadé que cette fois la fuite
était imj)0ssil)le, se lève pour se rendn», tenant à la main, sans y prendre
garde, le couteau dont il se servait pour découper. Le bariselîo, voyant s'ap-
procher de lui un homme d'une taille athlétique et armé d'un large cou-
teau... se réfugie dans un coin de la cliainlire. Curione sort avec assurance,
passe au milieu des gens armés qui attendaient à la ])orte, prend ^on
cheval dans l'écurie et se sauve sans accident » (ilaccree, o. c. p. 224. —
Stupani Oratio de C. S. Curione. Schelhornius. Amœnitates literar.
XIV, 344).
s Tirana, ville de la Valteline, sur le cours supérieur de iWdda. Cette
vallée était sujette des Grisons (Blucfi), qui l'avaient coïKiuise sur h'
duché de :\Iilan en 1.512.
* Le conseiller et banneret Jean Rodolphe de Graffenried. Curione avait
en l'occasion de l'entretenir à Berne au mois d'août nu de srptnnlire.
186 JEAN CALVIN A HENRI BULLINGER, A ZURICH. 1342
4178
JEAN CAL\TN à Heiiii Bullino^er, à Zurich.
De Genève, 8 novembre 1542.
Autogi-apho. Bibl. de Gotha. Bretschneidor. Jo. Calvini
alioriimque literse, 1835, p. 12. Calvini 0pp. XI, 463.
Cum hic, qui literas meas tibi rcddidit, commondationem à
me peteret, non dubitabam quin dignus esset' : quando habebat
testimonium à piis et certse fidei hominibus suœ gentis, qui hîc
nobiscum sunt. Sed hoc me malè habebat quôd. inter istas occu-
pationes, quibus uunc constringor, breviùs tibi scribere cogar
post tantum temporis intervalhim. Quae tamcn tua est huma-
nitas, mihi, ut spero, non difficulté!' dabis veuiam, ac locum
huic meœ excusationi concèdes : praesertim cum certô conjicere
possis me non inanem praetextum quaerere. neque negligentia
facere quôd non diligentiùs ac copiosiîis scribam. Satis enim
tibi persuasum esse puto, quanti te faciam, quantopere te colam,
quàm denique ex animo te amem. Qiiod autem tam dix tacui,
ideo factmn est, quôd cum hue remigrassem, sic per aliquot
menses ohrutus fui in restiiuendis rehus penitùs dissipatis et
collcqms, ut alio convertere animum non liceret^. Postea, cum
mihi viderer occasionem praeteriisse. difîerre malui donec nova
alla se oflferret. Nunc, dum scribendi causa est, cup(n-eni tempus
quoque et ocium mihi dari. Sed aliàs. spero. dalùtur et ego
libenter utar.
Mors Leonis nostri, ut meritô ])onis omnibus fuit luctuosa,
ita me vehementer afflixit. Nam et privatim singularem amoris
affectum mihi semper ostendit^ et dum reputo quantam in
hujus viri morte jacturam fecerit ecclesia, non possum non gra-
viter commoveri. Superior annus nohis plus satis fuit funestus.
* La suite nous a])prend que c'était un jouno Italien.
' A comparer avec le commencement du N" 1090 (VII, 408).
* Voyez le N° 114fi, notes 2-3, et les lettres de Léon Jiide à Calvin,
N°' 855 (Yl, 194) et 51î9a (^TI, 488).
lo42 JEAN CALVIN A HKNRI BULLINGER, A ZURICH. 187
Nam et Ch-ynœam et Capitonem et multos alios insignes ciras
nnù cum Leone nobis abstulit*. Quo mugis danda est nohis
opéra, ut nonim semen excitemus, ne Ecclesia destituta maneat-'.
Qiia in re cum senatus vester (^gn>giam oi)(>rain iiavare ab iiiitio
non (Icstitcrit, aiidio cum novam adliuc accessionom nupcr
fecisse^ Hac siw fratrein Ininc mittendum ad vos eensuimus.
Nam et perquam tenues Jiahemvs scholas, et facultates ^rarii
siint angustœ. Ncquc nostros liac in parte iiiniis urgcrc audco :
quoniam video satis solutum animuni ipsos habere, sed manus
ligatas. Non tamen bunc temere vol)is commendo. ^MwBernar-
dinus Senensis, vir j)r;i'clarus, et alii duo', ([ui ix'rspectos
habent ejus mores, niihi seriô testât! sunt, optimum essejuve-
nem et in quem senatus vestri l)enignitas conleratur'. Peto
* Simon Grijnœus était mort lo 1" août 1541, W. Capiton, le 4 no-
vembre suivant, et Léon Jude le 19 juin 1542. Calvin ignorait encore la
mort de Jean Zviclc, pasteur de Constance, décédé à Ulm le 2.3 octobre.
® En 1538, Bi(Ui)/(jer aitpelait Tattention du Conseil de Zurich sur le
recrutement du clergé. Il disait que si l'on n'y pourvoyait à temps, on n'au-
rait pas les cent-quarante personnes nécessaires ])our icniplir les emplois
ecclésiastiques du canton, soit dans les églises, soit dans l'Académie et le
collège (.J.-J. Hottinger, III, 72S, 729. — Paichat. Y, 102, 103).
" Allusion au décret des magistrats zuricois du 29 juin 1538 qui con-
cernait l'agi-andissement du séminaire. BuUinger en i)arle comme il suit
dans sa lettre à Myconius du 30 octobre, même année : « Senatus noster
ppdes illas amplissimas et ])ulchérrimas Abbatissfp studiosis suis sfipenda-
riis, inhabitandas concredidit. Adhibitus est illis psedagogus Ehellicanus,
homo doctus et diligens.... Amanus Koclili istis omnibus victum sujjpe-
ditat et œconomum agit. Studimi nihil negotii nisi cum literis liabnit. Et
ita sanè videtur pulchre consultum studiis ac studiosis » (Autogr. Arch.
de Zuricb). Et, le 8 novembre 1538, Jo. Hhellicayius écrivait de Zurich à
Ébrard de Rumlaugen : « Literarum studia miré i)romoventur. Ex (juo
enim hue veni, studiosorum collegium in aula abbatissana institutum est :
in quo nunc 14 adulescentes, prseter eos (jui adhuc ex Canonicorum supe-
rioris monasterii stipendio aluntur, ex monasticis bonis liberalissimè edu-
cantxir, et in dies plures ex civium Tif/xriiwnnn liherdlifnte accediinf.
Quibus ego moderator et institutor sum adjunctus » (Autogr. Arch. ecdés.
de Berne).
^ Bernardino Ochino et, peut-être, les deux autres prédicateurs de
l'église italienne de Genève.
* Calvin espérait sans doute que l'Italien recommandé serait admis dans
le séminaire du Frauniiinster (n. 6). Mais il j)arait que, dans le principe,
ce « Collegium alumnorum » était destiné uniquement à des Zuricois
(Voy. .J.-.T. Wirz, Historische Darstellung der urkundlichen Verordnungen
188 JEAN OPORIN A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
igitiir abs te ut eura mea causa suscijjias, et autlioritate tua apud
seuatum juves. Neque te unuiii duutaxat hac de re oratum
velim, sed alios quoque fratres meos venerandos, quibus sahitem
ex me dices. Dominus Jésus vos omnes s])iritu suo seinper regat,
suaquo doua iu vobis coufirniet atque augeat!
Geiievœ 6. eidus Novembr. 1542.
JOANNES CaLVINUS tUUS.
(Inscriptio :) Prœclaro Christi ministro D, Heuricho Bulliu-
gero, Tigurinœ ecclesise pastori fideliss., fratri mihi observaudo
et amico iutegerrimo.
1179
JEAN OPORIN ^ à Jean Calvin, cà Genève.
De Bâle, 10 novembre 1542.
Autographe. Bibliothèque de Gotha. Calvini Opéra, XI, 464.
S. Prolixe scribere ad te cuperem, lit casuni tïbi meum recen-
sereni, qui nupermihi accidit satis indigniis : sed quia uon vacat,
brevi summa tantùm capita velut in amici charissinii siuum
collecta dei)onam. Hortatn Philippi Melmichthonis et LîitJieri,
ego lihrum legis mahomedicee ex arabica lingua ante 400 annos
in latinam translatum, et ab illis ad me missam, pra'lo conimi-
seram^, et uiagistratu uostro de eo ipso certiore facto, an in eo
welcho dif Gesch. des Kirclien- iind Schulwesens in Zurich... betreften.
Zurich, 1793, I, 374, 375).
^ Voyez, sur Jean Oporiri, professeur et imprimeur à Bâle, le t. IV,
p. 20fi, et les Indices des t. IV-VII.
'■* Cet ouvrage parut l'année suivante à Bâle, sans nom de lieu. Il est
intitulé : « Machumetis Saracenorum Principis eiusque Successorum vitte,
doctrina, ac ipse Alcoran, quo velut authentico legum divinarum codice,
Agareni et Turca^, aliique Christo adversantes populi reguntur.... His
adiuncta^ sunt confutationes nuiltorum, et quidem ])robatiss. Autorum,
Arabum, Graecorum et Latinorum, unà cum doctiss. viri Philippi Melanch-
tlioiiis ])riemonitioue, opéra et studio Theodori Bibliandri. 1543, » 3 tomes
en un vol. in-folio (Voy. Melanthonis E])p. éd. Bretschneider, V, 10-13. —
IS'lâ JEAN OPORIiy A JEAN CALVIN, A GENKVE. 1H9
niilii pci'ti'ci'c liccrct. et iiiliil obstarc dixit. i(l(iii(' ita diini alisol-
verctur lilxM'. Curavcram aiitcni (>tiaiii adjici coiifiitatioiics
ejusdem legis, non latinas solîini. s(Ml^(^t (Ineconini et Ai-abnni
in latinani linsuani translatas, unà cuni liistoria rcriini Tui'ci-
caruni à nongontis annis usqnc ad nosti'a tcnii)ora. Intérim igi-
tur invklia quomiiidam, mihi ex contentione illa gradidim-^
adJiKC malè rolei/f/ii)», persi(<(.s/is sciKifns, niliil ])('stil(Mitius ac
ignominiosius fnturum qnàni si lilx'r illc jmblicari pci-niittc-
retui'. niUii lïbros omt/es ademif et nie 'prH'ter omne niprif/ini in
carcerem cotijecit. Adluic igitur lil)ros illi apnd se deti lient, et
ego sorte mea unà cum usura careo \
Haec res ita me confecit liacteiins. iit (luid faeiam, qnô me
vertam. jilanè nesciam. lnsum])si in librum hune (^xciidendum
amiiliùs quàiii 400 Hoi-enos, et jam niliilo seciîis reddere illis
o])ortet (juilms ego tidem meam ob.strinxi. Nemo est (jui ob
indigniim easum illum salt(nn longiiis diiïcrre creditum vclit.
Et qui lilienter mihi adessent liac in rc nt sunt optimi (iuiqn(^
hîc, ii facultatibus destituuntur. Si solhni (oiticinii (diquew iios-
sem qui 100 coronatos inihi ad (mni spafiu)!/ creder et, facile me
extricarem. Nam brevi me sjiero iirivilegium Caesareum habitu-
rum ad Alcorani iïïius venditionem liberam^ Tum, sjiero. mox
me recolligam. Et in hoc jam versatur rei cardo ut. (luàm pri-
mùm privih^gium ilhid nactns fuero, libri vendendi jiotestas
etiam à magistratu nostro mihi tiat. Hîc ego tuum consilium
imploro, mi I). Calvin(% si ullo jiacto jiotes, yiani mihi ali(iuam
uti excogites ne prorsiis iiereundum milii sit. Non defuerunt
Freytag. Anal. litt. p. 120). La préface de Bihliaudor est datée : « P]x
Tiguro, XX die Jamiarii aiuio MDXLIIT. » — Luther doit avoir eoiitrihué
à la comjiositioii de Touvrage; car on lit dans sa lettre du 20 mars 1.542 à
Jacob Probst, pasteur à Brème : « Versor jam in transferendo lihro (jui
vocatur Confufatio Alcorani Mahumetis. » (Luthers Hiiefe, éd. de Wctte,
V, 452).
* Voyez le t. VII, ]). 234, note 1. — Melehior Kircliliofer. Oswaid INIy-
conius. Ziiricb, isi;;, p. .S10-.-J27.
* On peut consulter, sur les détails de cette ,it1aire, Mcldiior Kircliliofer,
0. c, p. 351-353. — Cari Pestalozzi. Heinricb BuUinger. Kll)erfeld, 1858,
p. 311. _ Mclaiitbonis Ep]». G décendi. 1542, 21 febr. 15 1;-!. Kd. cit. IV.
910, V, 45.
^ Il obtint, ])our la l" édition, le pririlègc de J'KinjicrrMir. La seconde
parut (à Bâle) en 1550.
190 PIERRE TOLSSAIN A MATTHIAS ERR, A RIQUENVIR. lo42
hacteiuis apud nos qui ultro etiam pcciiniam suam mihi inutuo
daiidam ofiferrent, ssepe etiam non egenti. Jani ])Ostquam semel
infortunio mulctatiis sum, nemo est amicus alius. et necesse est
hal)eam amicos longiùs dissitos implorare. Neque verô à te aliud
peto, quàm si forte aliquem nosses qui carere tantula pecuniola
ad brève tempus posset, ab eo mihi opem illam implorares. Res-
tituerem autem bona fide, cum fœnore etiam, nempe sex coro-
natorum in centum, aut etiam ampliùs, ])ro spatio annuo^
Faciès me super hac re certiorem cum erit commodum, ac me
tibi commendatum habebis, veterem scilicet amicum, et cujus
servati te non facile, ut spero, pœniteliit. Yale, mi D. Calvine, et
hune quoque Clmidium, qui hasce tibi literas atfert, si qua in re
citra molestiam aut incommodum tuum juvare potes, meo
nomine commendatum habe. Basileae, 10. Novembris 1542.
Jo. Oporinus, tuus ex animo. ut nosti.
(Inscriptio :) D. Joanni Calvino ecclesiastae Genevensi, amico
longé charissimo suo. Genevae.
1180
PIERRE TOUSSAIN à MatUilas Erb, à Riqnewir *.
De Monlbéliard, 20 novembre 1542.
Inédite. Autographe. Arch. de Téglise de Bâle.
S. Recepi nuper literas tuas, frater in Christo Jesu chare et
observando. quibus tu me piè et amanter niones, ne ecdesiam
* Oporin, ])lus soucieux d'illustrer son art que de faire fortune, se lais-
sait parfois imposer par les usuriers Tintérêt du 20 et même du 30 pour
cent. Il mourut presque ruiné, en 1568. (Voy. Athenpe Rauricfe, 1778,
p. 3.52).
* Mafthias Erb (1494-1571) né à Ettlinpen, dans le margraviat de
Bade, avait fait ses études à Berne. Il prêcha d'abord l'Évangile à Rap-
Iiolschweil en Alsace, puis il fut élu (15.31) aumônier de l'armée bernoise
envoyée contre les cantons catholiques. On le retrouve ensuite prédicateur
dans le pays de Bade, où il dirigea une école à Gengenbach (1536-38). C'est
loi2 CELIO SECUNDO CURIONE AU CONSEIL DE HERNE. 191
meani /(wilè deserani : de qiia 1*0 scribo in ])ra's('iitia Illustri
Principi nostro D. Comiti Georgio. Et qiiaïKiuani vci-uiii sit. me
quantumvis abjectuiii hominitioïK'm ////ô- vocari, taiiicii iiiliil
siim factunis sine Doiiiinorum Principuiii mooruiii et ecclesia-
riim consilio. ^'ale in Doniino, nani non vacat niinc milii ut te
plui'ibus obtundani. Saluta niibi diligenter fratres. Mombelgardi,
20 Novembris 1542.
TUUS P. TOSSANUS.
(Inscriptio :) D. Matthiae Erbio, ecclesiastne Riclienvillcnsi.
fratri sno charissinio. Richenvilla'.
4181
CELIO SECUNDO CURIONE RU Gonsell de Berne.
(Berne, 27 novembre 1542 ^)
Inédite. Autographe. Archives de Berne.
Illustrissinii Domini.
Yenit Cœlius Secundus, quem superioribus mensibus collegio
duodecim^ Lausannœ ])vwiedstK. Etunà secum adduxit uxoreni
et très filios parvulos^ : reliquos quatuor non potuit adducere
pi'opter hiemis asperitatem. nam nimis teneri sunt. Reljquit
autem eos apud bonos viros, sperans se anno proximo comnio-
diîis eos, Deo volonté, recepturum.
do là qiril fut a])pelé, par le comte Georges de Wurtemberg, au j)astorat
de Bekhemreijer (Riquewir). Cette ville, située à 3 1. à l'O. de Colinar,
était le chef-lieu des seigneuries que le comte Georges possédait en Alsace,
et dans lesquelles on com])tait douze églises réformées. Matthias Erh,
nommé intendant de ces églises, leur voua tous ses soins jusqu'en 1562. et
il affermit au milieu d'elles l'œuvre commencée j)ar son prédécesseur,
Érasme Fabridus (M, 190, n. 6). — Voy. J.-J. Hottinger III, 59G, 698.
— Rôhrich. o. c. II, 227-29. — France prot. éd. II. F.urdii'r, VI, 35.
2 C'est-à-dire à Metz (N° 1183, renv. de note 16.)
* Voyez les notes 6. 7-8.
* Sons-entendu sckolasticurum (N" 1100, not<' 7).
' Leur âge et leurs noms sont indiqués dans le N" 117(i, note 2.
192 CELIO SECUNDO CLRIONE AU CONSEIL DE BERNE. 1S42
Dirit se à Luca Imc iisque se 45 dies consuinpsisse*, tum
l)roi)ter assiduas liostiuin insidias, qiias vix evadere potuit, tum
quia in itinere egrotare cœpit uuus filioruui suorum : qui etiam
nuuc egrotat, neque solus sed alter quoque. Ideo omnem pecu-
uiam quam vestro et aliorum bonoruni beneficio acceperat, jam
duduni expendisse : neque se hucusque pervenire jjotuisse, ni
I). Hei[n]ricus Bulingerus priniinn juvisset% doinde D. Prœ-
fedus Canipii regii^, cujus impensis Bernmv usque advecti
fuimus.
Igitur cum nihil ex j;(y^«ci'udelitate sumpsit, prseter corpora,
quse ut vol)is vestrisque ecclesiis inservirent, Doniinus reserva-
vit : petit à vobis alifiuod sul)sidiuni prœter stipendiuni decre-
tuni, quo possit sibi libros comparare, et novam. amissa vetere,
bibliothecam instruere : quod vestra solita ])enignitate fieri
rogat.
* La femme et les trois fils aînés de Cuhone avaient quitté Lucques
vers le 11 octobre, peu de jours après que lui-même eut été contraint de
s'enfuir de Pescin (N° 1177, n. 2). Ils le rejoignirent à Ferrare, d'où Cu-
rione j^artit seul pour la Valteline, le 24 octobre. Les cinq émigrants se
retrouvèrent enfin à Tirana, après le 8 novembre. Echappés à la griffe de
l'Liquisition, ils avaient encore bien des difficultés à vaincre. Guillelmus
Gratarolns, médecin de Bergame, qui se réfugia à Bâle en 1549, écrivait
plus tard : « Per Bheticas Alpes peregrinari non solùm arduum, sed ob
rerum multarum penuriam interdum valdè incommodum. Aliquando panem
non inveni, interdum nihil fœni aut ])alearum pro equo : bene tamen nu-
merare oportet : sed hoc nuuc ubique ferè commune. » Voici son itinéraire,
qui fut sans doute celui de Curione : Tirano, Poschiavo, le col du Beriiina,
Pontresina, Samaden, Ponte, l'Albula, la vallée de Bergun, Lenz, Parpan
et Coire.
Si nos Lucquois arrivèrent à Waîlenstadf le mardi 14 novembre, ils
purent, le lendemain matin, utiliser les bateaux qui allaient, par le lac de
Wallenstadt et la Linth, au marché du vendredi à Zurich, et atteindre
cette dernière ville le 16 au soir.
^ Curione et sa fomille se reposèrent jjcndant deux ou trois jours dans
la maison de BuUi)i(jer. Celui-ci et Gaspard Megander les recommandè-
rent à Lux Lôwenspruug, bailli de Kônigsfeld, par une lettre datée du
lundi 20 novembre (Ms. orig. Arch. de Berne).
^ Kônigsfeld, près de Brugg (Argovie). La lettre où Lowensprmig
informe li's magistrats bernois des mesures (ju'il a prises eu fîiveur de
Curione, est datée du 22 "novembre (Ms. orig. Arch. bernoises). Comme il
y a 17 ^ji lieues entre Kcinigsfeld et Berne, nos voyageurs durent arriver
dans cette ville le samedi 25.
1542 CELIO SECUNDO CURIONE AU CONSEIL DE BERNE. 193
Postremô ut Lausannam usquo illos adducore V(^stra IxMiigni-
tate curctis : quod ut commodiùs fiât, uno equo qui cistas pue-
roruni voliat opus erit, et equi promto ductorc^
De liis autem quae ad stipendium spectant, et ad œdos ins-
truendas aliqua suppollectile, jam i)Utat pcr vos esse pro-
spectum^
Vos itaquo ' ut Deus pater per Jesum Christum servet et ves-
trum Iinperiuiii, rogat
Cqelius'".
^■^ La présente requête fut coninuiniquée le 27 novembre au Conseil de
Berne, qui prit les décisions suivantes : « Écrire à l'intendant de Kônigs-
feld que mes Seigneurs sont contents de ses procédés envers Cœlius. Remer-
cier Zurich de ce que nul hôtelier n'a rançonné Cœlius, et Bullhxjer de
ce qu'il a pourvu à sa dépense jusqu'à Kônigsfeld. Remettre ici à
Cœlius 10 écus et payer le valet [qui l'accompagnera]. Écrire au bailli de
Lausanne qu'il achète maintenant, jusqu'à la somme de 20 écus, les livres
dont Cœlius a besoin; qu'il laisse courir sa pension à partir du jour où il
a été élu [N° 1155, n. 7] et qu'il lui procure un logis jusqu'à ce que sa
maison soit meublée. » (Manuel du dit jour. Trad. de l'ail.)
^ Par inadvertance, itatque.
^° La requête est écrite sur un feuillet détaché d'une lettre reçue d'Italie.
On lit au verso : « Al molto dotto et escellente M. Second© Curione, da
maggior fratello di Conti, nostro honorando » — puis un c minuscule, dont
l'extrémité supérieure se prolonge par un trait horizontal, que termine un
c plus gi'and. Ce pourrait être l'abréviation de cofifrate ou de confratello.
Curione et les siens ne parvinrent probablement que le .30 au terme de
leur fatigant voyage de plus de deux cents lieues (environ 110 de Lucques
à Tirano, 50 de Tirano à Zurich, 41 de Zurich à Lausanne*.)
Nous relevons les passages suivants dans la lettre de l'humaniste italien
à Bullinger du 10 décembre : « Meministi, credo, cum essemus apud te,
me tibl narrasse de quodara Amico, qui fratrem suum Tigurum mittere
vellet, cum discendse germanicae linguse, tum aliarum bonarum reruni
gratia.... Igitur rogo ut aliquem seligere [velis] l)onum et doctum virum,
deinde etiam mercatorem aut negotiorum plénum, apud quem is adoles-
cens agat.... Quod ubi feceris, meo nomine, si placet^ ad T). Martinum a
Pergula, jurisconsultum, Tiranum literas mittas, quse de toto eo negotio
eum certiorem faciant.... C?eterùm, ad Camilum [Benafnm ?] quoque, cujus
tibi literas red[d]idi, rescribere eadem opéra aliquid poteris. His {sic) enim
Tirani agit...
* Les ambassadeurs du duc Hercule d'Esté, lesquels faisaient en moyenne .50 kilo-
mètres par jour, employèrent treize jours, en février 1537, pour aller de Ferrare à
Zurich par les Alpes grisonnes. (Voy. Bartolommeo Fontana. Renata di Francia. Roma,
1889, p. 330, 332.)
T. VIII. 13
194 PIERRE VIRET A GUILLAUME FAREL, A METZ. 1542
1182
PIERRE \TRET à GuUlaume Farel, à Metz.
De Lausanne, 27 novembre 1542.
Inédite. Autographe. Collection de M. H. Lutteroth.
Bibliothèque de la Soc. de THistoire du Protestantisme français*.
S. Ex tnis ad Calvinum literis^, criices quibus istJiic cruciaris
(tbîindè intellexi, charissime frater, quarum et nos partem eam
quam possumus, subimus, sed ita ut mœror noster nihil tua
taedia levare possit, nec ullam sentias ex nostra opéra opem,
quae tibi solatio esse possit : quam utinam tam tibi et Christi
ecclesiae referre nobis esset concessum, quàm id ex animo cupi-
mus. At tametsi cum horrendis monstris te conflictari audiamus,
ac nobis minime liceat tibi suppetias ferre decertanti, nisi votis
et precibus, haudquaquam tamen diffidimus quin et preces
Ecclesiae exauditurus sit Dominus, quamvis remissiores et fri-
gidiores quàm negociorum gravitas et pericula forte requirant.
Non possum mihi non poUiceri lœtiora, quicquid Satan furat
in te; sed quô impotentioris irse se ista sua truculentia esse tes-
tatur, eô erigor in spem successus melioris. Nisi sentiret ac expe-
Vale, per Christum Jesiim, et iiostro nomine eximios doctores Pellica-
num, Megandrum, Bihliandrum, Gualterum et reliquos salvere jubebis.
Uxorem tuam officii et caritatis plenam, meo et uxoris meîe nomine, offi-
ciosè diligenterqne, adde etiam amanter, salutabis : liberos dulcissimos, de
sua erga nostros suavitate, gratia et officiis amabis. Ego me ipsum tibi et
tuis dedo, qui quicquid sum debeo. Salutaut vos fratres et ministri qui
nobiscum sunt : praecipuè Viretus et Cornes. Lausannse, quarto Idus decem-
bris. 1542. » (Autog. Arch. de Zurich.)
^ Nous présentons nos vifs remerciements à M. le pasteur N. Weiss, qui
a bien voulu copier pour nous cette intéressante lettre. On ne la connais-
sait que par ce résumé, qu'on doit à Olivier Perrot : « Le 27 nov. 1542,
Viret écrivit à Farel, qui estoit à Metz. Il le fortifie contre les divers
Assauts qu'il avoit à soutenir. » (La Vie de Guill. Farel. Bibl. des pasteurs
de Neuchâtel.)
* La lettre de Farel à Calvin écrite de 3Iantigny le 22 octobre (N° 1168),
dont on ne possède que l'analyse, faite par Olivier Perrot.
loiâ PIERRE VIRET A GUILLALME FAREL, A METZ. 195
riretiir re ipsa suo rogno ruinam impendcro, eanuiuc jam adosse
in foribus, nisi metuerct se penitùs isthinc exigi, iieutiquam
tanta iiiclementia in pietatis stndiosos desseviret. Sed brevi
ipsum Dominas conteret sub pedibus tuis, et fortunabit pios
tuos conatus, atque eô te potentiùs corroborabit, quô magis des-
titueris omni humano auxilio et consilio, exi)erierisque tandem,
non in Paulo solùm, sed in te qnoqiie ac omnibus synceris
Christi ministris, locum habere ilhid sui)remi patris responsum
blandum et consolationis plénum : Yirtus in infirmitate perfici-
tur, ut possis aliquando cum eodem apostolo exclamare : Omnia
possum in eo qui me corroborât. Sed quid istis meis monitis
opus est tibi veterano Christi militi, qui non tantùm tôt teneas
Scripturarum exempla, quibus armari ac confirmari possis
adversîis omnes hostium insidias et assultus, sed etiani re ipsa
ac ipsis etiam manibus contrectaris singularem Dei opem in
rébus deploratissimis. Idem ille Dominus qui liactemis vindica-
vit ex omnibus hostium insidiis, calumniis et 'periculis non tunm
sed suum sacrosanctum ministerium, tanto te minus deseret
quanta projnùs accesseris ad metam preedari istius cursus in
cujus te constituit currimdo.
Magis utique metuerem, si tyrunculus aliquis et rerum impe-
ritus mei similis, ad tam grave et periculosum certamen vocatus
esset, sed mihi ])ersuadere non possum frustra te isthuc a
Domino accersitum, de cujus vocatione non magis dubito quàm
earum [1. eis] quas nobis scripturis sacris spiritus sanctus obsi-
gnavit. Non fuit vanum hactenus tuum ministerium, nec tibi ul-
lus laborpenitùs cessit irritus et inutilis. Cogita ergo eum sem-
per Christi spiritum in te agere, qui te hactenus egit. Considéra
non semper Paulo, prophetis et apostolis in ipsis primordiis
omnia successisse ex animi sententia : eoruni tamen conatus
nunquam frustra cecidisse. Eadem nobis cum ipsis est causa.
Hîc sœpe angi cogor, dnm aniniadverto me tôt ac tantis circum-
septum malis et incommodis, dum nullu mihi affulget spes fruc-
tus uherioris. Est tamen nobis in nostra statione persistendum,
sive in acie, sive in opipugnatione, sive in pnesidio manendum
sit, tantisper dum aliô evocet imperator, tubaque signum cer-
tiss.[imum] dederit. Nohis plus est negocii ad retinendum et
augendum parta, quàm fue?it in quœrendo. Sed quid agasV Si
verum est vulgô cadatum [1. calcatum] proverbium : Semi)er
196 PIERRE VIREX A GUILLAUME FAREL, A METZ. 1342
féliciter cadunt Jovis lapilli ^ qiiid de vero nostro Jove et
seterno felicissimoque Jeliova nobis pollicebimur? Praestat, crcde
mihi, hujusmodi criicibus graviss.[imè] premi cum qualicunque
Evangelii profectu, in taiita populi Christiani aviditate, quàm
preciosum Evangelii margaritum in alta hac pace porcis et
canibns conspurcandum objici, ut ferè fit apud plurimos qui se
falsô jactant evangelicos, quibus nullos habet Evangelium hos-
tes infensiores. Scio quibus in periculis verseris, sed aderit
Dominus prœsentiss.[imus] cujus favore futurum spero ut brevi
audiamus laetiora.
A^os lâc undiqKe menses jam aliqiwt sœva pestïlentise lues
obsidet'*, quse nohisjani diacomim"" ahsunqmt. Parati sumus ad
quidvis, freti divina [ejus] bonitate, qui nobis utetur in suam
gloriam, à quo solo pendemus. Torquet me suivra modmn 7tos-
tronim Jiominum crudelitas in sua ipsorum viscera^, ac mnltd
magis qudd penitks ohsurdîdsse et ccdhim obduxisse videntur
ad omnes propheticas monitiones, quo fit ut non sperem manum
Domini remittendam, sed aggravandam multô magis donec
nostris docti malis ex animo resipuerimus. Sed quid tibi moles-
tias molestiis accumulo? Id non facerem nisi mihi explorata
esset sancti istius tui pectoris constantia, et mihi suave in sinum
tuum deponere aestus animi mei, ut paria faciamus, mutuum '
oremus et consolemur nos ipsos.
Saluta mihi fratres qui isthic sunt. Tota mea familia te j)lu-
rimùm salvere jubet et pii fratres quibus tu et tuum ministe-
rium vita charius est. Valde me recréât quôd Genevensis
ecclesia féliciter habet et Calvimis certè valet, qui tua causa
valdè anxius est^ Cœteriim quod a^idivisti Umm ministerimn
traduci^, nihil movearis. Boni viri omnes satis persuasi sunt
quis sis. Jacobiis Oallus scribit ad te, nisi fallor, et respondet
tuis literis. Vale, frater charissime, cum i)iis omnibus. Lau-
sannae. 27. Novemb. 1542.
Tuus si suus est
Petrus Viretus.
(Inscriptio :) Suo Guilielmo Farello, Yerbi ministro fideliss.
<'t fratri quàm chariss. Métis ".
^ La forme classique de ce proverbe porte taxilli.
* Voyez la lettre de Yiret à Farel du 19 mai 1543.
1542 JEAN FATHON A CHRISTOPHE FABRI, A THONON. 197
1183 '
JEAN FATHON ^ à Christophe Fabri, à Thonoii.
De Colombier, 28 novembre 1542.
Inédite. Autographe. Bibliothèque des pasteurs de Neuchâtel.
S. Par Jésuchrist, nostre seul rédempteur et unique sauveur.
Très chier frère, sur ce 19. de novembre j'ay receu voz dernières
lettres, despuis lesquelles receues ne c'est offert aulcung moyen
à nous pour vous rescripre, jusques à présent, avec ce que atten-
dions quelques bonnes nouvelles, pour d'icelles vous faire partici-
pation, ainsi que avés de bonne coustume de ne nous frustrer des
vostres. Le bon Dieu nous en envoyé selon son bon plaisir des
consolables, pour l'exaltation de son sainct évangile, brisant de
jour en jour la teste et force de l'autheur et père de mensonge,
homicide et de toute tyrennie, lequel par tant de moyen, est après
incessemment pour dissijjper et destruire ce petit troppeaul,
auquel il a plus au père des miséricordes donner son royaulme,
par Jésus qui en est la droite porte. Puis que le Seigneui- nous a
faict celle grâce de nous avoir donné entendre les propres
armures, i)ar les saincts apostres Pierre et Paul, pour obvier à
toutes ses ambuches et machinations, et n'estre assaillys indé-
pourveuz par iceluy, nous fault armer d'icelles et ne les négligei*,
nous admonestant que n'avons la luicte contre le sang et la chair,
mais contre les principaultez, contre les puissances, et contre les
^ Vital Boherti ?
® Allusion aux mesures draconiennes que le Conseil de Lausanne avait
prises, pour isoler pendant plusieurs mois les maisons atteintes par la peste.
^ Voyez la lettre de Calvin du 15 décembre (N" 1188, renv. de n. 7).
^ Jacobus Gallus, pasteur à Morges, accusait Farel de l'avoir supplanté
à Metz, où il avait prêché lui-même pendant quelque temps (N" 1187,
l'env. de n. 4, 5).
^ Le manuscrit porte cette note de la main de Paul Ferry : « 27 nov.
1542, envoyé de Neufchastel en nov. (?) 1643. »
^ Voyez, sur Jean Fathon, pasteur à Colombier, le t. II, p. 472 et le
t. VII, p. 141-43.
198 JEAN FATHON A CHRISTOPHE FABRI, A THONON. 1542
recteurs du monde des ténèbres de ce siècle, contre les maligni-
tez spirituelles es lieux célestes.
Noz ennemys sont grandz, puissantz et cauteleux ; mais nostre
grand amy Jésus desjà les a vaincuz et surmontés pour nous :
la victoire duquel, jouxte sa promesse, est la nostre, et ce néaul-
moings que nostre grand capitaine est puissant tout seul pour
avoir obtenu le champ en victoyre, sil veult-il que tout ses soul-
dars et amys monstrent bon corps en sa bataille, comme sy ung
cliescung particulierment debvoit tout gaingner. Non-seulement
il nous sinifie les armures, mais quant et quant - les nous veult
donner en main, voyre les conduyre luy-mesme, quant il dit :
« Ce ne sera pas vous qui parlera, mais l'esperit de vostre père
céleste qui parlera en vous. » La promesse de celuy qui est véri-
table est faicte à nous. Si nous demandons, il nous sera donné; si
nous cerchons, etc. Je vous bailleray bouche et sagesse, etc. Si
bien les promesses ne nous estoient tant claires et manifestes, si
debvrions-nous estre assés confirmez en la practique de ceste
chevalerie et chrestienne bataille, de sorte qui ne nous doibt estre
plus question de chancelier, ny d'estre esbranlez pour quelque
tentation qu'advienne. Or nous nous debvons tousjours beaucop
plus fier et appuer sus la promesse que en mille [1. nulle?] prac-
tique. Combien, mon chier frère, que congnoys assés vostre
noble cueur en l'œuvre du Seigneur, ce néaulmoing le mot « es-
branlé, » en vostre lettre, m'a occasionné de vous atédier ^ de mes
tant longs propos, et l'ancienne amitié et chrestienne familiarité
d'entre nous, laquelle je prie au Seigneur nous augmenter. Qu'est
pour entrer en Responce de vostre lettre, qui sera plus briefve
que le jjréambule, si je ne me oblie.
Quant an tumulte et vostre grande fascherie ^, nous desplaît
grandement : soyez advertir que n'en avons pas eu guère moings
dernièrement, M" Thomas, Hénard^ et moy^pour ce qu'avons
estes continuellement avec nostre frère Thomas ^, de Cortaïllodz,
et avec sa femme jusques à leur trespas. Et nous, ignorans qui
fust [1. que ce fût] de peste, avons estes chargés l'avoir bien sceii :
^ C'est-à-dire, en môme temps.
^ Ennuyer.
* Nous n'avons pas de renseignements sur ce qui s'était passé à Thonon.
^ Thomas Barharin, pasteur à Boudri, et Eynard Pichon ?
* Thomas de la Planche ou Thomas Cimier ?
lo42 JEAN FATHON A CHRISTOPHE FABRl, A THONON. 199
dont ne dehvions 'permectre que les bonnes gentz Hz entrassent.
Despuis sont mortz six ou sept personnes au dict villaige de
peste, et encoure de présent aulcungs la portent. Le Seigneur en
disposera pour sa sapience et bonne volunté. Dcsjà le i)euple
commence à estre persuadé de nostre innocence, et désirent
les dicts de Cortaïllodz estre pourveu de ministre. Si le frère
Énard ' arrivoit de son pays par delà, vous prie bien que solicitez
de s'en venir au plus court j)ar deçà. Car nous craingnons que
ceulx qui debvroient cercher pourvéance à l'église, ne nous don-
nent tout l'empcscliement qui pourront, i)our rompre tout ordre
d'église, et cela par belle practique de ceulx que bien congnoissez **.
Le paovre peuple du tout se fie bien à nous pour les pourveoir de
fidelle serviteur de Dieu ; mais vous sçavés comme facillement,
par belles promesses ou menasses, il se laisse courrompre. Par voz
bonnes prières et conseil vous prions nous y as[sjister. Je pjcirlay
dernièrement à lions" ^ de vostre tmmdte, auquel lys vous recom-
mandations, que luy furent aggréables ; yl ne fut pas trop esha-
liysde vostre assaulx, congnoissant bien cexoeupile, que si aulcu-
nement a changé de peau, non pas de nature. Mais puis que tous
noz cheveulx sont nombres, desquelx n'en tombera pas ung sans
la bonne volunté de nostre i)ère, nous fault en confiance, vertu
et vérité, poursuyvre nostre ministère.
Nostre frère Jaque de Morge'^^ a esté grandement blasmé à
Sertie, qui refusoit visiter les pestiféreux, ou de crainte de soy,
ou pour rapi)ét{t d'auleungs délicatz, dont l'on na esté" marrys
^ Eynard Pichon était allé visiter sa mère dans le Dauphiné. ■
® Allusion à Georges de Bive, gouverneur du Comté (A comparer avec
le t. ^11, 1). 329, lig. 2-4).
® J.-J. de Watterille, avoyer de Berne et seigneur de Colombier. Ayant,
dans sa première jeunesse, servi Charles m, il devait savoir que les Clia-
blaisiens avaient la réputation d'être difficultueux et processifs. M. Victor
de St.-Genis (Hist. de la Savoie. Chambéry, 1868-69, 3 vol.) raconte qu'un
de leurs princes disait d'eux : « S'il pleuvait des ducats, ils se plaindraient
de ce que le bon Dieu casse leurs tuiles. »
^° Jacques le Coq, dont Calvin ré])rouva énergiquement la conduite
(N" 1187, renv. de n. 4-6).
^' Il aurait dû écrire : ce dont l'on a esté marri, etc.
^^ Le 2 octobre, il s'était retiré au village de Montigny (N" 1164, fin
des n. 22-23). Bucer souhaitait vivement, le 11 octobre (N" 1166, renv. dr
n. 4, 6, 10), que Farel pût de nouveau prêcher dans la ville. Celui-ci ne
le désirait pas moins ; mais le résumé de ses lettres du 22 et du 23 octobre
200 JEAN FATHON A CHRISTOPHE FABRI, A THONON. 1542
contre liiy, et entendent les dicts seigneurs que les ministres ne
s'espargnent nullement de visiter les pestiféreux, que d'aultant
que les maladies sont plus mortelles, plus est requis que les
ministres exercent là leurs office à les consoler, et en crie ou tem-
peste qui vouldra, évitant toutesfoys confusion et désordre, et le
scandalle des infirmes : plusieurs aultres propos de ceste matière
tenuz avec mon dict seigneur, que pour le présent ne vous res-
crips.
Quant à aultres nouvelles de par deçà, nous avons entendu
que M" Guillaume est rentré dedans la ville de Metz^-, et ne fut
qu'il a batizé ung enfant, où tous ceulx desirans la Parolle en la
ville s'estoient subsignez de ne rien innover pour le présent, fors
que de ouyr la prédication, yl eust beaucop plus faict de fruict ;
mais ce baptesme a causé marveilleux tumulte, et grand blasme
aux subsignez, d'avoir faulcez promesse'-'. Dieu y veuille asister
par sa miséricorde, ce que nous espérons qui fera en briefz, et
usera des moyens qui congnoit estre à cela propre. Nous avons
estes advertys que les seigneurs protestans, tant princes que
toutes Zes Riches villes^'', font très bon debvoir pour leur asister '\
Les dicts subsignés de Metz ont dernièrement envoyer querre
M*" Pierre Toussainct pour se riterer [1. retirer] devers eux,
qu'est ung très bon signe que Dieu veult faire miséricorde à celle
])aovre Cité; mais le dict M'' Pierre n'a peu avoir son congé du
Prince de Montbïlliard^^ . Nous envoyons ceste sepmaine pré-
prouve qu'à cette date il n'avait pas encore réussi à rentrer à Metz. En
tout cas, la nouvelle donnée ici par Fathon concerne un fait qui avait dû
être annoncé aux Neuchâtelois vers le milieu de novembre au plus tard.
Selon Meurisse, p. 56, « Farel demeura à Montigny jusques au mois
de Décembre. » Et il ajoute que » ses supposts » continuant de l'aller
ouïr, et de trouver « les portes fermées » à leur retour dans la Ville, « ce
Prophète fut contraint enfin, pour mesnager le repos de ses sectateurs, de
desnicher de là et d'aller porter ses révélations plus loing, » c'est-à-dire, à
Gorze, où Meurisse assure (p. 66) qu'il se trouvait le jour de Noël 1542.
D'après Fathon, au contraire, Farel rentra à Metz vers le 15 novembre,
et il y demeura jusqu'au milieu de janvier 1543 (N° 1199, n. 8).
" Cette « i)romesse » avait-elle été « signée » dans les premiers jours
d'octobre, lorsque ceux des Évangéliques cités devant le Conseil de Metz
prêtèrent « le serment » dont parle Meurisse (Voy, N° 1165, n. 2)?
" Les villes impériales, dont le nom allemand, Reichsstâdte, est à demi
francisé.
'* Voyez leur lettre du 7 novembre au duc de Lorraine (N° 1176).
lolâ JEAN FATHON A CHRISTOPHE FARRI, A THONON. 201
sente'^ ung frère devers M*" Guillaione, \)0\\y luy faire compaignic,
ce pendent que le sire Clande^^ viendra faire ung tour par deç^à^
qui est très neccessaire. Le dict frère^passera par Berne, et s'en
ira i)ai' Strausburg, pour aller plus seurement et pour trouver
quelque compaignie. Si avyés quelques choses à rescripre au dict
nostre frère M* Guillaume, et avyés moyen bien tost faire tenir
voz lettres à Symou Soltzer^^, vous y regarderas en déligence.
Nostre frère M^ Mechiel Dodtatus ^^ a son congé de Moidhil-
liard, et c'est desja retiré avec son ménaige aux Verrières^^ : de
quoy sûmes grandement fascliés, non de sa personne, mais de son
afliction, car nous le tenons pour ung fidèle serviteur de Dieu.
Et ung aidtre, qui s'en est retiré icy sans congé^^. Nous avons
envoyez Gasimr, le frère de F««I^rai;ers ^^jusques au dict Mont-
hiUiard, pour entendi'e toutes choses, car nous n'avons délibérés
les permettre prescher en noz églises de par deçà, que ne sçai-
chions les causes pour quoy ilz ont laissez les leurs ^\ Satan s'es-
force par tout tant qui peult d'empescher l'œuvre du Seigncui*,
et souventfoys par noz oultrecuidances, d'aultres foys par négli-
geances, luy donnons bien matière d'avancer son règne.
Au surplus, voz parentz se portent bien. André c'est retiré à
Boide^'^ et n'est plus avec M" Thomas^^, à cause que les femmes
^® Lettre de Toussain du 20 novembre.
^^ Fathon écrivait cela le mardi 28 novembre.
^* Claude Farel, qui s'était rendu à Melz en même temps que son frère
Guillaume.
^^ Sultzer, pasteur à Berne.
^° Spécimen du peu d'importance qu'on attachait à l'orthographe des
noms propres. Il s'agit ici de Michel Doht, en latin Duhitatus, ex-pasteur
d'Exincourt et d'Audincourt (VI, 204, n. 1; 212, n. 4. — N" 1131,
n. 10-11).
^^ Village situé à l'extrémité sud-ouest du Val de Travers, et non loin
de la frontière franc-comtoise.
*^ Jean Courtois (Cortcsius) mentionné plus d'une fois dans les lettres
subséquentes.
** Gaspard Carmel, pasteur à Motiers, dans le Val de Travers.
^* A comparer avec le t. ^^I, p. 461, note 5.
25-26 j^qIç^ village situé près de l'entrée orientale du Val de Travers. An-
dré ***, qui avait épousé la sœur de la femme de Fabri, était sans doute pa-
rent par alliance de Thomas Barbarin. Celui-ci, pasteur à Boudri, avait
d'abord habité Bôle, à l'exemple de Christoplie Fabri, son prédécesseur
(X" 1110, n. 11), mais il parait qu'il avait depuis peu changé de domicile.
202 THOMAS MALINGRE A CLÉMENT MAROT, A GENÈVE. 1542
ne se pouvoient accorder, et s'en est aller en bonne paix et accord
de toutes parties. Au plus court vous envoyera le mouUe qui
vous a promis, et vous saluent tous grandement, aussi tous ceulx
de Boidle, nommément Pierre Pectavel et tout son mesnaige,
M* Thomas, sa femme. Mon cousin, sa femme et la mienne vous
saluent très affectueusement, sans point oblier nostre très cliière
seur vostre femme avec Daniel -\ Saluez en noz noms tous les
frères. Tous les frères vous saluent. De Columbier, ce 28 de
novembre 1542.
Vostre entier frère Jehan Fathon.
(Siiscription : ) A Maistre Christofle Libertet, ministre du S.
Évangile en l'église de Thonon, mon très chier et singulier amy.
1484
THOMAS MALINGRE ^ à Clément Marot, à Genève.
D'Yverdon, 2 décembre 1542.
Imprimée. Basle, 1546 ^ Réimpression de Harlem, 1868.
(Extraits)
M. Malingre eu Jésus-Christ salue
Clément Marot, Poète de value,
Esleu de Dieu, afin que soit rymé
Tout son Psaultier, par Poète estimé.
^■^ Voyez, sur Daniel, le N" 1124, note 15.
^ Voyez, sur Thomas Malingre, pasteur à Yverdon depuis le mois de
février 1536, notre t. IV, p. 46, 90, 92, et les Indices des t. V, VI, Vil.
Selon A. Crottet (Hist. de la ville d'Yverdon, p. 277, 278), son père, noble
Jean Malingre, était seigneur de Mornellyer en Normandie. M. Théophile
Dufour (Notice bibliogr. p. 49) a corrigé cette erreur. Il s'agit de Morvil-
lers-Saint-Saturnin, village du département de la Somme, situé à une ou
deux lieues d'Aumale, sur les limites de la Picardie et de la Normandie.
Les collections publiques des lettres des Réformateurs ne renferment
aucun manuscrit de Th. 3Iali.ngre, et la pièce dont nous reproduisons des
extraits a été réimprimée à quatre-vingt-dix exemplaires seulement. Voyez,
sur ses autres ouvrages, 0. Douen, o. c. I, 392. — Th. Dufour, o. c, p. 48-
52, 108, 110-114. — Philippe Godet. Hist. litt. de la Suisse française.
Neuchâtel, Paris, 1890, p. 63-70.
1342 THOMAS MALINGRE A CLÉMENT MAROT, A GENEVE. 203
Long temps y a, Poète de hault pris,
Qu'amour m'avoit de te rescrire espris,
Et embrazé le cœur d'ardant soucy,
Pour te mander des nouvelles/d'ioy.
Mais ce villain Dangier, comblé do rage,
D'icy en France empeschoit le passage.
Et ne laissoit passer, ne rapasser
Nul de noz gens, qu'il ne fît trespasser.
Ou qu'il ne mist en péril de leur vie.
Or maintenant, puis que malgré envie,
Dieu a chassé Dangier de sa caverne.
Par le moyen des haultz Princes de Berne,
Princes puissans et Princes chrestiens,
Nous te pourrons aller veoir et les tiens.
Lors saurons-nous nouvelles de ta Muse,
Et pourquoy c'est qu'à Genève t'amuse :
Aussi pourquoy icy es revenu,
Veu qu'au pays n'avois nul revenu.
Dy donc. Poète éloquent et disert,
Pourquoy tu viens en ce pauvre désert?
Désert, je dy selon droicte raison,
Si à la France on fait comparaison.
Tu ne viens pas pour y vivre en délices.
Mais pour mourir journellement aux vices:
Car qui vouldroit en plaisirs mondains vivre,
Devroit la Court plus que Savoy e^ suyvre :
Dont clairement à tous aftermer j'ose.
Que tu viens cy pour plus bien grande chose:
Nous supposons qu'en substituant à son prénom ordinaire, l'initiale de
Matthieu, l'auteur de la présente Éjjître a voulu rapj)eler qu'il avait signé
d'autres pièces sous la forme Maithœus Grametinus, anagramme de son
vrai nom (III, 257, 289, 290, 423).
On retrouve la plupart des lettres de cet anagramme dans la devise de
^lalingre : « Malos vitate gressus. » (Communication obligeante de M. Ch.
du Mont).
* M. Adolphe Gaiffe possède l'unique exemplaire connu de l'édition de
1546. Voici le titre complet : <■ L'Epistre de M. Malingre, enuoyee a Clé-
ment Marot : en laquelle est demandée la cause de son département de
France. Auec La responce dudit ]\Iarot. Icy trouuerez vue louenge de
France et des Bernoys, auec vn noble rolle d'aucuns Francoys habitans en
Sauoye, et deux Epitaphes de Clément Marot.
Nouuellement imprimé a Basle, par laq. Estauge, ce 20. d'Octobre, 1546. »
' Nous avons déjà dit qu'on appelait jjrey.v de Savoie toute la Suisse
romande.
204 THOMAS MAXINGRE A CLÉMENT MAROT, A GENÈVE. 1342
C'est assavoir pour délaisser erreur,
Et pour aymer et servir Dieu de cœur,
Et ton prochain, par charité non fainte.
Comme il requiert et veult en sa loy sainte.
Tant seulement il reste que tu face
L'œuvre de Dieu comme devant sa face,
En te gardant de cacher le talent.
Ainsi que fit le servant non chalant.
Despèche-toy, ô Poète royal.
De besongner comme servant loyal.
Et d'achever le Psaultier Davidique,
L'œuvre sera chef-d'œuvre poétique:
Parfais-le donc, ainsi que l'attendons.
Car au Psaultier, à Dieu nous demandons
De noz péchez avoir pleine indulgence,
Et racontons de Dieu la grand clémence,
Ou de ses biens luy rendons grâces aimes :
Et tout cela est contenu aux Psalmes.
En les chantant, nous nous esmerveillons
Des faitz de Dieu : et aussi réveillons
L'affection, par dévotion sainte.
Que par avant en nous estoit estainte.
Telle chanson aussi nous reconforte,
Et nous soustient les cœurs par la foy forte,
En attendant que Dieu nous aidera.
Par Jésus-Christ, qui pour nous plaidera.
Fais-nous ouyr, Marot, ta douce lire
Parmy ces mon[t]s, Charité le commande :
Les lieux secretz Calliope demande.
Souvienne-toy en ton affection.
Que tu n'es pas sans consolation.
Si ta foy est de ferme espoir tissue :
Car en ces maulx Dieu donne bonne issue.
Et ne laissa les siens oncques tenter
De plus de maulx qui ne peuvent porter.
Si maintenant nous sommes affligez
Un peu de tem])s par tormens infligez,
(Comme l'a dit saint Pierre en un mot tel)
Nous attendons l'héritage immortel.
Prends donc en gré, et ne sois esperdu,
Qui avec soy a Dieu, n'a rien perdu.
Mieulx vault un peu d'avoir avec Justice,
Qu'un revenu bien grand en Injustice.
Et si en France avois lieux spacieux,
Où que tu sois ton âme aura les cieux.
1542 THOMAS MALINGRE A CLÉMENT MAROT, A GENÈVE. 205
Avec Jésus : si comme luy endure.
Patiamment seufFre adversité dure,
Car Dieu ne t'a destitué d'amis
En ces désertz, qui jà t'avoit transmis
Tes précurseurs, Noble Laurens 3Ieigret^,
Qui ne prend pas son exil à regret.
Mais est tousjours et sera Magnifique.
Tu as Robert, homme scientifique,
Noble et puissant seigneur de Frenneville
Et de la Chaulr, docte en la Loy civile,
Qui pour Jésus a France abandonné,
Et de ses biens aux pauvres gens donné.
Tu as aussi le bon docteur Moratul,
Qui est pour Christ de jour en jour mourant.
Homme accomply en la Théologie,
En médecine et en Astrologie,
Et plus subtil que ces Sophist[e]reaux,
S'il fault parler des Sept ars libéraux.
Ferme et constant comme le fort rocher.
Et l'homme à qui on ne peult reprocher
Rien en sa vie ou doctrine admirable.
Tu as Calvin, prescheur très amiable.
Consolateur des pauvres consciences.
Homme qui sait de toutes les sciences,
Plus cordial que buglosse ou endive.
Et qui a grâce autant qu'homme qui vive.
Tu as Marcourt, saige prédicateur,
D'honneur divin très ferme zélateur,
Ministre tel que saint Paul nous descrit,
Lequel nous a plusieurs livres escrit.
Tu as Bichard du Bois, qui sait les langues
Entièrement, dont fait belles harengues,
Soy combattant à l'infernalle lerne.
Par les sermons qu'il fait dedans Payerne.
A Yvonant, maistra Pierre Monder,
Dès ses premiers ans nourry au mont cler
De Parnasus, avecque les neuf Muses,
Et qui a veu de Neptunus les ruses.
Dedans Vivey^, tu as Vincent Pennant,
■ Pour l'Évangile incessamment peinnant.
■* Laurent Meigret et plusieurs des personnages nommés ci-ai)rès
figurent déjà dans le texte ou dans les notes des volumes précédents de la
Correspondance.
' Il y a ici une faute d'impression dans le texte original : Vincy, au
lieu de Viuey (Vevey). Voyez notre t. VI, p. 396, et le t. IV, j). 287, 452.
206 THOMAS MALINGRE A CLÉMENT MAROT, A GENÈVE. 1S42
A Neufchastel (puisqu'il fault que je parle)
Est Chapponeau, la précieuse perle
Que Christ donna à Bourges, ville exquise,
Pour décorer par tout sa bien acquise.
Tu as Matthieu^, prédicant de Luttry,
De son salut songneux, et de l'autruy.
Tu as aussi nostre amy Jehan le Conte,
Qui l'Evangile à toutes gens raconte,
Et luy estant prescheur dedans Gransoii,
De ses sermons en France on ouist le son ''.
Tu as Baîhus, qui n'est bègue à parler,
Ny paresseux, quand pour Christ fouit aller.
A Couldrefin, as nolile Gabriel^,
Plus gracieux et plus doux que miel.
En sa doctrine et sa vie homme ouvert :
Et à 3£anstiers, maistre Estienne le Vert.
Tu as Moiichy^, de la noble maison
De Senarpont, fidelle en la moisson
De Jésus-Christ. Tu as de la 3ïarlière^°,
De bon conseil et de doctrine entière.
® Matthieu de la Croix, en latin Crudatus (TV, 93).
^ Une collection de ses Sermons fut peu favorablement accueillie des
magistrats de Genève. On lit, en effet, dans le Registre du Conseil, au
17 octobre 15-12 : <■ Le prédicant de Gransson a prier de permestre à
Jehan Michel d'imprimer ung livre nommé Les 52 dymenches. Sur quoy
résoluz, pource qu'il n'est pas de grande édiffication, que le dit livre luy
soyt restitué. » Voyez Th. Dufour, o. c, p. 89.
Pour distinguer son ouvrage de celui de Jae. Faher Stapulensis qui
porte un titre analogue, Jean Le Comte de la Croix avait intitulé le sien
comme il suit : « Les Démégories, du Comte d'Estaples, sur tous les Di-
manches de l'an, les Sacremens, le Mariage et les Trépassés. » Ce livre (dit
Ruchat, in, 134; 1" édition, IV, 228) était « fort étendu et écrit de sa
main. » Plus tard, il le dédia à MM. de Fribourg et de Berne par une
longue épître datée du 31 juillet 1549.
^ Gabriel de Senarpont (VI, 211). La seigneurie de Senarpont, située à
12 1. à l'O. d'Amiens, a donné son nom à une branche de l'ancienne
famille de Monchy (Voy. Moréry, art. Monchy).
^ En latin Monchius. Deux membres de cette famille ont été pasteurs
dans le Pays de Vaud : Michel de Monchy, à la fin du seizième siècle, et
Abram au dix-septième.
•° Maître Antoine de la Marlière, de Noyon, à qui fut accordée, « le
lundy 4. de May, l'an 1534, » la chapelle de la Gésine, que Maître Jean
Caldn venait de résigner (Voyez Jacques Le Vasseur. Annales de l'église
cathédrale de Noyon. Paris, 1633, p. 1161. — Jacques Desmay. Remarques
sur la vie et les mœurs de J. Calvin. Rouen, 1686, p. 48. — Charles Dre-
lincourt. La Défense de Calvin. Genève, 1667, p. 171. — Abel Lefranc. La
1342 THOMAS MALINGRE A CLÉMENT MAROT, A GENÈVE. 207
Puis Clérembault Arnoul, natif de Biais,
Dont les parens do long temps bien congnois,
Qui a laissé ses biens et ses amys
Pour l'Évangile, où son cœur ^ivoit mis.
Et maistre JeJuin Ménard^^, enfant de Tours,
Qui pour Jésus a souffert main[t]s destours.
Tu as aussi maistre Claude Véron '^,
Lequel pour Christ se bat contre Achéron.
î'aut-il laisser Estienne la Fontaine",
D'honnesteté et de doulceur fontaine?
Certes nenny. Henry^*, ne Champereau,
Ne ton amy singulier Trépereau **,
Qui ont souffert pour l'Évangile encombre.
Tant en y a, que je ne say le nombre,
Avec lesquelz te pourras consoler,
Et de la loy de Christ paistre et sauler.
Tu n'es pas donc de soulas desvestu.
Quand avec toy as gens grands en vertu,
jeunesse de Calvin. Paris, 1888, p. 201). Drelincourt ajoute, p. 172 : « An-
toine de la 3Iarlicre est l'un de cens qui suivit Calvin à Genève. »
^* En 1543, Jean Ménard habitait Lausanne et recevait une pension
du gouvernement bernois. Il avait publié l'opuscule intitulé : <■ Epistre
Chrestienne, aux Frères Mineurs, de lordre de S. Françoys. En laquelle est
briefuement... exposée la règle des dictz frères, par quelcun iadis de leur
estât : maintenant de lesuchrist. (Genève, Jean Michel) 1540, » petit in-8"',
caract. goth. — La seconde édition, mêmes caractères et même format,
porte un prologue daté du 15 juin 1542 (Voy. Th. Dufour, o. c, p. 176,
177).
On est surpris de ce que Malingre ne mentionne pas son confrère en
poésie, Eustorg de Beaulieu, qui lui dédia quelques vers latins (VI, 286-
289).
'^ Claude Véron, natif (croyons-nous) des environs de Sens, fut plus
tard pasteur dans le bailliage de Ternier.
'* Un Estienne de la Fontaine, pensionnaire de MM. de Berne, à Lau-
sanne (1544-1545), paraît avoir exercé des fonctions ecclésiastiques dans
le Pays de Vaud. On n'a pas d'indices suffisants pour l'identifier avec le
frère à^ Antoine de la Fontaine (\'T[, 4-7), ou avec Estienne de BruVeres
dit la Fontaine, avocat, qui évangélisait en 1559 la petite église de Gien,
près d'Orléans (Bèze, o. c. I, 163, 164). — La signature latine de celui-ci
était : S.\t:ephanus'\ Brulerius Fontanus. On le retrouve pasteur à Russin,
près de Genève, de 1588 à 1597, sous le nom à'Estienne Brulen [1. Bru-
lère] dit de la Fontaine (Voyez J.-A. Archinard. Genève ecclésiastique,
1861, p. 25).
" Henri de la Mare (N" 1149, note 8).
*^ Voyez, sur Amé ou Ednie Chatnjjereau, l'Index du t. Vil, et, sur
Louis Treppereau, les pp. 79, n. 5; 83, 84; p. 106, renv. de n. 11.
208 THOMAS MALINGRE A CLÉMENT MAROT, A GENÈVE. 1542
Qui comme toy pour Jésus-Christ endurent,
Et qui iionneurs et biens en la France eurent,
Desquelz l'exemple orendroit ** t'est offert,
En tant qu'ilz ont pour vérité souffert.
Or maintenant prens consolation
Avecques nous en ceste aifliction,
Et bien te garde à France avoir regret,
Car s'il y a du bien, il est aigret,
Fort^' à garder, et plein de grand constance.
En la Court n'est aussi nulle constance.
Mais flatterie, envie et trahison.
D'y retourner donc n'auras achoison ^^
Ains rendras grâce à Dieu, qu'en es sorty.
Et que d'un tel pays t'a assorty,
Où tu pourras finer ta pouvre vie
En Jésus-Christ, où est joye assovye,
Que Dieu nous a donné pour tout guerdon'^ :
Auquel sois-tu ^°. Escrit à Yverdon,
L'an mil cinq cens avec quarante et deux,
Le second jour de Décembre froideux^^
^^ Orendroit signifie maintenant.
*^ Difficile à garder.
^^ Occasion, opportunité.
1^ Loyer, récompense.
2" On s'abordait, on se quittait en disant : A Dieu soyez ! Cette locution
est encore usitée dans certains pays protestants.
^^ On trouve à la fin de l'Épistre les deux pièces suivantes :
CLÉMENT MAEOT
à M. Malingre.
L'Épistre et l'Épigramme
M'ont pieu en les lisant.
Et sont pleins de la flamme
D'Apollo clair luysant.
De responce vous faire
Fault que vous me quittés.
Pour celuy mesme affaire
Dont me sollicités.
De Genève, le 6.
de Janvier, 1543.
DIZAIN DE CL. MAROT,
envoyé au dit Malingre, demeurant à Yverdon.
Je ne suis pas tout seul qui s'esmerveille
De ton savoir, bonté, croix et constance,
Et des Sermons où grandement traveille :
Mais aussi font les plus sages de France.
1542 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 209
1185 '
SIMON SULTZER à Jean Calvin, à Genève.
De Berne, 5 décembre 1542.
Autographe. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 112. Calv.
0pp. XI, 469.
S. Sei'iùs postremis illis tiiis respondeo, tum quôd interea vix
nnqnam firma iiiihi valetudo fuerit, qute dypvKvicf. partim, par-
tim i)itiiit* destillationibus sic jam diu perturbatiir, ut omnibus
l'erè functionibus inidoneus reddar. Sic exercet probatquc me
Dominus non uno afflictionis génère. Eum precor ut parcat et
gratiam largiatur, qui solus novit liœc amara uberiore consola-
tionis suœ dulcedine temperare. Quod potissimum in actione nos-
tra desideras, contra èn^y.y(,iybv ' nostram Synodi yosinlationem,
agnosco animum senteutiamque tnam, qua meritissimo ecclesias-
ticas coïitroversias ad legitimum etiam tribunal vocaii velis,
coranique synodis decidi de causis religionis, ut quarumjam inde
à nascente Ecdesia semper fuerit sacrosancta inter credentes
autoritas. Atque ea tantùm abest ut à nobis vel spreta vel negleda
sit, ut jam inde sub tragœdias liujus inicium, niliil nobis gravius
acerbiusque acciderit, quàni quôd ceu obforfo collo ad disceptan-
dum coram civili tantiwi, judice ^ jyertraheremur. Ubi cum nos
Et à bou droit, c;ir tu es rcx[c]elleuce
Et le premier des Jacobins de Bloys,
Qui tous estatz à Jésus assemblois
Par tes sermons et ta vie angélique :
En quoy faisant, à saint Paul res[s]eml)lois
Cent mille fois plus qu'à saint Dominique.
De Genève, ce 5.
de May, 1546 [1. 1543].
1-4 et 9 Érasme Biffer.
^ Nous avons vu Calinn et la Classe de Lausanne se plaindre (N" 1156,
renv. de n. 8-20; 1174, renv. de n. 5-6) de ce que les autorités politiques
de Berne prétendaient décider, à elles seules, des questions de doctrine,
sans demander le jiréavis des pasteurs.
T. VIII. 14
210 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
primîim ex Scripturaî aiitoritate, ut par esset, justo vel symmis-
tariim nostroriim cœtu, vel extcroruin et Antistitum ^ conventu
responsuros profiteremur, ut cleliberandi saltem cum iis facul-
tatem concedi postulareraus, adeô non obtinuimus, ut etiam in
suspicionem pertracti simus pravfe cujusdam tergiversationis et
factiosae propemodum rationis agendi : maxime cum ille * tam se
ad explicandam suam mentem coram ipsis promptum i)aratumque
ostenderet, ipsosque diacosios'" ad definiendum constituendumque
urgeret, mirando astu, quse ad Disputationis habita? jam pridem'^
incolumitatem pertinerent, ut facile jam tum perspiceremus in-
fructuosum tum de provocatione conatum fore. Itaque et capienda
ea consilia erant quae sors, ceu in arena luctantibus, offerebat,
quae sic tamen moderatus est choragus hujus fa])ul9e, ut si non
qualem vellemus, saltem opinione meliorem catastrophen ^ vide-
rimus.
In ratione docendi, quod moues, studiosè ohservamus, ne quid
ex pontificia ahominatione redolere videatur, eamque ut decet
semper etiam detestamur. Nequefornmlas, sic me Christus amet,
;piarimi aurium offensivas, aillas unquam induximus, nisi often-
sivae sunt quibus et Scriptura utitur, sineque quibus ministerii
ratio et nequit cognosci satis, aut nisi tum censendi sumus nescio
quem vel papismum vel Lutherismum inferre, cum primùm [os-
tendimus] quid in Cœna Christus atque Baptismo prsestet, donet,
exhibeat cum symbolis, perque sacrum ministerium animadver-
tendum monemus, ceu totius sacrse actionis basim, quàni ea
deinde quae per nos fiunt consequuntur, etc. Item cum de voca-
tione, clavium imt, utriusque potestatis discrimine disserimus ^
* Le mot Autistes désigne le 2^i"ésident du clergé d'un canton ou le doyen
d'un district ecclésiastique. Sultzer et Pierre Kuntz auraient voulu pou-
voir délibérer avec leurs collègues, ou soumettre leur diiTérend aux doyens,
soit du pays de Berne, soit des autres villes réformées, réunis en assemblée
synodale. Ils ne l'obtinrent pas. Les mesures i)récipitées de MM. de Berne,
au mois d'août (N"' 1147, 1148) ne permirent pas non plus aux doyens
des Classes romandes de se concerter avec leurs collègues.
* Le Conseil des Deux-Cents de la ville de Berne.
® La dispute de religion tenue à Berne en 1528.
^ Allusion au manifeste du 15 août (N" 1147). A comparer avec le
N" ll(i2, tin de la note 7. '^
^ De ces trois points le dernier seulement avait été l'objet des observa-
tions de la Classe de Lausanne (lettre du 1" novemb. N" 1174, n. 1). Mais
1542 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 21 1
ils Hunii-Miu reUgioHÏs capitib/is qiue tenere iii EcdcsUt necessu-
riwuest, q^tœquej)lanèferripoterant, etiuiii à quaiidibet tetieris
aurïbus, nisijam lyridem noster illej plusquàm tragicis culani-
niis gravasset conmiurmn cmisam/^", mtplevissetqiie ecclesiam,
suspicionïbus. Utinam verô te liaboiv oniniiiiii anteactariiiii coii-
cionuin et actionuni i)ossemus liabere judicoiii : cernas nos indig-
nissiniè vel ignoratae disciplinée vel oftensionis atfectatje i)er ora
etiani fratnim tradnci. Qiiid ((uôd eoruni etiani insinmlanuii*,
qiue ne per somniuni (luideni nn(iiiam cogitavinius, ut putasym-
boloruni adservatione, iniaginibusque, im])udenti et liostibus
etiam nostris cognitissima vanitate. In ipsa sanè concertationis
dy.ix.f,, fateor plusculùm nonnunquani affectibus indultum esse
etiam à nobis, maxime Contzeno, qui natura quum sit vehemen-
tior, etiam atrocitate rei portentosaque vafricie ad calumniam
omnia detorquendi permotus, modestiœ limites semet esse trans-
gressum fatetur. Verùni purgationom nostvam cognosces exac-
tiùs ex ea responsione quam propediem frafrlhus nostris Lan-
sannensïbus transmittemus" ad amicam planeque fraternam
ipsorum expostulationem^-. Modo citra recentem aliquem tumul-
tum liceat consistere. Neque enim dubitamus jani i)ridem para-
tum insidiosè catlialogum, minus ex Disputationis seu [1. sedV]
potiùs adversarii dictorum sententia, quô mox exagitenmr denuô.
Utinam sim vanus augur.
Serio agit noster ille sriis concionïbus, non soJhin ut virtus
nulla trihuatur symholis, nisi qualem in memorialibus aut reprse-
sentatione scenica agnoscimus, quantamque humanae rationis
preliendunt tenebrœ, verùm etiam lU magistratui plenani in rei-
puMicœ atque religionis administrationejiirisdictionem adstruat:
ministerio vero ecdesiastico niJiil nisi docendi profitendiq^ue potes-
tatem concédât. Idque tanta blandiloquentia, ut non possit in hoc
quidem tam ambicioso theatro amplissimnm et assensiim et ad-
plausum [non] consequi : ubi nos ex[s]il)iiat()s ii-i cei-tnm est,
il paraît que les ministres de la ville de Berne, dans leurs sermons, trai-
taient librement de la voeation des ])asteurs, de l'usage des clefs (c. à d. de
l'excommunication) et de l'incnnipétenee des magistrats dans les questions
doctrinales.
^" Le mot communem semble annoncer que SuUser, Kuntz et leurs
adhérents, à Berne, étaient d'accord, au fond, avec Calvin.
""''^ Ces deux pièces n'ont jias été conservées.
212 LES ÉVANGÉLIQUES VÉiMTIENS AUX PASTEURS DE GENÈVE. 1342
simul ac vel tectim etiam occlesiae Christi œconomiam et sacro-
sancti ministerii è^ovaiav explicare caeperimus. Moderationo igi-
tur singiilari et animis etiam opiis est, et ciim ])i'imis doctore
spiritu, qui sic moderetur regatqiie ora atque consilia nostra, ut
neque verum dissimuletur, neque publica subvertatur sedificatio
ulla nostra incogitantia aut imi)ortunitate. Quam ad rem tu,
quœso, mi frater, nos et oratione et consiliis 2^^'o more juvare
perge, et suavissimis tuis literis me, tantîim non et corporis
imbecillitate et hisce tôt molestissimarum œrumnarum tsediis
fatiscentem, semper refice et recréa. Valdè gaudeo cum te Phi-
lippo^^ inter amicos etiam primos video numerari. Dominus
Jésus te conservet nobis suœque ecclesiag. Bernse, 5. decemb.
Anno 42.
T. SULTZER.
Salutant te amanter Contz.[emis\, Beai.\iis\, Oryn.\œus\, Tela-
mo7i.\ius\.
(Inscriptio :) Viro doctissimo, ])ientissimoque D. Joanni Cal-
vino, Genevensis ecclesiœ Antistiti, prœceptori et amico synce-
riss. suo.
1186
LES ÉVANGÉLIQUES VÉNITIENS aux Pasteurs de Genève ^
De Venise, 6 décembre 1542.
Manuscrit original. Bibl. de Gotha. Calv. 0pp. XI, 472.
Gratia Dei vobis et pax per Jesum Christum Dominum nos-
trum !
Non ignoramus, fratres, quàni toti in hoc die noctuque incu-
'* Méîanchthon.
* Cette lettre fut probablement composée par Baïdassare (ou Balthasar)
Altieri, natif d'Albona, petite ville de l'Istrie. Il était devenu, à Venise,
l'agent des princes protestants d'Allemagne, après avoir rempli les fonc-
tions de secrétaire de l'ambassade anglaise. Ce fut lui qui signa la lettre
1542 LES ÉVANGÉLIQUES VÉNlTIEiNS AUX PASTEURS DE GENÈVE. 213
biieritis. ut nos à vc^toris ignorantia' soiinio (>xdtaretis, ac pci*
vos Cliristi rogiio iiobis patcfacto Aiiticlii-istiis qiiO(iiic sic diu
ignotiis tandem prodin't in Inccni. De (|ua i-c cnni Dco et pati-i
immortales gratias sempor ogorinids, nunc niultô niagis. (piia
quotidieapud nos utriusque cognitioincrebrescit augetur(iu(' non
mediocriter, licet diverso reriim eventii. Nam ejus qui nos acqui-
sivit sanguine suo, snninia fit accessio : alterius ver(\ ([ui vult
nos perdere inimanitato sua. multa ubique cernitur diniinutio,
ita ut sperare possinius, brevi ea nos cajjtivitate, qua acerbis-
simè preminiur. red('ni])tos [1. redemptunij iri, i)rîiesertim quôd
videmus studiuni vestrum nol)is in ea re non defuturuni, ni-
hilquc prs'terniitti à vobis in quo juvare possitis electos Dei, qui
modo pro noniine ejus sic crudeliter affliguntur ^ Audivimus
enim qnàni arderiU charifate exceperitis fratres nostros trans-
fugas, quant etiam mine henignè irudetis, q/ià»!, communem
eorum casum, siciiti est, coni miser escendo feceritis, sentientes id
in vobis quod et in Christo Jesu, qui nostrî commiseratione ini-
pulsus, lignum crucis ascendit, ut perpetuô viveremus, — quàm
piè eos nunc adhortemini, erigatis, consolemini, ut Ijono sint
animo, promittentes omnia ha^c sibi fiei'i ad saluteni, ita ut ii
sic à vobis animati refectique plus voluptatis accipiant quàm
mœroris ex jactura rerum sibi charissimarum, quas propter
Evangelium omnino fuerant relicturi, non seciis ac si ex magna
tempestate ei-o{)ti, in aliquem portum sese recepissent, ubi pra--
teritae calamitatis immemores securè ac féliciter vivant. Sic
enim consuevit Dominus cum suis agere, ut priîis corrigat quos
amat, quassatos restituât, oppressos erigat, moribundos suscitet
ac vivificet, ut discamus per lui^c, sub magna paupertate divi-
tias, sub ingenti miseria summam felicitatem, sub altis doloribus
lœtitiam latere vel incredibilem, niliilque nobis déesse ubi Deus
aff'uerit : qui cum filium suum nobis donarit, annou rdiqua
que les Évangéliques de Vicence et de Trévise adressèrent à Luther, le
26 novembre 1542, lettre imprimée dans l'ouvrage de Seckendorf, III, 401.
Liiiher leur écrivit en 1543 et 1544 (Ibidem, III, 402, 403).
- Voyez, sur les progrès de la Kéforme dans le territoire de Venise,
Seckendorf, III, 578. — Maccree, o. c, p. 100-112. — Gerdesius. Italia
reformata. — Luthers Briefe, éd. de Wette, HI, 289, \, 564. 565, 695. —
Les deux lettres de Mélancbtbon de 1539 et 1547 an sénat de Venise. Mel.
Epp. éd. Bretscbneider, III, 745, VI, 761.
214 LES ÉVANGÉLIQUES VÉNITIENS ALX PASTEURS DE GENÈVE. lo42
omiiia, cœlum et terrain etiam cum illo rectè dicitur communi-
casse, potissimùm cum is apud patrem serapiternus pro nobis
interpellator existât? Tantum abest ut vereamur, ea nobis firmi-
ter concessa vel aliquando defutura. Tenemur itaque vobis duplici
jure, cum quia jam pridem provocastis nos verbo veritatis ad
salutem, ut evangelium gloriae Cliristi reciperemus, tum etiam
quôd opère complevistis fidei vestrae sinceritatem ac dilectionem,
ita ut facti sitis forma quîedam qua scire possimus, non tam
quid credendum. quàm quid cum caeteris omnibus posthac sit
nobis agendum. Pro qua re agimus Deo gratias sempiternas,
quôd dederit nobis homines sic eruditos tamque pios, qui po-
tentes sint ac semper parati, nedum sana doctrina nos instituere
hortarique. et qui illam oppugnarint facile convincere, sed etiam
charitatis promptitudine ac summœ benignitatisministerioliber-
rimè uti erga sanctos Dei, qui contumeliam patiuntur propter
Cliristum. Id quod cum vinculum perfectionis dicatur esse, eo
quôd homines verè jungat eosdemque perpetuô tueatur atque
unanimes servet. non est mirum vos à nobis idcirco tam miriticè
diligi. unicè observari et ardenter amari, tamque vestrî jam nos
studiosos factos esse, Ita Deus faxit ut etiam facto id testari pos-
simus, quàm libentissimè traderemus animas nostras pro vobis.
At vos, quos Dominus posuit ad custodiam super gregem
suum. advigilate intérim et arcete lupos qui ubique hîc immi-
nent, ne sic libéré crassentur [1. grassentur] ac omnimo dévorent
oves ejus, simulque expendite quanto adjumento quantoque usui
futuri estis, si volueritis, quandoquidem egregiè cœpistis, glorise
Christi propagande, quam apud nos ita promotam videmus, ut
omnino spcrandum sit, ap])robante Cliristo, vobis quoque, qui
nobiscum socii estis ejusdemque fœderis consortes, in ea re ju-
vantibus. in veterem illam libertatem atque dignitatem vindica-
tam esse ac propè restitutam. Valete in Domino, quem pro vobis
rogate, sicuti pro vobis agimus non inviti. Fratres, tam qui à
vobis sunt humaniter recepti, quàm qui istliic piè vivunt in
Christo, eos maxime qui laborant in \'erbo et doctrina, nostrî
omnium nomine etiam atque etiam salutate. Datte Venetiis vm.
Idus dccembris m. d. xlh.
UiMVERSI FRATRES ECCLESLE VeNETIARUM,
YiCENTiiE, Tervish, vobis deditissimi.
1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 215
(Inscnjytio :) Sanctis Doi qui sunt occlosiae Gebcnna} membris
ac luinistris Doniini. fidclissimis fratribus nostris coleiulis in
Christo et peramaiidis.
1187
JEANCALATN à PieiTe Viret, à Lausanne.
De Genève (vers le 8 décembre ^ 1542).
Copie contemj)or. Bibl. Piibl. de Genève. Vol. n° IIP. Calvini
Epistolae et Responsa, 1575, p. 369, Calv. Op. Brunsv. XL 46G.
Non peto ut ignoseas si breviùs et perturbatiùs tibi scribani,
quàm res postularet. Habes enim nieam excusationem, quam tibi
sufficere confido. Respondebo tamen ad singula epistolae tiiae ^
capita paucis verbis. De FareUo id ipsiim niihi nimciaverat
Tossanus quod scribis ^ Itaque jam quietiore sum animo. Quod
autem de profecHone cogitabam, non aliô spectabat, nisi ut in
Gerniania causam promoverem, et Meiensihus ipsis adderem
animum, ne in bona causa adeô timidos se ostenderent. Sed nunc
expectabimus quid illis Dominus dederit.
De Jacobo ^ mihi non placet quod tam molUter acce-ptum dimi-
seris. Nam si nolebas causam tuam facere, cur non sim])liciùs
objiciebas eum nimis impudenter facere, quôd rem ita contesta-
tam negaret. imi)levisse enim totam viciniam suisquerimoniis^?
Cum ]j1us quingentis testibus convinci queat, audetne adliuc
tergiversari ? Tu autem tua dissimulatione videris mihi auda-
ciorem posthac reddidisse ad negandum. Ego verô statueram,
nisi memoria excidisset, literis "^ adscribcre : « Legas, Jacobe, et
^ La date est déterminée par les notes 3, 17, 18, 26-27.
^ Lettre perdue. Viret l'avait écrite aj)rès le retour de C. S. Curione à
Lausanne, dans les premiers jours de décembre.
* C'est-à-dire, la rentrée de Giiill. Farel à Metz. Viret avait pu l'aj)-
prendre par la lettre de Fathon à Fabri du 28 novembre, lettre qu'il
expédia, sans doute, à Thonon par les bateaux du samedi 2 décembre.
*"* Jacques le Coq (N" 1183, renv. de n. 10-11). Il se plaignait de ce que
Farel avait pris sa place à Metz.
216 JEAN CALVIN A PIERRE VIREX, A LAUSANNE. 1542
si quem habes humanitatis sensiim, fleas. » Si caiisam ex me
quœsiisset, miiltô asperiùs exposuissem qiiàm Farellus. Sic trac-
tandi sunt isti dld^ovsq. De Neocomensïbus patienter fero, qiiôd
nuncio \ ut hue usque meis saltem sumptibus veniret, uon man-
darunt. Sed jampridem novi ut sapiant.
Negocium verô ■Kay.oloynzoi) * sic tractari oportuit. Nisi quôd
vestram constantiam in ])ostremo actu nunc desidero. Ego si
vestro loco essem, ac vellem summa lenitate cum eo agere, sic
rationes meas instituèrent Causam totam haberem instructam,
ac si Judici vellem demonstrare, unde pronunciaret. Darem
posteaoptionein,mal[r]etne niissionem hoc praetextu petere, quôd
Doniinus multis de causis eum à ministerio excluderet : an cum
fratrum prsejudicio Bernam ablegari : hoc est, omnibus senten-
tiis damnari. Atque habito ejus responso, urgerem ad tideni
praestandam. Sicubi deflecteret, tune palàm in apertum canipum
eum retraherem. Neque enim œquum est, ut totius ecclesise de-
decorc unius hominis, non dico qualis, existimatio redimatur.
Non est autem cur hanc conditionem recuset : a Dominus non
patitur me ampliùs hoc ministerio fungi, » Impedimenta autem
non exprimat : sed ita dissimulet, aut silentio transmittat, ne
qua suspitio in ecclesiam derivetur, sed in ejus famïlia potiùs
resideat tota ".
Quod autem periculmn vohis denunciant Sulzeri literœ,fore ut
Senatus vos ad reddendam rationem vocet '", id mea sententia
vohis oiitandum est. Literse summa moderatione scriptœ sunt^K
^ La lettre où Farel lui reprochait sévèrement ses injustes récrimi-
nations.
^ Le messager qui était venu annoncer à Viret et au pasteur de
Morges, que les ministres neuchâtelois enverraient un frère à Metz enti-e
le 28 novembre et le 3 décembre (N" 1188, renv. de n. 1).
* Le personnage « décrié » était Béat Comte (X" 1159, note 5), contre
lequel la Classe de Lausanne avait porté plainte au Consistoire de Berne
(Cf. la lettre du 19 janvier 1543).
® Le texte publié par Bèze finit ici.
" La lettre de Sultser qui annonçait au doyen et aux jurés de la
Classe de Lausanne qu'ils seraient cités à Berne, n'existe plus. Elle leur
fut probablement remise par Curione, qui était parti de Berne entre le 27
et le 30 novembre.
'^ Allusion évidente à la requête datée de Vevey, 1" novembre 1542
(.V 1174).
1542 JE.VN CALVIN A PIERRE VIREX, A LAUSANNE. 217
Ccmsonimis hona.Qubdsi illuc ventumfuerit, prima hœc dejhisio
vohis ad manum erit : « Kon ijotuimus tacere. Quibus autem
iiieliùs exponoromus hanc quorimoiiiam, quàiii vobis ? Connivere
crat déesse officio nostro, et prodere veritatem. Si quis cxces-
sisse modum insiniulet, literae ipsa3 aiit ])ro nol)is, aiit contra
nos jiidiccnt '-. » Ohjicient alios^'^ communicare sacrilegiis qitœ
àvohisreprehenduntur. Vestrum erit illos libero orc danniare,
imô totam asperitatem stringere in ij)sos, qui cuni prœlucere
bono exemple aliis debeant, excitent hœc offendicula '''.
De socero fratris mei '% constanter affirmaro potes, onines
mentiri qui talem rumorem spargant. Einisset foi-san, si i)ro-
bassem. Sed cum à me consilium peteret, idque antequam cele-
bratœ forent nuptiœ '", respondi quod sentiebam. Respondit, se
^^ Si la requête précitée avait demandé l'établissement de l'excommuni-
cation, etc. (comme Rucliat l'affirme, V, 220), Calvin se serait bien gardé
d'omettre les réponses qu'on pourrait opposer aux ol)jections des magistrats
bernois.
" Sous-entendu niinistros.
*■* Ce reproche vise spécialement Gérard Pariât, doyen de la Classe de
Thonon, et Saunier, pasteur à Perroy et à RoUe. On lit, en effet, dans le
Registre des amodiations, écrit par le commissaire bernois Jean Landoz :
« Les... commis [de MM. de Berne] ont iufeudé [1. inféodé] et donné en
fiedz noble, soubz ung seul et unique hommage, à Noble Anthoine Sonyer,
à présent prédicant à Perruys (Perroy), à sçavoir tout le mas et héritaige
de Bossey *, à nos d. Seigneurs à cause de leur maison de Boulmont ap-
partenant, soit icelluy en maison, granges, trueil et tous autres édifices, en
terres cultivées et non-cultivées, champs, jjrclz, vignes, vergiers, bois,
raspes...., pour le pris et somme de 750 escuz d'or au soleil Uatlim à
Nyon, le 27 Octobre 1542 » (Arch. du C. de Vaud).
*^ Le beau-père à\4.titoine Calvin se nommait Nicolas le Fer ou le
Fert. On prétendait faussement que celui-ci avait acheté des biens
d'Église.
'** Jean Calvin apprit, vers le commencement d'octobre seulement, que
MM. de Berne faisaient publier la vente générale de leurs biens d'Église
(N" 1163, renv. de n. 8), et, comme il le rappelle ici, cette nouvelle lui par-
vint avant le mariage de son frère Antoine avec Anne, fille de Nicolas le
Fert. On a donc lieu de croire que c'était de leur noce qu'il parlait, dans
la dernière semaine d'octobre, en disant : « cum adhuc essem in nuptiarum
reliquiis occupatus » (N° 1171, renv. de n. 4).
*" Le hameau de Bossey, »'ûné à 2 1. S.-O. do la ville de Nyon, fait aujourd'hui partie
de la commune de Bogis. Bonmont est situé à 2 lieues N.-O. de Nj'on, au pied de la
Dôle et du mont Jura.
218 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1542
pecuniain prorsùs in Ehodanum malle projicere, quàm adversùs
meum coiisiliiim collocare. Ab oo tempore, non modo nullam
fecit mentionem, sed ne in mentem quidem illi venit. Quôd te
pro Sonerio rogasse aiunt, id non aliunde quàm ab eo profectum
suspicor. Te enim proferre solet, dum exciisatione utitur. Quem-
admodum niiper apud Genistonmn, postea apud me '' quoque :
« An si malum esset, dicebat, pro me intercessissent FareUns et
Viretns? » Ego verô respondi continuô, vos non potuisse id fa-
cere sine maxima perfidia, cum aliter coram Deo uterque senti-
ret. Sed nullo modo persuaderi mihi posse. Nunc speciosam ex-
cusationem scilicet obtenduut : « Non fuisse se empturos, nisi
prostitissent. » Ergo scortator qui publicum lu])anar ingreditur,
quid peccat? Prostant enim scorta. Atqui Sonerms, ut scias,
non tam verecundus est, ut ad ejusmodi subterfugia se recipiat.
Nam sine ullo pudore dicit, « eos bene et piè fecisse qui pro-
scripserunt : et se fuisse in Deum peccaturum nisi emisset. » Et
nos tam crassam hypocrisin in nostris palpamus, qui tam acres
nuper eramus in Papistas !
Itali te plurimùm salutant, qui Celio mecum ex animo pluri-
mùm gratulantur, quôd et salvus ad nos redierit, et uxorem ad-
duxerit cum parte sobolis '^ Marotmm cum videro, salutaho
tuis verhis^^. Hœc causa adventus : quôd cum ex aida domum
se conferret ^"^ audierit decretum fuisse à curia Parisiensi, lit
captusilluc quàm pnmùm adduceretur. Flexit iter aliô, ut dili-
gentiùs inquireret ^'. Re bene comperta, hue rectà concessit ".
Nunc penitùs habere in animo se dicit, liîc manere.
^^ Saunier se trouvait à Genève le 5 décembre. Il était venu réclamer
le paiement de 65 florins, 2 sols, qui lui étaient dus pour des réparations
qu'il avait faites jadis au Collège de Rive (Reg. du Conseil du 5 déc. 1542).
" La présente lettre n'a donc pu être écrite que quelques jours après
l'arrivée de Curione et de sa famille à Lausanne (N" 1181, n. 6).
^® De cette phrase on pourrait inférer que Viret avait connu Clément
Marot, entre 1526 et 1529, époque où il étudiait lui-même à l'université
de Paris.
^^ Au mois d'octobre 1542, François I et la cour voyageaient dans le
midi de la France. Le 3, il coucha à Monpellier ; le 17, il se rendit de Mon-
pellier à Béziers ; le 21, de Béziers à Toulouse, où il ne coucha qu'une
nuit. De Toulouse (suivant Le Ferron, cité par Génin, o. c. I, 381) il alla
voir sa sœur Marguerite à Nérnc. Au commencement de novembre, il
partit de Narbonne pour Angoulème (Guiffrey. Chronique de François I,
loiâ JEAN CALVLN A PIERRK VIRET, A LAUSANNE. 219
Quod me Payuetii " rogatu, hortaris ad nostros extimulandos :
iitinam ipse tam bouo animo, ac tain prudonter observarot quod
peccatur, qiiàm ego fideliter cuperein in nioas partes insistere.
Sed cinn stiilta ambitione niinc ineptiat, nunc insaniat, nequo
me socium habebit, neqiie miiiistrum. Scis cur malè omnia ha-
here piitet ? Quia non dominatur. At si pênes me sit eligendi po-
testas, ne infimum quidem locum illi daturus sim. Nuper suis
cursitationibus etïecerat, ut duo aut trespretoi-eni^'* se facturos
promitterent soceriim ^^ Quô res ])rocederet,.vulgabat rumorem,
quasi de re jam confecta. Atqui in Ducentis très fuerunt duntaxat,
ex quibus ipse unus erat, qui eumnominarint. In plèbe nullum d(^
eo verbum. Postea de novitate electionis co)/quest?cs est. Aliquid
enim ex veteri ritu nmtaium faerat ^^ : sed antè lege iwomnlfjata
et recepta^'. Quid plura? Homo est turbulentus, ut nosti, cui
p. 396). Marot aurait choisi ce moment-là pour aller à Cnhors, visiter sa
femme, sa fille et ses deux fils, dont l'un était encore à la mamelle.
*' Selon M. 0. Douen, « Marot n'avait quitté la cour que lorsqu'il
s'était vu menacé par la publication de plusieurs écrits ordonnant la pour-
suite des hérétiques, notamment celui du 30 août 1542, plus pressant que
les précédents, [X" 11-49, n. 18], et il ne s'enfuit .à l'étranger que sur la
nouvelle que le parlement de Paris avait lancé contre lui un mandat d'ar-
rêt. Cependant on ne trouve trace de sa présence à Genève qu'à la fin de
novembre : où alla-t-il dans l'intervalle ? Les relations d'amitié qu'il avait
nouées avec de nombreux Savoyards, nommés dans VEpistre à ung sien
amy, écrite à Genève en 1543, attestent qu'il avait fait un séjour d'au
moins quelques mois en Savoie, et la supplique adressée par lui A M. Peî-
lisson, lorésident de Savoie, nous donne la date de ce séjour, antérieur à
celui de Genève » (Op. cit. I, 389, 297, 298). — Nous croyons qu'on ne
pourrait se prononcer sur ce premier séjour de Murof en Savoie, que si
l'on connaissait la date du « mandat d'arrêt. »
^^ Marot avait dû arriver à Genève vers le milieu de novembre, puisque
son ancien ami Thomas Malingre eut encore le temps de composer avant
le 2 décembre VÉp'itre qu'il lui adressa et dont nous avons donné
quelques extraits.
2' Voyez, sur François Paquet, le X" 1163, n. 20.
24-23 Pretorem désigne le lieutenant de la Justice (procureur général),
et socerum, l'ancien syndic Jean Balard (VII, 415), qui avait été Lieute-
nant en 1532. Sa fille cadette, Louise, avait épousé François Paquet (Cf.
Galiffe. Notices généal. I, 309).
26-27 L'élection du Lieutenant, à Genève, avait ordinairement lieu le
premier dimanche de novembre, parfois après la St. Martin. Le lundi 4 dé-
cembre 1542, le Conseil décida que, contre la coutume, on mettrait deux
lieutenants en élection, pour en élire un : de même pour les syndics.
220 JEAN CALVIiN A GUILLAUME FAREL, A METZ. 1542
morem gerere, iiisi omnia turbando, nequeara. Alium igitur
quaerat.
Bene vale, frater charissime, cum tua familia et fratribus ^^
Nostri te salutant, praîsertim Oenistonms, cui nata erat septimo
mense filiola, quae tertio die migravit ad Dominum. Puerpera
graviter laboravit, sed niinc evasit periciilum et satis alacriter
se habet. Uxor mea te plurimiim salutat. Dominus omnes vos
conservet ! Vale iteriim. Genevse.
JOANNES CaLVIINUS tuUS.
1188
JEAN CAL\TN à Guillaume Farel, à Metz,
De Genève, 15 décembre (1542).
Autogr. Bibl, de Gotha. Bretschneider. Calvini Litera3, p. 14.
Calv. 0pp. XI, 474.
Niiper ciiiii niincium ad te missiiri essent Neocomenses, Yi-
reto et Jacobo Oallo indicarunt \ Ego aiitem illis non visus sum
dignus, cujus rationem haberent. Quanquam illis facile ignosco,
vel ob banc caiisam quœ nunc me cogit brevitatis veniam abs te
petere. Distrahor enim, ut nosti : in corrigendo Novo Tesfamento
sum occiqmtus -, et Alberto Pighio respondeo, qui magnum in
nos librum edidit '\ in quo me nominatim provocat ac sibi petit
^^ C'est la seule phrase de la salutation que Bèze ait reproduite dans
le texte imprimé.
* « Nous envoyons, ceste semaine présente, un frère devers maître
Guillaume, » écrivait Fathon à Fabri, le mardi 28 novembre.
* Une édition revisée du Nouveau-Testament (traduction d'Olivétan)
avait paru à Genève en 1538, petit in-S" (Voy. Th. Dufour. Notice,
p. 149-152).
' Albert Pigghe (en latin Pighius), né vers 1490 à Kempen, dans
l'Over-Yssel, était prévôt de St.-Jean à Utrecht. Il mourut dans cette ville
le 26 décembre 1542. Les théologiens catholiques disent de lui qu'il fut
l'un des éloquents antagonistes de Bucer et de Calvin. Voici les titres de
ses trois principaux ouvrages : Ratio componeiidorum dissidiorum et sar-
ciendae in Religione concordise. Colonise, 1542, in-4°. — Controversiarum
lol2 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A METZ. 221
aiitagoiiistam. Cupio auteiu cfficere, ut pi-oxiinis iiuudiiiis cxcat
rospoiisio". Ha'c ij^sa causa est cur fratrib us ■^ nihil scribaiii.
quaiiquam tutô supersedere jjossuin, ijbi tu ades ^ Exhortatio-
nem tamoii aliquam à nio habuisseiit, nisi ()))star(^t quod dico.
Salutabis omues meo iiomine diligeiiter. De rel)us nostris et ur-
bis statu réfèrent hi duo f mires. Omnes pii aniantissiinè te sa-
lutant.
Literas tuas, quibus nobis expouas ut res istic habeant, dudum
in itinere esse confido. I)et Dominus ut nos prorsùs exhilarent !
Vix credas, quantum me illae tuse prolixae ■ consternarint : adeô
ut parùm abfuerit, quin occupationilius (^t negociis omnil)us jn-o-
jectis, statim iter arri])uerim \ Bernardinns noster tSenensis ^
inter alios te salutat, vir inagnus omnil)us niodis. Hic frater '"
vir est pins et integer, queni tibi commendatum esse cupio. Do-
minus te et omnes suos istic conservet, ac multiplicet semen
suuin! Genevse, 15. Decemb. (1542) '\
JOANNES CaLVINUS tUUS.
(Inscriptio :) Fidelissimo servo Cbristi, Guillelmo Farello,
fratri et coUegœ meo chariss.
prsecipuarum in Comitiis Ratisponensibus tractatarum, et quibus uunc po-
tissimùm exagitatur Christi fides et religio, diligens et luculenta explicatio.
Colonise, 1542, in-folio. — De libero hominis arbitrio et divina gratia
libri X. adversùs Luthorum, Çalviuuni et alios. Colonia^, 1542, in-folio.
(Voyez Gesneri Bibl. univ. 1545, f. 20. — Yalère André. Bibl. belgica,
p. 38-40. — Paquot. Mémoires ])our servir à l'Hist. litt. des Pays-Bas, éd.
in-8", t. n, pp. 175-187. ^ Bayle. Dict. Crit. article Pighius, qui repro-
duit les passages où Calvin accuse son adversaire de lui avoir volé des pages
entières de V Institution).
■* La prochaine foire de Francfort devait se tenir du 1" au 20 mars
1543. Il fallait donc que les livres qu'on y enverrait de Genève fussent
prêts au milieu de février. Vers le milieu de décembre 1542, Calvin écri-
vait, en eifet, au commencement de sa Responsio à Pighius : « Est... alla
causa, ut nihil dissimulera, quœ me brevem esse cogit. Constringor enim
temporis augustiis, quando mihi ihx duo menses usque ad nundinas
Francfordienses restant, quibus statui, si fieri poterit, hanc responsionem
edere. Atque utinam dimidium ejus temporis vacuum mihi prorsùs et
liberum ad scribendum relinqueretur » (Calvini Opuscula, 1552, in-fol.
p. 221).
® Scil. Iletensibus.
^ Calvin avait sans doute appris, par Toussain, que Farel était rentré
dans la ville de Metz (N" 1187, renv. de n. 3).
222 LE CONSEIL DE BERNE AU PRÉSIDENT DE CHA.MBÉRT. 1542
1J89
LE CONSEIL DE BEEXE ail Président de Chambéry \
De Berne, 15 décembre 1542.
Inédite. Minute originale. Arch. de Berne.
Noble, magnifficque, très expert seigneur et singulier amy!
Les Syndicques et Conseil de Genève, nous combourgeois,
nous ont fait affectueux plainctif des molestations, querelles et
invasions que Michiel Œliet, à cause de ses frivolles demandes ^
journellement ne cesse de adtenter sus les corps et biens des
' Allusion à la lettre de Farel du 22 octobre (X°1168).
^ Scil. in Germaniam (Voir le X" précédent, tiu du premier §).
® Bernardino Ochino, de Sienne.
^*' Celui des « deux frères » mentionné plus haut qui était le porteur
de la présente lettre.
" Bretschneider s'est trompé en lisant « 15. Octob. » Le millésime
n'existe pas dans l'original.
^ Eeymond Pellisson (V, 201. 202), président du conseil souverain de
Savoie, pour le roi de France.
^ Michel Guillet, natif de Thonon et ancien membre du Petit Conseil
de Genève, avait embrassé, après 1530, la cause des Peneysans, ennemis
de cette ville, et il était devenu le chef du parti épiscopal. Aussi les Ber-
nois confisquèrent-ils, en 1536, sa maison de Thonon (IV, 211) et sa sei-
gneurie de Monthoux, situées sur les terres du duc de Savoie. Michel
Guillet essaya de recouvrer une partie de ses biens par l'intermédiaire de
son frère Jean, qui était bourgeois de Fribourg. Celui-ci se présenta le
17 janvier 1541 devant les députés de Berne, qui avaient une conférence
à la Singine, et il leur demanda la restitution de ce qu'il possédait jadis
à Thonon et aux Alinges et de la moitié des revenus de Monthoux, moitié
qu'il disait tenir de son frère Michel. Les députés lui dirent : Apportez
vos titres, on les examinera. Il revint, lors d'une autre conférence, le
16 février, et les Bernois lui répondirent : Quand ces biens ont été confis-
qués, ce n'est pas vous qui les possédiez, mais votre frère Michel, notre
ennemi déclaré. Le notaire Jean Eegis qui a écrit la lettre de donation
[des revenus] de Monthoux, est en prison à Chambéry, et l'on dit qu'il a
fabriqué une fausse lettre (Voy. les Eecès des diètes, vol. de 1541 à 1548,
pp. 9, 14. — Bonivard. Chroniques, éd. Eevilliod, H, 409).
Quelles « frivoles demandes » Michel Guillet pouvait-il adresser aux
1542 BENOIT TEXTOR A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 223
dits de Genève, gisants et venants rière vostrc gouvernance,
avecquo hom])les blasphesmes et parolles oultraigieuses contre
nostre loy, fondée en la saincte j)arojle de nostre Rédempteur
Jésu-Christ. De quoy somes très dolants. Et ne croyons que
telles façons de faire soient de vostre ijorniission, auquel avons
ferme confiance que ne les conii)orterés, veliu la Vjonne aniityé
et voysinance qu'est entre le Roy et nous et nous alliés. \'ous
priants doncque que vostre bon plaisir soit d'y mectre quelque
bon ordre et empeschement, en telles et sy cauteleuses entre-
prinses du d. G-ïliet, et non permectre que ung sy légier person-
naige, qu'est assés cogneu par ses praticques, soit cause de
(Quelque inconv[énjient, qu'il pourroit esmouvoir par ses procé-
dures : comme de ce et toutes aultres choses faisantes à l'édifi-
cation et adcroissement de Iwnne amour et voysinance, nous
confions parfaictement en vostre bonne discrétion, laquelle le
Créateur face prospérer. Datum 15 Decembris 1542.
L'Advoyer ET Conseil de Berne.
1190
BENOIT TEXTOR ^ à Jeaii Calvin, à Genève.
De Mâcon, 19 décembre 1542.
Autographe. Bibl. de Gotha. Calv. 0pp. XI, 475.
Quandoquidem. ut certus sum, ex necessitate tôt tantaque
négocia te assiduô urgent et obsei)iunt, Calvine animo meo opta-
Genevois ? Ils l'avaient solennellement condamné à mort, le 13 juillet 1535,
avec ses trente-six « complices » du château de Peney.
* Benoit Textor (1509-1560) né à Pont-de-Yaux en Bresse, fit ses pre-
mières études dans sa ville natale; il les continua à Mâcon et à l'université
de Paris. Jacques du Bois (Sylvius), l'un de ses professeurs dans la Faculté
de médecine, ayant remarqué son goût pour la botanique, lui persuada de
publier une classification des plantes médicinales décrites par Dioscoride.
L'ouvrage parut sous le titre suivant : « Stirpium ditferentise ex Diosco-
ride secundum locos communes, ojjus ad ipsarum plantarum cognitionem
admodum conducibile. Authore Benedicto Textore Segusiano [I. Segu-
siavo]. Parisiis, apud Simonem Colinseum, 1534, >> in-16. La préface est
datée : « Lutetise, ex sedibus loannis Tagautii doctoris Medici doctiss. Ad
Idus lunias. Anno m. d. xxxini. » Ce travail d'un jeune homme fut très ap-
224 BENOIT TEXTOR A JEAN CALVIN, A GENÈVE. lo42
tissime, Cîcmdius hic noster ^ commode literarum tuariim vice
fuit mihi, à qiio non potiii non citra ingens gaudium, audire de
rerum vestramm statu in diesfavore Doniini fœliciùs proceden-
tium, de profectu Evangelii, Jidei ac religionis augmento, prse-
terea de tua valetudine ^ negotio dominico adeb necessaria, solito
longe p)PV hujus gtrdiaM firmioî'e : cuijure sese adjimxit nuper
vir tantus ^ quem haiid diibiè Dominus ipse pro sua benignitate
tibi suteque ecclesise prospexit in magnum tuum solatium, adju-
mentum, et ecclesiœ utilitatom suffectum. Et ipse in hoc non ita
pridem (si meministi) fui tibi veluti prognostes per meam ad te
epistolam, cum adhuc agerem apud Neocomwn ^ Siquidem tune,
Vireto nosti'o istinc discedente^ ardenter cupiebam in illius
locum tibi ferre suppetias quempiam hujusmodi, tanta sarcina
degravato, Dominus taies multos, qualem vos nactos esse audivi,
suscitet, quos longsevos et integros roboret suo gregi lideliter
pascendo ! Alii verô, nempe ventres pigri, rapaces lupi, ejician-
tur, prolligentur, proscribantur, pudefiant, nisi eos pœniteat.
Cceterùm permolestum est mihi qubd tfxor tua tam crebro
cegrotei. Si visiim esset Domino ut nostra industria piristhise red-
deretur sanitati, nolim uUo modo parci mihi, vel ob longissimi
etiam itineris laborem, vel sumptum immodicum '' et jacturam
précié. Il en parut une 2°" édition à Venise eu 1537, et, dix-huit ans plus
tard, le célèbre naturaliste C. Gesner le faisait réimprimer avec cet éloge :
« B. Textor... medicus eruditus... libellum de stirpium differentiis.... utili
et pulcherrima methodo digessit » (Voy. Hieronymi Tragi de Stirpium,
maxime earum quse in Germania nostra nascuntur, usitatis nomenclaturis...
Argentinse, W. Rihelius, 1552, in-i", cum figuris).
Devenu docteur en médecine, Textor s'établit à Mâcon, et il épousa
vers 1536 Jeanne de Quincy. Des cures « heureuses » le firent connaître
au loin, et c'est ainsi qu'on peut s'expliquer sa présence, en 1542, à Neu-
chàtel, où on l'avait probablement appelé en 1541, au plus fort de la peste.
Deux lettres (juillet-août 1542, N°^ 1140, 1145) ont mentionné son retour
dans la Bresse et à Mâcon.
^ Qui ne reconnaîtrait ici l'ancien ami de Textor, Claude de Sachins,
qui désirait si vivement, en août 1542, faire la connaissance personnelle
de Calvin Çs" 1145, n. 1-4) ?
' L'édition de Brunswick a omis les mots qui suivent raie<M(?me jusqu'à
firmiore.
* Bernardino Ochino.
*"® Textor quitta Neuchâtel à la fin de juillet 1542. Viret avait été rap-
pelé à Lausanne au commencement du même mois.
1342 BENOIT TEXTOR A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 225
gravem, modo satis esse qiieam. Nam quanquam quorundam
judicio me pestilentia terrefacit, non tanien detr(H'to amicoruni
causa, tempore, et ubi exigit nécessitas, subii-e (juodvis discrinlen^
Tantùm verô abest ut niortem extiniescam, ut ea quoque maxime
oblecter, si volente Domino acciderit. Alioqui quid opus est ut
me ipsum temerè prœcipitem in jx^-iculum, cum adhuc pendeant
à me nxor et liheri, amici et alii multi me sœpissimè accersant :
quem forte, tametsi inutilem, nianent in gloriam I)ei vivi quie
momenti sunt majoris ". Tu igitur quoquo pacto indigeas hoc
homuncione, oro, utere quàm familiarissimè, mod6 quod ])etis id
possini prîestare. Nec quisquam est ])rofectô qui procliviùs id
ipsum exequatur : citra assentationem id dictum velini.
Quod autem attinet ad declinanda ea incommoda de quihus ul-
timo cougressu apnd te sum coifquestus '", in animo erat rem
ipsam aggredi : verùm ut ingénue fati^ar, i)Ostquam satis me;
ipsum consului, diutius volutavi in animo, non sine priecatione,
centies quotidie idem expendendo repetens. nihil certum habeo,
nihil lirmum, iniô totus hsereo, ac in bivio, (juod aiunt, sisto pe-
dem, miris modis perplexus. Haud scio an Satanas hîc sit mihi
obstaculo : cujus instinctu, qusedam homimim monstra mihi in-
gratissima, utpote collato à me in ea beneficio. linguae sanè
vipereae, perfrict?e frontis ganeones, Neocomi, ut accepi, liane
mihi gratiam rependere pergunt, id de me spargant falsissimum
7'umorem, istuc usqne volantem, nimirum Textorem stndere ava-
ricise. Coram Domino loquor, et verè in ii)so glorians id unum
' Les nouveaux éditeurs de Calvin disent ici en note : « Vide quid nie-
tuat, qui mox avaritiœ se falsô insiniulari queritiir. » Cette insinuation
n'aurait pas été ajiprouvée par les amis et les familiers de Textor. Ils ren-
dirent justice à son dévouement pour les malades, et Calvin disait après
la mort de Textor : « Utinam bonus vir iiostris consiliis obtemperasset !
Hodie enim suppeteret filiis médiocre patrimonium... Sed quia immodico
illo studio cui se addixerat raptus, fnmiliain neglexit, crudele esset non
prosequi misericordia qui pio et integerrimo pâtre nati, nuUo ejus ])eccato
sunt egeni » (Lettre à Gallasius, mscr. n" 107 a. Bibl. Publ. de Genève).
^ Textor le montra bien à Genève et à Lausanne pendant la terrible
peste de l'an 1.545. Il fut lui-même atteint par le fléau, mais son calme par-
fait et sa confiance en Dieu ne se démentin-nt pas.
^ Yeut-il faire entendre qu'il contribuait à l'évangélisation de la Bresse?
^*' Il s'agissait peut-être d'inconvénients qui le dissuadaient de se fixer
à Genève.
T. VIII. 15
226 BENOIT TEXTOR A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1342
assero, hactonus longissimè abfuisse me ab eo crimino, et iiunc
etiam magis ac magis abhorrere. Quin quô diutius datur hac
aura frui, eô alieniorem me seiitio à rébus hujus seculi. Non du-
bium est mihi quin isti ex eoruni sint numéro qui prodita
patria in alios scilicet sunt l)enefici. Nempe istuc irruperunt con-
fidenter heluse horrendœ, ut omnia depopulentur, omnia vastent,
nisi avertat Deus : qui, objecta aicuUa fimesta, animmn im/pti-
rnm, sordes putidas ac purulentas in cucidla contractas perpétua
(jestant, hypocrisin scilicet et omnem malitiam : qui suura virus
istic quotidie evomunt, omnia inlicientes, et quae priùs cuculla
obtecti machinabantur, eadem nunc perpétrantes, ingrati, per-
fidi, superbi, bonorum virorum tortores. Unde enim tôt suspiri-
riaV unde tôt lachrymae in vobisV Avariticie et ventris mancipia,
indociles, ociosi, levés, temulenti, vani, garruli, susurrones, sy-
cophantae, invidi, facile judicantes, immisericordes, crudeles,
conspiratores, stellae erraticae, fontes exarescentes. FaxitDominus
ut ab bis caeterisque inimicis ipsius et nostris, obturato ore ip-
sorum impudenti, referamus palmam ! Faxit Dominus ut istee
pestes infestissimœ, atrocissimae, pervicacissimce ", se tandem
suomet ipsorum indicio jjrodant, ac suo se jugulent confodiant-
que gladio. Dominus ista scandala protinus eradicet! Sed utinam
liceret quibusdam ipsorum misericordiam adipisci. Porrô non
mea, sed Evangelii causa, bsec dico et odio offendiculi. Neque
arbitror me tibi adeô ignotum esse, aut illos tantae esse apud te
authoritatis, ut ipsis facile fidem habeas.
Verîim, his omissis, te oratum velim eum lïbellum excutiendum
suscipias per ocium, quemad te niitto, à viro quidem doctojuxta
ac pio, Eligio Vergerio, Matisconio Ludimagistro '^ quondam
prieceptore nostro, consutwn ex aliis, iwœsertim Erasmo, sed
nonnulla continentem quae mihi à vero dissident, quse ^gyp-
tiam superstitionem resipiunt. Proinde eo opusculo sedulô evol-
" Dans l'édition de Brunswick : perniciosissimœ.
^^ Éloy du Verger, « recteur des Écoles de Màcon, etc., a écrit en latin
et en françois un petit livre intitulé : les Parts de M' Éloy, imprimé à
Lyon, l'an 1569, par Benoist Rigault » (La Croix du Maine, éd. citée),
L'Epitome de la Bibl. Univ. de Gesner (1555, f. 183) indique : « Eligii
Vergerii Calendarium, hoc est libellus in quo quid singulis cujusque men-
sis diebus constitutum sit breviter traditur, unà cum manibus et figuris
necessariis, excusum Lugduni apud Principem, anno 1544. »
lo'l2 BENOIT TEXTOR A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 227
vendo, seorsim aiinotabis in charta errata ibi animadvorsa, quae
postea curabis iiobis j)orforenda. Csetorùni lioniincm tractabis
tuo more, hoc est, per charitatem, candide, leniter ac niansuetè,
onini(iue convicio j)rocul remoto. Etenim, ut intérim taceam non
alium esse qui fœliciùs te uno rem obeat, quantum confido,
aequiori animo f'cret abs te se admoneri et argui, cum te magis
suspiciat, idque meritô, quàm à nobis, cujus ferulœ manum sub-
duximus.
De rehus nostris, et si quid hîc siet, latiùs disces à nostro hoc
tabellario. Uxor mea unà cum tota familia per divinam benigni-
tatem rectè valens, te et tuam, amici te salutant. Secundùm
uxorem Uiam, cui omnia bona precor, cujus incolumitatem tan-
topere sitio, salvere jubebis meo nomine illum oi)timum virum
à vobis nuper receptum, item Sebastianmn Castalionem, Cham-
perellum, etc. Yestris omnium precibus nos commendamus. Sed
tu, 0 clementissime pater, da liliis tuis, ut cori)ori filii tui uni-
geniti Jesu semel insiti, augescamus ad justam ipsius magnitu-
dinem ! Da ut adversarios nostf^os benefactis superare conantes,
quorum improbitas et nequitia per tuam jjrovidentiam nos
exercet et probatos reddit, serumnas hujus vitae in amorem tui
infracto animo i)erferentes, res fluxas et caducas aspernantes,
cœlestia cogitemus, animos ab humo sejunctos in cœlum attoUa-
mus, eô adspiremus, ubi abolita morte, prostrato Satana, assidet
tibi à dextris Dominus noster Jésus Christus, solus servator,
mediator, ])ontifex seternus, qui veluti antc^signanus viaque
nobis strata, nos prœiit, indesinenter te pro nobis deprecans,
donec ad te evehannir, hoc ergastulo soluti, quô adii)iscamur
quod per enigma hîc tantîim cernimus, coronam immarcessibi-
lem, vitam aeternam, cui soli cum filio et spiritu sancto, debetur
omnis laus et gloria in omne œvum ! Amen. Matisconi, li). De-
cemb. 1542.
Tuus Benedictus Textor.
Rogo, ad me mittito, quum primùm licebit, dii)loma literarum
quas à Guilelmo nuper accepisti '^ Tabellarius enim quidam eas
mihi perdidit in via. Insuper scribe milii tmun de signttcnlo cru-
els sententlam, et ad quid oiim conduxerit, nunc verô utilene sit
*^ Lettre de Guillaume {Farel} ou du comte Guillaume ? Voyez la
note 14.
228 ANTOINE FUMÉE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
an non : siquidem proximis diebus inter duos orta de hoc litiga-
tio adhuc est sub judice.
(Inscriptio :) D. I. C '^
1191
ANTOINE FUMÉE ' à Jean Calvin, à Genève.
De Paris (vers la fin de 154:2).
Manuscrit original-. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 110.
Calv. Opp. XI, 490.
A quo tempore mihi redditœ fuerunt litterae tuae postrem8e^
" Au-dessous de la suscription, Calvin a écrit : « Le Conte de Lio-
nart. » Ce nom, vraisemblablement destiné à lui rappeler le double (di-
ploma) de la lettre de Guilelmus, serait-il un pseudonyme du comte Gtiil-
latime de Furstemherg (N" 1145, p. 92, n. 6)?
^ Antoine Fumée, qui avait adopté pour sa correspondance secrète le
nom à demi grécisé de Capnius, appartenait à une famille considérable.
Son aïeul Paul Fumée, d'abord médecin de Charles YH et de Louis XI,
puis ambassadeur à Rome et gouverneur de Nantes, était devenu garde des
sceaux en 1492, sous Charles VIII. Son père Adam Fumée I, sieur des
Roches, fut premier maître des requêtes au parlement de Paris. Il vivait
encore en 1533 (Crespin, o. c. éd. de Toulouse, III, 164. — Moréry, article
Fumée. — Haag, France prot. V, 186).
Antoine, né en 1511 aux Roches-St-Quentin (Touraine), commença ses
études universitaires à Orléans, où il fut placé, ainsi que son frère Har-
douin, sous la dii'ectiou de Nicolas du Chemin. Ce fait intéressant nous a
été révélé par une pièce de vers que celui-ci a publiée dans son Antapo-
logia (mars 1531, cf. notre t. II, p. 314-818) et dont voici le commence-
ment :
« Ad fratres Hardoynum et Antonium, iilustrissimi viri I). Adami Fu-
maei, magistrorum àlibellis in prsetorio primi, filios, ex Aureliana academia
discedentes, Nico. Chemynus.
« Viximus, ô vestri fratres spes altéra patris,
Heroisque pares nobilitate viris :
Nos simul Aureliis aliquos ita viximus annos,
Nullnm ut, qui non vos prsedicet, esse putem.
Nunc, ut perpetuum nihil est, dissolvitur ille
Convictus, variis vitaque agenda locis. »
1542 ANTOINE FUMÉE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 229
domuiii meam hactenus non invisoram, ob idquc^ nec locuni nec
tempus scribcndi opportunum nactus, nnllas j)otui ad te littcras
dare, tametsi id siinnno])ere dosiderarom : indo certè veritus ne
mea scribendaruni epistolarum consiietudo languens videretur.
Non hanc igitur morani aut culpam desidiœ adscribas velim,
sed privatarum reriim annuae occupationuin [1. occupationi^j.
Vides qiio modo istac adversùm te prefatione crebriores à te lit-
teras expostulem. Cieterùm, quod ad tuaruni Utterarum argu-
mentum, seu ])otiùs responsum \\\ç2Œ\\m,attinet, id'primmn scias
velim, lioc genus hominum à'/^piaroiv^ usque adeo miJii invisum
atque liorrendum, ut uoti, solhm illorum colloquia, sed et qnos-
cunque occursus sedulo effugiam. Scio enim scriptum esse qu5d
illorum sermo serpit ut cancer, soleantque illi placidas aures
suis delinimentis demulcere, et incautos plerumque inescare :
quod mihi nondum in cristiana palestra admodum exercitato
(contirmato tamen, ut spero) semper cavendum esse duxi. Prop-
terea, quibus in eam sententiam argumentis aut axiomatibus
adducantur, non facile est scribere. Quia tamen in necessariis
illorum conversationihus nonmdla ah illis audivi, qute gravem
Calvin, ayant logé pendant les années 1528-29 chez du Cliemin, son ami
intime (II, 279, 315, n. 2, 332, 333. — Bèze, Hist. ecd. I, 9. — Abel Le-
franc. Jeunesse de Calvin, 1888, p. 73), nous en concluons que les relations
d'amitié A.'' Antoine Fumée et du futur Réformateur avaient commencé à
l'époque de leur séjour h Orléans. Et s'il fallait admettre avec M. Jules
Doinel (Bulletin cité, t. XXYI, p. 175), que Calvin commença ses études à
Bourges et les termina à Orléans, de 1530 à 1533, — notre conclusion
subsisterait encore. Ant. Fumée s'immatricula en 1532 à l'université de
Paris (Bulseus, t. Y\\ et il y retrouva Jean Calvin. Il fut reçu conseiller
au Parlement le 15 décembre 153G. Suivant les Mémoires de Coudé, cités
dans Crespin, II, 658, 600, Fumée, « homme povre et craignant Dieu, »
acquit la « réputation de bon juge, hayssant les vices,... résistant souvent
en face aux plus grans qui ne cheminoyent droit. »
^ Il présente plusieurs incorrections et semble avoir été écrit sous dictée
par un secrétaire distrait.
* Les lettres qu'il reçut de Calvin n'existent plus.
* En septembre ou en octobre le Parlement avait des vacances. Antoine
Fumée en [>rotitait, sans doute, ])0ur aller visiter sa terre de Blandé (ou
Blanâ(y) en Normandie.
* C'étaient les libres-penseurs ou esprits-forts de ce temi)s-là. Ils sont
visés, croyons-nous, dans plus d'un paragraphe du livre intitulé : « Contre
la secte phantastique et furieuse des Libertins. Qui se nomment spirituelz.
Par I. Calvin. A Genève, par lehan Girard. 1545. » 243 pp. i)etit in-8".
230 ANTOINE FUMÉE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1342
illius opinioiiis odorcm mihi redoleront, quse illi tanqiiam sales
lepidis sermonïbus aspergimt, et obscurum aliquem ex illis
lalltis^ ciim magna Dei mei liducia, de ea seiitentia libéré
mecum ex promisso disputantem convenire contigit, ea quse
modo potissimwn teneo argumenta descrïbam..
Primùni quidem Novi Testamenti fidem ahrogant : eum qui
illud conscripserit aut ejus aiithorem summè eruditiim, inge-
niosissimum, prudentissimum, sagacissimum ac pœnè divinum,
ut Platonem, sic agnoscunt, ^ebv ôè ehy.i ovâauMç, nec ulla
ratione id fieri posse contendunt. Idque eos maxime movet, ut
inquit ille, qubd Socrates, Plato aliique permidti philosophi di-
vina jÀeraqiie ac etiam divhnora Evangelio sc^ipseriint, qin
tamen dit non siint existimati. Veteris Instmmenti locos in nos-
tram adductos sententiam dépravant, et si quihus urgentur, pro-
tinus hystoriee fidem ahrogant, cumque illorum in refellendis
tam sacratissimis Scripturis nimia impudentia arguitur, « Hui !
tam sanctse, inquiunt, scripturœ, quaî tôt impudicis verbis et
cantionibus refertae in Canti.[co^ Canticorum passim deprehen-
duntur. » Neque recipiunt illius linguse tropum explicatum do
Deo, ecclesiam suam tanquam amicam amplectente. Preterea,
cum defilio Dei aliquid audiunt, de eo dictum interpretantur
qui probe sapientiam illam divinam sectatur, quemadmoduni
aliquo in loco script um est : Mons Dei, nions pinguis, et spiritus
Dei, id est, ingens, et digitus Dei, et cetera que [1. quœ] para-
phrasi hebraica dicuntur : et hanc nostram oâpeaiv inventionem
esse tanquam poëtarum, qui célèbres et eximios viros Deos pro])-
ter virtutem effinxerunt. Cum verô hoc argumento impeUuntur,
nullo in homine usquam taies vh-tutes apparuisse, tam insignes,
tam divinas, atque certè Dei ipsiiis proprias, neque in factis eas
tantùm consistere (quia protinus negari possent), sed et in sen-
tentiis, quœ si quid usquam in Platone aut Socrate boni repe-
ritur, id omne certè comi)lectuntur, ac preterea puram illam ac
defecatam Dei veri mentem, quantam illi (quia tantùm homines
erant) assequi non potuere, ex[h]ibent, omnibusque viris a Deo
ipso preparatis certara ac renudatam commonstrant, — tum illi
iwimùm illius facta inficias ire non duhitant, deinde sententias
et axiomata viri eruditi esse non negant, sed eas esse simpUces
® Il veut (lire : riin de ces l'ieliards et bons vivants.
loiâ ANTOINE FUMÉE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 231
et infimas, nullo demonstrationis genei-e exjMlitdS, niJiil de-
nique liahenies quod non cuiqiie inediooiter erudito contrihun
sit et exj)loratum. Scio s Rutom liomi nés Jwjimnodi vix 7'ationihiis
convinci posse : itasimt apud me deplhrati. Multis oiiini ac vaiùis
disciplinis imbiiti, nostrumciuo sonsum pulchiv callentos, tau-
quam qui aliquaudo à nobis desciverunt, oiuni vallo ac sej)!-
mento domonstrationum se munierunt, et adversùm nos ita
obstinatè sesc obtinnarunt, ut vix unquam oos inde avelli
sporem, in illorum caput ab apostolo dictum esse putans : « Nani.
inquit, tieri non potest ut qui somel fuerint illuniinati. gustavo-
rintquc donuni cœlesto, et participes fuerint facti spiritus sancti.
gustaverintque bonuni Dei verbum ac virtutes futuri seculi, si
prolabantur, denuô renoventur per penitentiam. » Id sohuu
jjrestare jiossKmiis quod maxime illos mordent et excruciet, si
vitam integram et xmrmn in lege Domini constanter degamus :
quod ut prosperet in nobis Dominus Jésus Cliristus otiam atque
etiam oro, et tu nobiscum oral)is.
Quia verô de illis actum est, ipsos omittamns censeo, aliisque
in dies nascentihus recentihus ingeniis occitrramîis, ne sciîicet in
grassatorum illorum manus incidant ac protinus conficiantur.
Hîc apud nos viros bonos et fidèles aliquot esse ad hanc rem
attentiores tibi assero, et certè in officio pro se sedulè quisque
facit. Sed Jam ingenti eorum hominmn muUitudine tantùm non
oppriminiur, ita ut nunc taam tuorumque similium opérant Me
surnmopere desiderenms. Tuuni erit munus non miniis necessa-
rinm quàm utile, si nonmdla in hanc sententiam collegeris, ut
scripsisti, et ea eleganter, ut probe nosti, descripseris, quihus
ferocia crescentium ingénia' ah illa patenti via deflecti possint,
ac prudenter eam inire viam edoceantur quam primus stravit
JESUS, atque in eam usque tanquam manu adducantur. Quod
ut faustum fœlixque sit Deum Opt. Max. queso et tilium cjus
JESUM CHRISTUM oro.
Cseterùm, quod ad commîmes res nostras attinet, nescio quid
reetè scribam : tanto sunt in errore et lapsii, ut in hrevi ?-uinam
'' L'écrivain semble uvoir omis un mot : sophistarum, peut-être. Cres-
centitim indiquerait la i)roj)agation rapide de la secte. Dans le livre men-
tionné plus haut (n. 5), Calvin dit, j). 31 : Elle a « tant pullulé, que c'est
quasi une contagion publique. »
232 ANTOINE FUMÉE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542
miditentur ^ Tôt impendent nobis imdique calamitates et plagse,
ut non dubitem nos diu Jioc statu non consistere posse. Idque
dudiim mihi presagit animiis. Hoc Deus avertat, in cujus manu
ac potestate nostra omnia sunt sita! Vale et me commendatum
habe.
Tuus quom nosti Capnius.
Post lias ad te scriptas litteras, dum illas amico meo communi-
carem, cui et tuas quondam legendas dederam, m quœ maxime
à me exigeres prœtermisisse sum admonitus, teque maxime
desiderare ut illorum Jwmimim mottes, habitus et couver sationes
in rep-lnblical nostra tibi deliniaram [1. delinearem]. Quod mihi
longé facilius erit, quàm id quod suprà conabar. Primùm qui-
dem sunt ejusmodi homines lauti, nitidi, obesi, ft-oclBocxol, nihil
voluptatum omnium quse terra marique conquiri possunt, non
affectantes : potant egregiè, mensas Siceliis illis lautiores
ponunt, denique diffluunt undique voluptatibus, sicque agunt
omnia tanquam postrema nullamque posthac rationem admit-
tentia, et si quando doloribus morborum anguntur, tum maxime
voluptatum agmina sibi asciscunt, quibus dolores illos inferiores
reddant ac tandem in voluptate provoluti vincant. Et si quando
illis bene cessit, egregia illa facta et hanc inventam artem pre-
dicant : sic pulchre dolores, morbos, anxietates et cetera hujus-
modi depelli posse admonent. Intérim omnium metum et reli-
gionem deponi jubentes, palamque et intrépide hœc dictitant,
eam licentiam projectamque audaciam luxuriosœ vitœ legibus
nostris non coërceri prospicientes.
Inter hsec sunt elati admodum, contumaces, et veloces eorum
pedes ad effundendum sanguinem, ita ut quotidie sublatam illam
potestatem vitae et necis in servos nostros déplorent et conque-
rantur. Dicunt non magni interesse totius reii).[ublicae] si quis
in negotio fratrem circumvenerit, preterea et eum qui gloriam
ox animis liominum sustulerit, alas virtuti precidisse, legemque
nostram multis preclaris et bene natis ingeniis ea de causa ob-
stitisse, multosque tandem degenerare coëgisse. Sic nos tanquam
dégénères, zomeivovg xai dfj-nu.o-jq despicientes, uxores suas quàm
® Allusion à la situation périlleuse des Évangéliques français (N" 1149,
n. 18, 20).
1542 ANTOINE FUMÉE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 233
possunt arctissimis suporstitioiiibus inibimiit, oo jure et vinculo
eas retinori et devinciri posso judicant(^s, suaiii intérim luxu-
riam in alias passini exercentes. Quidqnid a privcipe etiani
nephandissinmm sancitum sit, retineri volunt oh[stinatè\. Luthe-
ranos interfici debere censent, sihi intérim pidchre caventes [in
sermonibus], evrpaûîlia-j n])i(iue exercentes, aim religiosis de
religione pulcJire disserentes, ciim doctis eruditè, cuni superstitio-
sis siiperstitiosè, denique ita versipelles et r.avovpyoi, ut (dj
incautis non facile intercipiantur, neqno tanien conij)arandis
plausoribns et asseclis intei'ini defatigantnr, novitiis quibusdam
et incautis insnsitrrantes, Deuni optimum Iwminem non creavisse
ut tandem perpetuo supplicio daret : id de I)eo existimare inipiuni
esse persuadentes, perpetiinmque illuni ignem miris sconiniati-
bus irridentes, contendentes passim religionem nostram nihil
prêter verba liabere, eam neniinem nsqiiam assecutnm, nec
potuisse asseqtii, trit/um illud in ore habentes : vivere, bibere et
léetari, snnimeque non (fCkbao^^ci alla r^tXoÇojot, hodieque majores
nostrie familite his perstrepunt, nec nos verentnr, qnos norunt
et leges timere et i)Otestatibiis odiosos esse. Addam quod prete-
rea illi non dissimnlant, de Mose sentientes, prudentissimum
illnm ducem et praefectum rei militaris extitisse, qnem cnm Deo,
tanquam Numa cum sua Egeria, collocutum ainnt.
Hec sunt quse breviter [de] illorum moribus perstrinxi, qui-
bus eos tan(iuam leonem ex nnguibns dignoscere ])oteris. Q^iœ,
omnia si pulchre depinxeris, illos, mihi crede, mordebis et pun-
ges acerrimè. Yale iterum et reseribe, si quid in tantis occupa-
tionibus ocii aliquando nactus eris''.
(Suscription :) A Monsieur Monsieur Dépeville.
A Mons"" Mons"" Despeville, Seigneur (rA])remont'°.
^ La date approximative paraît devoir être fixée entre le mois d'octobre
1542 (il. 4) et le mois de mars 1543 (Voyez la lettre de Fumée à f'alvin
placée à la tin d'avril 1543).
*" Dans l'édition de Brunswick « seigneur dapant. » Les éditeurs n'ont
pas remarqué que les dernières lettres de ce mot sont surmontées d'un
long trait horizontal, qui serait superflu s'il fallait lire dapanf. D'ailleurs
uipant est un nom imaginaire, tandis qu'il existe en Picardie deux loca-
lités, Eppeville et Aprenionf, qui étaient qualifiées de seigneuries au temps
de Calvin.
234 NICOLAS [d'adxerre] et j. bonivoye au conseil de berne. 1542
1192
NICOLAS [D'AUXERRE] et J. BONIVOYE au Gonseil de Berne \
(De Vullierens, 1542 ou 1543 \)
Inédite. Minute originale ^ Mscrit de notre collection.
Très niagnificques et très redoubtés Seigneurs et Princes,
Humblement se présentent par devant vostres excellences
Nicolas [d' Aiixerre] et Jehan Bonivoye, lesquelz, de vostre
louable prudence et bénignité, sont ministres, à sçavoir : le dit
Nicolas à Ligneroles * et le dit Bonivoye à Villeren. Et vous ex-
posent que, au commencement qu'ilz ont eu charge du minis-
tère, chascung en son lieu, ne congnoissans point les meurs et
manières du peuple, ont vrayement tasché les gaigner au Sei-
gneur, mais par aultre moyen et faceon que le dit i)euple n(>
porte : tellement que les dits ministres congnoissent, par
expérience, ceste faulte empescher que le peuple ne soit tant
édifié comme il est bien requis ^ Et voyent que, pour le bien
' Voyez, sur Jean Bonicoye aliàs de Brilly, le t. Vil, p. 3G-38.
Nicolas d'Auxerre figure pour la première fois daus la correspondance
des Réformateurs. Nous ne savons pas si d'Auxerre était son nom de
famille, ou s'il l'avait reçu comme natif de la ville d'Auxerre (département
de l'Yonne).
^ Voyez la lettre suivante, note 1.
^ Nous l'avons complétée, dans quelques passages, au moyen de deux
autres rédactions qui sont aussi de la main de Bonivoye.
* Village situé au pied du Jura, à 1 7^ 1- N.-O. de la ville d'Orbe.
^ Plusieurs des ministres venus de France durent éprouver des difficultés
pareilles. Le peuple des campagnes était très ignorant, parce que les villes
seules avaient des écoles, et il ne pouvait comprendre que des sermons
très simples. Encore n'est-il pas certain que le français littéraire y fût com-
])ris partout. Un ancien pasteur nous a raconté, qu'au début de son
ministère dans une paroisse reculée du canton de Vaud, il dut souvent
s'exprimer en patois pour être compris de ses catéchumènes.
Un autre pasteur écrivait en 1789 : « Il n'y a pas quatre-viugts ans, que
dans les meilleures maisons du Pays de Vaud on ne parlait presque que
X>atois : il était nécessaire de s'en servir, soit avec ses domestiques, soit
1 o42 JEAN BONIVOYK ET NICOLAS D'AIXEIUIE A 1'. Kl NTZ, A BERNE. 235
de l'église, seroit troj) plus convenable de faire permutation,
congnoissans qu'ilz n'ont aulcun moyen d'y subvenir que de
vous (>xposer leur cause. En laquelle ne diMuandent n(> pré-
tendent sinon que chascung, selon son petit pouvoir, serve plus
facilement au i)rofit de l'église et honneui- de vostre sainct(>
République. A ceste cause, les dictz ministres en toute révérence
suj)j)lient les vostres Illustres et magnifiques Seigneuries, que
vostre bon playsir soyt ce concéder et octroyer, quo le dict Ni-
colas aye charge du ministère à YUleren, et le dict Bonivoye à
LigneroUes ^ Et prient voz Seigneuries vouloir avoir agréable
la requeste de voz humbles serviteurs. Lesquelz de bon cœur
prient le souverain Seigneur avoir en sa gard(> l(>s vostres exc(»l-
lenc(>s et magniticences, et les maint(Miir en tout(> bonne j)ros-
périté.
1192bis
[JEAN BONIVOYE et NICOLAS D'AUXERRE] à P. Kuntz, à Berne.
(De Vullierens, 1542 ou 1543 \)
Inédite. Minute originale. Mscrit d(> notr(> collection.
....Praedicata humanitas [tuaj bonam spem facit... ut solito
avec les gens de la campagne; il mettait plus d'égalité, pins de cordialité
dans le commerce de la vie, et plusieurs termes de l'agriculteur et dn
berger n'avaient et n'ont encore aucun vrai synonyme en fnoiçais » (Phi-
lippe Bridel. Course de Bàle à Bienne ])ar les vallées dn Jura. Râle, 17SI»,
p. 118).
** Bonivoye n'obtint pas ce qu'il désirait. Il fut élu, en 1.541, jjasteur du
village de Lonay, situé à '/* de lieue X.-E. de la ville de Morges. Nicolas
d'Auxerre vint preiulre sa place à Vullierens, et, suivant une liabitude
que nous avons mentionnée (VI, 101, n. 102 ; VU., 288, n. 1), on rai)i)eia
dès lors « maître Nicolas de Vullierens » (Voy. les Mémoires de Pierre-
fleur, p. 383). Ce pasteur, dont Calvin, Farel et Viret ne parlent presque
jamais dans ce qui nous reste de leur correspondance, devait être un homme
de mérite. Ce qui le montre bien, c'est qu'on le jugea digne, en 1,557, d'aller
servir l'église de Paris. Le i septembre, même année, il y présidait, rue
St.-Jacques, l'assemblée protestante qui fut assaillie jiar la ijoimlace. à
l'instigation des prêtres.
236 JEAN CALVIN A MICHEL [vAROD], A GENÈVE. 1542
moro tua munilicciitia ac liberalitato iitamur apud magnificos
Principes, ut sicut tuis auspiciis concredita fuit uobis provincia
pi'omendi Evangelii, iisdem pariter, tuo ipsius beneficio commo-
ditatem nanciscaniur illud fructuosiùs offerendi. A principia
namquo, dum pro viribus adniteremur plebem nostram lucrifa-
cere Christo, — quôd ignota nobis esset natura et ingenium
populi, — non quem maxime decebat modum adhibuimus : quod
certè plurimîim nos angit ot cruciat, atquo id non injuria,
quando quidem nos in mala ducit séria, ita ut videamus nullam
spem instaurationis nobis superesse prseterquam in te uno, cujus
subsidium tanquam supremum jugiter oranius. Tu igitur, pro
tua admirabili t'acundia, et lue iui ohserrantissimis patrocineris,
eorumque partes apud lllustrissimos Principes suscipere velis,
qno ego, qui ViUerani omis mitnsterii sustineo, eo fungar Ligne-
roUs, et Nicolao, qui nunc Lignerolis agit, Viïlerennensis eccle-
sie moderatio deniancletur. Hoc è tua benigna prudentia (quam
sciunt abundè perspicere quicquid sit in rem Ecclesie) exorent
{sic), qui tua opéra summo cum emolumento sunt usi. Et pro-
fectô sic confidimus in Domino fore ut nunquam te ejusmodi in
favore peniteat. Yale, observandissinie Conschene, et hanc effla-
gitatricem postulationem aequi bonique consulas precor. Deus
Opt. Max. tua sancta studia tueatur et provehat !
1192ter
JEAN CALVIN à Micliel [Varod *] à Genève.
(Genève, 1542 ou 1543 \)
Autogr. Arch. de Genève. J. Bonnet, o. c. I, 67. Calv. 0pp.
XI, 482.
Seigneur Michel, ce paovre homme est si fort maléficié en son
corps, que c'est pitié, et mesmes horreur de le veoir. Il dict que
* Le millésime est déterminé approximativement par ces deux faits :
Bonivoye était encore pasteur à VuUiereus en 1541, et Pierre Kuntz,
selon une note de Christophorus Piperinus, mourut à Berne, le 11 février
1544,
1343 PIERRK TOLSSAIN A MATTHIAS ERB, A RIQLEWIR. 237
cela ne luy est pas venu de paillardise. Pourcc qu<' c'est chose
pitoiablf. il vous jjjaira de regarder s'il y auroit moien de le
secourir : aftiii qu'il uf pourrisse. Je le vous recommande d'aul-
tant plus hardimuiit. que je pense qu'd soit de la villf. Car s'il
estoit estrangior. j'aviseroye d<' mov-mesme d'y jirovioii- ru
quelque sorte : affiu df uf donner point occasion df crier, comme
on faict. Mais puis qu'il est d'icy, j'en faiz moins df difficulté.
Vostre frère et bon amy
Jehan Calvin.
1193
PIERRE TOUSSADs à Matthias Eib. à Riquewir.
De Montbéiiard. l'"' janvier ri543j.
Inédite. Autographe. Arcliives occlés. de Bâle.
S. Respondi nuijer' ad ejjistolam tuam. frater in Doniiuo
chare et observande, et obsecro te per Christum Jesum et tuam
pietatem, ne meum in te animiim éestimes ex offieio Uterarum :
nam amare semper vacat, scribere Sciepe non vacat. Et firmiore
vinculo conjunxit nos Dominus, quàm ut chartaceis machinis
simus retinendi. Quse ad te scribo. quôd nuper Illustris Princeps
et Dominus noster clementissimus Georgius Cornes, Sifjismundo
nostro - scripserit. mirari se qui fiât ut tam rar5 ad te scribam'' :
quod si ullo contemptu fit. contemnat me Dominus Deus : sed
sum natura. ad scribendum prsesertini. tardus et segnis. Id quod
oro boni consulas tibique persuadeas. me te ac tuos symmystas
^"- M. l'archiviste Sord^t a écrit cette note sur la lettre autographe :
« Adressée, je crois, à Michel Varod, procureur de l'hôpital en 1542. •
^ Lettre du 20 novembre 1.542.
* Sigismond Stier, chancelier du comté de Montbéiiard.
' Ce détail tixe l'année. Le comte Georges de Wurtemberg avait quitté
Montbéiiard en juillet 1542, lorsque son neveu Ulric vint s'y établir, et
il s'était retiré à Eiq^ueicir, au milieu de ses domaines de l'Alsjice. Écrivant
de Riquewir à son ancien chancelier, il pouvait bien, en 1543, se plaindre
du silence de Toussai» : mais en janvier 1542 le même reproche eût été
impossible.
238 BERÎVE AU DOYEN ET AUX JURÉS DE LA CLASSE DE LAUSANNE. 1543
omnes amore summo ac veneratione prosequi. Vale in Domino.
Mombelgardi, Calendis Januarii (1548).
Tuus ex animo P. Tossanus.
(Inscriptio :) Fidelissimo ecclesiœ Richenvillensis pastori
Matthias Erbio, fratri suo unicè charo et observando.
1194
LE CONSEIL DE BERNE au doven et aux jurés de la Classe
de Lausanne.
De Berne, 2 janvier 1543.
Inédite. Minnto originale. Arch. de Berne.
L'Advoyer et Conseil de Berne, nostre salutation.
Honorables, sçavants, chiers et bien-aimés !
Nous avons, ces jours passés, receu les lettres que nous avés
escriptes de la congrégation de Vivey du premier jour de no-
vembre dernier passé ', et le contenuz d'icelles bien entenduz.
Sur lesquelles avons advisé de vous tenir quelques propos et
faire response. Dont est nostre vouloir que vous ayés à [vous]
transjjourter ver nous, que soyés icy Dimenche quatorziesme
jour de ce présent moys, au soir ^ En ce ne faicte faulte. Datum,
n» Januarii 1543.
fSuscription :) Aux honorables, sçavants, nous chiers et bien-
aymés, maistres Françoys -, Doyen, Pierre Viret, Johan de
Tornay, Johan le Grue et Jehan Rebit \ Jurés de la Classe de
Lausanne.
^ MM. de Berne avaient reçu, en outre, « le livre » mentionné par la
Classe de Lausanne dans cette même lettre du 1" novembre (Cf. p. 176,
renv. de n. 19), et une dénonciation A''Antoine Marcourt, qui accusait
Viret de s'être exprimé grossièrement, dans l'assemblée de Veveij, sur le
compte de LL. EE.
'^ Manuel de Berne du samedi 30 décembre 1542 : « Relativement au
blâme que les prédicants de Lausanne ont formulé sur l'affaire des biens
d'Église, le Conseil entend la lecture des rapports secrets sur le mémoire
1543 BÉAT COiMTE A RODOLPHE GUALTHER, A ZURICH. 239
1195 ^
BÉAT COMTE à Rodolphe Giialther, à Zurich.
De Lausanne, 5 janvier 1543.
Inédito. Autogr. Bibl. de Zuricli. Copie comiimiiiquée
par M. le pasteur A. Berniis.
G-ratulor tïbi sanctum istiid ac veHerahile conjugium -, Ro-
dolphe siiavissinie, Deumque Opt. Max. rogo, ut in eo pulclira
te proie parentem faciat, atque etiam longos et jucundos annos
cum tam honesta et modis omnibus laudanda uxore exigere.
Ceterîim valde cupio abs te certior fieri de statu ecclesiœ vestrœ,
quœ sanè uiilii in paucis est observanda et sacrosancta, Jésus
Christus velit eaui nobis diu conservare! Deinde abs te scire
cupio, si qidd viovorum lïbrorum istic sub prœlis habeatur. Et
quoniani intellexi saari Biblia typis excudi ^ mitto ad te epi-
présenté par Viret au colloque de Vevey, mémoire dans lequel l'avo3er
[J.-J. dé\ Watteville est blâmé nomiuativement comme acheteur de biens
d'Eglise. Sur quoi, Watteville — après avoir })roduit un billet qui l'accuse
de retenir un cens de vin et un cens de blé de la cure de Ponterouse, —
dit que le blâme de Vevey provient, à son avis, des susdits cens, et il
demande que mes Seigneurs lui indiquent le nom de la. personne qui -leur
a communiqué ce billet ; car il veut se défendre par la voie du droit.
« On lui assure que mes Seigneurs le tiennent pour excusé. Le billet en
question, relatif aux biens de la cure de Ponterouse, n'a pas été interprété
à son désavantage, mais [il a été écrit] seulement afin de constater les
revenus de la d. cure et de s'entendre plus facilement avec lui sur la
garantie que mes Seigneurs ont été tenus de lui donner, pour quelques
cens qu'il a achetés [en 1532] des chanoines de Lausanne. » (Trad. de Tall.)
Voy. les Additions.
Le procès-verbal ajoute immédiatement après : « Citer ici, pour le
14"" jour à partir de demain, Viret um et reliquos sati/ricos stoicos. »
* François Martoret du Eirier, pasteur à Vevey.
* Jean de Tournay, jjasteur à Aigle. Jean le Grus, pasteur à Montreux.
Jean Rebit ou Mibit, professeur de grec à l'académie.
' Le mariage de Bodolphe Gualther avec Eegula, fille d'Ulric Zwingli,
avait été célébré en juillet 1541 (VII, 207, n. 26).
240 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1543
(/ranima de verbo Dei querendo ^ Audio aliquid esse à te car-
mine sci'iptum ^ : quod si verum est, non gravaberis ad me
mittere, siquidem eo scriptorum génère valde soleo delectari :
quo fiet ut tu à nobis versus aliquos sis postea adcepturus. Vale.
Laus. nonis Januar. 1543.
D. Heynrichum Btdlingerum plurimiim salvere cupio.
Tuus ex animo B. Comes Donzarensis.
(Inscriptio :) D. Rodol. Galthero, viro mihi in paucis charo.
Tiguri.
1196
SIMON SULTZER à Jean Calvin, à Genève.
De Berne, 8 janvier 1543.
Autographe. Bibl. Publ. de Genève, Vol. n" 112. Calv. Op]).
XI, 495.
S. Utinam sit integruni tibi, Calvine frater, crebriùs quàm
soles, ad me scribere : esset unde novam subinde voluptatem ac
recreationem caperem, neque eam prorstis sine meo ecclesiaeque
nostrœ emolumento, quippe qui tuis me consiliis ac monitionihus
erigi atque juvari sentio. Sed enim quia id minus tibi licet,
propter peculiarem quandam eamque maxime seriam adque
communem ecclesiam spectantem occu])ationem, qua te inpras-
sentiarum audio admodum distringi ', moderatiùs literarum
tuaruni desiderium fero, ut quod publico bono compensatum iri
nihil anibigo. Dominus Jésus pios tuos conatus dignetur pro-
^ La Bible traduite en latin par les pasteurs et professeurs de Zurich
parut eu 1543.
' Cet epigramma de Beatus Cornes arriva trop tard pour être inséré
dans les pièces liminaires de la Bible précitée.
* Gualther avait composé quelques vers latins pour l'un des ouvrages
de BuUinger, son bienfaiteur (Schola Tigurinorum Carolina. Tiguri, 1664,
j). 115). Cf. aussi E. Camillo Rudolphi, o. c, p. 34.
' Allusion à l'écrit que préparait Calvin contre Albert Pighius.
loi3 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. :24 1
veliere! Ac intérim cœptam scribendi sodiilitatcm non intcrniit-
tam ego. qu5d et semper tantum esse temporis à negociis vacui
esse credam, ut vacet perlegere amici/'pistolaui, et boni te cou-
sultiirum quod ab liomine tui stiidiosissimo proficiseatur.
Porrô aliud non est ad manum quod inprîesentiarum signiti-
cem, quàm de communi temporuni statu. Accepisti, arbitror, de
clade Pannonica et satis turpi nostroriim discessît, qui perfidiani
JJngaroruni causati, paucorum hominum culpa et scelere com-
moti, animos suos à gente tota tanquani in universuni perfida
abalienarunt, cum intérim tamen constare videam, ])aucos et
l)riniarios quidem quosdam proditionis reos fuisse, et ejus scele-
ris consciam non fuisse multitudinem '. Verùni miserrimo casu
factum est, ut nostri non Turcani, (jui minimum nocuit, sed
cœlum ipsum et Danubium et elementa omnia irata habuerint,
ampliusque equitum et peditum viginti quinque millium amise-
nint, peste, famé, frigore, morbisventriset cai)itis a]>sumptoi'um.
Utinam tam verum non sit quàm creditur Horatianum ilhid :
Quicquid délirant reges, plectuntur Achivi. Sed ira? iJei debe-
mus quôd et hœc patimur, qua? nunquam non commeremur, et
l)assuri détériora sumus, nisi et qui prîesunt religionis profes-
sioni sanctiore exemplo pr?eeant, et populus pœnitentiae saccum
indutus ad se percutientem convertatur, veraque sui abnegatione
justo furori ejus placando insistât.
Norimljergam venit rex Ferdincmdus ^ (ut fertur) cum uxore
et liberis aliquot. et in hoc totus est ut Ordinil)us p(>rsuasis
nova paret suljsidia et sumi)tus novis exactionibus resarciat,
hélium Pannonicum quantis potest viribns redintegraturus. Cui
instituto fœliciter ut succédât precamur Dominum. Equid(>m
* Yoypz, sur les opérations de l'armée impériale en Hongrie, pendant la
seconde moitié de l'année 1542, le X" 1158, n. 11. Selon de Hamnier (o. c.
V, 359, 360), cette armée, forte de près de quatre-vingt mille hommes,
leva le siège de Pesth au bout de sept jours, « s'avouant vaincue par les
huit mille soldats qui formaient la garnison turque de cette ville. » Le
susdit auteur n'attribue nullement ce résultat à la trahison des chefs hon-
grois ou du capitaine de Stvrie Jean Ungnud, mais à une mésintelligence
survenue entre les Allemands et les Italiens, et au manque de concert entre
tant de chefs et le commandant général, Joachim de Brandebourg.
* Le roi Ferdinand n'arriva que le 17 janvier 1543 à Xuremherg, pour
y ouvrir, le 31 du même mois, la dicte des États de l'Empire (Sleidau, II,
296).
T. VIII. 16
24:2 SIMOxN SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1543
quod ex anteaetarum rerum casibus et prœsentium miseriarum
statu colligitur, vix in spem venimus iilliim bellum a Germanis
advei'sùs Tiircam pros])erè adniocliini vel iiistitui, vel suscipi,
vel geri posse, nisi demiim unanimi ])rincipum omnium et ma-
gistratuum consensu conatuque omni à parte, nec parvis copiis,
nec segnibus imperatoribus. Tyranmis ille longé omnium belli-
cosissimus petatur, belli sumijtibus non unum in annum, sed
admodum plures su])putatis : quod si non fit, non est ut ullam
nobis gloi'iosam victoriam polliceamur, sapientum quidem judi-
cio, nisi miraculosè ceu à machina adfulgeat cœleste prœsidium.
Sed de lis satis.
Certum est pontificem Pmdum concilium suum nuper exor-
sum esse Tridenti, duobus Cardinalibus illô ablegatis, quorum
alter Calaber est, alter Anglus \ Erat et Contarenus eô venturus
Pa2Jée decreto, sed veneno, ut fertur, de medio sublatus est ■'.
Advolarunt episcopi italici decem, et e Germania abbates quidam
nescio qui. Pontifex ipse Bononise est, ex Csesareis Dn, Gfrin-
vella tibi notus, nescio quid de pace acturus inter Csesarem et
Gallum. Sunt qui putent et ipsum Csesarem ad comitia ventu-
rum Carolum, sed falli videntur. Aut enim non attinget ille
unquam Germaniam mortuus : aut si superest, et aura mortali
etiamnum vescitur ad menseni Aprilem primum aut Junium
Genuam adpellet", hostem Ttircam alicunde invasurus. Intérim
omnia classicum sonant. Ehscti hnmontani ad duoruni millium
numerumselecti, militatum abiere ad Marchionem de la Qiiasta',
* Par une bulle datée du 22 mai 1542 et publiée le 29 juiu, le pape
Paul JZJ avait convoqué le Concile à Trente pour le 1" novembre suivant.
Vers le milieu d'octobre, il en élut pour présidents les cardinaux Parisi,
Morone et Pool, qui arrivèrent à Trente le 21 ou le 22 novembre (Sleidan,
II, 271, 289. — Paolo Sarpi. Hist. du concile de Trente. Basle, 1738, I,
181-187).
^ Le cardinal Contarini était mort à Bologne, le 24 août 1542 (Seckeu-
dorf, III, 385). Ou l'accusait de ne pas s'être opposé assez énergiquement
aux Luthériens, dit Sleidan, II, 280. Et il ajoute : « Qui familiariter illum
noverunt, de justificatione hoiniuis rectè sensisse dicunt. Fuit vir cum-
primis doctus. »
^ Venant d'Espagne avec une flotte, il débarqua à Gênes au mois de
mai 1543 (Sleidan, II, 313).
^ Le marquis Alphonse ciel Guast {del Vasto), gouverneur du Milanais
Ijour l'Empereur.
i'à'i-i SIMON SLLTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 243
gubcnuUori {^ic} apiid I //subies Cmsiu-vum, qui et apud Ualla/ii,
m agro Pedeinoz/fano, cohortes habciit miniinùin duus. Eam i-oiu
aegorrimè foruiit i-clitiiii Pagi immontani Helreticorum, lioc i])-
siiiu (piod rcs habet i)i'a»sagieiitos, ut diiiii contrariis doiiiiiiis
niilitia sumiuititur, simiil et fides iiostra dignitasque collabc-
tactetur, (>t iiosiuetipsos in mutua viscera hostilibus coiisiliis,
magna concordiae etiani domesticae clade, vénales faeti coneite-
miis : Proinde et ab iis ad illos graviter scriptum, liabitis ea de
re Luce^'nœ comitiis et alibi, adliibitaque ration(\ qua suos revo-
care et in tantis reruni tur])is et niotibus retinerc |)()ssiiit. At
vereuiur ne in diversuni rapiat violenter j)(^etora an ri sacra
famés.
Cîeterùm, de expostidatioiie frotrum Lausannenshun erga
/los^, scripseram nuper animo ])lacido acceptam à nobis. neque
moverat quamlibet acris r.aop-naix, ac proinde responsum pa-
ratnm per me fnerat, qno et nostri in se animi plenani testifica-
tionem et innocentise liac quidem in parte fuerant agnituri.
Verùni ne procederet institutnm, t'ecit commnnicata eo/m/idem
fratrum ad Eras.[mum] ^ ejnstola, qna certè prœter nostram
expectationem sic leniter, adeoque blandè etiam cnm eo homine
agunt, ut non obscure deprehenderimus, liaud eodem jndicio
hanc causani ab ipsis expensam atque tractatam esse. Nam cîtm
obiter ta/itùm et civïliter accusent neglectœ communicationis cnm
fratribiis, ajyertè per vos excitatum istud ineendiam fatentur ,
cui restinguendo ïlle modum non satis commodum observarit,
licet de proposito minime seditioso niliil ambigant'°. lta(ine; ut
* A notre avis, expostulatio fait allusion à une lettre de reproches,
adressée par la Classe de Lausanne aux ministres de la ville de Berne.
Les nouveaux éditeurs de Calvin (XI, 497) disent en note : de disciplina
et bonis ecclesiasticis {Ruchat, V, 220. Hmideshagen, 175), c'est-à-dire
qu'ils entendent, par expostulatio, la requête du 1" novembre 1542 adressée
à MM. de Berne (N» 1174).
Cette interprétation ne résiste pas à l'examen. Si elle était fondée,
Simon Sultzer aurait-il dit, parlant de ses collègues et de lui-même : « Nous
avons reçu vos représentations p/rtC2cîo animo. J'avais préparé une réponse
pour «oif^ç justifier ? » — La phrase suivante annonce évidemment que la
susdite expostulatio visait la manière d'agir des ministn^s de Berne jK'ndant
la dernière crise ecclésiastique, et non les actes du gouvernement bernois.
^ Cette lettre des ministres de Lausanne à Érasme Bitte/- nous est
inconnue.
244 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1543
voruin fatoar, mi frater, ad rein inexijoctatam nonnihil obstupui,
metuquo nonniillo perciilsus siim, non tam qiiôd liis videam
illum nostrum animatum esse potiùs ad certamina minime frii-
gifera quibus natus est, quin laterc hune tam acerha in nosfra-
trum invectio nequeat, non magis quàm nos quae ad illum scripta
sunt, — quàm quod animorum disjunctionem prospiciam, nisi
Dominus ploiiè abnegatos animos concesserit. Sois ipse quô
ei'umpat, in tanta teneritudine, semel insidens animis suspicio :
quae certè uasci cepit, cimi qperta significatione déclarent, se in
nos tantûm effundere stomachum et esse diserti voluisse : maxime
qui non duhiteut erna antagonistam nos reos proriunciare, auto-
resque linjus tam atrocis tragœdise^K Adde quod audiam D. Con-
tzenum a Vireto coram fratribus traductum per contentionem,
neque mihi etiam parsuin. Qua])roi)ter ea in re tota nonnihil
jH'udentise et œquanimitatis in Vireto nostro desidero, ut non
dicam candoris etiam : quem miror sic vanis delationibus per-
moveri potuisse, ut aniicos de se prasclarè et loquentes et sen-
tientes proscindere instituât, qui si calumniis digni essent
maxime, indignus tamen ille erat qui locum lis faceret. Itaque
(]uod unum ini)raBsontiai'uin ego possum etïicere studeo, ne
quam alienationem mentis admittat quisquam nostrûm, dum
coràm audiatur '^ Id quod his diebus futurum arbitror '^ Scan-
10-11 ]Njous avons vu Calvin reprocher aux ministres de Lausanne
(N° 1163, renv. de n. 5-6) d'avoir écrit à MM. de Berne une lettre où ils
égalisaient les torts de Kuntz, de Stiltzer, et ceux A''Erasme Bitter, leur
adversaire. Ici les reproches que Siiltzer adresse aux ministres lausannois
sont plus graves encore : il se plaint en sou nom et au nom de Kuntz et
de Béat Gering, de ce que « les frères de Lausanne » leur donnent tous
les t(?rts.
12 ei 14 Çg yQg^ aurait pu être accompli une semaine plus tard, si Pierre
Kuntz avait été aussi bien disposé que Simon Sultzer (voy. la note 13).
*^ Viret et quatre de ses collègues, cités à Berne pour le 14 janvier
(N" 1194), furent appelés le 16 devant le Conseil. « Viret et les autres
.satiriques (dit le procès-verbal de ce jour) comparaissent, à cause de leur
missive concernant la vente des biens d'Église, et on leur fait là-dessus des
représentations. Ils demandejit un délai, parce qu'ils désirent donner leur
réponse par écrit. Idque permissum est. » — « 17 Januarii. Viretus et
socii ejus ont demandé, selon leur requête d'iiicr, un Si/noâe f/n/éral, où
la question des biens d'Église et celle de la doctrine seront approfondies
dans tous leurs détails. Lecture est faite de leur réponse, mise par écrit.
Là-dessus, on décide de Irur dire, que mes Seigneurs rendent justice
lo'i3 SIMON SULTZER A .IKAN CALVIN. A GENKVK. 245
daloriim eiiim atqiu^ conliictiuuii plus satis ost liodic Kciuidciii,
qiiod me attiiiot, no», commiitum, arbitrer, ut (ilicitinH. ah ipso
animiim iiiiisquam hdeUigai, qui honymem, j)r()|)ter [)riieclaras
ingenii dotes et iiidefessuni i)rovehendi Cliristi regni studiuin,
odisse non possum, etiamsi graviter Lvdat. 8cd et de liis ])rox.[inièj
pliira, ciim coràm forte auspicatiùs iiiter nos egerimus '\ Bene
vale, mi frater. Bernœ 8. Jainiar. Anno 43.
Salutat te Dn. Contzenus, queni volo conjunctissiminii persiia-
deas tibi, item Beatus noster. Neiitri de te quicquam siiiistri in
ment(Mn venit, ntcnn(iue a Yireto oftensi sint.
T. SULTZERUS.
(Inscriptio :J \'iro i)riestantiss. Dn. Joanni Calvino, Antistiti
Genevensis ecclesiœ, amico et fratri suo conjunctiss.
à leur premier article [de la teneur suivante] : Concilier les ministres qui
ont des opinions contraires, les préserver des troubles et des innovations...
Quant aux biens d'Église, mes Seigneurs n'ont agi que pour l'utilité
publique et atin d'alléger les charges du pays. Les plaintes des ministres
ne sont pas fondées. Plus tard, mes Seigneurs leur diront les causes qui
rendent impossible l'obtention de leur demande. »
« Jeudi 18 janvier. On a entendu les lettres de Viret et de ses collègues
aux ministres d'ici, lettres dont Cimcenus se plaint vivement et avec beau-
coup de bon sens. A senatu adprobavit literas. Elles sont transcrites.
« Vtret est invité à produire l'écrit qu'il a lu dans le colloque [de Vevey\
Il s'explique, et il dit qu'il n'a rien composé que la lettre envoyée ici, et
qu'il a conféré avec les frères en vertu de son office. Il n'a jamais injurié
mes Seigneurs, mais il a toujours dit : « Nous avons de bons Seigneurs,
qui se laissent contenter avec des raisons, ne credatur delaforihus. » Il a
mis en lumière sa vie, qui s'est écoulée in summa tranquillitate, absquc
obtrectatione; in negotiis vocationis se liberum esse, non seditiosum ; no]i
inhiare bonis ecclesiasticis. Delatores, imjjatientes admonitionis, ista nioiiri,
prpetcxentes bonorem magistratus, animo rabida ferocia ulciscendi cupido :
homines ignavi et mate vitae, aliis imputantes quod ipsi faciunt. Se ])ri-
vatiiii ni! majus aliis adtentasse... Ses collègues ont composé, avec lui, un
traité sur la question des biens d'Église, non pour le ])ublier, mais pour
l'offrir à mes Seigneurs, comme ils le feront encore, s'ils en sont requis. »
(Voyez la suite à la fin du X" 12()0.J
246 JEAN CALVLN A OSWALD xMYCOMUS, A BALE. 1543
1197
JEAX CAL^TX à Oswald Myconius. à Bàle.
De Genève. 1^ janvier 1543.
Copie ancienue. Collect. Hottiiiger. Bibl. de Zurich.
Cal. 0])p. XI, 499.
S. Hic juvenis pro\nnqims est ministri cujiisdam quocummihi
magna est familiaritas. Is me veliemeiiter per amicitiam nos-
tram rogavit, ut lias tibi scriberem, quibus tibi commendarem
suum propinquum in causa honesta. Focit in literis médiocres
progressus, et quia videtur non ineptus esse ad majorem pro-
fectum, si pergat, cupit eum frater ille noster ulteiitis promo-
vere. Sed quia nec ipse admodum dives est, et puer magis adhuc
est tennis, non potcst quod optât obtinere, nisi aliunde adjutus.
Ergo si patrocinio tuo adjutus jjublicam istic oleemosynam'
impetrare posset, tune ad reliqua sufficeret. Habel)it enim ali-
quid pecuniœ cum ad bospitium conducendum, tum ad libros
comparandos. Proinde, quoad sine tua niolestia et incommodi-
tate licebit, peto abs te ut eum in meam gratiam juvare velis.
Nam cum bonœ sit indolis, spes est eum aliquando utilem fore
ecclesiae Dei, ubi in schola vestra fuerit institutus. Bene vale,
frater mihi ])luriniùm in Domino observande. Dominus te et
tuos omnes conservet ! Genevse, pridie eidus Januarias 1 543.
JOANNES CaLVIMjS tUUS.
(Inscriptio:) Dn. Oswaldo ]\Iyconio, Basilecnsis ecclesiae fidis-
simo pastoi'i, fratri mihi in Christo plurimùm observando.
^ Au moyeu du fonds légué par Érasme de Bofferdam aux étudiants
pauvres, et dont Bonifuce Amerbach était l'administrateur.
loi3 LE CONSISTOIRE DE BERNE A PIERRE VIRET. 247
1198 /
LE CONSISTOIRE DE BERNE ^ à Pierre Yiret.
Berne, 19 janvier 1543.
Inédite. Manusc. orig. Communiqué par M. le colonel Troncliin.
(Traduit de l'allemand.)
Nous LE Juge et les assesseurs du Consistoire de Berne, fai-
sons savoir par la présente lettre, que M. le doyen, les jurés et
députés de la Classe de Yevey nous ont dénoncé deux frères de la
dite Classe, ]\EM. les prédicants Beat us (7o»ies à Lausanne, et Fo?--
timatus^, à cause d'une alïaire scandaleuse, et parce que ceux-ci
auraient été trop badins dans leurs paroles, leurs manières et
leurs actes à Végardde quelques femmes et tilles : du moins c'est
l'accusation portée, le bruit public et le rajqjort des personnes
qui se sont plaintes d'eux tout récemment, comme cela résulte
des articles concernant les fautes de chacun de ces prédicants ^
fautes qui leur ont été reprochées en particulier K Aussi ont-ils
été admonestés plusieurs fois, à ce sujet, dans les colloques, par
l'ordre des frères, et exhortés à s'amender. Mais ces exhorta-
tions ne les ayant pas détournés de causer aux églises un cha-
grin et un scandale qui s'accroissent considérablement, [les sus-
' V'oypz, sur le Consistoire de Berne, le t. II, p. 245. On lui avait adjoint,
probablement dès 1529, quatre meml)res du Conseil des Bourgeois.
^ Béat Comte, médecin et ministre, a figuré dans les t. IY-V7I, et plu-
sieurs fois déjà dans celui-ci.
Fortunut Andronicus, précédemment pasteur à Bevaix, comté de Xeu-
châtel, ensuite à Orbe, exerçait le ministère à ViUeite, entre Lutry et
Cully, au bord du laede Genève (V^oyez ses lettres, N°* 359, 415, 435, et
les Indices des t. DI, V, VTI). Pareil à plusieurs de ses compagnons d'œuvre,
qu'une vie de combats avait élevés et maintenus pendant quelques années
au-dessus de leur niveau moral, il oublia, au sein du liien-être, l'iuimilité
et la vigilance qui auraient été sa sauvegarde, et resta dès lors sans défense
contre l'ennemi intérieur.
* Ces Articles n'ont pas été conservés.
* Dans l'original : undermunds, de bouche à bouche.
248 LE CONSISTOIRE DE BERNE A PIERRE VIRET. loi3
dits doyen et jurés] ont été contraints \mv le devoir de leurs
serments et offices, de se décharger de [la cause de] ces prédi-
cants et d'en référer à notre Consistoire, en nous invitant à
examiner sMls sont encore capables ou non. et s'il faut conti-
nuer à les tolérer dans les fonctions ecclésiastiques de la prédi-
cation ?
Là-dessus, chacun des inculpés a présenté sa réponse et répli-
que, en affirmant qu'il n'est point coupable des actes spécifiés
dans les Articles composés contre eux, et qu'ils sont fâchés de
ce que les propos de quelques personnes aient été colportés dans
des rues entières. D'ailleurs ce sont des choses dont ils seraient
incapables. Ils disent ensuite, et spécialement Beatus Cornes,
qu'ils se sont déjà justifiés de quelques accusations, selon la teneur
de la sentence émanée du Consistoire de Lausanne"' ; qu'ils ont
toujours reçu de bon gré les avertissements et les réprimandes
des frères de la Classe et qu'ils se sont observés et surveillés
autant qu'il leur a été possible. En outre, les faits qui ont
motivé presque la plupart des plaintes susdites sont pardonnes
et tolérés ; c'est pourquoi il leur semble que ces faits ne devraient
plus être produits, et qu'eux-mêmes n'auraient pas dû être sou-
mis à notre enquête.
Tout cela nous a été exposé en longs discours. Nous les avons
bien compris et nous avons été unanimes pour porter la sentence
suivante :
Attendu qu'il n'y a, ni pour Beatus, ni pour Fortunatus,
aucun indice d'adultère qui puisse être invoqué contre eux,
mais qu'ils se sont laissés aller à quelques paroles, à quelques
manières et allusions trop libres, non-conformes à la bienséance,
et qui surtout ne conviennent pas à des annonciateurs de la
parole divine, — quoiqu'il ne soit pas avéré comment on a parlé
d'eux dans le public, — Considérant, en outre, qu'ils se sont
justifiés de quelques-unes, et même de la plupart des accusations
émises contre eux, Nous estimons que les accusations ne sont
pas suffisantes pour qu'ils soient déposés et privés de leur office,
et qu'ils [peuvent] en conséquence rester dans leur service
^ Les procès-verbaux du Consistoire de Lausanne n'existent plus. II
agissait très mollement et d'une façon intermittente, au dire de Yiret
(V 1237).
lo43 LE COiNSISTOlRE DE BERNE A PIERRE VIREX. 2-49
ecclésiastique et le continuer, — pourvu toutefois (ju^ils s"al»s-
tiennent et se déportent des paroles et actions légères qui ont
causé du scandale, et (pfils mènent une vie honnête. i)ieuse, et
se conduisent comme il convient et sied à d'intègres directeurs,
qui doivent exhorter, réprimander et enseign(M' les autres
hommes.
Nous le leur avons dit à tous deux et les avons l'éjjrimandés
très sérieusement. P'.nsuite nous avons hien été d'avis que, dans
le cas où ils donneraient lieu à de pareils scandales et à des
médisances et ne s'amenderaient i)as, nous inviterions M. le
doyen et les jurés de la Classe, eu vertu de leurs serments et de
leur oilice, à abolir le scandale et à nous renseigner [sur ces pré-
dicants], qui, dans le cas où ils ne changei-aient pas, seraient
destitués.
Mais nous voulons également déclarer ici, ([ue tout ce (pii
s'est passé, plaintes, dénonciations, rumeurs, révélations sur
l'un et Fautre, de ci de là, personne ne les mentionnera à Tave-
nir pour porter dommage, mais que tout cela doit être et rester
anéanti, aboli, éteint et interprété dans le nu^illeur sens, sans
(juc l'un s"en souvienne ])our le dommage d'un autre, et que
tous doivent vivre en bons amis et frères, avec bienveillance
réciproque, s'acquittant de leurs offices et fonctions fidèlement
et sérieusement. Ils serviront ainsi Notre Seigneur et Dieu, nos
gracieux Seigneurs et nous ])articulièrement.
Les deux prédicants sus-mentionnés ont déclaré se soumettre
sans réserve à cette sentence, dont ils sont bien satisfaits.. C'est
pourquoi ils en ont demandé une copie. Et nous la leur avons
délivrée sous notre sceau, en présence (ÏAidlio)ti Noïl, Juge, de
Gas]}urd Wisshawen, Conseiller, de Pierre Kiuitz, de Batt
Gering, prédicants, de Nicolas de WatteviUe, Marti Zidouff,
Vincent Gatis et Nicolas Scliorro, du Conseil des Bourgeois de
Berne, le xix janvier, l'an xd'" quarante-trois.
(Suscription :) A Viret".
^ Dans l'original : Vireft., mot terminé par un trait abréviatif. Viret et
quatre de ses collègues étaient à Berne depuis le 14 janvier.
230 JEAN FATHON A CHRISTOPHE FABRI. A THONON. lo43
1499
JEAN FATHON à Christophe Fabri, à Thonon.
De Colombier, 26 janvier 1543.
Inédite. Autographe. Bibliothèque des pasteurs de Neuchâtel.
Grâce et i)aix par Jésus, nostre seule justice, rédemption et
sanctification !
Très-chier frère, si ly a [1. s'il y a] chose qui me console, c'est
quant j'apperçoys la persévérance de vostre charité et dilection
chrestienne, envers celuy que mesme ne la mérite envers vous,
et quant par voz lettres congnoys vostre déligence au sainct
ministère de la parolle du Seigneur. Lequel je prie nous y vou-
loir a[s]sister à tous, et qu'en fidélité nous y merchions, comme
appartient à droictz serviteurs de Dieu ; que les Judas cresvent
et soyent confonduz et les ypocrytes manifestez, affin que l'on
sçaiche soy conduyre avec telz comme y fault.
Grandement nous avés consolez de voz honnes nouvelles,
qu'avés entendues, comme je puis croire sansdoubter, de Calvin,
qu'elles ne soyent véritable quant à Colongne et Munster \
Quant à Mets, pour ce que n'escripvez la sus tance de ce qu'il en
a peu entendre, je vous advertyray d'itne partie de ce qu'en
avons pour certain entendu. Mercredi passée arrivast le sire
Claude Farel de vers nostre frère M" Ouillaume, lequel nous a
apporté lettres du dict nostre frère, desquelles verres la coppie
en briefz ^ par lesquelles serés consolés et congnoistrés de plus
en mieulx les faictz et œuvres admiral^les de nostre très miséri-
cordieux Dieu, auquel est parfaicte et consommée fidélité en ses
])romesses. Or pour ce (comme sçavés) qui[lj ne peult tout par
la i)lume, quant yl a gentz fidelles, il leur donne charge faire le
surplus. Ains sûmes estes advertys par Claudi Fareil comme
^ C'est-à-dire, quant à l'archevêque de Cologne et à l'évêque de Munster
(N» 1210, 11. 3).
^ Le mercredi 24 janvier.
' Cette lettre de Guillaume Farel est perdue.
1543 JEAN FATHON A CHRISTOPHE FABRI, A THONOIV. 251
dès le commencement toutes chosos sont allôc en la dicte ville de
Mets. Desquelles ne vous veux attédier fors que des plus nec-
cessaires.
Premièremc^nt debvons louer le Seigneur du grand conraige
et sainct vouloir qu'il a donné aux Clirestiens, et que de jour en
jour leur augmente, sans ([ue i-ien se |)ei'de, mais s'enfiembe
tous les jours le feu de la Farolle, et ne doubtent ])oint tous les
frères de i)ar delà (pie ('"est le bon vouloir du Seigneur qui veult
qu'il brusle. Je croys qu'estes advertys de, la journée d'Empire
qui se tient de présent à Francfourg'' où tous les Protestans
s'ylz assemblent, et ont donnez les principaidx Princes ]irotes-
tans et aussi des Riches villes^ asseurence aux fidelles de Metz,
s'ylz se trouvoit à ceste dicte Journée, qu'ilz seroient receuz en
Vaillance de tous les Protestans'^. Pour expédier donc cela entiè-
rement à la dicte assemblée i)ar tous les dicts Protestans, s'en
partirent dernièrement six des principaulx seigneurs de la ville
de Metz, du nombre desquelz le seigneur eschevin' en est l'ung,
* Erreur. « La journée d'Empire, » à ce moment-là, ne devait pas se tenir
à Francfort, mais à Nuremberg ÇS" 1200, n. 9, 12). Il fut bien question
de Francfort, mais plus tard. Seckendorf dit, en effet : « Occasione horum
Comitioriim [scil. Norimbergensium] fœderati Evangelici separatas cousul-
tationes habuerunt, Recessu d. 28 April. Norimhergœ conscrijjto... Acta...
quîedam sunt de recipiendis novis, qui se in fœdus admitti petebaiit,
sociis; sed dilata ad proximum conveutum pleraque, et hic Francofurti
indictus, sed gravibus ex causis ad d. 25. Jun. Siiinlcalduc baliitus est.
luvitati eraut Electoris et Landgravii literis uon solùm Fœderati, sed et
reliqui Evangelici, quorum intererat paeem et libertatem in rcligionis causa
conservari » (Op. cit. III, 417, 418).
^ Villes impériales.
® Les Evangéliques messins se faisaient des illusions. Ils ignoraient, sans
doute, que le chancelier de la Saxe électorale, Grerjorius Voulanus, écri-
vant à son maître (21 nov. 1542), avait approuvé l'avis de Luther, qui
revenait à ceci : que l'affaire était trop compliquée ])our (ju'il osât se pro-
noncer, et qu'il fallait la recommander à Dieu. Et, au mois de déceud)i-e,
Cornélius Scepperus (ou Scheffer, 1, 205), conseiller de l'Emjjereur, avait
écrit au landgrave de liesse, qu'il était à craiudre que Farel, profitant des
circonstances, ne voulût livrer la ville de 3£etz aux Français (Seckendorf,
ni, 399). On a vu que les Princes protestants firent cependant des
démarches bienveillantes en faveur des Evangéliques messins (V 11()4. à
la fin; 1176). Mais rien ne prouve qu'ils leur eussent formellement promis
de les recevoir dans la ligue de Smalkalden.
^ Gaspard de Heu, dont les fonctions allaient bientôt finir.
252 JEAN FATHON A CHRISTOPHE FABRI, A THONON. loi 3
tous bien en ordre et de grand cœur à la Parolle. Lesquelz
accompaignast le sire Claude Fareil, de Metz à Straushourg ,
pour s'en venir faire ung voyage par deçà®.
Et, ce pendant que lesdicfs ambassadeurs et bons seigneurs de
Metz seront à la Journée, a esté veu bon que M" Chdllaume se
retirast de la vïlle^; et cest retiré en une ville nommé Goge^°,
^ Claude Farel était arrivé le 24 janvier (renvoi de n. 2). Or, il fallait
environ huit jours pour se rendre de Metz à Neuchâtel. On peut donc
placer vers le 15 janvier son départ de Metz, qui coïncida avec celui des
ambassadeurs messins pour Nuremberg, et de son frère Guillaume pour la
ville de Gorze.
® C'est-à-dire, de Metz. Suivant Fathon, Farel y était rentré au mois
de novembre 1542 (N" 1183, n. 12); il y serait donc resté jusqu'au milieu
de janvier suivant (n. 8).
^° Fathon avait d'abord écrit Gourse. Sur des cartes du XVll""' siècle,
on trouve le nom de Gage (Gorze). Cette petite ville est située à 3 1. S.-O.
de Metz, et à une lieue environ à l'ouest de la Moselle.
Selon le P. Meurisse, évéque de Madaure, o. c, p. 66-67, Farel, ayant
« demeuré deux mois et davantage à Montigny, » se trouvait à Gorze le
jour de Xoël 1542, oîi sa « première boutade... fut suivie d'un assez plai-
sant succès. » Pour avoir violemment interrompu, ce jour-là, le sermon
d'un Cordelier, il fut maltraité par les femmes de Gorze, « qui se ruèrent
sur luy, et à belles ongles luy arrachèrent les cheveux et la barbe, et le
deschiroient d'une telle furie, qu'il ne fut jamais eschappé de leurs mains,
si un capitaine nommé Henry Franck, qui commandoit dans le fort en
l'absence du comte Guillaume, ne fut accouru ijromptement avec ses com-
pagnons. »
Le même auteur dit ensuite que Farel, remis de ses blessures, « com-
mença... au jour des Roys, à prescher... dans la chapelle des Apostres, qui
estoit dans l'abbaye de Gorze, et continua cet exercice jusques au jour de
Pasques (25 mars). » Au mois de février ou de mars (toujours selon Meurisse,
p. 69, 70) il aurait été vaincu dans une dispute de religion « par un célèbre
docteur de l'ordre des Cordeliers, nommé Fidelis. »
Meurisse n'indiquant pas la source où il a ]iuisé ces deux récits, et son
témoignage restant isolé, on ne i)eut y accorder une grande confiance.
Aussi D. Ancillon, qui fut pasteur à Metz de 1653 à 1685, n'a-t-il pas
hésité à soutenir (op. cit. p. 65) que le « Sieur de Madaure remplit son Livre,
depuis la page 66 jusqu'à la 69, d'un conte, dont on ne voit rien dans le
Journal très exact de Farel*. » Et, p. 72, il juge « fort apocriphe » la rela-
tion concernant Fidelis.
* Ce dernier argument nous touche peu (\'oy. îs" 1168, n. 2). Ce qui a plus de valeur,
c'est le silence des Chroniques vussines sur les incidents susmentionnés. S'ils s'étaient
réellements produits, ils auraient frappé l'imagination des contemporains et se seraient
gravés dans leur souvenir.
lol;3 JEAN FATHON A CHRISTOPIIK FABRl, A TH(i>'O.N. 253
non hliKj de Meiz (toutesfoys elle est de la juritlicioii du Conte
Guillaume "), oh le dld M" Guillaume faict grand édifice. Et
cela à cause des machinations, embiîches et horribles tyrennyes
dressées par ceulx desquelx bien con^noissés la practique : les-
quelz plains de raige et possédés de Satan ne s^aivent plus où
ilz en sont, et sy ont desjà em|)loyer de leurs larrecins tant et
phis, pour trouver faveui' devers h^s groz princes et ])rincesses,
pour estre despeschés'^ à tout le moings de M" Guillaume. Pour
lequ(4 nous est neccessaire inster à grandes ])rièr(^s envers le
Seigneur. Or avons-nous certaine espérance que, incontinent que
les dicts, qui sont allez à la dicte Journée seront de retour et
raiwrtuns V ac[c\e])tation des dicts Seigneiirs Protestans, — sans
retardement quelconque, tout s'en ira par terre^'\ au hon plaisir
du Seigneur. Souvent desjà 21" Guillaume a eu le peuple tout
en la main pour tout ahatre^* ; mais la sagesse et prudence des
aidcungs des principal dx a tousjours retardé l'œuvre, attendans
mellieur moyen et principallenient l'asistance des Protestans et
la réception en leur alliance : et ce pour éviter sédition et
eifusion de sang. Sy ly a quelcung qui soit envieux ou niarry
de la vocation de nostre très chier frère M" Guillaume, je vous
laisse penser de quel esperit ce peult estre '^ Le bon Dieu le
veuille corroborer en foy et vertu i)Our parfaire Touvraige qu'il
Luy a pieu commencer par luy !
Quant au ])oint de Ecclesiie bonorum alienatione, pour lequel
les frères"' sont à Berne, je jjrie au Seigneur leurs donner force
et vertu par son sainct esperit, de constamment sans crainte de
nul homme mectre en avant le trésor entièrement de l'Évangile
deu au troupeau du Seigneur, (^t que connue Estienne n'a
craint le grinssement des dentz des iniques'', qu(^ i)ar telle
^1 Voyez le X° 1216, note 8. Mûncli (Gescli. fies Hausos uiid Landes
Fiirstenberg, 1830, 3 vol.) et son continuateur Fickler (Karlsruhe, 1847,
t. r\^°") ne disent ])as un mot des di'oits que le comte Guillaume possédait à
Gorze, ni de ses relations avec les Évangéliques messins.
^'^ C'est-à-dire, déb(trrassés.
''■'* Allusion à un i)rojet de renverser les autels et de détruire les
images.
^'° Ces ])aroles semblent viser Jacques le Coq, ])asteur à ^Moriics.
^® Ceux des ministres de la Classe de Lausanne qui avaient été cités à
Berne pour le 14 janvier. Ils y étaient encore le 25.
" Actes des Apôtres, chap. vu, v. 54.
254 JEAN FATHOIN A CHRISTOPHE FABRI, A THONON. 1543
constance et sapience de Dieu l'on persévère en tel endroit,
voyre jusque à la dernière gouste du sang. Vous priant nous
advertir de la procédure par les premiers venans deçà.
Au surplus, voz parens^^ ce portent très bien, Dieu mercy,
lesquelz ce recommandent très affectueusement à vous tous,
aussi voz hons amys de Bole^K Or, quant à ce que desirez avoir
les trente florins pour en avoir quelque proliit, cela m'est ung
petit rude. Toutesfoys quant j'entendz bien vostre bon vouloir,
et que desirez le bien de vostre femme et de voz enfans, ne
faicte[s] que vostre debvoir. Sur quoy j'ay besoingné avec eux, de
sorte que l'argent est prest dès aujourduy, et avons advisé
que, si vous voulez fournir aultres 30 florins, comme vous estes
offers, trouverons moyen les mectre sus deux hommes '^^ de
bonne vigne du meix^* de Loi/s Bailloz, qui sont en gaige. Mais
nous craingnons qui n'y ait plus de 60 livres dessus : pourquoy
vous fauldra pour le moing fournir jusque à 40 livres. La moi-
teresse^^ communément vous pourra rapporte[r] ung muys de
vin. 11 vous vauldroit beaucopt mieux employer là quelques
deniers, et selon Dieu en i)0urrez jouyr et la conscience sauve,
que de vous mectre à piller la paovre Église, comme font ceux
qui quelque jour recepvront leurs gaiges-^ ainsi qu'ilz seront
estes bons dispenssateurs en la maison du Seigneur, lequel ren-
dra à ung chescung selon ses œuvres.
Il vous fauldra, si voullés avoir la dite pièce de vigne, venir
par deçà avec ce que pourrés d'argent, ou, si d'aventur ne vous
estoit possible venir, l'envoyer par gentz fidelles d'icy à quinze
jours pour le plus loing, à cause que, selon la loy du pays, y
fault raimbre" les vigne déans lediesmenche des bordes ^^; aul-
^* Le beau-père et la belle-mère de Fabri, leur fille Claude et son mari
André ***.
i« Voyez le N" 1183, notes 25-26.
*° Ou deux ouvriers : locution usitée dans le comté de Xeuchâtel pour
désigner une certaine mesure de terrain.
^^ Synonyme de mas, pièce de terre.
^^ Vigne dont le produit se partage par moitié entre le propriétaire et
le vigneron.
^* Allusion à Gérard Pariai, à Saunier, et à deux ou trois autres ])as-
teurs qui avaient acheté des biens d'Église.
'■''' Mumhre, dans le Pays de Vaud, de redimere, racheter au même prix
un immeuble vendu par un parent (Cf. Ph. Bridel. Glossaire du patois).
1543 .IKAN FATHON A CHRISTOIMIE FAimi, A TIIONON. 2oo
ti'cniciit n'y pcult l'on outrer devant iiii,i>- an. Et qnant et
quant-'', sy vous ne pouvyés venir i)ar (lec;à, ou la sour Hugo-
nete^'' (ce qui seroit bien expédient quy feissiés, s'ilestoit à vous
possible), fauldroyt que envoyez quietance générale tant do vous
que de vostre fenini(\ Mesnie si vous venez sans amenez vostre
femme, André^^ m'a donné charge vous escripre qu(> ne deussié
faillir apporter concentement i)ar escript et signe'" du notaire,
que pouvés quictés et faire quietance de tous les bi(Mis de
GuiUmime Bailloz, tant en son nom qu(^ au vostre. Aultrement
n'est délibéré délivrer les dictz 30 florins. \'ons scavés comme
voz arrêtz^'-* furent faicts : selon cela vous vous condnyr(>z. De
mon coustel, tenez-moy i)Our cestuy-là qui ne s'espargnera en
ce que congnoistrez le moyen vous pouvoir faire service. Car le
vouloir avec le debvoir y est entièrement.
Quant au sire Claude Farel, que desirez de longtemps qu'il
fût au ministère receu, et qu'avés entendu qu'il estoit accepté,
ce vous sont estées paroles données. comm(^ les aultres, etc. Je
vouldroys que telz inventeurs mensongiers se meslassent de
dire vérité ou de soy taire. A ma volunté que vostre désir fût
bien acomply pour la gloire du Seigneur'^''! Pour ce que j'espère
en briefz vous veoir par deçà, mestray fin aux présentes, vous
priant vnillez faire toute déligence que venez, sy vous est pos-
sible, tous deux, affin que Ton puisse fère tout le cas en Tordre
qui s'appartient : priant le Seigneur, qui nous admoneste par
rAi)ostre, que toutes choses soient faictes par ordre, qui[l] nous
doingt grâce à tous d'y i)rocéder en édification. La grâce duquel
soit avec vous! Salué tous les frères, vostre femme nostre chière
seur avec Daniel. M" Thomas, M" ÉiumP\ mon cousin, sa
femme, la mienne vous saluent grandement tous. De Columbier,
ce 26 de Janvier 1543.
Vostre entier et parfaict amy
Jehan Fathon.
(Suscription :) A maistre Christofle Libertet, ministre et pas-
teur de l'Église de Thonon, mon très chier et singulier amy.
^^ En Suisse, le premier dimanche du carême s'ap])elait le dimanche des
hordes ou des hmndans. Le soir de ce jour-là, dans certaines contrées, on
allume encoi-e de grands feux sur toutes les hauteurs.
^® Et en même temps.
i2o6 SIMON SL'LTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1543
1200
SBiON SULTZER à Jean Calvin, à Genève.
De Berne, 31 janvier 1543.
Copie moderne. Coll. du Puy, t. 102. Calv. 0pp. XI, 501.
Salve, mi frater. Pro minière tuo ' amplissimas habeo gratias :
id quod cum multis nominibiis aliis gratiim est mihi, tiim eo
potissimîim quôd à te proficiscatur, homiiie quem in Domino
amo, siispicio atque colo. Silentium nt tam studiosè piirgares
per Matthœum communem amicum^ nil erat opiis, ut qui, licet
literarum tuarum avidus, œqui tamen bonique hoc intermissum
officium facio, quod mihi etiam publico emolumento quod ex la-
boribus tuis donatur, compensari abundè mihi conjicio. Adde
quôd, scribas, taceas, meum esse te, et me tuum plané mihi per-
suadeam.
A Gatensïbiis ^ fratrïbns iKirîmi te arnicè mqm' acceptmn
doJeo, tum maxime qiibd 'plusculùm sinistré s^ispicionis subesse
conjiciam * ; alioqinn enim ohviis idnis te virnm tam ad commoda
ijjsorum atque Ecclesiœ totins idtro exiiositum dehuerunt am-
jjlecti. Sed enim hœc humana cum sint, non debent nobis into-
leranda judicari, sed christiana nobisque digna patientia et
^' Hugonette [Baillod ?'] femme de Christophe Fabri,
^^ Voyez \-A note 18.
''*' Couveutions.
*** C'est un iudice que Claude Farel avait fait d'assez bonnes études.
'* Thomas Barharin et Eynard Piehon.
* Sultzer avait peut-être reçu, non relié, le livre de Calvin contre
Pighius. Nous disons peut-être, car il est difficile de comprendre pour
quelle raison ce livre serait arrivé trop tard à la foire de Francfort, si
l'impression en était déjà terminée vers le 26 janvier (N"" 1228, renv. de
n. 1 ; 1188, n. -1).
^ Matthieu Blanch (N" 1161, n. 1)?'
^ La copie porte par erreur Cacensibus. Or, il s"agit ici des ministres
de la Classe de Gex (en latin Gaium ou Giacum, cf. IV, 39, 112).
■* Sans doute à cause de la sympathie témoignée par Calvin à Sultzer
et à Kiintz, dans leur différend avec Érasme Ritter.
1543 SIMON SULTZKR A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 257
a'qiianiinitatc supcraiula. Atqne uthuim occasio offeratur ali-
qnando tihi, qua jwssis cum ])rocere uuo ant aUero ex nostris
Jiimiliariks et coràm agere, quô adpareat, verè ctiain aiiiiiiis
consi)iraro qiios in doctrina Religioiiis niliil (liscre])are ego (jui-
clem judico : ot tiiiic ad rem ', si (|uid i)ra'stare ego possim, non
sine conatu sodulo affutnrus. Cnpio ciiiiu ex aninio iisconvenire
in Domino quos eadeni professio, idem niinistoriiim jungit,
Valetudo subindc adversa, licet niilii tcciini commnnis sit,
tamon tua me magis (luàm mea sollicitum lialx't, ncqiic id una
ex causa, Dominum igitur priecor, uti misericorditor utrunKiuc
restituât ecclesiie, donetque ut rollaboraro ipsi cum fructu va-
leamus. De Bucero anxiè inquiro, sed niliil accipio sescjui jam
monse : uxor iilio eum recens nato locupletavit ''. Brunsuicettsis
varia consilia nioliminaque in vindictam Protestantium archi-
tectatur ' : unde sil)i potissimùm Memmwgenses ^ timent. latet-
que sul) uno clypteo ingens Pontificiorimi caterva. Sed potens
est Dominus inipiorum consilia dissipare : nec doi-miunt cordati
et Principes et Imperii Ordines. Norinhergensia comitia ^ ob
Turcani instituta, nescio quid parturiant : paritura certè niliil
jiutantur quod ad incolumitatem orbis Cliristiani faciat. Gesar
Concilium Tridetdi institntum '" parîim fertur adprobare. (|U(jd
Pontificem sus])ectuin habeat, ceu (mm " G<dlo nimis faventem :
^ Et tam aâ rem, dans la copie que los ^'ditours do Brunswick cor-
rigent ainsi : Quaiii, ad re)n.
® Voyez la lettre de Myconius du 30 mai 1542 (X" 1125. n. 7).
' Sur le duc Henri de Brunswick et sur sa défoite en juillet 1542,
voyez le X" 1137, n. 9, et le N" 1138.
® Pourquoi les habitants de la ville impériale de Memmingen, située en
Souabe à 10 1. S.-E. d'Uhn, auraient-ils eu quelque chose à craindre du
duc de Brunswick, réfugié en Bavière ? Un fait subséquent, rapporté ])ar
Seckendorf, III, 417, pourrait servir à nous l'expliquer : « Intercepta? erant...
(ut ex Landgravii ad Legatos suos rescripto d. 7 April. ])atet) Hexrici
literje, quiljus jactabat, fore ut brevi a CœHnre in Ducatum suum resti-
tueretur... Ista et alia... indicia vehementer attlixerunt Electorem Saxoniiï"...
Dolebat quoque... Ulricum Wurtenbergicum cum Bavaris, acerrimis usque
aemulis, fœdus iniisse, cum periculo urbium Evangelicarum in Suerif(. »
Mais il est bien jiossilile que Stiltser, mal informé ou jiressé d'achever
sa lettre, ait confondu les Mindenses (\T^I, 4'J, note 9) avec les Jleminin-
genses.
^ La diète de Nuremberg s'ouvrit le 31 janvier.
1" X" 1196, note 4.
T. VIII. 1 7
258 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1543
Gh'anvellam tamen mittet '-. Exercitum idem pev Alsatiam con-
scribit in Germaniam inferiorem '^ deducendum. Nos in vetere
statu et valetudine sumiis, ])ro quibiis rogo praeceris studiosis-
simè Christum. Bene vale, mi frater. Scripsi Bernae, pridie
Calendas Februarii, anno 1543'*.
T. SULTZERLS.
Saluta uxm~em et symmysias.
(Inscriptio :) Viro praestantiss. Do. Johaiiiii Calvino, fratri et
patrono suo in Domino observandissimo.
" Dans la copie et dans l'édition de Brunswick, cum.
*2 Le chancelier impérial Nicolas Perrenot, seigneur de Granvelle, rap-
pelé de Trente à la fin de l'année 1542, était arrivé à Nuremberg le 25 jan-
vier, avec son fils Antoine, évèque d'Arras.
^' C'est-à-dire, contre le duché de Clèves et de Gueldre (N" 1137, n. 8).
" Sultzer ne dit rien de Pierre Viret, qui venait de passer douze jours
à Berne, dans des circonstances assez critiques (N"' 1194, n. 1, 2; 1196,
n. 13). Et Yiret lui-même (N" 1211) ne foit qu'une vague allusion à ses
démêlés avec le gouvernement bernois. Il y a donc ici une lacune : elle sera
comblée par les passages suivants du Manuel :
« Samedi 20 janvier 1543. On permet à Viret et à ses compagnons de
composer un livre, au moyen de leur réponse relative aux biens ecclésias-
tiques. Et, puisqu'ils réclament un Synode..., ils devront, en présentant ce
livre, signaler à mes Seigneurs ce qui leur paraît manquer encore à leur
chrétienne Eéformation. Mes Seigneurs, étant alors bien informés, exami-
neront s'il est nécessaire de tenir un Synode.
« On demande à Viret, privatim, de produire ici l'écrit qu'il a lu à
Vevey. Il aurait dit, dans cette occasion-là : « Je me suis contenté jusqu'ici
d'aboyer. Maintenant je mordrai. » [Note marginale : On ne lui a pas fait
ce reproche.]
« Il affirme qu'il n'a composé aucun autre écrit que la lettre adressée à
Berne, et qu'il n'a apporté [à Vevey'] que les premiers lineamenta scripti
in deliherationem et siih censuram frutrum.
« On a lu, en sa présence, les capita Marcurtianœ delationis. Il a demandé
qu'on mette en face de lui les accusateurs, et il a ajouté : « Puisqu'on en est
venu à ce point, qu'un honnête homme soit observé dans toutes ses paroles,
dans sa maison et à sa table, personne ne peut plus être en sûreté. Il y a
d'ailleurs, dans ces calomnies, des petits mots français que je n'ai jamais
appris. » — Arrêté de lui donner une copie de la <■ délation, » mais
impersonaliter et absqiie pronominihus. Et on lui répète, qu'il doit livrer
l'écrit qu'il a lu à Vevey le 10 janvier.
« Lundi 22 janvier. Viret doit coi)ier son lihellum de bonis ecclesias-
ticis, et laisser ici l'original et la copie. — 24 janvier. Les Collectanea
Vireti de bonis Ecclesiasticis sont lus tout au long. Décidé de leur din'
(aux ministres) que mes Seigneurs ont du déplaisir de leurs critiques
lo43 JEAN CHAPONNEAU A GUILLAUME FAREL, A GORZE. 259
1201 '
JEAN CHAPONXEAU ^ à Guillaume Farelj à Gorze.
(De Neuchâtel, au mois de janvier 1543.)
Inédite. Mscrit original. Bibliothèque des pasteurs de Nencliâtcl.
Gratiam et ijaeeiu in (liristo.
Exc8e])i. prêter spem, litei-as quas à te j)rodiisse jirinia lectione
(quôd in eis nomen tuuni dissiniulatuni esset ^) vix intellexi,
evangelii Christi invictissime niinister. Yerînn relegens. <^x
earum cùm superscriptione tuni exordio, à te niihi legatas subo-
doravi. Sub ipso enim prineipio, ais, « me egretulisse, quôd jjar-
ticulatim ad me non scripsisses. » Optarem homines mihi indi-
catos qui talia verbo vel epistola insinuarunt : postliac apud
acerbes; qu'ils veulent, sur ces articles, s'en tenir aux leçons reçues de
leurs pieux ancêtres, et ne donner aux ministres aucune réponse ulté-
rieure.
« 25 janvier. Vird désire que, si mes Seigneurs éprouvent du dépit, à
cause de son Hbellus, ils ne s'en souviennent plus, et qu'ils veuillent bien
être persuadés que, pour [défendre] leur honneur, il est prêt à témoigner
et à jurer devant chacun. Au reste, tous les mots [de ce mémoire] ne sont
pas de lui, car il a été rédigé en commun avec les frères...
« IjApologia Vireti ad Marcurtii accusniiones est entendue. On décide
de lui dire que mes Seigneurs ont du déplaisir de ce qu'il les a blâmés
d'une façon si mordante, in Coîloquiis. S'il a remarqué des imj)erfections,
il aurait dû s'adresser à mes Seigneurs, et ne pas se laisser entraîner si
loin. A l'avenir il devra être plus avisé dans ses paroles, et tenir un
langage qui soit conforme sobrietati et modestiœ. » (Trad. de l'allemand.)
^ Voyez, sur Jean Chaponneau, les Indices des t. ^'. M. MI. — Emile
Picot. Notice sur Jehan Chaponneau, docteur de l'église réformée, metteur
en scène du Misfère des actes des Apôtres, joué à Bourges en 1.5.30. Paris.
Morgand et Fatout, 1879, 21 pp. in-12. — La France prot., édition Henri
Bordier, III, 1082-108.5.
^ Guillaume Farel avait peut-être repris pour la circonstance son
ancien nom d'Ursinus (I, 461 ; II, 72), emprunté à celui de sa mère, Aims-
tasie d'Orsières ou d'Ursières (de Urseriis). Voyez l'article Farel dans la
France prot.. 2"'^ éd. M, 394.
' La chose était assez natun'lii'. (iniU. Farel ayant écrit de longues
260 [AONIO PALEARIO] a LLTHER, MÉLA.NCHTHON, BL'CER, CALVIN. 1543
taies mihi temi)ei'atioi' forot coiifabulatio. Nolim tamon apiid te
eam ob rem niendatii nota taies iniirere. Cum igitur ego erga te
fucato animo esse nequeam (quales etiam omnes esse optarim),
fateor ingeniiè jamdndnm egrè admodum tidisse, qubd me ne-
f/ledo ad plerosqiie, de relrns quas me rescire oportehat, profusas
scripseris epistolas, meroreque non mininio sum alïectus, dnm
lioniines vel postreme sortis de tuarum reruni statn ac condi-
tione, vicatim audirem confabulari '. Qua autem ratione sic
egi'etulerim (ut tibi indicatum est), modo ex me non audies, ne
hominem in evangelii negotio occupatissinium, et in Christiano
sudantem agone, reddam occnpatiorem. Ubi verô dabitnr lïbe-
riùs literis aiit verho tecimi agere, andies qtiid tacito geram skJj
pectore. Dominus Jésus Cliristus te in opère suo sudantem ad-
juvet ! Yale.
Non datum est ut volebam ad te scribere. Cum enim cepimus
manum chartœ admovere, /rofer tims Gaucherius se itineri ac-
cingebat '\ unde nt^c licuit dictantem '" epistolam rescribere.
Tuus Jo. CapuxNCUlus, Collega tuus.
(Inscriptio :) Charissimo in Cliristo fratri G. Farelo [Xeoco-
mensis] ecclesie ministro. Gorza?.
1202
[AONio PALEARIO 1] à Luther, Mélanchtlion, Bucer, Calvin, etc.
(De Rome, janvier ou février 1543.)
Copie ancienne -. Bihl. de Wolfenbuttel. Schelhorn. Amœnitatcs
hist. eccl. et liter. 1737, t. I, p. 448-62. Calv. 0pp. XI, 503.
Seivus Jesu Christi ^ Martino Luthero, Philii)po Melanch-
If'ttros à la Classe des pasteurs et à ses amis de Xeuchâtel et de Genève.
Claude Farel, de retour de Metz, avait pu leur donner oralement l)eau-
coup de détails sur l'œuvre de son frèi'e Guillaume.
* Gauchier Farel allait remplacer, auprès du Réformateur, son frère
Claude, qui était arrivé à Neucliâtel le 24 janvier.
Io4;{ [AONIO PALEARIO] a LUTHER, MÉLANCHTHON, BUCER. CALVIN. 261
thoni, Martiiio Hutzero, Calviiio ^ et (Tcniiaiiis Il('l\('tiis(|U(!
universis qui invocant Jesum Christum.
Etsi qiw Romie geruntur perferet a^ vos vel niinor ipse priùs
^ On lit, ;ui l);is de la ])ag(% cotto iioto couvevto d'encre : « non fuit <lic-
tata epistola. •>
* Ao)/io Ihtleario, célèbre humaniste, né ù Véroli (État de rÉglise),
s'appelait primitivement Antonio dalla Paglia. Pendant plus de trente
années (1534-1566) il enseigna la littérature classique à Sienne, à Lucques,
à Milan, et sa correspondance nous ai)])rend qu'il entr(>tenait des relations
d'amitié avec les liommes les plus distingués de l'Italie. Ses convictions
religieuses lui valurent à Sii'ime, vers la lin de 1542, un procès qu'il gagna
à force d'éloquence, mais dans lequel il fit des aveux qui le jH'rdirent plus
tard. Voyez, en j)articulier, dans l'édition de ses Œuvres (lense, 1728), p. 92,
le morceau commençant par cette phrase : « Cum Gennanis me sent ire
dixi.sti, » et p. 102, le passage suivant : « Nihil est me beatius, Patres
Conscripti, neque enim puto christianum esse hoc tempore in lectulo mori.
Parum est accusari et deduci in carcerem : virgis caedi, reste suspendi,
insui in cuUeum, feris objici : ad ignem torreri nos decet, si his suppliciis
Veritas in lucem est profere}ida. »
Il fut arrêté à Milan (1566) et conduit à Home, où après trois anné<'S de
rigoureuse captivité il snbit la mort, le 3 juillet 1570, à l'âge de soixante-
dix ans. (Voyez, sur ses ouvi-ages et sur les circonstances de sa vie, Crespin,
éd. de Toulouse, m, 843-849. — Le P. Nicéron, XVI, 53-65. — Morhof.
Polyhistor litterarius, éd. 3», p. 281. — Bayle. Dict. — Maccree, j). 140
— 146, 332-340, 462, 463. — J, Bonnet, Aonio Paleario. Étude sur la Réf.
en Italie. Paris, 1863.) Naguère on lui attribuait assez généralement le
célèbre Traité des bienfaits de la mort de Christ: mais selon Ranke, Ben-
rath, etc., le véritable auteur serait un moine sicilien, Benedetto de Mantova
(Cf. Alfonso et Juan de Valdès, par Manuel Carrasco. Genève, 1880, j). 92-
96. — Etienne Chastel. Hist. du Christianisme, IV, 135).
* N'ayant pas vu le texte ancien, qui est rempli de fautes, nous avons
adopté presque toutes les corrections proposées par Sclielhorn, par Ch. F.
Illgen (dans un écrit spécial ])ublié à Leipsic en 1832) et par les nouveaux
éditeurs de Calvin. Nous adoptons également la date indicpiée dans l'édition
de Brunswick.
* Le nom de ce « serviteur de ,Iésus-Christ » nous est révélé ])ar un
écrit de Paleario découvert en 1596, ])ublié à Leipsic en 1606 {Cres|)in.
III, 843) et qui est intitulé : « Aonii Palearii Verulani Aciio in Poiiti-
fices Homanos et eorum asseclas, ad Imperatorem l'omanum, Keges et
Principes Christianse Reipublicse, summos GOcumenici Concilii pra'sides,
conscripta, cum de Concilio Tridenti habendo delilieraretur ■■ {y\\. 225-438
de l'éd. de léna).
S'adressant d'abord aux dépositaires de la susdite Actio, il leur dit :
« Meae litterœ unae atque altene ad Helvetios et Germanos annis sujierio-
ribus scriptse sine prœfatione nominis, quse spes, (judd consilinm. qui
262 [AONIO PALEARIO] a LUTHER, MELANCHTHON, BUCER, CALVIN. 1543
vel niincii multonim quàm meœ literœ (mira est enim iiiopia
tabellai'ioriim lideliuin, et mereatores qui istuc ire coiisueverunt
timoré perterriti sunt, quôcl omnibus locis excutiaiitur), tamen
vel quia serae sigiiificationes certissimœ sunt, vel quia quod ego
sentio, cupio vos scire, neque vauum neque abs re visum est, si
quem invenero qui adferat, aliquid ad vos literarum dare.
Ponfifex Romanus mirum in modum se parât atque expedit,
ut cum primùm potest Bononiam proficiscatur \ Incredibilem
dïligentiam adhihet ut onines sui instructissimi ad diem adsint.
Ex omni numéro delecti sunt aliqui, quibus mandatum est, ut
octavo Cal. Aprilis Tridenti sedeant, caeteri curiales sequantur.
Qui non sequentur, hostium loco habebuntur. Ea de causa pu-
blicae literae scrii)ta^ atque impressae typis, jussumque ut per
lictores in valvis templorum afRgantur. Midti in urhem conve-
nere, nt ostendant se imperata facturos. Ah his curatur diligenter
ne quid desit quod in vos possit excogitari. Ipse Poniifex, qui id
setatis non satis tirma est valetudine, ne nocturmim quidem teni-
pus sibi ad qiiietem reUnquit. Magnam copiam considtormn hahef,
quibasann ad midtani nocteni sennonem producit : interdum au-
tem jurisperitos, aut usu rerum probatos, aut astutos homines,
addite autem, si vultis, improbos consulit : nonnunquam sophis-
tas theologos aut pliilosophos contentionis cupidissimos advocat,
orat atque obsecrat, ut in communcm curam incumltant, et in
hoc Concilio de niajestate Ecclesiae Romanae, deque fortunis om-
nium episcoporum et summorum pontificum agi putent : nun-
quam laboris et industriîe pertœsum iri, si ad disserendum
contra vos sint acuti, ad dicendum uberes ac copiosi. Hos uhi
aniiiii mei sensus fuerit, siguificarp potuorunt. » En prévision de sa mort,
il a écrit un livre qui est un acte d'accusation contre les Papes et une
confession de sa foi personnelle. Suivant les circonstances, les chefs des
églises de Suisse et d'Allemagne le feront présenter au libre Concile attendu
depuis si longtemps, ou bien ils continuei'ont à le garder en dépôt.
L'acte d'accusation se compose de XX Articles ou Testimonia, et VAcfio
proprement dite (pp. 253-438) en est le développement.
* Voyez, à la fin de ce N", les paroles adressées à Calvin.
' Selon Sforza Pallavicini (Istoria del Concilio di Trento. Roma, 165fi-
57. II. 154), le pape Paid III partit le 2fi février 1543 pour Bologne, où
il devait rencontrer rEm])en'ur. Mais celui-ci n'y vint pas, et ce fut seule-
ment le 21 juin qu'il eut, au château de Busseto, dans le duché de Parme,
une conférence avec le pape (Voyez Paolo Sarpi, I, 186, 187).
lol3 [aONIO PALEARIOJ a LUTHER, MÉLANCHTHON, BUCER, CALVIN. 263
satis accensos atque incitatos vidit, convertit sese ad (tiif/eudum
CoUegium suoxuni : in quod heri decem et très cooptdvit, duos
p-ieterea dixit esse des^ignatos. Nolito ^jiufi-orp, quàm iiobis, qui
pro C'iiristo emori possiimus, stomaclium k'œvii.^am (luidli oc est
ttisi (imhitus, nisi largitio ad Concilinm corrumperidum ? Quid
istiic in lucntcm veiiit V nisi ut aucui)etui' f?ratiain coruni honii-
num qui pileo accepte libcrtatem vcndiderunt, ('ni])ti oa. causa
ut abalionont à vobis, imô abducant à cognitione voritatis Ciesa-
rem et reges, quos, credo, existiniant truncos aut lapides esse,
qui I18PC neque audiant neque intclligant Episcojjum Concilio in-
dicto struere lias sycopliantias, connnoliri hos dolos. Nec stuiti
neque insani sumus, ut huic et asseclis ejus nos ipsos et Christi
causam conimisei-inuis. Xon est, non est, mqimm. judicium com-
mitteiidnni ciqnditati einscoporum, qui veliiti unum qnoddam
corpus conficiunt, cujus caput est Pontifex Romarms : membra
omnia capiti annexa atque alligata inserviunt : hoc si laboret,
onmia fulciunt atque sustinent, quôd ejus vita sentiant, se quo-
([ue j)ei'coniniodè vivere. Ejus regnuni non est iis, ut quis forte
l)utat, odiosum, quôd minimae etiam corporis partes in id
adspirent. Sunt in Germania episcopi quatuor, aut ad summum
quincpie, boni, integri viri, peritissimi rerum divinarimi : sunt
in Helvetia très, suntfortasse in Italia duo, à quihus bona omnia
possmmis expectare. Vel [1. Sed '?] quantum est, in tanta multi-
tudine imperitorum et cupidorum liominum, quorum adulteria,
incesta, corruptelae, sujjerbiie, dominatus, ssevitiae, cujjiditates
inexplebiles, et maxima non Christiani animi indicia perspectis-
sima sunt. Ego quidem non video, si Pontificis et episcoporum
judicio standum sit, alias nos habituros sanctiones, quàm eus
ipsas quas illi semper probaverîmt'^, ex quibus summani dignita-
tem et incredibilem censum, atque adeô non modo in nos, sed in
Cicsares et Reges Principesque universos summum imperium,
® On trouve un passage pivsqup identique dans le XX""' te.slinioniuni du
livre do Paleario, éd. cit., j). 242 : « Cum tottantasque ahoniinationes, abusus,
incommoda, offendicula, prspvaricationes invexerint pontilicps romani, col-
legse et asseclse eorura, — in iis i])sis dijudicandis pontifices romani, col-
legae et assecl» eorum judices esse non debent. Quis enim nesciat. si eorum
judicio standum sit quilius ille stipatus sedet. quos ipse sibi adesse Jussit,
tanquam membra sui corporis, tdks nos faibtturos satidiones quales ilU
semper probaverunt '^ »
264 [aONIO PALEARIO] À LUTHER, MÉLANCHTHON.BUCER, CALVIN. 1543
imô verô tyrannidem iniqiiissimam sibi constituerunt. Horum
commune consilium est ut \)V0 his tanquam pro aris et tbcis
pugnent. Veterem, aiunt, consuetudinem conciliorum et morem
antiquissimum non esse immutandum : neque Cœsarem neque
Reges posse eos adstringere novis legibus. Id si detur, negant in
conciliis i)otestatem suffragii aliis esse quàm sibi. Disserant,
inquiunt. quantum velint. Sunt nobis opiniosi et contentiosi
homines. U])i diu fuerit concertatum, episcoporum judicio stan-
dum est. His rébus elati atque inflati, ita de Concilio statuunt
atque decernunt, quasi de parta jam explorataque Victoria. Exis-
timant enim. nos confessos [1. confossos?] praedamnatosque
eorum sententiis ad judicium venire, in quo ex urbe usque quam
attulerunt déclarant in vos voluntatem.
Quid ergo ? dicetis. I» Concilium non est veniendwn '. Modo
Turca quiescat et spes pacis in quam venimus nos non fallat ^ !
Pi'iùs tamen diligente); pro vestra sapientia, cogitare et prospi-
cere dehetis, quidmali quant umv e periculi inferre 2)ossif jjotestas
hsec episcoporam cornijitissimoruni , si eoriimjudicio standnm sit,
quorum causa agitur. Horum bominum audaciam, impudentiam,
iniquitatem Liciniie leges anticiuissimoe et sanctissimœ retun-
dunt. Licinia est lex \ atque altéra ^butia, quae non modo eum
qui tulerit de aliqua curatione ac potestate, sed etiam coilegas
ejus, cognatos, affines excipit, ne eis ea potestas curatiove man-
detur. Etenini si populo consulis, '-eniove te à suspicione tui
commodi. Fac fidem, te nihil nisi populi utilitatem et fructum
quserere. Hae leges, quae antiquissimas et aequissimae sunt, pe-
tendae. et summa contentione a Cassure et Regibus i)rincipi-
busque civitatum orandum, ut miseris perditissimisque tempori-
bus in tanta corru])tione episcoporum firmissimae babeantur.
Sexcenta sunt quibus cavetur et ostenditur, neminem in re sua
judicare œquum esse. Qua in re imitari (ut aliàs '" ad vos est
scriptum) debemus Cassianos judices ", quterentes cui bono sit.
'"* Dans la première phrase, Paleario devance la réponse des Évangé-
liques ; dans la seconde, il semble énoncer son idée j>ersonnelle.
^ Ici commence une citation de Cicéron (2' Harangue sur la loi agraire,
chap. VIII). Elle finit, deux phrases plus loin, à fructum quœrere. On la
retrouve dans les Palearii Opéra, p. 65.
10 '\ 12 Allusion à une lettre de Paleario qui est perdue.
" Cassiani judices est l'équivalent de judices severi. <• Fuit quidam
lo'i'S [aOMO l'ALEAlUtij A LUTHER. .MÉLA>iCHTHUi\, Bl (JEU, CALVIM. 265
Aniion vidonms (iiiam grandoiu iis institutioiiihus ixM'nniani.
quos cousus, quom qiui'stuin. quù' régna ad sa'viticiii. iniinaui-
tatem. luxuriam. sibi, merotricil)iis, i;oiicul)iiiis. propinquis j)os-
toi'isquo ooi'uni his saiictionibiis licentiaciiio conçilioi'iiiu coui-
parai'int V Lustrat/da ergo oninia animo stiut qu'ibus coitcilinm
sancfiim, solenne, inteqrumAt'CorriqÉum essepossit. Nemo i)ropè
dubitat. Pontificom Roinamnn et ojus asseclas at(iiie ei)iscoj)os
<'o si)ii'itii adduci atciuc agi. ut ])er eoi'unimpt scntoutias firniou-
tur eoruui n^gna. census et quîPstuosa', traditioues. Nihil est
igitur quod dicaut. in spii-itu saneto convenire se atque congre-
gari in n()niin(> Christi, (lui nihil minus jussit (luàni divitiis
inhiare, et pro i)riniis cathedris, pro(iue hisce rébus suos cogi.
quos ne vestitus. ne eibi quidem voluit sollicitudine teiicri :
quil»us. cum eorum duo aut très convenissent. se atî'ore recej)it.
Q}iid mihi et frafrihus quïbusdam, dmn in eam cogitafionem
incubiiisseniKS, in mentem venerit rolo commemorare. Id. etsi
non longé abest al) eo consilio quod superioril)us annis ad vos
scripsi '^ eo tamen magis placet quod dignitatis autoritatisque
episcoporum sunnnam rationeni habere videatur : tuni quôd
ej)is('opi, si boni, si j)ii viri fuerint. diligenter nol)is colendi sunt
atque observandi, tum ut eorum dignitatis ratione habita, quid-
quid Principes i)etierint faciliùs assequantur, tum ut inter nos
atque illos minimum irarum relinquatur. Id taie est : Si jussu
Cœsaris, regum principumque. civitatum m Britanma, Gallia,
GermaniUyltaHa, Hispaniis cseterisque provinciis (ina- invocant
nomen Domini nostri Jesu Christi, delectus habeatur ex iis (jui
rerum divinarum bene ])eriti quàm minime sus])icionis et pon-
tificiœ corru])tela^ affines sunt. Prinius deh'ctus per civitatc^s
sanctœ I)ei ])lebis sit : j)lebs quos deh^gerit, déférât ad j)rima-
rios viros. Primarii videant. qui hi sint quos j)le])s elegerit. Duo
legati. alter plebeius, alter patricius. différant ad Cxsarem et
rege.s nomina electorum. Quos omnes ul)i PrincijxN jusserint
convenire, sex vel septem ex singulis j)rovinciis parem omnino
numerum hominum selectissimorum statuant. Pontifex deinde
atque episcopi ex onmiluis ejjiscopis duodccini ('pisco])Os legaiit
L. Cassius satis severus judex, qui in cognoscendis criiiiiiialibus causis
illud in primis quapn^iduin osse diroliat, cui hono fiiissct, pin'irc oum do
cujus morte qua;reretiir ■> (Facciolati. Totius latininatis Li'xicoii). Voy.
aussi Bayle. Dict. hist., article Cassius Longinus (Lucius).
266 [AONIO PALEARIO] A LLTHER, MÉLAÎSCHTHON, BLCER, CALVIN. lo43
s])octatte vita? et sauctitatis, qui maniis imi)onant iis Icctis viris,
orontqiio super eos. ut ac'cij)iaut virtuteni supervenientis sjjiri-
tus. Hi tirmissinii judices omnium contentionum statuantur a
PoHtifice, ab episcopis, a Césure, à regibus princij)ilnisve civita-
tum : qui sul)scribant ac recipiant, sese, quidquid il judicaverint,
statueriut, declaraverint, firmissimè aequè omnes accepturos,
curaturosque ut pro indultitatis habeantur. Mox decreto amplis-
simo facto (quo caveatur iis cpii ad conventus peragendos aut
ad dicendum venerint, qui(iui sunt) Pontificis, episcoporum,
Cfesaris, rogum priiici])umqu(^ civitatum uomine jussuque pro-
nuneietur ut, quoniam in sancta synodo libéré agendum est,
consultum sit ut libéré quisqu(\ sine metu, sine periculo, i)0ssit
dicere, et ut promissi Pontifex, ejiiscopi, Cœsar et reges i)rinci-
pesque civitatum se sponsores dent exsolvantque legibus omni-
bus, edictis, senatusconsultis, ])œnis et censuris omnes qui aut
dixerint aut scriptum dederint apud hosce lectos viros, qui in
loco ad agendum i)arato cum Pontifice, episcopis, Cœsare et
regibus principibusque legatisve civitatum sedeant, audituri
orationes, si qucV liabelmntur, tam harum quàni illarum partium:
quas postea jubeant sibi dari scriptas. Primo loco dicant vel
promotores Concilii, vel qui veluti accusatores causam contro-
versiœ statuant, vel petitiones adf<>rant : secundo advei-sarii
respondeant. Eorum accusationibus acceptis, si qute disputanda
videbuntur, apud hos itidem disputentur. Post conflictum sem-
per scribi pétant cum argumenta tum resi)onsa. QucT omnia ulii
lectissimi sanctissimique viri viderint et legerint, et non modo
oculis sed aninio quoqu(» perlustraverint atque perpenderint,
videant ne quid detrimenti Evangelium, doctrina aj)ostolorum
et resi)ublica Cliristi caj)iat. Qiiam unam ob rem declarandam
invocato sj)iritu sancto libéré ])ronuncient statuantque quod
gloriie Christi sit bonum felixqu(^ pojjulo Christiano.
Hoc consllium cogitât umqxe, quale quale ost, j nsseriint fratres
ut ad vos scriherem. Si placehit, ejns vos necesse est moderntores
esse atque duces. Haec enini miserrima et gravissima fortuna
Italornm est, (judd neque à quibus im])lorent auxilium habeiit,
ncquf» si liabeant licet, Helvetii, qui abalienato sunt animo a Ba-
ttijloida ronuiHa, per legatos à rege GaUi<e, a|)ud quem audimus
eos esse gratiosos, petere atque impetrare possunt, atque obtes-
tari, nisi in petitionc Rex ipsis faveat, nunquam jwstliac se ejus
4
î
1543 [ao.mo paleario] a luther, mélanchtiion, bucer, <:alvin. 267
|);irt{>s esse sequutiiros : l'clicturos se, sive (l(>stituti, sive adjuti
fiierint, ea de re publieum niommientuni lil)ens |)ost(>ris(|U('
eonim [1. suisV|. (ieniunù pii a défibre iiullo negotio iiiipetra-
biiiit, si precibiis et obtestatione coiitendatur. ut queni iinpera-
toreiu tôt aiiiios tidelissimè se(imiti siut. cjus ope liceat Christi
caiisain iniserè oijprcssaiii sublevare. Britanniie regem, qui alieno
auinio in pontificf^s roiuauos esse dicitur, sollicitare literis pos-
sunt cum Helretii tum Germani, ut in liane sententiani veniat,
et connnune consiliuni non sj)ei-nat.
Hœc omnia tam hona, fam cxpedata, fratres, taniquo idU'ui,
iniô verô necessaria Reij)ublictB Christiante, vos asseciitos video;
si qmis inimicitias haheiis, Christiana pietate deponatis. Adt'er-
tur enim ad nos, nec obscuro nec vario sermone, magnas conten-
tiones dissensionesque esse inter vos, quibus discrepantes non
in unani sententiani, sed ne in eundem loeuni possitis convenire.
Hem fratres! date Jioc CJiristo nostro salteiu pro temjjore, ni unà
concurratur, ne impetum snsiinere possitit udversarii. Si tottan-
tosque ahiisus romaine Bahyloiihe anà rejecistis,sipro apostolicis
institatis servandis defendeiidoqne Evangelio una mens est,
idemqne animi vestri senstis, quid ummi avt ad summnm nlte-
ram caput vos tantopere distraliit ac disjnngit f Adversarii
instructissiini, potentes atqut^ unanimes in vos feruntur. Colli-
gite vos per Jesum Christum, ne si illi viccriiit, euin j)Ostea
vohieritis, non sit Christi resjiublica quain juvare ac tueri
possitis. Defendenda suiit niulta ista qute sujierioribus aniiis
pulchre illustrastis. Rejici(Midi superandique in Coneilio hostes
Evangelii. Si qua interpretationis varietas in aliqiio est capite
scriptorum divinorum, ne confodite vos. Umtsquisque in sao
sensu [non] ahimdet. Dahit, dahit postea. Deus pater Domini
nostri Jesa Christi ut in iis qiioque in quibus nu ne contentio est,
idem aliquando sentiatis. Suseipit(^ intérim, defcnditi^, tuemini
ea de quilius non errantem et vagani, sed staltilcm c(M*tam(|ue
sententiani lial)etis. Quos animos sumpturos putatiseos liomincs
qnos in Italia, Galliis atquc Hispatiiis scrijitis vestris excitas-
tis, si audierint Germanos non modo non esse dissipatos (quod
l)riino quoque verbo objiciunt adversarii, quôd non sit dissen-
sionis Deus), sed iis Britannos atque Helvetios esse ronjunetos?
Quid reges et principes V Annon putatis rationeni habituros
tantarum nationum V Quae si impetrabunt ut non apud corruj)-
268 GUILLAUME FAREL AU DUC DE LORRAINE. 1543
tos, sed saiictissimos ot œqiiissimos juclices, omnes œquè sine
metii, sine periculo, possint dicere, non dubitandum [est], sa-
crum, solenne, integruni, incorru])tuni concilium nos liabituros.
Id ut ab Imperatore, regibus, principibusque civitatum prece
admoniti obtestatione petatis, si Resp. Christiana loqui posset,
vos vehementer etiam atque etiam rogaret.
Hoc consUium quoniam expendi desideramvs à te, a Bncero,
a Mela)ichtlw)ie, a L}dhero, ohsecraimis, Calvine, per Dominuni
Jesum Christum, nt ad eos singulos harum literamm exempla
2)erferri diUgentissimè cures. Ad quos si me?e literae priùs quàni
ad te pervenerint. nihil erit niii'andum, si ab iis quoque eat
exemplum ad te et Helvetios nostros. Misimus enim banc epis-
tolam per alium tabellarium ad Bucerum : quie si ad homineni
perierretur, oravimus ut exemplum mitteret ad te. Vale, boue
et fidelis ministev Jesu Christi. ComnKMKlo tibi conservum nos-
ti'um Berimrdinum Ocliimim. Quibuscunque eum rel)us juveris.
Cliristum juveris. Yale. mi frater.
1203
GUILLAUME FAREL au Duc de LoiTaiiie.
De Gorze, 11 février 1543.
Imprimée. Genève, 154.S '.
(Extraits)
A très illustre et excellent Prince, Monsieur le Duc de Lor-
raine.
La grâce, paix, salut et miséricorde de Dieu, nostre bon Père,
par Jésus son seul Filz, nostre Seigneur, en la vertu du sainct
Esprit, vous soit donnée !
* Elle i)ort(' co titre : EPISTRE | envoyée av dvc | de Lorraine, jiar
Guillau- I me Farel, Preschcur du | S. Euangile. | a geneve, | par lehan
Girard. | 1.54.S. 1 Très petit in-S" de 118 pp.
Selon la France protestante, ;irticle Farel, cette Éj>ître aurait été réim-
primée par Crespin dans les Acten des Martyrs. Nous en doutons fort :
elle est absente de Sédition très complète de Toulouse.
1543 GL'ILLAL'ME FAREL AU DlC DE LORRAINE. 269
Très illustre et excellent Prince, Ihonneur et révérence et la
grande aftection que je porte à la saincte Puissance ordonné(> de
Dieu, et au éminent et haut estât ai^quel Dieu vous a appelle,
m'incite à prendre hardiesse, et de ne tant ci-aindre de m'adres-
ser à vosti'e hautesse. pour la considération de ma jietitesse,
mais plustost à penser et à tascher en toute manière, qu'on peut
servir à si noble puissance comme est la vostre, en Thonneur de
Dieu et le bien d'icelle.... attendu aussi que, de toute ancienneté,
la no])le maison de Lorraine est louée de bénigne» facilité, et de
promptitude fort humaine, i)0ur i)r(mdre tout en bonne» paît et
ne rejecter ce que de bon cueur est présenté : et singulièrement
vostre personne, tant noble et bénigne, de ce en a le renom par-
tout-. Parquoy, espérant que mon escrit, qui, comme Dieu s(;ait,
procède d'un cueur qui ne désire, après Phonneur de Dieu, rien
tant que la maintenance et bien des puissances et seigneuries,
sera entièrement leu et bénignement receu en bonne affection
et droict jugement, au nom de Dieu l'ay entrejirins. Il soit le
bon plaisir du Seigneur des seigneurs en donner bonne issue en
son honneur et gloire !
Mon seigneur, je ne doubte point, que depuis que jjar la grâce
de Dieu je suis pervenu auprès de vostre pays, que parolles en
sont venues jusques à vostre seigneurie, et me doubte, que tout
ainsi que partout oîi j'ay esté, Pon a semé de moy choses, que si
elles estoyent véritables, il vaudroit troj) mieux que je ne fusse
jamais nay,... aussi qu'à vostre excellence on n'ait dict sem-
blables : car quasi d'une mesme sorte mes adversaires ont tasché
])artout de me rendre détestable à tous; mais Dieu, de sa grâce,
a monstre la ve^rité. Premièrement, ont tasché de semer de
moy,... que je tasclioye d'ahoUr tontes xyaissances et seigneuries,
toute justice et police, et que je vouloye confundre tous estas, en
procurant que tout fust commun et (lu'il n'y eust rien de jjropre,
et qu'on ne fust su])j('ct à i)ersonne, ne tenu i-endre ne droict
^ Le duc Antonie, né le -t juin 1 ib'J, était le troisième dis de lii'ité II,
duc de Lorraine, qui s'était allié aux Suisses et avait vaincu Charles-le-
Téméraire à Nancy. Il fut élevé à la cour du roi Louis XII, qu'il suivit en
Italie. Il succéda à son père le 10 décembre L508. Ses sujets l'aii])elaient
le bon duc, et Brantôme le qualitie de « très lif)mme de bien, jtrince d'hon-
neur et de conscience •> (Voyez Moréri, art. Antoine. — René de Bouille.
Hist. des ducs de Guise. Paris, 1849-50, 4 vol., I, 40-41).
270 GUILLAUME FAREL AU DUC DE LORRAINE. 1543
ny obéissance, ne de payer censé, rente, dismes, tribntz, ne
chose qui soit : [ce] qui seroit faire de la terre une briganderie
et une confusion plus qu'infernale, si la puissance du glaive
estoit abolie. Et, pour iulns me faire détestable,... Hz ont faict
courir le hruyt,... quejem'emjilofjoie à destruyre du tout la saincte
Église, à tirer tous hors de la Foy de nostre Seigneur, en pres-
chant contre icelle et enseignant perverse doctrine, contraire à
la Foy, condamnée de Dieu et de l'Église....
Jamais n'advienne, très excellent prince, que le Seigneur des
seigneurs... me délaisse et m'abandonne tant, que je vienne à
celle povreté d'ainsi résister à Dieu,... de vouloir abolyr les puis-
sances et l'ordre et police qui est de Dieu, et tant nécessaire, que
mesme les espritz (Miragez qui ont i)arlé contre icelle et qui ont
volu destruyre le glaive, ont esté constraintz d'en dresser entre
eux. Certainement, /«^ tasché dès le commeu.cement qu'il a pieu
à mon Dieu mappeller à porter sa saincte parolle, de priser,
lionnorer et magnifier ce que Dieu veut estre Jionnoré et j^risé....
Et ay monstre à ceux qui disoient estre trop chargez, et qui avec
regret ])ayoient cela que la seigneurie reçoit, que ainsi que la
chose estoit constituée, qti'en bonne foy Hz dévoient... toutx)ayer :
rentes, censés, dismes et antres charges, et que les détenir est lar-
recin Et n'y a rien en quoy je n'enseigne qu'on obéisse aux
seigneurs, fors avec sainct Pierre, et (comme tous le confessent)
il le faut, quand la puyssance commande une chose que Dieu
défend, ou si elle défend ce que Dieu a commandé, que lors il
faut plus obéir à Dieu qu'aux hommes. En toute autre chose, il
faut obéir, ])riser et honnorer les seigneurs que Dieu nous donne,
quelz qu'ilz soient.... Et nostre bon Dieu m'a tellement assisté
par sa grâce, que là où il [s'Jest servy de moy, maintenant la
puissance a son lieu sur tous, et n'y a personne qui ne responde
à la justice, et qui ne soit chastiable et soul)z le glaive, qui a lieu
en l'église de Dieu, non-seulement en la ])articipation des sainctz
Sacremens, mais aussi pour la police, et ce qui sert à l'entreten-
nement de l'Église, et si sont obeys les seigneurs, et ont et
reçoyvent ph^nement ce qui vient à leur seigneurie. Parquoy,
m'imposer telle calumnie, est trop évidemment contrevenii' à
toute la saincte doctrine qui a esté preschée par moy, et à tout
l'eftect qui s'en est ensuyvy, à parler contre toute expérience.
Mais, si la cahimnie de vouloir anéantir dît tout les puissances
lo43 (iUILLAlME FAREL AU DUC DK LORKAINE. 271
est gramle et plus qu'importahle, encore est trop plus (/raiide
celle qu'ilz m'mvposent, c'est de destrnyre la Foy, tout ce qui est
de Dieu et son honneur et service, le mespriser, et la vierge
Marie et tous les Sainctz, et tout ce qui doit estre observé et
gardé en rÉglise Clîrestienn(\ Sacremens et toutes ordonnances
de Dieu. Mais, très nol)le Vv'\\\ç.(\pour cotignoistre et juger s'Uz
disent vrag ou )>ori,je n'en veux autre juge que vous : et non-
seulement vostre Seigneurie, mais tous ceux (jui ne veulent ré-
sister à la manifeste vérité de Dieu, et, si l'on i)ovoit veoir la
conscience, aussi le jugement de noz adversaires, tant est la
chose claire et évidente. Qui est celuy qui osera dire, qu'on dés-
ir uise et qu'on contrevienne à la Foy et qu'on enseigne contre
icelle, en mettant en avant, proposant et enseignant ce pcvr quoy
elle a esté plantée et conservée? Or, nous conf(^ssons tous que la
Foy a esté plantée et fondée par la pure j)rédication d(> l'Évan-
gile, et par celle mesme a esté conservée et entretenue. Puis (i[ue
la Foy est par Touye de la Parolle de Dieu, laquelle est propo-
sée, afin que tout homme se recongnoisse i)écheur devant Dieu
et digne de mort, non point seulemcnit tem])orelle, mais éter-
nelle : et [que] en détestant son péché il se retourne au Dieu
vivant, en recourant à sa très grande miséricorde, luy requérant
l)ardon, grâce et mercy, et ce au nom de Jésus, nostre bon
Sauveur..,. ^
Qui osera dire que ceste doctrine ne soit la pure doctrine de
la Foy vive, contenue en la saincte Escriture et commandée de
Dieu, ayant en soy la recongnoissance du péché et le changement
de vie, en la fiance de la rémission des péchez au Nom de Jésus,
})0ur cheminer en vraye charité, comme les sainctz Apostres
l'ont preschée par parolle et laissée i)ar leurs sainctz escriptz V
— Certainement, personne ne le peut faire sans condamnei-
Jésus et sans rejecter l'Esprit de Dieu, qui i)arle par ses servi-
teurs, comme il a parlé par les sainctz Apostres. Certainement, qui
voudra dire que j'aye autrement presché de la Foy, et autrement
enseigné, il me fait grand tort : et, en condamnant ma i)rédica-
tion, ])rinse des sainctes prédications de Jésus et de ses sainctz
Aj)ostres, avec l'injure qu'on fait à Jésus et aux Apostres, on
fait gros oultrage à tous ceux qui aujourd'huy i)resch(>nt liure-
* Suit l'exposé (Ir la doctrine évungélique du salut.
272 GLILLALME FARKL AU DUC DE LORRAINE. 1543
ment rÉvangilo sur la terre, et à toutes les Églises qui, en doc-
trine et es Sacremens, ont prins et faict réformation selon la
pure parolle de Dieu, en ai)procliant à la primitive Église. Car
en toutes icelles la docti-ine de la Foy y est ainsi prescliée. Et si
je destruy la Foy, et je parle contre icelle ainsi enseignant, et
Jésus et les siens et ceux qui l'ensuivent aujourd'huy ont parlé
et enseigné contre icelle. Parquoy ceux qui proposent et sèment
telles choses contre moy, grandement faillent... En quoy peuvent-
ilz dire que j'ay mal parlé de Dieu, puis que n'ay tasché d'eu
parler autrement qu'il est contenu en la saincte EscritureV en
proposant son jugement sur les pécheurs qui ne sortent de leurs
péchez : preschant sa bonté et miséricorde envers ceux qui,
détestans péché, par Foy recourent à sa grâce et miséricorde :
magnitiant sa puissance, sagesse, afin (ju'on ne cerche autre
Dieu que luy. Et puis qu'il nous a appeliez à Jésus son Filz, qui
est mort poui* nous unir tous en un corps, à quoy tasche toute
la Parolle de nostre Dieu, et les sainctz Sacremens à ce nous in-
citent, j'admoneste que tous, estans un corps, purement servent
à Dieu en une mesme Foy, reigle, ordonnance, en un Évangile
soubz un Dieu, un Seigneur et Piédem])teur, un Baptesme : sen-
tans et disans tous une mesme chose, sans aucunes sectes, par-
ties, divisions et dissentions : et que personne ne se die estre
de Paul, ny d'Apollo, ny de Pierre, quelque grand Apostre
que soit ou Paul ou Pierre, et encore moins d'aucun autre
moindre que telz si grans et si sainctz personnages : qu'on
ne prenne leurs reigles ny status, quelque apparence de sainc-
teté qu'ilz ayent : mais que tous soyent simplement et ])urement
à nostre Seigneur Jésus, et à luy seul s'arrestent, et ne reçoyvent
autre reigle que la sienne : car elle est suffisante, parfaicte et
consommée. Et faut entendre que trop plus sera grief-
vement puny, qui osera entreprendre sur ce que le Filz a dict,
en faisant autrement qu'il n'a commandé, voulant adjouster ou
diminuer, en suyvant son beau semblant et sa bonne intention,
([ue tous ceux qui ont osé entreprendre sur la Loy donnée par
le serviteur Moyse, qui contenoit, qu'on n'ensuyvît ce qui seni-
bloit bon, mais qu'on se tinst à ce qu'il avoit commandé, sans
décliner ny à la dextre, ny à la sénestre. sans y adjouster ny
diminuer....
FA, pour inciter tous à cheminer de grand courage en la Foy
1543 GUILLAUME FARKL AU DUC DE LORRAINE. 273
(le Dieu, et à siiyvre ses sainctz Comniandemens, et pour les
retirer de mal, coinbieu que j'aye i)roi)Osé les veufîeances faictes
sur les iniques, comme l'Escriture les/ontient : toutesfois plus
je m'arreste à magnifier les dons et grâces que Dieu a faictes
aux siens, et [je] parle des sainctz serviteurs de Dieu, sans oblier
celle très heureuse vierge Marie, mère de Jésus, vray Dieu et
vray homme, en proposant sa simplesse et j)rudence vii-ginalle....
Tout ce qui est dict de Jésus, soit par les bergiers, ou par
Syméon et autres, elle le garde et le rumine en son cueur : et
singulièrement cela qui est dict de la bouche de son Filz, lequel
elle recongnoit comme son Dieu, et veut et incite à faire tout ce
(lu'il commande : car elle sçait bien qu'il est celuy à qui appar-
tient de commander, et à qui tous doyvent obéir. Car le bien et
le salut de tous vient de Jésus, et gist en Jésus : et l'honneur
de la Merge est d'avoir non-seulement porté un tel Filz, mais
d'avoir creu en luy. Et semblablement des sainctz A])Ostres....
Ceste grâce de Dieu es sainctz Apostres, et es autres, et comment
ilz ne l'ont receue vainement, mais ])ar icelle se sont employez
en l'honneur de Dieu et au bien et salut de tous, je la propose
au peui)le, afin de prendre cueur et se fiei* en Dieu, tellement
(jue, considérans l'yssue des sainctz personnages à qui Dieu a
faict tant de grâces, tous ensuyvent leur Foy.... Sur quoy assez
appert, ([uc faulsement on m'impose que je parle mal de la très
saincte vierge Marie, et des sainctz et sainctes : veu que de tous
j'en i)arle comme la saincte Escripture en a parlé, et comme
Jésus nous monstre d'<'n j)arler, et les sainctz Apostres. A"ussi
regardant bien que je ne i)roiJOS(^ aux brel)is rachetées du sang
de Jésus autre que la pun^ vérité du Sauveur, i)uis qu'il faut que
celuy qui parle, qu'il parle la parolle de Dieu, voire purement,
sans y rien mesler.
Et quant est du gouvernement et ordre de l'Eglise, et du
régime qui doit estre en elle, et de la saincte administration des
Sacremens, qu'ilz disent que je tasche à tout destruyre et gaster,
tout est faulsement controuvé. Car tous confessent, que jamnis
l'Eglise nefust mieux conduicte ng mieux gouvernée, et les Sa-
cremens ne /eurent onc xjIus juirement administrez que par les
sainctz Apostres, et qu'en leur temps. Car lors la Foy estoit vive,
pleine et grande, et Ja charité moult ardente. Dieu sçait et
congnoit mon désir, qui est que l'Eglise en son gouvernement ap-
T. VIII. 18
274 GUILLAUME FAREL AU DUC DE LORRAINE. lo43
proche cm 2)lus près à la primitive Église, en pureté de doctrine,
en simplicité de vie et en la saincte administration des Sacre-
mens.... Si donc je travaille d'ensuyvre les droictz serviteurs de
Dieu, qui ont édifié purement l'Église sur le vray fondement,
qui est Jésus,... que puis-je mieux faire, au bien, ]n"ofit et hon-
neur de l'Église, que dez le commencement restaurant ce qui a
esté ruyné, [je] les ensuyve du plus près que Dieu nous donne
de grâce ?
.... Mais, pour monstrer ces calumnies tant imi)udentes, très
noble Prince, il ne faut que je m'arreste tant : veu que la forme
de l'administration du Baptesme et de la Cène de nostre Seignear,
et comment l'on receoit le Mariage, et l'on instrtiit les enfans en
la doctrine de la Foy, et de la Visitation des malades, et consola-
tion des âmes lïressées de péché : et comment on procède aux
Églises qui désirent ensuyvre la pureté de l'Évangile et de la
primitive Église, est quasi aux mains de tous \ Et est de mer-
veilles, si ceux qui parlent ainsi ne l'ont veuë et leuë. Et s'ilz l'ont
veuë et leuë, c'est une grosse impudence et malignité de parler
ainsi contre la vérité tant manifeste...
Très excellent Prince, cehiy qui dira de télz povres calumnia-
teurs ce qu'ilz taschent de m'imposer, certainement il n'aura
grande peyne à le prouver estre vray... Et, quant est de la puis-
sance du glayve, Hz ne peuvent nyer qu'ilz ne l'ayent mise souhz
leurs pieds. Car envers ceux qui se disent de l'Église..., le glayve
* De la liturgie employée par Farel on connaît trois éditions, dont voici
les titres : « La Manière et Fasson quon tient.... es lieux lesquelz Dieu de
sa grâce a visite. (Neuchâtel) 1533. » Très petit in-S", caract. goth. Publié
de nouveau par J.-G. Baum. Strasbourg, Paris, 1859. — « Livret au quel,
sans s'arrester à toutes les aultres disputes et différens, est demandée seu-
lement la réformation dans la liturgie, pour pouvoir prier Dieu tous
ensemble et parvenir peu à peu à une réconciliation, (s. 1. Genève) 1536, »
in-16, « pièce célèbre (dit Brunet. Manuel du Libraire. Supplément, t. I,
1878, col. 481), attribuée à Farel par le Si/llabiis aliquaf .'^ynodorum et
colloquiorum, 1628. » Voir aussi Placcius. Theatrum anonymorum et pseu-
donymorum. Hamburgi, 1708, p. 558, n" 2195. — « Lordre et manière
quon tient en administrant les sainctz sacremens ... Item, en la célébration
du Mariage, et en la Visitation des malades. Auec la forme quon obserue
es i)redicatioils, principallement quant aux exhortations et prières quon y
faict. Es lieux lesquelz Dieu de sa grâce a visite.... Imprime par lelian
Michel demourant en la place Sainct Pierre deuant la grand Eglise (Ge-
nève) 1538. » Petit in-8", caract. goth. Cf. Th. Dufour, o. c. p. 107, U4, 153.
1543 GUILLAUME FAREL AU DUC DE LORRAINE. 273
n'a que vooir, et u"v a rien à commander, mais seulement à
obéir : car ilz sont tous oxem])tz de la justice et puyssance du
glayve,... Le Pape quicte et i-emet le serment aux subjectz, pour
n'obeyr plus, et n'estre plus obligez à leur seigneur : faisant des
bons et loyaux subjectz, des rebelles, desloyaux et ])ai-jures. Et
ce tout évidemment contre le sainct commandement de Dieu...
Et non-seulement le Paj)e ose ainsi parler et faire, comme il a
faict : mais 7e l'ay ouy d'un Jacobin nommé de Borna \ Auquel,
quand proj)Os estoit tenu derÉvangil(\ et ee, quand premih-ement
le nouveau Testament fut im])rimé en frauçoys, où Monsieur
Faljvy avoit hesongnc, et [où il] estoit dict, que l'Évangile auroit
lieu au Royaume de France, et qu'on ne jjresclieroit jjIus 1(>s
songes des hommes ^ — de Roma respondit : « Moy et autres
« comme moy, lèverons une cruciade de gens, et ferons chasser le
« Roy de son Royaume par ses subjectz propres, s'il i)ermet que
a l'Évangile» soit i)resché. » Mais ce Moyne ne s'en alla sans res-
l)once, telle que doit donner un qui craint Dieu, et qui est bon et
loyal, et qui ayme son Prince.
Si un Moyne présumoit de ainsi parler,... il est facile à conjec-
turer quelle pensée il avoit en son cueur, et que peuvent penser
et dire, et mesmes faire, ceux qui en Testât du Pai)c ont puis-
sance de Roys, ayans gens de guerre et la main forte : veu qu'un
porteur de besace osoit ainsi parler contre un Roy icy tant puis-
sant, tant craint et obey. Le bon ])laisir de Dieu soit de
donner à congnoistre à tous, combien ce povre estât du Pape,
ainsi qu'il a régné, a porté de dommage, ruy ne et perdition- aux
âmes, aux corps, aux biens et à V honneur et à tout ce que Dieu
a donné aux liommes : et singulièrement à ceux du sainct edat
du glayve. Car s'ilz ont tasché de ruyner tous autres estatz de
la pureté de la Foy et du vray service de Dieu : singulièrf^ment
ilz se sont employez envers cestuy excellent estât, sur tout tas-
chans qu'il n'entendît la justification de la Foy et la vei-tu
d'icelle : mais qu'il eût toute sa fianc(» aux œuvres, aux satisfac-
^ Le trop fameux Jean de Homa, l'inquisiteur des Vaudois (Voyez
l'Appendice du t. MI).
" Le Nouveau Testament traduit en français par Jacques le Fèvre
d'EtapIes (ou Fnhri/) ])arut dès le inois de juin au mois de novembre 1528.
Voj-ez, dans notre t. I, p. 133-13G, V Épistre e.vhorfafoire de le Fèvre. eu
tête de sa traduction des Évangiles (8 juin L523), et la p. KiS.
276 GUILLAUME FAREL AU DUC DE LORRAINE. 1S43
tions, et autres choses, mesmes controiivées par les ministres du
Pape : qui ont tasché à induire les seigneurs à toute idolâtrie,
pour... persécuter et destruyre ceux qui avoient pure Foy, et qui
purement en parloient : et qui. adorant Dieu en esprit et vérité,...
condamnoient les inventions et songes des hommes... Le bon
Dieu face, que \o sang innocent qui a esté espandu, qui demande
et crie vengeance devant Dieu, ne tombe sur la teste des sei-
gneurs qui, par la séduction de ceux qui... ne crient que Toile,
toile, crmifige, criicifige, Font esjjandu : et que eux et leurs mai-
sons n'en sentent la vengeance !
.... Si aucun, ayant pitié des povres brebis de Jésus, voyant
le misérable monde tant povrement séduict et mené à perdition,
tasche à retirer les j)Ovres errans des erreurs et menteries, et
qu'il condamne la faulse et perverse doctrine des hommes ])arla
vérité de Jésus, par la parolle et l'Évangile de salut : soubdain
il faut qu'il soit prins et interrogué par les inquisiteurs de la
foy : qui à leur plaisir jugent la vérité estre mensonge et erreur,
et édification, scandale. Et leur e^t assez de dire : « 11 a confessé
(I telle chose, et s'il le veut maintenir, il est hérétique, il faut
(( qu'il soit bruslé, ses propos sentent le feu, c'est follie de plus
« parler à luy, qu'avons-nous affaire de tesmoingsV Nous avons
« ouy le blasphème, il est digne de mort, quïl soit crucilié. De
« le reprendre devant tous et monstrer par la saincte Escriture
« qu'il a mal parlé, et que tous entendent qu'il n'a fondement en
« la parolle de Dieu, voyans et ouyans tout ce qu'il pourroit
(( amener : il n'y a point d'ordre. Il ne faut qu'il soit ouy, car il
« nous gasteroit tout et destruiroit tout : il ne faut contre telz
« hérétiques disputer, iiy par raison, »y par Escriture : Hz en
« ont tant et plus, il est impossible de les vaincre par la saincte
(( Escriture, veu que la Bible est le livre des hérétiques : ilz ont
« tousjoui's sainct Paul en la bouche, qui a ])ersécuté rÉglis(^
« paravant et aujourd'huy encore la persécute plus. »
Telz sont leurs propos en leurs assemblées entre eux : et en y
a eu aucuns qui ainsi en ont tousché en leurs prédications... Et
ainsi se sentans débiles et destituez de la vertu de Dieu, re-
courent à la puyssance du glayve : et ont là un grand Docteur
irréfragable sur le corps, monsieur nostre maistre le boiirreau,
(jui poui- mener les héréticjues ad metam non loqui, et qu'ilz ne
j)arlent plus, leur coui)[)(' la langue' : et pour payer tous les ar-
1543 GUILLAUME FARKL AU DUC DE LORRAINE. 277
giimens (>t raisons qu'on peut amener de la saincte Esci-ipture,
il a le glavve et le t'en. Et ainsi \o nouveau Dieu do t(M're (>st
victorieux, et son église, qu'il a fondée sur un fondement de
neige, qui ne peut i)orter le t'en de la ï'arolle de Dieu, et ses
murs d(> i)ai)ier. qui ne peuvent ])orter seuleuKmt le son d(^ la
bombarde évangéli(iue. ny toutes ses fumées de dét(M-minations
ne peuvent arrester devant le fort vent de Dieu. {\n\ les chasse
tant et plus : et ses grosses ténèbres, desquelles il se veut cou-
vi'ir. ne jjeuvent subsister devant les jmyssans raiz du soleil de
Justice.
.... Pour certain, si plusieurs des seigneurs lisoyent la sainctc
Escriture, ilz en feroyent leur proffit en l'honneur de Dieu, au
bien de l'Église (^t de tous leurs subjectz... Mais les |)ovres
aveugles qui ont la charge d'enseigner, comment induiront-ilz
les seigneurs à lire les sainctes EscrituresV... [Ils] ont travaillé
et faict tous h'urs eflfors pour empescher, que mesmes les livres
du nouveau Testament ne feussent mis en langue vulgaire, et que
le povre peuple affamé, qui n'a aucune i)asture, n'en peust gous-
ter... Et tasclient à faire encroyre au ])Ovre peuple et aux Sei-
gneurs, qu'il n'est expédient qu'on lise le texte de la saincte Escri-
ture sans glose : car on en tomberoit en i)lusieurs erreurs. Par-
quoy il faut qu'on regarde plus à la glose qu'au texte.
.... Dieu, par sa grâce, face que les puyssances ordonnées par
luy, s'arrestent à ce qu'il leur a commandé de faire : et qu(> jibis
n'ensuyvent le mauvais conseil et le vouloir des povres aveugles,
qui, avec eux. taschent tout mener en perdition : et qu'envray
droit et équitable jugement ilz jugent, rendans à chascun selon
qu'il a déservy. Ce qui ne peut estre, si les ])arties ne sont ouyes :
<^t (iu(\.. pleinement les raisons d'une part et d'autre ne soient
ouyes....
Parquoy, très noble Prince, au nom de Dieu.... il vous plaise
assembler tous ceux qui se disent de rÉglise, et ([ui ont charge
d'enseigner le j)euj)le soubz la commission du siège de Pvomme....
et ceux qui. avec eux, voudront maintenir leur estât, — et.
d'autre part, tous ceux qui contredisent à Testât et aux constitu-
^ A coiii])arfr avec doux pag'PS très intéressantes : l'iiin' di- Pierre Viref
(De la source et de la diftërenoe... de la vieille et nouvelle idolâtrie...
Genève, lean Gérard, 1.551, p. 151-155), l'autre de (lui/ ch' lirai/, citée
])ar Henri Bordier (France prot. IV, 1086).
278 GUILLAUME FAREL AU DUC DE LORRAINE. 1543
lions du Pape : reprenans la doctrine et façon de faire quïl a
introduicte es Églises, et qu'il veut estre observée : qui disent,
que contre la Parolle de Dieu il procède en sa doctrine et cérémo-
nies, ne faisant comme les sainctz Apostres ont faict et enseigné.
Et puis que, par la grande bonté de Dieu, ces deux parties sont
d'accord en la confession de la Foy es articles principaux : confes-
sans une mesme chose, recongnoissans qu'ilz sont tous créez et
formez à Tiinage et semblance de Dieu, et racliettez par le pré-
cieux sang de Jésus : et que tous confessent qu'il faut vivre en la
Foy de nostre Seigmnir Jésus, et ensuyvre sa saincte Loy et ses
commandemens, et vivre selon sa Parolle, qui purement est con-
tenue au vieil et nouveau Testament, qui contiennent toute vé-
rité,— Que ces deux i)arties assemblées au nom de nostre Seigneur
Jésus, comme bons frères et amis,... devant vostre excellence et
ceux que vostre bon conseil advisera, prins de toutes particu-
lières Églises, et le plus publ'/quement qui[l] se ])ourra faire, en
l'éditication de tous, traictent amiablement, et en vraye cha-
rité et modestie chrestienne, des différens qu'ilz ont, tant sur la
doctrine que sur la vie, et du gouvernement de l'Église, et admi-
nistration des sainctz Sacremens : et tout xxir la saincte Escri-
ture, par laquelle bénignement remonstrent une partie à l'autre,
ce en quoy elle faut : et approuve son dire, et ce qu'elle veut
maintenir qu'on doit croyre et tenir : afin que ce qui est bon et
purement traicté, soit receu et gardé. Et oultre, ce qui est bon
et mal administré et souillé par adjoustement nuysable, ou par
diminution dommageable, ou changement pernicieux, soit remis
en son entier : et ce qui totalement est mauvais et contre Dieu et
sa Parolle, et qui ne peut avoir lieu sans la ruyne des âmes et
offense de Dieu, qu'il soit osté et n'ayt plus lieu en l'église de
.... Excellent Prince, tenez-vous du tout asseuré, que si en la
crainte de Dieu... vous faites une telle assemblée, en laquelle ne
permettez qu'en conférant on sorte hors de la saincte Escriture,
et qu'on ne se jette ny voise hors de pro|)os, vous verrez évidem-
ment ceux qui disent la vérité, et tout clairement entendrez ce
qu'il faut tenir et garder, et ce qu'il faut laisser et chasser... Quel
bien sera-ce à vostre excellence et aux vostres, et à toute la terre
que Dieu vous a donnée! Ha! noble et excellent prince, au nom
de Jésus, ayés jjitié de vous et des vostres et de tous ceux qui
lo43 GUILLAUME FAREL AU DUC DE LORRAINE. 279
VOUS sont coniniis et donnez en (.•liargc... connnc doniesticiuos do
la Foy ot comme voz frères en nostre Seigneur. l)ai)tisez comme
vous, et pour qui .Jésus est mort commue j)our vous... On a |)itié
d'un chien qu'on voyt languissant... Vous auriez pitié d'un ])Ovre
Turc, et encore plus d'un Chrestien, quelque estranger qu'il fust,
et encore plus, s'il estoit de vostre langue et vostre voisin. Quelle
pitié devez-vous avoir de voz subjectz. qui vous sont tant chère-
ment recommandez et (jui vous ont en sy grosse révérence !
Il y a eu des bons Jnges et bons Roys souz la Loy donnée par
Moyse... Et vous, mon Seigneur, qui estes soubz Jésus, et ([ui
tenez et croyez qu'il n'y a rien plus vray (]uc rÉvangile : main-
tenant que par la grâce de nostre Seigneur les jietis enfaiis je
lisent, et que la saincte Escriture est tant commune où paravant
si peu la lisoyent, et moins l'entendoyent : vous ([ui estes en eage
meur, et de grande expérience, et avez tant de nobles seigneurs
auprès de vous, ne réformerez- vous point le pais que Dieu vous a
donné? en faisant que tous voz subjectz, ainsi qu'ils ont esté tous
baptisez, qu'ilz tiennent ce qui est commandé en ce beau nou-
veau Testament, où le sainct Baptesme est commandé V et que
tout ce qui est selon la doctrine Évangélique j)ar iceux soit
gardé ? Et alin que mal ne vienne ne sur vous, ne sur les
vostres.,..
Le souverain Seigneur des seigneurs et Roy de tous... ))ai' son
sainct Esprit conduyse tellement vostre cueur, et vous doiiit la
grâce de tellement vous employer en son honneur et gloyre, et
au bien et salut du peuple qu'il vous a commis, qu'après ceste mor-
telle vie,... vous parveniez à la vie et à la Seigneurie éternelle,
trop plus grande, sans fin et mesure, que celle qu'avez icy en ce
monde. Et ce bon Dieu et Père, avec vous conserve et tienne en
sa protection vostre lignée, Messieurs voz Filz^ et tous ceux
qu'aymez en nostre Seigneur : vous suppliant au nom de nostre
Seigneur Jésus, de prendre tout en la bonne i)art : et plus consi-
dérer latiection que, pour l'amour de nostre Seigneur, ])orte à
vostre noble maison, et le fondement et la source d'où sont tirez
mes propos, que la manière de mon parler et de procéder envers
* De son maria.iro (1515) avec Benée de Bourbon, sœur du coniK'taMc
Charles de Bourbon, le duc Antoine de Lorniùie eut trois fils. Les
deux aînés portaient le même prénom (François). Le cadet, Nicolas, fut
pour ])eu de temps coadjulciir du cardinal .Fcaii de Lorraine.
280 LE CONSEIL DE BERNE A SES DÉPUTÉS A LAUSANNE. i5i3
une sy noble Puissance et Seigneurie comme est la vostre : à la-
quelle désirant servir pour l'honneur de Jésus, afin que tout fust
dressé comme il appartient en la maintenance de vérité, et i)oui'
chasser menteric, voluntiers j'emj)loyeroie mon projjre sang,
ne demandant que desplaisir fust faict à personne, n'en corps,
ny en biens : mais que tous servent à Jésus. De Gocze (sic),
ce 11. de Février. 1543.
Vostre très humbl<> serviteur
Guillaume Farel.
1204
LE CONSEIL DE BERNE à SCS députés à Lausanne ^
De Berne, 12 février 1543.
Minute. Arch. de Berne. Ruchat, V, 221. Cal. 0])p. XI, 510.
Premièrement : quant à la Discipline ecclésiastique, autrement
nommée excommiuncaiion^, — que ])lusi(nirs pourparlemens et
journées en ont esté tenues par mes Seigneurs et leurs adhérans
qui tiennent le parti de l'Évangile, sans avoir jamais trouvé
commodité de dresser telle discipline à la forme requise par les
1 Manuel de Berne du 25 janvier L543 : » M. l'Avoyer Kœgueli et le
trésorier Angxburger sont envoyés à Verey, pour chapitrer (se capilulie-
ren) les prédicants du Chapitre de Vevey, à cause du petit livre [sur les
biens ecclésiastiques]. » Le plan détaillé des instructions données par le
Conseil à ces députés se trouve à la lin du procès-verbal du dit jour. Le
12 février, on leur adjoignit, au lieu du commissaire Jean Lando, le secré-
taire Nicolas Zurkinden. Le 13, les députés reçurent l'ordre de donner à
la Classe de Thonon la même réponse qu'à celle de Lausanne et Vevey,
mais seulement en ce qui concernait les biens d'Église (Extrait du Manuel).
^ Pour montrer à quel point ]MM. de Berne répugnaient à admettre la
âhcipline ecclésiastique, il suffit de citer le paragraplie suivant du ^Manuel :
14 décembre 1542. Le doyen du Chapitre de Thunstetten a demandé à
mes Seigneurs de l'autoriser à écart«r de la sainte Cène les gens de guerre.
« Ansam quferentes reducendae ])ostliminio coufessionis et absolutionis,
alia tum specie et colore. Senatus , dolum sentiens, explosif conatum,
jubens ut more hactenus observato, in génère quisque admoneatur j)roba-
tionis sui ipsius, juxta Paulum, Isoqucminisfii, qui et ijisi peccatores, caro
et sanguis, in singulorum conscientias penetrarc cnnentur, de quibus
solius Dei judicium pronunciare j)nssit et del)eat. »
lo4;i LK CONSEIL DE BERNE A SES DÉPITÉS A LAUSANNE. 281
DÙiùstres de LaKsian/e ', poiii' ])liisi('urs raisons : dont craiiïnans
ordonnoi* cliosc (luc Ton n'ait pu maintenir ni entretenir en
porpétiiello exécution, leur a seni])lé (convenable le mode d'exer-
cer les consistoires, |)histost que d'entrei)rendi-e ])lus rigoureuse
|)unition des vices, sans icelle j)OUVoir ])Ousser avant ni mettre
en effet : car trop mieux vault soy tousjonrs avancer, que des
choses une fois jjrésumées reculer. Et ne semble à mes S<'i-
gneurs (|ue les lyrédicans ayont occasion se plaindi-e estre exclu/
de telle administration, veu (lu'ilz assistent eux-mesmes aux
consistoires avec pouvoir de dire leui' opinion imi é(iuité de
conscienc(^ o\ remonstrer à mes Seigneurs les faultes, si aulcune
I)ar négligence ou aultrement se feroit aux dictz consistoires :
lesquelles mes Seigneurs se ])ai'otlrent de corriger et y mettre si
bon ordre qu'il sera possible, sans toutesfois innover l'ordre
jusques icy bien tenu et observé, afin que les yvrongn(>ries, blas-
Itlièmes, orgueil, pomi)e de vestemens, paillardise, danses et
aultres vices non méritans punition de mort soient tellement
chastiez que bons et maulvais y prennent exemple.
2. Touchant la vocation des ministres, sont mes Seigneurs dé-
libérez de n'accepter ministre nouveau quelconque, qu'il ne soit
premièrement examiné i)ar les ministres du lieu et Classe en
laquelle il doibt exercer son office, ainsi que, i)ar le |)assé, avec
le conseil et délibération des ministres d(^ par deçà ot du Pays
conquis, en tel cas a esté besongné% sans aultres cérémonies ni
^ Nous avons dit que la présente pièce ne se rapporte ])as, dans sa tota-
lité (comme le prétend Rachat, V, 220-21), à la lettre des ininistn>s du
1"^ novembre 1.542 (Yoy. V 1174, n. 1, 12; 1187, n. 12). A qnoi donc se
rapporte-t-elle ? — En l'absence des lettres échangées entre les jiasteurs
de Berne et les pasteurs de Lausanne, et de la requête de ceux-ci du
in janvier (N"~ 1196, n. 1.3: 1200, n. 14), une seule réponse nous est pos-
sible. Nous croyons que les cinq ministres interrogés à Berne j)ar le Con-
seil, du 16 au 25 janvier, furent entraînés, soit dans des conversations
particulières, soit dans leur requête du 16 ou du 1 7, à dire toute leur j)ensée
sur des questions qui ne figuraient \);\s à l'ordre du jour le 1'' novembre,
savoir : la discipline ecclésiastique, la vocation des pasteurs et l'imi)ositi()ii
des mains. 'Sl'SL de Berne, déjà fâcheusemiMit impressionnés par les rap-
ports secrets d'Antoine Marcourt, et très irrités de Tesiirit iiidépeiulant
des ministres de Lausanne, saisireut l'occasion de rembarrer d'un seul
coup toutes leurs plaintes <'t prescjue tous leurs rlesirlenifa.
* Le 1'' août 1542, les Conseils avaient décrété qu'un ])rédicaiit ne ])ou-
vait être élu qu'en présence du Conseil des Bourgeois. Le 25 novembre
282 LE CONSEIL DE BERNK A SES DÉPUTÉS A LAUSANNE. 1343
imposition des mains, qui ii'ost chose fort nécessaire, la reste
[estant] bien constituée et gardée. Car telle vocation ne peut ni
doibt estre estimée contraire à l'ordre et vocation observée en
la première Église, vini que les ministres sont tousjours les pre-
miers qui en disent leurs avis et bon semblant.
8. Concernant les venditions des biens appelez ecclésiasticques,
s'eshaJiissetd mes Seigneurs qu'en cela Von les veut calomnier"",
veu les efifortz qu'ilz ont faictz d'adresser [1. de dresser] les
estatz des ministres et escholes, iiospitaulx et tout cela en quoy
les dictz biens se doibvent employer, compris les aulmosnes ex-
traordinaires, les gaiges des officiers et aultres choses, desquelles
se rend annuellement conte d'iing grand déboursement '^ : oultre
lesquelles le Pays conquis est tellement hypothéqué et chargé de
cens, que possible ne seroit à mes Seigneurs d'iceluy tenir, régir
et protéger, sinon par le moyen des venditions qui se font :
sinon qu'ilz voulsissent pour le Pays conquis dissiper et aliéner
les revenuz de hnir pays ancien et siège pat(n'nel : ce qu'ilz ne
sont délibérez de faire pour chose du monde, encore moins de
tailler leurs anciens subjectz, qui se sont aydez à conquester le
dict pays en leurs propres despens et deniers. Et s'il est ques-
tion de faire tailles et impostz aux subjectz du Pays conquis, mes
Seigneurs vou^ laissent juger si la niisèrf^ et paovretédu peu])le
ne requiert j)lustost d'estre soulagée que tellement taillée et
pressée, veu que telles tailles ne tombent que sur les paovres, si
l'on veult observer à la noblesse les anciennes franchises, par
lesquelles, de tous temps, icelle a esté exempte, et oultre ce par-
tici])ante aux exactions et tril)utz imposez aux paovres. Et si
l'on veult dire que ne l'ung ne l'aultre se doibt faire, resjjondent
mes Seigneurs que, })lustost que d'acquiescer à cella, ilz ren-
droient le pays en prenant les frais et missions jjour iceluy
suivant, le Petit-Conseil, en élisant Claude Borreaul [Barrault?] pour
être diacre à Lausanne, oixlonnait à la Classe de ce nom de n'envoyer à
Berne aucun candidat sans le consentement du Bailli.
* Ce n'est pas une allusion à la requête du 1" novembre 1542, mais
l)ien au lirre contre la vente des biens ecclésiastiques (n. 1, renvois de
n. 7, 9).
* Sous le rapi)ort de la bienfoisance, le gouvernement bernois était l'un
des meilleurs de ce temps-là. On peut attirmer que MM. de Berne, éco-
nomes par esprit d'ordre, se montraient généreux pour toutes les infor-
tunes.
1543 LE CONSEIL DE BERNE A SES DÉPUTÉS A LAUSANNE. 283
soubstonuz, [pliistostj (}ii(' do le tciiii* cii telle tonne et charge;
imimrtable que iirésenteiiient il est constitué, — vous laissant
penser si celaserviroit plus à r]ionneui>de Dieu et i)rotit du |)aovi-('
])euple, et niesnienient aussy dc^s lyrédicans, que de vendre, les
possessions et terres maltraitées j)ar les admodieurs. Et, pour
les raisons snsdictes, disent mes Seigneurs et entendent que les
prédicans du dict Chapitre de Lausanne, ardeurs du traicté
composé contre la distraction des biens ecclésiasticques ', ne se deb-
vroyent tellement eschaujfer, ni faire si soudain jugement, sans
niieulx peser les circonstances de la matière et les raisons mou-
vantes mes Seigneurs à suy vre ce conseil, ce qui les eust gai'dez
de composer tel traicté. De quog, pour V advenir, mes Seigneurs
veulent estre desportez et non, souffrir telles reproches et calomnies
imméritées. Car si cela plus advenait, Hz g pourvoiront en telle
sorte que les détracteurs n'en rapporteront ni honneur ni profit.
Et, pour conclusion, se sont mes Seigneurs résoluz que le ser-
ment par lequel les prédicans s obligent de tenir secretz les actes
de leurs congrégations ^ ne doibge aulcuuement déroger ni estre
jiréféré au serment et debvoir qu'ilz ont à mes dictz Seigneurs
en choses concernant leur bi(Mi et honneur. Item, que les Bail-
lifz ne soyent excluz des congrégations et colloques, afin qu'ilz
oyent et congnoissent si en aulcuns lieux Ton cesse ou detiault
d'exécuter les mandemens (^t ordonnances de uk^s Seigneurs, si
les vices demeurent impugniz, et aultres faultes (pii requièrent
émand(^ment, pour, selon leur charge, y obvier [etj tant mieulx
faire hnir debvoir, se chastiant aussy eux-mesmes, quand par les
])rédicans du colhxjue en seront au besoing fraternellement ad-
monestez. Par tel commun accord pourra croistre l'honneur de
Dieu et Tédiffication de TÉglise : à quoy mes Seigneurs de tout
leur pouvoir tendent, ne desirans chose en ce monde ])lus fort
que l'advancement du royaume de Nostre Seigneur : ne pensant
avoir jamais entreprins ni pensé le contraire, ou faict acte poui-
lequel l'on les puisse tirer en suspicion sinistre, ni agrédir par
exemples de sacrilège Judas et aultres, Jiors de propoz au traicté
susmentionné^ induictz : desquelz à l'advenir chascung se gar-
dera, faisant deuement son office sans insolences : (pii sera chose
aggréable au Seigneur Dieu et à mes Seigneurs.
' " » Cf. lo N" lliJG, note 13, et le N" 1200, note 14.
284
SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENEVE.
1543
1203
SBiox SULTZER à Jean Calvin, à Genève.
De Berne, 13 février 1543.
Autogr. Bibl. Publ. do Genève. A'ol. n" 112. Calv. Opj). XI, 512.
Salve, mi frater. Quisfuerit éventas negocii quod Classi Lav-
sanensi cuni senatu nostro intercessit, ex Vireto induhie prolixe
€ognovisti\ Nunc Me super ea re prorsùs siletnr^. Sed novo
scandalo subinle agitatur ecclesia à reditu iiostri Erasmi '\ qui
et pro concionibus sui est similis, et forensem controversiam sic
agit, ut ea in jiarte oinnem œtatem trivisse judicari possit : adeô
mirandis arti])us lit(>m in longum protrabit, qucT et pacifiée
comj)oni (quod detrectavit) et finiri citiîis potuit. Intérim offen-
sione borril)ili ministerium commune convellitur, necdum ad-
paret ullus harum ferumnarum i)oi'tus. ut mihi etiam vita
acerba fiât baec s])ectanti niala. idque eo temj)ore quo oportebat
huo^vj.xdêy ])ublicis calamitatibus occurrere. Dominus mise-
reatur nostrî !
Ex Germcmia niliil accipimus novi, neque a Bncero et Fareïïo
etiam. Expectamus tamen novum rerum multarum nuncium
per Jo. Maiorem nostrum, qui ad successionem, in locum de-
functi ludimoderatoris nostri, accersitur publico tabellario
urbis*. Ex eo quicquid cognovero, faxo mox scias. Frater qui
» Tome IV, p. 411. — Ruchat, IV, 417.
* Auciiue des lettres de Viret à Calvin u'est relative à cette affaire.
* En revanche, on en parlait beaucoup à Lausanne. Berne faisait écrire,
le 16 février, au bailli de cette ville : Parlez aux prédicants et aux autres;
dites-leur qu'ils restent tranquilles, qu'ils laissent chacun continuer ce qui
le regarde, et qu'ils ne fatiguent ]i;>is mes Seigneurs av(>c des affaires de si
petite im])ortance.
' Érasme Biffer. Nous ne savons rien du procès civil qu'il aurait
intenté à ses collègues.
* Joannes Telonis fen ail. Erid-sherf/) gymnasiarque à Berne, y était
mort le 8 janvier 1543 (Journal de Christophorus l'iperinus). La nomina-
tion de son successeur est mentionnée en ces termes dans le Manuel du
1543 JEAN CALVIN A PHILII'l'E MÉLANCHTHON, A WITTKMllEHd. 285
Itds perfert oriniidtis e Skïlia est, et al)junit;i nioiuistica rcli-
gioiio, iii (jua Neapoli vixit 15 aiinis, hue se coiitulit antc mcuscs
(luatuor ', ul)i à iiiagistratii bciii^uè çxcoptus tornario artiticio
discendo ojusdciii sumptibiis iiicubiiit : atqiu' ita scsc onmi \ ita
gessit. lit tcstiinoiiiiim tidci innoc('ntiiequ('amj)lissiinuin iiicira-
tiir. Ad vos autoiu exacta hyoïue se coutci-t, qu6d istic in sua
ctiaui lingua rcligioucui syuccram docori audiat. ot hospites
Halos ctiaiu agere, Euiu tibi coinuu^ndo, ut ([iia soles j)i('tate
cœtoi'os, liuuc (|uoqu(' ])i>r('gi-inuiu l't advoiiani coinijlcctarc. Boue
vale, vir ornatissiuic et fratiM* iu Domino vcnorandc Bernai,
13 Februarii Anno 1543. Cursiin.
Salutat te perauiantor Contzemis nostor, cui scias Yireium
plonè roconciliatuni •^, et Beatus, Gnjn\ivi(s\, Telumott.
T. SULTZERUS.
(Inscriptio :) Viro doctiss. Dn. Joauui Calvino, Gcnevcnsis
("CC'lesiaî aiitistiti, svmniistœ et fratri observandissimo suo.
1206
JEAN CALVIN à Philippe Mélanchlhon, à Wittemberg.
De Genève, 1^^ moitié de février 1543.
Dédicace de Fouvrage intitulé : « Defensio sauce et orthodoxae
doctrinae de servitute (>t lil)eratione humani arbitrii, adversus
caluninias Alberti Pighii Campensis. Authore Joanne Calvino,
Oeneva?, p(^r Joannem Gerarduni. 1543. » Petit in-4". (\'oy(>z
Paul Henry. Das Leben Johann Calvius, t. III, Beilagen, j). 203,
— Calvini Opeva. Brunsviga', t. Al, |). xxiv, 230-231.)
11 jîiuvier 1543 : « Le petit Meyer (Meyerly) de Bâtterkindeii est admis
l'ii qualité de j;;/vJ?C7';>fi/(Schnlmeister). •> Le cliancelier Oiron a écrit, à la
suite, cette remarque : c Lutheraiius et Buceranus, coniijositus est ex
duobus corruptis. » Cf. le N" 1164, note 6. Jean-Henri Meyer mourut à
Berne, le 24 novembre 1546 (Journal précité).
^ Il paraît être arrivé à Berne vers le 10 octobre 1542. Dès le 19 octolire
il n'est plus appelé « ce Na])olitain, » mais Vito de Sicilia, et il est entre-
tenu à l'hôpital jusqu'au 10 février 1543.
• Voyez la lettre de Suitzer du 8 janvier, aj)rès le renvoi de note 11.
286 JEAN CALVIN A PHILIPPE MÉLANCHTHON, A WITTEMBERG. 1S43
4207
JEAN CALVIN à Philippe MélanclUhon, à Witlemljerg.
De Genève, 16 février 1543.
Syllogo Ej)istolarum a Burnianno édita, II, 229. Calv. 0pp.
XI, 515.
Vide quàin \ngYO vontri literas tuas dederis. Eas eiiiiii vix
quarto demum meuse mihi reddidit, et quidcm inulto attritu
jam disruptssi ac laceras '. Hoc tamen ipsum quôd vel serô ad
me pervenerint, magno in lucro posui. Nam dum eas hue atque
illuc circumfert, mirum quôd non alicubi reliquerit. Ergo ut-
cunque ejus negligentia singularis gaudii fructu privatus ad
tf^nipus fuerim, facile tamen veniam à me impetravit, ubi eas
recepi. Utinam verù, sicut dicis, ssepius nobis, saltem i)er literas
colloqui liceret. Tibi quidem nihil inde accederet, mihi autem
nihil foret in hoc mundo oj)tabilius quàm in literarum tuarum
suavitate acquiescere.
Vix credas quanta hîc uegotioram mole pi'emar atque urgear.
Sed inter lias angustias dua' res sunt quœ me ijUirimimi excra-
ciant : quod mihi legitimus operœ meœ fructus non constat,
deinde quod ahs te iMUcisque aliis tantopere dissitus, illo quod
me hnprimis juvare posset consolationis génère destituor. Verùm
quando ne hoc quidem optionis nostrae esse convenit, ut locum
sibi quisque arbitrio suo deligat ubi serviat Christo, in ea nobis
statione manendum est quam cuique nostrûm destinavit. Hoc
saltem nobis nulla regionum longinquitas eripiet, quin hac con-
junctione, quamChristus sanguine sus consecratam sjiiritu quo-
que suo in cordihus nostris sanxit, contenti, dum vivimus in terra
sustineamur beata illa spe ad quam nos literae tuae revocant : in
cœlis nos simul perpétué victuros, ubi ainore amicitiaque nostra
fruemur.
Caeterùm quôd in J/ucuhratiotie quam nnper edidi,ahusus sum
• Cetto lottn» do Mélanchthon, écrite dans l'automuc do 1542, n'a pas
été conservée.
1543 JEAN CALVIN A PHILIPPE MÉLANCHTHON, A WITTE.MHERG. 287
tno Honùiie-, hoc vcl auiori crga te iiico ignoscas, vol tuœ huina-
nitati concodas j)oto. liitor militas ratioiu^s qiiihus oè addiu-tiis
fui, h«ec non postrcnia fuit quôd Sadolefimi Pighius dclcgcrat
tiijus noniinc suas nugas venditarot. A'oruni idoo subticui, ne
milii ad coni])aration(^ni descendcrt» necesso foret. Nequo tamon
hîc longa excusationc utar. cum testatus fuorini me fecisse qua3
milii ])er tuam humanitatem l)enevolentiamqu(\ quam inihi
defers, licere certô confidei-em.
De rehus nostris multa sunt quœ scribam,- sed hoc ipsum est
quod me tacere cogit, quia nullum finem invenirem. Lahoro hîc et
fatigor miruni in modum, 2)roficio mediocriier. Et tamen miran-
tur omnes me tantîim 'prqficere inter tôt impedimeutd, quorum
magna pars est ah ipsis miuistris l Hœc tamen mihi magna est
laborum levatio, quod non tantùm hsec ecdesia, sed tota quoque
vicinitas fructum aliquem sentit mese, prœsentia' '\ Adde quod
nonnihil in Oalliam usque et in Italiam redundat '\
Statum vestne Germanise non sine acerlnssimo dolore audio.
■ Née leviora sunt mala quae timeo quàm qu* lugeo. Nam si v(n-um
est quod narratur, Turcam majoi'il)us rursum copiis bellum
instaurare, quis obstabit quoininus longé lateque pro libidine
grassetur V Et quasi parum esset, turpiter dilapso exercitu, tôt
impensas frustra profudisse \ tantum accepisse dedecoris, i)rîP-
terea prseciijuum roboris florem ])riiniim continua ])este triennii.
deinde hac postrema lue perdidisse, nunc multô graviùs ab in-
testinis dissidiis laboratur. Necdum tamen tam acriter perculsi
nostri Principes expergefiunt, ut dare discant Christo gloriam.
Hoc tamen me nonnihil recréât, quod aiunt Coloniensem ci ixWos
quosdam ad rei)urgandas ecclesias animum seriô adjecisse '.
Neque enim jjarvam accessionem esse duco quôd episcopi, ex
quorum ordine nullus adhuc nomen Cliristo dederit, nunc sub-
^ L'ouvrage de Calvin contre Ficjhius (N" 1206) est dédié à Mélanchtlion.
Il parut vers la tin dejanvier 1543, mais trop tard, semble-t-il, pour figurer
à la foire de Francfort.
* A comparer avec le t. VII, j)p. 410, 411.
* Calvin ne se rendait pas utile seulement j)ar ses livres. Dans toutes
les questions importantes, les pasteurs du pays romand recouraient à ses
conseils.
* N"^ 118(3, 122G, renvoi de note 2.
^ Voyez la note 2 du N" lli)(i.
^ A comparer avec les N"^ 1107, notes 4, 6-7; 1210, renvoi de n. 3.
288 BÉAT COMTE A RODOLPHE GUALTHER, A ZURICH. lo43
lata luaiiii ])roiitori ab idolo roinano defectionem incipiant.
Tantîiiii iiiinc advigilandum et enitendum est iiobis ut eorum
ciirsiiiu promoveamus, ne ex dimidio Cliristo pejiis inonstrum
reimscatur. Iiiterea romamis iwntifex jaiu concilii simiilacruni
Tridet/fi ostentat ^ ut orheui ex])ectatione suspensum aliquan-
tulùui adliuc retineat ac nioretur. Sed Deus non patietur diu-
tius sibi illudi. Fallor, nisi hic annus nuiximam rerum conver-
sioneni ])arturiat, qua? brevi emorgat. Sed jani niniis multa.
Vale igitur, vir niodis omnibus ornatissinie niihique sempcn-
in Domino œlende. Dominus te diu servet incolumem in glo-
l'iam nominis sui et ecelesise suae œdificationem. Miror quid sit
causœ cur tamdiu Danielem tuum domi suppressum teneas".
Neque enini me lectionis ejus fructu privari tequo animo patior.
D. Martin tim '" reverenter meo nomine saintes quaeso. Haljemus
hîc Bernardinum Senemem, magnum (^t pi'iPclarum virum. qui
suo discessu non parùm Italiam eommovit ". Is ut vobis suo
nomine salutem adscriberem petiit. Vale iterum cum tua fami-
lia, quam Deus semper custodiat, Genevae, 14 Calendas Martias
1548.
1208
BÉAT COMTE à Rodolphe Guallher, à Zurich.
De Lausanne, 1*^'" mars 1543.
Inédite. Autographe. Bibl. de Zurich. Copie communiquée par
M. le pasteur Aug. Bernus.
Valdè milii dolct quo abs te ne literam (juidem toto jam
seculo adrcjx'i-im : idque eô fero dolentiùs (juc) ijertinaciùs
® Le pape Faul ///avait convoqué le Concile à Trettte pour le 1" no-
vembre 1542.
® Le commentaire de Mélanchthon sur le prophète Daniel parut à
Wittemberg et à Leipsic en 1543 (Cf. Camerarii de Vita Mel. edidit Strohe-
lius, p. 552).
'" Martin Luther, qui avait fait saluer Calcin au mois d'octobre 1539,
et, peu de tenijjs après, s'était informé de lui très amicalement (VI, 131,
1G5).
" N"'^ 1168, n. 14 : 1171, n. 8 ; 1175, renvois de note 5-6.
1543 BÉAT COMTE A RODOLPHE GlALTHER. A ZIRICII. 289
silerc porgas, otiaiiisi te litcris lucis ad scrilx'iuluiu sa'piùs pi-o-
vocarim. Quanquaiu falli hîc îmssum, (>t fortassis tihi rcddita' non
sunt litei'ti' iiKW. Qiiai-o tu da o])(M-ani yt primo (pioquc toiiiporc
de ro})us tiiis 0!niiil)us, pr;iN<'rtim de tua valetudiue. deque stu-
dioruui tuoruHi progn^ssu certioreui uic facias. idcpic ali(iua
bene longa epistola. -luvcuis illc cui ad te uovissimas dedi litf-
ras, uostras est et bene natus. Quaniobrem (>um ut commendatuni
habeas, te iterum at(pie iteruni vchenienter rogo.
D. Bidlwr/ernm si meo nomiue salvere jusseris, rein te factu-
nim ai'l)itral)oi' omniuo uiilii grataui. Cui (pioque dicas veliiii,
esse in GaUia doctum quendani honiincui. (pii in lioc scribat
argumentum : ■( Multa (piidem et alia signa fccit Jésus in
conspectu discipuloruni suoruni, quu' iu)n sunt scripta in libro
hoc '. » Ex quo putat fulcii'i, ac quo jani pacto la])sus est, reedi-
ficari oi'dinem antichristianum. papisticuni. Quare tu bac de rc
virum illum sanctum et doctum^ admonel)is, ut non tela previsa
minus feriant. Vale, plura non licet. ])0])ulo expectante me in
concionem. Laus. Cal. Martiis. m. d. xliii.
Tnus ex animo B. Co.mes Donzarensis.
Heus, penè exciderat me lapsum una svllaba in e])igrammate
quod ad te scripsi novissimè^ In caussa fuerunt INIinistri ali-
quot, qui me subinde tune clamore suo turl)abant, quum
scrib(n"em. Tu verô sic restitues : Cursit Pegasnm vincere oporiet
eqiimn.
( Insci'iptio : ) liodol. Galthero Tigurino, viro doctissimo et
mibi cliarissimo. Tiguri. A Zurich.
^ Évangilo selon St. Jean, XXI, 25.
* Scil. Bullirigernm.
* Voyez la lettre de B. Comte à Rod. Gualther du 5 janvier 1543.
T. VIII. 19
290 CONRAD PELLICAN A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1543
1209
CONRAD PELLICAN à Jeaii Calvin, à Genève.
De Zurich, 3 mars 1543.
Autographe. Bibl. Piibl. de Genève. Vol. 11° 110. Cal. 0pp.
XI, 517.
S. Quïe de commiiiiibus cliristiane pietatis negociis scribenda
suiit, piissime doctissimeqiie Calvine, Bidl'wfjerus noster ex<^-
qiiitur tecum, ut ejusmodi nihil, scio, à me petas. Ego nihil aliud
liabeo quàm desiderium profectus magnitici per te et tuos pas-
sini fratres ampliandi in Gallias, et salutis incoluniitatisque tue,
ut in agro Dominico operosè, fideliter et fœliciter promoveas ad
gloi'iam Dei et animarum salutem.
Accusatus est verô nohiscum, nescio de qiiïbus verhis injurio-
sis, candidissimus amicus meus et xir ^m\ctu9, G uillelmii s Far el-
lus, quasi dixerit nos Tigurine Eeclesie perlidos doctores et
minime sinceros ac deceptores '. Id ego non credo dixisse, mira-
rerque, si dixisset, qua ratione et quibus nostris demeritis
provocatus dixisset. Si tu quidpiam in causa pietatis et doctrine
nosti à nobis perperam ac insincerè, vel contra sanum intellec-
tum Scripture scriptum vel dictum, obsecro vel me non celés,
etsi velis secreto servandum, ad emendationem morum vel doc-
trine. Dolerem valdè talem et tantum virnm contra nos qualibet
ratione juste permotum nostra culpa, vel sua injuste, quod cTgrè
crediderim. Et hœc tibi in aurem dixerim. Ulcus enini ai)ud
quosdam nostrorum sujjpurascit, qui prêter meritum et falsô sic
nos traduci à tanto viro credunt et dolent.
Est verô quod abs te vel a Domino et fratre meo Vireto offi-
cium exposco. Cu\no enim Francisci Vatahli Parisiensis edi-
tiones hehraicas textus sacri consequi, si qui sunt vénales
vol)iscum, in illa forma qua jam nunc habeo Esaiam, leremiam,
Danielem, XII Prophetas minores : lios enim, inquam, jam
' Voyez la réponse do Calvin du l."^ avril, et la lettre de IVllican du
13 mai.
1543 l'IERRK TOUSSAIN A MATTHIAS ERH, A KIQUKWIR. 291
dictos quidem habco. Optarcm autciii residuos qiuxiuc coiiscciui,
ut siiiit Salomoiiis libi tros, Pcntatciichus, P^zccliicl. lob et
Psalmi, in oadom ut dixi foruui, ob jiterani majusculani i\ndi
mihi seni foret gratior -. Si qui nunc taies vénales sunt vobis-
cuni, haruni lator niihi adferet et |)recium à me suscipiet dignuni.
Age i)er te vel aliuui ut sciaui quid mihi s])erandum.
Domiuum et fratrem Viretuni cuj)io in Domino scmper cum
ecclesia tecumque gaud(Mitem. Commendatos, credo, liabes til)i
viros exnles Italos bonos. Et qui nobiscum ><unt duo ^ bene et
liabent et agunt Dei gratia et liominuni charitate. Val(> in
Christo Domino nostro. Quid Métis agatur j)rorsùs ignoro.
Cu])io autem ut omnia ad gloriam Dei et consolationem fidelium,
Tiguri 3 Martii 1543.
Tuus totus CoNRADUs Pellicanus.
(Inscriptio :) Piissimo doctissimoque theologo Joli. Calvino,
Ecclesiœ Gejievensis pastori sancto et fidelissimo, Amico colen-
dissimo.
1210
PIERRE TOUSSAIN à Matthias Erb, à Riquewir.
De Montbéliard, 4 mars 1543.
Inédite. Autogr. Arch. de l'église de Bâle.
S. Cancellarius noster ' nuper mihi Lugduno rç\evso-, literas
tuas pietatis ac benevolentiœ erga me i)lenas reddidit : gratissi-
^ C'est la belle édition in-4" de rAiicieii-Testameiit en liéhren publiée à
Paris de 1539 à 1544 par Robert Estienne (Voy. Maittaire. Steplianorum
Historia. Londini, 1709, II, 19). Les théologiens zuricois s'en étaient servis
pour leur traduction latine de l'A.-T., achevée d'inii)rini('r en 1513.
* Leurs noms nous sont inconnus.
^ SigismoHd Stier.
'^ On pourrait croire que Toussain a écrit par distraction reverso, au
lieu de reversus. Mais ce dernier mot ne s'exjjliquerait pas. Le chancelier,
venant de Lyon, aurait-il pu remettre à Toussain une lettre écrite de
Riquewir, ville de l'Alsace V II s'agit donc, en réalité, d'un voyage de
Toussain à Lyon.
292 PIERRE TOUSSAIN A MATTHIAS ERB, A RIQUEWIR. 1543
miimquc fuit quod ille inilii Principis nostri Georgii jussu iiai*-
rarit, Archieinscopum Coloniensem, Mo)fasferiensemque ac Min-
densem Episco]Jos Christi eimugeliiim récépissé'-^. In Galïia
Jiorent literœ, miiltaqiie siint iïlic pnsedara ingénia, ac infiniti
mortales verhi Dei shidiosi : iametsi paucos invenias qui, o))
tyraniiidem ac saevitiam Episcoporum, Magistrorum nostrorum*
et monachorum. i)otiùsqiie Régis Christiani, Uherè confiteri
audeant. Lngduni conjectus est in vincula Dolefus ille qui nol)is
laiinse lingnœ Commeniarios scripsit ', qui. uuj>er eductus ut
causam diceret coram Svnagoga Pharisœoruni rogatusque al)
Inquisitore fidei '' (ut vocant) an crederet in Deum, respondit
« se meliùs illo credere, et aliquid se prseterea credere ac scire,
quod ille non crederet. )) Roganteque Inquisitore quidnam illud
esset, « Ego, inquit, credo ac scio te asinum esse vt liyi)ocritani,
id quod tu non credis ', »
Quôd scribis, Principem nostrum Georgimn daturum semi)er
operam ut D^ix Christophorus'^ i)ergat promovere negotium
^ Hermann de Wied, archevêque de Cologne, et Frcintz de Waldeck,
évêque de Munster, d'Osnabruck et de Minden (Seckendorf, III, 418). L'af-
firmation de Toussain était prématurée, quant au second de ces prélats.
* Les mots nos maîtres désignaient ordinairement les docteurs de la
Sorbonne.
^ Voyez Joseph Boulmier. Estienne Dolet. Sa vie, ses œuvres, son mar-
tyre. Paris, 1857, p. 108, 110, 113-117, 146, 284.
6 jYère Matthieu Orry, élu inquisiteur de la foi par lettres-patentes du
30 mai 1536 (X. "Weiss. La chambre ardente, p. xvii). II rendit, le 2 octobre
1542, avec Estienne Faye, otficial et vicaire de l'archevêque de Lyon, une
sentence par laquelle ces deux personnages déclaraient « le dit Dolet,
maulvais, scandaleux, schismaticque, héi'étique, fauteur et deffenseur des
hérésies et erreurs, et comme tel le délaissoient réaniment au bras séculier »
(Procès d'Est. Dolet, cité par Boulmier, p. 219).
' Joly (Supplém. au Dict. de Bayle) et Boulmier, o. c. p. 220, ont publié
les vers suivants d'un contemporain :
« Dolet, enquis sur les poincts de la foy,
Dist à Orry qui faisoit son enqueste :
« Ce que tu crois, certes ! je ne le croy ;
« Ce que je croy ne fut oncq en ta teste. »
Orry, pensant l'avoir prins, en feit feste ;
Luy demanda : « Qu'est-ce que tu crois doncq V »
« Je croy, dist-il, que tu n'es qu'une beste ;
0 Et suys certain que tu ne le creus oncq. »
* Le duc Christophe de Wurtemberfj, tils dTlric et neveu de Georges,
I
I
4. ^
I
1343 PIEllRE VIRET A GLILLAIME FAREL |a GORZe]. 293
Christi, me non |)ai-ùni exhilaras, (luandoiiuidcni midta hic simt
adJiHC quse refornudione ac corredione opns haheanf, qmnn hîc
eiiivis liceat quidvis inipune, multaqiK; quidcni «'dicta advcrsùs
publica riagitia vnlgcntnr, sed niandatonini linjusmodi traiis-
gressores non |)U]iiantur. AdlkTc pcssimo oxonijjlo fcruntnr
Sacrifici, Consiliai-ii et officiarii, (pii nnnqnani audiant v('r]>uni
Doi, sed palàni déclarent se ab Evangelio ali(>nos. Qiiod maluni,
scio, non hîc reliqnisset nobis Cornes Georgius, si in sua manu
fuisset tollere, sed cujus nunc suasu posset Dux Christophorus,
natura clemens et pins, liuic nialo niederi. Ego, quoties cœnam
Domini singulis annis célèbres, item an particii)aturi sese antea
Ministro représentent, quô fidei siiœ rationem reddant ^ adhœc
an illam aegrotis privatim administres, scire cupio, et tuam
super his audire sententiam '°.
Vale in Domino, frater et amice integerrime, meque Illustris
Princi])is nostri Georgii clémentine semper commenda. Et boni
consule liane epistolam, quam ego rajjtim ac tumultuanter ad te
scri])si. quuni CaHceUurius noster signiticaret se habere ad te
nuntium. Mombelgardi, 4 Martii 1548.
TuilS P. TOSSANUS.
(Inscript 10 :) D. Matthiie Erbio, ecclesiae Riclievillensi pastori,
fratri siio et amico integerrimo, Richevillae".
1*211
PIERRE MRET à Guillaume Farel [h Gorze.]
De Lausanne, 15 mars 1543.
Inédite. Autographe. Dibl. des pasteurs de Neuchâtel.
S. Postidabas literis quas fratri ' ad me dederas, ut te de statu
avait ])ris en main (juillet 1542) le gouvcniciiiriit du ronité de Montbéliard.
^ Calvin avait institué jiarcil oxaiucn dans rétrlisc tVançaisf de Stras-
l)ouriï (1540, t. VI, p. 223, 224).
'*. Voyez la lettre de Toussain à Erbius du 2!» juillet 1543.
" Le verso porte un billet écrit en allemand [par Stier ':'] et adressé à
Matthias Erb.
294 PIERRE VIRET S. GUILLAUME FAREL [A GORZE]. 1543
nostro ac totius ecclesiœ facerem certiorem. At quô minus id
preesteiii obsistimt pliirima. Primùin ipsa rerum natura de qui-
bus scripturus ossem, quse eo sunt génère ut non tutô literis
comniitti possint. Deind(\ si ah ovo quse contigerunt exordiar,
miJd opus nascetur longius Iliade, ac vevè, quod dicitur, Ilias
xax'iîv. Nam miJii agenda ac peragendafuMfahda nmUb moles-
tissima ac verè TpxyiyMzâr/i, cujus adeô turbulenta fuit epitasis,
ut nihil aliud milii prsesagire, ex iis quse gerebantur, jure potue-
4
rim, nisi exituni lugubrem ac verè tragicum, nisi deus, velut ànô
rnç iJ.Yiyavhi, mihi repente apparuisset, qui catastrophen afferret
spe mea lœtiorem ^ Sed ah hiijiis narratione luhens siqjer[se]deo,
tum quod aniimis meminisse horref, htm quod sperem te à
fratre ^ ciii sunt satis omnia comperta, latiùs ac tiUiùs auditu-
rum. Nolo enim rem aggredi, nisi totam à cake ad caput descri-
bam, quod nimis operosum esset, et hoc tempore non vacaret
pcriculo, ])ra'sertim in tanta viarum difficultate, in quibus omnia
intercipiuntur \ At ne frustra ac temerè te cruciem, hoc tihi
persaadeas velini, Domimim mihi ac siiœ ecclesiœ mirabiliter
adfuisse, ac ita eventum tempérasse, ut nos lahorum non pœni-
teat : quem magis atque magis deincej)» nostros conatus fortuna-
turum s})eranms, quamvis nobis vêtus liostis multis modis et
hactenus à nol)is non expertis, exhibuerit ac denique exhibitu-
rus sit negocium.
Verùm permittamus nos totos ipsius voluntati, cujus te démen-
tis commendamns, ut hrevi aliquid ahs te nuncii lietioris acci-
piamus, quod i)ropediem futurum confido^ Non enim addnci
X>ossum, qidn credam Domimim istius tandem ecclesiœ ^ misertii-
^ "'■ * Gauchier Farel, qui était parti pour Gorze, lorsque son frère
Claude fut de retour à Neuchâtel le 24 janvier (N"^ 1199, 1201).
^ Ne pouvant entrer dans les détails sans se plaindre de MM. de Berne,
Viretse restreint à une vague allusion aux tracas et aux ennuis qu'il avait
endurés. Les causes de ces tracas sont connues. Il suffit de les énumérer :
La requête du 1" novembre 1542 ÇS" 1174), le livre sur la vente des biens
ecclésiastiques, la délation perfide d'Antoine Marcoiirt, et l'obligation, pour
Viret, de comparaître, à plusieurs reprises, devant les magistrats bernois
(16, 17, 18, 20, 22, 24, 25 janvier 1543). Voyez les N'" 1194, 1196, 1200.
Le « dieu-niacbine » fut peut-être J.-J. de Watteville ou l'ambassade que
LL. KVj. décidèrent, le 25 janvier, d'envoyer à la Classe de Lausanne.
•* Plainte fréquente à cette époque.
* Les événements du 25 mars donnèrent à cet espoir un cruel démenti.
I
1513 PIERRE KUNTZ A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 29a
nim, atqiie cô pote ntiîis suani ('xcrtui'uni ijotcntiaiii at(iii<' ^do-
riani, qii5 jx'rtiiiaciùs ot iiid(Mnontiùs liostis aiitiiiuus i-cnititui-.
Quis onim credat sunimuin illum j)as^oi'(>in ovcs (luas sanguine
siio mercatus est, dospectui ac contemptui habituruni? Quis \ovb
dnbitet ihi oves esae Christi, nhi tanin avidUate ah oninihas
accurritur ad sacrosandam EvaDfielii pahulum , (luo niliil arden-
tiorïbus votis expetihir? Quis (l('ni([U(' non sihi j)ersuadoat.
veteratorom illum valdè ])ivmi ac pvïesagire sibi pi'oxiniuni cxi-
tiuni, qui tantopore si])i nietuat et (>xtrema onmia nioliatur V
At non erit à-Aovixi Victoria, alioqui i)ariini essct gloriosa, sed
Christi bonoficio t'uturam si)erainus àv/xiii^ri. Tu igitur, divino
trotus auxilio, niajus in dics. ut soles, robur aninio concij)e.
Quôd si nondimi venerit Jiora, necdiim velit istîiic Dominus tua
ojjerauti, quoà vix tamon niilii i)ersiiaderi i)atior, committe om-
nia eJ7(S arhitrio et proi'ideutiie cui militas. Nostri te omnes
salvere jubent, qui (^t ijjsi salvi sunt. Nam liherarit nos Domi-
nns peste quse in corpora grassahatur, atque utinam ah animo-
rum peste hrevi Uheref' ! Saluta meo nomine fratres onines.
Lausanna?, 15. Martii. 1543,
TUUS P. ViRETUS.
(Inscriptio :) G. Farello, V(M'])i ministro fideliss., fratri et
amico chariss. •*
4242
PIERRE KUNTZ à Jean Calvin, à Genève.
De Berne, 20 mars 1543.
Autographe. Bibl. Publ.de (;(>nève. Vol. n" 10!). Cal. ()i)p. XI, 518.
S. Rariiis, fateor, (luàni aninioruni nostrorum exj)oscebat cha-
ritas, ad te scribo, Calvine dilecte, queni mihi fratreni in Domino
® L'église de Metz.
^ Les grands adversaires de la Réformatioii à Lausanne ne désarmèrent
que beaucoup plus tard.
* L'indication écrite sur la 1" jiage par iiric main plus récente : « Nota
du 14 May 1543 » est erronée. Olivier Perrot a reproduit cette fausse date,
296 PIERRE KLiNTZ A JEAN CALVI^, A GENÈVE. 1543
amplexor dosidorantissiiimm. Porrô, etsi olim, diim oa fortassis
durarot et reruin injuria et simul fatonini passim inclemeiitia,
HOHtnhil dissiliisse vider ipoterant uninn ', in hotmm tamen coope-
i(da sunt lUrisque onmia, adeo lU toto mine corde gratias agmn
Domino, qui nos 'pro sua. honitate reconciliare dignatus fuerit
ntrinque-. Pênes me igitur nihil fuci, nec putridae simultatis
liœi-et anij)iiùs, Calvine optime, quippe qui tam certani spem de
tua ct>nceperim jani charitate, qua anipiexaris omnes quotquot
sinceram diligunt veritatem. Ne ergo hœsites, volo, quominus
constantem existimes mefratrem inveniri et amicimi integerri-
mum, eum ob id maxime quôd sciam nolns in i]jsa pietatis doc-
trina convenire solide, tum verô quôd tu quoque eandem verita-
tem aliis passim cuj)is notam fratribus, quos pro gratia tibi a
Domino in liujus ministerii sortem luculenter concredita, ad
sanctam unitatem et communem ecclesiae Dei sedificationem
tanto instruis ac proveliis studio : j)rimùm quô ipsi verbum
Dei intelligant pure, deinde ut in ecclesia Cliristi id ipsum
dispensent iideliter, et demum sacra Christi symbola tractare
discant quàm augustissimè. Certus suni in-go, frater in Domino
observande, id unum omnibus quideni votis jam testuare pectus
tuum, ut scmel in unum coalescanms aninii sensum, idem sapia-
mus in Domino.
Hanc igitur cum novi te in pectore gestare mentem, non
potero non me tuœ credere fidei, sjjerans fore i)roi)ediem, Cal-
vine, quo ])aulô rectiùs semel formentur multa, (lu* usque in
hanc horam desiderentur à nobis omnibus, Jam etenim cum
meis in sumnia fatisco rerum angustia, jii'ocurante nobis eam
invidia3 temi)estatem quorundam sitibunda ambitione, qui nobis
plebem ferè totam impudenti nimis mendacio exacerbarunt
impie*. Sed videbit Dominus et dijudicabit inter nos, quinam
en tête du résumé qu'il donne de la présente lettre (Vie manuscrite de Farel),
— Au verso, l'annotation ancienne : « Viretus ad Farellum ah mmo 1543
ad 1558. » C'était l'étiquette des lettres de Viret conservées à Neuchàtel
dans les archives des ])asteurs.
1-^ Il suffit de coini)arer cette lettre avec le t. IV, pp. 379-384, pour
s'assurer que les relations de Pierre Kuntz avec Calirin s'étaient entière-
ment améliorées. Leur réconciliation datait, en réalité, du retour de
Calvin en Suisse (Lettre de Sultzer du G oct. 1541, t. VII, ]). 284,285,
renv. de M. 3-7; p. 28G, avant-dernier i?).
' Vu les faits mentionnés précédemment (N"' 1137, n. 2; 1147, n. 2;
loi3 JEAN CALVIN A l'IERRK VIHEÏ, A LAUSANNE. 297
siiit quorum nialitia turbotur ocdosice ti'au(iuillitas. Tu val(> in
Domino, boni consulons lias moas qualcscuiuiuc incptias. Salu-
tant te fratros, cum|»rimis Sidzerns/ quem tibi nosti dcvinctis-
simum. Benue, 20 Mai-tii anno 154o.
Tuus in Domino
PeTRLS CONZEiNUS.
(TnscrijMo :) Clarissimo viro D. Joanni Calvino, Gcncvatum
ei)iscopo vigilantissinio, t'nitri sibi in Domino observando.
1213
JEAN CA.LVIN à Pierre Viret, à Lausanne.
(De Genève, 24 mars 1543.)
Copie contempor'. Impr. en parti(^ dans les Calv. p]p|). 1575,
p. 875. Calv. Opp. XI, 521.
Mitto ad te literas Pellkaiti-, ut ipse quoque mecum cogites
quorsum vergat quod scribit de Farello\ Tametsi suspieabar
me sub illius nomine potiîis notari, milii tamen in mentem vene-
i-at ipsum simpliciter excusare, de me tacere prorsùs. Nihil
tamen facturus sum donec consilium tuum mihi exjjosueris. Nam
quia de libris quos petit, niliil certi habeo, expectabo donec è
nundinis redierit GulUelnms''. Antonius, ut scis, receptus est,
idque sine ulla controversia \ Sic sapiunt fratres, ut nihil nK^liùs
judicaverint quàm tôt flagitia silentio abolere. Fieri non i)otest,
(piin Dominus ad hanc nostram socordiam vindicandam brevi
1167, reiiv. de ii. 2), il ost vraisembl.ablc qu'É'ra.ff/te jR/Z/tv ot ses adhérpiits
taisaient accroire au peuple que SuUzer, Kuntz, etc., travaillaient à clian-
ger la religion et à se faire adjuger une plus grande jiutorité au sein di'
l'Église.
^ Elle est de la main de Charles de Jonvilliers.
■^ Lettre de Pellican du 3 mars, et réponse de Calvin du is avril.
' Bèze a supprimé de Fareîlo et tout ce qui suit jusqu'à de libris.
* Guillaume du Boix, ex-associé du libraire imi)rimeur Michel du Bois
(VII, 2.52, n. 3-4).
^ Il ne s'agit pas tV Antoine Froment, niais (V Ait toi ne Marcourt, que
298 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1543
tribunal conscendat. Mihi per MaWiieum ^ indicavit, se hortatu
Sulceri redire mecum in gratiam cupere : sed qua lege ad hanc
reconciliationem desconderem V CcTeterùm, si colloquiuni seinel
petierit, Dominus viam aperiet.
Ntiper disceptatiomm habuimus cmn Senatu : sed quœ statim
fuit composita. Reuuntiaverat nohis Syndicus in Consistorio,
8enatu))i jus ejccoimmmicandi sihi retinmsse\ Continua excepi,
decretnm hoc mit morte mea mit exilio sanciri oportere. Postridie
vocavi fratres : ex eorum consilio postulavi a Syndicis, ut Sena-
tum nobis extra ordineni darent : annuerunt, etsi non libenter.
Illic longa et gravi oratione de tota re disserui : obtinui nullo
negotio quod petebam. Quantum intelligo, acriter increpiti auc-
tores : quos si nescias, divinarc tamen potes. Bene vale, Dominus
te custodiat et semper gubernet suo sjjiritu, fratcr mihi dilec-
tissime. Saluta mihi Rihittum, Lnhertmn * et reliquos \ De Bel-
lomontano^^ nihil scribo, quia si ad Reginmn proficisci cogitât,
hoc iter faciet. Est autem Regina i])sa Neraci^\ Neque illiiic
recedet ante partum'-. Pridie Paschatis (154o'-).
JOANNES CaLVINUS tUUS.
MM. de Berne avaient élu, le 8 mars, pasteur à Verftoix, dans la Classe de
Gex.
" Matthieu Geneston ou Matthieu Blanch ?
^ En vue de la communion de Pâques.
® Jean Sihit, professeur de grec, et Imbert Paccolet, professeur d'hébreu
à Lausanne.
® Bèze a supprimé le paragraphe suivant jusqu'à j:)arfMm.
•» Monsieur de Beaumont (VU, 288, n. 7).
'' Marguerite, reine de Navarre, résidait alors à Nérac, dans la Guyenne.
*^ A propos de la lettre de Marguerite à François I que nous avons
reproduite dans le t. VII, p. 389-392, et qui est, selon Génin, du mois de
décembre 1541, nous en avons cité une autre (p. 390, n. 2) du 29 décembre,
même année, où cette reine fait allusion à sa grossesse. Comme on ne peut
guère supposer qu'elle fût dans la même position en mars 1543, il est pos-
sible que le mot parfum se rapporte ici à la fiMume de Beaumont, et non
à la reine Marguerite.
" Les détails relatifs à Antonius et à Fellican fixent l'année. Pâques
tomba sur le 25 mars en 1543.
1543 PIKURE TOUSSAIN A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 299
PIERRE TOUSSAIN à Jean Calvin, à Genève.
De Montbéliard, 24 mars 1543.
Autogr. Bibl. Pul)l. do (;<miôvo. Vol. n" 110. Cal. Op)). XI, 51!).
S. Jamdiii est ox qiio iiiliil ad to scripsi. vir colciidissiinc. ut
imnc propeinodimi scribero pudcat. Sed obsocro to pei* I). Jesum
et tuam pietatoiii, ne iiicuiii iii te auiiiiiim irstiiiics ex officio
litterannn, (luiiiii meam satis noveris negligentiam, et sive scri-
bam ad te, sive non scribani, me tni nunqnam cajjiat oblivio.
teque amore summo'ac veneratione prosequar. VeJienieider gau-
deo Métis jamiciDi cqjertam esse, sed doleo maxime Itqmm jam
cdiquem novumsnhir/gressioii '. Et qnanquam non ignoreni quàm
sis istic utilis et necessarius ecclesia^ Christi, eu])ereni tanien
te ilUc esse-, si id ulla ratione fieri posset, praesertini si Farel-
lus non admittatur. N(>e dubito quin sis semper facturiis quic-
quid ad gloriani Doniini pertinere judieaveris. Bounaw convc-
nient^ ad Episcoimm Coloi/iet/sem PliiUppus, Hedio et (dii
quidam eruditi, ad Christi regnnm proi)aganduin. Hîc vivo,
niultis de causis, non sine labore ac molestia '. tanK^tsi (gratia
Deo) Dux Christophoriis animuni ])iilchre adjungat ad Evan-
gelium.
Cœtera ex hoc nuntio intelliges, Bene vale in Domino, (jui te
quàm diutissimè servet cuni uxore et familia. Saluta milii dili-
genter fratres omncs, nominatim autem Antotmmi\ Monbel-
gardi, 24 Martii 1543.
Si istuc ad te venerit aliquis ex nostris, fac euni diligentci-
admoneas officii.
Tuus ex animo P. Tossanus.
(Ittscriptio :) A'igilantissimo ecclesise Genevensis jjastoi'i D.
Joanni Calvino, IVatri suo observando. Genevœ.
^ Pierre Caroli ?
- Toussain savait avec quelle sollicitudf Calvin s'était jusqu'alors
occupé de l'église de Metz.
300 JEAN l'archer a GUILLAUME FAREL [A GORZEJ. 1543
121 5
JEAN L'ARCHER ^ à Guillaume Farel [à Gorze.]
De la Neuveville, 27 mars 1543.
Aiitogr. Bibl. des pastoiivs de Neuchâtel. Iiiipr. (ni i)artie dans
Calv. ()j)i). XI, 522.
JoANNES Arquerius ])io ac docto Guliehiio Farello gratiaiii et
jjacem a Deo.
Non oj)Us est in prœsenti, doctissime Farelle, uti vulgato illo
exordio : si quid haborcMn qiiod ad te scriberem, facerem id, et
|)iuril)us. Tôt enini et tant^e su])j)etunt res, ut iinde initiuni
sinnam, nesciani. Tamen tental)0 pro vii-il)iis de omnibus qua?
inultîim referre putavi te scire, certiorem facere. Anteqnam verô
ad ])iTecipua capita accedam, te per Christum oro ne putes me
prorsùs oblituni tui. projjterea quôd adhuc tibi non scripserim.
Factum certè est partim negligentia, partim quôd nescivi semper
eos qui ad te perventuri erant : quod si scivissem, non pra^ter-
misissem quin ad te literas non dedissem. Nunc ad rem.
Principio. quantum ad poimlum nostnun adtinet, non video
cid simileui dicant, nisi equo effreni : nihil timet, nihil illum
pudet. neque ullam jjutat se tenere legem. Cum causas tantse im-
pietatis et nequiti* inquiro, cui im])utem nesdo, nisi quôd ins-
tare aut adesse arbitror tempus illud maledictum quo iniquitas
abundabit, charitas refrigeseet, etcpiononerit tidessujjer terram.
Xam non solùm iivT, rixse et dissentiones sunt inter i)0|)ulunL
veriim etiam inter eos qui eum erudiunt. Non tantùm j)Oj)ulus
novitati studet, verùm ministri. Ut rationem nonnullorum tibi
■■' Dans l'édition ili- Brunswick, conveniunt.
* Voyez le X" 1210, renvois de note 8-10.
'" Antoine Cdlrin.
' Natif de Bordeaux. Son nom en latin est rendu par ces formes diverses :
Arcuarius, Archesiu.t, Arquerius, Sngittarius. En 1541, il étîut établi
flans le comté de Neuchâtel (Vil, 83, 274), ])eut-étre en (jnalité de maitrc
d'école. Plusieurs pasteurs débutèrent ainsi.
1543 JEAN l'archer a Guillaume farel [a gorzeI. 301
reddam, sic habo'. Siiix'iioribiis diobus tanta fuit (iltercafio iiiter
honum ilhnn viruni Tussamnu et genentm Capioiculi ^ lit vix
conii)oni potuorit. Nebulo illc niin ol) iiialct'acta (lua'daiii. tiuiciis
Princij)em, aiifiigissct, puriïationcs quasdaiu iiialcdictis in Tiix-
samim scatentos scripsorat. Et orant ex nosti'is duabiis scUis
sedontes, qui utriquc i)lacci'e studebaut; tauien l)ona jjai-s i-ccto
pede inccssit. Tandem ics tota, gratia Doo, coniiiosita est. Tus-
sanus enim in nuiltis cuni in(>ndac'ii argnit et convicit. (^)uan'
coactus est nehulo, invitis omnibus qui jlli favcbant. culpani
agnoscere et veniani deprecai'i. Hic (>st exitus hujus dissentionis,
cui si interfuisses, dici non |)ot('st (luàm graviter et ini<]uo aninio
tulisses.
Ut eorum qu£e postremn joco dixi rationem reddam, sic accipe.
Paucis ante diebus Diix yiriohergetms* iitisif _pIio suo exetitphir
ordinationis ecclesiarum totius suie ditionis. ut per Comitatnni
MovheUkardensew jnvnndgare faceret\ Hinc rediens Michaël
Dnhitatus'^ fratribus retulit cum niagno aninii doloi-e : assevera-
bat enim in illa multa indigna Cliristianis contineri ; niliilomi-
nus tamen s(^ recipere velle. Id cum audivissent f mires raldè
mirati sia/f, qnod ca pcdeda semper Jmhuerit cum eis onn/ia
communia'', nunc i])sis insciis aliquid tentaret. Dicebat enim
Micha'êl Ducem pmecipere. ut ei'igerentur statua' ("hristi, ut
fièrent orationes ])ro defunctis. et alia nugalia. quorum omnium
nulla fit mentio.
Cum autem exemplar unum hal)uissemus, bone Deus, quomodo
multi ex nostris irriserunt ! Propterea quôd ibi mentio fit fcM'ia-
runi Christi, Ai)Ostolorum et aliorum quorundani. cœnae a'grotis
et [illis] qui ad morteni adjudicati sunt. communicandcP, festini
baptismatis " : indigna quœ recii)erentur multi ex nostris adjudi-
cabant. Deinde (juia il)i sunt variœ et multipiices orationes ])r()
* Ici commence le texte publié parles uouveaux éditeurs de Calvin,
* Ce « gendre » était Jean Courtois (Cortesius), pasteur d'abord à Glay,
puis à Yillars-lès-Blamont, dans le Montbéiiard (VI, 204, VII, 47, 182).
*'° Cette Ordonnance, envoyée à son fils par le duc Ulric, ne fut impri-
mée qu'au mois de mai ou de juin 1543 (X" 1243).
® Michel Dohf ou Douhfé. iiastenr à Exincourt (M, 204).
^ Les églises réformées du Moiitl)éliard ayant été fondées par GuiU.
Farel, avaient reçu de lui les cérémonies de l'Église neucliâteloise.
* Ed. de Brunswick : fcsUri haplisinal/.s. Ce ne serait ]iliis l'ondoiement.
302 JEAN l'archer a GUILLAUME FAREL [A GORZE]. lo43
statibus iiuiiidi et nocessitatibus ecclesiarum, inter quas sunt
pro fructibus terrœ et animis in tribulatione existentibus, irri-
dentes dicebant esse orationem pro aniniabus in purgatorio
detentis'-*. Quae cum rescivissem malè me habuerunt. Quorum
omnium antesignani erant Barharinus et Gaspar^'^, quil)us pro
virili restiti. Hoc enim testimonium fero de hac ordiuatione,
veram esse et divinam, rdJiilque esse quod non lïbenter reciperes.
Ex illis intelligere potes, quàm plerique nostrûm sint pacis
et ])8edagogia? amantes. In dies et horas conqueruntur quôd po-
|)ulus non obediat Evangelio, quôd i)arvi faciat ministros : malum
quidinn vident, sed causam mali videre non possunt. Causa mali
est, quôd multi non faciunt suum officium, et i)Opulus disciplina
non regitur. 111 i monachatum damnant, et tamen multi veri
sunt monachi. hoc est, solitai'iam vitam agunt, non vigilantes
su])er gregem ' ' .
Aliud est quod te scire volui. Michaël Dnhitatus adhuc exci-
tât disputationem de loco Math. IS.aitque vestrum articulum cum
doctrina Christi ibi tradita pugnare'-. Cui adh?erent Michaël
Blasievsis et Gaspar^^. Horum omnium, mi Farelle, te admoneo,
non ut te contristem (licet sciam te hœc sine dolore audire non
posse), sed ut his malis remedium invenias. ( )ro te atque obtes-
tor, ut ad fratres de omnibus diligentissimè scribas et ad com-
munem i)acem (>cclesiarum adhorteris ' '*.
Hucusque tristia nuntiavi, la^ta nunc signiticabo. Smnmarium
satis diligenter et emendatè impressum est ' ', Quidam ex fratri-
bus cum inciderunt in locum, quomodo a^groti petere dehent
cœnam sibi dari^\ offensi fuerunt, dicentes te non debuisse hœc
in lucem emittere, quin priîis fratribus communicasses ''. (^)uilius
* Les innovations imposées par le duc Ulric aux églises du Moutbé-
liard seront mentionnées dans quelques-unes des lettres subséquentes.
10 Thomas Barharin, pasteur à Boudri, et Gaspard Carmel, pasteur
dans le Yal de Travers.
" Ici le texte de Tédition de Brunswick est interrompu jusqu'à Hucusque
tristia.
" A comparer avec le t. VII, pp. 78, notes 2-3 ; 171, renvoi de note 5 ;
172, 178.
18 Michel Mulot, jiasteur à St-Blaise, et Gaspard Carmel.
>* Voyez la lettre de Farel du 31 mai (V 1240).
1^ C'est le Sommaire de Farel (N" 1130, n. 19). Nous n'en connaissons
pas d'exeiii])laire de l'année 1543.
1543 JEA.N l'aUCHER a GLILLAUME FAREL [A gorze]. 303
respondi, tv cum Calvino et Vireto contuliss(:''^ Doinde Nohiles
Vasconiœ imper multa a.Rege m favoi'em tidcliiiin iinix'tranint '^
ita ut maxime pœnituerit Bnrdegidensem Senatmn combussisse
(juendam ex nostris^". DoJetus multos cgrcgios et utiles libelles
gallicè imi)i'essit, neiiipe : Novum Testamentum, Prœcatioi/es
Bihlicas, Fontem Vitœ, Adhortutionem ad studium sacra ni m
Uferarum ex Patrihns excerptam, Enchiridiou militis christani,
Prieparationem ad niortem-*, et alios multos, (jui. quantum
audivi, fruetum multum tVcei-unt. Tandem in carcerem conjectus
et haereseos accusatus, Lideciain ductus est". Qnid illo factum
sit nescimus.
Institui proticisci in GaUiani intra mensem, at maxime vc^llcni,
si fiei'i poss(^t, antequam ireni, habere tuum consilium. >Sunt
milii multa negotia, cum Evangelii, tum mei ipsius causa : qui-
bus expeditis, Deo Yolent(\ niox revertar, etj^er te ad Lutherum
ïbo -'\ Haec mecum delibero, nesciens quid Deus disponet. Faxit
*® Voyez sur la distribution de la sainte Cène aux malades, la lettre de
Farel à Calvin du 21 avril 1544.
^^ Vu la décision prise à Lausanne vers le milieu d'octobre ou le
24 novembre 153G (IV, 188, renv. de n. 5).
^^ Ici, dans rédition de Brunswick, nouvelle interruption du texte jus-
qu'à la date.
*^ Erreur. Cf. Ernest GauUieur. La Réformation en Guyenne, 1. 1, ji. 64-75.
29 Aymon de In Voye (X" 1149, fin de la note 18) ?
^* Dans sa Biographie à'EstieHne Dolef, .Joseph Boulmier donne in-
extenso les titres des livres im]irimés par cet humaniste.
^^ « Dolet recourut à la clémence royale.... Mais il ne dut son salut et
sa liberté qu'à Fintervention de Pierre du Chastel, alors évêque de Tulle.
A certain cardinal (probablement François de l'ournon) qui lui re])rochait
de prendre fait et cause pour des misérables,.... du Chastel répondit : « .J'ai
« pour moi l'exemple des Apôtres et de tous ceux qui, par leur sang, ont
« cimenté l'édifice de notre sainte Église. Il m'apprend, cet exemple, que le
« véritable rôle d'un évêque consiste à détourner l'esprit des rois de la
« barbarie et de la cruauté, pour le porter à la mansuétude, à la clémence,
0 à la miséricorde. Vous donc, qui m'accusez d'oublier mon titre de prélat,
« sachez, monseigneur, que je puis à plus juste titre, rétorquer cette accu-
« sation contre vous : Nous sommes deux ici d'opinion contraire. Eh! bien
« l'un remplit le devoir d'un prélat : c'est moi; l'autre fait le métier d'un
« bourreau : c'est vous ! » (Vie de P. du Chastel, en latin, par Pierre CJal-
land, 1674. — Procès de Dolet. — Boulmier, o. c, p. 220-223).
Le roi fit grâce; mais malgré ses lettres de rémission (juin et 21 sep-
tembre 154.8), Dolet ne sortit <le prison que le 1.3 octobre suivant.
304 GUILLAUME DE FURSTEMBERG AU CONSEIL DE BERNE. 1543
Deus, si in rem Ecclesiae siue futiirinu sit, i)ormittat : sin minus,
impocliat. Hsec snnt quœ volni ad te scribere. Denm Opti. Maxi.
oro, nt te servet à malo et aperiat tibi ostium, ut Evangelium
longé latèque i)ropagare et pi'omulgare ])Ossis, ad gloriam
divini nominis et proximi a'dificationem. Amen. Amen. Amen.
Si sit aliquid in quo possis opéra mea uti, obsecro te ut uti dig-
nei'is, et gratissimum mihi feceris, Sum enim totus tuus. Datum
Novse Yillse 27. Martis 1543.
(Inscriptio :) Doctissimo viro Gulielmo Farello ^\
1246
GUILLAUME DE FURSTEMBERG ail Goiiseil de Berne.
De Strasbourg, 29 mars 1543.
Inédite. Manuscrit original. Arch. de Berne. Copie communi(iuée
l)ar M. B. de Sinner.
(traduit de l'allemand.)
Nous, Guillaume, comte de Furstemberg, nous vous infor-
mons que diverses circonstances, et surtout la prédication du
salutaire évangile de notre Sauveur Jésus-Chi'ist, nous ont
obligé de nous mettre en état de légitime défense et de mainte-
nir dans leurs convictions chrétiennes quelques personnes de la
cité de Metz, qui en avaient été exilées à cause de ce même
Évangile '. Mais, dès le début, alors que nous étions à l'œuvre et,
en apparence, près de réussir (ce (iu(^ nous aurions sans doute
obtenu avec Taide de Dieu), les conseillers et ambassadeurs en-
voyés i)ar LL. EE. les nobles princes et seigneurs Ulric, comte
^' Veut-il diro : en passant par Strasbourg et Metz, — ou : j'aborderai
Luther, moyennant votre recommandation? C'est peut-être àe. L'Archer
que ])ail(' Farel au commencement de sa lettre du 81 mai (N"' 1240). De
son voyage en France, nous ne savons rien.
"^^ Farel dut recevoir à Strasbourg la présente lettre. Il a écrit au-dessous
de la suscrijition : « Jo. Arcquerius. »
* Nous avons indiqué d'après Paul Ferry les noms de ces exilés (N" 1165,
note 2).
1513 GUILLAUME DE FURSTEMUERG AU CONSEIL DE RERNE. HOo
do Wurtemberg, Philippe, laiulgravc de liesse, nos gracieux
Seigneurs, et aussi ])ar les deux honorables \\\\i}^iXQ Strasbourg
et de Francfort, se sont interj)Osés avec tant de zèle entre nous, '
(Tun côté, le Conseil de la ville de MAz et les susdits exilés, de
Tautre côté, que, le Kl niai's dernièrement écoulé, nous nous
sommes, grâce à eux et ])ar une convention bilatérale-, uns à
l'abri de toute affaire litigieuse, et que cette convention sert et
est ap{)licable immédiatement ])Our tout dommage qui, auti-e-
ment, serait irréi)arabl(\
C(>i)endant, pour ce qui regarde la salutair(> doctrine de notre
salut, elle devait être à Faveinr enseignée et prêcbée libi-ement,
purement, comme il convient, en indicpiant le contenu de la
convention.
Là-dessus, nous aussi, nous avons été contraint de congédier
nos hommes de guerre et de nous retirer dans notre i-ésidence
habituelle ', pour y attendre le résultat de la susdite convention.
Mais, sur ces entrefaites, et par diverses causes à nous incon-
nues, — peut-être pour le plus grand bien de la ville de Metz'\
— les ambassadeurs ont consenti, encore pour un temps, à dif-
férer jusqu'à plus ample examen, la publique prédication du
saint Évangile. ÎNIais [alors] beaucoup de bons chrétiens de Metz,
poussés par un véritable zèle i)0ur Christ, noti-e Sauveur, n'ont
pas voulu aller à la sainte Cène et célébrer le jour de Pâques
selon les cérémonies papistiques, mais suivant la véritable
institution et Toi-dre du Seigneur, et conformément à l'ordon-
^ Concluo à Poiit-à-Mousson et coutinnéc à Metz le KJ mars 1543.' >■ ()ii
accorda deux choses au Comte de Fursfeniberg. La première : que les
citoyens de Metz et nommément les Ecclésiastiques luy feroient réiiaration
d'honneur, en disant que ç'auroit été injustement et à tort que l'injure
dont il estoit question luy avoit été faite [N" 1137, n. 9], et qu'ils ne le
tenoient i)Our autre que jjour un Comte honorahle,... et que réciproque-
ment le Comte se contenteroit de cette satisfaction... La seconde, qui estoit
la principale, voire la seule chose que ce Comte ])réteiidoit, fut qu''H y
aurait de là en avant un Ministre ou un Prédiamt qui, avec toute
liberté, prescheroit la doctrine de Putlier dans la rillc : à quoy les députez
de Metz consentirent enfin laschement » (]\Ieurisse, o. c, p. 76-77. —
Nimsgern, o. c, p. 90-99).
* Non à Gorze (car tout annonce que le comte Guillaume n'y était pas
le 2.5 mars et jours suivants), mais probablement à Strasbourg, où il pos-
sédait une maison.
■* Dans l'original : villeicht vmbs bestcn willen der St<att Metz.
T. VIII. 20
306 GUILLAUME DE FURSTEMBERG AU CONSEIL DE BERNE. 1543
iianco de la primitive Église chrétienne. Ils se sont transportés,
au nombre de plus de deux cents personnes, hommes et femmes,
à Qorze, situé à deux milles •' de là, pour y recevoir, le jour de
Pâques passé, la vraie et chrétienne sainte Cène.
Nous y maintenions dans ce temps-là, pour la i)rédication et
Tadministration des saints sacrements, le Docteur Gnïllmmie
Farel, qui précédemment avait aussi été chassé de Metz pour
la même cause. Lorsque ces pauvres gens se furent unis à
Christ, le Seigneur, et furent devenus ses disciples en recevant
son corps et son sang, ils allèrent prendre leur rejjas du inati« ^.
Et, au moment où ils étaient assis à table, M' d'Auniale, ttls du
duc de Guise', profitant de ce que les portes n'étaient pas gar-
^ Plus exactement, deux milles allemands.
® On lit dans les Chroniques messines, p. 863 : « Après avoir ouy et
veu le d. mystère de la Cène, s'en allèrent prendre leur réfection au logis,
sans jjenser à nul mal. Les bourgeois de la d. Gorze fermèrent les portes
de la ville ce pendant que les bourgeois et bourgeoises de Metz disnoient,
qui n'eurent pas à moitié disné qu'il fallut payer l'escot par contrainte :
et l'hostesse dist qu'ils se hastassent et .sortissent hors du logis, et qu'ils
auraient tantost ung aultre escot. Les d. bourgeois et bourgeoises sor-
tirent hors du logis, ne pensant à nulle trahison. Tantost vinrent force
Français, à cheval et à pied.... et dirent : Tue! tue ! »
'' Claude de Lorraine, duc de Guise, fils du duc René II et frère d'An-
toine qui régnait alors sur la Lorraine. Il naquit le 20 octobre 1496 et il
fut envoyé de bonne heure à la cour de France, où il épousa en 1513
Antoinette de Bourbon. Il était parent de François I par sa mère, Philippe
de Gueldre, cousine germaine de Louise de Savoie. Le roi, en récompense
de ses brillants services militaires, érigea son comté de Guise (janvier
1527) en duché-prairie.
François de Lorraine, fils de Claude et comte d'Aumale, né le 17 fé-
vrier 1519, fut créé duc d'Aumale en juillet 1547. Il devint le second duc
de Guise après la mort de son père (12 avril 1550). C'est le même Fran-
çois de Guise qui provoqua la première guerre de religion, en présidant
au massacre des Évangéliques de Vassy, assemblés dans leur église
(1" mars 1562). Voyez René de Bouille, op. cit., I, 46, 50, 51, 53, 85, 175,
213; II, 172-70.
Le biographe des Guises ne mentionne nulle part l'expédition de Fran-
çois d'Aumale contre la ville de Gorse. Cette expédition, entreprise à
l'instigation du cardinal Jean de Lorraine, servait, à couj) sûr, les intérêts
de François I, en ex])ulsant d'un j)oste voisin de Metz la garnison de
Guillaume de Furstemberg; car le Roi ne pouvait ignorer, au mois de
mars 1543, que ce prince désirait rentrer au service de l'Empereur (Voy.
la n. 8 et le N" 1235, n. 16).
loi3 GLILLAUME DE FLRSTE.MBERG AU CONSEIL DE BERNE. 307
dées, ost tom])é sur notre hourg de Gorze^ avec un ^nuul uouihrc
de cavaliers et de lansquenets, Français et Lorrains (comme on
nous l'a rapporté), et, sur Theure, jjar deux fois, il a fait som-
mer par un trompette notre château, pour qu'il pût s'emparer
du i)rédicant FareJ, et il a ordonné de le faire sortir et de le
livrer à M' de Guise '\ En outre, il a commandé aussitôt de
traiter les hoiirgeois de Metz, hommes et femmes, a.\ec une tyran-
nie inouïe jusqu'alors. Et là-dessus il criait : 'i Où sont ces
infâmes hérétiques f Noîis avons l'ordre de -les égorger tous. Pas
de xmsonniers ! H faut contraindre les bourgeois du hourg à dé-
noncer les gens de Metz. »
Quelques femmes enceintes ont su])i des traitements si odieux
qu'on dit qu'elles en sont mortes'". Une partie d'entre elles ont
été poussées dans la Moselle, et lorsqu'ils ont vu qu'elles pou-
vaient se sauver à la nage, ils les ont })réci])itées au fond de l'eau
à coups de pierres". Les autres ont été conduites à Pont-à-Moas-
son '^ On ne sait encore ce que sont devenus quelques-uns des
' Selon J.-B. Nimsgern, p. 59, qui fait du comte Guillaume le 63"'" abbé
de Gorze, ce seigneur aurait « reçu du Roi, eu 1542, l'abbaye de ce nom
pour récompense. » M' Chœueis, archiprêtre de Gorze et ancien greffier de
la Justice, affirme dans une lettre rejjroduite par les Chroniques messines,
p. 862, que le comte Guillaume « s'empara de la susdite abbaye pour
faire son amas de trois mille lansquenets pour le service de PVançois I. »
— Nous croyons plutôt que le Roi la lui avait cédée, en garantie d'une
somme prêtée par le comte.
Lorsque les princes protestants signalèrent à ce monarque les actes de
cruauté commis le 25 mars 1543 par le comte d'Aumale, Franroi'< I Unir
répondit, le 27 mai, que c'était une calomnie de î'urstemberg; « casfellum
Gorsam suse ditionis esse..., certis conditionibus Fursfembergio traditum :
quibus ab illo infractis turbarum occasio enata sit, sibi verô juris Regii
tuendi nécessitas incubuerit » (Seckendorf, III, 399).
® François de Lorraine, comte d'Aumale, ou son père le duc de Guise,
avait, disait-on, promis deux cents couronnes à celui qui égorgerait Farel
(S" 1222, p. 328).
*" Ni les Chroniques me-^sines ni Farel ne donnent ce détail, qui a
passé d<' la présente lettre dans le récit de Seckendorf (III, 400), mais
à tort.
^^ Les Chroniques messines mentionnent « une de ces bourgeoises,
nommée Barbe, la revenderesse,... avec sa chambrière. » Elles furent laj)i-
dées et poussées au fond de l'eau, <• près du pont de Joiey ■> (Jouy-aux-
Arches, à 10 kii. N.-E. de Gorze) par des gens de la ville d'Aiicey (Ancy-
sur-^Ioselle).
308 GUILLAUME DE FURSTEMBERG AU CONSEIL DE BERNE. 154^^
hommes. Un certain nombre de bourgeois messins, hommes et
femmes, auraient péri s'ils ne s'étaient pas réfugiés jusque sur les
ponts[-levis] près de notre château. Ils ont été sauvés et recueillis
dans la forteresse par notre garnison, qui tirait à outrance sur
les Français et les Lorrains. De plus, quelques bourgeois de
Metz qui avaient été indignement blessés et qui avaient su se
tirer du danger, les ennemis les ont poursuivis et immédiate-
ment pendus aux arbres, tout près de la ville de Metz. Item, ils
ont assommé et tué ceux qui, le jour suivant, s'étaient réfugiés
dans les villages, et de même ensuite ils ont infligé beaucoup
d'outrages, le jour de Pâques et le lundi, à ceux qui sont sortis
de la forteresse afin de parlementer avec eux, et, au lieu de tenir
la foi jurée, ils ont tiré sur eux et les ont faits pi'isonniers et
emmenés. Cependant les nôtres, tnalgré leur mousqueterie et la
bravoure qu'ils ont déployée, n'ont pu rester ni dans la for-
teresse, ni dans le bourg, ni dans les rues, ni dans les maisons,
où les ennemis ont encore recherché ceux de Metz; et ils ont dû
évacuer le lieu avec perte '^ Ajoutons que, relativement à M' de
Oiiise, qui sur ces entrefaites se tenait et se tient encore à Pord-
à-Mousson, ville du duc de Lorraine, nous avons dû, écrivant à
la hât(\ négliger plusieurs détails que vous recevrez de nous
prochainement.
Donné à Strasbourg, le jeudi après Pâques, Tan, etc., qua-
rante-trois.
'^ « Sept ou liuit bourgeoises furent prises et eiinienées au Font à
Mousson. Les maris d'aulcunes de ces femmes estoient au d. lieu de Gorze,
qui estoient bannis hors de la cité pour la paroUe de Dieu. » (Chroniques
mess. — Voyez le N" 1222, note 36).
'8 Le 28 ou le 29 mars (X" 1222, n. 46). Dans sa lettre du .31, le comte
Guillaume dit, par erreur, que la forteresse de Gorze tient encore.
« Peu de temps après, environ quinze jours ou trois semaines, vinrent
les Bourguignons en la d. ville de Gorze, de force,... et jirindrent le chas-
teaul d'assault; et y avoit encor des François dedans... avec aulcuns des
d. bourgeois de Mets, qui s'estoient mis à refuge là dedans. Tonttesfois ilz
se rendirent..., leurs baignes [1. bagues] saulves, et furent laschés. Mais...
les d. Bourguignons pillèrent tout ce qui estoit en la ville... et fut force
aux bourgeois de sortir hors la ville. » (Chroniq. cit.)
•1543 GUILLAUME DE FURSTEMRERG A SON AMBASSADEUR EN SUISSE. 309
GUILLAUME DE FURSTEMBERGà soii ambassadoui' en Suisse.
(De Sliasbourg) 31 mars 1543.
Inédite». Mamiscrit original. Arch. de B(>rno. ('opio
communiquée par M. R. de Sinncr.
(traduit de l'allemand)
Voici les choses dont notre ambassadeur' doit informer ora-
lement les villes de Bâle et de Berne.
D'abord leur adresseï- notre amical salut et les assuinu- de
notre bon vouloir empressé. Et [dire] ensuite : Il est arrivé l'an-
née dernière. 1542, qu'un prédicant, nommé le Docteur Guil-
laume Farel, ministre de l'église de Neuchâtel et bourgeois de
€ette ville, a été requis par quelques personnes de la cité impé-
riale de Metz d'y i)rêclier le saint Évangile -, Et, ainsi que cela
avait déjà en lieu à Metz quelques fois, grâce an consentement
de ceux de Neuchâtel, qui y avaient envoyé [un prédicateiir'^],
Farel s'y est transj^orté. Mais comme le monde ne veut point
su])i)orter la vérité divine, ce })rédicateur a dû s'éloigner de
Metz, et, sa vie n'étant pas en sûreté dans la contrée. Nous,
Guillaume, comte de F?irstemhery, etc.. — ])0ur riionneur de
Dieu et par amour pour la sainte Parole, et aussi afin de remlre
un service amical à la Loua])le Confédération, attendu que Farel
nous a prouvé qu'il était bourgeois de Berne'*, — nous l'avons
recueilli dans notre château de Gorze, où nous l'avons, avec
^ C'était « son cher et féal Philippe Hosen, » qu'il accrédita auprès du
Conseil de Berne ])ar un l)ill(>t daté du ol mars et sitrné de sa main (Arch.
bernoises).
^ Olivier Perrot (manuscrit cité) dit aussi quf Farel fut « appelé » à
INIetz.
^ Jean Courfoi-^ et Jacques- le Coq, lesquels avaient prêché à Metz
avant Farel, n'étaient ])()iMt i)asteurs dans le comté de Neuchâtel.
•* Guill. Farel ne pouvait avoir le titre de bourgeois de Berne qu'en sa
qualité de bourgeois de Bien ne et de Neuchâtel (IV, 45?). — Boyve.
Annales, II, 313).
310 GUILLAUME DE FURSTEMBERG A SON AMBASSADEUR EN SUISSE. 1543
l'aide de Dieu, protégé jusqu'à présent contre toute violence.
Nous l'avons aussi dès lors autorisé, comme de raison, à prêcher
le salutaire Évangile et à distribuer les saints sacrements : ce
dont il s'est acquitté chrétiennement ])endant un certain temps.
Or, le jour de Pâques dernier, près de trois cents personnes,
hommes et femmes de Metz, sont venus à Gorze, qui en est dis-
tant de deux meïlen, pour y recevoir, selon l'institution de notre
Seigneur et Sauveui-, la sainte Cène, qui y a été en effet célébrée.
Et comme ils prenaient ensuite leur repas, dans l'intention de
retourner à la prédication jjour l'heure de midi, le fils du duc
de Guise, accompagné d'un grand nombre d'hommes à cheval,
est tombé sur notre bourg de Gorze. Il a exigé l'ouverture de la
forteresse et la reddition du prédicaiit : ce que nos gens de la
garnison, bien qu'ils soient encore rudement et rigoureusement
assiégés, ont refusé jusqu'à présent de faire ^
En outre, et le même jour, ils ont infligé aux bourgeois de
^lotz, hommes et femmes, les traitements tyranniques et anti-
chrétiens qui sont décrits dans la pièce ci-jointe" d'après un
raj)port digne de foi.
A raison de toutes ces circonstances, et vu la situation de
votre bourgeois et les actes honteux et déplorables perpétrés
contre les Messins, il nous paraît que la Louable Confédération,
étant un État chrétien, ce serait, de sa part, une action néces-
saire et chrétienne d'en écrire sérieusement aux cantons et à
leurs alliés, et de la manière la plus instante, en indiquant ce
(|ue l'affaire exige, ainsi que nous espérons de vous tout bon
résultat consolant.
Fait le dernier jour de mars, l'an, etc., quarante-trois.
Guillaume, comte de Furstemberg '.
^ Ce détail prouvo que, le 31 mars, jour où le comte Guillaume dictait
les présentes instructions, Farel, fugitif de Gorze, n'était pas encore
arrivé à Strasbourg.
8 N" 1216.
' L'ambassadeur du comte Guillaume se présenta, le lundi 9 avril, devant
le Conseil de Berne, et, a])rès avoir lu ses instructions, il ajouta : Les gens
de guerre ont rendu le cluiteau [de Gorsé], mais on les a laissés se retirer ;
et, comme pendant la retraite, les Français ont voulu s'emparer de Farel,
les gens de guerre se sont mis en défense et défendus de telle sorte, qu'ils
ont tiré de là Farel, qui est maintenant .à Strasbourg . — On lui a
iS43 LE CONSEIL DE STRASBOURG AU CONSEIL DE METZ. 31 1
1218^
LE CONSEIL DE STRASBOLUG au Gonseil de Metz.
De Strasbourg, 5 avril 1543.
Meurisso, op. cit., p. 83-86 '.
Honorables, liion aymoz et bons amys, Salut.
Après avoir considéré avec les Conseilliors des Princes et des
Villes et les nostres, les difficultés et noises qui sont entre l'il-
histre Seigneur, le Seigneur Guillaume, Comte de Furstemherg,
et qiielqiies personnes ])artimdih-es de devers vous, avec comman-
dement d'y travaill(>r sérieusement et avec diligence, et faire ce
qu'il seroit possible jjour Tadvancement de l'honneur de Dieu
et pour la prospérité et utilité de vostre ville de Metz, comme
nous vous avons mandé cy-devant par escrit, — nos députés et
envoyez, à leur retour, nous ont fait entendt^e ce qui s'est passé,
mesme ce ciui a esté ordonné, et particulièrement que vous avez
accordé à vos Bourgeois la demande qu'ils faisoieyd d'avoir une
Église pour y presclier la parolle de Dieu ^, et, en ce cas, que
vous vous estes comportez avec une affection juste et raison-
nable ; et pour Vautre chef, concernant vos Bourgeois déchassez et
la somme d'argent demandée sur vos Ecclcsiastiques X)ar le dit
Comte, que vous l'avez mis en. arbitrage^. Nous avons entendu
répondu : Cette afKiire cause un très grand chagrin à mes Seigneurs. Ils y
penseront et feront volontiers ce qui sera convenable; mais ])uisque le
Comte veut les renseigner ultéricureinent, ils attendront ses coinniuiiica-
tions. (Manuel du d. jour. Trad. di' l'ail.)
A ce sujet, il y eut plusieurs lettres échangées entre le comte Guillaume,
d'un côté, et les Conseils de Bâle, de Berne, de Zurich, de l'autre, et aussi
entre ces Conseils eux-mêmes. Mais il ne parait pas que ces pourparlers
aient abouti à une démarche faite en commun, soit auijrès du roi de
France, soit auprès du duc de Guise.
* Note de l'auteur, à la marge : « Le ))i-opre original l'u Allemand est
entre les mains du sieur di- Mercure. »
^ Voyez le résumé de la conventimi du Kl mars 154o (N" 121G, n. 2).
* Ces deux autres réclamations furent examinées le 21 mai à Strasbourg
j)ar les députés de Metz et ])ar ceux des Princes allemands. Le pratocole
/■
312 LE CONSEIL DE STRASBOURG AU CONSEIL DE METZ. 1548
cela avec contentement, attendu (ju'il regarde et concerne la
paroUe de Dieu, avec cela aussi la bonne affection qu'avez envers
les nostres et les autres de nostre Confédération : de quoy nous
vous remercions bien affectueusement, vous asseurants entière-
ment que la suitte ne vous apportera et à toute vostre Ville qu(»
du proutïit, tant ])0ur le salut des âmes que pour la manuten-
tion d'une bonne union entre les Bourgeois, puisque c'est une
œuvre aggréable à Dieu.
Nous ne vous cellerons pas aussi ce qui i)résentement est par-
venu à nostre connoissance, qu'outre le misérahle accident qvi
est arrivé et survenu à des imuvres CJirestiens, vos Bourgeois,
estans à Oorze*, qu'il y a quantité de cavalliers qui rôdent aux
environs et à l'entour de vostre Ville, rençonnans les Bourgeois
qui entrent et sortent d'icelle, et que tous ceux qui sont affec-
de leur conférence a été partiellement recueilli en français (Arch. de
St.-Tlîomas à Strasbourg), et les nouveaux éditeurs de Calvin l'ont publié
dans leur tome XI, p. 555-557. Nous en donnons un extrait, en rétablissant
çà et là l'orthographe de l'époque.
Les députés de Metz, sous réserve de l'approbation de leurs supérieurs,
accordent « que les treize bannis soient receus dedans la ('ité... de jiar le
Conseil franchement à leurs honneurs, offices et charges, esquels ils
estoient au]iaravant. Et ne leur doit-on ])orter dommaige nullement, ne
blessure de leurs honneurs, estât, ou à leur lignée, de ce qu'ils s'en sont allés
au sermon de la parolle de Dieu. » — « Puis que le Conseil de Metz est
tenu de faire prescher V Évangile tout franchement à jNIets, sans aulcun
empeschement, ainsy que le premier départ [celui du 16 Mars, N" 1216,
n. 2] faict au dit lieu de Metz contient, veu donc que la place que l'on
leur a donnez est trop petite, et que pour satisfaire à une telle commu-
nautez une seule personne n'est point suffisante, et que une chacune église
pour l'administration des sacrements doit avoir ses ministres suffisants,...
il ne doit estre contre le Conseil de Metz de faire ordonner plaice et
église plus convenante et suffisante, Et avec ce dussent [estre] trois per-
sonnes et aultres personnages assez suffisants à l'administration des sacre-
ments et aultres ordonnances de l'église. » — « Que le prescheur papistique
nommé Carolus... soit ostez de prescher. Et s'il ne leur ]ilaisoit de le faire
taire,.... qu'il faice doncque tant avec le d. Caroly qu'il mainteigne ce qu'il
ait preschez. Et qu'il donne raison de ses blasplièmes, et que ceulx qu'il
ait accusez soient ouys. » — «Et doit une chacune partie, dedans xiiii jours
après la date du départ, escripvre et asseurer le Landgrave de Hessen et
Messieurs de la cité de Strasbourg sy les ditz moiens leurs sont accep-
tables ou non. Escript le xxi jour de May 1543. » (Voyez la lettre de Metz
du 1" juin au Conseil de Strasbourg. N" 1242.)
* Vove/. les li'ttri's du 2i). du 31 mars, et celle de Farel du 20 avril.
1543 LE CONSEIL DE STRASBOlRo AU CONSEIL I)K METZ. 3 1 ;{
tioniK'z à rÉvaii.uilc se trouvent dénommez particulièi-enient en
leur billet, et qu'ils les prennent et emmènent, laissant i)asser
librement les autr(>s. Avec cela (luil v a h h Prédicateur' ordonné
en vosfre Ville, lequel ixir sa prédication ccdançje et hlasme ceux
qui sont du 2)((i'tl/ de l'Évangile et les injurie', ce qui cause des
dissentions et castilles entre les Bourgeois, et fait grandement
soubçonner que cela se fait à Tinstigation des susdits PiCclésias-
tiques. Ces actions sont non-seulement contre l'honneur de Dieu
H esmeuvent son ire et de suitte sa vengeance, mais encoi-. si l'on
ny donne ordre et si l'on n'y appoi-te ([ueUiue remède, l'onpour-
roit justement et raisonnal)lement i)rocédei' envei-s les contra-
riants. Et d'autant que ce sont des tribulations, calamitez et
fascheries que l'enragé Sathan oppose aux enfans de Dieu jjour
les destourner de sa doctrine et connoissanc(\ (>lles pourront
estre empeschées fort facilement par la ])uissance Divine et par
une constance, veu que d'elles-mesme elles peuv(Mit tomber en
ruine.
Nous n'avons peu nuuKpier derechef pour la bonne attection
Chrestienne et voisinage que nous avons dès long-temps con-
tracté avec vous, de vous advertir de ces choses, et avec une
sincère et Chrestienne affection vous admonester et i)rier affec-
tueusement vouloir constamment demeurer et persévérer en ce
que vous avez commencé, concernant le service de Dieu : d'user
de toutes les voyes (^t moyens que vous trouverez et jugerez
plus à propos en cette affaire, à ce que telle opi)ression faicte aux
Chrestiens innocents, ])ar vos Bourgc^ois puisse estre empeschée
et réprimée; pareillement aussi d'insister aujjrès et envers les
Ecclésiastiques qu'ils se [déjportent de buirs actions et (pi'ils
ayent à congédier leurs Prédicateurs qui i)resch(>nt contre les
partisans de rÉvangil(\ ou du moins qu'ils se déjjortent de leurs
mesdisances et calomnies, et ne donnent aucun sujet de troubles
^ Allusion à Pierre Caroli. ]\Ioiirisso ffardo à son sujot un siloiirc ])rn-
dciit; mais il vante d'autant ])lus (p. 82) un autre prédicateur : <■ Ce docte
personnage de l'ordre des Pères C'ordeliers, nommé Fidelis. qui a voit
un peu rabattu le caquet de Fnrel à Gorze, ])reschoit alors dans la cathé-
drale de Melz avec un tel succès, que non-seulement il contenoit ceux qui
n'estoient point eucor pervertis...., mais mesmes il reniettoit tous les jours
dans le bon chemin quel(iues-uns de ceux qui s'en estoient esgarez. Les
Luthériens en crevoient de dépit, etc. »
314 LE CONSEIL DE METZ AU CONSEIL DE STRASBOURG. 1543
et clisJ^entions, et de vous comporter en tout cela courageuse-
ment, pour radvancement de la gloire et honneur de Dieu et
pour le proffit et utilité de vous et de vostre Ville et de vos Bour-
geois, comme une justice qui ayme Dieu se doit monstrer et
comporter. Dieu vous aydera à accomplir cela pour son honneur
et pour vostre prosj^érité. Que si les Électeurs, Princes et Estats
de nostre union Chrestienne, et nous avec eux, vous pouvons
assister de conseil et consolation, cela (comme nous espérons
entièrement) ne manquera en façon que ce soit. C'est ce que
nous n'avons pu vous dissimuler ny celer, comme à nos bons
amis et voisins, et à une Ville ancienne et Impérialle, laquelle
Dieu Tout-])uissant vueille conserver à son honneur en toute
prospérité. Donné le Jeudi 5 Avril de l'an 1543.
Les Commissaires de la guerre de la ville de Strasbourg
NOMMEZ LKS TrEIZES.
1219
LE CONSEIL DE METZ au Consell de Strasbourg.
DeMelz,9avrill5i3.
Meurisse, op. cit., p. 86.
Aux honnorables, saiges, nos singuliers, chiers et bons amis les
Treizes ordonnez de la guerre en la Cité de Strasbourg, les
Maistre Eschevin et Treizes jurez de la Cité de Metz, amour et
dilection.
Nous avons receu vos lettres en datte du cinquième de ce pré-
sent mois, du contenu desquelles vous tenons recors, vous
remerciant amiablement en premier lieu du bon vouloir, affec-
tion et admonitions démonstrées en icelles vos lettres. Sur quoy
vous faisons sçavoir qu'à nostre gros regret ne voudrions endur(n'
qu'on fît aucun tort à nos Bourgeois et sujets, ains les maintenir
en leur liberté et franchise' . Pourroit estre qu'on les arreste
' 3DL (le Metz se gardent liien de faire allusion à ceux de leurs boiu--
geois tués ou maltraités à Gorze, le 25 mars et jours suivants.
1313 GASPARD DE HEU A GtILLAL.ME FAREL [A STRASB01Rg|. 315
aucune fois, à raison que sommes sur tVontière; mais nous, ad-
vertis de ce, faisons j)Oursuittes de les ravoir, et ne sont seule-
ment arrestez (saulves toutes honneurs) ceux (lui sont appétans
la sincère ])arolle de Dieu, comme escrivez, ains aussi autres
qu'appeliez contraires et adversaires, indifféremment. Quant au
Prescheur que dictes estre en cette \'ille ])rescliant chose con-
traire à icelle Évangih^ -, ne voudrions endurer bonnement de
nostre part que chose fût preschée contrevenante à icelle. Nous
avons tousjours remonstré et ])rié à nos.jjrédicants dès loing
temps ne vouloir ce faire; autrement, y voudrions donnei- ordre
et provision raisonnable. Ce sceit le benoist Créatcnir, que
prions à vous, chiers et bons amis. [il| doint l'entier de vos
désirs. De Metz, ce 9. d'Avril, l'an 154o.
1^20
GASPARD DE HEU* à GuUlaume Farel [à Strasbourg.]
De Metz, 10 avril 1543.
Inédite. Autogr. Collection Lutteroth. Bil)l. du Protestantisme
français. Copie communiquée j)ar M. Théoj)hile Dufour.
Monsieur maître (niiglame, je suy étez bien aize de ce que j'aie
entendus que vous vous porty bien, et que aulchunne oultraige
ne vous avoit étez faict aux lieux de Goze. Je vous asseure que
je suy bien aultant vostre amis que se les gens de mon dict sei-
gneur Cont[e\ eust encors tenus, alors que j'étoie du retours de
Strahours, où que j'avoie allez serchiers aidz et secours, [étant
résolu ] d'y (>xposers corps et bien -. Aussy étoient tous les frers
^ Pierre Curoli. Selon Meurissf, p. 8o, c'était Fideli.s {'S" 1218, ii. ôj.
^ L'ancien maître-échevin de Metz, déjà mentionné plusieurs fois. Même
en tenant compte des provincialismes des Messins, on est surpris de son
pitoyable français.
^ Nous snpjiosons qu'il vent dire : J'ai bien autant d"aniitié jmnr vous
qu'en auraient montré les gens du comte GniWmme de Fursttinljcrg, s'ils
eussent tenu lion à Gorze jusqu'au moment où j'étais de retour à Metz, et
tout disposé à vous secourir.
316 GASPARD DE HEL A GUILLAUME FAREL [a STRASBOURG.] 1543
par deçà en telle délibération contre ses méchant, ])ire que
Turcque.
Je vous avize que, sen Messieurs les Protestant, n'y métré
ordre, veuz les grand obrobre quMlz^ ont faict et font journelle-
ment. Je ne scez se que j'an doie panssère, se en cet foy ne font
leurs debvoire, et aussy tous les adversaire de Jésucrist critz [1.
crient] journellement : « Où e\s]t leurs Dieu quilz ont tant invo-
qués ? » J'étoie en délibération dn me transporters jusque à
Strahourg, mais j'aie receu])t une lettre de Messieurs de Stra-
hourg, lesquelz me conseigle aux contraire, i)our la consolation
de tous les frers de i)ar deçà, combien que journellement suy en
gran basart de ma personne, comme vous pouvez bien attendre ^
Les Françoy sont en délihération de me venirs aujourd'huy hrû-
lers tous mon bien et de tous mes ])uavre sonhjet^. Quant en mes
bien, je vous asseure que je en aie bien peux de soucy; mais s'on
me tient se que on m'at promis, vous orés nouvelle, avec Faidz
de Dieu, que Jaspar de Heux n'é point encors mors.
^lonsicui-. ajjrès moy avoire recommandez très humblement
à vous et à tous les frers, je vous prie tenirs la main envers
Messieurs de Strahourg qui^ assistence me soit faict, veu et
attendus qu'ilz ont écript en cet citez, qu'ils ont cherge de che-
tiers ceux qui eux dist luterin ^ Je prie nostre Seigneur Dieu
vous donners joïssemcnt et accomplissement de tous vos bons
dezire. De Mets, ce mardi ensuivant de Misericordia ', xv^sliii.
Je dezireroie bien de jjarlers à Jaspar Gamaut et à Jehan
Pière Martin et à Querquinne^, pource que je suy délibérez de
plustôt morire ou me vangière de ceux lesquelz je susnommé ^
et scez en la veritez qu'ilz ont étez cauze de cet obrobre en nous
avoire étez faict, et pour ce vouldroie bien attendre hnirs vou-
loire e[t] quelle sort nous vouldroient commanssers.
Le touts vostre et migleurs amis
Jasp. DE Heu.
' C'est-à-dirp, les soudards du duc de Guise.
* Lisez : entendre.
^ Gaspard de Heu possédait plusieurs seigneuries autour de Metz.
® Charge de châtier ceux qui les a]i])ellent Luthériens.
'' Le dinianclie appelé Misericordia Domirii est le deuxième après
Pâques, fête qui tomba sur le 25 mars en 1.543.
^ Gaspard Gamaut, Jean-Pierre Martin sont déjà connus (X"' 1123,
loi:} JKAN CALVIN A COMlAlt l'ELLICAN, A ZURICH. 317
Monsieur, je croy que vou^ ii'ouljlircz point de faire mes
recommandation à Messieurs de Strahoun/ et Monsieur H((i/-
dernalque^^\ Vous ore/ ])ientôt (1(> mes nouvelle. Et seniant(>-
meiit " Monsieur le docteur soit avertis de tout : a[u|(iuel
grandement ni(^ reconimanderés.
(Siiscriiitioii :) A monsieur maître (Juiglame, jjrècheur de la
sainct évangile, etc.
.JEAN CALVIN à Coiirad Pellican, à Zurich.
De Genève, 18 avril 1543.
Minute orig. Bi])l. Publ. de Genève. Vol. n" loii. ("alv. ()j)|).
XI, .527.
S. Aliquanto seriùs tibi rcspondeo : quia priùs de lïbris quos
petehus^ volebam certi aliquid rescire, quod tibi referreni. Xuiu-
intellexi, nondum fuisse impressos. Si quando im])rimi contige-
rit, curabo diligentci- ut prima quaque occasione recipias.
Officia mea, quacunque in re til)i usui esse poterunt, pluribus
verbis non otf(n'o : quia j)uto te satis persuasum esse, nihil fore
mihi gratins, quàm sicul)i liceat, meain ei'ga te benevolentiam
et observantiam veris experimentis testari. Caeterùm quia scri-
bebas, Buïï'nigerum mecum exequi literis qu;e ad publicas
Ecclesia' rationes i)ertinerent, miratus sum quî factum esset, ut
eâe non siniul allatae essent. Jam verô cum satis multis diebus
1164). Jean Carquien, Vnu des exilés de Metz, en janvier 1543, repaiaitra
plus d'une fois.
® Allusion à ceux des Catholiques de Metz qui avaient excité le duc de
Guise à assaillir traitreusenieut les Evaiigéliques nicssins à Gorze, le
2.5 mars et jours suivants.
^° Le fameux médecin Jean Gulnther ou Gunther, natif iV Andernneh
dans l'électorat de Cologne, mort à Strasbourg en 1574. Il s'était fait con-
naître à Paris, où il avait travaillé longtein])s sur l'anatomie (Voy. Nicéron,
t. Xn, XX. — Lenglet du Fresnoy. Tablettes chroiiol. II, «îi):-}).
" Lisez : signantement (spécialement). Cette dernièri' ])lirase jiarait
écrite d'une autre main.
318 JEAN CALVIN A CONRAD PELLICÂN, A ZURICH. 1543
eïapsis iiullae secute sint, aiit qiias scripsit intorcidisse oportet.
aut consiliiim mutasse. Utinain verô fecisset quod statuerat, ne
eximio voliiptatis friictu, quem inde percipere poteram, priva-
tus essem. Eogal)is tanien eiim veliementer meo noinine, ut si
quando illi per suum comniodum licuerit, hoc mihi beneficium
prœstet. Hal)et enim forsan de quibus me admoneri expédiât.
De Farello quod vobis relatum est^, adeô mihi non est credi-
bile, ut vel capitis mei periculo spondere ausim, nunquam taie
quid])iam illi excidisse ^ Scio enim ut vos amet ac revereatur.
Et certè ipsa verhorum atrocitas satis hono argumento esse
potest, quàm voua sit illa delatio. Si vos leviter et citra gravio-
rem contumeliam i)erstrinxisse diceretur, permitterem aut
fidem habere, aut aliquid suspicari, donec se purgasset. Nunc
verô quale monstrum est, eum qui sem])er fuerit vobis conjunc-
tissimus, qui vos hodie amet ac colat, ea probra in vos evomuisse
quœ inter capitalissimos hostes extrema forent V Tuum igitur
erit, sanctissime vir, sinistram hanc sus])itionem ex fratrum nos-
trorum cordibus penitùs eximere. Praeterquam enim quodinhu-
manum est, et alienum ab omni ratione, hominem inauditum
damnari. injuriam certè faciunt Farello, dum talem eum non
agnoscunt qualem semper sunt experti. Ergo hanc de nihilo
natam malevohnitia? radicem, antequam ulteriùs pullulet, omni
studio et conatu extiri)a, ne sathanœ detur occasio quam captât.
Si FareUus Neocomi esset, non fuissem j^cissus tamdhi cessare,
qidn diligenter se pnrgaret, usque ad solidam satisfactionem.
Nunc autem donec nohis certo consUterit incolumem èfaucihus
niortis evasisse\ Dominum rogahimus, lit eum nohis quàm pri-
mùm restituât : ut aliquando faciat quod erat primo die factu-
rus, si adfuisset.
Est etiam aliud de quo ad te ut scriberem rogatus sum a
Bernardino nostroK Nohis enim fuit indicatum, cujusdamfra-
tris, qui ex ejus sodalitio fuerat, stultitia fuisse factum, ut
istic*^ nonniJiil suspectas sit, quasi aut de trinitate aut de Cltristo
'"^ Voy. lii lettre de Pellican du 3 mars.
^ La i)hrase suivante : « Quàm enim smit illa atrocia ? » a été biffée
par Calvin.
* On n'avait pas encore reçu à Genève des rapports certains sur ce
qui s'était passé à Gorze le 25 mars et jours suivants (N""* 1216, 1217).
' Bernardino Ochino.
1513 JEAN CALVIN A CONRAD PELLICAN, A ZIRICII. 3I'J
minus recte sentiaf. Non aliiul in cjus cxcusationcm aHeraiii, nisi
sim])licit('r rcfcrendo (iiiod vcrinii est. Quoniam ItalicisjJlerisque
infjeum non malfhm Jido, postquam exposuit milii siiiiiu coiisi-
liiim, de diuturna apiid nos lial)itation(>, contuli cuni eo dïligeuter
de singulis jîdei aqntïhus : atqne ita nt vix posset tegere, si in
ullo à nobis dissentiret. Conijyerisse mïJii videor, et, si qiiid
judicii haheo, testari intopossum', cum in, aliis omnihus, finii in
lioc nohiscum prorsàs convenire. Hoc tantùni animadverti, (piôd
niniis curiosas istanini i'<M'nni discnssioncs,-qualcs sunt in sclio-
lasticis, répudiât. Et certè, si expendinuis ([nantiini ditï'erant
aëreae istae sophistaruni speculationes à sol)i'ia et moderata vete-
rnm doctrina, non aliter sentitnnus. Hoc testimoniuin ])io et
sancto vii'O reddere visuni est, ne qna vel exiguœ suspicionis
ninbra apnd vos immeritô aspergatur. Est enini i)nestanti ot
ingenio (^t doctrina, et sanctitate.
Ut finem ïadam. juvenes isti duo ad vos studionon causa pro-
Jiciscimtur^. Quoniam apud nos diu vixerunt et ita se gesserunt,
ut de ii)sorum ])robitate testari audeamus, (>t dignos censeamus
nostra commendatione. peto abs te, mi Pellican(\ nt quam bonis
omnibus humanitatem exbibere soles, illis denionstres. Habent
unde se sustineant mediocri sumjjtu : sed hoc tantùm postulant
ut in rei)eriendo commodo hospitio abs te juventur.
Bene vale, vir milii |)lni'imîim in Domino colende. Saluta reve-
renter fratres omnes, prassertim Bnllingerum, Theodorum,
Megandrum. Dominus vos omnes peri)etuô dirigat in ecclesiœ
miae editicationem. Genevae, 14 ^ calend, Maias. 1543.
** Calvin avait d'ahord écrit vohis.
' Dans l'original : jiossim.
^ Ces deux jeunes gens étaient pfut-être les frères de ce Nicolas qui
avait étudié pendant quelque temps à Lausanne, et que Jean Ribit recom-
mandait à Pellican, le 22 avril (N" 1223, renv. de note 7).
' Le manuscrit ne porte ni adresse, ni coupures, ni traces du sceau.
C'est donc une minute. L'auteur y a fait cinq ou six additions margi-
nales, et il en a moditié la date, qui était d'abord : « li> calend. Maias.
1543, »
320 GUILLAUME FAREL A OSWALD MYCONIUS, A BALE. 1343
1222
GUiLLAmiE FAREL à Oswalcl Mvconius, à Baie.
De Strasbourg, 20 avril 1543.
Copie contempor. ' Arch. de Genève, Calv. 0pp. XI, 529.
S. Le(ji tuas literas, observaiirto- Miclioiii, qnihits mihi gru-
fulrnis de snccesstt Evangelu, qiiod tam languide soquuntur pas-
sini oninos ])enè. Multa sunt quae passim dosidores. Sed in
GalUs mihi dolct reperiri tam miseros ministres, qui, cum non
ob Christum, scd ut oreetis cristis vociferarontur libéré, vale-
dixerunt Pontitici, se tantùni quœrentes, sine disciplina vagan-
tur ' et piis negocium facessunt. et id licet" [diligenter obsista-
musj : quare, ut tôt malis occurratur, vellem liinc incipi et
demum ex verbo Domini progressum fieri.
Meritb mil d passes g ratulari de ecclesia 2Ietensi, xmrtes meas
si executus fiùssem'' : nam non vidi usquam tam ardentem
in plèbe affectnm, et non tantùm in ils qui lectioneaut aiiditione
Verhialiquid norimt de Christo, veriini pontificii qaoque inplehe
* Cette coi^ie, écrite avec beaucoup de négligence, n'a pas été revue par
Myconius. Nous avons essayé d'en corriger le texte, mais nous ne pouvons
espérer d'y avoir réussi partout.
■^ Dans l'édition de Brunswick : Oscalde.
^ On les apjjelait alors ministres coureurs.
* Ajirès licet, le copiste a probablement sauté un ou deu'c mots.
' Dans la copie et dans l'édition de Brunswick : « partes meas si exer-
citus fuissem. » — Nous avons ici l'idée essentielle de la première partie de
i'épître. Farel n'impute qu'à lui-même l'échec qu'il a subi à Metz. » Vous
jiourriez à bon droit vous étonner (dit-il, plus loin, à Myconius) de ce que
j'ai réussi ailleurs, où les obstacles étaient si grands qu'il n'y avait aucun
espoir d'introduire l'Évangile, tandis qu'à 3Ietz, où ils étaient moindres,
je suis réduit à chercher des excuses pour expliquer mon insuccès. Ici des
hommes pieux et ])rudents exagéraient les jiérils, et l'un d'eux, le premier
magistrat, recommandait la temporisation. J'aurais encore d'autres raisons
pour me justifier; mais à (luoi bon des subterfuges, puisqu'après m'être
opposé en paroles à la temporisation, j'ai fini par l'adopter en pratique?"
.Je reconnais donc ma faute, et j'en demande pardon à Dieu. »
1543 GLILLAUME FAREL A OSWALD MYCONIUS, A BALE. 321
lion refugiunt audire, nec inaudifos damnant, neqiie audita
invertiinf, sed candide et loquuidar et judicant juxta id quod
intelligunt. Magims ita affectoriiiii mimonis, adoô ut oliiu iiiagis-
tratiis ciiiii sacriticulis et (|uicquid est j)i*o Pontitice desperarit
de iiiipedi(Mîdo \'erbo. Hîc miraheris me, quein Doniimis
rexit, quod tihi nidlus pêne volehat audire et niJiil eiat spei de
Ver'ho Knquai» adniittendo, priedicarim^', [iUic] Hidlii< nimib
neque prohihetitihus [neque] impediiis, causari sane plura pos-
sim\ Nempe lia^c iiiilii ratio satis fiiis,se[t] nota** [per] viros
graves, prudentes et pios, qui (luàni ojjtiina d(Hlisse consilia
feruntur ^ quique ol) oculos j)()nel)ant ])ericula majora (nain quid
non contingeret pra?dicato Evangelio, reimgnan[til)us]'" tôt et
tani potentil)us adversariisV), scilicet ut suos non tuerentur " et
liostibus non résistèrent''. Pars magistratus qu8e pietati non
iidversabatur, et pra^ci])uus '^ [qui] regebat et jubebat, tacebatad
tempus. Alia sunt, quibus me et onines penè qui ita suadebant
possem ai)ud homines probare non malè egisse, imô consulti.s-
simè et ojjtimè, Sed quid opus est suhterfugia quœrere in ils
quœ sunt Doniini, cum ijjse verhis quihus respondi omnibus, —
subindicans quid facto esset opus, et quàm graviter in Dominum
peccaremus si quid obmitteremus in 0])ere Domini*% — verbis
non subscrihere[ni] '• aliorum senteniise,factis irem^^ in senten-
tiam iinjirobatani ? Ideo est quod ingénue mdpani agnoscani et
veniam a Domino petam plus satis. Vohii'' vitare id cujus ti'a-
ducor, ubi ver])um Domini sequor, à sententia dimoveri non
^ Dans la copie contemi)oraine : nf prœdicarem.
^ Ibidem : neque prohibentilms impeditis, causari sane plura possiint.
^ Ibidem : satis fiim-e nota, viros graves, etc.
' Allusion aux principaux Évangéliques de 3fet£ Çs" 1157, commence-
ment de la n. .3).
'° Dans la copie : euvangilio repugnan.
""'^ Ibidem : sed suos non tuerefur et liostibus non re.sisteref,
'^ Le maitre-échevin Gaspard de Heu (X" 1157, n. 4-5).
" A comparer avec la note 3 du X" 1157.
'° Dans la copie, subscribere. Le copiste ne s'est pas aperçu que, dans
certains temps des verbes, Farel termine la lettre finale ])ar une rondeur,
qui est l'abréviation de la lettre »/.
*^ On lit rei dans la copie.
" Le copiste a lu Xolui. La suite des idées réclame Vohti : J'ai voulu
modérer mon ardeur, renoncer à cette ténacité qu'on me reproche, quand
T. ^^II. 21
322 GUILLAUME FAREL A OSWALD MYCONIUS, A BALE. lo4;5
posse : qiiod si timuissem, boue Christo, qiiando intrassem ali-
quam ecclesiam ?
Intorea pii, diiiu ego taceo '", aguiit ut i)ei' Principes et iirbes
qiiibus Christus atïulsit adjiiventur, ut pacatè et sine sanguine
Evangelium i)ossint habere'" : quod meritô curare debuerunt,
nani Jtiaec média quœ offert Doniinus, quis prudens negligat? Sed
oniittendum non erat plebs, famé Yerbi et i)este gravi laborans,
quin Verbo pasceretur et sanaretur mente, dum corpora conti-
eiuntur tabe -".
Audivisti, ut opinor, me docuisse non procul ah urhe Me-
tensP\ et quùm plehs ardenter accurrerit'^^. Pontificii, canonici,
monaclii et id genus cum magistrahi omnem movenmt Icqndem
ut nie impedirent : actnni cum Burgundio)iihus, hoc est, cum iis
qui sub CcTsare militant, ut per eos pii affligerc^ntur. Cai)ti ab eis
fuerunt aliqui-^ quibus numeranda fuit pecunia qua se redime-
rent, et ego coactus locum deserere in quo doc(>bam ^\ Sed cum
Gorzmn petussem, nec satis Burgundiones respon.derent votis
eoruiii quixnos ex officio tueri del>ehant^% visuni illis fuit sollici-
il s'agit, pour moi, de l'œuvre de Lieu. Mais ce n'était pas de la peur : si
j'avais eu peur [jadis], quand serais-je entré dans une église ?
^* Allusion au temps où il avait cessé de prêcher en public à Metz
(N"' 1157, seconde partie de la n. 2; 1164, n. 12).
'9 N" 1164, notes 13, 14, 15.
^^ A comparer avec la lettre de Bucer du 6 octobre 1542, renvoi d(*
note 19 : « Moram hanc Farellus aegerrimè tulit, etc. »
2' Dans le château de Monfigmj dès le 2 octobre (N" 1164, n. 22-23),
-'^ La copie porte : occurrerit.
^^ Il faut entendre par là quelques-uns de ceux qui se rendaient de
Metz à Monlignii, pour y assister aux sermons de Farel.
^* Ces paroles semblent en contradiction avec deux passages importants
des lettres de Fathon : l'un où il dit, le 28 novembre, que Farel est « ren-
tré à Mets ; » l'autre, du 26 janvier 1543, où il affirme que cehii-ci
« s'est retiré de la Ville » vers le milieu du mois, et qu'il ])rêche mainte-
nant à Gorze.
On peut d'abord répondre, que Fathon n"avait pas donné à la légère la
première nouvelle, mais d'après des lettres récentes, écrites de Metz, et que
la seconde nouvelle avait été apportée par Claude Farel, qui avait quitté
le Réformateur huit jours auparavant. De plus, on voit bien que l'auteur
de la ])résente épitre ne veut pas raconter toute l'histoire de son séjour à
Metz et à Montigny, et qu'il se hâte vers des événements de plus grand
intérêt.
■■** C'est-à-dire, les magistrats de Metz, qui auraient dû les protéger.
loi.'î GUILLAUME FAREL A OSWALU .MVCONIUS, A HALE. 323
f'dnlos esse G((Uos. Agitur en ni Oiùsaiio'-'^ : datur et catdlofjns
pioriim, et, nf posseid Oalli mnltos perdere cwn Gorzam venirei/t
pii Meieitses (aiitcciuaiii \\vv l(',i>-atos-" qui arbiti'i fiici-init intcr
doiniiium CoinUew GniUielniiiiii et Metenses-'^, constitutiis fuis-
set coneioiiatoi' Métis ut audii-cut \'('rl)uui. et Icgati Pi'iucij)uiu
et Urbiuui tantùni lioc crtVcisscnt ut ^'('^l)uul pnrdicai'ctur, et
uou cssct couccssus sacrauientonnu usus-''), conjicientes midtos
ad Cœnam veitturos iii die Paschx'-^^, (iiypurant se milites. Et
paulô post dodiiiam, ])ost(iuam Cœnafuit i)eracta, scilicot" niii-o
ati'cctu et iTcto ordiuo cuui conciouc, — u])i [)o|iulus voniebat
ad s(>cundam concioncui. ut tciupestivè possot douiuni nnlirc, —
pi'iusquaui ali(|uis in^Tossus fuisset ai'cciii. in (|ua fifbat concio,
(raspard de Heu n'était plus maitrc-éflicviii. Il avait été rciiiplacé, au
mois de mars, par Richard de Baigecourf, ardent catlinlique.
'^® GnisfOiHS désigne-t-il ici le comte d'Aumale, ou le duc de (ùiiseV
On lit dans Meurisse, p. 80 : « Celuy qui avoit pour lors en main la
conduite d(^ cette beroerie [de 3Iefz] estoit Jean, cardinal de Lorraine,
(jui entre autres frères avoit ce grand Claude de Guyse, le ])remier de
cette branche de la maison de Lorraine.... (_'e Pasteur... eut recours à la
l)iété, au ])ouv()ir l't au crédit de son frère, qui ne nian(iua jias, avec la
))ermission... du Koy, de mettre aussi tost des trou^^pes sur i)ied, pour luy
rendre, eïi cette méritoire occasion, toute l'assistance... possil)le. Et d'au-
tant que Gorze estoit comme la place d'armes... de ces nouveaux Évangé-
listes,... Claude de Guyse jugea qu'il les falloit aller desnicher de là. »
Il n'est pas téméraire de suppoi^er que la duchesse douairière, Philippe
de Gueldre, fut l'une des « ])rincesses » dont le clergé messin sollicita l'ap-
l)ui. « pour estre des])éché » de Guillaume Farel (Cf. p. 253, lig. 7-8).
I)e])uis plus de vingt-trois ans, elle partageait, comme une simple religieuse,
la vie austère des V\ixv\?,?,('?,,k Pont-h-Mousson. Aussi croyons-nous qu'elle
dut être affligée des progrès de la Réforme, et indignée des déprédations que
les soldats de Furstemberg avaient commises dans l'abbaye de St. Arnoui,
près de ]Metz, et dans celle des Filles de Notre-Dame de l'Estang, jn-ès df
Neufchàteau. Néanmoins cette princesse, très respectée de ses fils, aurait
certainement pu, si elle l'avait voulu, insjiirer au cardinal de Lorraine, à
Claude de Guise et au comte d'Auniaie un i)eu de miséricorde cnvi'rs
« les Luthériens ■> et même envers Farel.
^^ Dans la copie : pro leyatis.
^* Allusion à la convention du l(i mars 154.'> (N" 121(), u. '!).
'^^ Le prédicateur établi à Metz après le mois de mars fut, sans doute,
Guillauine Virât CS" I2'2ô). Il ne jjouvait administrer les sacrements. Nous
avons vu qu'un baptême céléi)ré dans l'assemblée évangélique avait excité
à Metz « un merveilleux tumulte » (N" 1183, rcnv. de u. lo).
*" Le 25 mars.
324 GUILLAUME FAREL A OSWALD MYCOMUS, A BALE. lo43
ecce G(dU équités, de quibiis iiihil ])rorsùs timebatiir (cum bel-
lum non haberent neqiio cum Comité neqiie cum piis Metensi-
hiis), intrant oppidum. Tuba canit classicum, currunt équités,
magnus fit clamor equitum et op])idanorum in Lutheranos Me-
tenses : hi indicant illis persequendos : \\tc jnus senex^^ in vico
impetitur et Jesum invocando dejicitur in terram, cogitque
eques impius^^ equum conculcare jacentem. mortuo aufert si
quid habebat pecunise. Miles Oermanus, boml)arda ictus extra
arcem, dum curreret ad arcem moritur. ^lirum ! cum saepiùs in
turmam piorum emissœ fuerint l)ombard^e, modo Ingèrent-'"
hue, modo illuc, prout satagebant pii evitave Oalloruni et Ita-
lorum turias, et manus mulierum summa cute fuerit attacta ^■'.
et circum capita virorum volarent lapides, nemo tamen Utsus
fuit.
Convertuntur milites ad pi-tedam et diri])iunt quicquid inve-
niunt quod sit Metensium. Capti vinciuntur qui possunt post
prœdam in œdibus inveniri, et tum nudieres tum xyuellœ septem
ahducuutur, qnœ acœpta redemptione remittimtur sine injuria ^*"' ;
quod supra miracidiim duco, et sanè nihil magis rogavi Donii-
num, tieque x)ios tom anxiè ohsecrati su77ius ut peterent a Deo,
quàni id integrse servarentur, uec cessavimus onines precari valdè
anxii, donec servatas oiulivimiis dommn remissas. Jactura pecu-
nise fuit gravis, sed nihil ideo affecti fuimus.
Dimi hsecfiunt in opjpido, ut erat mtdtitudo miliium passim
^^ Dans la copie : sed miro affectu. Farol avait sans doute écrit sciL,
abréviation de scilicet.
^* Adam, le drapier (Chroniques messines, p. 863).
^* Édition de Brunswick : ipshis.
^*'^° Dans la copie : modo fiigiunt.... et manus mulierum summa cute
fiienwit attactœ. En lisant : fuerit attacta, on obtiendrait ce sens plus
naturel : Quoique la troupe des femmes ait reçu de légères égratignures,
et que les pierres volassent autour de la tête des hommes, personne cepen-
dant n'a été blessé.
On est surpris de trouver dans les Annales de Boyve, II, 434," cette
assertion pour le moins très aventurée : « ¥arel, qui avait été dangereuse-
ment blessé [à Gorze\ désira d'aller à Strasbourg ])0ur s'y faire panser. »
** Meurisse, p. 81-82, adopte l'affirmation contraire, et il dit avec une
désinvolture et un calme révoltants, surtout chez un évêque : « Quelques
huit ou dix femmes furent emmenées à Madières, près le Pont à Mousson,
d'où l'on dit qu'elles ne retournèrent pas telles qu'elles y estoient allées. »
I
1543 GUILLAUME FAREL A OSW'ALI) MYCONIUS, A I5ALE. 325
sp((is((, persequens fugieides per silf((S, per ri<(.^ années, p)rope-
rantïbus' aliqnot ad portum^'' ut trajicerent Mosell/on, milites
cnm rusticis coëgenttft aliqnot Mospllam intrare, et ingressos
lapidihus imp)etehant : iiiidc t'actuin est ut duo viri totidcnique
miiliores (licet très feraiitur) l'urrint sulnncrsi : cvasorunt aliqiui'
vestibus expassis, aqiiis ovoctse, sese manil)iis tcnontes.
Tu])ic(Mi ])('rductiis ad portaiu arcis ctîccit ut quatuor fuorint
ogrcssi, (luù possent collo(iui cuui duce tui-nia' (^luituni : qui
hos quatuor voluerunt occidorc, sed ])ro collocpiio (•ai)tivi fuerunt
abducti. Ha'c est gallica et italica pictas : suum ita celebranint
Pasclia! Uiec siuit lieroicu facta : armati inermes, consilio oppi-
danorum catiti et païxiti incaidos et niJiil minus cogitantes, lit
latrones, nidlo demmciato hello, aggressi su ni!
In crastinum fecialis mittitur, qui valdè tremulus petiit arcem
reddi thdsano, Begis nomine. Hci'c suntheUi jura, dmn contra
pios gerernhim est, piost gravem illatam injuriam,fecialem mit-
teref Quis hîc non dicet moritô sa'vituni in Metenses pios, per
quos scilicet inipeditus fuit Rex aut Guisanus ne arx dedere-
tur, cum extra arcem essent et eorum nemo intrasset nisi depo-
sitis armis? Quid responsi datum fuerit feciali non novi. Audivi
quod dicebat i)alàm arcem peti^ndo. Quid milites in arce tracta-
rent, cum i)iis agens crebris concionibus et jugibus j)i-ecibus. non
adeô cural)am. Die Mercurii^^ venit Guisanus et mag nus eqid-
iatus, et euni arx. in qua est cœnobium monachorum no.fbiliumj
sed insignium scortatorum ^•', sita sit in valle et undicpie monti-
bus ssepiatur. et velut fauces sint et gula qua^dam, unde nomen
Gorze gallicum retinent, — erant milites in editioribus locis, ut
singuli videri possent ex arce, armati omnes, omnia occujjantes,
quasi nihil evadere posset.
Actum fuit cum Guysano de arce et conditionibus quihus oc-
currit in manus Régis. De Germanis nildl erat quod impediret :
et ahituris et mansuris offerehantur multa, quôd pi-idie dictum
fuerat al) 0|)])idanis. se jussos esse quicquid (>sset otticii pr;esta-
^^ Au lieu ih- jxirtKin, il faut, nous soml)l(>-t-il, Ihi' jioiiti'iii, ijni liési^nic-
rait « [c pont de Joiei/ « ÇS" 1216, ii. 11), c'est-à-dire àc Jouy-aux-Arches,
village situé sur la rive droite de la Moselle, à 10 kil. N.-K. de Gorze.
'* Mercredi 28 mars.
**• Voyez le \n'('m\er postscript iim de la lettre de Farel du 81 mai aux
pasteurs neuchâtelois (S" 1240).
326 GUILLAUME FARKL A OSVVALD MYCONIUS, A BALE. lo43
rent 1). Coniiti et suis niilitibus; verùm Metenses etalii cum eis,
si qui egrederentur, capti detinererthtr. Ideo Gnisamis petehat
Metenses, sed me non postremiim, qimm Gallus essem. Gei'mani,
cum X)ost excursionet)! gaUicam Metenses cepissent in arceni, iit
unà virèrent et morerentur, 7(t dici solet, nolnerunt lisec conce-
dere, sed ut omnes eadem egrederentur conditione : quod perac-
tuin fuit ol)sit>:natis liiiic inde literis. Sod non tune frigo])ant
preces, ol) instans periculum et ea quae absentil)us tratri])us
timobanms '" : concionos fiobant ot psalmi canebantur niagis
convenientes iis qui vorsantur in niagnis |)oriculis : quod valdè
dis])licebat aliquibiis ex monachis et attonitos reddebat.
Inviserunt me aliqui Galli : unus prse se ferebat pietatem. alter
adversabatur, tertius me objurgabat. Otïerebat i)i'imus niansuro
multa, seque tantum posse ut libéré secum agerem. Sed duni
egrediendum esset, in me et aliis palàm fecerunt cujus gratia
venissent, nimirum ut me xwssent dignoscere. Ubi apixiratus
fiebat ad abitionem,, eorum unus qui me sub noctem convenerat,
ubi videt Metenses cum militïbus velle egredi, inquit : « Non
abibitis, o nequam, sed vos manere oportet. » Nunciatum idfuit
ducibus Germanis : qni statim illum dejerantem convenerunt,
quid prohiberet al)ii'e piosV an nollent pactis stare, ut egredian-
tur omnes libéré V Ille ait : « Egrediantur, sed isti postremi :
quid enim Iniic fieci liominum et canibus cum militibus virtutc
jjrœstantibusV » Constanter duces responder^int non egressuros
se, nec arcem daturos, nisi medii egrediantur, inter pedites sciJi-
cet et équités, ("uni aliud non ])Osscnt contra pios efficere, dum
egrederentur*', quicquid poterant convitiorum jactabant.
Ego in curru jaceham cum a?grotis, vestibus mutatis''-. Cum
■** 11 faut lire, dans l'Épitrc adressée : A tous cœurs affamez du désir...
de l'Évangile (f'respin, éd. cit. I, 447), les jjassages où Farel rappelle ses
angoisses au milieu du i»éril, l'ardeur de ses prières et la délivrance qni
les couronna.
*'^ Dans la copie : aggrederenfur.
** « Ils eurent le soin (dit Meurisse, p. 82)... de faire sauver leur
ministre Farel au milieu d'uni' cliartée de ladres, parmy lesquels ils
Tavoicnt si bien caché, en luy enfarinant si bien le visage, et en luy don-
nant des cliquettes* en main, qu'on ne le ])ut jamais reconnoistre. »
* Crécelle que portait cha(|ne lépreux, et dont le crépitement avertissait les passants
qu'on ne devait pas s'approdier de lui.
loi3 GUILLAUME FAHKL A OSWALD MYCONIUS, A UALE. 327
transi) em, hoiii illi qui m^ invisermd,in-imi cœpermit vociferari,
an co)ijedura, rot ((luod non crodo) quôd me a(/noverint tedvm :
omnino iioii moror. Socroti snnt alii onincs, et ci-ant ali(|ni ex iis
(jui nihil non andcnt ([ui jani ad cui'i-uni accodcbant, omnibus
Yocitcrantibns. S('[d| oqnos niajcstatis plcnns, cnjus vultns et or-
natns indicabant non grogariiini ossc, cos'-' concitato cqno cur-
rentes antovortit. voce ui-avi jubcns : « Sinite, iiKiuit, abirc. »
Si in egressu ai'cis ita actuni fuit, et post jussuni illius ('(juitis
cessatuni fuit. — nlii renfion fitif ad airriim Umosum, in (jno
IhTsit currns, iriiDupliatïim fuit : iiaut om nés Germa ni, forte ne
augereni suspicionem quod in curru essem, lyrivcesserunt. Relic-
tusfuit soins currns, qxem amhiermd équités Galli qui Germauos
sequehantur, lanceis in cinrum directis. Hicjnbobat me Drnmi
meum invocavem, ut me è limo educeiv^t : i]1(\ ut eoncionarer,
sicqu(> elïicerem ut equi ])Ossent traberc currum : alius, ut sibi
et aliis suum v(n*bum Domini annunciarem, se ])onam esse ter-
ram, cui merito committi débet bonum semen verbi Domini.
Erat pars equitum italica : quisque adnitebatur atîerre aliquid
quo superaret euni (jui priùs loquebatur. Nemo tamen j)er nomen
Domini jubebat me loqui, sed multi i)er nomen diaboli. Quid
sanè**? cum ad talia dolerem conviciantium vieem et po^terem
ut Dominus ignorantiam condonaret, tamen hîc in sinu tacitus,
deridens hortationcN illas. dicebam : « Alio ojmi-tet nomine ut
extorqueas à me resj)onsum, nam in istius gratiam nihil feecro. »
Jub(>l)ant alii ut descenderem, née posse currum movcri (|uam-
diu in eo essem, et ad aurigam : « Nisi hune scelestum jubcs
descendere et è euri-u deturbas, tam est onustus ])eccatis, non
extrahes currum. » Kt interrogabant auiigam quis essem, <'t
iegrotantem Germaimm. (\\\\ alicjuid gallicè norat. lUis res|)on-
dent, «se nescire, me nihil un(|uani locutum : (piid agerem'*'
nesciebant. » H^simiis supra dimidium honv, et iudesecuti saut
directis lanceis pêne ad miUiare gaJlicum, taniani non injicientes
miJii manum. Ita me alloquehantur quasi pr;esentiss.\imu)n\,
sed relut ah alio aljstinehant manns.
Quàm i)rsesentem tune senserim Dominum, et (pue veniebant
*^ Dans la cuiiic : iis.
** Iliidcm : Quod saiiè coin ad alia dolerem, etc.
■*'' Ii)id('Mi : a/jeretU.
328 GUILLAUME FAREL A OSWALD MYCONIUS, A BALE. lo43
in montem de Daniele et Semei, de conviciis Pharisœonim in
i])snm Christnm, non est qnôd referam. Oportehat idgaudii qnod
concepe7Xim, — visis fratril)ns et piis mulieribus, qnœ sine aliqua
injnria lœti pergebant, gratias agentes, pro quibus petieram ut,
eis lil)eratis, in nie verteret Dominus nnuni quicquid erat, —
scdfem mllitarïbus colloquiis temperari, quihus nihil datum nisi
proxime accedere et man.mn per se \\. p)ersie2)e f] admovere, lit me
tangerent : qiiod tamen non licuit, sed in verhis fnsiss.[imë\ : nec
cessarunt quserere uln essem donec navim ingresstis sum ". Ad-
monitns fueram ut probe me tegerem, qubd Gruisanns ducentos
coronatos diceretur offerre et qui me cœdeî'et.
Non ajferam qnid Nomeniaci'*' mecum egerit major, me adi-
gens ut egrederer post solis occasum : nec potuit adduei, licet
rogatus ut jure gentium mecum agei'(4, cum ego ])Oscerem ])i'0-
dire eos qui de me quererentur, et multa aiïerrem et divina et
hnmana, et quid ])Osset ei contingere, ubi res jjervenerit ad
notitiam eorum qui non lubenter audi[i'Jent, et quos deberet
timere. Ad pagum fuit migra ndum, ut exponerer Jmicihus imn-
fijiciorum, qui illic sunt plurimi, presbgteri et monachi **. Sed
quamvis supra modnm fessas, cum (ûiqnot viris gravihus qui
senes jussi sunt migrare a Metensibus (carra ^'' neque currus
*® La garnison allemande qui avait livré au duc de Guise la forteresse
de Gorze, le 28 mars, opéra jirobahlement sa retraite le lendemain. Elle
devait, pour rejoindre son chef supérieur, le comte Guillaume, se transpor-
ter à Strasbourg, dans la direction du S.-E. Nous supposons qu'elle des-
cendit le vallon arrosé par le ruisseau de la Gorzia, et qu'étant arrivée au
village de Novéani, à 6 kilomètres de son point de départ, elle traversa la
Moselle au moyen du « bateau » (ou du bac) ici mentionné. La terre de
Gorze finissait sur la rive droite et à peu de distance de la rivière.
*^ Dans la copie Hommiaci. Au lieu de ce nom imaginaire, Farel a sans
doute employé le mot Nomeniacum ou Noinenium, nom latin de Nomémj,
])etite ville située sur la Seille, affluent oriental de la Moselle, et à cinq
lieues au moins de Novéani. Farel et les Messins dont il était accompa-
gné ne pouvaient y arriver qu'à la fin du jour.
^* Expulsés par l'officier de police de Noviény, et forcés de continuer
leur pénible marche, les émigrants s'arrêtèrent enfin à Domèvre, village
situé à 4 ou 5 1. de Nomény. Notre conjecture repose, du moins, sur ce
fait que, dans V Atlas de X. de Fer (1705), c'est le seul village voisin, ])lus
à l'Est, qui soit indiqué comme ayant une abbaye d'hommes. Celle de
Domèvre était de l'Ordre des Prémontrés.
^® Dans la copie : garia.
loW GUILLAIJMK FAREL A OSWALl) MYCONIIJS, A BALE. 329
iic(iut' ('([ui hahci'i poterant), din tu via efjer'un, tainen. omiiex ui-
columes, iinllo danuio accepta'''^ hue renhmts magna sanè mise-
rkordia Dei, qui non dosorit s])orant(^s in so noc sprcN it |)i()runi
preces : qui, ut iutclliiïo. non i)auci sunt passini, ut de te et
synimystis tuis et iio])is connnissis occlosiis taceani. Cliristus
mcnior sit diaritatis et affcctus taui cliristiani (pio pii ecdesiam
Metensem prosoquautur, et coruni (juie in œdificationcni illius
curant!
Gain |)t'i'gunt, ut dicitur, pcrscqui i)ios, -et captivos abducunt
quos hab(>nt descrii)tos. ("urrunt ad portas usque Metensos'^'.
Interoa pii jjcrgunt, et (jui illic docet ■- fertur constanter agere,
licet tantùni festis agat diebus. Carolus contra, cum suis abbati-
bus et viris, concionil)us fecundis^^ valdè disertis instat nio
(quid non Lausanna' dicebat"*V) cupitque ut liccat cum btere-
ticis agere " ■ : quôd si Ratispotue l'uisset, omnes hœreseos convi-
cissot. Ita insolescit apud suos ab))ates et id genus homines et
multum atîert detrimenti ecclesiae nascenti, traducens onines
qui pietatem sectantur, totus in hoc ut pontilicia t'ulciafnjtur.
Verùni spero Doniinum non diu passuruni tam graviter convi-
cianteni veritati.
^^ Une lettre du duc Antoine de Lorraine, écrite le 10 avril 1548, et
qui trouvera jjeut-être sa place dans FAppendice, renferme ce passade inté-
ressant : « Nous avons accordé lilire passage aux gens que le comte de
Furstemherg a laissés à Gorze, lors de son dé{)art, ainsi qu'au prédicant
Fnrel, lesquels en ont été chassés par les Français. On nous aurait su
très lion gré de faire quelque mal à ce prédicant, ou de l'arrêter avec ses
compagnons : ce qui nous eût été facile, non-seulement parce qu'ils étaient
en petit nombre et que nous connaissions bien leur gite, mais aussi ])arce
que nous aurions bien su et jiu, dans une autre occasion, les enlever de
Gorze et d'autres lieux. Mais nous n'avons pas voulu le faire. » (Trad.
de i'all.)
On a du plaisir à signaler ces sentiments de justice et d'iiumanité chez
un parent du cardinal de Lorraine, du duc de Guise et du comte François
d'Aumale.
=1 Voyez la lin du N" 1210 et la p. 312, lig. 12-14.'
°'^ Guillau)n.e Virot (N" 1225). Nous ignorons ses antécédents.
'"^ Dans la co]jie : calicihus f'acundis. La variante fecundis est en oppo-
sition avec tantùm festis agat diebus.
^"' Ibidem : quid calami doeeliat. La variante j)roposée j)ar nous ferait
allusion aux accusations d'arianisme que Pierre Caroli avait formulées à
Lausanne contre Farel, Calvin et Viret, en février 1537 (IV, 183-187).
55 Voyez la lettre de Caroli du 14 mai (N" 1280).
330 GUILLAUME FAREL A OSVVALD MYCONIUS, A BALE. 1543
Hic fuit addiictiis agens ('?)''' : rogavit t'ratres Metensiwn ut
cousilio poscorentur qui hic docent, quique summis viribus stu-
dent Metensi ecclesiœ adesse. Quid Senatus laboret ot quautùni.
non est facile exprimere. Omnes qui nomen dederunt Evangelio
Qi Princijjes et Urbes, quantum audio, ex animo curant ut aga-
tur [de] illa ecclesia, sed praecipuè Landgravius, Saxo et Virte-
bergeusis, [ctj cum liac urbe Franl-fori. Cornes Onillelmns
apeniit viani, duni ageretur de pace inter eum (^t Metenses,
quam j)i'() ])ontiticiis agebant com])onenda[mJ, Hoc primuni
])etebat. ut Verl)uni esset lil)eruni et duœ darentur" ecclesiœ
exuliluis adniissis, qui ob Verbum pulsi fuerunt. Sed puto te ex
pio Henrico Francho'^, qui causam Comifis agebat, audivisse.
Nam istuc profectum ''■' intelligo. Multum huic virodebeo, queni
meo cui)io ut saintes nomine.
Si ari'iserit tam longa epistola, [gratias âge] Conrado^^, Bit-
ceri diacono, qui nie imj)ulit ut fusissimè omnia scriberem : sin
minus, meam accusa imperitiam, qui nec aggredi nisi coactus
aliquid jiossim, nec aggressus exjjedire. Faxit Christus ut
ketiora posthac audias, ut puto te d(^ Bucero accepisse, qui ma-
gno fructu Christum annunciat. ^^ale (|uàm optimè. Argentorati
20. Aprilis 1543. ut licuit modo hue modo illuc distracto. Boni
omnia qucBso ut consulas et quàm otïiciosissimè niilii omnes
symmistas saintes, nec jirœterieris pios senatores, quibus opto
concordiam iUam^^ \)yo cpui tantum dissudarunt, commenda-
tam, ut si pcrfecta non sit, tandem absolvatur. Vexilarium*'^
priecipuè salvum ojjto. Frater^'' salutem tibi dicit. Iterum vale.
Tuus totus Farellus.
(Inscriiitio :) Pastori ecclesiœ Christi D. Osvaldo Myconio et
niulta pictate et fide (^t eruditione ornato. Basile* ".
^^ Le manuscrit porto ce mot abrégé : âge, qui semble indiquer \\\\ agent
ou un messager.
^^ Dans la cojiie : décentes.
^* Le capitaine Henri Franck. l'eut-étre avait-il été envoyé auprès du
Conseil de Bàïe par Guillaume de Furstemberg le 31 mars, jour où Phi-
lippe Hosen fut envoyé à Berne (N" 1217, n. 1).
^^ Dans la cojtie : proferen.
60 Conrad Hubert (VII, 294).
6* Le traité de Concorde conclu entre les Zwiugliens et les Luthériens
ei signé le 29 mai 1536.
1543 JEAN UIBIT A CO.NHAl) PKLLICAN'. A ZLHK.ll. 331
1223'
JEAN rikit' à Conrad l^ellican. à Zurich.
De Lausanne, ±2 avril 1543.
Inédite. Aiito^T. Bild. de Zurich. Co|)i(' dans la Coll. Simlcr.
Salus ])or Jcsuni Christum! Nactus occasioncni siipcriorihii^
monsibus ad Gmlehnnni Postellnm'- scripsi : satisqiio imiltis
vei'bis hortatiis siun, ut quod essot pollicitus de (jriuninndfini
Arabica vo i])sa pnestaret, tandemque aliquando cdero inci])ei-et.
Memincram eiiini te mihi. cum istic à vobis humanissiinè accei)-
tus esselu^ istudipsum in mandato dédisse. Tui igitur iioniinis
^2 Le banneret Benihard Meyer, membre du Conseil de Bâle (X" 1129).
^* Gauchier Farel, qui avait remplacé son frère Claude auprès du
Réformateur.
'^■' Au dos, cette note, où il nous a semblé reconnaître la main dn
secrétaire genevois Claude Roset : « Double de missive de M. (niili. Farel
à Myconius. »
* Voyez, sur Jean Bihit, professeur de grec, le t. W. 288, YI, 180.
■^ Guillaume Pastel (1505-1581) aussi connu par son profond savoir (juc
par ses rêveries, était né de parents obscurs, dans un village de la Nor-
mandie. Orphelin de très bonne lieure, il lutta jiendant jilusicurs années
contre la misère. Mais étant devenu domestique du professeur Jea}i Gelida.
à Paris, il put entin étudier au collège de Ste-Barbe, où il ])rofessa bientôt
lui-même, grâce au don extraordinaire qu'il avait pour la linguistique. En
1535, il accompagna à Constantin()])le l'ambassadeur Jean de la Forest, et
fut chargé par François I de recueillir des manuscrits en Asie. Il profita
de cette mission pour étudier plusieurs langues de l'Orient, et, à son
retour en France, il acquit la réjjutation un peu surfaite de savant univer-
sel. En 1538, il fut nommé « professeur royal « pour l'enseignement des
mathémathiques, du grec, de l'arabe et de l'hébreu. Sa Grammatiat ara-
bica parut, vers 1544? à Paris, in-4'', s. a. C. Gesner et Simler, o. c,
donnent la liste des nombreux ouvrages de Postel. (Voy. La Croix du
Maine et du Verdier. — Colomesii Gallia orientalis. — Nicéron, o. c, \lll,
295-356. — De Sallengre. Méni. d.' littér. La Haye, 1715-17. 3 vol. —
Gaillard. Hist. de François l, TV, 205-208. — Quicherat. Hist. du coll. de
Ste-Barbe, L 167-170. — Abel Lefranc. Les origines du Collège de France.
Extr. de la Revue internat, de l'Enseignement, n" du 15 mai 1890. ]>]). 14,
18 du tirage à ])art.)
332 JEAN RIBIT A CONRAD PELLICAN, A ZURICH. 1543
et D. Th. Bihluiiidri aiitoritatc l'eci, et jure veteris amicitite et
consuetudinis quœ mihi ciim illo iiitercesserat '*. Qiia? oninia
clebent aliqiiid ponderis! apiid hoiniiiem non inlinmanum lia-
biiisse. Sed quid tanien effecerini, nondnm rescire potui. Tanto
enini locorum intervallo à nobis disjunctns est, ut rarô aut nun-
quam rectà ad nos commeent illinc' nuntii. Sed spero tamen
brevi aliquid me auditurum. Expectamiis enini quotidie Joan-
nem Ciirie Britonem^ revolaturum ad nos, si patietnr valetudo :
nam principio veris quartana cognovinius ex nuntio afflictum
fuisse. Si quid quoquo modo r(»sciero, id non te celabo, si modo
intellexero id tibi non ingratum t'utui'um esse.
Jam de nostro statu, deque studiorimi Lmisannensium ratione,
meliùs tibi coràm verbis nuntii exponent, quàm ego literis. PU
sunt tresfratres et studiosi, inter quos excellit Nicolaus', acu-
tus disputator, et diligenter Liitetiee in Dialectica Aristotelis
versatus. Vixit hîc admodum integerrimè et duMiir-Mç. De
dmle Metensimn'^ ar])itror vos nimirum vera audisse, quare
illis supersedendum ar])iti'or. Dominus ulciscetur, cum illi visum
fuerit, non ad ])rapscri])tum bumanum. Nescio an debeam quic-
(luid de rumoribiis Gallùe scribere : (Xefilio Princijns Turcannn
in Oalliam hrevi venturo^, cui aiunt regeni Francorum tiliam
suam in matrimonium daturum, simul ac ille Baptisnuim acce-
^ Ce voyage de Eibit à Zurich, en 1538, eut probablement lieu à l'occa-
sion de son mariage. Sa femme était zuricoise et s'a])pelait Agnès Bosin.
* C'est un indice que Ribit avait étudié à Paris dans le même collège
que Postel. On peut aussi en inférer que celui-ci n'était pas né en 1475,
comme le disent quelques-uns de ses biographes.
° C'est-à-dire, de Paris, où résidait Guillaume Postel.
® Ce personnage, qui avait ])récédemment séjourné à Strasbourg,
semble-t-il (VI, 117, 168), puis à Lausanne, devait revenir de sa patrie,
la Bretagne, en s'arrêtant à Paris; autrement, Ribit n'aurait pas espéré
qu'il lui apporterait des nouvelles de Postel.
' Personnage inconnu.
® Allusion aux événements du 25 mars et jours suivants (N"' 1216,
1217).
^ De Hammer, o. c. t. \', ne mentionne ])as cette ambassade. De ])areilles
rumeurs avaient circulé en 15.S5, lorsqu'une ambassade turque vint à
Paris. « Le bruit estoit qu'llz estoient venuz de par le Turcq [c. à d. le
sultan SoUinan] i)our i)rendre alliance avec le Roy par mariage, et pour
soy faire bai)tiser, luy et son tilz... » (Journal d'un bourgeois de Paris,
p. 440. Voy. aussi GuiUrey. Cronique de François I, p. 133).
ioi:3 LE CONSEIL DE GENÈVE A. GUILLAUME FAKEL [A STRASIIOURG'. 333
Ijt'i'it Cliristiauuni. Alii (lissi])aruiit, cuiii idcirco iii Gallkun
vontuniin, qiiôd cliœradibus '" (loformatiis sit, qiias Francornm
reges soient tollcrc et ixM'sanarc. So(J iiiccrti riiinoros suiit xoci
ààérjizoxoi. lllud iiiiiiis vcruiii, Turaoïi a|)j)arai-(' iiiaxiiiiaiu clas-
sem. Dous ot Doniiuiis domiiiaiitiiiin ])ono vertat! Valc Cliristus
te suo spiritu ([uotidic magis ac magis ciiinulot! Aiiuni. Vcliin
mihi saintes, si non est niolestnni, Michaëlem Adamum^^, qneni
abhinc quinqnenninm liospes novns liospitem novum donii tiue
vidi. (Lausannse) 22 Aprilis 1543.
Tnns JoANNES Pubittus.
1224
LE CONSEIL DE (jENÈVE à Guillaume Farel [à Strasbourg].
De Genève, 24 avril 1543.
Manuscrit orig. ' Bil»]. des past(Hirs do Neuchâtel. Jouas Boyve.
Annales hist. de Neuchâtel, II, 4oô. Calv. 0pp. XI, 5o6.
jNIaystre Guillaume, a])i)rès nous ostre de fort bien bon cueuv
recommandé à vous, Pourceque bavons appcnx-eu que, ainsy qu'il
a pieu à Dieu, havés heu quelque fascherie-, chose que nous ha
esté fort déplaysante, — non pourtant ' sûmes estes consolés et
réjoys de sçavoycn* cornent. Dieu mercy, estyés en santé.. Mes,
'" Les écrouelles.
" Michel Adam, Juif baptisé, était en 1538 l'un dos pensionnaires de
Pellican. Il se maria à Zurich, et, sur le conseil de son ancien hôte, il
commença à reviser avec Léoti Jitde la Bible allemande publiée quelques
années auparavant ])ar les théologiens zuricois (Voy. l'ouvrage intitulé :
Bekenntnisse merkwiirdiger Mànner von sich selbst. "Winterthur, 1810,
t. Al, p. 148).
^ De la déi)lorable écriture du secrétaire Pierre Buffi.
2 On lit dans le Registre du Conseil au 16 avril : « Pource que, à ses
derniers Pasques prochaien passés [2.5 Mars], M. de Guyse, pour le Roy
de France, en la ville de Me[t]s fist quelque esclandre aux vrays cristiens...,
et pource que ^V (t. Farel il estoyt,... Résoluz.... que il soyt envoyé ung
homme à Bnsle, et lequelt pourra aller jusque Extrahourg trouve[rj
M" Guillaume, pour sçavoyer de la i)ure vérité du dit inconvénient... »
' C'est-à-dire, néanmoins.
334 [GUILLAUME VIROT] AUX RÉFUGIÉS MESSINS, A STRASBOURG. 1543
pour aiiltaiit que ne siiinos véritablomont informés de la totale
et ])iir(' vérité de vous atfères, nous envoyons par devers vous
ce présent i)orteur, par U^pu^lt vous playra nous advertyr tout
aut long d(>s alïeres '\ Et si havés besoieng de clios<> que nous
puyssions vous ayder, nous vous ])ryons nous en advertyr. Et
de nostre jjovoyer vous voilons assistyr et ayder de très bon
cueur, duquelt prions nostre bon Dieu il luy ])layse voz préser-
ver. De Genève, ce 24 Aprilis-^ 1543.
Voz bons aniys
Les Scindicques et Conseyl de Genève.
(Siiscriptioti :) A Maystre GuillanuK» Farel, Ministre euvangé-
lique, nostre bon et singulier aniy".
1225
[GUILLAUME VIROT] aiix réfugiés messins, à Strasbourg.
De Metz, 27 avril 1543.
xMANQUE
Paul Ferry (Observations séculaires, II, i^ 410, Bibl. de Metz) en
donne \o résumé suivant, que M. le bibliothécaire H(Miri
Burtin a bien voulu transcrire pour nous :
'( Une lettre^ allemande et traduite du Prédkant de Metz\
cscrite de Metz le 27 d'Avril... 1543 aux bourgeois de Metz qui
demeuroient lors à Strashourr/ -, par laquelle il leur donne advis
que nos S(>igneurs ne s'estonnent pas -^ des grandes lettres ny de
* Le Conseil de Genève fut exactement informé par la copie de la lettre
de Farel du 20 avril, adressée à Myconius (N" 1222).
^ La Vie manuscrite de Farel par Olivier Perrot ])orte : 24 Aoust, — •
erreur qui a passé dans les Annales de Boyve.
® Farel répondit le 31 mai (N" 1238).
' Note de Paul Ferry : « Je pense que c'est Guillaume Virot, duquel
j'ay plusieurs lettres eserites à Farel en ce mois d'Avril 1543 et celuy de
May, par lesquelles appert qu'il y preschoit. » Cf. t. V, p. 359.
^ Dans le nombre de ces réfugiés messins on comptait ceux qui avaient
été bannis de Metz en janvier 1543.
' Ne fout ])as uraiid cas, etc.
loi3 [GUILLAUMb; VIUOTJ AUX RÉFUGIÉS MESSINS, A STRASHOURG. 'Mi5
boaucouj) de sceaux; (iiic la lettre* aj)i)Oi'tée par le mossager (1(»
Strasbourg avoit esté délivrée au maistre-Esclieviii et Trèze
Jurés le jour de la Saint Marc": (|iriiic<)utiiient avoit esté tenu
conseil en Fabsence de deux (qu'il a])])elle Ruprecht du Coq et
celuy de Paris), après leiiuel avoit <'sté fait défense, par les sieurs
de T(dlange, Nicolas de Gournay et de VïUer, à frère Veltlii ' de
prescher le dit jour de Saint Marc : ce ([ui a donné grand scan-
dale, d'autant ([u'il avoit le joui- aui)aravant adverty le |)euple
(|ii"il pr(>scheroit le lendemain ai)rès niidyjet il luy avoit esté
jx'rmis les rlimanches et les festes). A cause de (juoy i)lusieurs,
coninu^ vous sçavez, dit-il. murmurèrent que Caroli presclioit
toujours contre l'honneur de l'Évangile et des Protestants**;
([u'il n"estoit pas grand bruit de ceux de Gorze; que la garnison
estoit changée ^ par laquelle avoit été pillé un village ai)part(>-
nant au dit sieur de T(dleii(je, et le bestail emmené; que cornuK^
il avoit achevé ceste lettre, le dit sieur de Tallange avoit aussy
detïendu au Ministre de jjrescher le jour ensuivant'", et à luy
(jui escrivoit, le jour de Saint Jacques", premi<n- d(^ May, ny o\\
* La lettre de Strashours du 15 Avril 1543 (Note de Ferry). Meurisse,
dit, p. 87-88 : « En suite de la résolution qui avoit esté prise par les dépu-
tez de Metz, en l'assemblée... tenue [le 16 Mars] au sujet du Comte de
Furstemberg, d'envoyer ù Nuremberg, où les Protestants d'Allemagne
estoient assemblez, affin d'implorer leur assistance et de mettre la ville de
Metz sous leur protection, — ceux de Slrnshourg et le ('o)nte de Xas-saii
[Guillaume?] prenoient grand seing... de donner avis à ceux de Metz de la
continuation et du temps de la rui)ture de cette assemblée, tant atin de
li'ur faire connoistre qu'ils jjrenoient i)art en leurs atfaires, que iKJUr les
engager à une députation qui ne pouvoit produire qu'une plus forte union
entre la ville de Metz et eux... Les lettres de ceux de Strasbourg escrites à
ce sujet sont dattées du 6'"'- et du 15'"'' d'Avril, et celles du Comte de
Nassau d'un Yendredy feste de S. Médard [8 Juin] de l'an 154:). »
° Hichard de Raigecourt.
® C'est-à-dire, le 25 avril.
' Note de Ferry : « Valetifi)i ou \V(dtriit Dubois. J'ay ouy dire à.
M. de Gournay, ]\Iaistre-Eschevin, que ce TaUnnge, qui estoit Thiébaud
de Gournay, estoit du reste fort ennemy des François et ne voulut jamais
demeurer à Metz après la réduction d'icelle. »
* N"'' 1218, renvoi de note 5; 1222, renvois de note 5.3-55.
^ C'est-à-dire, que les Bourguignons avaient remplacé à Gorze les Fran-
çais du comte d'Aumale (N" 121G, n. 13).
1° Le 28 avril, fête de S. Vital, martyr.
" S. Jacques le Mineur. Sa fête se célèbre le 1'' mai chez les Latins.
336 BÉAT COMTE A NICOLAS DE WATTEVILLE, A BERNE. 1543
ceux de Saint Urbain et de ^Ascension'^ disant qu'il n'est à
propos de prescher es dits jours, démonstrant par là la bonne
volonté qu'il porte à la parole de Dieu. Et a aussy deffendu d(;
plus chanter les psecmmes, mais que le peuple ne s'en peut dé-
porter'^ »
BÉAT COMTE à NJcolas de Watteville\ à Berne.
De Lausanne, 27 avril 1543.
Autographe. Communiquée par M. de Watteville-de Diesbach^
Frigide sanè volvit Erasimts^ sacras literas, quum non ani-
madvertit Paulum dicere, nullum legi esse obstrictum, antequam
lata atque jjromulgata fuerit ipsa' : aut inique et maliciosè
nimis dissimulât, quando sic pertinaciter illis nos legibus
obnoxios facit, etiam i)riusquam ad nos illffi vel pervenissent vel
pervenire potuissent\ Quod dum facit, apertam, haud dubiè,
prsebet signiticationem summœ" suœ erga me malevolontiœ,
'2 La fête de S. Urbain, pape, se célèbre le 25 mai. L'AscensioD, en
1543, fut le 3 mai.
" A comparer avec le t. M., p. 279, renvoi de note 5.
1 Voj-ez, sur Béat Comte, pasteur à Lausanne, les Indices des tomes
IV-\TI, et, sur Nicolas de Watteville, le N" 710, note 1 (t. Y, p. 9).
^ Quelques mois après que le manuscrit original nous eut été généreu-
sement communiqué, la présente lettre a paru dans les Stuâien miâ Kri-
tiken. 1863, III, 547. Le texte publié par cette revue a été reproduit dans
les Calvini 0pp., éd. de Brunswick, XI, 537.
* Érasme Bitfer, pasteur à Berne. — La présence d'Érasme Corneille
à Lausanne en 1542 et 1548 est douteuse*. Fût-elle prouvée, on ne voit
pas à quel titre ce régent de collège aurait pu s'immiscer dans les affaires
ecclésiastiques.
* Allusion à l'Épître aux Romains, II, 12.
^ Nous ignorons de quel règlement ecclésiastique ou de quelle décision
du Conseil de Berne il s'agit ici.
b'
® Summœ est omis dans l'édition de Brunswick.
* Nous craigiioiis de l'avoir confondu, dans les t. "\'I et VII, avec son frère Jean ou
avec Érasme Comier.
1343 BÉAT COMTE A .NICOLAS DE WATTEMLLE, A BERNE. 337
planéquo testatuin facit se odio nostrî ebrium " esse. Undc autcm
odium illiid contraxorit, iiulla certè ratione ])0ssum conjiccre.
Nisi forte illi factus siini iiiimicus qi^ôd aniio supoi'iore, dnni
illiiis valetudiiiem curarem diligonter, luillis mois noqiu» labori-
biis iiequo sumi)til)iis pejxn-ci ** : atque idco liane niihi mine gra-
tiani homo " gratissinius refert. Vorùm âge : perforamus et
nos cum Kustico morsnm serpentis illiiis, qiieni olini i)iè et
admodum officiosè in sinii fovimus.
Cœterùm lia?e ad te non seribo, vir niihi observande, (piôd
honestum i)utem etiam de malis malè dicere, id enim semijor
alienum esse duxi ab offieio ])oni viri. quôdque ex eo vohi])tateni
capiam aliquam ; sod id i)ropterea scri])o, quod plurimùni mea
referre existiniem, nt intcllcgas quàm justas sui in me odii eaus-
sas vir illi» liabeat, cujus benevolentiam neque magno])ere
expeto, neque odium reformido, et eujus eonatus omnes sus
])lanè atque de fero'". Itaque non tam dolui propter alionatum
à me Erasmum, quàm verè atque ex animo sum gavisus, ob be-
nevolentiam illam singularem qua me vir ille sanetissimus et
doetissimus P. Conclienus^^ comi)lectitur. Hîc enim lucrumfaeio
paucis eredendum, at illie ne vitiosœ quidem nueis jacturam '-.
Porrô quum hœe omnia tibi jam satis cognita sint atque per-
^ Ibidem : ohrium.
^ Béat Comte était très réputé comme médecin. En 1540, il avait été
consulté par le gouvernement bernois pour un cas de médecine légale. En
1544, il se plaignait de « l'innombrable multitude » de gens qui récla-
maient ses soins médicaux. Il n'y aurait donc i)as lieu d'être surpris de ce
qu'il eût fait un voyage à Berne en 1542, pour y soigner des malades et
spécialement Érasme Bitter. Les médecins n'abondaient pas à Berne. Le
pasteur Jean Volât y fut ajipelé, vers 1550, et retenu comme « médecin
de la ville. »
® Il y a ici, avant la fin de la ligne, un blanc qui a la valeur des points
suspensifs, ou qui devait peut-être, ajirès homo, suggérer le mot nihili.
'" Le premier éditeur de la présente lettre ne paraît pas avoir reconnu
ici une variante de la locution susque âeque fero (équivalent de negliqo
ou de contemno), et il a rendu cette phrase comme il suit : « et cujus
eonatus omnes scis plane atque defero. »
^' Pierre Kuntz, qui avait été l'un des juges de Béat Comte, le 19 jan-
vier (N" 1198). Ce parallèle entre Kuntz et Érasme donne à penser (jue
c'est bien ^''Erasme Bitter qu'il est question dans toute la lettre.
^* Il fallait que Béat Comte se sentit fortement a])puyé à Berne, pour
qu'il osât parler avec tant de mépris d'un pasteur très influent.
T. VIII. 22
338 ANTOINE FUMÉE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1543
specta, qiiumqiie intcllogas œquissiniam osse caussam iiostram,
in qiia nobis tantopero roluctatur Erasmus, à te peto et à tuis
oniinbus amicis, ut œqiiitati caussse nostrse adesse velitis : neque
peto à vobis quicquam, nisi quod videbitur bonum omniiio et
sequum. Denique id date operam, ne nos magis premat iinius
odium, quàm sublevare totius caussae bonitas possit. Vale, et
Beatitm tui observantissimum amare perge. Laus. 5. Cal. Maias
M. D.XLIII.
Tuus ex asse B. Comes donzarensis.
(Inscriptio :) D. Nicolao Wattevillio, viro prudentissimo et
mihi imprimis colendo. Bernae.
1226
ANTOINE FUMÉE à Jean Calvin, à Genève.
(De Paris, au mois d'avril 1543.)
Manuscrit orig. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n° 110. Calv. 0pp.
XI, 538.
Redditse sunt mihi literœ tuae unà cum libelle ' ad 14. Cal.
Apriles, quibus profectô duobus supra modum delectatus sum,
literis quidem, quibus de tua valetudine certior sum factus,
libello verô, quo te non tani publicis civitatis negociis distrahi
(quod verebar) intellexi, quin ctiam in plurimum vaces Evange-
lio. Tu equidem prohè nostl quant liodie personam snstineas, et
quàm multi etimu hîc apiul nos propè uh ore kio pendeant, qui
certè tua legentes mirum in modum affimmtur -. Ego verô, quia
non tuis solîim scriptis delector, sed et impensiùs gaudeo quod
ea à nostris ita amplecti ac deosculari plané videam, non desi-
nani te hortari semper atque admonere ut in tutanda orthodoxie
tidei doctrina persévères, ne quidquam temporis aliis expediendis
rébus commutes. Tu q^ii mine sedes in puppi clavum tenens,
* Le livre contre Albert Pighius (N" 1206).
^ Calvin savait déjà que ses livres n'étaient pas inutiles en France
<N'' 1207, renv. de n. .5).
1543 ANTOINE FUMÉE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. IVM)
cave quo(_ii(((iii, dïmoveas oculos : timi cnini ignoras qiuiidis in
Jiuctihas navis nostra versetur. Sed de liis liacteiuis. Sus oniin,
quod aiuiit, Minorvani docct. ^ , ,
Quod autem ad tnion lihcUiu)i attiiiot, qiiôd in teraporo accopi
quo per otiinii h^gore licorct, ciiiii jaiii noiimilla logissein, siil)iit
in montem oxistimare, si aliiis liœc scni)sissot, otniteintus nos-
sem et in cide\ te Pigliium illum tiium tanfiuani nionstruni
aliquod quod devincires commentum fuisse. Nonduni enim inno-
tuit ai)ud nos Pigldus (juod rcsciverim, • et quisquis fuit ille
bonus vir, jn-^ter speni nobis, ut Thomas Ecclesiœ, profuit. Ille
tuos forte nonnihil remissos movit aculeos, eli'ecitque ut ea (jute
tu forte tanquam minicula nec minus plerisque utilia neglexeras,
sedulo nunc colligeres omni})usque tandem, quantum eonjicere
])Ossum, plané satisfaceres. Hic autem tuus lihellus non alterius
à te liheUi'' expectationem prœcidit, sed jure distidit. Si quid à te
jure antiquse nostme amicitia:' liberiùs postulo quàm deceat,
velim ne morem géras, sed quod melius nosti magis in commune
ut consulas rogo.
Duni autem luidi illi nostri einaireoli de quibus scri])seram'
desinunt nobis negocium facessere, sidntd ohorta est nohis nova
qucedam i)ersecutîo atque ccdamitas. Nostri XpL'jrou.txarLyeç
tandem farorem suiim in, x)arocJmm quendam nostne nrhis,
vintin, bonuni et fidelem, verhi Domini fidiun ac perseveranteni
préedicatoreni, exercuerunt, eimique carceri mancipay-imt, non
sine magna (mihi crede) y.a--nyo\>u.é)j(3^v jadiira^. Ecdesia sine
intermissione orat, necdum quis rei exitus sit futurus eonjicere
licet. Hœc res enim ad multos nianat. Ille, prietcn* id quod fidus
erat verbi Domini interpres, summus mihi atque intimus erat,
dudumque simul amicitiam ini(n'amus, quœ bonis auspicata ini-
tiis, nemi)(' ])ro])ter Verbum, iisdem hactenus coaluerat. Projjter
' Nouvel indice des relations personnelles et d'intime amitié qui
s'étaient établies, à Orléans, entre Calvin et Antoine Fumée (N" ll'.il,
n. 1).
■* Allusion au livre que le Réformateur voulait composer contre les
esprits- forts et les Libertins (X" 1191, n. 5, 7).
^ N" 1191, renvois de note 5, 6.
* Ou a quelques raisons de croire qu'il est ici question de François
Landry, curé de Ste-Croix, qui fut em])risonné, le 15 mars 1513, au
monastère St.-Martin-des-Champs (VIT, 370-371. — Bulletin de l'hist. du
Prot. franc., 1888, pp. 248-252, 255-260).
340 LE CONSEIL DE BERNE AL" PARLEMENT DE DOLE. 1543
illum veliemcnter sum commotus atqiie ita defatigatus, ut vix
animum ad scribendum potiierim instituere : sed hoc maxime
ad scribendum coniirmavit quôd te idoneum amicum existimavi,
in cujus sinum meum liunc dolorem deponerem. Hac causa ita
derepente obturbati sumus, ut etiam nobis ipsis defuerimus. Sed
non defuit Dominus nec deerit. Intérim indesinenter rogabimus
ut exsurgat ipse causam suam judicaturus. Non possum nunc
aliis de rébus ad te scribere. Vale et me semper, ut facis, ama.
Tuas pro nobis preces vehementer etiam atque etiam rogo.
Tuus Capnius.
Mitto ad te 7:ocpda>pccGLv nonnullorum psalmorum quam lusit
meus quondam sodalis et amicus.
4227
LE CONSEIL DE BERNE au Parlement de Dole.
De Berne, 7 mai 1543.
Inédite. Minute originale. Archives de Berne.
Nobles, etc. Nous sommes advertis de la détention d'ung
nommé Claude Girardln, de Vitry ', en vous prisons de Vezou-,
pour avoir tenu quelque propos de nostre Loy et mode de vivre
en la religion, sans d'aultre crime estre intitulé. Dont fsy ainsy
est et qu'il n'y a aultre offence) vous prions que, pour Thonneur
et amour de nouz, il vous plaise relâcher le d. détenu : vous asseu-
rantz que en aultre endroict [nous] nous employerons à reveoir
le bien que, à nostre requeste, luy sera faict^ Priant Nostre
Seigneur qu'il vous ayt, magnifficques Seigneurs et bons voysins,
en sa saincte protection. Datum 7" Mail 1543.
L'Advoyer et Conseil de Berne.
' Vitry est une ville de la Champagne. Un Jérôme Girarâin, éta1)li
dans la même province, à Troyes, est mentionné dans la France protes-
tante d'Henri Bordier, III, 742.
^ Vesoul en Franche-Comté, à 11 1. N. de Besançon.
' Nous ignorons quel fut le résultat de l'intervention des Bernois.
1543 PHILIPPE MÉLANCHTHON A. JEAN CALVIN, A GENÈVE. 341
1228^
PHILIPPE MÉLANCHTHON à Jean Calvin, à Genève.
De Bonn, 11 mai (1543).
Calvini Epistolie ot Ros]). 1575, p. 279, Calv. 0pp. XI, 540.
Ex mmdinis Frarwfordievsibiis epistola ad me tua transmissa
est, exempla verb ediii seripti^ ^>on, sunt allata, tardiîis enim
Francfordiam allata fueraiit. Postea Bomiœ apiid D. Biicerum-
nactus exeinphim, vidi r/jv Tr/soa-œrj'v/îo-iv ^ ad nio, et subito bonam
pai'tem disputationis ovolvi. Qiiôd autem lionorifico testimonio
nie^ oruaris, et de tota re, non solùm piè, sed etiam eloquenter
disserueris, de utraque re, videlicet de mea gratitudine, et de
ipsa disputatione coràni nos, ut soliti sumus quoties unà fuimus,
prolixe colloqui posse oj)tarim : etsi enim tantùm vel ingcnii vel
doctrinae niihi non arrogo quantum tribuis, et nos imprimis in
Ecclesia agnoscere imbecillitatem nostram decet : tamen henevo-
lentia erga me tua vehementer delector, tïbique gratiam haheo
quod in sa'ipto Incidento, tanquam in illustri positam loco,
extase significatiouem amoris erga me tui voluisti. Gh'atum mihi
et ïllud testimouium tuum esse ingemièfateor, quod me et amare
etquserere simplicitatem dicis-'. Nani prtedicare bona conscientia
^ La foire de Francfort avait duré du 1" au 20 mars. L'un des mar-
chands qui en revennicnt avait remis à Mélanclitliou la lettre de Calvin
du If) février (N" 1207), mais sans les exemplaires du livre de celui-ci
dirigé contre Pighius (N" 1206).
^ Voyez la fin de la présente lettre.
* La dédicace du susdit ouvrage de Calvin.
* Ce mot est omis dans l'édition de Brunswick.
^ On lit dans la dédicace précitée : « Quantum... à vcrsutis, obliquisque
in disputando artihus, qupe claris alioqui apertisque rébus tenebras obdu-
cant, ab omni denique fuco et sophistica abhorres, tantùm tibi placet
nuda ingenuaque perspicuitas, qupe rem, sine ullis involucris, ante oculos
statuât atque ex])onat... Atque lise tua... virtus... magnam sa^pe mihi
admirationem movit, quod cùm incredibili perspicacia excellas, simplici-
tate tamen nihil habeas autiquius. »
342 PHILIPPE MÉLANCHTHON A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1543
possiim fuisse hoc meum studium, cum iiiitio liariim contcutio-
iiiim, milita horridiiis et intricatiùs disputarentiir, ut excerpe-
rem res utiles, easque, ex illa caligine evolutas. quantum possem,
plané et dextvè recitarem. Nec rarô illud Eurijjidis niilii venit
in mentem : 'Ec-S-/cv zb axr^éç, et âVoçjoy zb u.r, ay.'fkç : nec nihil
periculi adii dum quiedam prsecidi confragosiora : retinui verô
et illustravi utilia, quod tamen verecundè feci, ne irritatis vehe-
mentioribus ingeniis, discordias magis inflammarem. Fuit enim
hoc quoque mihi cur?e, nostrum, hoc est Ecclesiœ consensum, in
majoribus causis ut tuerer". Vides enim qiiàm multse aliie causse
utilissimae motœ sint : ut autem ducum ars est leviora et r^dpepyoL
interdum relinquere, ne impediantur in persequendis necessa-
riis, ita nobis videndum est de quibus rébus maxime dimican-
dum sit.
Pontilices majori spe quàm un(iuam suas sidrj)Ao[xayiaç prnpug-
nant. Arbitrantur enim stultitia nostrorum Principum nostva
dogmata ruitura esse, quos vident implicari bellis civilibus et
irritare Carolum hactenus cessantem et quasi fugitantem bella
(jermanica. Etsi hoc tanto malo moveor, quod quidem s?epe
pra?dixi vaticinans, où p-avri-A-ç, àllx (filoaoffiazr^i eudi^oiv, cum
Principum irolv-payuoaùyr^v et alios morbos viderem : tamen
scio Deum inter fatales Imperiorum tumultus ecclesiam suam
servare mirabiliter. Non igitur frangamur animis, sed dum pos-
sumus, sonemus, ut conversus latro in cruce, doctrinam de
Filio Dei, deque arcana sapientia, quae est Ecclesiœ propria, de
magnitudine humante iniirmitatis, de pœnitentia et fiducia pro-
missae misericordiœ propter Filium, de vera invocatione et veris
Ecclesice virtutibus, de mysteriis non polluendis, de Ecclesiae
politia, non illa quam fingunt Pontifices, sed qualis fuit
Prophetarum et Apostolorum, denique de vita aeterna. Ad harum
maodmarum rermn doctrinam ornandam transferas velim elo-
quentiam tua») : quœ et confirmare nostros, et terrere adversa-
rios et sanabilcs juvare poterit. Ctijus est enim oratio hoc
temiwre in disputando, vel nervosior, vel s]]ilendidior'f Nostra
® Les convictions religieuses de Mélanchthon étaient en si parfoite har-
monie avec celles de Calvin, même sur la doctrine de la sainte Cène, que
celui-ci pouvait écrire, en 1540, au pasteur de Payerne : « De ipso [Me-
lanchihone] nihil duhita, quin penitîis iiobiscum sentiat » (VI, 414, n. 68-
69; 428, ronv. de n. 29-31).
1343 PHILIPPE MÉLANCUTHON A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 343
vcl i)ropter ingeiiii infii-mitatem, vol jji'optor eas arumiias qui-
bus consiimpta est natiu'œ vis, si qiia fuit, est s(juali(iioi', Magno-
pere igitur gaiuloo, diviiiitus te ad Evangelii oxplicationein
oxcitatiim esse, teqiie illa Aj)Ostoli''voco adhortor quain scribit
ad Timothceum : [/.ri àuélst zolt i'j uoi yxpiaij.oc.zoç;. Etsi aiit(>iii
vidoor àzpvveiv ar.eijàcv-.a., tanien ad confinnandos aiiimos bie
mutiiœ sou cobortationes, sou consolationos, praesortim in Eccle-
sia aliquid conducunt, ut Paulus se ait voile (7uf/.7ra:/5a/.Xy;5ï5vat
aliorum i)ioruin officiis ac conimonofactjono. Satis ubiquo est
bostium qui Domiuo bollum iufoi'unt, qui nos doloro conan-
tur : 00 sit tirmior consensus noster, avu'Xiepx'n yàp oîoîzyi
y.peiacjoiy. Fortassis nostra Germanja ])aulô i)ôst à Turcis vas-
tabitnr : quod si fiet, eô magis vo])is alibi in loris tutioribus
studia litorarum excitanda erunt, et pugnandum vobonnMitiùs,
ut in reliqua Europa Evangelii lucem accondatis ot retinoatis.
Quod ad qucVstioHeni de priedestinatioue ^ babobam aniicum
Tuljingœ doctum bominoni Franciscum Stadiamim^, qui dicore
solebat, so utrumquo probaro, evenire omnia ut divina provi-
dontia docrevit, et tamen esse contingentia. Sose baec conciliare
non posso. Ego cuni bypotbosin banc tenoam, Doum non esse
causam poccati, noc voile peccatum. i)Ostoa contingentiam in bac
nostra intii-mitate judicii admitto, ut sciant rudes Davidem sua
voluntato ultro ruere, et eundem sontio, cum baberet spirituni
sanctum, potuisse eum retinere, et in ea lucta aliquam esse volun-
tatis actionem. Hœc etiani si subtiliùs disputari possunt, tannui
ad regondas mentes hoc modo proposita, accommodata vidontur,
Accusemus ipsi nostram voluntatem cum labimur, non (iua?ra-
mus in Dei consilio causam et contra eum nos erigamus ; scia-
mus Deum et voile opitulari et adosse luctantibus .- y.;v;v Bélrr
uov, inquit Basilius, y.y.i B-sàg ■npoy.Tzavzi.. Excitotur ergo cura
in nobis, ot laudetur Dei imniensa bonitas, quum ot promisit
^ A com]);irpr avec le t. VI, p. 81, ii. 10: MI, 489, renv. ûo n. 3-4.
^ Dans son livre contre Pigliiiis, Calvin aniidiicait (jifil traiterait jjIus
tard de la prédestination. C'est un souvenir qu'il ra])j)pllera en tête de
son ouvrage intitulé : « De feterna Dei pniedestinatione.... consensus Pas-
torum Geneveusis Ecclesise, a lo. Calvino exj)Ositus. 15.52, » in-8".
® Frantz von Stade, sous lequel ]Mélanclithon étudia la dialectique à
l'université de Tubingue (Voy. Joach. Camerarii de Vita Melanchthonis
Xarratio. Recensuit Strobelius. Ilal;t\ 1777. ji. 15).
344 CONRAD PELLICAN A JEAN CALVIN, A GENÈVE. lo43
auxilium et praestat. Sed petentibus, ut iiiquit Domiinis, hoc est
iis qui promissionem iutueiitur. Nam à verbo Dei ordiendum
est, nec repugnandum promissioni, sed ei assentiamur, née dis-
puteraus antea, tune nos adsensuros esse cum arcanum decretum
Dei nobis monstratum fuerit : adsentieutem autem Deus adju-
vat, qui per verbum est efficax.
Hœc non scribo ut tibi tradam quasi dictata, homini et erudi-
tissimo ac peritissimo exercitiorum pietatis. Et quidem scio heec
cum tuis congruere, sed sunt ny.yyzcpy. et ad usum accommo-
data. Hsec Bonnse scripsi apud D. Bucerum, cum eô accersitus
est ut ecclesias in Diœcesi Cohniensi emeudaret. Haec consilia
Deo piis votis commendes. Rogo autem ut mihi signifiées, an
hanc epistolam acceperis. Xam si intellexero certô ad te perferri
meas literas, scribam sœpiiis'". 'AvTtfîw/say tibi debeo, quare et
grati animi significationem ostendam. Bene vale. xi. Maii (1543),
Philippus Melanchthon.
1229
CONRAD PELLICAN à Jean Calvin, à Genève.
De Zurich, 13 mai 1543.
Autogr. Bibl. Publ. de Genève. Yol. n'' 110. Calv. 0pp. XI, 542.
S. Soleo, doctissime piissimeque Calvine, tumultuariè et indi-
ligenter scribere : ideo me non intellexisti scribentem de Bul-
lingeri nostri officio quod habet scribendi de rébus gravibus et
])ublicis, me autem de minutis' : ideoque rarô scribere me,
scientem nihil negligi pcr BnUingerum. Nihil autem prorsùs
habet contra te, nec minimum quidem, sed totus totum te dili-
git, observât, colit, miratur et laudibus evehit, sed magis in te
Deum. Non ergo credas mo vohiisse quicquam taie scribere ad
"* Au comineiiocment de juillet 1543, Calvin adressa de Strasbourg à
Mélanclithou uue lettre, à laquelle celui-ci réi)Oiidit de Bonii, le 12 du
même mois.
^ Pellican fait allusion à sa lettre du 3 mars et à la réponse de Calvin
du 18 avril (N"* 1209, 1221).
1543 CONRAD PELLICAN A JEAN CALVLN, A GENÈVE. 345
te, quasi habeat qiiod monoat te vel hortetur vel querulctur
prorsùs. Si rariîis scribit, occupationes plurime et magne in
causa sunt. Et quœ de Farello scripsisti ad me gratissima snnt
nohis omnibus et persuasissima, qui non credidimus rumori, nec
frutri scribenti contra eum ^, quando eum Farellum experti
sumus semim' esse et perseverare virum Dei et nostrorum aman-
tissimum, mei verb imprimis et BlbJiandri, à quibus niliil
a[b]scontlisset, si quid habnisset contra doctrinam et mores
ecclesise nostre et nos quoque, qui ])ro suo [1. sua] libertatc et
spiïitu sancto, proque dextra sua amicicia ad nos nihil tacuisset
suo jure loqui et scribere. Fueramus tamen territi non modicè
ex falsa hujusmodi fama et minime expectata. Ideoque tibi gra-
tias agimus de sentencia et testimoniis tuis : ingénue rogantes
ut si quid nos monendos aliquando judicaveris, vel tecuni Fa-
rellus, libéré et amicè velis. Homines enim sumus, sed pro
gratia Christum interpellamus, parati audire semjjer meliora
suadentes, et perseverare in piorum amicicia, quam maximi
facimus.
Audio te scripsisse denuô De locis communïbus tlieologkis^,
quos propediem avidissimè legani. Oro sic pergas. Et responsio-
nem Bei'nardini nostri ad lucen. [1. Lucensem] oboleo officine
tue opusculum esse\ certè utilissimum et verissimum. Dominus
succurrat electis et Ecclesie sancte, servetque te eidem diutis-
simè. De alio quoque Itah bene nos es consolatus \ Plurimùm
te salvum cupiunt in Christo Bullingerus et Tlieodorus, utque
excusatos liabeas quôd nunc quoque non scribunt, occupât! mul-
tis. Hic frater Angélus'^ linguam quoque callet Gallicam, ut
- Quel était le ministre qui avait signalé i^ar écrit aux Zuricois les
prétendus i^ropos de Farel? — On peut supposer que c'était Béat Comte
ou André Zébédée. Antoine Marcourt n'entretenait pas de relations avec
les Zuricois.
^ Une réimpression latine de VIusf'fi(fionchréfien)/e avait paru à Stras-
bourg au mois de mars 1543, chez Wendelin Rihel.
* Cet opuscule, qui n'était pas de Calvin, mais d^Ochino, avait été
publié récemment à Genève sous le titre suivant : « Epistola Magistri
Hieronimi Lucensis ad Bernardinum Ochinum Senensem. Cum res])onsione
eiusdem Bernardini. Genève. Per .Joliannem Gii-ardum. 1543, » 55 pp.
in-S" (Voy. Benrath, o. c. pp. 165, 375).
^ On ne sait pas de quel autre Italien il veut parler.
® S'il était question de Jean Lanye, jadis correspondant d'Érasme et
346 [l'église de metz] aux princes protestants. 1543
spes ei sit de loco inveniendo apud Bernatmm ditionem. Domi-
niis dirigat ejus et aliorum gressiis in viam salutis ! Vale, Tiguri
die penthec.[ostes] 1543.
TUUS CoNRADUS PeLLICANL'S.
(Inscriptio :) Piissimo doctissimoqiie theologo D. Joli. Calvino,
Ecclesiœ Genev. pastori fidelissimo Amico.
[L'ÉGLISE DE METZ'] aux Princes protestants.
(Composée dans la première moitié de mai 1543.)
Guill. Farel. Oraison très dévote en laquelle est faicte la
confession des péchez...^
(Strasbourg, 1543, in-lfi. )
Eeqiteste aux Princes et Seigneurs.
0 Princes et Seigneurs Chrestiens, et tous qui estes constitués
en autorité et ])uissance ayans et i)ortans le nom de Dieu, qui
de Farel (I, 178), Pellican aurait jugé inutile de dire : « Linguam callet
Gallicam, » puisque ce personnage était natif du pays de l'Argonne, qui
faisait partie de la Champagne. Quant à l'Italien Joannes Angélus Odo-
nus, pensionnaire de Bucer à Strasbourg (L5o5), on connaît trop peu sa
biographie pour qu'on puisse supposer qu'il voulait, en 1543, servir l'une
des églises réformées du Pays romand. (Voyez les lettres qu'il écrivit de
Strasbourg à Erasme et à Gilbert Cousin, en son projire nom et au nom
de Philenus Lunardus. Gilberti Cognati Opéra. Basilea?, 1562, in-folio, I,
306-314. — C. Gesneri Bibl. univ. 1545, ff. 383, 554).
^ Voyez les notes 5, 6.
^ Voici le titre complet de cette rarissime plaquette, qui nous a été géné-
reusement communiquée par M. Adolphe Gaifl'e : ORAISON I TRESDEVOTE |
en laqu[e]lle est faicte la cou- | fession des péchez, des | fidelles qui
ainsi | crient après | Dieu. | composée par m. | Guillaume Farel pres-
cheur du \ saincf Eiiangille de nostre \ Seigneur. \ Psal. 90. | le suis auec
toi/en la fribuhifio)i; \ inuocqiie moy, d' ie t'exaulceray. (Titre encadré,
avec la marque de Jehan Knobloch; in-16 de 27 ff. non-paginés).
L'opuscule se compose des trois pièces suivantes : 1. Prière à Dieu en
laquelle est faicte confession des péchez.... 2. Requeste aux Eglises de
nostre Seigneur. 3. Requeste aux Princes et Seigneurs. — On ne retrouve
1543 [l'Église DE metz] aux princes protestants. 347
avés charge du ijouple, auquel par la grâce de Dieu vous vous
emploies, affin qu'il soit entretenu, non seullement es choses
corporelles, et pour les corps et k^s biens, mais comme vrays
membres de la S. Église, faites servii* vostre puissance en l'hon-
neur de Dieu, au salut des âmes, affin que selon la pure Parolle
elles soient conduictes et gouvernées, — En remerciant^ très
humblement ceulx d'entre vous qui, en grosse charité et bonté,
vous vous estes employés envers noz SeigUiHirs j)our bénigne-
ment les induyre à ce, qu'en droicte affection paternelle ilz nous
oultroiassent la saincte prédication de l'Évangile, — très affec-
tueusement et en toute humilité nous vous supi)lions, qu'il
playse à voz bénignes grâces ])Oursuyvre, ceulx qui avés com-
mencé, et tous les autres \ de vous employer envers nos dictz
Seigneurs, pour les attyrer amial)lement et les induyre à une
chose si saincte, et si digne et tant raysonable, comme mesme
ilz le confessent". Et, affin qu'ilz ne doubtent troubles et mo-
tions, ne qu'on se vueille eslever contre eulx, ne contre autres
aulcunement (comme les ennemis de vérité tousjours calum-
nient TÉvangile comme induisant à rébellion), ainsi qu'en bien
toutes les j)uissances ordonnées de Dieu se doibvent assister
contre tous ceulx qui font mal, et qui contreviennent aux
sainctes puissances ordonnées divinement, et qui sont contre le
sainct commandement d'icelles, qu'il vous j)layse les assurer de
nostre i)art, que rien de ce n'adviendra : et à ce leurs offrir vostre
aide, pour les maintenir en tout droict et rayson, et de ne souf-
que le dcrnii'r quart de la première, dans rouvrauc que Farci juihlia en
1545 à Genève chez Jehan Girard, sous ce titre : « Forme d'oraison pour
demander à Dieu la' saincte prédication de l'Évangile. » La seconde pièce
n'y a subi que très peu de moditications. La troisième y est fâcheusement
allongée par un réquisitoire contre le papisme. Nous la donnons ici sous
sa forme ])rimitive, qui u"a ])as été reproduite dans les éditions in-folio de
Crespin et dans celle de Toulouse, I, 452-456.
^ Édition de 1545 : nous vous remercions.
* Le texte de 1545 porte : « poursuivre ce que vous avez commencé, et
vous tous autres de vous emi)loyer, etc. »
^ Plusieurs traits des pièces 1 et 2 de V Oraison très dévote, se raiipoiteut
évidemment aux ÉcangéliqHes de Metz. Farel lui-même, dans rouvrage
de 1545 précité, a pris soin d'en avertir le lecteur par des annotations à
la marge (Voyez la réimpression de son écrit intitulé : Du vray usage de
la croix... Genève, J.-G. Fick, 18G5, pj). 274, 284).
348 [l'église de metz] aux pri.nces protestants. 1o43
frir que tort leurs soit faict. Certainement, bons et Clirestiens
Princes et Seigneurs, après Dieu et sa saincte parolle, nous
n'avons chose pour laquelle tant nous vouldrions employer
comme i)our la S. Puissance ordonnée de Dieu : i)0ur laquelle
maintenir et conserver, en luy obéissant et rendant tout devoir,
vouldrions mettre la vie, corps et biens, et de nous et des
nostres. Car un tel don de Dieu comme est la Puissance ordon-
née de Dieu, ainsi (juMl est très nécessaire sur la' terre, aussi
pour la conserver et maintenir tous de grand cœur se doibvent
employer; et si nous y avons aftection grande, nous ne doub-
tons point que jiar la saincte parolle de Dieu elle ne soit aug-
mentée.
Excellens et vrays et fidelles Princes et Seigneurs, par la
saincte affection qu'avés à Dieu et à ceux que Dieu vous a don-
nés, et ainsi que vous seriez esmeuz à pitié, s'ilz estoient en tel
estât comme nous, et qu'ilz vous feissent telles requestes au nom
de Dieu comme nous faisons à noz Seigneurs, ayés pitié de nous
et nous ayde[zj en toute bénignité envers noz Seigneurs ^ Les-
quelz Dieu conserve et garde en tout bien, avec vous, et tous
qui sont constituez en telle Puissance, pour servir à la gloyre
de Dieu, au bien et édification de toute la Chrestienté! Amen^
® Tout annonce que la jn-ésente Requête était destinée aux députés des
Princes et des Villes qui devaient se réunir à Strasbourg le 14 mai 1543
(Nos 1235, 11. 12-14; 1218, n. 3). La Requête aux églises de notre Seigneur
exprime le même regret que la lettre de Farel du 20 avril (X° 1222, renv.
de n. 29). Elle demande aussi que ceux « qui preschent contre vérité »
soient contraints « à maintenir par la parolle de Dieu ce qu'ilz osent mettre
en avant » (Allusion à Caroli). Elle a dû être composée après que Farel
eut échappé aux sicaires de Gorze, et dans un moment où la prédication
de l'Évangile dépendait encore du bon plaisir des XIII Jurés (X" 1225).
Voyez Bu vray usage de la croix, éd. cit. pp. 273-277. — Crespin, éd. de
Toulouse, I, 450-452.
^ La plaquette finit par le ]isaume CXX, traduit en vers et pourvu,
pour la première fois, de la notation musicale (Cf. Douen, o. c. I, 352-54).
1543 PIERRE CAROLl A GUILLAUME FAREL, A STRASBOURG. 349
1230^
PIERRE CAROLl à Guillaume Farel, à Slrasbouri».
De Metz, 14 mai 1543.
Imprimée. Genève 1543'. Cal. Opj). XI, 544.
A Guillaume Farel de Gap en Daulpliiné.
Jésus t Maria.
In nomine sancte et inclividue Trinitatis Patris, et Filii, et
Spiritus sancti. Amen.
Sçaches, Farel, que Dieu grâces, je ne crains plus tes menaces
et menées, car l'Esprit de nostre Seigneur Jésus-Christ m'a tel-
lement en croix conforté et assisté, et par sa bonté tousjours,
comme espère, m'assistera, qup plus ne me trouveras si fragile
que quelque fois ay (^sté, et pour ce, si tu desires tant le combat,
comme souvent es chayères et ailleurs tu te vantes, jusques à
la dernière goutte de ton sang : afin que sans plus user de fémi-
nines détractions et conviées im])ertinens à nostre dé])at, la
guerre dez l'an 1535, environ la Trinité, entre nous deux, à
Genève commencée, puis à Losane et Berne continuée ^ en bonne
compagnie où soyent juges compétentz, idoines et suffisans, par
la mort de l'un ou de l'autre, ou de tous deux ensemble prenne
fin, et que laissions en paix la saincte Église catholique.
Je Pierre Caroly, de l'authorité du sainct siège A])ostolique,
docteur en théologie à Paris, et compagnon indigne de Sor-
bonne, à la sustentation de nostre saincte Foy, et de l'honneur
de ma Mère saincte église Ptomaine et catholique, par la pré-
sente cédule, ce jour, seconde férié de Pantecoste quatorziesme
de May, 1543, en grande multitude des Seigneurs et ])ourgeois
^ Titre : Vue Epistre de ÎMaistre Pierre Caroly docteur de la Sorlione
de Paris, faicte en forme de deiïiance, & enuoiée à Maistre Guillaume Farel
seruiteur de Jésus Christ et de son Eglise, auec la res])oiise. A Genèue,
par Jehan Girard. 15J:3. Très petit in-8" ou in-16 de douze feuillets de
26 lignes à la page.
^ Voyez l'article Caroli dans les Jndices des t. IJJ-'S'TJ.
3o0 PIKRRE CAROLI A GUILLAUME FAREL, A STRASBOURG. 1543
de ceste noblo cité de Metz, durant mon sermon à sainct Vin-
cent, de ma bouche prononcée, et de ma main escrite et soubsi-
gnée, t'api)elle devant le sainct siège Apostolique à Borne, ou le
Concile général par mon sainct Père Paul Pape tiers indict à
Trent, ou par devant le très victorieux, de Dieu coroné Empe-
reur, Charles cinquiesme, ou le Roy très chrestien Françoys pre-
mier de ce nom : ou en présence des très scientifiques Docteurs
théologiens des facultez de Paris, ou de Tholouse, ou de Poic-
tiers : ou si tu n'oses aller en France^ de Salamauque, ou de
Alcola, en Espaigne : ou si tu ne veux et te grève aller si loing,
de Louvain es pays de TEmpereur, ou de Padoue es terres des
Vénitiens, tous en matière de Foy catholique dont est nostre
discord, congnoissans et juges suifisans, pour illecjusquesà tant
qu'il me conste que je soys repenty, te maintenir tel que je t'ay
autre fois maintenu au Conseil de Berne, ])ar feu monsieur
l'avoyé Derlac, mon parlier^ Et d'avantage maintenir, quêta
doctrine est faulse, hérétique et schismatique, et pour ce par la
présente très instamment, une, deux, troys fois te somme, que
pour abréger, tandis qui[l] faict beau, dedans huit jours après
cest appel à toy signifié, tu me faces juridiquement et solemnel-
lement notifier lequel des juges et lieux cy-dessus proposez tu
auras esleu, et le jour aussi que tu t'y présenteras, et en la pré-
sence de la saincte Église icy assemblée jui-e sur ma foy, que si
Dieu ])laist, je ne fauldray au jour et lieu ])ar toy assigné, me
présenter. Que si dedans les dictz huit jours ne m'assignes jour
et lieu, je te tiendray pour convaincu, et tel par tout te presche-
ray. Et si après l'assignation par toy faicte, par aucune finesse
en me trompant, tu ne te présentoys quant et moy \ te déclaire
que moy et mes ad[hjérentz te tiendrons et par tout presche-
rons, lasche, fuyart, meschant et convaincu de schisme et d'hé-
résie, turbateur de l'Église catholique et perverseur du sainct
Évangile de nostre Seigneur Jésus-Christ, afin que tous fidèles
se gardent de toy et de tes adhérentz. Et si tu crains accepter
ce combat ainsi conditioné, je t'en ofiriray un plus abrégé.
Pource que raisons et authoritez ne servent plus de rien à con-
vertir obstinez, je bailleray articles contre ta doctrine accoustu-
* Celui qui portait la parole au nom d'uu autre, devant les tribunaux.
* C'est-à-dire, en même temps que moi.
1543 PIERRE CAROLI A GUILLAUME FAREL, A STRASBOURG. 3o I
mée, m'otïraiit sans plus en disputer, mourir pour les soustcnir,
et pour m'exécuter présentement, de ma projH'e voluuté me
constitue prisonnier en ceste cité de Metz, i)Ourveu (pie ])our
soustenir les tiens aux miens eontredisans, tu vueilles aussi sans
l)lus disputer mourir, ¥A afin ([ue je soye asseuré et saisy de ta
personne, tu t'en iras constituer ])risonnier entre les mains du
Roy très chrestien, desquelles tu ne jjuisses escliapper jusques à
tant que je soye pour mos articles exécuté, pourveu aussi que
devant ma mort je soye deuëment informé, que tu soys (mtre
les mains du dict Roy très chrestien, pour recevoir mort après
moy i)our les tiens articles accoustumez\ Et pour la quarte
fois, d'abondant te somme d'accepter l'un des dictz combatz, ou
autrement je te maintiens traistre à nostre Seigneur Jésus-Christ,
et à son Espous(> saincte Église catholique. Et afin que cest appel
ne soit fait en cachettes, te signifie, que j'en envoyé la copie
signée de ma main au Pape, à FEmpereur, au Roy, à ma dame
la Régente du i)ays bas, à monseigneur de Lorraine, à monsieur
de Guyse, et à toutes les universitez cy-dessus nommé(^s, et n'y
feray faulte. Et aussi j'entens, comme raison le veult, que toy et
les tiens, qui apjjortez nouvelle doctrine, vous vous taisiez en ce
pays, et laissez ceste noble cité de Metz en paix, jusques à tant
^ Au verso du titi'e du présent opuscule, ou lit cet avertissement :
« Jehan Calvin et P. V/ref aux Lecteurs.
Pource que plusieurs pourroient doubter en lisant ces épistres, que ce
ne fust une chose controuvée, comme aujourd^huy on imprime beaucoup
de fables à la voilée, il nous a semblé advis bon, d'acertainer les lecteurs
de ce qui en est : voire ceux qui voudront adjouster foy à nostre tesmoi-
gnage, comme espérons que feront tous ceux qui nous congnoissent. Afin
donc, que toute soubson leur en soit ostée, nous prenons cela sus nous et
sur nostre charge, que tout ainsi que la defiiance de Charoly est icy cou-
chée, elle a esté envolée à Farel escriptc de la main de l'autheur : et que
luy aussi a eu la responce en telle forme de mot à mot.
Ce qui nous a meuz de faire imprimer l'un et l'autre a esté première-
ment pour représenter, comme en un miroir, que c'est d'un homme
abandonné de Dieu comme Caroly. Car il se monstre en ceste Éjnstre estre
du tout hors du sens, et non seulement desproveu de jugement et raison,
mais forcené en cruauté, qui ne demande que boire le sang comme une
beste enraigée; au contraire, afin qu'on puisse recongnoistre en l'Episfre
de Farel de quel esprit nous sommes conduitz, nous dy-je, qui desirons et
cherchons que le règne de Jésus-Christ soit restitué en son cutier, l'Église
soit remise en son premier estât. »
3S2 PIERRE VIRET A GUILLAUME FAREL, A STRASBOURG. 1343
que tu ayes fourny à l'un de ces deux combatz. Signé, l'an, jour
et lieu dessusdictz, par moy
Pierre Caroly ^
4231
PIERRE ^TRET à Guillaume Farel, à Strasbourg \
De Lausanne, 19 mai 1543.
Inédite. Autographe. Coll. Lutteroth. Bibl. de la Soc. de FHist.
du Protestantisme français.
S. Gratia et pax! Quanta fuerit nostrum omnium consterna-
tio, audito primo funestx istius cladis n(mor[e], in qna tam
mulfi Metensiiim cecidisse dicebantur^, vix credibile est. Primus
rumor incerto autore sparsus, nos magis perturbarat anxiosque
reliquerat, quôd solùm occubuisse ])lurimos asserebat, de te
autem nihil afferebat certi. Quid igitur cogitare 'poteramus,
quàm cœteros omnes potiùs fuisse lïberatos periculo quàm te
ummi, cujus liaud duUè vita prœcipuè petebatur, nisi Dominus
^ On lit au dessous, dans l'imprimé : Fin de Vépistre.
Le 23 mai, une traduction allemande de cette Épître fut envoyée à
IVESI. de Berne par le comte Guillaume. On croit pouvoir lui attribuer les
notes suivantes, écrites au bas de la susdite traduction :
« Ce prédicant Caroli a dit publiquement dans sa prédication : Que si
« une ville de Metz ne se réduisait pas sous la puissance du roi de France
« ou du duc de Lorraine, elle n'aurait jamais ni paix, ni repos ; et [que]
« si elle ne se délivre pas des Allemands, ils la séduiront par leur doctrine
« hérétique.
« Après cette prédication, les Français sont revenus devant Gorze, non
pas qu'ils aient voulu s'en emparer, mais seulement à cause des traîtres
sur lesquels ils comptent à Metz pour prendre cette ville ; car on a entendu
plusieurs Français qui disaient : « Est-ce là cette grande ville que nous
devons gagner V » C'est pourquoi veuillez prendre la chose à cœur, afin
qu'on aide la ville de Metz et ceux qui ont reçu la parole de Dieu. » (Mscr.
orig. Arch. de Berne. Trad. de l'allemand.)
1 Olivier Perrot n'a donné qu'un résumé très incomi)let de cette impor-
tante lettre. Nous adressons nos chaleureux remerciements à M. le pasteur
N. "NVeiss, qui a bien voulu la copier pour nous.
2 N"* 1216, 1217, 1222, 1224, note 2.
1343 PIERRE VIRET A GUILLAUME FAREL, A STRASBOURG. 333
insigni te eripidsset miraculo : qiiod paulo i)5st factiim esse
intelleximus. non sine magno nostrum omnium solatio. Nam
quamvis maximo nobis mœrori fuerit aliorum csedes, eum tamen
magna ex parte lenivit tua salus et incolumitas, cujus me cer-
tiorem fecit Amatus Perrhms, qui Berna redibat ■'. At tametsi
certis nunçiis mihi affirmaretur. nondum tamon animus con-
quiescebat, donec exemjilar vidi tuarum ixdfratres Neocomenses
literai'um\ cuni Genevœ essem ajjud Calvinum'% ac certum
audivi nuncium, qui pauciores occisos narrabat quàm primus et
secundus rumor s])arsissent. Ojjortuit Satanam testari se et
homicidam esse et taies habere tilios. At ticri non potest quin
sperem brevi fore ut eum Dominus sub pedilnis vestris conterat.
Quid illic moliatur Curolus, novus ille Balahamus sua excœ-
catus malitia, conductus ut poimlo Dei maledicat^, audivinms.
Sed non dubitamus Dominum versurum ejus maledictiones in
benedictiones. Si quid ad retegendum et repellendum imposto-
rem illum valerent literœ quas adversvis ejus cahimnias impe-
travimus à senatu Bernensi', archetypum apud me est. Tu
igitur signiticato, si ad te niitti velis. Ejus nunc exemplar
mittere visum est, ut si quid haix're momenti in isto vestro
négocie hujusmodi testimonium possit, faciliùs cognosceres.
Porrô de rehiis nostris quid ad te scribam, baud sanè scio.
^ Amy Perrin, l'ancien capitaine général de Genève, ayant été député
à Berne, se présenta devant les magistrats bernois, le 9 avril, quelques
instants après que l'envoyé du comte de Furstemberg leur eut annoncé la
délivrance de Farel (N° 1217, n. 7).
* L'original de cette lettre n'existe plus à Neuchâtel, et la copie qui en
fut envoyée à Calviu ne paraît pas avoir été conservée.
^ Viret s'était rendu à Genève dans la seconde moitié d'avril. Le secré-
taire du Conseil écrivit dans le ])rocès-verbaI du 30 : <■< Maystre Pierre
Vijret. Pource qu'il fayct ])lusseurs services à la ville, tant en prédication
que aultrement, Résolu de luy ballier ung héraulx pour le encompagnyé
jusques à Lausanne, et il luy soyt donné six escus soley. Lesqueulx ne
voulsu prendre, et icyeulx bout estes retornés. Toutesfoys soyt jjoyé uue
coverte de Catellognye, de laquelle a parlé le S"" Jo. Cbaultemps. »
^ Voyez la lettre de Pierre Caroli à Farel du 14 mai, i-t la réponse de
Farel du 21.
^ Les « lettres testimoniales de leur innocence » délivrées ])ar Berne, le
7 juin 1537, à Tiret, Farel et Calvin, sont traduites et imi)rimées dans
Ruchat, t. Y, p. 39-40. Le manuscrit original est déposé à la Bibl. Publ.
de Genève. (Yoy. aussi notn- t. IV, p. 288, 239).
T. VIII. 23
354 PIERRE VIRET A GUILLAUME FAREL, A STRASBOURG. 1543
Pergimus iiostro more. Ecclesia Oenevensis magis in dies florct,
cujus rei gratia meritô nobis laudandus Deus. Henricus ex urbe
ad pagum rediit cui priùs i)r8efectus orat, idque fratrum reli-
quoruin et totius Senatus consensll^ Hoc dimtaxat desidero,
Calvino socios esse taies qui ejus labores lèvent et ei sintjiotihs
solatio qtiùm mœrori et oneri '. Quàm metuo ne honus vir labori-
hus tandem succunibat, quamvis Dei beneficio satis bene valeat,
pro rationo infirmi ejus corpiisculi. Afflictatur i^este Geneva
sicut et Laiisanna, Viviacum, Orha ac alla oppidida et pagi in
tota vicinia. Sed liœc tantùm dolornm sunt initia. Pavamus nos
ad longé graviora, quibus Dominus castigaturus est nostram
contumaciam et ingratitudinem. Nam paucissimi sunt qui con-
vertantur ad Dominum percutientem, cujus manus extenta
duriùs in dies ferit. Cœlius^^, vir doctissimus ac pietatis aman-
tissimus, niihi vicinus est", prœfectus Collegio, cujus me ami-
citia et faniiliaritas valdè recréât. Italus est, qui sœpe causa
FA'angelii in Italia periclitatus, se tandem ad nos recepit'^ De
ejus fide, pietate et literis locui)les testimonium Petrus Mar-
tyr^'^, qui apud vos est, ac hic etiam nuncius reddere poterit,
* Les passages suivants du Registre de Genève ont ici leur intérêt : Die
luufe, IG Aprilis 1543. Congé de Maystre Nycolas Wandée [1. Wandart],
prédicant de Jussiez. Lequelt, à sa humble requeste, luy ha esté donné
congé de ce retirer ainsy que bon le semblera. » — « Maystre Ahel [Pou-
2)in] prédicant. Ayans aoys la relation des seigneurs prédicans, aut lieu
du d. Wandée a esté mys... le d. maystre Ahel, non pas seulement pour
servir à Jussiez, mes en tout ce qu'il sera neccessaire en l'Église de Genève,
et ha fayct le seyremont d'hier. »
Le 23 avril. Poupin fut rappelé à Genève, et Henri de la Mare, envoyé
<à Jussy à sa place, y fut installé le dimanche 29 par Calvin et deux
membres du Conseil.
» Voyez le N" 1121, note 3.
*""" Celio Secundo Curione était encore, le 6 février 1543, dans une
hôtellerie de Lausanne, et Berne lui faisait livrer pour sa dépense six
crônes d'or (Manuel du d. jour). Mais, trois mois plus tard, il logeait avec
les XII écoliers dans la haute-ville (la Cité), où Viref avait sans doute reçu
un logement provisoire (Cf. p. 167, n. 18; 193, n. 7-8; VI, 342, 343,
n. 14, 17).
*2 Voyez les N"' 1170, 1177, llSl. Curione a publié l'ouvrage intitulé :
Cselii Secundi Curionis selectarum Ei)istolarum Libri duo. Basile», per
loannem Oporinum. (Anno Domini M. D. LUI. Mense Martio.), où l'on
trouve, p. 183-192, le discours ])ar lequel il avait inauguré ses leçons, et
qui porte ce titre : « De ingenuis artibus oratio, Lausannce habita, »
1543 PIERRE VIRET A GUILLAUME FAREL, A STRASItOURG. 353
Micliaël Dubit((fus^% qui apud me est, scribit de ecclesia Neo-
comensi ad te. Nescio an audiveris Coniitatum Fribmr/ensihKS
venumdatum^"^ : (jua re valdo aiidio Neocomenses j)erturbatos.
Quid futuriuu sit, non sat divinare possuni. Hem se ita habere
affirmavit Dubitatus, eamque ob causam misses Bernam et Fri- ■
burgum legatos. Dominus ita temperet negocium totnm nt niilla
nobis graviora niala suboriantur.
Proximis diehits Viviacum convenimus^^, nt viam quœreremus
redeuridi in gratiam ciim iis qui nobis ciqnebant reconciliari.
Audivisti, oi)inor, quas in turbas conjectus fuerini'^ Quibus
autem autoribus novit Dominus, et quo aninio omnia sint
peracta. Post hosce motus et alias, quas quotidie nobis Satan
excitât, tragœdias, Marcurthis cœ\)\t Calrinion compellare de
reconciliatione'\ quem arbitrabatur sibi nonnibil infensum.
Colloquiuin expetebat, quod non denegavit Calviuiis^-'. In eo
facta est de me quoque mc^ntio, absente tamen. Cum gra-
viss.[imaj se habere adversùm me praedicaret, quœ cuperet niibi
explicare, sed pra^entibus aliquot viris bonis, pr<Tcii)uè Cal-
vino, idque milii Calvinns renuntiasset lubens animi, diem dixi-
mus. Nam tum Genevœ eram-°. Sacconiaci^^ sumus congressi.
'=* X" 1172, note 6.
^* Michel Boht, pasteur congédié du pays de Montbéliard.
'» N" 1237, note 13.
^® Ce fut probablement le mercredi IG mai que la Classe de Lausanne
se réunit à Vevey.
'^ Yiret mentionnait déjà ces troubles dans sa lettre à Farel du 15 mars
(N" 1211). Voyez les détails que nous avons recueillis à ce sujet, pp.' 24-1-
245, note 13; 258-259, note 14.
'* En 1540, Antoine Marcourt avait montré de l'empressement à solli-
citer le retour de Calvin (VI, 317, 318). Nous ignorons pourquoi leurs
relations s'étaient dès lors refroidies. Mais il y a lieu de croire qu'elles
s'altérèrent complètement lorsque Marcourt, mécontent peut-être de l;i
modeste place qu'il occupait dans un village reculé du Pays de Vaud, se
laissa aller à une délation j)erfide contre Pierre Viref (p. 258-250).
^^ L'entrevue de Marcourt et de Calvin n'eut pas lieu à Genève (n. 21).
^° Voyez la note 5.
^^ Probablement au Grand- Sacconnex, qui était alors une ])aroisse ber-
noise. Le Petit- Sacconnex appartenait à Genève, où Marcourt craignait
de se montrer, parce qu'il en était parti sans congé régulier (VI, 271, 310,
409). On lit, en ctï'et, dans le Registre du Conseil au 7 août 1543 :
« Maistre Anthoenne Marcort. Saufconduyt. Suyvant le ra])i)(»rt faiet
par les seigneurs de retour de Berne, requérant luy oultroyer de aller et
3o6 PIERRE VIRET A GUILLAUxME FAREL, A STRASBOURG. 1543
Exitus illius colloquii fuit ut paci studeremus et concordiae, ac
si fieri posset, Marcurtms ad nostram synodum ^^ se conferret,
ut cum tota Classe, ipse cum aliis aliquot nostrae Classis qui ei
erant conjunctiores, reconciliaretur, ac nos omnes vicissim alii
• cum aliis, si quid simultatis inciderat. Adfuit cum Morando -^.
Res eô tandem devenit ut amicioribus et tranquillioribus animis
omnes domum redierint, speramusque fore ut posthac minus sit
inimicitiarum et simultatum. Saltem per nos non stabit quomi-
nus amicè utrinque vivatur, quod et se facturos sanctè promise-
runt^\ Quae ultro citroque dicta sunt longum esset recensere,
nec tutum eliminare. Non priiis res peracta est, quàm auditi sint
et qui Iseserant et qui Isesos se querebantur, [Conventus -'] his-
toriam, causas et agendi rationem non fusiùs explico, quôd non
possum nisi multis, nec [id esset] opportunum. Morandus de te
semper lionorificè locutus est. Tu vide[as] qui[bus rem] scripto
committas, quô [minime] irritentur magisque concilientur :
quod et te facturum non diffido. Bern[enses ministri] nondum
visitarunt ecclesias pro more ^^. Quid sit in causa, nescio.
Quàm cuperem viam aliquam inveniri qua sedaretur Ula inter
A7rto2}.[oUtanos] ministros conteutio" : alioqui non video quid
venir en Genève. Sur quoy ordonné que l'on luy doibge respondre, que
toutes gens de biens peuvent venir dans Genève, [ce qui] faict qui peult
venir. «
^^ A Vevey (renvoi de note 16).
'* Jean Morand ayant été élu pasteur à Nyon par MM. de Berne, le
5 août 1540, avait quitté Genève peu de jours après (VI, 263-265, 469).
^* A comparer avec le N° 1235, renvoi de note 3.
^^ Ici et plus bas le papier est déchiré. Nous avons essayé de suppléer
quelques mots.
^® Sur cette visite des églises du Pays de Vaud faite à des époques
variables par des ministres ou des commissaires bernois, nous n'avons pas
trouvé de renseignements précis.
-' Tiret fait allusion au différend qui avait éclaté entre les ministres de
la ville de Berne en juillet 1542 (X" 1140). Le 24 juin 1543, Myconius
parlait en ces termes d^Érasme Ritter, le plus échauffé d'entre eux :
« Erasmus Bernensis adversîis excommuuicationis usum apud suos pugnat.
Senatum dicit esse ecclesiam. In Cœua paiiem nudum et vinum merum
esse adserit, tanta pertinacia, ut qui ipsi adhèrent, viri magni, dicant :
Es wirt noeh darzu kommen, dass icir mûssend die Jcôpf einander darob
zerschlachen : et eam rem imputant reliquis fratribus. » (Lettre à Bucer
€t à Mélanchthon. Autogr. Bibl. de Zurich. Bindseil, o. c. p. 175).
lo43 ANTOINE THOMASShN AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 357
sperare possimus de occlesiœ et Reipub. tranquillitate. Quaiii
verô viam excogitomus, haiid plané scio. Gliscunt in dies odia,
et adeô sunt alienati aninii iitrinqiie, ut difficile sit coalescere.
Te igitur obsecro ac bonos omnes ut si'^quid possitis, hue nervos
omnes int[endatisj. Si quid et nos omnes valemus, non deeri-
nius nostro niuneri. Salutat te Cœlius. Bïbittus-* nunc ai)ud me
est, ac suum tibi commendat nejwtem-^ qui istliic agit. Dubitu-
tnm putabam ad te scripsisse, sed inscriptio est Gaucherii^^ , ex
quo intelliges quid scripserit. Ora Dominum pro nobis et tota
ecclesia. Saluta meo nomine pios omnes ac doctos viros qui
tecum laborant in agro Domini. Hic tabellarius visus est mihi
optimus juvenis, hebraicè doctissimus utpote Judœus natus, sed
Christo renatus vero. \\. verè] Vale, optime l'rater, mihi chariss.
Lausannse. 19. Maii, 1543.
TUUS P. YlRETUS.
(I)iscrii)tio :) Doctiss, ac integerrimo viro Guilielmo Farello,
Verbi ministro fideliss. Argentinae-^'.
1232
ANTOINE THOMASSiN ^ au Gouvemeup de Neuchâtel.
(De Cornaiix, vers le 21 mai 1543.)
Inédite. Autographe. Archives de Neuchâtel.
Responce sur les articles dressez et mis entre les mains de très
Jionoré seigneur George de Rive, gouverneur au conté de Neuf-
chastel, par ceidx de la parroisse de Cornaulx à l' encontre de
leur pasteur, le 15 de May 1543.
Et comme ainsi soit que les deux ou troix premiers de ces articles
^^ Jean Ribit, professeur de grec à Lausanne.
^' Le nom de famille de ce neveu de Bibittus nous est inconnu.
^" C'est-à-dire que la lettre était adressée à Gauchier Farel, à Stras-
bourg, et non à son frère le Réformateur.
** Note de la main de Paul Ferry, ministre de Metz : « Envoyé de
Neufchastel en novembre 1643. •■>
^ On n'a que deux lettres de ce pasteur. Nous avons rejiroduit la ])re-
358 ANTOINE THOMASSIN AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 1543
mentionnez soyent tirez d'un sermon faict par leur dict pasteur,
un dimenclie, bien tost après que le rehaptizeur Pierre Pelot
feust contraint par la seigneurie à se déjiartir de la maison de
Jacques Glande, son parent, et sourtir de Cornaidx, il est
expédient et très nécessaire de sommairement icy remémourer
le dit sermon. Car ainsi faisant, pourra Ton veoir et entendre
comment les propoz ont esté dictz, et quant et quant comment
ilz sont alléguez en ces articles.
Je doncq, Antoine Thomassin, le dit pasteur, tandiz qu'il
playra à Dieu, lequel m'y a constitué par ceulx qu'il apartenoit,
estant hien adve^iy "par le pasteur de ï église Sainct-Blayse ^ de
l'insalte et grande insolence qui luy feust f aide un dimenclie en
un sermon, au haptesme d'un enfant, envyron quinze jours avant
Basques^ , jusques à luy dit'e qu'il nous fcmldroit d'aultres livres,
et luy dire : « Où trouvez-vous en la saincte escripture qu'il
faille haptizer les petitz enfantz ? » — Lesquelles parolles ne
pouvions ny debvions, selon les circonstances du cas, entendre
aultrement que de dire qu'il ne failloit point les baptizer, attendu
qu'il n'estoit pas commandé expressément, ny en particulier
quant aux enfantz, de les baptizer. Et n'y eust persone qui lors
se monstra estre pour le dit ministre de la parolle de Dieu,
comme il m'informoit, et n'en doubtoye point, voyant bien [ce]
que le rebaptizeur Pelot, estant naguères jjarty du lieu de Cor-
naud, y pouvoit avoir faict. Parquoy estant fort troublé, et
desplaysant d'un tel désordre et peste, qui s' engendrait, et qui à
grand peine s'arresteroit en cela, comme nous l'expérimentons
maintenant, — le dimenclie ensuyvant, auquel [je] traictoye, selon
l'ordi-e de mon texte ordinaire, comment Jésus-Christ avoit esté
baptisé par Jehan-Baptiste^ lequel lieu m'admonestoit aussi de
toucher du baptesme des petitz enfantz, i)Our le temps et le
malheur qui se dressoit, et regardant à toutes ces choses dessus-
dictes, ji'e reprins hien fort, comme j'avoye les occasions grandes
de le faire, un tel scandcde et hlasplihne, de dire qu'il ne failloit
iiiière, t. ATI, p. 256-259. Celle-ci est l'une des rares pièces relatives aux
anabaptistes neuchâteîois.
2 Michel Mulot.
' C'est-à-dire, le 11 mars. On voit, plus loin, que les propos cités furent
tenus dans l'église de Cornaiix, un jour où Thomassin avait fait un
échange avec le pasteur de St.-Blaise.
1543 ANTOINE THOMASSIN AU GOUVERNELR DE NELCHATEL. 3o9
point bai)tizor les enfantz. « Car, disoyo-jo, demander avec telles
et telles circonstances : Où trouverez- vous qu'il faille bajitizer
les petitz enfantz V qu'est-ce aultre chose sinon dire qu'il n(> les
fault point baptizer, à cause qu'il n'est pas dict exj)ressément et
nomméement d\vceulx qu'ilz soyent ba])tisez? » Et, pour mons-
trer la grand folie et ignorance de ces rebaptizeurs, « Hz di-
ront tantost, disoye-je, qu'il ne fault point aussi baptizer les
femmes, tout ainsi qu'ilz disent des enfantz, et à la partin diront
qu'il n'est point de Dieu ; car où trouvera-on en la saincte
escripture qu"il soit dict nomméement et expressément des
femmes qu'elles soyent baptizéez, plus que des enfantz? Ce
nonobstant, disoye-je, il fault baptizer nécessairement et femmes
et enfantz par la parolle de Dieu. »
Second article. Or ceulx de Cornaud ont tiré d'icy leur second
article à rencontre de moy, selon leur affection et entendement,
et non selon la vérité de la chose; car s'il n'a point esté dict
verbalement au pasteur de l'église Sainct-Blayse, qu'il ne fault
pas baptizer les petitz enfantz, aussi n'ay-je jias ])arlé comme
si verbalement on le luy eust dict, mais comme estant comprins
en ceste demande qui luy feust faicte avec les circonstances : ce
qu'est facile à juger à tout bon entendement. En oultre, mon
sermon ne pourtoit nullement que la saincte escripture ne parle
point du bajjtesme des femmes, mais disoye ainsi : « Où trou-
vera-on en la saincte escripture qu'il soyt dict nomméement et
expressément des femmes qu'elles soyent baptizéez? c'est-à-dire,
qu'on les baptize? qu'on les vienne à ba])tizer? c'est à sçavoir
en commandement? » Et si ceulx de Cornaud ne rouldroi/pnt
souffrir ceulx qui disent ^ qu'on ne doibt ijoint haptizer les petitz
enfantz, comme leur dit second article le contient, poiirquoy
doncq est-ce que si long temps Hz ont souffert dedans Corna u,
dedans leurs maisons, p)armi/ femmes et enfantz, ce rehaptizeur
là Pierre Pelotf Pourquoi/ ont-ilz esté tant eschauffez de ce que
le magistrat ne Va vouleu souffrir? Ne sont-ce i)as les rebapti-
zeurs lesquelz disent qu'on ne doibt ])oint baptiser les jx'titz
enfantz ? Et le dit Pierre n'est-il pas du nombre d'yceulx ? Mais
je ne veulx ny i)rétendz nullement à fair(> menteurs mes parro-
chiens, ains les prie toutz, sur ce second article qu'ilz ont
* Il avait d'abord écrit : aient.
360 ANTOINE THOMASSm AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 1543
avancé contre moy, que pour véritable que j'ay esté et suys,
grâces à Dieu, et seray tousjours, aydant ycelluy, ilz ne me
tiennent point pour menteur contre Dieu et toute rayson et
équité. Car touchant ce qu'ilz allèguent m'avoir prier leur nom-
mer les diseurs, je leur ay nommé les rebaptizeurs tant de foys
que j'en suys las, et singulièrement au susdict sermon.
Que s'ilz désirent sçavoir celluy lequel dict lors au pasteur de
l'église S.-Blayse : « Où trouverez-vous qu'il faille baptizer les
petitz enfantz? » Ad ce je respondz que le dict pasteur, comme
j'espère, leur en sçaura bien dire des nouvelles, comme jà leur
ay dict quant ilz m'en ont requiz.
Suyvant au reste le propoz du dict sermon, et monstrant la
cautelle de ces rebaptizeurs, disoye : « que leur façon de fayre
estoit de presclier leur fmdse doctrine en secret, pour séduyre les
simples ignorantz, eulx qui sont mcdicieulx ignorcmtz, et que s'il
estoit question de venir en public et parler davant ceulx-là aux-
quelzDieu a donné le don de prophétie, c'est-à-dire d'entendre et
déclairerles sainctes escriptures, qu'yceulx rebaptizeurs estoyent
incontinant confonduz et renduz muetz par la vertu de Dieu et
de sa saincte parolle, » Ce que les susdicts de Cornaud m'ont
reprouché pour une grande et détestable menterie, premièrement
dedans le moustier '% où ilz estoyent assemblez pour ce point et
pour les aultres, envyron troix sepmainnes avant la pentecoste'' :
secondement, soubs la couverture de leur four, où ilz s'estoyent
aussi assemblez pour cest affaire, le jour avant la pentecoste.
Tiercement, ce dimanche xyrochain après la pentecoste'^ , Ae^Mii
la face de mes seigneurs les commiz sur cest affaire, sçavoir :
monsieur le chastelain Jacques Louys, et Guillaume Hourry,
maistre-bourgeoys ^ disantz par leur parlier, Jacques Claude,
que Pierre Pelot, tesmoing la parroisse, avoit vouleu parler en
public avec moy, mais qu'il ne luy avoit point esté permiz, dont
s'ensuyvoit que j'estoye menteur, ayant dict que les rebaptizeurs
ne cherchoyent que de parler en secret.
^ Monastère, église.
® C'est-à-dire, environ le 22 avril, la fête de Pentecôte étant le 13 mai
en 1543.
^ Donc le 20 mai, ce qui donne la date approximative de la présente
requête, que nous avons dit, par erreur (YII, 277), être datée du 15 mai.
* Guillaume Hory, maître-bourgeois de Neucliâtel.
1543 ANTOINE THOMASSIN AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 361
Ad ce je respondz qu'ilz confessent en la manière eulx-mesmes,
Pierre Pelot estre du noni])re des rebaptizeurs, desquelz la doc-
trine de rebai)tizerie et i)liisieurs aultres qu'ilz ont, sont faulses
et meschantes. Or Jésus-Christ dict hiy-mesnies, au troisiesme
de son évangile selon S. Jehan, que quiconque faict choses
vicieuses, il hayt la lumière, et ne \m\t j)as à la lumière, afin
que ses œuvres ne soyent reprinses. Parquoy il s'ensuyt bien,
jouxte leur dire, que non-seulement moy, mais aussi Jésus-
Christ leur est j)Our un menteur, puys que le rebaptizeur
Pierre Pelot, duquel la doctrine est vicieuse, vouloit venir à la
lumière, et parler en publicq; car Jésus-Christ dict : «Qui-
conque faict choses vicieuses, il hayt la lumière. »
Je vouldroye bien, sauf l'honneur de toute la {)arroisse de Cor-
naud, que son parlier Jacques Claude ne feust point si subtil,
qu'il faulsist^ selon sa raison, que Jésus-Christ et la vérité feust
menteuse. Les subtilitez lesquelles sont contre Dieu, sont détes-
tables, toutes quant qu'elles sont.
Troisiesme article. Je n'ay jamais nommé Pierre Pelot en
chaire publicque, mais y ay tousjours j)arlé des reba])tizeurs sans
les nommer en espécial'". Bien est vray qu'en leur four sus-
dict, [jej leur pense avoir dict, selon le propoz qui lors estoit,
que le dit Pierre estoit diabolicque, et mené par l'esprit de
Satan, à cause de la faulse doctrine et de la peinne qu'il prent
de la semer partout. Et jasoit [1. jà soit] que j'aye beaucoup de
raisons, pour les choses ouyez et veues, de ne doubter point que
le dit rebaptizeur n'en ayt gasté plusieurs, toutesfoys si ne
pensé-je point l'avoir dict publicquement. Et quant bien je l'au-
roye dict ainsi, estant leur pasteur, je ne les auroye pas vouleu
blasmer pourtant, non plus que l'Apostre les Galatiens, leur
disant qu'on les a enchantez, mais auroye cherché et j)rocuré
leur bien par tel moyen, ce qu'est commun et souvent en usage
aux pasteurs des églises, comment il ap[i)]ert par la S. escrip-
ture en plusieurs lieux.
Et de faict, quant Hz disent quHlz ne voiddroyent estre de l'es-
prit maling,je leur respondz sur ce, qii'ilz vie dehvoyentpas doncq
avoir avec eulx, mesmement si long temps, l'espirit maling de ce
^ Qu'il faussât ou falsifiât.
^^ A comparer avec le t. VII, p. 276, conimencemeiit dos notes 7-8-9.
362 ANTOINE THOM\SSIN AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 1543
rebaptizeur Pierre Pelot, ny estre si troublez de ce que ce jjotir-
teur et ministre de V esprit maling estait chassé d'entre eiilx par
l'authorité du magistrat. Car celluy qui dict qu'il ne se voul-
droit eschauffor, ne se debvroit approucher ny tenir auprès du
feu.
Pour toutes lesquelles choses je dy que les parrochiens de
Corniaud à tort et sans cause et contre toute raison et équité
disent, en leur tiers article, que je me desmentz moy-mesmes,
car je monstre le contraire, c'est que j'ay dict vérité.
Au suri)lus, veullant monstrer conséquemment au dict ser-
mon, quelles gentz principallement empoignoyent une telle et
tant exécrable secte, disoye, entre aultres choses, « que ne doub-
toye point, et encor ne fais-je, qu'il n'en y eust aulcuns lesquelz
seroyent contentz d'estre au diable, mais qu'ilz eussent quelque
moyen pour mettre en ruyne, s'ilz pouvoyent, la S. paroUe de
Dieu, et pour i)arler contre les ministres d'ycelle, voyre les exter-
miner, si ])ossible estoit. » Sur quoy ilz ont comprins leur
premier article contre moy. Et res})ondz, que leur requeste
n'estoit pas raysonnable, ny convenable à eulx d'ainsi procéder
envers leur ])asteur, et ne me peuvent ny doibvent, selon l'esprit
de Dieu, tenir pour menteur à cause de cela, non plus que les
Galatiens susdicts n'eussent deu ny peu, selon l'esprit de Dieu,
tenir l'Apostre pour menteur, à cause qu'il les disoit estre
enchantez par quelqu[u]n, comme aussi ne se trouvera jamais
qu'ilz rayent faict. Je demande aux parrochiens de Cornand, si
les Galatiens eussent faict selon l'esprit de Dieu en requérant
S. Paul, Vapostre de Nostre Seigneur, de leur dire l'anchanteur,
ou de ?wmmer les encJiantez? Nenny, certainement, mais eussent
faict selon l'esprit du diable. Toutcsfoys que le S. apostre ne leur
laissait pas occasion de luy demander cela, car il nommoit toutz,
disant : 0 Oalatiens mal-advisez, qui vous a enchantez que
n'obéissez à la vérité ? Et néantmoins, estant ainsi nommez par
l'Apostre, ilz n'ont pas prins cela pour un blasme, mais pour
une correction, comme ilz debvoyent. Semblablement, la paroisse
de Cornaud ne debvoit estre scandalizée aulcunement i)our
ouyr telz propoz de moy, qui avoye si grande occasion de parler
ainsi, i)our la correction des maulvais, et consolation de ceulx
qui ne se sentoyent point estre telz. Et ne m'en peust tenir i)0ur
monteur, sinon en sa grand confusion et cnndomnation. Car je
1543 ANTOINE THOMASSIN AL' GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 363
ne poux ny doibs ostre convaincu do nKMitorio par cela. Et
voylà quant aux troix i)i'emiers articles.
Quatriesme article. Quant au quatriesme article, il y ajà en-
vyrou trois ans que nue femme delà parroisse de Cornaud fenst
mise en la prison de Neufchastel, pour l'un des _2jZ«s liorrïbles
hlasphèmes qui feust jamais ny sera en toute la chrestienté. Car
elle avait nyé l'un des principaulx jmintz de la foy et du salut
de toutz rrays chrestiens, c'est à sravoir la insurrection de nostre
Saulveur Jésas-Christ, et de toutz les mortz, disant que l'âme
des per'sones mourait avec le co7ps, et qu'il n'y avait mdle diffé-
rence entre l'âme d'une heste et celle d'une persone. Par{iuoy,
après la prison, feust contrainte d'en crier mercy publicqucment
au moustier, un dimenche après la i)rédication ", Or la prédi-
cation feust toute à cela, de monstrer la cortainnoté de la résur-
rection de nostre Seigneur Jésus-Christ, et la cortainnoté de
l'espérance de tout vray chrestion que les niortz resuscitoront
au jour que Dieu a ordonné. Et craignant, connno ])ar raison
debvoye craindre, que telle peste n'eust jà saysy le cueur de
plusieurs, voyant la vie troup horrible et désordonnée de plu-
sieurs, ou ])0ur obvier qu'ilz n'en feussont saysyz, je disoye :
« qu'encor qu'on ne i)arlasso point comme avoit l'aict la dicte
femme, toutesfoys qu'on n'estoit pas moins coupable qu'ycolle,
si ce qu'elle avoit ousé dire de bouche, un aultre l'avoit secret
et caché en son cueur, et que si l'on pouvoit veoir les cueurs
comme Dieu les veoit, et cognoistro les pensées, qu'on trouve-
roit qu'aulcuns n'auroyent ny Dieu ny âme, alléguant ad ce le
prophète David, disant que l'inique dict en son cueur : « 11 n'y
a point de Dieu. » Car qui nye l'immortalité dos ânios, comme
fesoit ycelle femme, il n'a point d'âme, selon son fol et troup
malheureux jugement, pas en la sorte qu'un vray chrestion la
croit avoir, comme aussi il l'a vrayment. Il n'a point aussi do
Dieu, tesmoing le dire du jjrophèto ])réallégué. »
Or alors ceulx de Cornaud seulement se disoyont estr(> blas-
mez, alléguantz que j'avoye dict, que à Cornaud on en trouveroit
aulcuns qui n'ont ny Dieu ny âme, et ceulx d(> Yarre^'- no s"(mi
*' Xoiis avons iiiciitioniu'' ce t'ait (VII, 277, n. K»), ixuir en iiitV'rcr (ju'il
y avait déjà on 1540 dos règlciacnts disciplinaires dans rKgliso do Ntai-
châtel.
12-is-u Lp villaiïo de Vurre est sitné an X.-E., et celni (VEpngnier à l'E.
364 ANTOINE THOMASSIN ATI GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. lSi3
mesloyent point, ny de Thielle^^, ny des Paniers^*, nj mesmes
Jacques Claude, combien qu'il feust de Cornaud; mais mainte-
tenant, cnvyron trois ans après que la chose a esté faicte, toute
la parroisse s'y fourre, et Jacqiœs Claude des premiers et
pourte la parolle pour toutz, despuys que Pierre Pelot a esté
naguères banny du Conté de Madame nostre souveraine prin-
cesse, et son fraillard'^ Antoyne Jacotté miz en prison, comme
si j'en estoye cause ou le pouvoye avoir faict faire, ou comme si
moy seul debvoye réparer l'iioneur des rebaptizeurs en ce
Conté, comme au nom de toutz les prédicantz. Brief, je ne blas-
moye nullement alors, ny fais encor maintenant ny vouldroye
faire, ceulx de Cornaud en particulier, ny la parroisse en géné-
ral, mais fesoye l'office d'un bon pasteur en la manière que le
feis. Parquoy n'ont cause en cela de dire, en leui* quatriesme
article, qu'ilz ne me peuvent plus souffrir.
Et pour ce que tant defoys Hz allèguent, en ces articles, que je
les hlasme, comme aussi ilz le misrent en advant dernièrement,
qui feust le susdict Dimenche prochain après la pentecoste, en
la présence de Messieurs les susdicts commiz, disantz qu'avoye
dict en la prédication qu'ils ne s' amendoyent point, mais qii ilz
empiroyent, — Je respondz icy, pour toute résolution, que ne
suys-je pas celluy qui les blasme ou voulsist jamais blasmer, et
dy que eulx-mesmes sont ceulx-là qui se blasment et scanda-
lisent toutes gentz qui oyent parler de telz affaires. Il y avoit
assez de mal en la parroisse de Cornaud, pour la papisterie,
laquelle y estoit fort grande ; mais au lieu qung tel mal dehvoit
du tout estre osté, un aultre plus grand sans comparaison, et que
nul vray papiste ne pensa jamais, s'est trouvé en la dicte par-
roisse de Cornaud, car en ycelle a estée nyée la résurrection de
nostre Saulveur Jésus-Christ et de toutz les mortz qui sont, qui
seront et qui jamais ont esté, comme a esté dict sur le qua-
triesme article. N'est-ce pas bien emjnrer, cela? ToutesfojH encor
n'a ce pas esté assez, combien que c'estoit jà troup, et troup plus
qu'on ne sçauroit dire ny penser; mais avec tout cela, c'est
trouvé qu'en ycelle pajToisse a esté receu et tenu ouvertement un
de St.-Blaiso. Thièle est un vieux château sur la rive gauche de la rivière
de ce nom.
'* Son dcini-frèro ou son beau-frèi'e ?
1543 ANTOINE THOMASSIN AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 365
rehaptizeur, lequel estoit notoyre avoir esté déjecté et banny de la
Bonnevïlle^^ , à cause d'estre rehaptizeur obstiné. Et, non con-
tantz de cela, le roidoyent faire ouyr, et dire safaidse doctrine
enpidjUic entre eidx mesmes, et l'ont ^ahlicquement maintenu à
V encontre de leur pasteur, le veullant faire menteur, à cause que
le dict rebaptizeur avoit ou moins faict le semblant de vouloir
publicquement parler ou disputer contre ycelluy leur pasteur,
comme a esté dict. Et a-Fon dict, en ycelle mesmes parroisse,
au moustier, au baptesme d'un enfant, qu'il fault que nous, les
ministres de la parolle de Dieu, ayons d'aultres livres, et a-on
auser demander : « Où est-ce qu'on trouveroit qu'il faille bapti-
zer les })etitz enfantz? » N'est-ce pas bien empirer, cela?
Davantaige, combien de foys les a-l'on enseignez et admonestez
des danses, qu'elles sont contre Dieu? Combien de foys les leur
a deffendu le magistrat, se travaillant ainsi de servir à l'honeur
de Dieu, et d'empescher le blasme qu'en vient au sainct évan-
gile de Nostre Seigneur? Toutesfoys, au lieu de s'amender, Hz
ont tousjours résisté et contre la parolle de Dieu annoncée i)ar
le ministre d'y celle, et contre le magistrat ordonné de Dieu,
maintenantz les danses publicquement et ouvertement devant la
face de toutz ceidx qui le vouloyent veoir. Je suys grandement
alrnsé, ou cecy est du tout empirer.
Combien de foys les a-l'on enseignez du baptesme, que le père
de l'enfant s'y doibt trouver principalement, et qu'il ne peiist
s'en reculer sinon en fesant grande injure à Jésus-Christ et à
^^ Aujourd'hui la Neuverilh. Il s'y trouvait des adhéronts de Pierre
Pelot, comme nous l'apprend le livre intitulé : « Brieve instruction, pour
armer tous bons fidèles contre les erreurs de la secte commune des Ana-
baptistes. Par M. lehan Calvin. A Genève, par lehan Girard. 1544, »
190 pp. ])etit in-S". Dans la Dédicace aux Ministres des Églises du Comté
de Xeucliâtel, datée du l'' juin 1544, l'auteur dit, p. 6-8, qu'il leur adresse
ce traité « afin que la lecture en soit plus recommandée » à' leurs églises,
et que celles-ci soient <> préservées de toutes perverses opinions. » — « Il est
vray (ajoute-t-il) que vous eussiez bien ])eu... me descharger de ceste
peine. Et mesme desjà nostre frère Maistre Guillaume Farel.... avoit bien
satisfaict en partie à ce que vous requérez à présent de moy. Comme j'ay
veu par les actes d'une conférence faicfe à la bonne ville (la Neuveville).
Tellement que des poinctz qui sont là traictez nul n'en ])ourroit demander
plus suffisante déclaration ])()ur se résoudre en sa conscience, qu'elle est là
donnée. »
366 ANTOINE THOMASSIN AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEl. 1543
V enfant, poiirven que bonnement il s"y puisse trouver? Et tou-
tesfoys l'on persévère à s'en reculer tant qu'on peust. Brief,
quelque répréhension et admonition qu'aye esté faicte à la dicte
paroisse de Cornaud pai' le ministre de la parolle de Dieu, ^ew-
dent que le sermon du vespre sefaict le Dimenclie, la plus grand
partie du peuple sont ordinairement devant leurs maisons; Hz
n'attendent jamais les ungs les aidtres jusqaes à la fin de la
S. cène et table de nostre Seigneur Jésus, sinon hien peu degentz.
Moy doncq, voyant toutes ces choses, comment me pouvoye-je
garder de leur dire quelques foys qu'ilz ne s'amendoyent point,
mais empyroyent, pour les inciter à s'amender? Par le moyen
de qui doncques sont-ilz hlasmés, et en scandale aux voysins?
Est-ce point d'eux-mesmes, fesantz toutes ces choses, voyant toutz
et résistant tousjours à la parolle de Dieu ? ou de moy, qui fesant
l'office de pasteur, les ay admonesté et reprins de tel empire-
ment, afin qu'ilz s'amendassent? C'est d'eulx-mesmes certainne-
ment, et non ])as de moy, et me font tort aussi bien en cest
endroit comme en toutz les aultres.
Cinquiesmeciriicle. Quant au cinquiesme article, je confesse
tousjours, comme je leur ay jà confessé par avant, non pas que
j'aye ra])pourté, car je ne suys pas en ce ny aultre cas rappour-
teur, mais que j'ay dict avoir ouy de la bouche iïAntJioyne
Jacottet, de Quercié^\ qu'il disoit que nous, les ministres de la
parolle de Dieu, vendions l'Évangile, ce qu'est faulx, et dict
contre vérité. Et est tout vray qu'il le m'a dict. Dieu, qui le
jugera et moy aussi, en est tesmoing et la conscience d'ycelluy,
et un tiers aussi, lequel le doibt avoir ouy comme moy, en tes-
moignera s'il plaist à Dieu, quant sur ce sera requiz au nom de
Dieu. Et Mons"" le Chastelain susdict en parla ouvertement
devant toute la ])arroisse, le dimenche susdict prochain après
la pentecoste, disant avoir ouyr dire à Antlioine Jaccotté ce
mesmes propoz ou semblable.
Or, ne me peulx-je assez esmerveiller Aq la parroisse de Cor-
naud, disant par son parlier, Jacques Clcmde et fraillard du dict
Jaccottet, que ce Jaccottet est leur frère et membre de l'église,
croyant plus tost à luy, qui le nye seulement, et n'a aultre
chose, qu'à moy qui suys leur pasteur et qui [ay] charge d'eulx,
17
Le villago do Cressier, près de Coriiaux (VII, 398).
lo43 ANTOINE THOMASSIiN AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 367
ayant aussi le tosmoigiiage de Monseigiieiii- le ClmstelaiH^* tel
que dessus, et espérant en avoir davantaige (juant teni])s sera,
Dieu aydant. Qui est-ce qui ne jugeroit y avoir de terribles
menées'^ Au Heu que la parroisse debv/oit maintenir son i)asteur
contre le dict Jacotté, ainsi qu'est dict, elle soustient Jacotté à
rencontre d'ycelluy, combien que Jacotté ne dict aultre chose
sinon que j'ay menty; mais il est jà bien évident, et sera encor
plus cy-après, Dieu aydant, que c'est luy le menteui-, non-seule-
ment en cecy qu'il nye, mais aussi en ce qu'il a dict que j'ay esté
cause qu'il a esté miz en i)rison. Laquelle chose ne se trouvera
point, mais est faulse. Que si Jacottet le vouloyt aussi nyer
l'avoir dict, la parroisse de Cornand en seroit chargée, de
laquelle le parlier Jacques Claude, ])Our et au nom d'ycelle, m'en
accusa devant les dicts commiz, le jour qu'est dessus.
Sixiesme article. Item en leur sixiesme article ilz disent que
j'admonestay Mous' le Chastelain, lequel estoit pour lors Mons""
le maistre-bourgeoys André Mazègle, de mettre Thomas, de
Cornaud, en prison : ce que ne feis jamais, et seroit faict tort
au dict feu chastelain, de dire qu'à mon appétit et non selon rai-
son, il eust emprisonné quelcun. Bien est vray que le dict Tho-
mas avait parlé de V esprit de Vapostre S. Paul en telle sorte, que
ce qu'il avait parlé, et ce que pourrait parler un aultre home de
son entendement, c'estoit fout un. Et me font tort quant ilz
disent que ne luy i-emonstray i)oint sa faulte, car si feis en la
présence du dict Mons' le Chastelain, lequel aussi j'admonestay,
à l'heure présente, de faire (jue son office servist à Thonneur de
Dieu. Si doncques le dict Thomas feust emprisonné contre l'ho-
neur de Dieu, comnu» veullent donner à entendre les parro-
chiens de Cornaud^, il ne feust nullement faict en cela selon
l'admonition qu'avoye faicte à Mons"" le Chastelain, ains tout au
contraire, ou, si ce feust selon l'honneur de Dieu (car il fault
bien que ce feust l'un des deulx), pourquoy si long temps ai)rès
vient-on reprendre une chose bien faicte? Et Dieu sçait com-
ment ilz desguysent le cas.
Septiesme article. Touchant le septiesme et dernier article, Je
ne sçais qu'ilz veullent dire, disaniz que j'ag faict convenir
19
'* Exerçant ses fonctions dans la cluitellenie de Thièle, dont St.-Blaise
était le chef-lieu.
368 ANTOINE THOMASSIN Ali GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 1543
aulcims. Et ce qn'ilz disent que je leur ay faict crier mercy à
Dieu, ce n'a pas esté moy, mais V église, en l' authorité de laquelle
je lefesoye, toutesfoys avec le consentement de ceulx lesquelz
avoyent scandalisé l'église, car cela estoit en leur liberté de le
faire ou non. De dire a en touchant en ma main, » comme si
deux y avoyent touchez, ils sçavent bien que ce ne feust qu'ung,
et qu'il toucha aussi en la main du gouverneur de l'église, ce
que monstroit que ne fesoye rien de cela de moy particulier,
mais comme ministre et au nom de Téglise, le déclairant aussi
par parolle, disant à haulte voix : « Donnez-moy la main et au
gouverneur de l'église, en certification que l'église vous receoit. »
Yray est aussi qu'après avoir prié pour le personaige, au nom
de Jésus-Christ, je ne dobtoye point que ses péchez ne luy
feussent pardonnez, me fiant en la ferme promesse de Jésus-
Christ qui est au 18*^ de S. Math., pourveu que le personnaige
eusse vraye foy en ycelluy et vraye desplaisance de ses péchez.
Or, ilz font une maulvaise conclusion de leurs articles, disantz
que par leurs raysons susdictes ay esté défaillant en mon minis-
tère, ce qui ne se trœuve pas, mes responces estant ouyes et
entendues. Par ainsi, n'estant point tel que ceulx lesquelz ilz
m'allèguent i)Our exemple, il s'ensuyt bien que nullement ne les
doibve ensuyvre en ce qu'ilz debvoyent faire, à raison de ce
qu'ilz avoyent esté en publicque scandale. Par ainsi, ne suys
contreveneu à ce que je presche par aulcun de leurs dictz
articles, ains non obstant yceulx articles demeure véritable,
ainsi que le ministre de la parolle de Dieu doibt estre, selon que
le monstre le S. Apostre.
Pour [ce] je 2»'ie et requiers liumhlement à la Seigneurie de
ne faire nullement, touchant aux pasteurs des églises, à l'ai^pé-
tit des rehajitizeurs, et faire des renwnstrances à mesparrochiens,
à fin qu'ils ne se perdent et confondent eulx-mesmes, au désir
de ceulx qui ne les pourroyent tirer hors de confusion. Me
offrant à toute punission, quelque grande qu'elle soit, par tout
là où je seray trouvé coulpable.
^® Fait citer ou assembler.
1543 GUILLAUME FAREL A PIERRE CAROLI, A METZ. 369
1283 /
GUILLAUME FAREL à Pierre Caroli, à Melz.
De Strasbourg. 21 mai 4543.
Une Epistre de Maistrc» P. Caroly... Genève 1548'. Calv. Opp.
XI, 54Î).
La Responce de M. (JuillaunK^ Farel contre M. Pierre Caroly,
docteur de Sorbone.
Guillaume Farel, serviteur de Dieu, non seulement baptisé
au nom du Père et du Filz et du sainct Esprit, un seul Dieu en
trois personnes, mais aussi attiré à la cognoissance de TÉvangile
de Jésus, et api)ellé par icelluy, pour prescher ceste tant saincte
doctrine Évangéliquc — au docteur Papal de l'université de
Paris, jadis com])agnon de Sorbone, Pierre Caroly, qui tant de
fois a tourné sa robbe, — tout ce que je puis désirer et deman-
der selon Dieu t'avic^ine, en Thonneur et gloire de ce bon Dieu
et édification de tous !
Hier je receu tes lètres^, et avoir veu l'entrée de cordeli(M'.
ton Jésus Maria, lisant plus oultre il m"a semblé que tu te com-
bas à ton umljre, te disant estre si fortifié que tu ne crains mes
menaces et menées, et que je ne te trouveray plus tant fragile
comme paravant. Mon mny Caroly (car encore je t'ayme, puis
que nostre Seigneur le commande), qui fa menacé) et qui
tascJie contre toy f pourqîioy te trouhles-tn ainsi) Est-cemoy)Je
pren.s Dieu en tesmoing et ta propre conscience, si tu as j((nuns
trouvé amy sur la terre qui ait plus taschéà ton bien et salut que
moy. Je ne t'ay menacé paravant, et ne te menace de présent.
Car ne suys envoyé pour menacer, mais pour monstrer la
povreté où est le monde, et le salut qu'il faut cercher en Jésus.
Je ne sçay que c'est de faire menées. Je n'ay travaillé à avérer
chose, fors que la doctrine de Jésus eust lieu partout.
Tu sçais bien que je pourrais dire de toy et de tes sembUtblcs.
' Voyez If titre conijjlet, N" 1230, note 1.
- La lettre de déti du 14 iii.ii(X" 1230).
T. ^^II. 24
370 GUILLAUME FAREL A PIERRE CAROLI, A METZ. io43
Mais quand seroit-ce faict ^ Hélas! que vous estes povres gens,
qui ne regardez contre qui vous bataillez, et la cause que vous
voulez destruire. >^ifag désiré le bien et édification de l'Église, et
fay argué de ta vie à Genève, et résisté à ta povreté, et non seu-
lement moy, mais en plus grande vertu l'ont faict aussi les vrays
serviteurs de Dieu Calvin et Tiret. Que necongnois-tu tafaulte,
comme tant défais l'as confessé? Pourquoy batailles-tu contre ce
que tu srays et congnois? Tu, ])ar manière de vitupère, me ves-
cris que j'ay de coustume de me vanter sur la chayre, en repré-
s(>ntant le combat pour le soustenir jusques à la dernière goûte
de mon sang. Je te prie, Caroly, confesse la vérité. L'ay-je
présenté à ceux qui en bonne paix et amiablement ont désiré de
traicter de nostre Seigneur V Ay-je jamais usé que de très
gi-ande douceur et bénignité selon la grâce que Dieu nf a donnée,
parlant avec eux tant amiablement qu'il m'a esté possible ? Et
si, quand la résistence estoit si grande, comme tous le sçavent,
et que par toutes sortes on ne taschoit que blasmer la saincte
doctrine de Jésus, j'ay prié que les adversaires vinsent en avant,
que j'estois prest de maintenir ce que j'avois enseigné jusques à
la dernière goutte de mon sang, est-ce venterie V Ay-je refusé à
personne de respondre? Ay-je nyé la vérité de Jésus que j'ay
une fois congneue?
Tu sçais bien les dangers et peines oi( j'ay esté, et si ne veux
estre du tout oultrageux à la grâce et bonté de Dieu, il fault que
tu le confesses, que ce grand, bon, puissant et très saige Dieu,
de sa grâce, a délivré sa povre créatui-e, tant petite, tant pleine
de mal, selon sa nature, tant infirme et ne sçachant les machi-
nations des adversaires, et a faict son œuvre par ce qui n"est
rien. Certainement, en la fiance de la seule bonté de Dieu. j"ay
entrei)rins et jjoursuivy la charge que ce bon Dieu m'a donnée,
et [je] remercie ce bon Seigneur, seul autheur de toutes grâces
et biens, qu'il luy a i)leu ainsi ouvrer par moy, me faisant j)ro-
céder tout autrement que toy : car si j'eusse tasché de tirer ceux
de V estât Papal à Oenève, à Berne ou à Basle, et aussi ceux de
Losane, et que moy et les autres eussions travaille qu'ilz fussent
esté appeliez devant telz bons et fdèles Seigneurs, esquelz y a
plus d'équité au moindre d'entre eux, qii'ixu ])lus grand qui
soit en la court Romaine, comment eussent tous criéi Mais Hz
ont esté appeliez en leurs lieux propres, et leur a esté pleinement
1543 GLILLAUME FAREL A IMKRHK CAHOLl, A METZ. 371
libre de dire et amener tout ce qn'ilz ont peu, ne scea, et tu le
srais bien comment à ce on a travaillé envers les bons Seif/nevrs.
Et tu m\ippelles à Ronime devant le Pape.' i}m tCu a (loiiiir la
cliargoV De iiiov je ne fais rien |)oiii- le Pajjc iiy j)Oui'soii autlio-
rité, puis qu'il est dédairé et est vray Aiitechrist et ciiiiciiiy de
Dieu. Penses-tu que pour toy. au nom du Pape, je face quel(jU(^
chose V Tu srais bien, 7;/(i,s que le Pape est ennemy de Jésus,
mon Seigneur et Maistre, que estant tel, il ne peut estreque mon
f/rand adversaire et partie contraire, — et tu le veux avoir juge?
Et qu((nd est des sainctes imissances ordonnées de Dieu, faut
de la Majesté Impériale que Royale, lesquelles nostre Seigneur
veuille addresser en tout et partout en son honneur et gloire,
je ne crog que tu aies aucune commission d' aucune Œ icelles puis-
sances. Et si Dieu leur faict la grâce de se vouloir <'ni])loyer
d'un hon accord ])Our la pacification des diflférens qui sont en
la chresticnté, cei-tainement ilz choisiront autres ])er8onnages,
<^uand est de ma petitesse, je pense bien que ne suis en tel
estime envers leurs majestez. qu'ilz n"en ijrennent de plus suffi-
sans et plus exercitez que moy. Et de toy, qui s'en voudra servir?
Certainement nully, sinon telz comme de ceux desquelz la cuy-
sine t"a tiré, qui sont dignes de tel personnage. Tout au fort-\
([uand il plaira à Dieu de m' appeler devant quelque puyssan ce
qui soif, pour maintenir, comme il appaiiient, la doctrine que
j'ug prescliée,je suis xrrest en tous lieux et places'. Et en main-
tenant la saiucte doctrine que je porte, et monstrant que les
autres ont faïllg, [je] ne demande tuerie ne ejfusion de sang,
car ce n'est mon désir, mais le salut et amendement de tous. S'il
g a mal, qu'il vienne sur mog; sije nag enseigné la vérité de
nostre Seigneur, que je soge pung. Si les autres ont faillg,
qu'il[z] s'amendent au nom de nostre Seigneur.
Mais, mon amy, (que faut-il jaire tant du glorieux en propo-
sant les villes et d'Espaigne et de Venise, comme si tu avois tout
en ta main } Tu n'as point grand argent pour faire si gros
* Le soDs de cette expression n'est pas aisé à déterminer. Fort sigiiitii'
souvent dur, difficile. Nous supposons (jne l'arcl a voulu dire : A la
rigueur, à l'extrémité.
* Il y a ici, dans le texte im])rinié, une virgule. Farel séparant maintes
fois ses phrases par un ])oint, non suivi d'une majuscule, rimiirimeur a
pu se tromper et réunir en une seule deux phrases distinctes.
372 GUILLAUME FABEL A PIERKE CAROLI, A METZ. 1543
despetis, et ma fiiniHce n'est infinie. Quo voulons-nous aller si
loing, puis que tu as tes Abbez, prestres et moynes, et tant do
gens de bien, comme tu dis, et que tu es comme le coq sur ton
fumier V Tu es docteur en perche dedens Metz, et es tant fort.
Moy je n'ay autre qiœ Dieu, combien qitHl a touché le cueur
d' aucuns personnages qui ne sont à mespriser en, la dicte ville de
Metz, qui n!ont la pire affection envers moy ; je ne demande que
tu viennes icy, à Strasbourg, ou à Berne, ne devant Duc ne
prince. Si de leur grâce ilz ne t'ai)pellent, et que tu y voulsisses
venir, et que tu ayes tant de peine d'aller ne ça ne là, afin qu'au
Nom de nostre Seigneur, nous parlions devant tous ouvertement
et paisiblement, comme il convient jjarler des choses de nostre
Seigneur en toute crainte et révérence, — que ce soit en la ville
de Metz, et là porte-toi vaillamment, comme droict champion, et
devant celuy que tu blasmes en abse/tce, monstre en sa présence, si
tu peux, que tu as dict vray, et, soubz Fumbre de cerclier autre
lieu, ne te déclaire ])oint estre ce que tu es, un droict menteur
et imposeur de crime : mais tasche d'avoir lieu là où tu es. Car
si en la ville de Metz, où tu es, et où tu pe^ix presclier, tu ne peuj-
avoir tant d'a^ithotité défaire qu'avec toy librement et frinclie-
ment on puisse parler devant tous, comment l' obtiendras-tu en
autre part, où tu n^as lieu et ne peux prescherf Si tu te tiens
tant asseuré, comme tu dis, de povoir maintenir que ma doctrine
est faulse, hérétique et schismatique, que jour soit assigné, comme
il fault, et prens des seigneurs de la ville deux ou trois de ta ])art.
et j'en prendray autant de la mienne, et qu'iceux eslisent jug(^s
et auditeurs non suspectz, pour nous ouyr en tout ce que nous
pourrons amener par la saincte Escriture, et si je n(> monstre
que contre Dieu et toute vérité, tu as parlé de moy, et de la
saincte doctrine que je porte, comme en ce que, sans honte, tu
te vantes d'avoir maintenu contre moy à Berne, — que lors,
selon la déserte' je soye puny. Je ne refise point d'endurer la
mort, si j'ay presché contre la vérité de nostre Seigneur, contre
la vraye Foy Chrestienne, et pour la destruction, de la saincte
Église. Quant est de ta doctrine, mais que tu m' ayes dict ce que
'° D.'iiis la laii^iuc du seizième sùVlo, déserrir signifie mériter, et hi
déserte ou desserte, le inéritf ou lo démérite. Le sens est donc : « selon que
j'aurai mérité. »
1543 GUILLAUMK FAUKL A PIERRE CAROLI, A METZ. 373
ta tiens et croys, lors j'en duaij comme il J'uidt. De présent, je ne
sray desquelz tu es. Car du pape assez sçuy-je, que si tu parles
pour luy, c'est contre ta conscience, et que tu ayes le cueur à
Jésus, je n'en voy aucune apparence : trop es miiahle et incons-
tant. Mais une fois tien bon, et monstre que tu veux tenir ce que
tu dis, et ne cerche ailleurs ce qu'il te faut prendre à la maison;
pour toy, il u' y a lieu plus propre que Metz. Pour nioy, n'en
fais l'ion, fors que pour te monstrcr vaillant, obtiens le lieu et le
jour : et à moy ne tiendra que je ne me trouve. Mais si tu ne le
Jais, qui sera celuy mesnie des tiens, qui ne te juge estre un glo-
rieux^? qui te vantes de dispiiter et n' y veux entrer, ayant dosjà
scnty la yertu d'icoluy qui a besongné en ceux que tu ai)i)('ll('s.
Je ne sçay si je doy rire ou pleurer en poKrsuyvant ta lettre.
Tu me metz huit jours, dedans lesquelz je t'aye à signifier le
lieu et les juges, et que du tout je t'advertiss(\ ou, s'il ne nie
l)laist, que tu te constitue[s] de jjrésent prisonnier à Metz pour
estre exécuté, et que tu bailleras articles contre ma doctrin»'.
pourveu que je m'en voise rendre prisonniei- entre les mains du
Roy très chrestien, ])Our estre exécuté. Qui t'a ainsi aprinsV
es-tu content de mourir, mais que j(^ meure V quel esj)i'it est le
tienV Jésus est mort i)Our nous donner la vie, tant nous a
aymez : et mon Dieu sçait que ])our le salut de nion prochain je
voudroye moui'ir, et ne demand(^ la mort de personne, mais que
tous vivent et se convertissent. Dy, je te j)rie. mon amy Caroly,
quelle manière de disputer sera-ce, quand tu seras à Metz, et
moy entre les mains du très chrestien Boy / Ser((-ce par parolle?
U faudra bien crier pour estre ouy Tnn de Vautre. Se^'a-ce par
escrit, si nous sommes exécutez f Je ci"oy que tu p(Mises qu'après
la mort tu pourras escrire, comme tu fais i)arl(>r aucuns des
tombeaux. Pense[s]-tu qu(^ tout le monde soit l)(>ste. et (]ue i)er-
sonne ne entende ta folie V Je te suj)|)lie, ne soys tant suyvant
tes affections. Si tu me jjroposoys ([ue je me rendisse jjrisonnier
en lieu où je fusse j)reschant comme tu es à Metz, et que j'eusse
tes articles pour contnnlire à iceux. et (pie derechef tu respon-
disses aux contradictions, et avoir tout amené d'un costé et
d'autre, le tout fust congneu, il y auroit quehjue projws; mais
ainsi que tu dis, (pielle raison y a[-t-J ilV Tu sçais bien que je
n!ai point de lieu en, France, à l'instigation de tes compagnons,
qui ne te veulent recongnoistre ne recevoir, ainsi (pie tu fais troj)
374 GUILLAUME FAREL A PIERRE CAROLI, A MKTZ. 1543
(lu président et du i)i'évo;st, de constituer de ton authorité le
jour, ce que ne t'appartient de faire. Aussi es-tu trop cruel, en
demandant nostre mort : non point que j'en aye tant de peur,
<'t tu 1(^ sçais bien, mais je te veux bien advertir de ta povreté :
<inelle arrogance est-ce, de dire, ce que toy ne créature qui soit,
ny au ciel, ny (Mi la terre ne sçauroit prouver, que je presche
nouvelle doctrine, et pourtant me deffendre la ville de Metz, ce
que tu ne peux et ne doys. Le bon Dieu, par sa grâce, ayt ])itié
de toy, et de tous autres, en tant que faillez par ignorance, et
face que tout ainsi que la pure doctrine Évangélique est pres-
chée par nioy et autres aussi, pareillement elle ayt lieu, non
seulement en un lieu à Metz, mais ])artout et en toutes ])ars du
monde, et que toute faulse doctrine soit du tout chassée!
Tu me menaces de me crier et prescher mescJiant, fuyart,
hérétique, de me tenir traistre à nostre Seigneur Jésus-Christ et
son Église. Me penses-tu si peu avoir profité en FÉvangile, que
je tienne aucun conte de ton dire ne prescher? Certainement.
je n'ay cerché la grâc(^ de Caroly, ne de ses semblables, et ne
regarde qu'ilz disent; mais je demande Jésus mon saulveur et
considère ce qu'il a dict, et m'en trouve consolé, et en sens
fruict et vertu envers le i)rochain. Pleust à Dieu que je puisse
à bon droict din» tant de bien de toy (pie tu tâches de dire de
mal faulsement contre moy, et que tu fusses si loyal à Jésus et
à son Église comme tu t"es i)orté laschement envers luy, et tant
de "fois t'es mo(iué de son espouse! Je crains grandement qui'
Dieu ne te frapj)e soubdain. Il est temps et plus que temps de
2)enser qu'il faut partir de ce monde. Je te supplie au nom de
Jésus, pense et à la vie et à la mort advenir. Povre homme, que
veux-tu faire f Porirquoy te tourmentes-tii ainsi, faisant contre
ta propre conscience f Je sçay hien que ta femme et tes enfans, à
qui tu as failly si grandement, pressent fort ton cueur, que
tout ce que tu machines contre Dieu et ses serviteurs tomlje sur
ta teste. Tu te cerches et veux estre quelque chose, et tu te
trouves perdu et venir du tout à néant. Ceste maudicte gloire ne
seral-t-]elle jamais cdjbatue? 0 Seigneur Jésus, si l'on te regar-
dait, toy qui t'es tant humilié pour nous, pour nostre salut, qu'on
'ne serait tant après un, rien! Le Seigneur Dieu oi Père, j)ar sa
grande v(M*tu et puissance, assiste à ceux (pii de cueur sCm-
j)loyent à son honneur et gloire, et résiste puissamment à tous
lo43 LK CONSEIL DK BERNE A LA CLASSE DE MORftES. 375
vou\ qui travaillent au routraii-c! ce (iu"il fera, par sa grâce, au
bion et salut des siens, et singulièrement avant mercy (le[sj
siens, et de son église qui (>st h Metz, l'augmente et accroisse
en tous biens et grâces, luy i)ourvoyant de pasteurs et de toute
chose qui luy est nécessair(\ et oste tous les (>nipeschemens. en
décliassant tous séducteurs qui sèment i)arvcrse doctrine et qui
troublent les consciences, les destournant de la vérité d(> Jésus,
tellement que jmrement elle soit édifiée et entretenue par la
parolle de l'Évangile en vraye i)aix et union et concorde.
De Strasbourg, ce Jl. de May. \'A':\.
(1. Farel.
1284
LE CONSEIL DE BERNE à la Classe de Morges.
De Berne, 21 mai 1543.
Inédite. Minute originale. Arcli. de Bern
'r^
Nostre salutation i)réniis(\ Nous avons entendu/ vous lectres
concernantes Jehan Gandelldire. Sur lesquelles vous res])ondons,
estant le dit Gaudellaire j)ar les ministres icy examiné et trouvé
souffisant au ministère, et à nous ])résenté, l'avons ordonné pour
estre diacre à Nyon\ A ceste cause, est nostre vouloir. qu(^ en
icelluy y i)e]*siste, et, sy aulcune faulte est en luy touchant sa
vie, meurs et doctrine, (|ue es colloques luy t'aissiés remons-
trances et l'exercités comme ilz s'ajiartient, et comme membre
débile l'entretenés. Datum xxi ^laii 1543.
L'ÂDVOYER ET CONSEIL DE BeRNE.
(Suscription :) Aux vénérables, docts. nous très aimés l)oi(^n
et .Turé|"s] de la Classe d<^ Morge-.
' Le 23 février 1543, Berne avait pris la décision suivante : <■ Donner
plein pouvoir aux députés [envoyés dans le Pays de Vaud] d'établir le
porteur, Jehan Gondellaire, où ils jugeront convenalile. La ville de yiion
est dépourvue d'un diaere. » (Trad. de Tall.)
- En-tête de la minute : « Cliaj)itre de Morge, Gaudelaire. »
376 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1S43
1235
JEAN CALVIN à Pierre Viret, à Lausanne.
De Genève (vers le 27 mai 1543 \)
Autogr. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" lOC. Cal. Opj). XI, 557.
S. Narravit mihi Joannes Tornacus smnmani acfionis ves-
trœ^. Nos stultoruin more ex eventii îestimabimus, debueritiie
sic fiei'i. Qiiin potiùs, utcunque res cedat, friKMnur hac conscieii-
tia coram Deo : sic lieri oj)ortuisse, quia non poterat aliter.
Cseterùm si ad me venerint, ac illud supercilium attulerint,
paulô eos dui'iùs accipiam ". Et certè prœcavendum est, ne quasi
victores ferociant : quod facturos constat, nisi severiùs coërcean-
tur. Si quid ergo vc^lint consequi, comparent se ad audiendum
quod noient : nihil dicendum nisi quod ferre possim.
CajJunculus, ut nosti, classpm Neocomensem mine tnrbat : et
se callidP agere puiat, quodflahello* ad inferendum incendimn
ntitiir. Miserant ad me fraires erjregios illos arficulos', rogave-
rantqite ut ad condictuni diem venirem^ : sin minus, 'refellerem
quod mihi dispUceret. Verùm Joannes Chirurgus ', qui attulerat,
non nisi septimo tandem die mihi reddidit. Verùm \wv MicJia'é-
lem^ aliquid rescribam : quia citiùs non i)otui. Hïc Jiahemus
' La date est suggérée \M\r les détails (Renvois de note 3-5, 7, 9, 10).
^ Jean de Tournay, pasteur à Aigle. L'affaire dont il donna à Calvin
nu résumé oral était, selon toutes les vraisemblances, la réconciliation
générale opérée à Vevey entre les ministres, vers le milieu de mai
(N"^ 12.81, renvoi de n. 16; 1237, renv. de n. 1).
* Il semble que Caliin fosse allusion à des ministres qui désiraient se
réconcilier ave*- lui, pour s'acquitter de l'engagement qu'ils avaient pris à
Vevey (n. 2). De ce nombre étaient sans doute Jean Morand (N° 1231,
ifiiv. de n. 23, 25) et Antoine 3farcourf, peut-être aussi ceux des pasteurs
de la Classe de Gex qui avaient mal reçu Calvin (N° 1200, renv. de n. 3-4).
* Allusion à Coriesius (N" 123G, n. 5) qui était le prête-nom de Cha-
ponneau.
* Ces Articles de Cortesius n'ont pas été conservés.
® Édition de Brunswick : reneriin.
'' Le chirurgien Jean Jiofjier.
lo43 JEAN CALVIN A l'IKHHK VIRET, A LAUSANNE. 377
Boscanum'^ , de qiio Mies undieras. Non caret acumine, et est iu
doctrina CliristUuiu softs exercitatns. QuunqiKim minime est
qiiodferehatur.
De Carolo^^^ tibi iiaiTatuiu fuisse .^rbitror. Non dubito (luin
('jus iiisaiiia ojjtiiiia via sit ad pi-oniovcnduni Evangcliuni. Ali-
quid tamen audirc vchcnncutcr vn\no. Pra'tcribaui qme mihi
rotnWt fra fris mei socer " : (juia istuc quoquc j)ei'lata esse credi-
bile est. Quia tameii non (>st pcriculum ne tibi tiedio sit moa
loquacitas, adhuc hîc ex|)onani. ("uni Meti esset, cifidns est
Seuatas ciim coUegio catioiticorum, <(d iindieHdam Protestaii-
iiinn sententiam^-. Dies illis .dictus est, secundus ])ost jiente-
costhen, quo Argentoratum couveninMit '■', ra])ta])ant subtcrfu-
gium m//owid, quia essent pars civitatis; sod (juia noniinatini se
* Michel Dohf, iiagnère pasteur dans le pays de Moiitbéliard.
^ Dans ce temps-là, Hélie Val-Bousquet ou du Bosquet, natif du Péri-
pord (cf. Bèze, o. c. 1580, I, 218), était diacre à Aveiiclu's. Les noms de
famille âe Bosco, du Bosc et du Bosquet ayant api)artenu à divers i)as-
teurs du XVI"" siècle, il serait difficile de désigner celui dont il est ici
question. Toutefois le Journal de Jean Faurin publié jiar M. ("h. Pradel
(Monpellier, 1878, 2G8 pj). in-4'') fournit ce précieux renseionement :
« L"an 1542 vint presclier en Castres maistre Jean Debosque, pour lors
Jacolnn. Il prescha aux avents l'éjjistre S. Pierre et au caresnie [154o ?]
l'évangile de S. .Jehan. Il lit grand fruit et se retira à Genève, passa
ministre de la parole de Dieu et despuis fust ministre de Castn's ■> (France
prot., éd. Bordier, II, 920).
Selon Haag (o. c. IV, .853) <■ Du Bousquet (.Jean), en latin JJe Bosco...
au retour d'un pèlerinage qu'il avait fait en Savoie avec le prieur de son
couvent, eut envie de voir Génère ot de s'entretenir avec les Réformateurs...
Quelques conférences avec Calrin suffirent pour le gagner à la cause de la
Réforme. Reçu ministre, il fut d'abord envoyé à Thonon, d'où il ])assa à
Lausajuie, et plus tard il fut donné pour pasteur à l'église de Castres... ■>
Sa présence à Thono>i en 155!) est attestée ])ar Ruchat, VI, 270, 286,
et à Lausanne ]n\r une lettre signée d*' son nom latin : Joanne.s- Bos-
caiius. Mais nous ignorons absolument les circonstances de sa vie entre
1543 et 1559.
*** Pierre Caroli.
" Nicolas le Fert, d'Arras.
12-1S-I4 j^pg députés du Conseil de .Metz et des (hanoines de cette ville
(levaient se présenter à Strastiourg, le lundi 1 1 mai, non ])Our entendre
les Princes protestants prononcer un ■■ arrêt, ■- mais atin de conférer avec
eux sur les réclamations du comte Guillaume et des Kvangéli(pies messins.
Leurs négociations se prolongèrent jns(ju'au 21 mai (Voyez le N" 1218,
n. 3, et rAii])eiidice du N" 1212).
378 JEAN CALVIN AUX PASTEIRS DE NEUCHATEL. 1343
obstrinxfM-ant ipsi quoquo, Senofiis oonim t-aiisam suscipero
nohiit. Qha' autom ex Caroli concioiiihus excepta fuerani , ohsi-
gudta à decem festihus^'% perferobat Argentoratum consul aniii
superioris ' % quom comitabautur 1ère octoginta cives. De statu
urbis optiuia spes erat. De Comité GxiUelnio verendum, ne ultra
modum i)rogrediendo se prsecipitaverit : siquidem 1)ellum indixit
Lothoringo^^', nww neque satis justam haberet causara, et viri-
bus longé inii)ar foret. Nunc rescire cupio quid actum sit. Yale.
Dominus te faniiliamque tuam et fratres onines conservet : quos
salutabis,
(Inscriptio :) Petro A'ireto, Lausannensis ecclesiiB fido pastori,
frati'i niihi charissinio.
1286
JEAN CAL\^N aux Pasteurs de Neucbâtel.
De Genève, 28 mai (1543 \)
Autogr. Bibl. Pul)l. de Genève, ^'ol. n" lOn. ( alv. 0pp. XI, 559.
S. Dolet niilii plurimùm, fratres in Domino charissimi, quôd
non citiiis reddit^e mihi fuerint vestrse literœ -. Nam si in tem-
'^ Gnspnrd de Heu, seigneur de Buy.
"^ Nous n'avons trouvé aucun renseignement sur la déclaration de
guerre que le comte Guillaume de Furstemherg aurait adressée au duc de
Lorraine. Le 25 mai 1543, il écrivait (Seckendorf, III, 400, ne dit pas à
qui) : « J'ai ouvert la forteresse de Gorze aux soldats bourguignons de
l'Empereur. »
' Le texte autograplie, que les nouveaux éditeurs de Calvin ont repro-
duit, ne ])orte pas de millésime. Mais, à la tin de la copie contemporaine,
très exactement faite par Jean V Archer, et qui est conservée à Neuchàtel
(Bil)I. des pasteurs), Guillaume Farel a écrit la date 1542. Nous hésitions
d'abord à écarter ce millésime: mais nous nous sommes convaincu que
Farel s'est trompé, quoiqu'il fût présent à Neuchàtel en mai et en juin
1542. C'est plus tard, évidemment, qu'il a écrit la note finale. La corres-
]tondance de Calvin en 1542 ne renferme aiuune allusion à l'aftaire qui
est ici traitée. Va\ outre, il y a de si graiuls rapports 'entre certains ])as-
sages de la ])résente lettre (relatifs à Rogier et à Michel) et celle que Calvin
écrivit à Virct vers le 27 mai (X" 1235), qu'on est forcé d'admettre ji-
millésime de 1513.
loi;i JKVN CALVIN AUX PASTEURS DE NELCHATEL. 379
l)()ro oas recopisscm. si iioii in totiun. ali(]ua saltcm ex |)artc
voto vestro fiiissoiu obsccntiis. (^)iiôd orgo ad |)i'ii'sci'i|)tiiiii dicin '
iiociiic vciii isf/ic, ii('(iii(' i-('s])onsionoin misi. non ncg'lijjjentia t'ac-
tnni fnit : scd (juia Joninies Koc/eri/ts cliinirgns ' sexto démuni,
ex quo linc a|)i)ulei'at. die litei-as illas vesti-as imà mm 2n'a'cl(t-
lis Cortesii articulis' exhibnit. (,)uia verô jani tenipns pm-terie-
rat, festinandum anii)liùs non pntavi, donoc sci-iltendi occasio
dairtnr. Nnne coniniodiini se obtnlit Mirh(ii''l hic noster^\ (pii
iideliter ad vos resimnsionein nn^ani j)ei-teiT<'t.
De (kqmncnlo mïrurer, qxid homiiiem iinpelleref ad iiuhim-
dam ecclesiam, i/isi jamiyridem ejiis iugenium novissem '. Hoc
tamen iimim quin mirer, temperare mild neqiieo : qiàd causa'
md prœiextus Judjenf, cnr mecum disindare relit. Si |)i*ovoeatus
tacorot, no sic qnidem satis justa esset excnsatio. Xf^pie enini nt
inter nos cei-tenuis, voeati sunius in hoc oiiicinni : sed ut, con-
junctis animis. comnmnifiue consilio, sub Christi v(>xillo simul
niilitemus. Xunc verô cuni nihil unquani vel sininltatis vel
controversiae inter nos, (juod sciani, intorcesserit, honiineni
prorsùs carere cerel)i-() oportet, qui in média |)are classicum ita
temerè canat. Adh.ec (inantse est stoliditatis. (jui ^Tammatica^
elementa nunquam Ix-ne didicerit. in omni discii)linai'uni
'■' Lettre perdue.
' Jour fixé par les ministres de Neuchâtel pour une conférence entre
(iKipo)nieau et Coriesiu.s, d'un côté, et Calent, de l'autre.
* Jefi)f Imagier ou Rougier (N" 1235, renv. de n. 7), {liirnruicn tixé à
Neuchâtel.
= Jean Courtois, natif de Pontoise, pi-écédrunnciit pastmr dans le
comté de Montbéliard, avait éjwusé à Neuchâtel, en juillet lôll (\'II, 182)
une belle-fille de Chceponrteau. En 1542, il fut congédié par le duc Cliris-
to])he, et vint chercher un asile dans le jjays de Neuchâtel.
Farel qualifiait en ces termes la carrière pastorale de Courtois : « Non
te fugit quid miser ille Corfesius, quid et ajjud Mediomatrices, et hic. et
istic. imô passim conatus est omnia evertere in odium iiostrî, et, ut jmsset
magis ohesse, per leprosos vohiit trag(ediani agere « (l.ettre à Calvin du
23 février 1544).
C'est probablement le même Cortesius qui figura en 1537 au synode de
Lausanne, ])armi les adhérents de Pierre Caro/i (TV. 210).
« Michel Doht (N" 1231. renv. de n. 14).
' Calvin avait connu à Bourges Jean Chaponneau, et dès 1538 il avait
souvent reçu les ])laintes de Karel au sujet de ce collègue intr.iitable (Voir
les Lidices des t. V, VI. \\\).
380 JEAN CALVIN AUX PASTELRS DE NEUCHATEL. 1543
goiiere se venditarc? Quanquam non incipit nunc primùni hac
inani jactantia insolescere. 2Iemini, cum Alciatus Lovanienses
theologastros ohiter uliquando notassef, quia impedire conati
erant qnominus trilingue collegium illic institueretw'^, emn ad-
rersiis linguas et jus civile tumultuosa oratione acriter declami-
tasse. Alciatus, tanta intemp.erie offensus, quia ^ tanien alienum
à sua clignitato existimabat, contoutioueni cuui eo suscipere,
tatdàm iiidicavit magistratui, postulaviique, ut ejns libido com-
pesceretur. Quod factum est, non sine aliquo ejus dedecore.
Nunc quidem et locus in quo habitat, et officium quo fun^itur,
nioderatiorem deberent eum reddere. Verîmi quia sine judicio
ita caeco et etfreni imi)etu fertur, non quid inereatur ejus petu-
lantia, sed quid me deceat, reputalio.
Hoc certè illi non concedam, ut me sua provocationc in eerta-
UK^n fuisse tractum glorietur. Utinam in tempore quiescat, et
(dios sinat quietos. Sin minus, vestrarum partium est, autoritatc^
vestra, legitimoque ecdesia?etmagistratus judicio, ejus ferociam
reprimen\ Non abs re scripsit Paulus, ut qui vult censeri in
n^gno Cliristi, sit nova creatura. Et tamcn nondum extitisse
tune i)uto ejusmodi liomines turbulentos et importunos, qui
nulla de causa, non ad rixam modo, sed etiam ad verbera tam
prompti paratique forent. 0 temporum nostrorum miseriam!
Exiremone angidoJuerere in ecclesia potest , qui medioforo sup)er-
ciliosè jactat quasi egregiuni facinus, quod collegœ suo propemo-
dum mamini attulerit? qui, nisi à magistratu coactus,fratrum
collegio parère renuit '" .^ qui seditionis tlagellum domi sua^ lialiet
* Le Colleyium trilingue ou BuslidinHunt, fondé à Lourain par la
générosité du chanoiuo Jérôme Bu.skidet/, ami d'Erasme et de Thomas
Morus. On y enseignait l'hébreu, le grec et le latin (Voyez son testament
fait à Malines le 22 juin 1517. A Mirîeus. Diplomatum Belgicorum Col-
lectio, t. IV, p. 642-64S).
Le célèbre André Akiat inaugura ses leçons de juris])rudence à Bourges
le 19 avril 1529 et les continua, mais avec quelques intermittences, jus-
qu'en 15B4 (II, 279, 281, 316, 317, 485). Érasme, écrivant à Pierre du
Châtel, le 7 septembre 1529, à Boniface Amerbach le 27 septembre et le
1 octobre, même année, disait que Guillaume Budé, ])ar envie ('?), avait
excité contre Akiat des rimailleurs et des jurisconsultes.
® Edition de Brunswick : qui, au lieu du quia de l'original.
'" On sait (pie Chaponneau refusa longtem])s di' se soumettre aux cen-
sures de la ( lasse de Xeuchâtel.
lois JEA.N CALVIN AUX PASTEURS DE NEUCHATEL. 381
ac tbvet " V qui à reliqiiis <)iiiiiil)iis separata liabct consilia '- V Ut
alla tacoaiiî, quœ mine ('oiiiineniorarc iiiliil adtinct.
Cveterùm conclusiones quas, ut suspicamur''', Cortesio genero
sno siiggessii, nescio cur pidetis ad me magna ex parte spectare.
Unus est locus in (|u<) palàm ino j)orstniigit. Niliil in-tetcrea
vidoo quod in me comi)etat. Quantum ad locum illum, uhi, quasi
ex tripode hiereticos prommdat, qui dicimt Christam, in quan-
tum Deus est, à seipso esse, facïlis est responsio.
Priniînn mihi resijondeat, an non verus et pertectus I)(his sit
ChristusV Nisi Dei essentiam j)artiri velit, totani in Thristo
fateri cogetur. Et Pauli exi)ressa sunt verba : (juùd in eo liabitet
l)lenitudo divinitatis. Iteruni l'ogo, à seipsane, an aliunde sit
ilia divinitatis plenitudoV At ol)jiciet, filium esse à pâtre. Quis
negatV Id ego quideni lib(nit(>r non modo semper confessus sum,
sed etiam prsedicavi. Verùm hoc est. in quo asini isti fallun-
tur : quia non considérant nomen filii dici de persona : ideoquc
in pra^dicamento relationis contineri : qnœ relatio locum non
lia])et. u])i de Christi divinitate simpliciter agitur. Qua de re
eleganter disserit Augustinus in psalmum fi8, quem scripto-
rem isti iiKbnitidem jactitant. cuni tauK'ii nihil unquam illius,
nisi rliapsodias nescio quas, h^gerint. ^'el•ba sunt : « Si quis
« inteiToget, idemne sit pater, quod tilius : res|)onde, seeundùm
« substantiam idem esse, non seeundùm quod ad aliud dicitur.
« Ad se enim Deus dicitur : ad jiatrem iilius dicitur. Rursuscjuc
« pater ad se Deus dicitur : ad tilium pater. Quôd dicitur ad
« filium pater, non est filins. Quôd dicitur filins ad j)atrem.
« non est pater. Quôd dicitur ad se ])ater, et filius ad se, hoc est
« pater et filius : idem Deus.» Hactenus ille. Jam ista distinctionc
adhibita, quid, obsecro, ambigui manet ampliùsV Quamobr<Mn
idem sanctus vir, Homilia in Joannem 39, postquani movit hanc
qutestionem. qualiter i)ater et filius sint simul ])rincipiumV hac
solutione utitur : k Quod hoc solo nnmerum insinuant, quatcnus
sint ad invicem : non autem quod ad se sunt. » Item in psalmum
109 : «Si pater principium est, inquit, et filius principium :
suntne duo principiaV minime. Sicut enim i)at(»r est Deus. et
" Parce qu'il avait ortort un asile à son geudre Jean Courtois (n. 5).
'- De son coté, (Jhaponnenu se plai^rnait d'être tenu à Técart (X" 1:201).
'•'' Éd. de Brunswick : suspicamini.
382 JKAiN CALVIN AIX PASTEURS DE NEL'CHATEL. 1543
filins Dcus : ita uterqne est ])nncii)iuiii. Neqiio duo suiit, sod
iinuiii i)i'incii)iiiiii. » Eat niinc magistellns rester, ot oxteiita cer-
vice contra nos insnltct. Honiilia qnoqnc 88. de tempore, qua'
titnlnni liabot « de trinitato et colnmba, » coi)ios;è tractât, quan-
tum intersit, relative aut substantialiter de Deo loqui. Quôd si
nonduni IVangitur ejus pervicatia, non recuso à tali bestia
vocari luvretkus : modo Cyrillum habeam socium, qui iisdem
(|U0(iue verbis non semel utitur. Sed (lua^nam ista est furia, Jm^-
rosim ])roclamare quod tam ex sacris oraculis, quàm ex veterum
Patrum scriptis, multa illustria testimonia babeat V Hac parti-
cula excei)ta, nibil prœterea animadverto quod in me torquere
vebt. Quanquam non me solimi lue contiugit : sed vos omnes, qui
nnam nohiscimi professi estis confessionem'^'% qna^ id hahelxd.
Vestrum igitur est, communi omnium nomine et vobis et ii)si
veritati irrogatam contumelian» perse(|ui. Quod nisi facitis,
decrevi pro mea parte non cessare. Intelligo, si istic sit adbuc,
(lui s(» conclusionum illarum architectum protiteatur '\
In (fliis pxcutiendis quid frustra me simid et ras fatigaremy
Midtîiiii coïidonatnr de charitate, etfortiter succenset, eam non
hene servari. At velim scire, mijusnam sit charitatis, ahscindere
(ilj Ecdesia, qui sensn doctrinœ rite coi/f/rnenfes cmn omnibus
Ij'tis, roces tantîim quasdam resimmit? « Quid enim contentio-
sius, inquit Augustinus ad Pascentium, ejnsto. 124. quàm ubi de
re convenit. certare de nomineV » Si sus|)ectos baberet : veniam
darem. Sed' in hoc tam j)neciso rigfore minime cbaritatis man-
suetudinem agnosco.
De essentia Dei non visa pidrihus ante Cliristi (ulventum, quàm
j)ueriles ineptite! Pogo enim quil)usnani oculis nunc videatur
Dei essentia à mortuorum animisV Putatne Dei gloriam, quanta
est, ab illis coni])rebendi V Dicet, non qualis est, sed qualem fert
cai)tus nostri tenuitas, videri. Excipio igitur, visam fuisse suo
c(>rto modo ante Cliristi adventum : videri nunc pleniùs : visio-
nem fore absolutam, cum similes illi erimus. At totuni sanctorum
cborum reclamar(> objicit. Sed ubi à sanctorum cboro liane can-
tilenam audivitV Negat tieri oportuisse. SedquarationeV Jactat
facillimum esse ad |)robanduin : sed banc probandi facilitatem
demonstret. Hact(Mius ineptire cum eo libuit.
'* Voyez le t. IV. p. 22!), iiotP 0; 2 40, 211.
lo43 l'IERRE VIREX A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 383
Nimc seriù hxiiiar. Quorsum, obsocro, isiiv speculation.es f An,
non ex eo sunt génère qnod tantopere exécrât nr PaïUiis^ ^\nr\-
tiiiii non fuisse unitnni cohmibii'. ut ix'rsonn uiia constitucrotur,
sicut in ("lii-isto. extra rontrovcrsiafn esse ai-bitror. Quinl
Josepli et Nicodenio pcrfoctiononi tidci adiniit. iiiliil disscntio :
nuxlo ne cui altori oam tribuat. (,)uô(l spii-itus proplictiu' non
|)('rstiterit seuipor in jn'ophctis, (locunicnto est 8aul, latow, 8ed
aliud forsan iutelligit, qnod à nie non obtincM-ct. De Anania et
Saphira, ostendat necesse est, (piôd aliud erinien piwter nienda-
eiuni in illis vindicatuni fuerit : si tideni liaberj comniento suo
vult. AUegorias qnod tam animosè défendit, ni h il mirmn. Nani
(lui jsuttani unam intelligentiie non baltent, nisi allegoriis frigi-
dis et insulsis ludant, nieritô i)i'0 illis ])ugnant non secùs atcjue
pro aris et focis.
Verùni prolixior jam fui quàni statu(M'ani. Itacpie tineni fado.
\'alete, fratres niilii in Domino diarissimi. Doniinus vol)is et
sapientiam et fortitudineni niagis ac magis augeat : ut (piemad-
luoduni cœpistis, jiergatis in ecdesiit su* lediticationeni. Amen.
GenevEe, 5 Calendas Junias. (1548"'.)
JOANNES CaLVINES VestC]'''.
1237
l'iKiJRE viRET à Jean Calvin, à (lenève.
De Lausanne, 29 mal 1543.
Autogr. Dibl. Publ. de (Jenève. \()1. n" IIP. Cal. Opp. XI, 5G2.
S. Q)iod <td nostrnm ttctlonem attinet, milii dolxit, ut ingénue
'* ("cst-à-diro, Jenu Courtois.
^"^ Dans la cdiiic ncucliâtcloisc, ^(tri'l a ajouté : l-'>42. Au-dessous de
cette fO])io, il a transcrit lui-nièiiie une autre lettre de Cahin aux ministres
de >i'euchâtel, dont voici le couiniencenient :
« 1543. post Augustum.
« Veuit ad me Cortesiua sicuti à vobis admouitus tiierat. Contulimus
inter nos ttîfi àyTOuaict; Christi, et paulo plus fuit neu'ocii ipiàm jmtave-
ram.... »
*^ Calvin a écrit au dos de son inanusci-it : <■ Neocoineiisilius. »
384 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1343
fatear, qubd nx)n panlo severiùs represserimns sitpercilium et
petulatdiam quorundam\' sed rerehar, ne si qnid mihi durius
excideret, quamvis justissiina osset occasio. viderer nimimn im-
placahïlis, quod prœcipnè injuria fuisse) ti ajf'edus-, et ne meo
forte exemplo alii commoverentiir, qiios non tam facile fuisset
compcscere. Utcunquo ros habeat, conquiescnnt consciontite nos-
trœ, nec ullam eis roliquimus occasionem de Victoria gloriandi,
nec factures id existimamus. Non enim prorsùm nos mutos
invenerunt. et ipsis satis est conscientia sua, cujus judicio non
dubito nos absolvi. Prœstat nos in hanc quàm illam iieccm-e par-
tem, ac longe sati^is est nostram nohis patientiam verti vitio
qiiàni proterviam et ferociam. Satis est si non desit ])rudentiaet
constantia, quibus ducibus sini])lici veritatis oratione facile
calumniie et falsa crimina dihuintur. Sed, ut scribis, exitus acta
])robabit. Fecimus quod potuinnis et quod res ipsa postulare
videbatur. Porrô tibi non dubito a Domino suppeditandam
sapientiam, qua niodereris ita tuas cuni illis actiones^ si con-
gredi contingat, ut quid peccatuni sit facile dijudicari possit.
nec per te stabit, opinor, quô minus coalescat amicitia, si modo
eam ex animo requirant \ Satis est si tu nulla haeres in culpa,
nec te morosiorem exhibueris quàm tua modestia postulat, qua
haud dubiè reliquos nullo negocio superaveris.
De Neocomensibus niliil habeo, nec de Metensihus, de quibus
plura ex tuis literis* didici quàm haberem comperta. Res nos-
trse liahent sua more : de quibus non penitùs desperarem, si vel
îinus esset ex eornm numéro qui primas tenent in RepuMica,
qui ferveret vel mediocri jîistitia> zelo, aut qui se opponeret
murinnpro donio Dei. Conticescunt peniths nostra consistoria^,
nec idla mea importunitate quicquam efficere possum, nisi quôd
interdum pudore coguntur manus rébus dc^ploratis admovere,
sed tam frigide ut praîstiterit dissimulasse. Nani jjrotinus à
' Il s'agit probablement de ce qui s'était passé à Vevey, lors de la récon-
ciliation générale entre les ministres (N" 1231, renv. de n. 16).
* Est-ce une allusion aux mauvais procédés de Marcourf à l'égard de
Viref (N" 1194, n. 1, et pp. 258, 259)?
*"* A comparer avec le N'' 1235, renvoi de note 3.
^ N" 1235, renvois de note 10-15.
® Les Consistoires des localités voisines de Lausanne et celui de la ville
même.
lol3 IMKHRK VIRKT A JEAN CALVIN. A GENÉVK. 385
nrj)tis dosistitur. (iiio fit ut iiiilhi sit ('cclcsiiv autoritas. Ltihoro
eadem dijfkultate ni pestile/if/ Ina- lue ij/ki atmo sitper'torp'. Si
perrexerit sœvire, decieii n'jjroios invisere^, iiis'i <ili<i /(itioife
[uoapicKifiir. Id enim iiialo (iiiàm (Rimidc couqnhi aiit rof/i
quempiam qui id provinein' p<irin)i ;r<iii<) snscipiaf (iiiiwo. Diti-
coniis'', iiiiii fallor, iion deiredarei proriuciom, >>ed (jus rif;r
rtddP timeo. Xaiii (Iccuiiibit fonHictatnnnic cuiii ihoi'Ih) |)('i-i(ii-
losissinio. adcù iiî su'piùs de vita (luhitarc fcccrit '". ('uni iiupi-r
istliic csscm". iiKHlici curaruut iiicidi tuniorciii <'t absccssuiii
illuiii tÏMiioris (]ui claudicatioiiciii iiuhixcrat. l!cs iiiira ac jxmk''
incn'dibilis. I)('j)('ii(l<'l)aî de IVriiinrc sacculus plcinis saiiici. non
dissiniilis vcsica' snilla' aut l)ubula' ac pari niagnitndinc itclli"
adniodiun dura. Os vcsica' adbu'rcljat cuidani juncturu'. lier
<iijus moatuni exugcbat sanicni. i\uiv co iiiHucl)at. Conjicc an
liotncrit cxcidi et cautcrio innri citra gTavissiniuni cruciatnni.
At ])laga satis beno Ualx'bat. nisi docimo abhinc die in tcbrini
tcrtianani incidisset, quji' boniinis jam cnlla|)sasac ])ro])enioduin
tractas vires atterit inclenicntiùs iinàin diutius ferre ])Ossit. nisi
<'i Doniinus })riesentiss.[inuis] adsit. Cornes a])e8t jam totos deceni
dics. A])iit enim Neocominu cnraturus Mirahilem, Régis intci-
])retem'-. Audivisti. opiner, de rpiidifioup Coniitatus^-'. Princeps
'"^ Les règloiiu'iits de ]iolicc rie Lausanne rendaient très difficile la posi-
tion des pasteurs, l^a jx'ste se déclarait-elle dans leur pro]!ie maison, ils
devaient s"al)senter de la ville pendant six semaines.
^ Ce n'est pas Béat Comte, quoiqu'il eût encore le titre Av(]i(icrf. Comme
il s'absentait souvent, on lui avait adjoint en \')\2 un second diaciT. (jui
était i)eut-êtri' le <• f1i((cre conuttHU » de tous les pasteurs du voisinaue.
'" Il mourut le 14 sejUemhre lôiS (Lettre de Viret du même jour).
" Viret sVtait rendu à (ieitère vers la fin d'avril (N" 12;!1, n. 5).
'^ Ai)rps avoir, à Keuchniel, donné ses soins médicaux à Jean Mer-
reilleux, interprète de l'ambassade t'rançaise aui)rès des Ligues suisses,
Béat Comte avait ])rolongé son voyage jusqu'à Straslionrti (X" 1210.
n. 15).
''"'* Clrinde Collier, ex-jirévôt de N'alangin. se disant muni de pleins-
pouvoirs de Jeanne de Hochherg, dncliesse de Longneville, avait offert au
Conseil de Fribourg de lui vendre tout le comté de Xeucliàtel. Le mardié
fut conclu pour soixante mille écus d'or. J''r/l>(/i<rfi j)rop(isa aux lîernois
de s'associer jmur cette acquisition. Ce ])rojet contrariait leur jiolitique;
néanmoins ils feignirent d'y entrer, dans la crainte que Fribourg lu'
s'adressât à Soleure, (jni intriguait aussi pour avoir le Landerot/. .Mais ils
donnèrent avis de tout à (leorges de I!ive. Aii>sitnt deux députés de la
T. viii. 25
386 GUILLAUME F.VREL \U CONSEIL DE GENÈVE. 1543
nuiiciavit se non ici dédisse in mandatis ei qui conatns est id
efficere'*. Arbitror (>tiani to audivis8(^ de latronihus qui spolici-
rernitt regiiim qua^storeni^'. Salutant te nostri onines. Saluta
aniicos diligenter. Valc Lausannae. 29. Maii. 1543.
Tnus P. A'iRETUs.
flHScriptio :) Joanni Calvino G(>nevensis ecclesiïe liddiss. ac
viofilantiss. j)astoi'i, fratri quàm chariss. Genevœ"^.
1238
GFiLLAOïE FAREL ail Gonseil de Genève.
De Strasbourg, 31 mai 1543.
Antogr. Bil)i. Publ. de Genève. Carton 199=^^ Calv. Oj)i). XI. 504,
La gi-âce, paix et niiséricord(> de Dieu, nostre très l)on père.
ville de Neuchàtel et de tous les habitans du comté allèrent iciJiésentcr à
la princesse l'émotion générale et le grand scandale causé ])ar la miuvelle
de cette vente. Jeanne, feignant d'être bien reconnaissante et touchée d'une
découverte qui la désolait, ])rotesta de son innocence et désavoua Collier
en le traitant d'insigne calomniateur (Boyve, II, J:o()-.32. — Fréd. de t'ham-
l)rier. Hist. de Xeuchâtel et de Valangin. p. 311-313).
'* Stettler, dans sa Chronique (II. 133 li) dit que ce vol eut lieu le
dimanche 18 mai. C'est une erreur : le 18 mai étant un vendredi, en 1543,
Les Recès des Diètes suisses (volume de 1541-48, j». 273, 274) s'accordent
ici avec la corresi)ondance de Berne.
Bastian ou Sébastian d'Aulhonne {W, 215), liôte du Lion à ^Morges. et
ses deux frères, tous trois natifs de Flandre, s'adjoignirent un i-'rançais
nommé Jeun Dardier, et. le dimanche 20 mai, à six heures du matin, ils
dévalisèrent dans le Jorat. an-dessus de Lausanne, le trésorier français
Jacques- Berthod et ses compagnons, qui portaient à Berne la somme de
douze mille écus. destinée au canton des Grisons, /.-./. de WatteriUe et
(lande May furent envoyés en ambassade à Pontarlier (23 mai), où les
voleurs venaient d'être pris. Le ])arlement de Dôle rendit l'argent aux
Bernois, le fi juin, et, par faveur spéciale, consentit à leur livrer les cou-
l)ables. François 7 remercia MM. de Berne ])ar une lettre datée de Villers-
Cotterets, au mois de juin (Mscr. nrig. sur vélin. Arcli. de Berne).
'* Au verso, cette note de la main de Viyet : « An. 1543. ■>
loV:î GUILLAUME FAUEL AU CONSEIL DE GENÈVE. 387
par son seul vi-ay tilz .U'siis. iiostrc Soisuciii-, eu la vci'tii du
saiiict cspcrit vous soit (loiiiiéc!
Ti'ès lioiinoiv/ Soi^iKHirs, en i-eiidant grâcos à Dieu de tout
mon cucui" de vosti'i' Ixui portciuciit et d<' la saiiictc atifctioii
(|Ui' pour Taniour dr rKvangilc me portez, grandciiu'iit \((us
lUcrciiMlc VOZ lettres' et (lu hicil (pic lue pr(''s('lltf'Z. et ne i-ct'u-
^aut vostrc ayde et assistance en l'atière de Nostre Seigueni'.
après avoir entendu ])ar Monsieur t'akiii, vosti-e hon pasteur,
coninuMit tout a esté passé à Gorge^ comme desirez de s(;avoir,
ce (|ui ne m'est i)Ossi])]e de vous esci-ire ))leinenient i)Our le pré-
sent '• : mais en ay cueilly jjour le coinniuiii(|uer à ceux (pii
portent la parolle. ce ([u'ay peu.
\'ous orrez de luy aucunes choses cpu' le povre misérable
Carolt/ proi)Ose à Jletz * contre ceux que je sçay l)ien vous
aymez-^ en Nostre Seigneur, et desquelz avés le cu(Hir ardent
env(n-s vous. Et regarderez au nom de Nostre Seigneur comment
on i)ourra i)Ourvoii' en Tlionnenr de Dieu. Et si se peult fère (jue
( 'divin puysse venir jusques à la dite ville de Metz, pour mons-
trer à ce povre ventre glorieux sa povreté d(>vant tous, [cej sera
chose fort utile et de grosse édification. Mais atîin qu'en son
absence ceux (]ui autretbys misérablement ont troublé ceste
église ^ comme ilz sont après leur gloire et ventre, ne feissent
de leurs tours, seroit l)on d'y ])ourvoir comme il ap|)ertient.
Nostre Seigneur vous a donné i)rudence et sçavoir (>t person-
naiges telz i)Our i)asteurs, que facilenuMit pourrez avec eux
chasser les loups, quelque habit qu'ilz aient de ])re]>is : lesquelz
si i)ar ses créatures Dieu ne veult icy en douceur corriger, et ilz
ne se amendent en cognoissant leur faulte. Dieu, de sa grâce
|)ourvoyant à son- église, mette en (>xemi)le aux autres comnK'Ut
il fault (Mitrer en sa bergerie et s"i conduire. Nostre S(>igneur
' Lettre de (Iciièvc du 2t avril (X' 1224).
■•* Voyez la lettre de Farel à Mycoulus du 20 avril (X" 1222).
* Peut-être parce qu'il avait à tcriiiiiier, le uiéiiie jour, deux longues
lettres : Fuiie aux jiasti'urs romands, Tautri' à ceux du comté de X'eu-
cliâtel.
* A'oyez la lettre de (aroli à Farel du 1 1 mai, et raijjjeiidice du X" 1212.
° C'est-à-dire, Cahi», Farel et Viret, accusés d'arianisme par Caroli.
'' Allusion à ceux des ministres qui avaient pris, à Genève, la place des
pasteurs bannis le 23 avril lôo.S.
388 GllLL. FAREL AUX PASTEURS DU PAYS ROMANI). I5't3
VOUS assiste en tel affère, car ne le faiilt iiiosj)nser en Téfflise do
Nostre Seigneui- : lequel prie de tout mou eueur vous conserver
et garder, en vous donnant tout accroissement en tous biens et
grâces en son honneur et gloire et édification de tous! De Stras-
lioui'g. co 81 de May ir)4o.
Vostre liuml)le serviteur
GUILLAU.ME FaREL.
(Suscripi'toii :) A très lionnorez. puyssans et magniticpies
Seigneurs Mess""' le (|uatre Syndiques et Conseil de la ville de
Genève. A Genève ".
4239
Gi'iLL. FAFvEL aux Pasleiiis du Pays romand.
De Strasbourg. 31 mai 1543.
Inédite. x-Vutographe '. Communi(iuée par M. Henri Lutteroth.
S. Cœtus ille sandiis disdpuJor}mi, nhi siijficiendiis erat in
locum à quo exciderat JiidaHjidtis festis et veriis (diquis discipn-
lus, non, solnm qucdis esse is deheret cognovif, sed precihiis
qiioque petiit dari idoneum. Antiochia^ ut factum fuerit in jeju-
nio et precibus testatur Lucas. Hoc; fratres quàm charissimi. si
observât nm fuisset liaeteitns, et non tam dtb, ne dicam temerf,
inanns ciiivis fuissent impositie, non tôt nec tanta experii fiiis-
senms nxda-, Rependat Dominas illis qui in lahores nieos et
alionnii introduxerunf Caroluiii : qui quàm bene domi se gess(>-
rit. (piàm studuerit j)aci, concordiïe et iedilicationi ecdesiai-um
^ Xotf du socrétairc gpiiovois F. Béguin : " Lfttrc de maistre (iuil-
lauine Farel, d'Extrahourg [roceue] le l(j de Juiiig 154o. »
^ Le manuscrit original est d<' la plus bollo inaiu de GidUnume lùinl.
i.a copie contemporaine conservée à Neuchâtel a été faite par 'J'Iioin'is
Barharin. Il y a laissé quelques fautes.
•2 Earel ne vise ])as uniquement Caroli, dont il va signaler la pertidie.
Il fait aussi allusion à l'imjjrudence récente de ses collègues, qui avaient
<()ntié un ])Oste de pasteur à Michel Dobt, exilé du Monthéliard. Jcih
Courtois- crut aussi (jue la jirésente lettre le concernait, et il en fut très
irrité (Voy. la lettic de {■'.-irel du is septeinl». 1543).
l;iio 1,1 II.L. F.VHKI. VLX l'ASTEl RS IH PAYS ROMAND. 389
i|»si lion iiTiioratis. ('lu'istiis iiostci- et (|ui sui suiit imilta Iciii-
tatc et aiiiiiii dcjoctiono qiiiiTUiit cos (|ui iicncruiit. Carolns
sirrl', (ino<j<intique ((tiinto coHiitus et^f qaos CJiristiin hicrifpcerat,
perdere diiiu domi esspf. Nunr quid putdtU c/ni/ Joi/s (((/pre/
Croditis (mm in ni(Miioi-iani i-cvocarc ali(]uid coruin. (iiiu'ut pos-
scnt pii lVati-(N ciini lucritaccrc ('<2:('ruiit. ne de nie aliquid dicaniV
Qii,r iiHd eoHdoiie ti/ts/is f'nif eromere, potp.sfifi Iprjprp' : iiidc
(•(tlliirit*' (inid aliis (|iias ])riùs haliuit. et ([iia' suhsocuta' ><iiiit.
potnoi-it inisci' contra voritatcni hxiiii. Hh- (/nid dirani dp d(ii<i
_fidp Af/dfJiopoli et lue Aiypidornii', de iis (iiia' totifs coacîiis est
non sine majjnis snspiriis agnosci'i-c (luoniiii se |)rorsiis indifi"-
nuni ))utal)at otficiisV
8anè si non nt Pliarisa'i in spiritiini Doinini pcccat. \\rr
sanctinn contiuiiclia aliicit s|)ii-ituni, sit ilii pi-ojiitius Patri- pcr
Filinin. ([ni pro])itiatio est |)i'0 nostris peccatis. o\ spirituni vivi-
ticantcni pfMiè luoi'tuo largiatiir, ut possit toto iieetorc Cliristo
scrvirc! Sin minus, suuni exorat judicium Dominus intor (\(io-
hini ot cos quos iljc insectatiir, l'ejiendatqiK' unicuiquc jiixta
pui-itat(>m, syncoi'itatom. int(^gi'itatom. simplicitatem et innocen-
tiam cordis, ])i'out ])uram, sanam et verè Cliristianam docuit et
docore stiiduit doctrinam, et s(>cundùm abominationem dolosant
astiitamquc coi'dis vafrieiem nocentiss.[imam] qua impui-am. lae-
titcram Antidiristi conatus est instillarc lueresin et sn])ei'stitio-
ncm ! Intueatur Dominus ex alto cœlo et pro gloria sui sanctissi-
mi iiominis. j)r() instauratione swarum «^cclesianim. pro omnium
ai'dilieatiolip, jialàm faciat. (|ui sui sint. quos miscrit. et in (piem
peccetur. dum sua sulncrtitui- vcritas, suuuKjue tam horrendis
convitiis et eontumcliis prosciuditur cvangclium. Et in hoc
preces vestras adjuugitc et ccclcsiai-um. o symmysta'. qui uio-
riam Dei cujiitis ex auimo illnstrari : ut Deus, (jui non passus
est alienum ignem suis sacris. (|ua' ju-o tem|>oi-(' instituerat.
admovci'i. scd sauctifican voluerit, kU\no in ministerio servi sui
Mosis, — non tcrat iniciuè d(»stinata malicia tam aliéna à sua.
quam per S. Evangelium noliis tradidit. doctrina. pcrditè po|)ulo,
sub ("lii'isti nominc. pi-oponi. iilti |»ci- ('In-istuni. I).|cnni| vcriim
et soluni tiliuni snuni. nobis Icxpii in Kvangeiio voliiit.
^ Allusion ;iiix extraits du sermon proiiouct' ])ar Cnroli dans réulise de
St.-Vinccnt à Metz, le 1 1 mai (Voy. la tin du N" 1242).
* Voyez je t. V. p. ):)7-U;2. et le t. M. Ji. 10-51. S2-!l(;.
390 GUILL. FAREL AUX PASTEURS DU PAYS RO.MAM». 1543
Piilsato Patrcm prv Filiiim, ne jmtiatur i\mv per si)irituiii
^>aiictiiin docori voluit et j)nedit'ai'i, taiii oxecrandè daninai-i,
sed reprobos coërceat, suum noiiien sanctificet, lucem cvaiigeli-
<ain non ferat ])ei- scoleratos obscurari. Cumqiio omni studio
incnnd)onduni sit gloricT Cliristi. et in hoc omnia juxta I)[ominiJ
voluntatoni d('l)eanuis curare ut ci inserviant. — >/oy/ .■^oîùni
restrfim Kmtsqtdsqite stndehif pro se in hlasphemum illiid os,
quod in Christuni ot vcrbuni Evangelii ita apcrtum est, quod
tam impudenter mentiri audet in j)ios onines et quse ab eis tiunt.
vol qua' ijotiùs agit Dominus in ipsis, non veretui- danmare :
\sed\ qiiod'possit adjnrare ecchsiam quam dissipare studet adni-
timini, siquidem jjlus \)yo Cbristo nobis omnibus est ])i'festan-
dum in omnium iedificationem, quàm miseris pro ventre, in sui
i]jsorum et aliorum ruinam. contingat facere. Et cum Dens dede-
rit Magistraius inos et Christi observantes, qui ah ore faiii
infami damnantur, quôd Christi doctrinam tueantur et cos qui
hanc pure tradunt, in hoc dum incumbunt. ojjus Dei, juxta
potestatem et nomen quod a Deo habcnt, jjeragaut, — in quo
dum damnantur. non ipsi qui gerunt gladium, nec eorum opus.
sed D[eus] et quod jjer eos agit condemnatur, — efficietis ut (jlo-
ricv Dei studentes, satagaitt ut rationem reddat qui tam audet
2)iis insultare, et ex vohis deligantur qui tum suo tum (dioi-inn
nomiiie, cum iis quos mittct pius magistratus, agantmim Caroh
super iis quse imponere aiisiis est.
Hoc qua^so, fratres Christi ,a*}oriîe qui studetis. ne neglexeri-
tis : ita agatur, ut ])alàm ausus est omnes traducere horrendis-
que cahimniis imjietere, ita fiant omnia. Utque Deus det
successum et istic omnia rectè i)rocui'entur qute possunt causée
servire, invocato Deo, diligenter instate. Quod vidua imjjortunis
impctravit precibus ab ini(]uo judice. vos ne gravemini satager(>
ut ol)tineatis à pio magistratu modesta et verè Christiana tiagi-
tatione. Non .vos ])(L'nite])it oi)eriP, et multô minus pios qui
magistratu funguntur : non est hoc vobis negligendum. fratn^s
quàm charissimi, nequc pli !\lagistratus causam Christi tam
sanctam j)ossunt deserere '. Si Christus nobis aflfuerit in re hac
])ro])è j)rocuranda, qute demum s('(iU('ntur talia crunt undc
•^ I)"('iitr<' toiitrs les ('alises de l;i Suisse roiiiMllde. celles de (;eiiè\e et de
li.'iiisniiiie répdndiieiit >-eiilev à ci't .iiipel. Afin de déiiiMsqiier ('firtili,
1513 GlILL. h'AHKI, ATX PASTEURS DU PAYS UOMAM». 391
mei'itô vcstrûm umisiiuisquc scriù hrtctur iii Dcd. super u'Ioria
Evangclii, qiur quàni latissiiui' (litt'iiiuk'tur et ilhisti-ahitui- valdè.
Videbitis ininiuiii lovcaiu lodvssc [sir) iii (iiiaiu met. (miiiia(iuo
iinpioi'iiin coiisilia illis allatiira qiur maxime tiiue])aiit. lîrs ijjsa
loquetur. Taiitùm in ffloriam Christi fiant omnia : quam si nol)is
negloctis solide qiuesici-jniiis. plui-a pnpstabit Dciis (luàin ans!
simus petere.
Quatuor noiavit apertis^.\im('\ ex i/ohis, et iti seiHifnin Bernei)-
sem et aUquos ex Germcuns^', columnas sanè intor (ionnanos,
sed omnes qui Lausannœ fueruiit et BerniF, et Classes omnes
ratiotiemque audiendi fratres. Quid dcnmm non damnavit. dnni
(•l)rios omnes j)i-oducit spiritum Doi jactarc, ot sic Pontificcni et
Cardinales damnarc ut obrii quos a,2:it Bacclii s])iritus ■V
Diligontor singula pervidotc et i)r('cibus erdesiani Meteiisem
adjnvate. ut unà cum aliis à tam nocentibus cripiatur jx-stibus.
et piis tantùm omnes ornentur pastoribus, (juibus suum sanctis-
simè obeuntibus nuinus otiiciiimqiie facienti])iis, faciant omnes
<'t singuli qui sunt Ecclesia^ qu* audiunt et qute tam arctè julx't
Deus. Cavete instabiles et sui amantes suaque qucerentes. Ora-
tia I). Jesu cum omnibus vobis! Valete. Argentorati 81 Maii"
1543.
Farellus vester totus.
(Iiiscript'w :) Quàm rliariss. symmystis in cccli'sia (hristi
laltorantibus. quibus jjictas cordi est Christumque cupiuut (.svV)
quàm latissimè regnare, agentibus in (Jallicis ecclesiis et (pii cas
curant niulta tidc, ])ascentil)us verlx) oves Cliristi sanguine
emptas -,
/'
Oou'èvo Piivoyjx Vah'in. qui devait rrjdiiKb'f yarcl l\ Stnislionru. Vircf se
tint prêt à partir.
® Voyez l'api^ndicc du N" 1242. Le mot /// avant sen<iliiiii est une
rrreur de ])lume.
^ Ce détail est absent de !'ap]>eiidice précité.
* Il avait d'abord écrit 27 Maii.
^ Le manuscrit n'a pas été cacheté, ]iarce (pie ("était une circulaire
qui devait être incluse dans la lettre suivante, adressée à la Classe de N(ni-
fhâtel.
39i (ÎLJLLAL.vrE tAREL A LA CLASSE DE NELCHATEL. 1513
M40
GiTiLi>AoiE ] AREL à la Classe de Neucliàtel.
De Strasbouig, 31 mai 15 W.
Inédite. Autogr. Coniiiiiiiiiqué(> par M. Hoiiri Luttoroth.
8. (iratiaiu et pacinn a Deo! Fratrum aliquis isfinc hnc venlV,
qiio audito, nlsi gravissimum metnissem offendicnhon et mis\pr'
riniani] ruiuam, statim erolassem. Non aliter jndical)ani fntn-
rnni, nlsi vos a Deo visitandos, quos aliéna debent pericnla
«•autos reddere. Personis jjZ»s prospicitis interdum quàm eccîe-
siis, et in. gravem ruinam ecclesiée movemini erga imum'-, qtti
suas offert hene congestas rationes de siio corpore, de suis domes-
tieïs, et id genus multa. It/terea ecdesia' mentio ont parva nnt
tinïïa. Quanti sit enipta. et quàm sit diligenter curanda, quàni
vitandum sit otfendiculuni. et ne qua impiis aperiatur fenestra.
hoc negligitur. Quod petendum est ab uno, id alii ut pra'stent
opoi'tet. Qaid Tussatms egerit cum desetiorihts ecclesiarum %
(|uas at'ceperant, an a Domino ipsi viderint. uescio, et rursns
satis non novi quid vos cum utrisque*. Hoc tamen me hal)et
(]uàm jjessimè. quod rursus dico, exceptos fuisse, unum(?) apud
me : ubi deberemus cavere ecclesianim dissipationem, quam jam
cum laclirymis cerno, Quid enim iniminef nunc magis quàm
ecdesianini rustitas/ dam sïbi unusqiiisque vultprospieere, nt in
hoc rel illo cigat nëre% et ciun his vel illis, et liac vel illa ratione.
potins qnàni magno cnm timoré et tremore rideamus quo n,o^
Christxs vocet et ad quid, et quàm ut nos totos Deo commit-
' l'niU'tVi- Jeun l'Archer {Y\nv «i lettre du 27 mars, N" 1215, ii. 23).
■^ Michel Dobt. Cf. la lettre des ministres iieucliâtelois du 14 juin, qui
n'iioud à ''elle-ci.
•'' Nouvelle allusion à Michel Doht et, en outre, à Jen}i Courtois.
* Sous-entendu efjeriti.s:
'' JJohf se ])laif>nait du climat de .Montbéliard, insalubre ]>our sa famille.
Fnrel invtendait, de son côté, qu'il n'était ]»as ])ermis à, un ])asteur de
quitter, pour un jiareil motif, le lieu où il avait ('té aj)j)elé.
loi.'J (il ILLAL.ME FAUKI. A LA CLASSK 1)K NEUCIIATKL. 393
tentes, hoiia tille (luod noiiis coiiiiiiissiiii! est exe(|iiaiiiiii-. iiiala
<|ua' nos gravant feranins. et. cnni non popnliini fecei-jnins. scd
croaturas Dei et oves Cliristi sanguine eni|)tas (juales (|uales
sint è manu Dei acceperinins. — non (|ni(l in eis dosideretui'. et
([uid nolùs arrideat aut (lis|»liceat intueanuii-. ut sns('ej)tani |)i-o-
vinciani desei-amus. sed niagis (|nid velit nos Cliristus ayere. id
poragannis. .lubentis oves pasci antoritas. niajestas et dignitas
nol)is est suspicienda nosipie perniovere débet. Xoif pleins n/tf
loci paupertas, rilitas et indt</iiii(is arorare dohef <ih (/ffir/o. iif
(il'ia et (iJi(( siihuide (j/ur/'annis It/cot/staitti lerifote et Jastidio
eoriini qua- nohis concreditii J'iiennit. Qttirqiiid iiobis committit
Dominus HOU potest à nohU deseri, téisi is idiô nos rocef : quod
dnni tit. non stidtam tantùni sinit nos habere opinioneni aliô
niigrandnm esse, sed certani lacit vocationeni. etianisi nobis
non arridet senijxM-. Svd pai-enduni tanien est. (»)nantô satins
erat intueri (|uid in nol)is desideretur. et (luàni sinins indigni.
(pli voceniur ad tam excellons et divinnni mnnus. ut os Dej
sinius, per quos lociuitur Deus populo, dum non uostra s(h1 ver-
bum Dei proponinius. ut niagnis et ardentissiuiis precibus |)ete-
reinus ut roctè tantam exequei'(>niui' banc functioneni. et onini
studio, laboi'e et diligentia in lioc incannberenuis. niliil connnit-
tentes indignuin tanto munori (sic), et rui'sus niulta att(Mitione
intuereniur quid in plèbe desideraretur. non ut iiide abaliena-
i-enuirab ea, sed ut propiùs accedontos et diligentiùs iiu innb(>ntes
ipsius cura^ saniores ot nielioros per Deuni redderemus. Non ita
direndum aut sontionduni est. ut niilii olini scejci-atissiini eccle-
siarum turbatores. quos deturbet Deus. dicebant : « Impossibile
est àvocaro pleboni ab bis vitiis : niliii ab ea potest inipetrari.
sin(i>ndi sunt. » et id genus alla sacrilego ore ructabant ''. Sjte-
randuni est seniper de niisericordia et bonitate. potentia et
virtute illius qui nos voeavit, (pii |)lebeni nobis coinniisit. (|uôd
is non deseret nos. neque patietur nos juxta verbuni suuni
laborantes, oleuni et operam penb're. Non frusti-a vei-l)uin suuni
adnunciabitur. Ita nie urit. fratres quàni cliarissinii. levitas.
inconstantia. iniproltitas et iniipntas eoruni (|ui inordinatè eccle-
sias intrant : acci|)iunt nialè. deseinint pessimè. ubi pei'perani
administrarunt. ut (juid de illisdicani prorsùs nesciani. non (pu»
® A ('<iiiii)iin»r .-ivcc le t. \'. |i. l")!». noti' 10.
394 GIILLAIME FAREL A LA CLASSE DE NELCHATEL. 1543
vocciii iioiiiino liabeo. niliil est rectum aimd alios, oiiinia pes-
sima siiiit. tôt et tanta perferiint. et quid non '? Quare isti taies
ot tanti, tani insignes, si eos audias ecclesiarum tedificatores.
(luil)us niliil placet in aliis, non aggredinntur semel novasno})is
extruere ecclesias, in quilnis nemo ])riîis j^diticaverit V Videanuis
tandem aliquod istorum architectorum si)ecimen, cum tam pru-
dentes sint : et sinant progredi alios et quod Deus commisit
simplicioribus et rudil)us structoribus, ut ope Christi tandem
erigatur ojius: et demnm ojjus cum o])er(^ eonferatur. Gratissi-
muni est milii audirc j)ium pectus. cui iedificatio curie sit. u])i
cum cliaritate, nuilta lenitati^ et benignitate suadet et adjuvat
ut citiùs et meliùs erigatur 0])us. Quis enim ejusmodi non
audierit. imô etiam quemvis recta dicentemV sed obtrectatorcs
qui clàm calumniis qua» bona sunt impetunt et damnant, quis
non improbct V Nam (juid calumniatores isti aj)ud alios i)ossunt
qui causam non norunt. cum apud me aliud volebant etîicere ut
credercnn et sentirem. quàni quod videram meis oculis et auribus
audieram. sic istos exagitat odiuni, ut quid dicant non curent,
modo si])i satisfaciant. Fratres, ego vos i)ropter Cbristum Jcsuni
obtestor. ut neminem postac probetis qui non sanctissimè et
recto ordine ex i^astorum sancto suftragio. post exactam i)roba-
tionem et doctrinae et vitïe. et eorum (ju^e in pastore meritô
requiruntur. cum autoritatc ])ii magistratus, ])lebe nibil alie-
rentf cur indignus et ineptus sit. qui, inquam, débite non
intravrrit ecclesiam. Domino ipsum vocante, non miserè ambi-
tiosè current(> non misso. et multô minus ecclesia; desertorem,
qui non sancta vocationc aliù vocetur, vel aliaratione pia addu-
catur ut secedat ab ecclesia. In qua re non minus pastores sunt
consulendi et i])sorum suflfragiis res est ])eragenda, et magistra-
tus et ])lel)is ])ice, quàm ingressus. siquidem ingressus in ovile
Cliristi. ut i)er Cbristum tieri débet, ita egressus. Qme autem ex
l)eo sunt ordinatè tiunt. Ai/ piiiatis me, fratres, tainlin lue Jur-
suriini fuisse, et me tôt et tantis discriminihus objecisse, nisi me
Christi in vohis cun) ecelesia vocafio et judiciimi 2)ermovissent ^
Verùm ut srjo Dcum |)er vos (^t ecclesiam jubere" (juod valdè
optatis in gloriani ("liristi. j)i'rgam quantum spei est. tantum
^ C'est un indice ([iii' 7'V//t/ était ])ai-ti jinur Metz sur le désir do l'Eglise
di' Xcucliàti'l.
ioi'.i GlILL.Vl.MK FAREL A LA CLASSE DE NKUCHATEL. 393
ciini D. c-()iit('iulo. Va lict't (ihsi)n ù robls coipon', ta)neii pr;i'><fiis
sinn luiimo vohiscitm : non 'pjitatisme cofjiiare ni in coHcionihns
restris iiiei et Metensis ecdesiœ memineritis! ikiih ut in restris
sancfissiniis coUoqniis ci sacin' scripiniif f/actafione, et in i/isa
fjratuinnn acfione, qiioties desidero adesse, procid dissifxsf (jui
pra'seiis mo/qucnn omisi intéresse*, ut nostis omnes. Quid ciiiiii
tïigpi'c vestra collociuia possoni. (|iiiii ('liristuni iii vol)is hxiucii-
tciii fiiu'i'iTiii V Si al) ccclcsia. iii (|iia iioii païu'i siiit iiii])Ui-i()i-is
vitie, et qui terri non (lel)oronî. iiciiio se sulKlucat qiiin a Christo
recédât, quid posseni à vobis divelli. ul>i de verl)o Dei ti-actando
agitur. (juin divellerer a ( 'liristo V Alteruiu saiiè est uecessariuiii.
aut ecclesiani prorsùs auatliema esse, aut l'uin (|ui se segn^gat
al) eerlesia. Si scliisuia in ecclesia et vitandum et detestandum
est valdè. et in inia plelx'. (|uani subdidit I)eus inagistratui. et
subesse vult suo verbo et in lioc pastoril)Us audire, ([uantô
magis in i)astoi-ibus. (jui typi et forma esse debent gregisV (,)ui-
bus nisi " o])tiniè inter se convenerit. (piid cum aliis posse spei-a-
nius XTctè convenireV Si non sese amieè adnioneant, exbortentur
et corripiant. adnionitiones, exhortationes et correptiones non
sanctissimè et cum gratiarum actione. ut Dei bénéficia et doua,
non adniittaiit qui alios docent ex vei'bo ut sese commonefaciant.
exbortentur et fraternè corrigant, et lioc recipiant grati et
])areant, <|uid j)utamus alios facturosV Cavete. qu^eso. fratres.
astus et machinationes Satanaf et suoruni consilia et vestris
indulgere aft'ecti])us. Nos ])rim() j)etit. ut dissipatis ])astori]uis
grex tlis])erdatur. in caput nostrum vertetur quod malègeri-mus
inter nos. j)roprioque i)lectemui' jx'ccato. quod liorrendum est.
Verùni non lioc tantùm luemus ut ])rivati, sed in nos recident
omnia quîe inde plebs contrabet et admittet jx'ccata et (\n:v
sequentur posteri. Non sunt bi lusus puerihs. non de nucibus
agitur. ut levi occasione et nuces et ((etuni deseramus ludeu-
tium. et aliud irati agamus, ut |)ueri soient. Séria est res. non
liodie j)riuu) c(e|)tum est ut pastores conveniant unà et tractent
seriô de verbo r)ei et de iis qu;e sunt tractatu necessaria. ut
contineatur unusquis(iue in otfieio. ut tollantur niala et minus
"^ Il veut diri' : Je n'ai ))as iiiaïujiu'' une sfulf asst'inlih'c de la Classe.
° Ici coiiiiiH'iicf'. au bas de la iJi-cmifTc ])aii(', une iiuniillurc qui s'étend
jusqu'à metioni. i^e mot qui suit est illisilili' : nous le suppléons j»ar
e.rempla.
396
(illLLAlMK F.VHEL A LA CLASSE DE NELCHATEL.
lo'i;{
j)('ccat.[aj accédant, et iji-ociuv'iitur ])()na, ot strciinuè iiiagis et
certiiis porgat qui Ix'uc ctrpit, crcscant virtiitcs et nieliora
[ex('mj)laj. Noqiio siuo friictu liabiti liactonus siint cd'tus : (|iu
in hoc cclcbraiidi ut [si quis pius doctrina aliisquc donis valet
ac| |(lus |)()test '". plus jvditicet sine sui aliqua ostontatiouc et
a'stimatiouc. ucniinc suani gloriani [quaereute] scd tautùui ut
aliis prosit et iununiera ftollantur umla]. Quèe, tratres. ad hoc
nos pcn'ducei'o, imô pin-trahcri^ debent. ut atî'ectus ounu^s caruis
n^sent et auior sui. Si judices et i-ei|)ul)licie moderatores a[i*dejnt
îantùm îequitatis et jui'is ratioueui ha])ere et utilitatis j)u])lica'.
wv quid odio vel favore cujusquam fiât aut dicatur (juod rectè
non sit, (]uantô niagis afkh'cet |)astores, qui taui airto nexu
inter se sunt conjuncti. aliud non intueri quàni solani ("hristi
gloriani et ecclesia' certani (edificationeni. et non curare (piid
liic aut ille dixei'it vel feceiit et ([uid de nobis sit UK^ritus. sed
(|uid Christus nos jub[eatj |)ro |)ace conservanda et charitate
augenda, otiendiculo vitando, in cediiicationeni omnium. Passent
sanè htec altiùs cogitanda et religiosiùs tractanda. Non sunt
hiec gardianatus et termini ([uil)us hic aut ille sacrum implere
débet, ut rideatur qui non satis tempestivè et appositè aml)ierit.
(hristi sunt ha'c et cœli et non liominis neipie terrae : versemur
ergo ut docet in re ("hristi et cœk^sti. Cum pace. concordia et
cliaritatf^ agentes inter vos, poteritis ex infirmitate roborari arl
majon^n cognitionem. ])i(^tatem. fructum, ;editication(nn, et ad
omnia démuni o|)tinia et voins et ecclesi* aecedere. Afh'rit vobis
prapsentissimus Christus. Si haec non adsint et. ut ille dicebat
« e(|uuni unum retrocedentem jdus impedire cursuni, quàni
decem possint provehere ", h sanè malus ille equus pessimè
habebit, et (|ui cum eo fecerint, et auriga pro dignitate tracta-
tuni aliô )-elegabit. sistetur et imix'dietui- tain necessaria a^diti-
"^ A l;i pajfc 2 du iiiaïuisciit. la socondo moitié df la prciiiiric U'^wc a
]»rcstin(' onti»"n'ciiH'iit disparu. Il en reste quchiucs caractères isolés, qui ne
peuvent servir à restituer le texte. Nous avons essayé de le rétablir d"après
le sens ijénéral de la ))ériod(>.
I>aiis la seconde Hune, ifloriiiiti est prescjue certain: (iKœreitte, à demi
visible ])ar ses vestiges inférieurs; iitiiKiiiern, très i-econnaissable: iiuila et
tollmitur sont sn,fi»'érés ])ar le contexte.
" Cette retiexiun, attribuée ailleurs à M. de l'rangins, liouverneur de
Neudiàtel, ]iarait s'a])i)liquer ici au ministre Clinponiiean, ijui rejet.iit
absolument /a cfusiirr /'nden/rllr.
loi"! (Il II.I.M MK FAHKL V \.\ CL.VSSK l>K NKICHATEL. 397
catio. et (]uaiitù (lissidiinn tucrir luajiis et cariii^ atî'f'ctus plus
liabiK'i'it loci. plus fuiua' sc(|uctui'. l^'i'^'itc t'ratrcs. in saiicta
parc rt ((iiicordia. et dili^ifciitcr vidcte quos adiiiittitis. iic aiisfiu's
in siiiu tovcatis. (pii donii perdant adniissi in u'dcs. ot dissidia
intcr nos si'rant. l'rohatc spiritus (pii sint et (piô tendant. Hoc
i-atio poscit t('nii)Oi'is. et toties icti sapere tandem dehemus.
Bncenis cuni Philippo non paruni etticit apnd Cohiiipusem
pei- ditioncMH pii et constantis senis'-. cujns exeniphini seijuen-
tur nmlti. Kt Carol/is contra, ut ex iis (|ua' duahus tantînn
tuerunt collecta concionihus potestis videi-e. et ex litoris ad iiio
datis''. Ilorrenduni est ita descrere Ijeuni et à ,<>ratia excidore.
Quos i)utatis niiscrani conscieiitiani ferre cruciatus! Kx|tectanius
rolJo(|uiuni '• : cujns s|)eni fecernnt non vul.u'ai-es viri. Pei-,u"ite,
(pia'so. tVatrcs. juxta id (jnod niilii jironiisistis, cuni snffragiis
V(>stris banc aggrcderoniur valde ditiicilem curam et jjrovinciani
susci|)erp : in qua non fuit ])roi'siis nostei- labor vanus. sed
voluerit Deus. ])Iui-a efîici(Mitur : tantînn T)oum invoccnuis.
Fuit liîc Bp(itHS^\ ipunn a^grè i)otui invonire et vix secundo
allo(iui. In hoc erat totus nt socuni redii-eni : (piod sanè niilii
non fuisset injiratuni. Sed ne(|ue ros |)atitur, ne(iue tides aheun-
tibus liinc fratril)us data, ne<|ue aliipiis hoc poterat pro))aro cui
refcrreni. (upio onmiltus ol)s('qui et neniinom otïendorc : hîc
Beffto et aliis non (hituni fuit moreni gei-ere. Literas aj)parave-
rani "'. sed non p(»tui invcnirp abeuntcm. Wn't J'rafpr''' paucis
(iini diu (pui'situni invenerit : sod litcn-as non hab('))at. (|uas
pi'ius(iuani venisset acccpturus jani abiei-at. et nos frustra cucur-
l'inius.
Audiebani inter loquenduni, cum apnd Hcdioneiii'^'* cssonuis,
Xravia quiedam oft'endicula suborta de perditissiinis (piibusdani
bipis. qui inter pastores liaberi volel)ant. Quàni id me comnio-
'- L'îipjH'l adressé ])ar l'Elccti'ui' de Colouiii' à lUici-r et à Mélanclitlinti
;i »''tt'' iiH'iitioniié plusieius fois.
'"■ Lettre de déti du 1 \ mai. Farel en envoyait une copie à ses collèiiiies.
B'irlmrin en accusera réce])tiou le Ki juin (X" 124()).
" Une disjjute de reliuioii à 3lefz entre Tùur/ et Caruli.
'^ Beutus Cornes (Lettre de Vin't à Caiviii, ^î) mai).
"^ Prol)al)lement la jjrécédcnte lettre (X" 123!l). que Farel avait (ral)ord
ilati'c du 27 mai.
" (iauchier Farci.
'^ Gaftpard Hédioii. pasteur et professeur à Strasliour^;.
398 (JLILLAI.ME FAREL A LA CLASSE DE NEUCHATEL. loili
vit! Ha'c nobis \)avhmt festiifci' mamiuDi impositiones et non
])i-iîis ('xi)loi-ata inipiorum vita. Vos obsecro, fratres, non feraiis
(diquem anquant ascendere snggestum quem non optimè norrri-
fis, et ocaii'i'ite niaHs Yoni(>ntibiis, ne involvant nos : nndc non
tantînn nos, vcrùm etiam nostrum ministerinm malè andiat. Qni
quaere])ant in G(dlis quod damnarent liabont nunc ad satietatem.
Faxit Christus ut [1, et] nos tantînn satiari bonis quiv c'ui)inius
quàni largissiniè dari et esse in omnibus in ecclesiaruni onininni
a'diticationem ! Valete, fratres quàm charissinii. a Domino, scm-
l)er inservite niulta lide. Pii [lastores vos salutant. Salutate
omnes pios qui snnt in nostns erclcsiis. Argentorati :!1. ^laii.
Vester totus Farellls.
Gorya, qiue onini scortatione al)batnm. monaehorum et mo-
nialium eô accmTentinm_/)n7 infamis^'', et cuni tota cucurrerit
ad ca])iendum pium Chasiellunum, qui Métis j)riniô docuit -",
cum illac transisset -'. — omnibnsque accurrentibus hit(>i'eriam--,
^^ Avant \c seizièiiu» siècle, l'ahbaije de Gorze avait déjà une déi)lorablo
réputation. Nimsgorn, o. c, p. xvi, reproduit un document des mau'istrats
messins, du 10 juillet 1322, « qui concerne également (dit cet historien)
les autres communautés du ])ays, ■> et dénojice « la mauvaise governacion
et la grant dissolucion qui estoit en moiiines de (lorze, de St.-Arnont. etc.»
La tête de St. Tliiébault, le 1" juillet, et la foire qui avait lieu le
même jour attiraient à Gorze une foule considérable de jièlerins. qui
venaient « visiter les reliques et les faire touclier à des malades et infirmes,
et même à ce qui devait servir à les habiller » (Ibid. pp. 188, 189, 223,
2.53, 269-70).
-" Les passages des Chroniques messines cités dans le t. I. p. 345, IV,
436, 437, font connaître la vie lionorable et le martyre de Jean (linsfel-
lain, ce moine augustin qui fut en 1524 le premier jirédicateur de l'Évan-
gile à Metz.
" Illac désigne Gorze. — L'histoire de l'infortuné Chastellaiii étant
bien connue des ministres neuchâtelois, Farel ne jjarle ici de lui qu'inci-
demment ; il tient surtout à signaler à ses lecteurs le châtiment infligé à la
ville de Gorze par la justice divine. Cette ville, dit-il, qu'on a vue acharnée
à la ruine de Chastellain et unanime à rejeter rEvangile, qui lui aurait
ins])iré 1<' repentir et apporté le pardon, — elle a été fort maltraitée jtar
les Français, et ensuite horriblement saccagée ])ar les Bourguignons.
'-- Vn moine augustin, h' frère Bonncstraiiie, qui était soudoyé pour
trabir (Itnstelhriri, l'attira liors de Metz en lui faisant accroire que le
Provincial de leur Ordre « le niandoit et l'atteiidoit » dans un château de
revé(jue (le Cliastel-St-fiermain, à 2 lieues environ au X.-O. de la ville).
loi3 aUlLLAll.ME F.VREL A L\ CLASSE DE NEUCIIATKL. 8i)î)
k penario-^ visiis et aliis monstratus, ci\\)XWf^(jrorfj(i))i pi'i-diictiis,
— et demain, ohhifo Verbo, ut resiinsceret (ubtioiiHa prorshs
rejecif. in pornicioiu pioniiu acccnsa, tandem post ii/siguiti qme
pertnjtt <( CralUs'-', mise niniè fuit rasaita <i Binym/dioi/ihiis--'.
Son iiuidc le mcii;i ensuite dans la ville de (jorze, où il fut reconnu ])ar
Tun de ses plus j>rands ennemis, le j^ouverneur JIttrfi)/ l'iutjuet, « lequel
tist incontinent courir après. Et fut le jjovre reli<iieux prius et arrosté es
bois de Cliandilé [Chnmhlei/, au S.-(). de (ior/.e ]. » Voyez les ( ]irniii(jties
messines, p. 809.
Le post-scriptum de p^nrel ajoute aux faits ])récités ce renseimienient
inédit : « Tous accoururent jusqu'à la i!M^7me (latereriam). i Nous en con-
cluons que Chasfellnin fut poursuivi au delà de ('haml)ley et jusqu'à la
ferme de Buret, — localité on il pouvait se croiri' en sûreté, ])arce (ju"elle
est sur la frontière uiéridionale de la terre de (iorze. Les ancienues cartes
]»lacent près de Buret une ■■ tidJerie*, » l't il s'y trouvait aussi. ])eut-être
dans la ferme même, une hôtellerie, ("'est là (jue <• le ])ovre reli.aieux ■>
fut ])ris et arrêté dans les ])remières heures de la nuit, l'rançois de Han-
nouville écrivait, en effet, de Met/, au mois de mai 152-1: : « Je veuls que
vous sçachiez que il [nostre évan.fféliste] ait esté prins et arresté et comme
fut Jhésu-Crist, cu)n laternis, fucthus et annis, et avec ce mené dTIé-
rode à Pilate.... Mais il a la plus lielle patience qu'il est possible d'avoir,
tellement que son hoste, son hostesse, (tucuus forains qui estoieiif loijés
léans quant il fut prius... et plusieurs autres (jui l'ont oys parler, portent
tesmoiiinaicre de lui. •> (Cf. notre t. IV, p. 437).
-'* Dans le manuscrit : per pe)tarium avec' cette correction au dessus :
a penario. Ces deux mots sont presque effacés. Farel emploie ici comme
substantif l'adjectif jJCnan'M*, ])Our désigner un chef d'office, un maitre
d'hôtel. Le mot se rajjporte à Marti)i Fiuguet. maitre d'hôtel ou gouver-
neur de Gorze pour Jean de Lorraine, évêque de Metz. Ce jiersonnajie
avait la réputation d'un homme à])re au uain et passé maitre en fait de
])ertidie. Suivant Dom Calniet, cité jiar Ximsaern. p. 57-ôS, P/)/(/uii. natif
de l'Anjou, était abbé de St.-Martin, près la ville de Metz, oii il mourut en
1540. Il fut lonatemps infidèle administrateur des aft'aires du cardinal de
Lorraine, faisant sa bourse et i)rêtant de Faroent à son maître. L'évêque
de Verdun, Vary de Dommartin, encourut la disgrâce du duc René II [de
Loi-raineJ, jxtur avoir frauduleusement attiré à (rorze, par son agent
Martin Piiujuet, et fait emprisonner un fameux banquier de St.-Nicolas,
nomuié Richard Voiltre, qiu' le Duc affectionnait à cause des services qu'il
rendait au jjays... Ce banquier devait à Pinguet (jnelques sommes ])eu
considérables; mais son em])risonnement ne laissa ])as de causer la ]»erte
de son crédit et sa déroute entièic » (Voy. aussi la France prot.. 2"" édit.,
article Casteilain. ITT. H)S-7(>).
'-■■ Il oxLsti' ciicoiv près di- £uret nne tuilrric, imc briiincti'i-iiM't, nii tbui-à chaux (("oni-
uiuiiication do M. Henri Burtiii).
400 EUSTOKG DE HEALLIET A CLÉMENT .M\ROT, A (iENÈVE. 1543
Horror ost vol audire, et non est finis malorum. Cliristus mise-
ris clet ut resipiscant ot bencdictionis sint participes oiiiiics!
Litoras curetis diligentor mitti et ad Calvhmm et ad Vrretnm,
vi quae siint coiinmines ^'"' ot \ol)is ot oiunihus ad qiios vidobitur
fratros et Classes mittetis, ut noveritis niagis oxj)edin\
(Inscript'w :) Quàm cliai-iss. fratribus (>t syuimystis nuilta
pietate ornatis, Decano et omnibus in classe Neocomensi Cliris-
tum adnunciantibus. Neocomi - '.
1241
EUSTORG DE p.EAiLiEi' ' à Clémenl Marot. à Genève.
(De Thierrens^ au mois de mai 1543.)
Chrestienne Réjouissance... Par Eustorg d(> Bc^aulieu... (BasbO
1546. in-B"^'. ]). 204. Copie communi(|ué(' jiar M. Hi-nri IJordicr '.
Mpistre à Clément Mnrot, Poêle dit L'oi/.
pour lors résidant à Génère.
Frère ot amy et voisin tout eiisonilile.
Loué soit Dieu qui jtar Christ nous assoiiililc!
Comme asscnihia jadis, aux fhamps dehors,
Le mien BeauUeu, huict lieues près ton Caltors.
■■** Le 25 mars et les jours suivants.
" Voyez le X" 1216, note 13. Selon Nims.oern, o. c. jt. 101-102, « la gar-
nison espagnole de Thionville,... vint, le 27 avril 1543,... attaquer le château
*>t Fabbaye de Gorze. La garnison française lit une vigoureuse résistance,
mais enfin elle fut forcée ; la plupart des soldats furent taillés en pièces et les
autres pendus; la ville et l'abbaye furent pillées; et, après avoir laissé dans
la ]ilace du monde pour la garder..., les Es])agnols se retirèrent; mais
comme l;i garnison n'était pas nombreuse, l<>s Français revinrent bientôt...
Le château fut aisément forcé... Le soldat, dans sa fureur,... se livra à tous
les genres de cruauté et de profanation. Les moines furent entièrement
dispersés et ne purent depuis se réunir en communauté monastique. »
2G L;, fireulaire qui ét^iit incluse dans la lettre (Cf. le N" 1239, n. 1»).
*' La présente lettre a été fermée au moyen d'un cordon qui la trav<'r-
-sait, et sur les extrémités duquel le sceau du Réformateur a été ai)])li(iué.
1-2 Voir le X" 886 (VI, 286-8i>, n. 1 et 3. à In tin).
^ L'unique exemplaire de ce volume ;ippartii'iit à M. le duc d'Aumale.
I5'i3 EUSTOIU; l>K HKAULIRU A CLÉMKNT M\UOT, A (iF.NÈVE. 401
Loiu' soit (lomi Cl' bon Tt'H' (H^lcsto,
(^»iii s;i l«iiit(' nous faict si iiiniiifcstc
Kn nous tirant i)ar orâcc et chariti'
Du puyt d'Enfer, sans l'avoir nw-ritr.
Nous qui jadis fcusnics i)l('ins d'injnstici'
Sans clicrflicr l'huys par où l'honimo injusti- yssc*!
Mais ce iion Dieu (iiui nous aynioit tant clicr)
Nous est luy-niènic icy venu cliciTlicr,
Estans souillardz de la cuisine imniuiule
Où tient son train le l'rince de ce juonde.
Dont (lereclief lonenue et yloire en soit
A ce liault Dieu (jui ainsi nous reçoipt!
Frère très cher, je t'ay voulu escri|ire
Que suis joyeulx jjus que ne pourroys dire
De ta retraicte eji ce quartier icy.
Viw cinij ans [aj qu'ay esté en soncy
Pour y trouver aulcun de mon lignage
Ou fjjour le moins) gens de mon voisinage \
?tlais maintenant Dieu m'a tout resjouy
l'ar le rapport que de toy j'ay ouy,
Ayant espoir que i)ar toy Dieu révèle
A mes parens de inoy quelque nouvelle.
Car possible est que quand tu escri])ras
A ta maison, si très-clément seras
(D'œuvre et de nom), que sans trop te constiaiinlre
A mes parens lettres feras attaindre.
Lesquels vouldrois de ])ar Dieu advertir
(^u'à Jésus-Christ se veinsent convertir,
Et que pour moy u'eussent tristesse aulcune,
Car Dieu m'a faict plus de biens que fortune.
Par quoy te prye advertir ce porteur
Si j'auray ])oint, par ton bon sup])ort. heur
Touchant cella, et s'il fault qiu' j"escri])ve
Pour t'envoyer, ains® que l'hyver arrive.
Après, dy-luy ce que te ])laict mander
De par de ça, si rien veulx commandei'.
Car obtiendras de moy l'obeyssance
Pour te servir selon qu'ay de puissance.
'• Du vieux verbe >/s.s/r (sortir), dont on a fait /.sskc.
' JE. de Beoulieu était en Suisse (le])uis six ans. C'est ce que nous appiend
la jolie pièce de vers intitulée : « Le Dieu (jard de l'uutheur à la rilli- et
aux citoyens de Genève, la jiremière fois (lu'ii y vint, qui fut Tan 1537, et
le l'"' jour de may » (ChrestiiMine lîéjouissance, j). 17.'-!). Tant (ju'il resta à
Genève, il eut la chance d"y rencontrer « gens .de son voisinage » (Voy. la
lettre du 31 août 1537, t. IV, p. 288, lig. 12).
" Ains doit signifier ici ara>it que.
T. viii. 26
402 EUSTORG DE BEAULIEU A CLÉMENT MAKOT, A GENÈVE. lo43
Te i)rye encor que, quand tu «eras las
(Ou que dos champs chercheras le sollas)
Vien-t'en vers moy, car suis en un village
Tout circundé d'arbres, fueille et ramage ',
Là où je n'oy que cors de j)astoureaulx,
Voix de brebis, vaches, bœufz et taureaulx.
Mais plus me plaict encor telle brayrie
(i)ue ne feroit toute la chantrerie
Du Papegay de Romme ou Antéchrist
Dout le baptesnw» a[s] doctement escript.
Mais, quoy que soit, j'ay la saincte Escripture
Qu'à mon cœur Christ monstre en sa pourtraicture,
Et là repais mon âme du pain vif
Dont est privé maint gros Rabin Juif.
Là, mon esprit j'abreuve d'un breuvage •
Dont tout mon corps se nourrit et sollage,
Et du pain sec (ces sainctz escriptz lisaiis)
Me soutient plus que sans ce des pheisans.
Brief, le village abject, ce semble, et vile
M'est un Paris ou. aultre grosse ville.
Et n'ay regret aux grands palays et couitz,
Mais que soubz Christ je parface mon cours.
J'ay oultre encor, mon jeu de Manichorde*
Où les chansons divines je recorde
f]t les tant l)eaux psalmes par toy conlictz
Où as ouvré, à mon gré, mieulx qu'onq feis.
Souvent aussi je pren du croc ma harjie
Et te la pendz à mon col en escharpe :
Pour y jouer et psalmes et chansons
Selon que Dieu m'a instruict en leurs sons.
Or voylà donq, frère, comment je passe
Mon temjjs aux champs alors que je me lasse.
Et de cella suis prest te faire part
(^)uand te plaira de venir ceste part.
T'offrant encor, pour faire fin et reste,
Que si tu es importuné de peste,
Une chambrète en mon logis auras
Pour ta famille^ et toy, quand tu vouidras.
Car je suis seul (quant à l'heure présente)
Kt n'ay chez moy qu'une vieille servante
'' A la ))remière nouvelle de l'arrivée de Marot à Genève, c'est-à-dire
vers la fin de novembre 1542, E. de Beaulieu n'aurait pu s'ex])rimer ainsi.
■* Es])èce d'épinette (Dict. de Littré, art. inaitichordioH).
® Marot n'avait ])as amené sa famille avec lui. Voyez sa Complamie
adressée à François I (Douen, o. c. T, 390, 400).
j
J
l')i:{ I.R CONSEIL DE MKTZ AU CONSEIL UE STRASBOURG. 403
Pour ]ucii(lrp soin do mos bestos à l.iict,
Kt, pour penser mon cliev.-il, un v;illet.
Sfxtain au ilict Mamt.
Rpcoininaiidatidn de raiitlienr.
Si le seifiiunir Gur/tt^'^ est jiar de là,
Salue-le, s'il te plaict, sans rohniettre,
M'ortrant à tov jjIiis que ne vault cola
Et le service envers toy recongnoistre.
Au Magnifique ^^ aussi vouklroys fort estre
Recommandé, veu que Christ a suyvi,
Car trois ans a (in'anlcun d'eiilx je ne vv '^.
1242
LE CONSEIL DE METZ au Goiiseil de Strasl)Ourg.
De Metz, i^' juin 1543.
Copie. AitIi. de 8t.-Thomas, à Strasbourg. Calv. Op}). XI. 5(i(i.
Aux liouuorables, prudents et saiges les Maistre et Conseil de
la Cité de Strasbourg, les Maistre-Eschevin et Trèze Jurez de
LA Cité de Mets, amour et dilection.
Nous avons vclius et entendus le hesoiy nés fait par nos envolez
an lieu, de Strasbourg, à la journée y assignée' par très hault,
excellent prince et seigneur Monsieur le Landgrave de- Hesse,
pour amiablement ou juridicquemont ai)j)ointer ou diifinir les
jtoincts non-vuydés contenus en deppart érigez icy à Mets-. Et
combien qu'ils aient excédez (quant au poinct des hannys) leur
commission et charge, néantmoins pour l'honneur de Messieurs
les Princes, Conte Guillaume, des deux Cités-' et de Messieurs
10 pjç,;-g Qurui, d'Annoiiay (X" IMo, n, (\).
" Laurent Maigret, réfugié français, surnommé le Magnifique. Cf.
ji. 145, n. 21-22.
'^ Il était donc retourné, pour quelques jours, à Genève en 1540.
^ Assignée pour le lundi 14 mai (N" 1285, n. 12-14).
^ C'est-à-dire, dans le recès ou la convention faite à Metz le 16 mars
(X" 1216, n. 2).
' Strasbourg et Francfort.
404 LE CONSEIL DE METZ AT' CONSEIL DE STR\SBOUR(i. 154:}
les eiivoicz et cominys, Nous avons clius alloyez% quant à ce dit
poinct, ce que pav nos dits envoiez auroit esté laict. Et inconti-
nent la relation faicte ])ar iceulx, avons ])ermis la rentrée ans
dits hannys, comme ceulx qui désirent en ce et choses plus
grandes faire service et jjlaisir ans dits seigneurs Princes, Conte,
Citez et aus dits ambassades [1. ambassadeurs].
Quant aux aidtres xwincts contenus en de'iïpart érigez au dit
Strasbourg'' et par nos dits envoiez à nous exhibez, ajirès b^s
avoir ehus mesurément discutez et ])ondérez, ensemble advisez
à nos privilèges, statuts et ordonnances que nous ont esté con-
cédées des])iéça par les Majestés Impériales et Royales des
Rommains, ratitîiez i)ar la Majesté de Temiiereur modei-ne,
nostre Sire, et aussi que nous avons ehus prestez le serment de
tidélité à icelle Majesté, — recongnoissants les prééminences (>t
régalités que sa dite Majesté doit [1, dictVj et doibt avoir en
cest(^ dicte Cité, desquelles, au commandement d'icelle, copj)ie
luy en fust baillée, -^ ne sçaurions ou porrions honnenient cous
faire response sur les dits poincts, sans répréhension de sa dicte
Majesté, que jjremièrement et avant toutes choses ne communic-
quions iceulx poincts ou facions communicquer à icelle Maj(^sté :
ce que ferons en toute diligence possible et le j)lus tost que ])or-
rons, estants de cestuy propos et intention ensuyvre son com-
mandement, advis et conseil sur ce. Pour autant (^t nostr<'
amyable prière prendre en ])onn(> part ceste nostre response. (pie
(lebvions bailler au jour ])réfix " sur le susdit uKMitionnez dej)-
part. Et ne fauldrons vous bailler aussi enthière responce sur
iceulx poincts (ajjrès Thumble communication faicte à sa dicte
Majesté) en toute diligence possible.
Quant au fait de Caroli, nous lui avons communiquez tous et
chacuns les poincts que sont estez proposez à icetdx nos envoiez
au dit lieu de Strasbourg' : qui sur iceidx nous a fait responce
"* Accoiité, ;ip])roiivé.
^ C'est-à-diiT : Quant aux dcinandos présentées par les Protestants, savoir:
•qu'il soit accordé deux nouveaux prédicateurs aux Évangéliques, et qu'il y
ait une dispute de religion entre Caroli et Farel (N" 1218, n. 3).
•^ r)'a))rès le recès de Strasbourjr du 21 mai. chaque ])nrtie devait donner
sa réponse dans les quatorze jours suivants.
' Los poincts on articles concernant Caroli et qui funMit traités dans la
conférence de Strasbourg- (14-21 mai 151o) sont reproduits en tête di' la
1543 LE CONSEIL DE METZ Al (.(»NSEIL DE STHASHOl HO. 405
ccUr \\. frilf'l ([IIP roKS eitvolotts avec cestes par escript, s()ul)si-
giié(> et soiibsci-i|)ti' (ricclliiv. l'n'ant à tant le Créatmii- (nic
à vous, lionnorablcs, cliiei-s et hoiis/aiiiys doiiit rciitliicr (!<■ vos
(Icsii's. Do Metz, ce iji-cmior jour i\v juino:, Tan 104;!.
(Suscription :) X\\\ hoini()i'a])l('s, pnulciits et saigos les Maistro
ot Conseil (le la Cité de Stras])oiii-g. nos diicrs singuliors bons
amvs.
Hciponce fie Carnhi.
Fut ri'inoiistiv l\ .Mcssciniiciirs les envoyez de Met: à la Diète des Pro-
testant fivicte à Stros-bounj le leiideiiiain de l'eiitliecnste* :
(}w'. à Fiiistigation d'aucuns spirituelz, semyt venu uiiu i)rédicant
ni)iniuô Caroli/^, blaspliéniant et vitupérant non seullenieiit les estatz
pidtestans et ceux qui ensuyvont la vraye doctrine évan,a'élic(|ue. mais
aussi le C0)ife Guillaume, les apjiellaiis liéréticques, larrons et iiiesdians.
Pour autant, teiiyr à tel le d. Caroh/, qu'il désiste d'injuryer et vitupé-
rer les d. estatz protestans et aultres qui ensuyveut la pure et sincère
évaugille; du moins permettre la dispute à Fharel contre lui/, ])onr, les
partyes ouyes, bailler à celuy qui aura tort sa desméritée jjunition.
DetFendre au d. Caroly qu"il n'ayt à ])rese]ier contre les d. estatz et
Protestans iiy l'évanfrille, ou du moins ])ermettn' la disputation estre faicte
l)ar Calrai}! et Pliarel contre luy.
Le seigneur Conte Guillnume est à la vérité averty par lettres que le
d. Caroly a presché, le mardy seconde férye de penthecoste '*", que l'on se
garde de la nation gi-rmaniiMjue et qu'elle ne cerclie fors que de trahir la
cité de Metz.
Et qu'on avoyt conuuunyé ceux qui estoyent ])our fayre la cène à Gorze,
le jour de Pasques, de jjain que le Conte Guillaume avoyt derrohlié, ajipel-
lant iceux Protestans schismaticques et liéréticques, en profèrent plusieurs
aultres i)arolles de très dangereuse conséquence.
Pour autant requièrent les ambassades et envoyés des ))rinces, du Duc
de Wuirtemherg et L((iitfjrare de Des, et des Citez Strosboury et Franc-
fort. i)our et au nom des aultres estatz et Protestans, et mesmement de la
part du d. S'' Conte Guillaume, ung lioiinorable Conseil de la cité de Metz,
vouloyr teiiyr à tel le d. Candi/ ()u"il ayt à rendre conte de toutes et clias-
Pesponce de Caroli/. incluse dans la présente lettre. Nous donnons cette
Réponse d'après la co]iie conservée aux Archives de Ceiiève. Klle a été
jiubliée dans les Calrim Opéra, t. XI. ]). ôl'î.
* Le lundi 14 mai.
^ Selon Seckendorf. 111, 100, Gaspard de lieu et Jean Niedhruvher.
députés des Evangéliqui's de Metz, se seraient plaints (en juillet) à la diète
de Smalkalden " quod sacerdotem quendam Gnllum. a Duce Aureliano,
Régis fratre (I. tilio]. missuni. in urbe liabeicnt. de pnl))ito atrocis>imè
Evangelicos criminantem. ••
'" En d'autres termes, le IH mai. ^^'W p. oô2. n. 0.
406 LE CONSEIL DE METZ AU CONSEIL DE STRASBOURG. lo4.'{
cunes semblables paroUes par luy dictes contre les estatz et Protestaiis. Et
ylz coniiiiettroyent gens suffisans de leur part, pour, les ])artyes ouyes, eu
faire selon que de droict et raison est requys.
Caroly interrogné respond au preniyer article :
Qu'il n'est venu à Metz \)iyr l'instigation d'bomnie vivant en ce monde,
mais de Dieu seullement, ayant de long temps ung ardent zèle et désir df
souteiiyr à son pouvoyr la sincérité de la foy et l'honneur de la saincte
église catholicque : et pour ce, quant il a veu estre besoing de secourir à
ceste noble cité, au péril de sa vye, c'est en icelle transporté pour eniiies-
cher, à l'ayde de Dieu, qu'elle ne fust toute infecte et déceue jiar la doc-
trine de Farel, laquelle il maintient estre faulce. Et n'a blasmé ne
vitupéré les Estatz protestaus aultrement que font les Catbolicques
mesmes dedans la Gennanye, qui sont leurs adversaires. Bien a dict et
monstre que la doctrine des docteurs protestaus est feulce, héréticque <'t
schismaticque, et s'il disoyt le contrayre, il debveroyt estre réputé mesdiant
et traistre à l'église catholicque.
Au second article, Caroly de rechef dict qu'il n'est besoing luy com-
mander de désister d'injuryer et vitupérer les dits estatz protestaus, en
tent que princes et citez impérialles ; car il ne commença jamais à Icn
vitupérer en telle qualité. Mais, à l'opposite, Caroly, pour et au nom de
toute réglise catholicque, demande que tous les docteurs protestaus effacent
de leurs livres et rétractent toutes les blasphèmes, injures et vitupères et
faulse doctrine qu'il ont depuys 25 ans escripte et preschée contre Dieu.
contre l'Évangille, contre le S. Siège apostolicque, contre nostre S. Père le
l)ape, contre les universitez et collèges des docteurs, tant trespassez que
vivantz, et générallement contre toute la S. Eglise Catholicque leur mère ;
et lors Caroly et ses adhérentz diront bien d'eux et désisteront à les
reprandre; aultrement, ne jKiurroyent selon Dieu les louer, car ce seroyt
adhérer à eux. Ya certes Caroly dict estre fort dolent et marry que tant
de nobles princes et citez, par faulse doctrine soubz couleur de pur évaii-
gille, se soyent séjjarez de l'union di^ l'église catholicque, comme clèremeiit
leur sera par les C'atholicques, en ung bon concile général, démonstré : ou
à Farel en particulyer aux lieux où le d. Caroly l'a apjiellé'^ qui sont
devant le S. Siège apostolicqite à Rome, ou devant le concile général à
Tereute, ou devant le très victorieux de Dieu couronné empereur, ou le
roy très chrestien, ou les facultés de théologie à Paris, ou à Tlioulose, ou
à Poiciiers, ou s'il n'ose aller en France, à Salamanque ou Alcala en
Espaigne, ou s'il ne veult aller si loing, à Louca'ni ou à Padoue : et s'il
dict n'avoyr point d'accès en France, Caroly se porte fort, s'il veult
venyr, de le mener devant le roy et dedans la salle de Sorbonne à Paris,
et là ce fera juste punition de celuy qui aura failly.
Au tiers, quant à la deifence requise, mes dits Seigneurs de 3Ietz res-
pondront; et dict Caroly qu'il ne presche contre, mais jouxte et selon la
pure évangille de nostre Seigneur .Thésus Christ: <'t est content Caroly que
" Voir sa lettre à P'arel du 11 mai (N" 12'M}).
15i3 UE CONSEIL DE METZ Al CONSEIL IIE STUASItOlHG. 407
Otîntii/ afCom));ii<rni' l'iiari'l î\ l'iuiii' des lieux dcssusdits, si le d. lùtrel
Sf sent iuy seul trop tnililc pour ('(irobj, coiiiiiini qu'il u'avt a])))('llé qui'
If dit Farel au coiiihat. Kt ])ourc(' que le d. lùirel ne vcult acccjjtcr
aucune des lii'ux jjroposcz et pn'sonte Meiz^^, qui n'est pas lieu ofi il ^
avt f'schoic autliciiticqiio et api)rouvét' du S. Sièfïc apostolicquc, où ou
puisse si'lou droict dis])nt<'r de la foy, [ce] qui pourroyt cheoir au araud
])réjudic'e de la doctriue et de l'église eatholicqui', Caroli/ ])our .Metz pré-
sente dedans les liuiitfs de Gernianyï- la faculté de tliéologie eu la uohlc
cité inipérialle de Colongne.
Au quart. r("s])Oud (ju'il a esté fanlcenieut eserijjt au conte Gutlkiume
touchant la nation gernianicque ; car il sçayt assez que, Dieu grâces, lu
plus grande part d'icelle noble nation gernianicqin' adhère encores à
l'église catliolicque. FA ne jiaila jamais que aucuu de la dite nation iiy
aultre entrejiriut de trahir la d. cité de 3Iefz. Cela est malicieusement
controuvé.
Au cinquiesme. respond (jue jamais ny en bien ny en mal en ses ser-
mons ne nomma ne jiar indice aucung signifia le conte Guillaume. Bien
(lict-il que la Cène qui avoyt esté faicte à Gorze n'estoyt pas légitime et
catholicque, car ceux qui se séparoyent de nous, dressantz leur table à
])art, se déclaroyent eus-mesmes scismaticques et héréticques et derroi)oyent
le pain de l'église catliolicciue ])our l'aller manger en cachette : par le pain
de l'église entendant nom [I. non] pas les biens temporelz du monastère de
Gorze, mais le corps de nostre Seigneur Jhésus Christ. Et soyent averty>
les Seigneurs ])rotestans que ceux qui ])ar deçà se fortiffient de leur puis-
sance, parlent bien aultrement de l'eucharistie que ne porte leur Confes-
sion de Aushourg et de Ratisbonne, en quoy et plusieurs aultres choses ilz
déshounorent fort les dits Seigneurs protestans.
Ati sixiesme respondent Messieurs de Metz, combien que Caroly n'ac-
ceptera jamais pour disputer la d. cité. ])onr les causes dessus-dictes.
Sioué : V. Cakoi.v.
»- Allusion à la lettre de Farel à Caroli du 21 mai (X" 1233).
'* Au-dessous, on' lit cette note de la main de Calrin : « Double de la
seconde response de Caroli. Pour Messieurs [de Genève]. » Calvin enten-
dait sans doute que la première était la lettre de déli du 1 1 mai.
408 EHRHARD SCHNEPF AL DUC CHRISTOPHE. A MONTBÉLfARD. 1543
1248
EHRHAiîi) scHNEPF * ail diic Ghrislophc, à Montbéliarcl.
De Stuttganl. 3 juin 1543.
liiipi'. en tête do Topusc. intitulé : Ecclesiasticoi'um rituiiiu ot
('îPrêiiioiiiariini diicatiis Wirtenibergonsis Régula, in usuni quo-
l'undani i)aroclioi'um germanicè nescientium... M.D.XLIII.
(Extrait)
Illusti-issimo Principi D. Cliristophoro. Duei a Wirtemberga
et Tecko, Comiti Mumi)elgarti, etc., princi])is niei Serenissimi
D. Udah'ichi ducis a Wii-temberga, etc. tilio. Domino nieo de-
nientissinio.
Insigni me gaudio atî'ecerunt litene clementia' tuic nuper ad
me datte, i)nnceps illustrissime, quibus et ecdesiasten aliquenu
tidelem et doctum til)i transmitti -, et i)rincii)is nostri illustris-
simi, |)ai*entis tui, ecdesiasticoriini rituioii et ca'remoinarKm re-
f/ultuif, sui)erioribus annis in ducatu Wirtembergensi germanica
lingua editam'. /y/ nsnni ParochoriDii fiiontii/ MtDiipeVjarti
af/entiii m, quod germatiice non sciant, lit laiinani Ji/fgnani verti
postuJasti \ Non quôd nunc primùm hoc à me exigere incipias.
Com])('rtum enim habeo, quàni crebris literis et quanta conten-
tions nobili viro Georgio ah Awe'', ecclesiasticorum negotionim
nostri ducatus et primario et diligentissimo curatori, idem extor-
quere sis conatus. Sed quôd lit(n-is clémentine tu?e, occasionem
mihi magnam, animuni meum erga tuam celsitudinem contes-
tandi, i)er(iuam commode oblatam videam. Quanciuam enim in
' Voyez, sur Ehrhard Schnepf, le t. IV, )). 11:-!, iioto 4.
■^ In jiuniôiiicr pour l'église allemande de Montbéliard. C'est |)riiiialile-
iiieiit Engelmmin qui fut choisi (N" 1265).
'* luipriin»'»' en 1530.
" A .Montl)élinrd, on parlait déjà de cette nouvelle liturgie, au mois dr
mars précédent (N" 1215).
* Schnurrer (Erlauterungen, etc., \). 17o) l'ajjpelle ./o/y/ rou Oir. I)uver-
noy (Ephémérides, p. 230) mentionne Jm)i de Oir, qui appaitenait sans
doute à la iiiêiiie famille.
1513 LK CONSEII, ItK HERNK \U IIAII.I.I l>"v VK.HDdN . 409
spccioni oxiguuni est lioc f>'(Mius officii ([uod tua' ;i nie litcra'
oxegcrunt : (iiiando tamcu tal<' l'st, (luo et Cliiisti cliiiiciitissiiin
sorvatoris iiostri gloi-ia. ratiouc ali(|iiA proiiiovcri. et umltoi-mii
saluti hoc qualicuiKiUf' otîiciolo coiisuli iKjtci'it. oxistiiiio non ex
laboris cxigiiitatc scd ex |)i-()f(>ctiis indc sciiuutiiri inagiiitiidiiic
lion injuria del)('r<» a'stiinari. Kt cani ossc niilii pcrsiiadco (Clsi-
tndinis tiui» clcmcntiani et iiiodcratioiiciu. (|na' ex aninio niagis
ad sorvionduni pronipto, (luàni ex ol)s('(|uii vilitatc opc^ras |)on-
dcraro soleat. (iaiidoo proindc uiilii. ,<2:ratulor vcrô Scrcnissinio
meo Prindpi, contigissc illi taiciii tiliinn : gratulor, iiKiiiani.
universo ducatui Wirtonibcrgeiisi. dostinatiini illiiis giibeniacu-
lis diviiiitiis taloni hei'oa. (lui ad n'li([uai-uiii virtutuin. (iiii])iis
liabiindo ornatus est cuiniduni. jjictatis ctiaui. et ivligionis
Cliristianae. t'iijiis niulto maxiina est ratio liabenda. tam ardcns
adjecit stndiura. Mactc igitur. clomcntissinic i)rinc('i)s, talit>ns
te stiidiis. giibernaculis r('i|)ubli(a'. ([iiil)iis non solùni in futu-
rum os dostinatus. scd in pai-tcni ctiani jam aliquani acccrsitns
et adniissus, pnyjiara talibns te cnris. Cliristiano princi|)c inpri-
niis dignis occupa, (inibus et tibi cœlestis nnniinis favorcni.
ducatui cui dcstinatus os, paccni et tranqui]litat(>ni, j)opulis tibi
olini niancipandis îetoruam salutcm conipararc (]ucas
Vale in cftcrnum. clcnicntissinic l'rinccps. Stutgardia'. m.
Junii. Anni m. d. xliii.
Clcnn^ntia^ tua' dcditissiuuis Erharui s Sciinkpffus
«'(•cl(>siastcs Stutirai-dianus.
1;2U
LH (ONsKii. j)K iîEiLM-; au Bailli d"Vvcrdon.
De Berne, 4 juin 1543.
Coi)i(' ancienne. Arch. dAvcrdon. ((irenus.) Docunicns relatifs
à l'histoire du Pays de \'au(l, (ienévc IslT. p. l'Ki.
I/AvoYER ET CoNSEii, HK Ukh.ne, iu)sti-(^ amiable salutation pr(''-
niise. Cher (^t féal bailli, il nous vient nouvellcnn'nt a s(;aviiir
comment aucunes gens incirdules, sous ta cliargi' et autn'>> de
410 LE CONSEIL DE NEUCHATEL A (il ILL. FAUEL, A STRASBOURG, loi']
nos officiers, on leurs pertes et adversités et aussi prospérités ou
autr(^ cas envoyés de Dieu, se vont conseiller vers les devins et
sçavans aux arts du Diable, laquelle chose grandcMuent et autant
nous desplaît qu'elle est défendue du seul Dieu. Sur ce te don-
nons charsfe exi)resse d'avertir ceux de dessous ta charge, et
défendre puhliquement. en leur chaire de la parole de Dieu, qu<'
chacun se desporte de tels enchantemens ; et si aucun par ajirès
clierche conseil vers iceux devins ou enchanteurs, faisant contre
ceste défense, que tu les doives punir comme s'ils fussent allé à
la messe, et mettre en prison les devins et enchanteurs, et d'un
chacun recouvrez dix florins, réservant toutefois de ])unir plus
griefv(Mnent iceux devins ou enchanteurs, selon la grandeur de
leur démérite. Donné à Berne, le 4 juin l.")4o.
1245
LE CONSEIL DE NEUCHATEL à Giiill. Farel. à Strasbourg.
De Neiichatel, 15 juin 1543.
Manuscrit orig. Bibl. des pasteurs de Neuchâtel. Jouas Doyve,
Annales, II, 4.S5. Calv. 0pp. XI, 567.
La grâce, pais et bonté de Dieu nostre père, par nostre Sei-
gneur Jésu-Christ. en la vertu du sainct Esperit soit à jamais
avec vous ! Amen.
Très scientilhcque nostre très cher père et hdelle pasteur en
Nostre Seigneur! Nous avons recini et veu voz lettres datées du
HT"" jour de May dernier passé', en l'an présent. Et semblable-
ment le double de certains articles ]n"eschez j)ublicquement par
ce vénérable Docteur i)ai)al, Caroli-, joinct ung double d'une
lettre de deffiance à vous envoyée ' pour la disputacion et mainte-
nance d'aucunes ])arolles par cy-davaut amenées en dispute aux
lieux de Genesve, Lausanne et de Berne. Item la lettre respou-
sive par vous sur icelle baillée*. Quant et quant, un doub](> du
despart de ]Mess" les Protestans".
* Aux N"^ 12.S9, 1240, Farel avait ajouté une lettre adressée aux magis-
trats (le Xeiicliâtel.
■■'-•'' Vi)y<'/ la seconde partie du X" 1242 et le N" 12.S0.
lo'i:{ LK CONSKII, l>K NKLCll.VTEL A Gl If.l.. FAIIKI., .V S TR.VSndllU; . U l
Le tout bion vou et ciitcndu. soiimics poiii- le premier Itien
Joyculx vt consolez de la lïraiule iiiagiiniiiinité et constaiUM» des
dicts Princes chrestiens, a|)|)ellez los/Protestans. laciuelle con-
gnoissons ostro on eulx en la vertu de Jésus, j)our la niaiiitenance
de sa saincte doctrino ot vérité évangélic(]ue : auciuel prions (pie
par sa 1)onté et infinie ijuissance les vueille pr(''sei-V(>i\ augmen-
ter et fortifier de sa grâce. Aussi avons entendu i-osfrr bon
]}0}uiement en Voèvre de Nostre Spù/neiir, par delà, et. ])ar vos
dictes letti-es, comme le dict (aroU a esté'cause d'interrompre
quelque l)on ajjpointement et traicté. ([ue les Ambassad(>urs des
dits Seigneurs ))rotestans entendoyent de faire avec les Seigtienrs
de Metz. Et mesmes comme il a esmeu Monseigneur le Conte
Gudlame par ses lettres, qu"il fust détenu, pour rendre raison
de son dire, et autres poinctz dedans contenu/ et declairez.
Or est-il certain ([ue le meschant. en ([uebiue lieu (iu"il soit,
monstre tousjours sa meschanceté, et le vertueux sa vertu, et
l'esperit de Sathan avoir continuelles guerres contre celuy de
nostre Seigneur Jésus. Toutesf'ois à la fin le Seigneur demeurera
seigneur et maistre, et rompra les astuces, finess(»s et menées de
son adversaire et de ses adhérans. De (juoy l)ien tost à Fadvan-
cement de sa gloire et édiffication de son Église le puissions
veoir 1
Ali surplus. t/oHs soiin)ies de hoiute volenté de votis assister
pour telz et semblables affaires, et surtout poar la maintenance
de rostre Ministère, saclians (pi"à tort et sans cause il blasnn^
iceluy et des autres tant vertueulx personnages nommez dédans
les dits articles. Et entendons ])ien en ])rief (avoir d(»spéchez
quelipies urgens et i)esans afïaires survenu/ par deçà*^) en user
par ])on conseil avec nos Redoubtcz Seifp/eurs de Berne, espé-
rant (pie leur[s| Magnifticences ot Seigneuries et n(ms, sel(»n
nostre pouvoir avec eux, ferons entendre* très acertes au dit
Caroli, Docteur des médisans, i\u'h tort et injustement il a i)ai-lé.
Ce néantmoings ce temjjs pendant, moyennant Tayde et faveur
des dits Princes protestans, jwursuyvez virillenuMit ' à l'affaire,
pour i*éj)rouver la doctrine et faulses accusations du dit Docteur
* Lettre de Fard du 21 mai. X" 1233.
^ Nous en avons donné nn extrait, N" 121B, note 3.
* A comparer avec la note 13 du N" 1237.
' Dans roriuinal : ririrellement.
-412 LE CONSEIL I>E N'EK.HAÏEL A Gl ILL. FAREL, A STRASBOLRd. 1543
})ai)al et do ses seml)la])les. En vous priant, si dedans le dit
temps survient choses d'im])ortance et dignes d"(>stre ai)j)our-
tées par de(;a. et niesnienKMit concernant le faict du dit CnrolL
attestées par actes deuenuMit passez. — que le nous vueillez faire
entendre, pour tousjours y adviser par bon conseil selon Texi-
gence : et le send^lable ferons envers vous.
Et, quant à Instriiyre enfans aux EscoUes et pstndes, souhz la
main de .bons et sçavans personnages, affin que qf-après ils
paissent servir au Ministère de T Érangille, v(HI la nécessité,
d'autant que la moysson est grande, y avons pourveu, en ayant
souvenance de vostre saincte inhortacion et d'autres hons person-
nages, tellement quaujourdliuy sont norris quatre enfans*, au
respect que dit est, souljz hi main de Maistre Mathurin Corde-
rius, Recteur d(^ nostre p]scoll(\ pour le conimencenient de leur
fondement, et dès sa dite main i>lus oultre (entendons les i)0ur-
suyvre.
L'Église par de(:à vous salue en Nostre S(Mgneur. av(\' désir
de lU'ier Taucteur d'icelle, qu'en brief, après la victoyre obtenue
en joye et consolation, puissiez r(>ntrer en vostre pn^stin estre,
(|u<^ nous est chose bien désirable, et (lu'il vous doiënt grâce de
puissantment prescher rÉvangille de Christ dedans les villes
desquelles avons espérance en Xostr(> Seigneur. Vous prians
nous recommaïuh^r de ])ien l)on cœur à tous les frères de par
delà, tant en général qu'en particullier. sans oblier vostre frère
Gauchier. Nous j)(>nsons bien qu(^ les Ministres du Conté vous
escripvent plus amj)lement dos. affaires, [ce] qui nous cause ne
vous faire plus longu»' lettr(\ En ])riant Dieu vous conserver en
sa garde. De Xeufchastel. c(> ];')'"■ Juing. 154:-!. i)ar les bien
vostres
Les quatre Mlmstraulx, Conseil et Comminité
DE LA VILLE l>E XeLFCHASTEL.
(S^iscription :) A ti'ès s(icntiftic(iue j)(n'Sonne Maistre (înil-
lame Farel, Docteur en saincte Théologie, nostre très cher père
et Ministre du sainct Évangille, estant à Strasbourg''.
' C'est la ])rpmièn* iiifiitioii de l"('tal)lisscinf'nt d'an atipendiidu en f.ncm-
dfs écoliers de N'eucliâtel.
" Farel a écrit an-dessous de la siis(iij)tioii : >.■ de Neutcliastel. , — Note
d'Olivier Perrot : « La ville de Neufchasti'l à W Farel, etc. ii 12. »
loi3 LES l'ASTKlKS l)K NELCHATEL A G. KAHKL. A STRASBOURG. 413
LES PASTEURS DE NEiciiATEi. à G. Farel. à Strasbourg.
De Neuchâtel, 16 juin 1543.
Inédito. Minute on.uinal»'. l)il>li<)tli('(|iio des jjastcurs
fie Neuchâtel.
(Composée par Thomas Karrarin.)
(Iratiani. saluteni et ])aceiu a Ded l^iti-e pcr I). .Iinuui Clii-is-
tuui !
Ingénies prinunn nieo ac tVatruni iioniine gratias ago, (]uôd
literis fuis^ adeô ])aternè nos monueris. ut aniniis nosti'is niliil
osse gratins ])otuerit : ([uod et sippiùs facias ]»er Cliristuni I).
rogamus et o])testamnr. nec ullani uiKiuani sci*ibendi ad nos
olilatani occasionem pnetereas. Quid ecdesi((rum deserfores, dum
tua' litei'a^ legerentur, (]uidve congregatioitum cottfemiHor- in
animis pi-eniereut. nescio: hoc tanieii scio, l)onis omnibus sym-
niystis ecclesias ( liristi ardentibus, novas anioris superadditas
tlanimas. De Curtesio [1. Corfesio] non niulta. nisi qubd sinit
Calviinin) ac nos jam esse quietos. ()|)tinie factum. ([uôd timm
wUpf/ani ^ sic percellueris {sir), ut jani inde ab hac hora s])ere-
mus futuruni attentiorem. tanietsi jani omnia ei'ant. gratia. D..
composita. Non stabit per nos quoniinus in officio contineatur.
Aid '< nos personis magis qiiàm ecrJesiis 'prosincpre, » sed si
h΀ fuisses, aliter sentires. Neiiue enim MiclutëU, cujus gratia
hcPc scribis. ulkis fuit apud nos concionandi locus. donec ordino
de])ito transacta essent omnia. Itaque miramur, (jund talia sis
de illo ])ersuasus, ut non sinas esse qnietum, sed. ciuii in i|)sis
literis ad tVatres. tuni au. Claudium Clericnm'* scril)ens. homi-
» X- 1239, 1240. l.-ttiTs du ;-!l iiimI.
'^'•' Allusion aux deux i)astiMirs vrmis du Mot/thél/tinl (Michel iJnhf et
JertH Cuiirtois), et à Chaponneau, (■(illi"'ouc de Fard dans la ville de N'eu-
t'hàtel.
* Claude Clerc, jiasteur à la Xeuveville. La lettre c^ue lui écrivit l'arel,
A la tin de mai, est perdue.
414 LES PASTEURS DE NKLCHATEL A (i. FAREL, A STRASBOURG. 1543
ncm ita porstriiigas, nunc (iui(l<Mn palàm appollans desertoreiu,
aliàs aiitcm, ne multis {juidein testibus, imô noc vol toti Moa-
helfjardo, si pro illo (luôd non talis sit, qiialcm ti])i a]i(iiiis
dclatoi" asseruit, testificai'ontur,creditiirum iinquam affirmans'\
Hîc qiiid ex nobis expcctesV an non qnod nobis fuit cstquo
conipcrtissimuni, audire! Novimus tantiim l). J(^su fanuduni. id
solum quod l'os est, andire ('U|)ere. De illo diligetdissimè tuin Idc
tnm Moiiihelgardi, omnia explorata sunt. Nihil quod ad inquisitio-
nem doctrinie ac morum ejus attinuit. milii credc, fuit ])riet('r-
niissuni. Et tamen iiihU iaiidem admisisse eu»/, eorum quœ
desertores ecclesiarum soient, )t.ohis est compertmn. Is enini. et si
pi'imulùm universo grege insalutato venit, venisse tamen illo
non spreto, certum est. Quibus ai'gumentis '? Urgebat Principis
("dictum ut exiret: instabat pro illo nemo: instal)at paulô i)Ost
dies ad exeundum dictus. Hyems ingruebat nivibus certè terri-
bilis : non inveniebatur amicus ii(>e fide nec niensa nec pecunia
conii)aratus, qui uxorem et filiolos duos curi'u veheret. Alius
liyemem ingruenteni, alius montes jam jam nivibus candidatos,
alius inclementiam eœli, alius aliud excusabant. Ita dum f rater-
cido iinlla ex illa regione auxilii sjjes affulgeret, salutatis j)rinuim
aliquot pneeipuis ecclesiœ suîf fratribus, itiveinre se apud no»
opem speravit. Erat autem dum exiit quartus hebdomadcT dies,.
nec plus erat illi in ea regione quàm dies decem, ex novi Prin-
dpis edicto, manendum. Quid multis mororV Hue veniens
nactus est ii)Sotempore amieos, qui familiam evelierent. Tandem
cum compertwn ipso referente haheremus, qnomodo exisset, jus-
sus redire, nihil excusât, cftateni, defectumque, nt scis, ensis
vulnere corpus' , sed è v(^stigio adornat per montes, unde vcMie-
rat, viam. Breviter ecclesiam totam domesticatim ac viritim,
non sin(^ (^xhortatione, ut in iide manerent. ac F^vangelio vitam
dignam vivei-ent, salutans, inde ad nos redit. ///, summa, testi-
nwniuni liabet à fratribus Classis Momhelgardensis non unum
integritatis siiœ^.
^ I*rol»altl('inf'nt L'Archer (X" 1215).
* Ces trois derniers mots ont été écrits au-dessus de credens, (juMls
devaient remplacer.
' Il avait été blessé près de Cuîli/, en 1535 (III, 421-J2o).
* C'est ])rol)ablement ici que Barharin voulait ajout<'r la plirase sui-
vante 4n"il .1 rédigée, à i)Iusieurs rej)rises, au dos de la iiiinutr : <• Kx
lo43 LES PASTEIRS DE NEl CIIAÏKL A G. I AUEL. A STIlASItOl R(!. 415
HalK's lie IVatris cxitu strictim (luidcin, scd taiiicii vci-a et
comporta omnia. Nuiu-. qitiilfechnus, qnodfadnni non oporiiùt:^
T nie ne, si adfnisses, fmtrem non in tufis H'des modo, sed vel in.
fiintn sinion récépissés^ Imb x>rœ ai'teris tu. Ergo de fratre non,
imdo profecto, t<di<i desine suspicari, oc midtô )H(i(jis loqui tic
scrihere. Dosyderas tu (luidcin niajorcm coiistaiitiam et pnidou-
tiain in illo. non injuria. Nani i|)si idcntidcm tVatrosiii co dcsv-
dorant. Mittat I). in suuni grcgcni niafjis idoiicos niultds. sed
isdeni {sir) niultos bonos misit. lioc uiliilo, (piod ctiani tutc scis,
niclioirs. Plura de hoc scribci-ciu. nisi de tua (qua ei-iia cuni te
s('ni|)t'i- vidinius affoctum) bencvolcntia vidcrcr diffidcic.
De scandalis comminiio su ni fihi cf i/ohis dolor, geinitiis, sus-
pirin. Hîc hebdomadanus'. si non quod vclini, salteni (juod
bona fide possuni, ago. Joannem Roiu/eotunt chirui'^uni '° unà
cuni uxoro ])Ostis abstulit Geneva'. Si quod Arcfentimi' conclu-
suni est scripsissont Argenfinenses, aut ex iis saltoni ali(]ui, vol
cortè Metenses i|)si. major scriptis fidos habita fuissot. Nani
civilia hfpr esso dicunt. Prengini(s^\ (jui saltoni do facio vidotur
ot Yorbo I). ot nobis bono atfoctus, molesté quôd ad se non
scripseris, tulit. Proind(> fac brcvi scribas, et ubi vel minima sese
otferet occasio. Ohtinuinms tandem à cirihns piieros stipendia-
rios qiiatnor, qui of/iint citm Corderio. Frigidaet congelata isto-
rum'"- pectora Dominus; su.e charitatis igné calefacit. Salutat te
tua charissinia ecch^sia plurimùm. Ejus nomine Ulriciis^'^ ad te
seriliit. Eam quàm citissimè revisas, oves et filios quos Christo
illorum oro Gaspar \^('(irmeli(s^ jtriniùui, «nuhIciii nli ("lusaiii missiis à
iiobis Momhelgardum, ac rnrsus pnst aliqiiod tem])oris iiitcrvalliiin, c.iio et
Gaspiir, ('xc('j)iiiuis, non tantnni aiirilms liausinms, ti-stiinoiiiuin l)onnin
|scil. de Michaële], sod et manibus scriptinn, unis quidcin litciisad fratrcs,
altcris ad 3Iicha[€lein] missis, accopimus. »
® C'est-à-dire : C'est moi qui suis chargé, à Neuchâtci, des t'oiictions de
la soniaino.
'" On peut, avec quelque vraisemblance, l'identiticT avec le cbirurcien
■/ffui Hoatjier (N'" 1235, renv. de n. 7; 123(), renv. de n. \).
'^ Georgex de Mire, seigneur de l'rangins et gouverneur du comté de
Neuchâtel (Cf. t. VII, j). .S77-7S, n. 11).
'■'' Il avait d'abord écrit : « Glaciem istorum boniinuiii coiigelatam,
immenso diaritatis calore.... »
" Le maître-bourgeois Gu/llaume Honj (.^), que l'on appelait aussi
Hounj, par une altération de l'ancien nom Ulric.
416 LE CONSEIL DE GENÈVE Al CONSEIL DE BALE. lo'l3
goniiisti visitatunis, quoruni pater et i)astoi' sis pcrpctuus,
obnixè dosidero, ut ctiam ex promissis tcneris. Tua famUia^''
roctè valet: nostra etiam, quœ Israële^' une aucta est. Ips» te
pluriniùm saliitaiit. Sijmmystie omîtes l)one habent teque salu-
tant in Domino. Tvisenes^^, pr<Tter cteteros, œgroti et valet udi-
narii te salutant et precantur Evangelii successum. Pergimus
paciticè et fainiliariter vivere, angetur charitas et concordia.
Premitnr Sathana gratia D. Dominus te in gloriani suam et
ecclesiarum suarum œdificationein conservet. Mémento nostrî in
orationibus tuis sanctis. Saluta Gauclierium comi)ati'ein nnuim.
Vale.
Pefremandus^' et caeteri hujns generis omnes te cum Grm-
clierio resalutant. MiraMUs^* abest. Clarissimum D. Joannem
Sturmiwu, prieceptorem meum semi)er in I). observandum. cum
Symmistis omnibus meo et fratrum omnium nomine diligenter
sahit(^s velim. Xeocomi. 10 Junii 1543.
Tuus in T). iilius Thomas P)Arbarinus,
suo et Irati'um nomine.
(Inscrixifio :) Quàm charissimo Patri et Symmysta' Guilhcrino
Farello, tidelissimo \'erbi D(m ministro ac e(rl(si;e NcoeoiniMisis
pastori vigilantissimo. Aigentinte.
1247
LE CONSEIL DE GENÈVE ait Conseil de Haie.
De Genève. 18 juin 1543.
Inédite. Manuscrit original. Archives de Bâle.
Magnifficques, ])uyssans et très redoubtés Seignieurs, de bon
cucur à vous bonnes grâces nous nous recomandons,
" C'était proprement la famille des frères de Guill. Farel. Gaspard
Cwmel en était membre ou w devait pas tarder à l'être. Il épousa, dans
la seconde moitié de l'année 1543, Catherine Farel, nièce du Réformateur.
'° Barhnrin jiarle ici de son j)ro])r<' tils.
'•^ Voyez, sur ces vieillards, que Farel prenait i)laisir à visiter, la lettre
de celui-ci du 21 avril 1544.
" Membre d'une famille qui existe eiu'ore à Neucliâtel.
'^ Jean MerreiUeux. en allemand Wnnâerlieh.
1543 LK CO.NSKIL DK GENÈVE Al CONSEIL DE HAI.E. 417
Magiiiftic(iii(>s 8(Mgnioui-s. nous liavons estez advertis j)ai-
maystre Jehan Calvin, iiostre presclieiir, que Caroli faict fous
scandaUes qu'il peult à 2Iefz\ ponr efipêcher ou,im}(r le moinrjs,
retarder l'Erangille, et i)ar espécial (ju'il a gi'iefvenient diffamé
e\\ la chaire maystre Gailli((ame Farel, maystre Pierre Viret et
luy, jusques à leur imi)Oser (iu"il/ rciionccut (juc -Iliésus-Clirist
>ioit Dieu, sans niesme espargncr personne, ne Seignieurie (pu'
vive selon la parolle de Dieu, en les nommant laucteurs d'héi'i-
tiques. Sur cella le dict Calrin. nous a remonstré (pi'il seroit
expédient, az son advis, (pi'il IVist ung voyage jiar delii. pour
respondi'c au dict Caroli à ses inutiles jjarollcs et mcssonges. et
j)ar ce moyen oster le scandallc qu'il a faict: (pie aussi Dieu,
peult-estre, luy donneroit le moyen d'entrer on dis|)ut(>, quil
[1. ce qui] seroit pour advancer merveilleusement la parolle de
Dieu. Et ainsi, i)our ces raysons et aultres quMl vous i)ourra dire,
il nous a prié luy permettre de faire ung voyage jusques là.
l)0ur tenter s'il ])Ourra aulcunement servir à Dieu. Touchant du
moyen d'estre ouy, il espère que Messieurs les Protestans et
l)rincipalement les Seignieurs de Sirahourg luy ])Ourront faire
havoier jour, ce qui en a desjà esté pronuncé-.
Quant est de nostre ])art. nous avons hien trouvé cella Ijon.
Et ponr aultant que havons estes advertis que Maystre Pierre
Yiret, ayant obtenu congé de la Seignieurie de Berne, désire
^ Registre du Conseil de Genève du samedi IG Juin : <• A esté apportée
[par M'' Pierre Viref] une lectre de M" Guillaume Farel prédiea.nt, de
Estrabourg, concernant Tatiaire de ceulx de la ville de Mex en Lorraine,
et aussy de la contradicion de Caroli/... médisant des rainisti'es de la
parolle de Dieu... Sur quoy... a esté advisé de a])peller le Conseilz à deux
heures après mydi, poiir ouyr le d. M" Pierre sur ce qui[l] vouldra ])roi)()-
ser toueliant \o d. affaire. » — « 11! Juin. M*' P. Vj/ret... a monstre et i)ré-
senté une missive envoyée par M" G. Farel, et en oultre a exj)Osé comment
à Metz... Pierre Caroli/ presche contre le sainct Evangille et en cliière
blasme grandement nous ministres, les nommant qu'il ne sont que héré-
tiques, et ({ue il les veult maientenyr tel[s]. Sur quoy résoluz d'en escripre...
A Berne, Strabourg et à Metz, et soyt envoyé, avecque ung héraulx,
M. Calvin vers telles seigneuries, avecque lectres missives, affin si l'on ]ieult
obtenyr disj)Utf' au d. Meft. qu'il soyt là pour n-spondre. Ce que de Ixiii
cueur c'est offert de fère. »
Le lundi 18, l'envoi de Calrin à Metz est de nouveau décidé, ft If^
susdites lettres missives sont <- lisues »> et trouvées <■ agréaliles. «
'^ Voyez le N" 1218, Un de la note 3.
T. VIII. 27
418 CHRISTOPHE FABRI A GUILLAUME FAREL, A METZ. lo43
graiideiiient aller jiisquos au dict Metz avecque le d. maystre
Calvin, et affin aussi que riionneur et la gloyre de Dieu fust de
mieulx eu uiieulx augmenter, havons bien voulsu advertir ^'ous
Excellences, pour sus cest atiere nous donner vostre bon conseyl
et advis. Cart comme nous desirons de ne i)oinct detïaillir où
Xostre Soignieur donneroit quelque moyen de ])rouititer à Fad-
vancement de sa Parolle, aussi ne nous voulons-nous pas ingérer
sans cause, mais avec bonne discrétion en faire aultant qu'il est
expédient : ce que vous pouvés beaucoupt mieulx considérer que
nous. Et, sur ce, prions Dieu qu'il vous doinbt, magnifticques,
j)uyssans et très redoubtés Seignieurs, bonne prospérité. De
Genève, ce 18 Jugnii ' 1543.
Les tous vostres bons amys
LES SCINDICQUES ET CONSEYL DE GeNÈVE.
(SiiscriptioH :) Aux jMagnifficques, puyssans et très redoubtés
Seignieurs, Messieurs le bourguemaystre et Conseyl de Basle,
nous grans, spéciaulx, singuliers et très cliiers amys.
1248
CHRISTOPHE FABRI à Guillaume Farel, à Metz.
DeThonon, 20juin 1543.
Inédite. Autog. Collection Lutterotli. Bibl. du Protestantisme.
Copie communiquée par M. Théophile Dufour.
S. Os et sapientiam cum omni i)arrhesia per illud nomen quocl
est sujji'a omne nomen, in quo, velut inexpugnabili turri soli-
doque fundamento, adversùs omnes Sathanae et angelorum ejus
astutias et conatus triumphetis, ut tenebrarum princeps soli
justiti^e nunc splendidè illucescenti tenebrasque omnes sibi ob-
vias discussienti tandem cïedat ! Fratrem hune pium, è faucibus
lu])oruin mira Dei providentia ereptum', Do.[minis\ Bern.[eu'
sihus] novissimè ohtulimus, ut Lausannai sacris incumbentem
^ Le même jour, Genève lit écrire au (Jonseil de Strasbourg nue lettre
latine, qui est imprimée dans les Calv. 0pp. XI, 569.
1543 ciiiusToriiE farui a glillai.me farkl, a mktz. 419
|)('r aliquot moiisos ipsuni tovcrc (li,Q:na]'(Mitur. niiiiinim EccIosùl'
tandem iisni fiitiiniui. ciim à 4 aiit 5 ])i-()])is tVatribus classis
nostra' l)()iiiuii liahcrct testiiiioniinivciii suljsci'ibcntcs lioniincni
i-oniiinniil»us litteris (luàni acciii'atissiiuè commendavimus. scd
incassuin. Prhiiiis quideni fuit qnem communi elogio comnicii-
davimiis, vereor ne et postremus sit, quod nihil (>xorav(M'innis.
Prol)ato hoiniiK'iu miiu Pk'clcsiœ utilis vidoatiu'. Multis (luidciu
arguiiientis conati siumiseiim rctiiicrc iit liypodidascali luiincrc
^\\\) Claudio nostro- fungerctui'. à (|ii() id' iiiipctraniin : verùni
tanto istnc fertur desidcrio, ut so vcl oiiiiiilms fcrè humanis
aiixiliis destitutuiu, (lua'cuiKiuo pcricula su])iiv paratissiiuuiii
affirmot, modo istius ecclesiœ reformationem et mi/dsterii Christi
novam praxim videro possit. Hoc enim ipsi maxime est in votis :
«imim ob rom jiixta ecclcsiae necessitatem ejus porsoiiain \<)])is
commendo, si iitrique paritor considère licuerit. Si)ero enim
aliqiia in parte non inutilcm futurum, qnantîim ex pio ejus desi-
derio et candore conjicio.
Fusiiis ad te scribere decreveram, (Tulielme milii in Domino
colendissime, ut quod liactenus à me hac in parte peccatum est
utcunque resarciretur; verùm nequ(^ lias tumultuariè scrijitas
transcribere licuit, ita stupidus paucis (sed meis imjjaribus hu-
mcTis) ferè obruor negociis. Sed apud patrem nulla niihi oi)Us
est protestatione. Vale, salutato C(dvino, Vireto ac reliquis quot-
quot admirandum istud opus aggrediuntur, quos ])rceci])us nos
juvare posse multùm gaudemus, et ut membra vestra sjjiritua-
liter colligantia coo])erari pergemus sub capite nostro, nol)is
omnia abundè suppeditaturo. Tononii raj)tim, dum ad navim
acceleraret, 20 Junii 1543,
Tuus ])erp(>tu() futurus
ChRISTOPH. LntERTINUS.
(Inscriptio :) Fidcli Christi servo (iulichnc Farello, fratri et
amico int(>gerrimo. Methis '.
' Personnage inconnu.
■2 Principal de l'École de Thonon.
s On sait que Fan-l n"rtait ]ilus à Met.:, mais à Sfras/jourfj.
420 PIERRE TOISSAIX A GLILLAIME FAREL A STRASBOURG]. ioi3
1249
PIERRE TOUSSAix à Guillaume Farel [à Strasbourg^.
De Montbéliard, 25 juin 1543.
Inédite. Autographe. Bibliothèque des . pasteurs de Neuchâtd.
S. Eece])i nuper literas tuas, frater mi in Domino Jesu dilec-
tissime, q[uibus j^e^zs àj me, itt primo quoque tempore Meiini
Ijroficiscar, qnbd nos ilîic C[aroJus] troducat et hifamet. Id quod
tibi minime miruni videri débet, quum [hîc] quoque graviora
audire necesse habeam. Nam veaerat hue imucis supra diehus
doctor quidam Italus^, homo vater ac callidus, ad turbasque et
seditiones natus, Csesaris et alioriim quorundam Friitcipuni
literis munitus, sperans von solùm [P7inci2Jem?] Me nostrum,
sed etiam universnm oppâdi Imjus ae ditionis populum, posse se,
ut [videtur], ad Papismum reducere, missamque statim et idola
restituere. Quocum bis, me a[d hocj à fratribus electo, multis
])r?esentibus dis])utatum est à prandio ad eœnam usque, illo
tantùm non insaniente. Et ubi secundo die videret se destitutuni
Scrij)tura ac defensione justa, tantùmque blas))li(miias ac hor-
renda convicia non in nos solùm, sed etiam in religionem
Principesque ac Magistratus omnes Evangelicos, Duce uostro
Cliristophoro aiidiente, evomeret, contra nostram vohmtatem
j)0stndie dimissus est, quanquam non procul seeesserit. Et sunt
qui putant brevi rediturum, et a Bavaris^ hue missum esse ad
alienandum Princi])em nostrum et suos à religione. Ut nesciam
quô me vertam.
Essem fartasse Métis non inutilis, si tanien usquam utilis essi^
possum, sed contra video quàm Me vacillent onuiia, quantùnique
lahoret Satan ad turhandam liane eccJesiam. Prsecor ut Dominus
Deus nobis semper det ea velle et i)erticere quie novit ad gloriam
* Le nom de ce docteur italien n'est jins parvenu jusqu'à nous. Duvor-
noy (Ej)hémérides) ne fait aucune mention de sa présence à Montbéliard.
^ I.es ducs de Bavière étaient les frères de Sabine, mère du duc Cliris-
toi)lie.
lo43 GUILLAL.MK FAUEL A l'IEURE CAIIÛLI. A METZ. 421
suam portinore. Boiio valo, tVator et aniicc iii Christo Jesu cliare
ot ol>sorvan(le. facqiu» moi j)ri-])otu5 miMuor sis in tuis ad Doini-
mim {larcibus, otfratrem inilii diligcutcr ot ainicè saluta. Er/o in
(lies ex^jecto ut me titis literis Métis scri2)tis exhilares. Id (|iiod
nobisbrovi concédât Dominus Deiis, toque semper sil)i saimiii et
iiicolumoin sorvot, Itonim valc, frator mi ot aiiiico mi charis-
sime. ]\Ionbolgardi, postridio Joannis 154M.
TuilS P. TUSSANLS.
(Inscriptio :) A Maisti'o Guillainm* Fard, mon très clicr frère
ot amv.
1250
GUILLAUME FAREL à Pierre Garoli, à Metz.
De Strasbourg, :25 juin 1543.
La seconde Epistro eniioyée au Docteur Pierre Caroly i)ar Guil-
laume Farel, Prescheur de l'Euangile. A Genève, par lehan
Gixard. 1543 '. Calv. Op)). XI, 572.
Le Père de toute miséricorde, qui pour nous a donné son très
cher Filz, par son sainct Esprit illumine les entondomens et
inspire les cueurs, les renouvellant, pour cheminer selon sa
saincte Parollo, par vraye ot vive Foy ouvrante jjar charité!
Avoir receu tes lettres ^ telles comme chascun les lisant les
peut cougnoistre, soubdain je te respondiz^ Et semble bien
qu'avant que tu eusses receu mes lettres, (jne tu en dousses
avoir roscrit d'autres, tant ostois chaut, ^lais depuis je n'ay i-ien
entendu do toy : fors un de ces jours, que Messieurs du Conseil
de ceste ville m'ont communiqué, de leur grâce, un escrit de ta
main * : auquel il semble que tu as mis de l'eauc en ton vin, et
no te monstres tant aliéiu' frentondement comme (>n tes b^ttn^s.
■ * Cet opuscule se compose de seize feuillets, très petit in-8", saus pagina-
tion ni foliotation.
»:' N"^ 1230, 1283.
* C'est la Réponse de Caroli aux Articifs des ])riiires jirotestants (Cf.
l'appendice du X'' 1242j.
422 GUILLAUME FAREL A PIERRE CAROLI. A METZ. 1343
Mais, tout au fort, si est la chose tellement couchée, que celuy
qui a quelque jugement voit bien de quel esprit tu es mené.
Je t'avoye prié au Nom de nostre Seigneur, de regarder à toy.
et de ne faire sy ])ovrement contre ta conscience, en bataillant
contre nostre Seigneur : car tout ce que tu fais sera en vain, et
tout viendra en ta ruyne et de tes adhérans. Mais ne te mons-
trant sy ouvertement estre hors du sens, tu parles plus froide-
ment contre Dieu, et plus luy fais d'injure. Tu dis qu'il n'y a
mitre que Dieu, à l'instigation duquel tu soys venu à Metz : et
ce pour un zèle que tu as eu de maintenir la Foy et l'iionrmir de
V Eglise catholique. Il set^oitjà temps de laisser telles moqueries
et de soy jouer ainsi de Dieu : devant lequel je ])renz ta proi)re
conscience en tesmoing, que tu sçais autrement que tu ne dis, et
Dieu le manifestera à tous : et en rendras gorge, de ce que, par
perverse instigation et mené de toute maudicte aiïection, tu es
venu contre Dieu à Metz, pour faire (comme nostre Seigneur a
dict à tes patriarches) les œuvres de ton père, qui est menteur,
en la ruyne de la vraye Église de Jésus : et tu oses dire que
Dieu t'a incité pour empescher la saincte doctrine que je porte V
Combien de fois as-tu confessé que la doctrine que je porte est
bonne et saincte, mais qu'elle n'estait ternie? Tu sçais et congnois
que je chemine et vay en la charge que Dieu m'a donnée et
commise, en telle sorte et de telle affection, que j'aymeroye trop
mieux mourir, voyre de mille mortz, que de ])roposer au peuple
rachetté du sang i)récieux de Jésus, chose qui ne fût de Dieu l't
contenue es sainctes Escritures, lesquelles, comme dit le sainct
Apostre, sont utiles pour enseigner, coii'iger, (>tc. Et bien [tu]
2)eus avoir souvenance des prières et des imxwécations faictes à
la dispuiation de Genève'^ : où toy parlant, comme celuy qui as
esté tousjours an grand glorieux, là ott l'on te recommandait
l'honneur de Dieu et le salut des âmes, tu disoys : « Je veux
qu'on sache qu'on a parlé à un homme savant : » ayant plus d'af-
fection de te monstrer, que d'édifier les âmes, pour lesquelles
Jésus, non seulement a esté tenu pour fol, mais est mort d'une
très griefve, très hontcnise et très amère mort : où tu as là
s Elle eut lieu (lu 30 mai au 24 juin 1535. Voyez uotro t. III, p. 294.
295. — Tliéoi)hilc Dufour. Vu ojjuscule inédit de Farci. Lo résumé d<>s
Actes de la Dispute de Riv(>. Genève, 1885 (Mémoires et Doc, publiés i)ar
la Soc. d'Hist. de Genève, t. XXII j.
1343 GUILLAUME FARKL A PIERRE (AHULl, A METZ. 423
monstre ce à quoy tu os à la tiii devenu. Cm- avoir tout approuvé ,
comme chose de Dieu bonne et saincte, 2)onr plaire aux Clia-
noynes, et pour ce qu'on t'en envojjoif^ (tu s(;ais que je diz). de
tout ton povoir, voij7'ejusques à faire du fol, tu as bataillé ouver-
tement et en amertume contre ce que desjà tu avoys congneu estre
vrai/. Réduys un peu en mémoyre les choses, et me 7-eprens de
mensonge, si tu peus. Or maintenant, ce que tu as confessé, comme
il est, estre vray, comme iin roseau ployant à tous vens, tu dis
estre faux.
Le Seigneur Dieu et Père ([ui m'a envoyé pour ])resclier
Jésus-Christ son seul Filz, vray Dieu éternel, éternellement
engendré du Père, et vray homme, conceu du sainct Esprit et
nay de la vierge Marie, et qui m'a assisté par le sainct Es])rit.
vray Dieu avec le Père et le Filz, desqu(>lz il j)rocède éternel-
lement, face par sa saincte grâce, que par ses bonnes créatures
et par les moyens qu'il a donnez, tu soys conti-einct de rendre
raison de ce que tant meschamment tu dis : et que tes iniquitez
et faulsetez, et horribles blas]}hèmes de tous soyent congneues
estre telles comme elles sont : et que tous s'en gardent, et que
tu apprennes de plus ne blasphémer. Mais convaincu, au lieu
où tu as osé si povrement condamner ce que toy et tous doyvent
ténlPpour sainct et de Dieu, et tel le maintenir jusques à la
mort, et [où tuj as approuvé ce que tous doyvent répi'ouver ot
condamner, et plustost mourir qu'y consentir, — tu donnes
gloire à Dieu, confessant ta faute, en l'édification de tous! Ou
s'il ne hiy i)laît ainsi, (ju'il veuille tyrer la cause à soy, comme
celuy qui de tel crime faict et commis contre celuy (ju'il a
envoyé, Jésus-Christ, comme il a dict qu'il en faira la vengcanci'.
Car l'homme, combien ([u'il soit ordonné icy d(^ Dieu, ne pour-
roit faire tel Jugement comme il a])partient, ne la i)unition
requise.
S'il est ainsi donc, devant Dieu, nostre sainct Père, devant son
siège de toute équité, je me proster)ie, et reqîder Justice contre
toy de l'injure et oultrage que tu fais à mon sainct ministère: et
si luy supplie, qu'il ayt en mémoire tout le désir et l'affection
qu'il m'a donnée, et de laquelle il m'a poulsé pour servir au
* Pour fucouragi'i- ( aroli, les c-liaiioiiics de (icnèvc lui t'iivoyaiciit ilii vin
(Cf. Calv. Epp. et Resp. 1575, p. 59).
424 GLILLAIME FAREL A PIERRE CAROLl, A METZ. 1343
Royaume, à lliouiieiir et à la gloire de Jésus, nosire bon Sati^
reur : en-tant que je n'ay autre cliose cerclié ne denuindé qu'iceller
et le bien des povres âmes. Que toutes les parolles que j'ay dictes
en son lionneur et gloire, nionstrant la povreté et la misère de
riiomme, mort ])ar péché, et qui ne peut autre chose que mal^
et la justice, saincteté, pureté, innocence, le bien et salut qui est
en Jésus, en la mort et passion qu"il a endurée pour nous, au
sang précieux qu'il a cspandu pour nous, en la rémission et pur-
gation de noz péchez : et tout ce qu(> j'ay proposé de ce bon
Pasteur Jésus, souverain Roy et souverain Sacrificateur, afin
que toutes âmes luy facent hommage et Tadorent, en se mettant
et recourant à sa protection et sauvegarde, comme souz celuy
qui seul ])eut sauver son peuple : et afin qu'au seul sacrifice
qu'il a faict une foys, parfaict et consommé, tous s'arrestent par
vraye et vive Foy, croyans que ce grand et souverain Roy et
Sacrificateur est mort pour noz péchez, et est ressuscité pour
nostre justification, ne cerchans en autre salut, bien, ne vie
qu'au seul Sauveur : et comme j'ay monstre l'ottroy et présen-
tation de ces grans biens et grâces, qui nous sont données en
Jésus et par Jésus, par la saincte prédication du sainct Évan-
gile, et le droit usage de la Parolh^ et des sainctz Sacremens,
esquelz nostre Seigneur par sa grâce et en grande vertu ouvre
es siens, qui les reçoivent comme il appartient : et singulière-
ment o\\ la saincte Cène de Jésus, en laquelle vrayement il
nourrist noz âmes de son vray et propre corps et sang, qu'il a
exposé à la mort pour nous : tout ce que j'ay dict des biens et
grâces qu'avons de Jésus, et de ce qu'il a faict pour nous, afin
d'inciter tous à servir, aymer et honnorer ce bon Sauveur, et
pour l'amour de luy travailler au bien et salut du prochain, luy
aydant en tout et par tout, comme Dieu nous en donne la grâce,
nous gardant bien de l'induire à mal, et de le mesj)i'iser, pour
lequel Jésus est mort : et non seulement ce que j'ay travaillé, par
la grâce du Seigneur, de cueur entier, ne demandant autre que
son lionneur et gloire et la restauration de son Église, ne m'es-
pargnant à personne, mais comme estant attenu et redevable à
tous, me recongnoissant, comme en souspirs aujourd'huy me
recongnois, serviteur inutile, regardant ce qui reste à faire.
ayant grande angoisse en mon cueur des povres brel)is (jui sont
ainsi esgarées sans j)asteur, et de celles (lui confessent Jésus, qui
lo43 (iLlLLAlMK KAUKI. A l'IKHHK CAKULI, A MVA'l.. 425
lie clioiiiiiient coinnio il faut, — que tout ce vienne devant Dieu,
rmij et juste Juge. Et aussi ce que j aij faict envers toij, et la
diUge)ice et peine qu ai/ prinse pour tc^g, pour procurer ton hien
et salut, dopuis le coiuiiiciiccinent ([ue t'ay supplié, au Nom du
Seigneur Jésus, de t'eiiii)lover et jiar vie et ])ar doetrinc à l'édi-
ticatioii de tous, à cerchcr ce (|ui est de Dieu, et au vray i-ciioii-
eeiiient de toy : iiiesiii(>s tout ci' ([uCu iiarticulicr en prières k
nostre Seigneur pour toy. rt avec toy. et i)ar autres, en tous
inoyens j'ay travaillé à ton bien et salut, ne dcniandant autre
chose que ton amendement, et (pie tu sei'visses grandement à
riioimeur et gloire de Dieu, — tout vienne en mémoire devant
la Majesté très haidte de Dieu nostre Père. Et semhlahlement
tout ce que tu as faict et dict, depuis que tu as coinnKMicé pour
happer quelcjne cross(^ ou mitre, voyant que par le moyen de
l)arler de l'Évangile, il y avoit quelque entrée : tout ton orgueil,
toute ton ambition, toutes tes brigues, toutes tes noyses, tous
tes (esclandres, paillardises faictes, et non faictes, desquelles tu
fes vanté (car ne croy que Dieu ayt tant délaissé les i)erson-
nages de qui tu as j^arlé, d'estre telz comme tu l(^s as dict (stre),
tout le sang qui a esté jiar ton iniquité espandu, tout ce que tu
as faiet-en France, et de])uis es Églises de par-dec;à, tous les
crimes que tu as tasché d'imposer aux serviteurs de Dieu, totit
ce que tu as dict et faict es Églises réformées chrestiennement,
pour ton honneur et ta gloire, cercJiant à proposer choses nou-
velles : toutes tes inventions et machinations, pour rugner le
sainct édifice que Jésus avoit faict par ses serviteurs : les'hlas-
plièmes et juremens que tu as faictz de rugner les Eglises, en,
sautant comme un enragé, viennent devant Dieu le grand Juge,
et rien de tout ce que tu as faict et dict depuis que tu es entré aux
Eglises où l'Évangile est prescJié, ne soit en ouhlg devant Dieu.
Mais toutes les injures et tous les outrag(^s que tu as dictz et
faictz contre les Églises de iiostn» Seigiunir. et contre la pure
doctrine de l'Évangile, contre les saiiictes ordoiinanc(N de
Jésus, et singuli<'rement ce que tu n"as esté scnilement infidèle,
renonceant la Foy sy misérablement : mais as encore délaissé le
soing et cure des tiens, et as condamné 1(> sainct mariage, duquel,
!)Ovre misérable, tu n'estoys digne : et as esté sy cruel et sy
inhumain, sy infect, sy exécrabl(\ que tuas mieux ayiiié iTJetter
ta povre femnu^ Laquelle, pensant avoir prins un serviteur de
A26 GlILLAmiE FAREL A PIERRE CAROLI, A METZ. 1543
Dieu, qui houuorast le sainct mariage, et ainsi estre femme d'ice-
luy qui doit avoir sa maison en grande honnesteté, comme tu
le sçais bien : et avoir eu lignée d'icelle, a esté sy nieschamment
par toy abusée. Car par deux fois tu as confessé, qu'elle ne
povoit estre ta femme : et par-ainsi dis et veus qu'on tienne que
tes enfans ne sont légitimes, et que ta femme est une ril)aude.
0 cruel putier. Si tu vouloys ])ail]arder et estre tenu tel, que ne
to tenoys-tu aux l)ourdeaux du PapeV Et puis que tu avoys
commencé ainsi en iceux. que n"as-tu eu honte de t'en vanter V
Poiirquoy ne t'es-tu tenu en tel estât, sans venir à l'honnesteté
du sainct mariage, pour le délaisser et puis l'appeller une pail-
lardise? Si tu eusses paillarde là où tu as esté marié, on ne l'eust
souffert : mais toy et la paillarde eussiez entré en prison. Te
faut-il ainsi abuser souz l'ombre du mariage les povres filles,
toy ancien docteur, et ayant l'office de Pasteur?
Le vray et juste Juge ayt esgard à la liayiie que tu as pour
V amitié que on t'a portée : au tuai que tu as tasché de faire et
tascJies de présent, au lieu du bien qu'on a tasché de te faire, et
qu'on voudroit de j^résent qui t'advinst, en Vlionneiir de Dieu et
édification de l'Église. Et si tu ne désistes de blasphémer les
droitz chemins de nostre Seigneur, et ce qu'il fait par les siens,
et ne cesses d'empescher la saincte prédication, et de retirer ceux
que tu abuses, en confessant ta faute, comme tu doys : le Sei-
gneur très haut, très juste et très puissant, qui voit, sçait et
congnoit tout, juge son juste Jugement : me rendant selon ma
justice, innocence, droiture et la rondeur de mon cueur, et selon
que j'ay marché en son œuvre et ce que j'ay demandé et désiré :
et à toy selon ton injustice, iniquité, perversité et mauvaistié de
ton cueur, comme tu as besoigné et es allé es choses de Dieu, et
selon tes misérables machinations et affections décevables : telle-
ment que tout soit amené on Jugement, et que de tout tu sentes
jugement et la droicte Main de Dieu. Et moy et tous fidèles,
sentions l'ayde et consolation de nostre bon Père et protecteur,
et l'œuvre de sa main. ])our l'exaltation du Royaume de Jésus.
Auquel ayans nostre tiance, et par luy invoquans le Père, et
requérans mercy et ])ardon, asseurez de sa grâce et du désir et
affection qu'il nous donne de vouloir le bien et de hayr le mal,
de nous exposer pour l'Évangile : osons par la grâce de Jésus et
ce qu'il fait en nous, appeller le Jugement du Père entre nous
1343 (iUILLAUMK FAREL A l'IKURE CARoi.l. A METZ. 427
et noz adversaires, (jui eontre leur conscience l)ataiil('nt rt
viennent contre nous, ])our destruyre ce (jue Dieu a donné es
siens et qu'il fait en icenx. ^
Pense à cecy, mon a»)// CaroJi : jr ne veiix fa perditioi/ . nninnr
estant ta perdition, ne regardant autre que toy. Car je \\vr\\/.
Dieu à t(^snioing\ (jue si je n'avoyc^ autri^ esgard (ju'à ta personne,
de l)on cuenr donneroye de mon sang pour toy, et, comme desjà
ay prié, j(> i)rieroyo pour ta conservation. M((is je désire que ht
doctrine de nostre Seigneur ne soit hiasmée : ce que tu f(ûs, et
non par ignorance. Je ne veux que le povre peuple soit séduict ,
lequel (comme font les questains ', saclians l)ien (pfilz mentent,
parlans de leurs reliques, foin et os) tu repais de mensonges, \re\
qui nie contreint de demander à Dieu qu'il ne souffre telles
injures estrefaictes à son sainct Nom, et telle povreté estre com-
mise contre sa saincte vérité. Et suis certain qne Dieu m'ougra.
et que, si tu ne te retournes, en hiief sentiras la Main de Dieu.
Et au lieu de dire : « Dieu m'a conduict à Metz, » tu maudiras
ceux qui jamais te parlèrent cVg venir : et diras ({ue le diable t"y
a bien amené, et que ])ar luy tu y es venu : et ceux (pii s'esjouys-
sent en toy, ilz maudiront l'heure que jamais on i)ar]a de toy.
et qu(^ jamais ilz te veirent et te laissèrent parler. Povre misé-
rable personne, faut-il que ton cuenr soit ainsi endurcy contre
ton Di(>u, contre ton Seigneur, ton Sauveur, contre ton salut,
pour gaster et p(n'vertir tout? Ta liayne te transporte-elle telle-
ment, que tu ne regardes à autre chose qu'empescher ceux à (pii
tu portes hayne?
S'il est vrag, comme j'ag entendu, tu as presché que je su//s h-
plus gr< oui lu'rétique qui fust juinais. Pleust au Seigneur Jésus
queje'X)eusse si vragement dire de iog, que tu es le plus fidèle et
meilleur serviteur de Dieu qui fut onc, ])onr-veu qu(^ les autres
n'eussent rien moins de fidélité et dons de Dieu qn'ilz ont :
comme faulsement tu dis de moy (pi(\je suis le j)ire. Prens-tu sy
grand i)laisir à mentir y Quand tog et autres seriez mes plus
grans ennemis, je ne vondroge pourtant dire <(utrement qu'il ne
va. De dire que tog ng les Papistes parlez mal de la Trinité, ne
de la vraye union, qui e.st entre les deux natures divine et humaine
en Jésus-Christ, vrag Dieu et vrag homme, je ne le voudroge
^ Quêteurs ou inoiiics mcncliants.
428 GLILLALME FAREL A PIERRE CAROLl, A METZ. 1543
(lire : ny aussi d'aucune chose qui soit dicte et tenue selon la
vérité. Mais en ce que vous magnifiez le Pape et ses ordonnances,
en-tant qu'il usurpe et s'eslève contre Dieu, et qu'il annéantit
l'efficace du sang de Jésus, et le mérite et vertu de sa mort et pas-
sion, faisant cerclier le salut en autre qu'en Jésus : là ay-je et
chascun fidèle avons occasion de parler contre hiy et tous ceux
qui en ce V apx>roiwent et le veident maintenir : afin que les çhnes
retournent toutes à leur Sauveur et délaissent la pierverse doc-
trine d'un tel adversaire de Jésus, qui, par feinctes paroUes, fait
marcJiandise des âmes. Et ne voudroye rien reprendre au Pape,
que ce qui est tout ouvertement contre la saincte Escriture : et
suis fort marry do trouver taut de mal en luy et en sa doctrine,
sans que je le cerche. Et Dieu ne me laisse tant vivre, de dire
contre la vérité, contre mon j)rocliain, ny autrement que j'en
sens en mon cueur. Et toy, tu as sy grosse hayne et tant d'affec-
tion de vengeance, que tu fais violence à toy-mesmes, pour parler
contre ce que tu sçais et cognois, et tous les dons et grâces que
Dieu t"a données pour servir à son honneur et gloire, au bien et
|)rotit de ton prochain (qui te viendroit à gros bien et profit),
])0vre créature, tu les convertis à servir à tes affections contre
Dieu et ton prochain.
Si tu ne t'addressois encores que contre un poiir scdisfaire à ta
cliolère et rage, la clwse ne seroit sy griève : mais, sachunt bien
que tu ne dis vray, ta condamnes tous ceux qui preschent et
enseignent es terres de Messieurs les Protestans : disant que leur
doctrine est faulse, hérétique et scJiismcdique. Mais tu as ton
excuse preste, de la([uelle tu as usé autresfois, si tu dois venir et
retourner à ceux qu(^ tu l)lasmes : que, pour prescherV Evangile,
il fa fallu ainsi dire, autrement tu n'eusses eu lieu : et as à. qui
plaist ta raison, c'est de ruyner Jésus pour le confesser. L'œuvre
de Dieu ne veut estre ainsi démenée. Si en autre chose le cueur
double est vitupéré, trop plus es choses de Dieu. Vérité ne sera
semée ne plantée par mensonges. W rondement en besoigne, et
ne blasme ceux que ta conscience juge dignes de louenge selon
Dieu, ([ui domandent le ])ur cours de la Parollc de Dieu, la
droite administration des sainctz SacrcnuMis. (^t tout ce que
nostre Seigneur Jésus a ordonné avoir lieu en son Église : ce
que tu sc-ais bien es Églises qui sont souz la tyrannie du Pape,
n'avoir lieu. Tu es un fort nouveau messager de Dieu, qui t'ar-
to43 GLILLALMK FAKKL A l'IKUHE CAHOLI, A MKiZ. 429
restes aux personnes et aux li(>ux. lYe sçais-tu point (voire tu le
scdis hicii) que tout ainsi qu'il est commandé de lïrescher V Evan-
(jilp à toute créature, (fussi le droit lyeut, que j^ur tout on. rende
raison de ce qu'on a presché. Qui des Prophètes a refusé de main-
tenir ce qu'il avoit dict, au lieu mesme où il Taroit dictf Et Jésus
et ses Apostres en ont-ïlz moins faict/ La vérité n est-elle point
forte assez, pour se maintenir et pour destruyre menterie en tous
lieux f Bien te monstres avoir mauvaise cause, de ne la vouloiv
maintenir là où tu l'as commencée : demandant autre lieu (juc
celuy auquel tu as parlé. Quand il y a différent es autres causes,
il faut bien souvent all<>r sus le lien, et les (>nquestes plus se
font sur le lieu, et tu le fuysV oi as tes préjudices, que tu
ameines de la doctrine de FÉgliseV Si tu cntcns i)ar ceste doc-
trine enfermer ceux qui disent la vérité, et ne parln- à eux (pi'à
grosses injures et menaces, pour faire rcnycr tout ce ({u'on
croyt, en soy retournant à TAntechrist et à sa doctrine : et si on
ne le fait, et qu"on sonne mot, de faire coupjx^r la langue : et
aliu que ne de langue ne de rien on ne puisse plus parli'r contre
l'iniquité ])apale, pour ce faire que on soit bruslé : je confesse
que tu as raison, entendant de telle Église, et de sa doctrine et
practique. Mais si tu entens de TÉglise de Jésus, tu parles très
mescliamment : et fais les vrays Pasteurs et fidèles fort contraires
à Jésus et aux siens, qu'ilz ne puissent, là où ilz sont et presclient,
maintenir leur doctrine et confondre ceux qui disent du con-
traire.
Mais je te demande en bonne amitié, Caroly, nostre bon Père,
le Dieu de paix et d'union, ayant pitié du povre peuple de Metz,
qui, la plus part, désire de suyvre la vérité de nostre Seiyneur,
ne peut-il pas faire que par son S. Esprit, nous soyons touchez
pour convenir et estre d'un bon accord, pour inciter le peu 2)1 e à
bonne paix et union, et à tenir ce que le S. EsjJrit demande estre
tenu en son Église? Et cecy ne le veus-tupas? et ne le demandes-
tu jKisfDc moy. Dieu nie frajjix^ souhdainement. si je demande
autre chose fors (lue bonne paix et union en la vraye et pure
Foy et doctrine de nostre 8(»igneur Jésus : qu(> la ville do Metz
soit conduicte, gouvernc'v et r('>gie ])ar le 8. Esprit. Et i)Our ce
voudroye estre de très grand accord et avec toy et avec tous :
et que tout le monde s'(Mni)loyast, et qu(\ie le deuss(> achi^tter d<'
ma })roi)re vie, car elle seroit bien employée pour un si bon
430 GUILLAUME FAREL A PIERRE CAROLI, A METZ. 1543
attaire. Et de ce je sui)i)lie nostre Seigneur qu'il ayt pitié de
ceste ville, et la mette en ])aix vrayement chrestienne, et au
flroit chemin. Si cela se fait à Metz, 2)ar la grâce de Dien,ixir
itostre colloque, que pens-tu demande^' chose plus saincte et phis
hrievef Si nous ne povons accorder, ce que Dieu ne permette, il
ne peut estre, combien que nous ne soyons d'accord, que ce qui
est de vérité, ne surmonte mensonge : car la verge de Moyse se
trouvera tousjours plus vertueuse que celle des enchanteurs : la
])arolle de Dieu est troj) plus forte que celle des hommes. Mais
tu y vas en mauvaise conscience. Et si tu ne fais autrement,
bien le sentiras et en brief.
Qucint à nioy, mon Dieu et ma propre conscience m'est à tes-
moing, que je ne me soucie d'autre chose, fors que Dieu soit
hoiinoré, que la vérité ayt lieu, et que de tous soit receue, et que
tous soient édifiez : car le sang de Jésus qu'il a espandu ))Our
les pécheurs, m'est fort i)récieux. Pourtant je désire qu"il soit
cogneu : et qu'on entende la rémission des péchez en icehiy,
])0ur vivre sainctement. Je ne me soucie ny de vaincre ny d' estre
vaincu : mais seulement que la vérité ait la victoire. Car je suis
tout certain, que je ne pays avoir victoire sy excellente, que celle
oh la vérité est cogneue et receue, et le mensonge descouveii et
chassé : c'est quand Jésus est congneu et receu, et le Diable avec
ses tromperies est descouvert et chassé.
Ne te veus-tu point empÀoyer à cela au Nom de Jésus? aymes-
tu mieux servir au diable, en, maintenant ses tromperies, qu'à
Jésus et à sa vérité? Je ne parle p)oint à un ignorant. Faut-il
que voyant et sachant tu te perdes? Quel loyer auras-tu du
diable? Qu'en attens-tu à la fin V Tu as peur de ta vieV Qui t'a
nourry jusques à préstmt? Qui a envoyé ce de quoy tu as esté
entretenu? Si cependant que tu t'es mal porté, la très grand»»
bonté de Dieu t'appellant à pénitence, t'a si longuement nourry.
(|U(^ fera-elle, quand tu te retourneras, en te portant comme
])on serviteur fidèle et loyal à ce bon Sauveur? Si tu prens cou-
rage, et te veus employer au Nom de nostre Seigneur Jésus, tu
ne seras inutile. J'ay bien souvenance de la grâce que nostre
Seigneur te donna sur le premier poinct de la disputation de
Genève, du libéral arbitre. Etpleust au Seigneur Jésus que tu
eusses pour suyvy tousjours à magnifier la grâce du Seigneur !
Prens courage. Jésus nostre bon Sauveur est bon et miséricor-
I.)i3 GUILLAUME FAREL A J'IKKllE CAKOLl. A METZ, 431
dioiix. Mets ton cuoiirà luy sorvir, ot laisse cette imtain Romaine.
Et au Nom de nostre Seif^neiir Jésus, qu'on travaillr. non i)oiiit
à nous ronger et manger les uns les autres, eai' cela est afaire à
diables. Jésus n'a faiet ainsi. Il a monsti-é les fautes : mais ce n'a
(^sté seulement pour confondre les pécheurs, ains pour les humi-
lier et attirer à soy. Lo diable et les siens ne touchent les ])échez,
ne rien qui soit, foi-s (lue j)our augmenter le mal et le péché, et
l)Oui' tinn- à ])erdition. Laissons ce niescliant diable, et tout ce
(jui est de luy, et suyvons Jésus et tout ce qu'il commande : et,
ayans nostre fiance et espérance en luy, demandons son ayde.
si tn motistres que j'ayc mal oiiseifjiié et mésusé et mespris en
l'Église de nostre Seigneur Jésus, iien-ioij pour certuin, que tu
ne feis jamais renion.strance à homme qui t'en sceust meilleur
gré, et qui soit j^Iks prest à crier mercy à Dieu et à son Eglise.
T)ieu ne permette jamais que je vienne à C(ste i)0vreté, que je
veuille défendre mes ])échez, et les maintenir comme chose
bonne : et que je m'aymi^ tant, que j'ayme mieux maintenir
faulseté et mensonge, que de confesser vérité et Justice : et i)lus-
tost il m'oste la langue et tout ce qu'il m'a donné, avant que, sa-
chant et congnoissant, je f'ac(> rien servir contre son honneui* et
gloire, au détriment de mon i)rochain. Advise-y de ta part, et
regarde que TÉglise où tu es soit édifiée en nostre Seigneur. Si
tu veus faire le pareil, et ainsi qneje te propose, ne regardant
point ce que tu pou^Tois dire ng amener, mais ce qui est en édi-
fication et salut des povres âmes, ne mettant nostre colloque en,
autre part [car il n' g auroit point de propos), en faisant tout
avec la saincte crainte de Dieu, quel fruit sera-ce f¥i\nt-i\ donner
la médecine et la mettre sur la main, (juand le pied est blessé?
Tu srcds comment, et jta/- tog et par mog, ce peuple de Metz
est tiré d'un costé et d'autre : et g a de grandes amertumes,
liagnes et détractions. Tu m'((s prescJu' liautement, et de ton
povoir as cdlumé le feu. De tog je n'ag o ne parlé : cwr, sur tout,
j'ug travaillé que Jésus fust cogneu en ostant ce qui empesclioit
la cognoissance d'icelug. Tu s(;ais à quelle conscience tu t'es ainsi
eslevé. Si maintenant avec l'invocation du Nom de I)i(nL en
demandant Tayde et l'assistance du S. Esprit, poni- le bien et
salut des errans, ])Our l'édification de l'Eglise, avec grandes
exhortations faictes à tous, que tous prient (lue nostre Seign<nir,
autheur de toute vérité, destruise toute chose faulse et menson-
432 GUILLAUME FAREL A PIERRE CAROLI, A METZ. 1343
gère, et révèle sa lumière et la clarté de vérité à tous, nous
procédons en toute douceur et charité, non comme estrivans et
voulans confondre et perdre Tun Tautre, et avoir le bruyt,
comme on lait à Sorbone et es escholes, non point pour un
exercice, pour monsti'er son savoir et entendement, mais d'une
saincte affection à la pure et saincte vérité de nostre Seigneur,
au salut des âmes racliettées du sang précieux de Jésus, nous
conférons amiablement, oyans patiemment l'un l'autre, et res-
pondans en toute bénignité, sans soy esgarer ne jetter hors de
l)ropos, comme la chose grandement le requiert ^ Car si en une
maladie grandement dangereuse, où le jjatient est en danger de
mort, celuy entre les médecins est grandement cruel et vray
meurtrier, qui au lieu de mettre en avant (ce qu'il cognoit estre
utile au patient ) des bonnes créatures de Dieu, pour le soulager :
ou au lieu d"ai)]jrouver ce qu'un autre a bien dict, pour se mons-
trer et ])our fascher et résister aux autres, il ameine tout le
contraire, sans avoir esgard au i)atient : combien plus en Taf-
faire des âmes et de l'Église la' chose est trop plus que meur-
trière, et pire qu'on ne sauroit dire? Y a-il menaces ne malédic-
tions telles par toute FEscriture, que contre telz ix^rsonnagesV
Dieu a-il in'ins vengeance i)lus griève que de telzV
Par-ainsi, avec Vayde de Dieu, conférons ensemble d'une
grande affection à nosire procliain, d'un clirestien. désir d'ayder
ù l'Eglise et de "proffiter à faits : et avec grande crainte et révé-
rence du sainct Nom de Dieu, devant lequel nous parlons, qui
est Juge, aymant vérité, droiture et rondeur, et hayt mensonge,
iniquité et fard, qui rendra à chascun selon qu'il aura déservy:
Que ])ensons-nous autre chose advenir, qu'une grande bénédic-
tion et vertu très évidente de Dieu sur nous et tousV Et l'amitié
de laquelle nous commencerons, combien, en ])rocédant comme
enfans de Dieu, croistra et sera iJarfaicteV Et l'Église et tous,
voyans qu'on ne demande que la vérité, et que tous soyent édi-
fiez en icelle, comment sera-elle édifiée? et tous oyans, combien
seront consolez ? Pourray-je impétrer ? Mais Jésus, et son
Eglise, fera-il de toy un tel faict héroique en ceste Église, que
rien ne soit demandé que llwnneur de Dieu f 0 quelles richesses/
quelles joyes ! quelz biens nous en adviendrontf 0 si je povoye
® Farrl a oulilu' de tiiiir sa période.
lol3 GUILLAUME FAREL A l'IEHUE CAHOLl, A METZ. 43.'ï
estre du tout aiiin'antij, et que ntoif Seif/neur Jésus fiist du tout
es cuenrs de tous f Osi sa saincte Église ici/ estait édifiée, et que je
le veisse, qur j'u i/meroye trop mieux estre non seidemeut à lu
porte, i^our estre portiez', mais pour estre serviterir des sei'viteurs
des portiers! J'aymeroyc ti-op iiiiciix un tel estât, (iiic cFavoir
tout lo luoiidc, tous les Royaumes et Soigucurics, en estant
privé de ceste Congrégation, YA si mon Dieu, de sa grâce, me
veut plus advancer, comme hélas! tant indigne j'ay estéadvancé,
eX tant et tant chargé, que par sa grâce il- m'assiste et me con-
duyse, pour me porter ainsi connue il faut!
0 Carolij, au Noui de nostre Seigneur Jésus, qui fa tant de
fois appelle et tant attendu, âges pitié de tant de povres âmes
tant chèrement achettées. Pense à ce qu'il te faut trouvcM-
devant Dieu : et n'empesche l'honneur de Dieu, ny sa gloire, ny
le salut des povres âmes : mais t'y employés, et ne te cerche point,
ny ton honneur, ny ta gloire, ne chose qui soit autre que ce qui
est à Jésus. Ne prens tant de courertures de rà et de là : nuds
simplement et purement traicte, et ouvertement avec celug qui
désire que tout serve à Dieu, et qui veiit projfiter à tous : et que
les dons donnez par le bon Dieu luy servent, ne désirant mal à
personne : et change tes affections, soumets-toy à Jésus. p]t
ostant abbatu en toy, que tu trium])heras grandement en Jésus!
Marche en toute rondeur et entièrement, nefay et ne dy du tout
rien contre ta conscience, ne ce que tu congnois estre vrag. Si en
requérant mercg à Dieu de tes fautes passées, tu t' employés
ainsi à l'édification de ceste Église, comme très clcnrement tu
congnois estre nécessaire, et n'ewpesches rien qui lug soit utile et
en son édifimtion, mens tant que Dieu t'a donné, tu fy emploges,
le Seigneur tant héning, pitogable et miséricordieux Père, te
reçoive pour son cher et agmé enfant, n'agant aucune mémoire
d'aucun nud que jamais ayt esté en tog : et face que tous les
siens te tiennent icg en la terre comme le bon Père te tient au
ciel : et qu'en son Église tu ayes tel lieu, que tu soys de jjIus
grand fruict et édification, en ])lus ])ortant d'honneur à TÉglise,
que tu n'as jamais gasté. ruyné ne dommage, et ])lus (]ue tu n'as
jamais faict de déshonneur : tant de joye et de consolation en soit
à tous, qu'on n'en i)arle (pfen remerciant et louant Dieu des
biens et grâces qu(^ nostre Seigneur Jésus t'aui-a faictes! ¥a non
seulement à ton âme et en ta personne Dieu te rempliss<> de
T. Vin. 28
434 PIERRE VIRET AU CONSEIL DE GENÈVE. lo43
toutes bénédictions, mais aussi les tiens, qui en nostre Seigneur
Jésus s'esjoyssent d'estre avec toy, ta povre femme et tes
enfans, qu'ilz vivent en toute honnesteté et bénédiction avec
toy : que tu leur soys aux enfans vrayement père, les voyant
logez honnestement : et à ta femme tu soys vray Mary, ayant
encore saincte lignée d'icelle, qui porte ton nom en mémoire de
la grande grâce et bénédiction que Dieu t'a faicte. Prens la
saincte bénédiction de Dieu, et fuys la malédiction. Si tu t'ou-
blies pour Jésus, et n'as esgard à toy pour luy servir, et ne
crains vitupère ne chose qui soit pour l'iionneur de Jésus, tu
trouveras que Dieu vrayement aura grosse souvenance de toy,
et ne t'oubliera point, mais aura esgard à toy, et t'assistera
grandement et te donnera tant de bien et d'honneur, non point
mondain et vain, mais célestiel et vray, que ton cueur sera
estonné de merveilles des grâces du Seigneur envers toy. Ce
bon et miséricordieux Père face que nous recevions les grans
])iens qu'il présente!
Tu m'advertiras, s'il te plaît, si tu veus prendre ceste conclu-
sion en l'honneur de Jésus et édification de ceste Église. De
Strasbourg ce. 25. de Juing. 1543 ^
Guillaume Farel.
1251
PIERRE VIRET au Gonseïl de Genève.
De Lausanne, 27 ou 28 juin 1543 \
Autogr. Bibl. Publ. de Genève. Cal. 0pp. XI, 570.
Grâce et i)aix par Jésuchrist, nostre Seigneur!
Suyvant les propos qu'avez entendu des afayres de Maitz et
de Carolus ^ nous avons exposé la chose à Messieurs à Berne,
^ La veille de ce jour, Myconius, écrivant à Buccr, qui était à Cologne,
parle en ces termes d'une lettre de Farel du 22 juin : « S. Expectavimus
te multis jam meiisibus, sed nusquam apj)ares. Sedarif animum, ol) id in-
(j[nietioreni,... Farellus, qui nudius tertius scripsit, detineri te à sycnphantis,
quorum calumniis sit subinde rcspondendum. » (Lettre datée de Bâlo. Cf.
Bindseil, o. c, p. 173.)
1343 PIERRE VIRET AU CONSEIL DE GENÈVE. 433
ot avons esté par devant oulx ^ Mais leur advys n'a pas esté que
j)oiii- le pi-és(>nt je i)assasse plus oultr(\ mais ipie je revinse à
Lausanne''. Touchant nostre frère Calvin, les ministres de Berne
ont trouvé bon (jii'il <ilhi jusques à-'Strausburg, \)0\\v voir eu
quel estât et ordre les choses estoient, et pour consulter de
Tafayre avec Mess" de Straushurg. \)0\\\' ow advertyr M(>ss" de
Berne et moy i)ar(Mllement, i)Our en t'ayre ce que sera requis. Il
party de IJernc saniedy'^ avec la honne compai^nie qui estoit
avec luy, et se jjortoit bien (juant à sa personne. 11 vous eu |1.
eûtj (>scrii)t, mais il ne peult avoir le loysir ne ropportunité.
Parquoy il m(> donna la charge de ce fayre. J'espère^ (jne en lirief
aurons tous de ses nouvelles plus amplement, et de Testât de
2Ieitz.
Dempuys que suys déi)arty de Berne, passant j)ar Xeufchas-
tel,y?Ly veu des lètres que furent rendues dymenche d(M*nier''
aux frères, de la j/art de nvdMvv Guilliaume' , avec quelque res-
ponce que Carolus avoitfaict touchant les articles du départ des
ambassadeurs des seigneurs protestans^. Il escrijjt comme Caro-
lus a faict sa barbe pour chanter messe, et qu'il l'a chantée et
^ Voyez la noto 9.
^ A comparer avec la note 1 du X" 1247.
*"^ Calvin et Viret, étant partis de Genève le 19 juin, durent arriver à,
Berne le jeudi soir 21. Le 22, ils se présentèrent devant les magistrats ber-
nois. Le ^Manuel du Conseil ne dit rien de Calrin; mais il renferme ce
paragraphe, que M. l'archiviste H. Tiirler a bien voulu nous communi-
quer : « Vendredi 22 juin. Si Viretus veut aller à Metz, — ce que mes
Seigneurs ne lui conseillent pas — [il faut] lui donner une lettre pour le
Conseil et les savants de StrashoKrg, et les informer que mes Seigneurs ne
lui ont pas conseillé ce voyage, mais qu'il l'a fait de sa ])ropre volonté. »
(Trad. de l'ail.)
^ De la date du 21, que i)orte l'original, pourrait-on inférer que Calvin
partit de Berne pour Strasbourg le samedi 16 juin? — Nullement, puis-
qu'il n'avait quitté Genève qu'aj)rès la décision prise le IS (N" 1247, n. 1).
Le « samedi » mentionné est, jiar conséquent, le samedi 23 (Cf. n. 3-4). Et
comme nous savons que F. Viret revint de Berne à Lausanne en faisant
un détour ])ar Neuchâtel, on doit en conclure qu'il rentra chez lui h;
mardi 26, au i)lus tôt, et qu'il écrivit la ])résente li'ttre le 27 ou le 2.^ juin.
^ Le dimanche 24 juin.
^ A notre connaissance, cette lettre de P'arel n'existe ni à Neuchâtel ni
à Genève.
8 C'est le document envoyé, le 1" juin, par le Conseil de Metz à celui de
Strasbourg, et qui forme l'ap])endice du N" 1242.
436 PIERRE VIRET AU CONSEIL DE GENÈVE. 1543
prescho le i)Ui'gatoirc comme les papistes. Il s'excuse tant qu'il
peult qu'il n'a i)Oint blasmé la Germanie, ne les Protestans et le
conte Gidlliaume, mais seulement les docteurs des Pi'otestans,
disant qu'ilz enseignent doctrine faulse, hérétique et schisma-
tique, et qu'il est fort marry que tant de bons seigneurs ayent
esté séduictz par eulx, et se soyent séparés de l'union de l'église
catholique. Quant à la disjmte, il ne la veult point accepter à
Meitz, et allègue pour rayson qu'il n'y a point en la dicte ville
d'eschole authentique, ne de Université et faculté en théologie
ai)prouvée par le sainct siège apostolique. Parcjuoy le lieu n'est
suffisant ne idoine; mais il est content, si Farel ne s'ose trouver
aux lieux qu'il luy a assignés, sans sortyr de Oermanie, de tenir
la dispute à Cologne, et que, si Farel se sent troy foyble pour
disputer contre luy, il est encore content qu'il admeine Calvin
avec luy. Il y a encore d'aultres poinctz auquelz il i*espond, mais
je vous ay escript les princi])aulx et ceulx qui me sembloient
plus nécessayres de sçavoir, à fin que ne fussiez du tout ignorant
de ces nouvelles. .J'espère que tantost (>n aurez de ])lus amples.
Maistre Guiliaunie Farel n'est pas encore allé à Meitz, mais
est à Strahirg, et suys bien joyeux de ce qu'ilz pourront con-
sulter ensemble, luy et monsieur Calvin, et pense qu'il sera
grandement resjouy de le voir là et du bon vouloir que vous
avez à la gloire de Dieu : lequel prie qu'il vous ayt en sa saincte
garde, me recommandant tousjours à vostre bonne grâce et vous
l)riant que me tenez tousjours pour vostre petit serviteur et
entier amy. De Lausanne ce. 21. [1. 27 ou 28] de .Tuing-. 154.-!.
Vostre petit s(>rviteur P. Virex.
(Suscription :) A mes très honnorés et magnifiques Seigneurs,
messieurs les Syndiques et Conseil de Genève. A Genève.
® Nous rétablissons h\ date vraisemblable. Ell(> est déterminée par les
détails relevés dans les notes 2-5.
Le secrétaire genevois P. Ruffy a écrit l'annotation sui\aiite sur li'
manuscrit original : « Maystre Pierre Vyret. Eecyeu ce ultimo Junii 1543. «>
lo43 JEAN CALVIN ET GUILL. FAREL AU CONSEIL DE STRASBOURG. 437
1252^
JEAN CALVIN et GinLL. FAREL au Conseil de Strasbourg.
(Strasbourg, 129 ou 30 juin 1543.)
Copie contoiiii)or. ' Ai'cli. do St.-Thomas. Calv. 0\)]). XI, ô8o,
Quôd clai'issimus Sen<duft Argentinensisjiissit nos in formula
perscrïbere, imniùm qiikl ah ïllustrissbnis Principïbus et Civita-
tnm legatis mine Smalcaldia^ conf/rcgatis'^ relimus nostro nomine
postiilari : deinde, si concesserint quod pethmis, qna ratione cen-
seanms agendnm esse, ad utrumque respondemiis.
Priniîim rogamus illustrissimos principes ot roliquos status,
ut diligenter expendant qiiàm noxia sit x^estis D. Carolus apud
Metenses. Neqiie onim tantùni liostes veritatis confinnat ad por-
tinaciam, sed multos infirmos ot nondum beno iiistitiitos concii-
tit : et poriculum ost iio midtos labofactet atqiie cori'umjjat, nisi
remodiiini l)rovi adliib(\atur. Et latiùs serpit ojus venenum, Nam
([iiia Hteris liuc ilkic inissis jactat so Fareilnm ad certamon
l)rovocasso, iibiquo triumphat in Christi ot Evangolii contumo-
liani. Pra^teroa falsae ojus criminationos ad totam viciniani
manant, ot quia non refolbintur, oas j)ro voris ha])ot vulgus ho-
niinum. Quin otiam dum vidot so impune licoc facoro, majorom
indios impudontiani ot audaciam coHigit, nec alio spectant ejus
stiidia et conatus, nisi ut per tanmltion et seditionem Evonge-
Imm ah iirhe expellat. Hinc factnm est ut die dominico miper
elapso, qui fuit vigosimus quartus Junii, concionator arhitrorum
decreto'^ illic ordinatus ferè tracidatus faerit'\ Duo onini ouni
' Elle iDorte cette inscription, écrite par Bucer : « Cnlrinus et FareUus
ad senatum Arfrentiiioiiseni. » — La date est déterminée dans la note 4.
^ La diète de Smulbildeti s'était ouverte le 25 juin (X" 1199, n. 4).
' Allusion aux décrets de la conférence tenue à Strasbour^j du 11 au
21 mai (N" 1218, n. 3).
■* Le prédicateur qui faillit être massacré à Metz, le dimanche 24 juin,
était, croyons-nous, Gtiillnume Virot fX" 1225). Le rapi)ort relatif au
danger qu'il avait couru, i)arvint ijrohahlemcnt le 2C> ou le 27 à Stras-
bourg. Or, selon toutes les vraisemblances, Calrin n'arriva dans cette ville
438 JEAiN CALVIN ET GUILL. FAREL AU CONSEIL DE STRAS'BOlRG. 1543
aggressi siiiit mallois ligneis et securibiis, nec aliter evasit mor-
tem nisi mirabili Doi beiieficio. Hinc facile colligi jjotest quis
futurus sit exitus, si ulteriùs cessent ac dissimulent illustrissimi
principes ac status fœderis Protestantium. Nam illius impii ho-
minis rabieni niagis ac magis sua patientia accendeiit, et Senatus
magnum lucrum sibi facere videbitur si illius improbitate ad
extinguendum Evangelium et ccclesiam destruendam abutatur.
Ergo aut nunc statim obviaiidum est tanto inalo, aut nunquam
in tempore fiet. Rem enim collapsam restituere iiiniis arduus ac
difficilis erit labor.
Has rationes safis graves etjustas visiim iri confidimiis illus-
trissimis principïbus eorumque fœderatis, cur legationem illuc
mitfant, quse duo a SenaUi postulet : magis ordïnaimn et meliùs
composiium ecdesiœ statum quàni nunc sit, prout visum jam
arhitris fuerat , dein.de locnm adversùs Carolum disputandi.
Sed de tlagitando et constituendo meliori ecclesiœ statu, relin-
quimus hoc i)rudenti8e ill. princiimm et statuum. Quoniam
auteni et ill. Dominos Protestantes omnesque eorum doctores et
nos nominatim subinde proscindit, et falsis caluniniis impuden-
ter gravât, rogamus ill. principes ut illi et ])roinde nobis quoque
audientiam impetrare contendant, quô liceat nobis innocentiam
nostram légitima via purgare. Neque id velimus concedi nostris
personis, sed tantùm ut os illud imi)urum obstruatur, et cohi-
beantur ejus blasi)hemi8e, eoque modo sacrosancta Christi doc-
trina vindicetur in suum lionorem. Inde autem procul dubio
consequetur magnus fructus, sicuti magnum nunc est impedi-
mentum et magna rémora, quôd ille improbus calumniator
Evangelium sic traducit et infamat. Nec videtur expedire, Ip-
sum ablegari vel juberi tacere, quum illi disjjutatio olferatur.
Esset enim novum ojfendiculum si cogeretur tacere, neque udniit-
teretur ad eorum quœ dixit defensionem. His rationibus addu-
cimur ut cupiamus disputationem vehementiiisflagitari.
Dicemus nunc de rafione quie nohis ad agendum apta et pro-
Xwia videtur, non ])raescribendi aut consulendi animo (id enim
que lo 28. Parti de Berne le 23, il avait dû atteindre Baie le lendemain et
y passer la plus grande partie du 25. De là jusqu'à Strasbourg il avait
encore trois journées de marche. La présente requête a donc été composée
par lui le 29 ou le 30 juin (Voyez ce qu'il écrivait au Conseil de Genève
le 1" juiili't, N" 1254, renv. de n. 3).
1343 JEAN CALVLN ET (iUILL. FAREL AU CONSEIL DE STRASBOl R(i. 439
osset superbuiii), scd tantùm ut clar. Scuatui (il)s('(iiiamui". (jui
nos jussit soiitciitiaiu d<' liac vv iiostrain cxponcn'. Priucipio ro-
gamus ut ad Metet/ses Icgatio uiittatui- (juu' uos illuc dcducat.
G
/
petatquo nominc fd'dcns, ut (|Uod privato cuilibct atcpic ignoto
daretiir, nobis non dciicgeut : ncui])!-. ipiia palàm nos ot doctri-
uam nostrani ati-ocibus couviciis et inalodictis laccrat Carolns,
ot falsis criminibus nos oncrat, nobis rcsiiondcu-c lic*(>at : ipse
vert) cogatur aut tucri (lua' dixit. aut rul|)am agnoscoi'c. Sin nos
convicti fucrinius. agaut de nobis ([uod visum fuerit. IIH fiiiui
I)otiiis quàni nobis voluinus ignosci. Si rocuscnt aut torgivcrscn-
tur Metenses, ])ronipta ci'it exccptio. Quôd si quis concionator
.snh DD. Profestatitihus queinjnam infumaret, illo postHlante
cogeretur ad reddendam raiioitem. Cur ergo iiod dit iifrhtqtie
similejmf
Quod autem causatur ipse Carolns, noit. licere sibi disputare
de Jide tiisi in scJiola approhata pe^- sedem ronuuiam, niniis ridi-
cnlum est acpaerile. Nam seniper fuit disjjutatuni cuni Inrroticis,
nbicunque se locus otïcrebat. Sic Augustinus cuni Maniclucis ot
Donatistis in parvis oj)pidis s?epe disputavit. Et ne objiciat esse
hsec singularia oxenipla, quae ad iniitationem trahi non debeant,
Ambrosius ordinarinni esse Ecclesiœ morem ostendit in e])istola
iid Valentinianuni iniperatorem, qua? est numéro 02, nl)i seril)it
de tide in ccclesia coram i)oi)ulo debcre disjjutari. Dfinde mi-
nime consentanenm est nt in ecclesia Metensi clamet nos esse
Jiœreticos, et nos confidis criminibus aœuset : qanm aateni ad
defensionem causse nostrœ nos ojferimusac sistimus, nos. in Ita-
liam vel Hispaniam per ludibrium revocet. Nihil ergo vel excu-
sationis vel subterfugii habet, quin^ liane conditioneni (piani de-
ferimus recipiat. Nam aut ini]mne cuique licct nialcdiccrc aut
C'ogendi sunt ealumniatores ad satisfaciendum.
Praîter disi)utation(>m rogandi (luocjue (n-unt Metenses ut. si
innocentiœ nostra^ fidem feccu-inius, locnm nobis eoncionandi
dare velint ad diiuenda Caroli mendacia, sicut nos pro concio-
nilms palàm ti-adnxit.
Qnod ad circumstantias i)ei'tin(^t. non aliunde melius |)oterit
capi consilium quàm ex rc iJi-ascnti. Ergo (juid utile sit et
opéra? i)retium, iestimabunt legati ([uum illue venerint.
^ Éd. de Brunswick : q^uum. \a^ rnntcxtf nous sciublf cxiircr (luin.
440 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANiNE. 1543
1258
JEAN CALVIN à PieiTe Viret, à Lausanne.
De Strasbourg, l^'' juillet (1543).
Autographe. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 106. Cal. 0pp.
XI, 586.
S. Accidit quod solet, ut res minus hîc maturas invenerim
quàm speraverani. Tametsi non magnopere, ut nosti, falsus suni.
Ut Metim nos statim conferamus, Senahis Itic neque consulity
neqne permiitit. Scrihere ïlluc, inutile ac frustra neum essejndi
cat, quoniam litera? suse contemptui nunc liabeantur, aut saltem
non ita curentur ut decebat. Xam Papistis, qui apud Metenses
rerumpotiuntur, animos inflat Cœsaris odventttsK Ergo Smal-
caldiam, ubi nunc conventum habent Protestantes-, missuri
sunt : ut coniniunem legationem postulent, qutTp magis urgeat
istos, qui nihil factari sunt, nisi stimulis adacti. Non credas
quàm voluntarios alioqui se nobis exhibeant. Nihil enim récusant
prorsùs, quatenus putant expedire. Summa etiam comitate nos
exceperunt. Uhi responsum fnerit, protinus accingemur, teque
advocahimus. Hoc enim tam ambiguo et suspenso statu quid
impetrares? Interea dum SmalcaJdiam itur, visum est Senatui
nosti'O ' indicare ubi essem, et quae expectatio hîc me teneret. Si
nuncius hic* redierit (quod spero) fac nos de omnibus certiores.
De provocatione CaroU non est quôd dubites. Habemus ejus
manum. Nuper meditabatur fugam : sed nunc ])ropinquiore
Ciesare, factus est aliquanto et audacior et insolentior : quia dis-
ceptationem impetrari à nobis non posse certo contidit. Petes ab
hoc nuncio responsionem ejus', quam perlectam reddes. Inde
perspicies, quàm altos et tumidos habeat spiritus. Vale, saluta.
' L'empereur arriva à Spire à la fin de juillet, et de là partit pour
Miiyence vers le 5 août. II fit son entrée à Metz le 6 juin \bW (Slei-
dan, n, 316, 317, 351 j.
2 N" 1252, note 2.
' Scil. Genecensi.
* Le héraut de Genève qui l'avait accompagné jusqu'à Strasbourg.
loi3 JEAN CALVIN AU CONSEIL DE GENÈVE. 441
omnes fratrc^j, oiGeuevam, si (>i-it commoduiu, aliciiiaiulo iiivisc
Valo iterum. Dominiis to coiiservet. Ai-goiitor.[ati ''J t-aleiid.
.lullii. circitor meridiom.
/
JOANNES CaLVINLS tllUS.
(Inscriptio :) Fidcli ("liristi miiiistro Potro Viroto, Lausan-
nonsis ecdesùe ])aston, tVatri et aiiiico iiit(>^(M*riiiin.
1254
JEAN CALVIN RU Conseil de Genève.
De Strasbourg. 1" juillet (1543).
Autogr. Arch. d^ Genève. Portefeuilles hist. J. Bonnet, o. c. I, 80.
Calv. Opp. XI, 587.
Magnificques et très honorez Seigneurs,
J'espère que Maistre P^erre Viret vous aura faict mes excuses'
de ce que je ne vous escrivis point &q Berne, d'aultant que i)Our
lors j'estoie mal disposé. Estant venu à Basle, je présenta}' voz
lètres à Messieurs du Conseil - : lesquelz me donnèrent lètres de
recommandations à Messieurs de ceste ville, les prians de me
vouloir adresser tant de conseil que d'ayde en mon volage.
En ceste ville, tant ])ar le moien de voz lètres et celles de ^les-
sieurs de Basle, que jwur la bonne affection qu'on m'y i)orte, et
singulièrement en laveur de la cause, j'ay trouvé aussi bonne
ayde comme je pouvoye désirer. Messieurs se sont otiert très
libéralement de taire ce qui seroit en 1(Hii" ])uissance. Scnilement
que nous regardissions, Maistre Guillaume et moy, les moiens
dont il seroit expédient de user. Sur cela nous leur avons j)ro-
posé trois voies : ou de nous faire conduire tout droict à Metz,
^ La Réponse de Caroli aux i)Iaintos des Protestants (X" 1242, seconde
j)artie).
" Dans la copie qu'il a faite des lettres de Calvin (Vol. n" 111"'). Charles
de .lonvilliers, trompé par le mot Argentor.[alt], a rapportt' la pre.sente à
l'époque de l'exil du Réformateur.
'■^ N"^ 12.51, 1247.
442 JEAN CALVIN AU CONSEIL DE GENÈVE. 1543
combien que ce ne fust sans dangier : ou derechef sommer le
Conseil de Metz de nous donner audience : ou bien d'envoyer en
la ville de Smcdcad, en laquelle maintenant est assemblée la
ligue des i)rotestans, et là requérir instamment les princes et
ambassadeurs des villes, de vouloir prendre la chose en main.
Quant au premier jjoinct, ilz ont respondu que voluntiers ilz
envoiroient aml)assade avec nous, pour nous mener en seureté,
et soliciter que nous feussions ouys : et quMlz ne se vouldroient
pas esi)argner en cest endroict, n'estoit quMlz voioient cela ne se
pouvoir faire sans dangi(>r de noz personnes, et avec i)etite espé-
rance de fruict. Aultant d'envoier lètres en leur nom privé, que
ce seroit poine i)erdue. La raison est que les papistes se sont
fortifiez par la venue de Tempereur : d'aultant qu'il promect
d'appointer à ce voiage tous les diiïérens de la religion : comme
s'il n'avoit aultre chose à faire pour le présent. Ainsi quant on
leur escrit de ceste ville, i)Our toute response et solution ilz
remectent tousjours là.
Le troiziesine poinct doncq a esté trouvé le meilleur : d'en-
voier à Snialcnd : ce que desjà ilz eussent faict, n'eust esté qu'ilz
ont voulu avoir articles de nous, pour remonstrer tout ce que
bon nous sembleroit^ Mais demain, au plaisir de Dieu, le mes-
saiger partira. Hz nous ont promis de ])rocurer l'affaire en telle
diligence et si à bon escient, que nous congnoistrons leur zèle et
couraige. p]t comme je les congnois, je ne doubte |)as qu'ilz n'en
facent encor d'advantaige qu'ilz ne promectent. 11 y a six jour-
nées jusque là, en telle haste comme leur hérault ira. Car com-
munément on y en mect bien huict bonnes.
Or ])endant que ce voiage se fera, ])ource qu'il me fault
attendre icy, je me suis advisé, Magnificques et très honorez
Seigneurs, de vous renvoier vostre hérault présent porteur, affin
de vous signifier comme la chose alloit. Car je craignois de faii-e
si longue demeure en espérance, sans vous envoyer ce pendant
de mes nouvelles. Et cela se peult faire sans despendre beaucoup
' Nous identifions ces « articles » avec la requête du 29-30 juin
(X" 1252). En effet, le début de cette pièce (« Quôd cl. Senatus Argenti-
nensis jussit nos... ix fuDiiula perscrlbere,... quid... vel/mus nosfru nom/ne
2)0Htulari... respondenius. ») ne semble nullement annoncer que MM. de
Strasbourg eussent demandé à Calvin et à Farel, une réponse et, de plus,
des articles.
loi3 JEAN CALVIN AU CONSEIL DE CENÈVK. A'i'i
d'advantaigo (luc si jViisso i-ot(Miii le nifssaiovi- avec iiiov. Au
ivste. vous regardorc/. ([uaut à le rcuvoici-, ce (|uj vous eu srui-
hlera hou. Je hiy ay hailh' à toutes adventurcs six cscus : atHu
qu'il oust pour faii'c s(>s dosj)ons, on allant et l'ctournant : avec
trois tostons quo jo luy avoyo dôlivro. Tout(>fbis vous en tcrrz
selon vostro bon j)laisir. -le le dis jmurco (luc si vous le vouliez
ronvoyor, qu'il fauldroit qu'il fust icy dedans (|uiiizr jouis pctur
y cstre à ten)])s. Car adonc(i ' il nous oonviondra de pai-tii- pour
aller à Metz, si c'est le j)laisir de Dieu de nous y doiiucr entrée
Touchant do nioy. je seay l)ien (pie j(^ ne puis cstre si loufi
temps absent de vous, sans défaillir aulcunenieut à vostre
osglise. Mais i)Ourco ((uo d'estre venu si loing pour ni"oii retour-
ner sans ri(>n faire, c'eust esté une chose trop ridicule, mosnies
quant il y a bonne esj)érance en attendant oncor un j)(>tit : j'ay
bien voulu devant mon retour tenter si Dieu vouldra faire
quelque chose. Pourtant je vous prye de vouloir prendre |)atienc(>
jusque à tant que ce terme qui est brief soit passé. Adonc(i le
plustost qu'il me sera jjossible, je me hasteray do retourner i)ar
devers vous. Ce pondant, Magniticques seigneurs, je vous suj)-
plyo d'avoir en recommandation l'honeur do Dieu comme vous
avez, et d'entretenir l'esglise en l)Oii estât et on l)on ordre.
Athn que vous voiez (luolquo nécessité il y a d'aller à Metz
pour imposer silence à Caroli, je vous envoyé vu double de ses
responses dernières : où il se monstre plus tier et arrogant que
jamais, d'aultant (pi'il se confie qu'en la présence de l'empereur
on no le contraindra poinct de venir à raison. Car an])aravant
il s'en ostoit voulu fuir.
Il y a icy force bruictz divers du Pais-Bas: maintenant (pie le
duc de Clèves a recouvert une forte ville qu'il avoit jjordue :
maintenant qu'il a esté déconfit"; mais pource cpio le tout est
incertain encore, je me déi)orte de vous (>n (^scrire. Toutefois les
esmeutos sont telles quo à deux lieues d'icy il s'(Nt faict une
course depuis deux nuictz, et a-on volé cincquant(» chovaulx de
marchantz.
A tant, Magnificquos et très redoubtez seigneuis, ai)rt's vous
■* Adnnc (ad fiDic) sijjnifir' alors.
'" N" 1137, note 8. Vers la tin de l'aiiiiée 1542, GiiillaniHe. (lue dr ( Irvcs.
îivait repris la ville do Duren, conquise par les Impériaux, et. à la suite
d'un avantage remporté sur eux, le 21 mars 1543, il s'était refusé à rati-
444 JEAN CALVIN AUX PASTEURS DE GENÈVE. lo43
avoir faict les humbles recommandations de Maistre Guillaume
et de moy, je supplie le Seigneur Jésus de vous conserver
et maintenir, vous faisant la grâce de tousjours bien conduire
vostre peuple en bonne paix à Thonneur de son nom. De Stras-
bourg, ce premier de Jullet (1548).
Vostre humble serviteur en nostre Seigneur,
Jehan Calvin.
(SuscrijJtioH :) A Magnilicques, puissantz et très honorez Sei-
gneurs Messeigneurs les Syndicques et Conseil de Genesve".
1255
JEAX CALVIN aux pastcuFS de Genève.
De Strasbourg, l*'^ juillet (1543).
Autogr. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 10(3. Cal. 0pp. XI, 590,
Gratia vobis a Deo pâtre et Domino Jesu Christo, fratres
mihi charissimi !
Nihil habeo aliud in prsesentia quod scribam, nisi quôd adhuc
suspensi expectatione hîc tenemur. Incidit enim adventus meus
in tempus alienissimum et vehementer incommodum, quia Me-
teyises ])a{pistœ propiiHiuo Csesare superhkud et ejus autliorUatem
prMexunt, ne quid nohis concédant. Negant enim convenire lit,
eo prœsente et inconsulto, de mutatione status sui décernante
Ergo quia periculosum erat illuc proiicisci, et sine ullo fructu
nunc fieret, literte etiam hujus senatus contemnerentur, censuit
Seiudus ipse mittendum esse Smalcaldiani, ubi nunc conventus
agitur fœderatorum protestantiuuî,ut communi omnium nomino
decernatur legatioquœ nos deducat, et extorquosit a Metensih us
quod non libenter alioqui daturi sunt. Porrô Smalcaldiam hinc
fier une trêve négociée par les médiateurs protestants (Voyez SIeidan, II,
289, 293, 301. — L. Ranke, IV, 291. — H. Martin, VIII, 288).
® Note du secrétaire genevois Béguin : « Receu ix de Julliet 1543 de
maistre Calvin, estant [à] Estrabourg, à cause de Ivaroly. »
^ A comparer avec la première partie du N" 1242.
1543 JEAN CALVIN AUX PASTEURS DE GENÈVE. 445
iter est octo dieruni, sod iiuncius celeriorc ciirsii scx diobus con-
iidot. Nam quia non lon.i^ai niora illic fntuni cvAt. o(inos non
<lisj)osuoi'unt. Res|)onsuni hîc exiiectare decrcvinius, no frustra
mihi insuniptus essot tanti itineris lal^or. Et vidoniur nobis non
vulgare lucruni consocuti, si illxc nobiscum logati vcnorint, qui
wrphim illum ciinem - ad disceptationoni. (luani non modo fugi-
tat, sed palàm récusât, invitum jx'rtrahant. Nunc cnini, quia
subterfugiuni il!ud nactus est in unibra pnesentiie (Uesaris,
petulantiùs quàm unquani insanit. Sed Doniinus brevi, ut spe-
ramus, sacrilegam hanc ferociam reprinict.
Dum absum, videte, obsecro, ut sitis ad officiuni attentiores
<'t niagis seduli. Multce enim sunt rationes quœ vos excitare de-
bout, ne quid ex mea absentia vel incommodi vel niutationis in
ecclesia sentiatur. Modo concordi])Us aniniis et serio studio sin-
ceroque zelo incubueritis, dabit Dominus optimum successum.
Interea precibus vestris commendate Domino et nos et hoc ejus
negocium in quo versamur, quod discrimine ac difficultate non
caret, qnalecunque al) hominibus subsidium contingat. Farelbis
vos plurimùm salutat. Ego valetudinem meam non modo susti-
neo pro more, sed quasi restituo, ut jam aliquanto melior sit
quàm soleat.
Valete, fratres dilectissimi, et in ecclesia? aedificationem sedulô
laborate. Adhibeatur etiam ad istarum lectionem Dominus Ber-
nardiiius^, cui plurimam salutem meo et Pirrlii nomine dicetis *.
Salutate omnes pios. Dominus vos spiritu suo semj)er gubernet,
ut cum fructu illi serviatis. Argentorati, Calendis Julii,
Calvînus frater vester.
(Inscriptio :) Piis (>t fideli])us servis Domini nostri Christi
pastoribus ecclesiœ Genevensis, fratribus (^t collegis meis rha-
riss.
2 jjjf )■)■(. Caroli.
* Bernardino Ochino.
* Le surnom do Pyrrhus, employé quelques fois j);ir l'icire Vitct jxtur
désigner André Zébédée, se comprend à la rigueur, vu les grands airs di'
<-e pédagogue « roux et fort fier. « ^lais nous n'avons pas la preuve que
celui-ci ait fait, en juin 1543, un voyage à Strashourff. Firrhus désigiu;
peut-être ici un Italien qui aurait formé, à Genève, des relations avec
B. Ochino.
446 LES PASTEURS DE GENÈVE A JEAN CALVIN. A STRASBOURG. 1543
1256
LES PASTEURS DE GENÈVE à Jean Calviii, à Strasbourg.
De Genève, il juillet (1543).
Co])ie moderne'. Bibl. Nationale. Coll. du Pny, vol. 102. Calv,
Opp. XI, 592.
(iratia et pax a I)eo jjatre et Domino Jesu Cliristo Domino
nostro! Recepimus tuas literas-, quibus niliil jucundius nobis
accidere potuit, eo maxime quôd de tua valetudine nos reddide-
ris certiores. Et utinam (ut optamus) seniper bene valeas. Non
possumus tamen non contristari ea ex parte quod ad gloriam
Domini attinet, quum intelleximus res non succedere ex animi
sententia, nec i)ropterea cœptis desistendum putamus : solet
enim Deus, quum opus suum agitur, tune magis adosse ubi om-
nia videntur deplorata et simul desperata, eo line^ ut confitea-
mur non nostra, sed Domini manu superasse \
Qiioad id quod liortmis nos ad sedidbexeqHe))damfu)icHo)teui
iwstram, hactenus quilibet nostrûm pro viribus enisus est ut
fungeretur suis partibus : nemo est qui subterfugiat à suo mu-
nere : ita i)rtTestet nobis Dominus in futurum bene pascere oves
nobis créditas ! Nihil immutatum est à tua abscntia : prosequi-
mur continuô nostras congregationes nostrumque forums In
sumnia nulla res prœtermittitur qu^r spectet ad Ecclesiasticam
I)oliciam de lis qu^e ordinata reliquisti nobis : proinde dabit
I)(miinus in omnil)us, ut speramus, successum optimum. Hinc
certà scias non esse qaemjnam ex nohis q^ii non moleste ferai
privari tua prœsentia, qua vellemus (si liceret) jugiter uti pro
nostra et hujus ecclesiœ commoditate. Sed altéra ex parte lii?ta-
' Elle est peu correcte.
2 N° 1255.
^ Dans l'édition de Brunswick : eo fit.
* Il faut peut-être lire : non uostram, sed Domini manum superasse.
^ C'est-à-dire les congrégations du vendredi (N" llli), n. 7, 14) et les
séances du Consistoire.
1343 LES PASTEURS DE GENKVE A JEAN CALVIN, A STRASHOl'Rd. 447
mur diiiu ad ociilum (((iiod aiuiit) l'oiispiciiiius taiii stn'iiiir ti-
la})orar<' in ecdesia Doiiiini construenda, qiio fit ut uullus non
vidoat te a Domiuo dostiiiatuui ut invites rdiquos IVatrcs ad
verbum Domini rocii)ieudum.
Superest hoc unuui et pra'eijiuuui ([uodsileutio ])iwterire non
debemus, nemix- ([ubû, çnm primîmi impostores quidam, ex quo-
rum numéro et illorum caput est ille Claudius Boisset^, senserunt
te ahesse, mox protuJerinit ii/i^rdain in bicpui, (jhh' fulsbjactant
argumenta seiijudicia miprascripta singidis-capitihus Novi Tes-
tamenti quod novissime castigasti' : quorum iusania' et imj)U-
dentire** uisi maguo iui])etu et suuima dili,<2:entia occurrissemus,
deturpassent hujus iu)strœ ecclesi^B nomeu. Statuerant eniui (ut
o])iuamur) iuscrihere tuum nomen in f route, ea causa ut pluris
renderent. Sed ubi deprehendimus rem, non cessavimus instan-
ter eos accusare apud Senafum velut caluumiatores, falsarios,
conspurcatores imperitos, qui talia edideriut : iudignum esse
librum qui prodeat ex otïicina ecclesise nostrie, Sul)iude vocavit
nos magistratus, non semel sciscitando à nobis quid de hujus-
modi negotio censeremus. Quibus saepiùs responsum est à nobis,
« liii'c quœ ipsi vocai/f argumenta non posse vendi ahsque non,
modico scandah et infamia sme ecdesiœ ac civitatis. » Et quum
iterum rogaremur'^ ut recenseremus (?>roreS;, postulavimus diem
dari nobis. Tune decretum est al) eis consignare très dies. qui-
bus transactis significaremus errata. Nos, (junni vcutum est ad
Consilium'", protulimus singulatim iiounulla qute videbautui*
•^ A l'occasion de cotte artairc, Claude Boisset n'est ])as mentionné
dans le Registre de Genève du ^fi jnin. Ahel l'oupin et Matthieu de
Geneston y exposent au Conseil « comment M. Calvin havoyt corrigé un
Nouveaulx Testament, qui estoyt au vray; mes aulchongs, désirant
calumpnye sus l'escripture saincte, hont fayct ung summaijre susi)ect sons
le nom du dit M. Calvin, lequelt Jehan Michiel a iiii]iriiiié. et. devant (jiie
estre publié, hont pryer il dunner ordre. »
Le Conseil décide qu'on ai)})osera les scellés, chez ,J. Michel, sur tous
les livres imprimés; il en fait apporter un exemplaire à la maison-d(>-
ville, et « la copie » du susdit X. T. est remise aux ministres pour l'exa-
miner. Le 29 juin, ils disent que ce X. T. est im])rimé <■ en petite forme;
que le tex[te] est bien, » mais qu'ils n'ont encore visité les « summayres. »
^ Le 15 déc. L542, Calvin jiarlait de sa révision du X. T. (]). 220, renv.
de n. 2.)
* Dans l'éd. de Brunswick : insania et impudentia, suivis d'une virgule.
* Ibidem : rogarent.
448 LES PASTEURS DE GENÈVE A JEAN CALVIN, A STRASBOURG. 1543
sufficere ad repriinendum ooriim suiierciliuin et ad repellenda
argumenta, aut, ut vulgô dicitur, snmmaria. Ipsi verô acriter
instabant, iiicorrupta esse sua argumenta asserentes ". Sedquum
cernèrent se clarissimè convictos, tandem obsecrarunt'- ut sal-
tem alterum istorum illis concederetur : aut quôd errata colli-
gerentur à tergo li])ri, more solito,'vel quôd alibi imprimerentur.
nullo nomine seu titulo apposito, scilicet tam tuo quàm civitatis.
Nos vocati publiée apud Senatum convenimus in banc senten-
tiam : nibil illoi'um quse proponebantur ab adversariis nostris
jure fieri posse. In fine decretum fuit a Dominis quôd priva-
rentur omnino suis codicibus, aut quôd tu cuni magistro Guil-
lelnio Farello et magistro Petro Viret indicaretis quid agen-
dum 'H'obis videretur : quare mitfimns ad te exemplaria^'\ Nunc
restaret nostros sugillatores accedere ad siiosjudices suis exi)en-
sis, ut definitum fuit, si eorum opéra egeret : nec tamen credi-
mus (>os abituros '^
^^ Registre du Conseil, mardi 3 juillet : « Sur ce que l'on havoyt donné
charge aux prédicans de visité les Nouveaulx Testamens avecques les suni-
inayres imprimés par /. Michkl : [ils] ont retîéru qu'il il trove es dits
summniires erreurs. »
" Éd. de Brunswick : afférentes.
'■^ Ibidem : ohsercarnnt.
'•"* Ibidem : œqnum.
'* Procès verbal du Conseil du 10 juillet : « Ayans aoys les prédicaus,
aussy le dit imprimeur et ung aultre avecques luy : résoluz que, avant
que permectre qu'il soyent imprimés, que l'imprimeur doybge alle[r] tro-
ve[r] M. Calvin et M' G. Farel [à] Estrabourg, et si escripve qu'il n'y a
nul erreur, il leur sera permys de imprimé et parachevé l'hœuvre. »
^* Après le retour de Calvin, le Conseil de Genève prononça cet arrêt
définitif, le 31 août : « Ayans aoys M. Calvin et les autres ministres quil
hont visité le nouvcault testament que Johan Michiel a imprimer : com-
bien que en icelluy aye plusieurs faultes aux sommayres,... luy ayans
fayct bonnes remonstrances, pour ceste foys luy soyt permys de parachevé
l'œuvre, moyennant qu'il ne mecte pas Genève ny le nom de M. Calvin »
(Annales Calviniani. Calv. Opj). XXI, 317, 319).
Il parait cependant qu'un certain nombre d'exemplaires dont le titre
portait le nom de Calvin, se répandirent dans le public. Autrement, on ne
s'^xjjliquerait pas la préface suivante, im])rimée en tête d'un N. T. fran-
çais de 1545 ou 1546, préface qui nous a été obligeamment communiquée
])ar M. le ])asteur Charles Schrœder :
Jehan Calvin au Lecteur Ckrestien.
Pource qu'en l'autre impression du nouveau Testament, on avoit miz
Jo43 LES PASTEURS DE GENÈVE A JEAN CALVIN. A STRASUOIRG. 449
Plura in pi-iPsoiitia non occnrrnnt scrilxMula quu' tutù litcris
comniittanius. nisi (luùd à t/orilni/io*'' comiihircs inrasii ppsfi>i.
Salutabis, si placet, nostro nomino ma^istruni GnUlclmnm Farel
ac ciçtoros fratres. Beno vale. Ex Gencvensi civitate, IV Jnlii.
(1543.)
Tui IVatres Philippus ab Ecclesia, Amed'". Cha.mperellus.
MaTTHELS GENESTONUS'^ ArELLS PoL'PlMNLS, L. TrEIM'EREAU ' '.
au tiltre ([uc je l'avoyc reveu H corrige : et néantmoins qu'il y a des fautes
grosses et lourdes, il est besoing que j'advertisse les lecteurs pour ni'eu
excuser : et prévenir le scaiulale qui en pourroit estre. Il est vrav que je
Tavois reveu, et comliien que ce eust esté eu liastc : d'autant que j"avoj-e
adonc autre labeur en main qui me pressoit : si est-ce que je n'y avois
pas travaillé eu vain. Et la correction eust assez profité à la gloire de
Dieu, et à l'instruction de son peuple : si on eut suivy la copie, ainsi que je
l'avoye faicte : et que la négligence ne fust pas venue d'ailleurs. Combien
que je ne say si je dois dutout imputer cela à négligence, qu'on se soit si
loing destourué de mou intention : quasi de propos délibéré. Quoy qu'il en
soit, la translation, telle qu'elle estoit, ne laissoit pas encor d'estre meilleure
que les précédentes. ^lais j'ay bien voulu advertir les Lecteurs de la vérité :
à lin que la faute d"autruy ne soit rejectée sur moy : comme ce n'est pas
la raison, et aussi pour leur donner espérance de trouver icy mieux, de
laquelle ils ne seront pas frustrez.
^^ D'après les calculs que M. Henri Kamm, de Lausanne, a bien voulu
faire pour nous, la nouvelle lune en question eut lieu dans la nuit du
1" au ^juillet 154.8 (calendrier julien).
" La copie porte David, ce qui est une erreur manifeste. Chavipereau
signait presque toujours avec le prénom Amé, Aymé, ou Edme (Amedcem-
ou Edmundus).
'* Le 5 juin, les ministres de Genève avaient annoncé au Conseil que
Pierre Blanchet était mort à l'hôpital des pestiférés, et que Matthieu de
Gene^ton s'oftrait pour le remplacer, si le sort tombait sur lui (Reg. du d.
jour).
" Ahel Poupin, natif de Eouen, était pasteur de la ville de])uis le
23 avril 1543. io«y> Treppereau s'a])i)elait en latin Trepperelhis.
T. VIII.
29
450 LE COiNSElL DE GENÈVE A JEAN CALVIN, A STRASBOURG. 1343
1257
LE CONSEIL DE GENÈVE à Jean Calvin, à Strasbourg.
De Genève, 11 juillet 1543.
Msci'it orig. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 145. Cal. Opp,
XI, 591.
Monsieur, nous amyables salutacions prémises. Nous havons
receu par nostre liérauld vostre leetre', ensemble la seconde
Épistre de maystre Omllanme Farel^ et Responce deCaroli^ :
de quoy voz mercions. Et sûmes estes bien joieulx de sçavoyer
de voz novelles, vous priant que, si ne allez à Metz, que le plus
briefz qu'il vous sera possible voz en revenés, pource que sçavés
bien que l'on a besoieng de vous en l'église. Toutesfoys, si estoyt
le bon volloyer de Dieu que fussiés aoye contre le dict Caroli,
ne vouldryons rien espargnyer de nostre costé de rendre nostre
debvoyer en tel affère, ainsy qu'il sera neccessaire. Et, pour
aultant que havons entendu les bons recuyl que voz hont estes
fayct tam à la ville de Basle que [à] Estrahourg, ne ferés faulte,
de nostre part, envers eulx fère nous amyables recommandacions
avecque les remerciacions et réoffres oi)portunes.
Nous havons deslyvrés VEspitre susrelatées à Johan Girard
j)Our icelle imprimer \ comment maystre Guillaume avoyt
escript : autqueit, de nostre part, ferés nous recommandacions.
Et sur ce pryons Dieu qu'il voz consei've. Actum xi" Jullii 1548,
Les Scindicques et Conseyl de Genève.
Nous voz envoyons par nostre dictz héraulx dix escus soley^
pour satisfayre à voz despens. Quant à ce que havyés deslyvrés
'-•^ N"^ 1254 et 1250.
^ Réi)onse envoyée le 1'' juin au Conseil de Strasbourg par les niagis-
trats de Metz (N" 1242).
■* C'est VEintre de Farel du 25 juin à Caroli, visée plus haut (renv. de
n. 2).
* Écus au soleil, comme on ai)p(>lait i(>s écus de France.
i
1543 PHILIPPE MÉLANCHTHON A JEAN CALVIN [a STRASBOURG]. 45!
au dictz iiostre liéruiilx, cclla liiy est esté hiyssé, et ticmlra ccniiptt'
avecqiie vous.
(SuscriptioH :) Monsieur Calvin, iifwtic ministre, estant à ])ré-
sent Estrabourg.
1258
PHILIPPE .MÉLAN( HTHON à Jeaii Galvlii [à Strasbourg.]
De Bonn, H juillet (1543).
Autogr. Ribl. Publ. de Genève. Vol. n" KM). Calv. Op]). XI, 5!)4.
S. I). Niliil in liac liliei/i ripa congressu Sfnruiu nostri^ jiicun-
dius adluic (juideni niilii luit : quem quidi^m e5 libentiîis
complexus sum, quôd te comiteni adducel)at-. ^'ideor cnim
legens tuam epistolam^ i)lenam eruditionis y.cxi Br£oa£(SeLocç, te
ipsuni audire. Utrique igitur gratiani liabeo, Sturmio et tibi,
quôd in his occupationibus [sumniis '^J, quas scis sollicitudinuni
l)lenas esse, [me rejspicitis. Peto etiam, ut Ecclesiam [laboran-
tem], quod certè te facere scio, [comniende|s tilio Dei, quem
Daniel in(iuit [in exjtremo temj)Ore dissi])aturum Ecclesia' [de-
vasjtatorem esse. Vides Imperiorum [tumul|tus. (pii r('l)us
humanis ingentem [confujsionem adferent. Nos intérim [Eccle-
siamj Verbi' doctrina foveamus : qua de re j)uto te sermones
mecs multos [memoria tenere]. Quod iu 'parte (Ikiyntationis
edita^, refers ad peccatum seu morbum originis xiiv àâv-jtxij.iav,
mihi placet. Alteram partem Ti-pi d-jdyy.-n;, ex divina' voluntatis
])erpetua sententia, nollcni addi : -«v d-.or.rA-.y.zMv ici dicere,
* Jemi Stttnn, jjrofcsscur ù Str;isI)ourg. Calvin Pavait ciiargé (Pune
lettre adressée à Mélandithon.
^ Parole aimable, expliquée par la phrase suivante.
* Cette lettre de Calvin est jx'rdue.
* Ici commence une lacune, dans la i)artic gauclir du manuscrit.
^ Édition de Brunswick : util/ doctrina.
" La première i)artie de l'ouvrage de Calvin contre l'ifjhius ( Cf. Icttn'
de Mélanchtlion du 11 mai, X" 1228, n. 8).
452 LE CONSEIL DE LA NEUVEVILLE AU CONSEIL DE BERNE. 1513
Neroiiis flagicia necessariô facta esse. Tandem ergo abrumpamus
illas qiuTestiones. Bene vale. 12 Jiilii (1543".) Bonnae.
Philippus Melanthon.
Saluteni opto D. Pharello.
(Inscriptio :) Clarissimo viro et egregia eriiditione et pietate
I)ra?dito I). Jolianni Calvino, amico suo cariss.
1259
LE CONSEIL DE LA NEUVEVILLE ail Coiiseil de Berne.
De la Neuveville, 15 juillet 1543.
Inédite. Mannserit original. Arch. de Berne.
Très redonbté, magnifficques et très puissant Seignieurs, à
vous exellences tant que à nous est possible humblement nous
recomandons. Très exellent Signieurs, ceulx du village de Li-
gnières ' sont venuz à nous, ])our nous déclayré, que après plus-
seurs bonnes remonstrances faictes par plussieurs gens de biens
à iceulx, qu'ils estoyent esmeii de volloir vivre à ÏEvangiUe
et accejjter rostre saincte réformation, — nous pryant que
])Our ce fayre leur aydissions, afïin que l'on ne leur doue aul-
cungs empêchement, coment par cy-devant l'on a vollu fayre.
Ainsy que le présent pourteur informera vostre signiorie, Hz
estoyent assez bon nombre assistant à certaine prédicacion qu'ont
esté faictes sez jours passez ou [1, au] dit Lignieres; mais ilz ont
depuis esté espovanté ein partye, et la reste nous a faict requeste
de leur ayder, ainsy comment vostre signiorie poura veoir par
la supplications^ : le nombre desquelz ilz [l. y] est contenuz. Et
^ On sait que Mélanclithon, appelé ])ar l'électeur Hermann de W/ed,
partit pour Bonn au mois d'avril 1543, qu'il arriva dans cette ville au
mois de mai et dut en sortir avant le 19 août (Voyez la lettre que Bucer
lui adressa de Bonn le 25 août, publiée par Bindseil, o. c, p. 182. _ Ca-
merarius, o. c, p. 202).
* Lignieres, village neuchâtelois, est situé à une lieue N.-O. de la' Neu-
veville.
I
134.3 LES MINISTRALX DK NELCHATKL AU CONSKIL DE STRASIJOUKG. 453
l)Ourtant que nous n'avons moy(^n do leur aydm', sinon pai' vous,
nous vous sujjjilions qui vous j)!ays(^ les avoir imur rcconiandé;
car la cause \o vault bien, connue yntendés Ix'aulcouj) niieulx
(jue ne serions [1. saurions] rescri])re. Vous suppliant de recldeff
considérez qi(Jil\s\ sont de la parroisse du Landeron. Et puisquMlz
demandont TÉvangille, vous avés juste cause de leur ayder et
secourir à ceste tant nécessayre requeste. Sy ainsy le faictes,
très exellent Signieurs, nous obligerez de plus en plus à voustre
signiorie, pryant Dieu, très nnloubtez Signieurs, vous avoir en
sa sainte gard(» et protections. Escripte de la Noveville, ce xv
jours de Juillet Anno xliii, etc.
Yoz luinil)lez et obéissant bourgeois
Chastellain et Conseilz de la Noveville.
(Suscription :) Aux très redoubtés, magnifticqu(^s et très
jjuissant Signieurs ^less"^ les Advoyé et Cons(Mlz d(> la ville de
Berne, noz bons S'' et speciall grand amis, etc.
1^260
LES MiMSTRAUX DE NEUCHATEL au Conseil de Slrasbom'g.
De Neuchâtel, 16 juillet 1543.
Manuscrit orig. Arcli. de St.-Thonias à Strasbourg, (al. Op]).
XI, 595.
Nostre chrestienne et singuliièi-e reconiniendation. et ce que
pouvons en honneur et dilection vous soyent i)réniis.
Magnifiques, nobles, pourvL%l)les, prudens, saiges et discrets
Seigneurs! Nous sûmes très assurez de la très noble, plus que
vertueuse assistance qu'avez faictz et faictes jourm^llement à
^ Nous n'avons pas retrouvé cette jiièce. La lettre du Landeron à Soleure
du 25 juillet 1543 nous apprend (lu'iiii ministre avait prêché à Lignières,
trois dimanches de suite (c. à d. les S, 15, 22 juillet). Il y était venu avec
le cliàtelain et quelques coaiseillers de la Neuvevilie. La susdite lettre
affirme qu'il n"y avait à Ugnières que dix ou douzej)artisans de la Réforme
(Cf. Recès des diètes, vol. de 1541-48, p. 321).
454 LES iMlNISTRALX DE NEUCHATEL AU CONSEIL DE BERNE. 1543
nostre fidèle pasteur, M" Guill" Pharelus, qu'est présentement
en vostre cité : de quoy très grandement vous remercions et
vous en rendons grâces et louanges immortelles, vous supplians
d'y continuer de plus en plus.
Très vertueux Seigneurs, jaçoit que icel M'"'' Onillmtme soit
ung vray ministre de véritable doctrine, menant vie évangé-
licque, dont i)ar ses œuvres clirestiennes il est en exemple aux
paovres brebis de Nostre Seigneur et en horreur aux iniques
(comme il est très manifeste). Or puis qu'il est sans cause et rai-
son par ce misérable P. Caroly estans à Metz, quil a blasmé son
ministère, l'accusant d'hérésie (ce qu'il n'est), et pource qu'il est
plus que requis et très nécessaire résister aux astuces et finesses
malheureuses du dict Caroly, — vous supplions et requérons en
ce luy assister. Car le bien que luy ferez le réputons estre faitz
à noz-mesmes. Et nous pourrez admonester (sy vostre seigneu-
rie le permetz) en quoy pourrions assister pour nostre dit pas-
teur, mesmement pour ceste cause (pour quoy vous envoyons
ceste présente), que causera l'avancement du sainct Évangille.
A tant vous disons à Dieu, auquel prions vous donner l'entier
de voz nobles et excellens désirs. De nostre Conseil, le xvi"'' jour
de ce présent moys de Juyllet 1543.
Les entièrement tous vostres, prest à vous
fayre plaisirs
Les quattres mlmstrallx et Conseil de
Neufchastel.
(Suscrvption :) Aux magnifiques, nobles, pourvéables, saiges
et très vertueux Seigneui's le Maistre-bourgeois et Conseil de
Strasbourg, nous singulliers et honnorez seigneurs et amys.
4260bis
LES MNiSTRAUx DE NEUCHATEL au Consell de Berne.
De Neuchâtel, 16 juillet 1543.
Inédite. ^Manuscrit original. Arch. de Berne.
Très redoul)tez, niagnificques et très puyssans Seigneurs, tant
1543 LE GOl VEKNELR DE NEUCHATEL AU CONSEIL DE STRASBOURG. 453
et si humblement (juc faire i)ouvons à vostro excollento grâce
nous noz recommandons.
Très vertueux Seigneurs, ponrcc (pie sans cause et sans rayson
ce malheureux Pierre Caroly, estans à Mdz, a l)lasni('' nostrc
fidèle pasteur M" Guillaume Pharel, et vostre sci-vitiur. {"accu-
sant d'hérésies (ce qu'il n'est), Et ponrcc (pic !<■ cas nous touche,
et sûmes en ce comprins, vehus (pic tenons une niesme l'eligion
évangélicque. vous su])plions (pic |)oiir radvancement de la
gloyre de Dieu, et au mespris et vitupère d.u dit Cdroly, en vou-
loir escripre aux Seigneurs maistre bourgeois et Conseil d'Es-
trasbourg, de sorte et manière que puyssions cognoistre vostre
très noble rescription, par vosti-e bon moyen, sortisse fruys.
digne de consolation chrestieiinc, combien qu(> de nostre part
faysons tout ce que à nous est ])Ossible. ^L\is vehus vostre
excellens crédis, que avez niesme en icelle ville, vous escripvons
eeste présente. A tant prions l'Éternel que à voz, noz Magni-
ficques Seigneurs, vouloir (sir) augment(n' voz nobles désirs. De
nostre Conseil, le xvi"'" jour de ce présent moys de Juillict 1543.
^'oz humbles serviteurs Les qu attres
Mlmstraulx et Conseil de Neufghastel.
(Suscription :) Aux très redoubtez. jSIagnificques et très puys-
ns Seigneurs, l'Advoye
très honnorez Seigneurs.
sans Seigneurs, l'Advoyer et Conseil de la ville de Berne, non
1^261
LE GOUVERNEUR DE NEUCHATEL au Gonscil de Strasbourg.
De Neuchatel, 17 juillet 1543.
Manuscrit orig. Ai'ch. de St.-Thomas. Cal. Opj). XI, ônti.
Magnificques et très honnorez Seigneurs,
Nous avons entendu par la r(Scrii)tion de M'" Guïll. Farel,
nostre pasteur, l'assistance qu'avez faict tant à son ministère
comme à sa personne : dont grandennmt vous remercions, vous
priant de i)lus en plus persévérer. Car quant congnoistriez que
456 LE GOUVERNEUR DE NEUCHATEL AU CONSEIL DE STRASBOURG. 1543
auryons moyens pour scervir à l'avansement de rhonneur et
gloire de Dieu et pour la conservation du ministère de nostre
dit pasteur, pour avoir scertitude de doctrine pure et de bonne
conservation, noz nous vouldrions selon nostre pouvoir em-
ploier : vous ])rians de reclieff avoir nostre dit pasteur en sin-
guUière recommandacion. Nous ouifrans, en semblables cas ou
plus grandz, le vous revoyr et gratiffier en nous recomandans
humblement à voz bonnes grâces. Priant Dieu, Magnificques et
très honnorez Seigneurs, vous donner bonne et longue vie.
Escript à Neufchastel près le lac, le xv!!""" jour de Juillet, Tan
mil cinq cons quarante et troys^
Voz humbles serviteurs
Le Gouverneur et Conseil de Madame
de longueville
En son Contey de Neufchastel.
Merveilleux.
(Susc7-iption :) A Magnilicques et noz très honnorez Seigneurs
Messeigneurs FAmantmeistre et Conseil de la Cité de Stras-
burg.
^ Le 15 juillet, le Conseil d'État de Neuchàtel avait adressé à celui de
Berne une lettre allemande, que M. Rodolphe de Sinner a eu l'obligeance
de nous communiquer. Voici le résumé de cette lettre :
L'écrit de M' Guillaume Farel nous a informés des grands bienfaits
qu'il a reçus de MM. de Strasbourg en plusieurs occasions. Nous en sommes
très reconnaissants, et, parce qu'il nous a fidèlement annoncé la parole de
Dieu, et que nous l'avons trouvé extérieurement irrépréhensible dans sa
conduite, nous estimons avoir reçu nous-mêmes les bienfaits qui lui ont
été accordés. Or, comme vous êtes en haute estime auprès des honorables
Seigneurs de Strasbourg, nous vous prions de les remercier très amicale-
ment, de notre part, pour tous leurs bons offices envers Farel, et de le leur
recommander, afin qu'il puisse continuer le ministère auquel Dieu l'a
ap])elé.
Le Gouverneur et le Conseil
DE LA Comtesse de Neuchàtel,
voti'e combourgeoise.
1543 JEAN CALVIN AU CONSEIL DE GENÈVE. 457
JEAN CALVIN au Coiiscil de Genève.
De Strasbourg, 2't juillet 1543.
Autogr. Arch. do Genève. J. Bonnet, o. cl, 84. Calv.( >|)i). XI, 597.
Magniticques et très lioiH)r('z Scignenrs,
Deux jours après le retour de vostre liérault scnlcnuMit. nous
avons eu response de la journée de Smcdkald : (lue i)our le jjré-
sent les princes et ambassadeurs des villes ne pouvoient rien
vuider en l'affaire de Metz : mais que avant que partir ilz en
feroient une bonne conclusion : c'est de tenir nouvelle journée
pour achever ce qui a esté connnencé : puis que ceux de Metz ne
veulent aller oultre, si on ne les i)Oulse. Or leur intention est,
de demander sauf-conduict pour eux et ceux qu'ilz vouldront là
mener : et cela faict, venir sur le lieu, afiin de presser d'advan-
taige. Ces nouvelles ouïes, nous sommes allez, maistr(> Gnillmdme
et moy, par devant Messieurs du Conseil de ceste ville, les pryer
de nous dire [ce] (ju'il leur sombloit bon de faire, alléguant que
nous craingnions que ce ne fust une chose trop longue d'attendre
la venue de leurs ambassadeurs, et niesnie (pic j"avoye receu
lettres de vous, par lesquelles vous me mandiez, s'il n'y avoit
espérance de rien ftiire pour maintenant, (pie je fisse diligence
de m'en retourner. Toutefois (jue s'il leur sembloit lyon, maistre
Gitillaidnie pourroit encor attendre, de j)eur de rompre le cou-
raige aux bons frères de Metz, s'ilz nous voioient i)artir tous
deux ensemble. Ainsi nous leur donnions à entendre, que nostre
d(^sir eust esté que maisti-e Gudldulme fust (Idiieuré, et (pie je
me fusse retiré par delà, jusque h ce (pi^on eust eu certaine
résolution. Leui' i-esponse a esté, que s'il y avoit cause trojt iii--
gente, qui me contraignit de n^tourner pai- devers vous, qu'ilz
ne m'osoient pas em[)escher, mais cpie s'il estoit |)ossible, le
meilleur leur sembloit de ne bouger devant le rctoiii- de l(>urs
ambassadeurs : lesquelz ilz espèrent dehvoir estre d'icy à liuict
jours en ceste ville.
458 JEAN CALVIN AL' CONSEIL DE GENÈVE. 1S43
Quant aux recommandations, remerciemens et offres, que je
leur ay faict de vostre part : ilz ont rcspondu que comme jusque
à ceste heure ilz se sont employé en ceste cause : aussi qu'ilz ont
bon couraige d(^ ])oursuivre et persévérer à Tadvenir : seule-
ment qu'il leur faict mal de n'y pouvoir donner meilleur ordre :
et m'ont donné charge de vous faire leurs recommandations,
promectans ne faillir à vous escrire par moy. Car ilz n'estoient
pas advertis d'avoir messaiger si propre.
Aians ceste response, nous avons changé propos, Maistre
Gnillaulme et moy. Et ne doubte i)as que vous ne trouviez bon
que j'aye suivy le conseil de Messieurs de ceste ville, puis que la
chose estoit ainsi doubteuse. Il est certain qu'ilz ne m-eussent
pas voulu retenir sans avoir bonne espérance. Nostre Seigneur
vueille tellement conduire son œuvre, que l'issue soit encore
meilleure. Les frères de Metz aussi de leur costé solicitent dili-
gemment. Car le Maistre-Eschevin ancien^ avec quattre bour-
geois a esté à la journée : et de présent y ont encor homme.
Incontinent que je pourray, il ne vous fault doubtei' que je me
hasteray de revenir, et si ce n'eust esté que le terme est si brief,
je n'eusse failly à faire un voiage par delà, pour vous faire moy-
mesme de bouche les excuses. Mais puis qu'ainsi est, il n'y avoit
propos de laisser un ouvrage si bien commencé. Parquoy, Magni-
ficques seigneurs, je vous ]n"ye que vostre ])laisir soit avoir
encore patience pour ce petit de temps : comme j'espère bien
qu'au[s]si aurez-vous : qui est la cause que je ne vous en faiz
])lus longues excuses.
Pour nouvelles : L'arclievesqiie de Coulongne est merveilleu-
sement constant à medre VÉraiigUe en son ixns. ^ Et est vraye-
' Gaspard de Heu.
^ Voyez, sur Hermann de Wied, les Indices des tomes YI, Wl. — Nous
relevons les passages suivants dans la bulle adressée, le 1" juin 1543, aux
magistrats de Cologne par le pape l'aul III : <• Vestra... ])ietas et con-
stantia semj)er laudata et in ore omnium celebris, nuper splendidiùs fulsit,
cum rester Archiepiscopus (si is hoc nomiiie jam dignus est), corrupta
sua Diœcesi, etiam suam civitatem vestram corrumpere... conatus est...
Quapropter vos, filii, liortamur,... ut in cœpta ]>ietate et constantia perse-
vcretis, modis omnibus providentes atque impedientes, ne Lutheraui Con-
cionafores, nunc in vicinis locis rugicntes et quperentes queni dévorent,
in vestra civitate pr?edicare aut p0])ulum sediuere possint.... » (Aubertus
Mirons, o. c, IV, 112.)
Io43 JEAN CALVIN AU CONSEIL DE GENÈVE. 459
ment un iiiiraclc tlu zt'K- (iiril a. Car (|iu'l(juc ivsistciicc (iiic hiv
face le clci-gé, rimiversité ot la ville de Coulot/r/ne, voire jusciuc
à le menacer apertement de le (léj)oser, il ne laisse imurtant de
persévérei' plus vifvement ([uc jamais : pj/at/f les prescheurs qui
sont avec luy de n'avoir anlcu». esgard à sa jJersonne, ny à son
estât, que la réformation ne se face droictement et comme il
appartient : d'aultant que sa conscience le jJresse de s'en acquiter
devant que mourir. ' 11 a maintenant assemblé les estatz du j)aïs
poui- conclurre de mectre ordre et police sur les csglises : et
corriger Tidolatrie. ' Car touchant la prédication, il en avoit
desjà esté résolu à Taultre fois : ('"est que tout le païs. excepté
le clergé et la ville, ont accepté quo TÉvangile se prescliât
l)ar tout.
Ce pendant, l'Empereur faict ses appareil/ ])Our défendre ses
pàis-has contre le Boy,' ou bien se ruei' sur le Duc de Clèves.
On ne sçait lequel. Combien qu'il n'est ])as encor fort avant en
chemin. Et y a dangier qu'il ne se puisse pas trop fort haster.
Car le Turc descend avec grosse puissance, et veult entrer do
trois costés en TAlemaiyne. Si cela ne le contrainct de recullei-
du tout, si luy sera-ce un retardement. S'il avoit loisir de donner
sur le Duc de Clèves, chascun pense bien ([uil en viendroit
au-dessus.
Touchant du Roy. il a esté empesché par l'espace quasi d'un
mois j)0ur les pluies continuelles. Nous avons eu nouvelles
depuis quattre jours qu'il se délibéroit de marcher, ])our venir
rencontrer le Duc de Clèves. Mais hier nouvelles vinsrent au
contraire qu'il reculloit ''. On ne scait si c'est j)our ce que TAn-
glois le presse. Et aussi n'est-il j)as certain (pie ainsi soit.'
L'Emj)ereur demande des villes artilhn-ies et nninitions h eiu-
* Il était âgé d'environ soixant('-s(>])t ans.
* Voyez C. Varrentrapp. Hermaiin von Wied und sein Reforniationsver-
such in Kôln. Leipzig, 1878, p. 132-177. Zweite Alitlicilniif>-, p. 53-00.
^■^ Au mois do juin, François lavait envahi le Ilalnaut avec plus de
trente-cinq mille hommes ; il s'était emj)aré de Landrccies. sur la Samhre,
et il foisait fortifier à grands frais cette ville. Mais au lieu de marcher au
secours de Guillaume de Clères, que menaçaient les Impériaux rassend)lés
à Spire, il s'en retourna à la cour et passa ])resque tout le mois d'août en
chasses et en fêtes aux environs de Rr-inis ( Voy. H. Martin, VIII. 2sS-srt).
^ Le 11 février 1.543, Charles-Quinl avait conclu avec Henri VIII un
traité, i)ar h'i\\\v\ ils s'engageaient tous deux à sommer François I de
460 JEAN CALVIN AUX DÉPLIÉS GENEVOIS A BERNE. lo43
pninter. Mais il ira pas par tout le crédit quil voiildroit bien.
A tant, Magnilicques et très redoubtez seigneurs, après nfestre
humblement recommandé à vostre bonne grâce, je sujjplye
nostre Seigneur Jésus de vous gouverner tousjours par son
sainct esperit, vous donnant prudence et droicture, pour faire
Totlice qu'il vous a commis à son honneur et gloire, et au salut
de vostre peui)le : maintenant par sa saincte protection vostre
ville et seigneurie en bonne ])rospérité. De Strasbourg ce xxiiii
de Juillet 1543.
Vostre humble serviteur en Nostre Seigneur.
Jehan Calvin,
(Suscri^tion :) A Magnilicques, puissantz et très honorez
Seigneurs, Messeigneurs les Syndicques et Conseil de Genesve ^
1263
JEAN CALVIN aux Dépiités genevois à Berne.
De Strasbourg, ;24 juillet (1543).
Autogr.Arch.de Genève. J. Bonnet, o. c. 1, 89. Calv. 0pp. XI, 600.
Très honorez seigneurs, aiant eu response de Smalkald, y i^stoie
en bonne dévotion et désir de vous aller trouver à Berne, pour
m'en retourner de là à Genesve, si je n'eusse esté empesché de
Messieurs de ceste ville. La response estoit, qu'il falloit vuider
quelques aultres poinctz en la journée, devant que proveoir à
l'aftaire de Metz. Toutefois qu'il n'y auroit faulte, que devant le
deppart on conclueroit de tenir encore une aultre journée, et sur
le lieu mesme, afïin de poursuivre plus vifvement. Et que devant
que venir là, on demanderoit sauf-conduict tant ])Our les arbitres
députez, que pour ceux qu'ilz vouldi'oient amener en leur com-
paignie, sans nommer personne : pour nous y conduire en meil-
n'iioiic'cr à ruUianco du Tiirc et à l'assaillir de concert, s'il refusait (H.
Martin, 1. c).
« Au dos de la Irttrc. on lit cette note de Rufty, secrétaire genevois : <■ De
nions"' Calvin. Uecvcu ce ultinin .Iiiilii 154o. •>
1543 JEAN CALVLN AUX DÉPUTÉS GENEVOIS A BERNE. 46i
leuro seiireté. Aiaiit oiiy (•('st(> i-osponso, jVstoic d'advis de
retourner incontinent jns(jue à ce (ju'il fallut entrer dedans
Metz: et ce])endant (|U<' Maistre GuiUauJiitp demeurât icv j)our
entretenir les frères de Metz et leur doiinci* lion coui-ai^e de
persévérer. Mais Tadvis de Messieurs de cestc ville a esté que
nous attendissions tous deux jus(iue à la M'uw de leurs and)as-
sadeurs : (|ui sera, comme ilz espèrent, iVky à liuiet j(tui-s. J"ay
bien voulu obtempérer à leur conseil, veu (pie tant fidèlement
ilz s'emjjloient en cest att'aire. Ce pendant je vous recommande
de prier le Seigneur, quil ne ))ermecte que j(> m'en retourne
sans faire quelque fruict : i)uis que j'ay d(>sjà tant attendu. .le le
l)i*ieray aussi de ma part de conduire Taflaire au(iuel vous estes,
tellement que du tout il vicmue ;i ])onne issue. VA le i-emercieray
de bon cueur. quant j'en ouii-ay (|ue|(|U(N nouvelles, telles que je
les desir(\
Je n'ay point loisii- de vous escrire des nouvelles tout au long.
Et aussi je ne vous en sçauroie guères mander que de niaulvaises:
excepté de l'archevesque de CouJongne, lequel monstre une mer-
veilleuse affection à tousjours jU'omo[u]veoir l'Évangile. Il est
vray que la ville et univ(n'sité de Coulongne cIYcc le clergé y faict
toute résistence qu'il peult : mais d'aultant ])lus a-il de constance
et fermeté à procéder oultre. C'est aujourd'huy le premier jour
qu'il commence de consulter avec les estatz du pais de mectre
ordre et police en l'esglise. Je diz pour en résouldre et exécuter
ce qui sera accordé. Car la forme en est di^sjà composée. Si le
Seigneur luy faict ceste grâce d'avoir le consentement des estatz.
ce sera ])our rompre la raige des adversair(>s.
L' Em])ereur faict tousjours ses apprests pour d(^scendre vers
Brahant, soit pour repoulser le Bog ou pour ruer sur le Duc de
Clèves. Mais il ne se haste pas fort d'ai)procher. Et aussi il n"a
l)as son cas prest. D'aultre j)art il y a dangier (jue le Turc ne le
retarde : lequel descend avec fort grosse puissance, ])0ur assaillii-
l'Aletncdgne par trois costez. S'il pouvoit marcher, le Duc de
Clèves ne le sçauroit soustenir, s'il n'avoit ayde du Roy, lequel a
esté empesché des pluies d'approcher. Naguères il avoit com-
mencé de ce faire, et estoit desjà assez avant, mais le bruirt est
qu'il reculle. On ne scait si l'Anglais le retire ])ar force. <^)uoy
qu'il y ait, c'est une chose fort i)itoiable de voir une telle déso-
lation par toute la Chrestienté. Nostre Seigneur par sa miséri-
462 PIERRE TOUSSAIN A MATTHIAS ERD, A RIQUEWIR. 1543
corde infinie vueille regarder les misères où nous sommes : et
combien que nous soions très dignes d'en porter d'advantaige,
qu"il luy i)laise de retirer sa main, nous donnant l'esperit de
recongnoistre noz péchez pour nous réduire à luy.
Sur ce, très honorez Seigneurs, après m'estre de bon cueur
recommandé à vostre bonne grâce, je prye le Seigneur de vous
assister en l'affaire auquel vous vacquez, vous maintenant en
bonne prospérité. De Strasbourg, ce xxiiii de Julliet.
Vostre serviteur et bon amy,
Jehan Calvin.
(Siiscriptioii :) A très honorez Seigneurs, Messieurs les Am-
bassadeurs de Genesve A Berne'.
1264
PIERRE TOUSSAIN à Matthias Erb, à Riquewir.
(De Montbéliard) 29 juillet 1543.
Inédite. Autogr. Arch. de l'église de Baie.
S. Gratiss.[imumJ mihi fecisti, frater in Domino dilectissime,
quôd ad ea quœ petebam ' responderis. Nam etsi ego ipse vide-
ram olim xwiesens et Viteherga^ et Norobergœ ^ quee scrïbis, exis-
timahani tamen ea omnia ah eo tempore in melius imttata esse.
Et mallem nostros potiùs respicere quae nobis mandat Dominus
Deus, quàm quod illic fit, majoremque a'dificationis rationem
liabere quàm proprii sensus ac voluntatis, quum verum sit quod
scribis, vehenienter periculosum esse novam ecclesiam à papismo
repurgatam ad instarque vicinariim ecclesiarum institirtam, uo-
vis Cœremoniis ac legïbus onerare^. Quanquam videam Ducem
* Note du socrétairo genevois : « Recepta a Berne, 28 de Julliet 1543, de
inonsi' J. Calvin de Estrabourgs. »
' Il fait iieut-ètre allusion à sa lettre du i mars (N" 1210, reuv. de n. 9,
10).
* Nous croyons qu(> c'est entre 1533 et 1535 que Toussain visita les
l)rincipales villes réformées de l'Allemagne (III, 286).
' Cette réflexion (VErbius se rapportait aux églises du ]\Iontbéliard,
1543 PIERRE TOUSSAl.N A MAITHIAS EUlt, A lUnLEWlU. 463
nosirum Christophorum in hoc esso ut, nohis (luaiitinnvis rcchi-
mantibns ac (lissuadciitibiis, CivremoHue in D/imi/f Wirfeinher-
fioïtsl a ScJufppJfio inlitiv liîc vnlfî(Mvtni- et oltscrveiitiir '. In
(luibus si quid fucrit à nostris dissiniilc (ut nuilta suiit ilissinii-
lia), facile judicaro potes quàni otîendctur iiostci- i)Oi)uius et lui'c
tota vicinia. Exenipli gratia : hahemus lue nostrum catecliismum,
nostnim prœscriptum et consuetum in san-amentis aflmiiiistran-
dis modum% aliaqiio id genus, qua' si nuuc mutes. (|uid dicot
poi)ulusV Item ahrogata siint Virginis et Sanctorum feinta, (juod
haec gens illoruni cultui vclu^menter essot dodita, (jua' si rcsti-
tiiontur, quid cogitabunt intirmiV quid dicent adversariiV Nonne
hoc fucrit Ministeriuni nostrum j)rostituoi'o, idolohitriam sta])i-
lire, ac infirmas conscientias magis quàm unquani antea i)ertur-
bare et confundore? Sod quid hîc facias, fratcr in Domino
charissime? *S'i aheo, meis ipsis fortasse videbor niihi malè con-
scius abire, aliis nu^im ocelosiam turpitcr deserero. Si maneo,
hoc niultis improbal)itur, et in dies moriar potiiis quàm vivam,
ha?c videns otfendicula. Sed de liis tamen adeô te nolo cuiquam
quicquam scril)ere, ut ista velini apud te esse sepulta donec me-
liùs viderimus quid volet Dominus Deus.
Verhi Minister ille qui rniper venit, Joannes nomine ', natione
Bavarus, homo non indoctus, astate satis matura, compositisque
moribus, videtur bonus vir esse, et optiniè (spero) inter nos
conveniet, nisi fortasse vel hominibus quibusdam plus a'(iuo sit
addictus, vel (quodabsit) in Aula corrumijatur. Bene vale cum
réformées successivcincnt, dès 1535, sur le uiodMc de l'Kglisc nciicliàti'-
loise, et auxquelles le due Christojjlie voulait imposer la liturgie et les céré-
monies du Wurtemberg.
* Voyez la lettre ([''Ehrhnrd Schuepf àw 3 .juin, N" 1243.
'" Xous ne savons quel catéchisme était usité à Montbèlidrd, mais nous
ne doutons pas que la lifur(f/e ne fût celle de Farel. Le catéchisme inséré
(aux ff. 33-37) dans la L/tnrijie irurtenibergeoise éditée ])ar Sclmi'])!'. était
peut-être celui de Gaspard Grdter ou de Jean Brentz (Voyez Sduiurrer.
Erlauterungen der wiirtemherg. Kirehen-lîcforniations- u. (ielelirtcn-Cie-
schichte. Tûbingen, 1798, j). 179, 184).
® Outre les quatre grandes fêtes (Xoël, râ(iues, l'Ascension, la rente-
côte), la Liturgie précitée du 3 juin 1543 indique (ft". 7, 8) la Circoncision,
l'Epiphanie, le Jeudi saint, le Vendredi saint, l'Annonciation, la fête de la
])uritication, la fête de chacun des Apôtres et celle de St. Jean-Baptiste.
^ Joannes Ancjelander (Engelmann) précédemment pasteur à Gross-
Engersheim.
464 PIERRE TOUSSAIN A SIGISMOND STIER [A RIQUEWIR]. 1o43
tratribus tuis et meis oiunil)us. quos lirecor ut Dominus Deus
ecclesiae suse sanctcTe quàm diutissimè servet incolumes. Si
scias qidd scrïhat mit sen.t'ud Luiherus de adoratione Encharis-
tise, fac obsecro ad mo scribas. Nam hactenus hona conscientia
dociii et doceo adorandam illam non esse, hnaginesqne in teniplis
Ciiristianorum nonferendas^. Id quod hîc qiiosdam malèhabet,
prsesertim eum quein tu in literis tuis nominasti, quanquam non
sit solus verœ religionis adversarius nostrorumque malorum
author; sed alios adhuc minus institutos habemus, paucissimos
verô qui verè et ex animo gloriam Domini quferant. Et destituti
sumus nostro Cancellario '■' : qui si istic adhuc est, eum mihi plu-
rimiim in Domino salutabis, ineque. quum fuerit occasio, Illus-
trissimi Principis nostri Georgii clementise ac Celsitudini com-
mendal)is. Yale iterum. De opéra i)ro vino ad me misso sumpta
gratias non ago, sed faxit, precor, Dominus ut aliquando referre
possim. 29 Julii 1543.
TUUS P. ÏOSSANUS.
Ego vas tuum quàm i)rimiim potero remittam.
(Inscriptio :) Summa eruditione ac integritate prjçdito viro
D. ]\Iattliise Erbio, ecclesiîe Richenvillensis pastori, fratri suo in
Domino dilectissimo. Ptichenvilhp.
1265
PIERRE TorssAix à Sigismoiid Stier [à Riquewir.]
(DeMonlbéliard, août (?) 1543.)
Inédite. Autogi-ai)lie. Arch. de l'église de Baie.
S. Si Dominus vellet et res tuœ ferrent, vehementer cuperem
te hîc manere, qiiod nohis ahesse non possis sine magno detri-
mento Imjus ecclesiœ. Quod autem scribis, ut si quid Ei'bio nos-
tro scribere velim. id jxt te faciam : quum tu uostra omnia me
* La litiirji'ic (k- iScluiepf ne dit lien dos images.
' Siyismond Stier (Voyez la lettre suivante).
1543 PIERRE TOrSSAlN A SK.ISMOM) SUER [A RIQUE\VIr|. 4G5
iiK'liiis teiiras, et illi laciliits iiarrai-c ])()t('ris (luàin cj^o scrihcrc.
sujx'i'vacanca pssot moa o])istola. Hoc soluiii prccor. ut lioniiiicm
luihi in Domino diannu et ol)sorvaii(linn |ilui-iiniini saintes
noniinc nioo. NosIi'iidi^ lue appelhiri de concione, ca qiia potiii
lenitate, sed dicit se suos Jiahere iwœceptores, Lutlterinn rideli-
cet et Brentiuni, à (jnihus discedere nolit, nihiïqi(e vel docuisse
vel docturum quod illi non doceant. Qï'torînn (inoniam cf^o (diter
ox Ycrbo Doi, Duce- etiani ijra^sonto, docui, ot scio corani
Domino impinm esse commcntnm. docf^-c, privceptum de Imaf/i-
nihiis esse cœremoniale, niliil(iu(' nnnc ad nos ])ertinere, et de
aliis qnilmsdam (ut video) ei-it (luotine controversia, et liîc pro
arbitrio et doctrinam et ceremonias invertere volent, vide, ohse-
cro, cum Erhio quid in ea re opus sif facto. Nam Impc me graviîis
l)erturl)ant qnàm ut vel verbis vel literis explicare possim, j)rîe-
sertim quod rideam huuc nostrwn'^ wdlam lue ecclesia' uostne
rationem ludAturum, sed quse volet solùm, si])ique persuasum
liabet, ant leget in libris suorum prseceptornm, docturum. Qme
tamen intra nos contine])imus donec vulgare fuerit necessa-
rium, Sed gratissimum tauKMi mihi fecerit Erhius, si nomine
illius suppresso, de his ad me ac c^eteris quae antea ad eum
scripsi judicium suum et sententiam scripserit. Vale in Domino
Jesu, per quem tibi omnia laeta ac fausta precor, oroque nt me
lllustrissimi Principis Oeorgii clementiae ac Celsitudini diligen-
ter semper commendes '\
TUUS totUS P. TOSSANUS.
(Inscriptio :) Ôrnatissimo viro D. Sigismundo Tauro, Cancel-
lario, Domino suo et tVatri plurimùm observando.
1 •=' s C'est le personnage mentionné dans le N" 1201, renvoi di' n. 7.
- Le duc Christophe.
* Tonssain n'a pas marqué la date, mais elle est a])iiroxiniativfment
déterminée par le rapport qui existe entre la ])résente IrttP' et la précé-
dente.
T. VIII.
30
466 FRANÇOIS DE MANDALLAZ AUX HABITANTS DE GENÈVE. 1543
1266
FRANÇOIS DE MANDALLAZ^ aux habitants de Genève.
De Cernex^ 9 août 1543.
Inédite en partiel Antograplie. Ardi. de Genève.
Messiurs le syndiques, conseilliers, citoiens, bourgois et liabi-
tans de Genève, sy luini])leniant que fère puis à voustre bonne
grâce moy recommande.
Messiurs, les hénéfices receu de vous, qui jadis ne avés j^ermis
à aucuns mes émides et adverseires particuliers, qui per lors
avoënt le primat en voustre cité de Gœnève,/ère à lur dessor-
donn.ée volunté de moy % qui sy humblemant que à moy est pos-
'"^ Ce personnage appartenait à une famille savoisienne. On trouve, en
1482, un Mandalus, secrétaire à Turin, et, plus tard, à Genève un Mandola
exerçant les fonctions de vidomne {vicedominus) au nom du duc de Savoie
(Cf. les Recès des diètes suisses, vol. de 1529-1.532, pp. 1517, 1521, 1523.
1561). En 1530 François de Mandalhtz était l'un des procureurs fiscaux
de l'évêque Pierre de la Baume. Il dut quitter Genève en 1535 ou 1536 et
devint curé du village de Cernex (anciennement Sernex ou Chernay) situé,
non dans le Pays de Gex, comme le dit Amédée Roget, mais à 4 lieues au
sud de Genève, dans le décanat d'Annecy.
* A. Roget (Hist. du i)euple de Genève, II, 76, 77) en a cité librement
quelques passages.
* Allusion à son différend avec les frères Vandel et le grand-vicaire^
Amé de Ghigins. Bonivard (Chroniques de (ieuève, 1867, II, 410-412) en
parle comme il suit : « Matidulle estant procureur fiscal avec [Thomas]
Wandelli/, n'estoit pas d'accord avec son compaignon, à cause que l'ung
tenoit pour la ville, à sçavoir Wandelly, et l'aultre pour le Duc [Charles
III], combien que ce fust secrètement : et fiiisoit des choses beaucoup
contre les libertez de la ville, non sans le consentement secret de son
maistre, qu'estoit à tous ventz. »
Mandallaz ayant fait incarcérer un jn'ètre auquel s'intéressaient les
frères Vandel, le grand-vicaire lui ordonna de le relâcher. Mandallaz, au
lieu d'obéir, « dit un vilain outrage contre M. le Yicayre. » Celui-ci requit
le Conseil des Deux-Cents « de le faii-e fort » contre son subordonné; et, en
conséquence, l'insulteur fut saisi au château de Peney, sur les terres de
l'Évêque, et emjjrisonné à Genève le 24 juin 1530. Pierre de la Baume,
qui était alors absent, usa de représailles et fit arrêter plusieurs citoyens.
loi;3 FRANÇOIS DE MANDALLAZ AUX IIAHITANTS DK GK>'ÈVK. 467
sible vous iiuTcie : et iMsiurs antres luonaintés p((\i\tirnlil'res
per plisiurs de vous envers moij feites: moij ont induit à désirer
voiistre spiritiielle et cor por elle prospérité : de sorte (juc pci- jili-
siurs foys suis esté en délil)ération vous escripre. Et toujours
ereiute de vous irriter et desj)leii'e uioy a eui|)éclié juscjue à
présant. que la vi-ave clicrité, amour et dilectiou (|ue en .IIk'sus
jo vous |)orte a eliasst' de mon cucui' la dite ciTintc : cai'.sv/r///////
la midtitude des vonstres jornellement estre exterminée de ce
munde par le gleive divin de pestilence, ne mou P'^^-'> ^d'X' de
vous condoloir et contenir de vous remantiier' que vous prédé-
cessiirs, en toutes lur adversités et tribulations de i^este, de
guerre, de famine et en toutes autres nécessités que lur surve-
noént, avoënt recours à Dieu et feisoënt par les ministres de
nostre seincte mère église, prestres séculiers et réguliers, fère
prières, sacrifice et ohlation, sacramentelle du p)récieux corps et
sang de nostre créatur et rédemptur JJiésuclirist : et par belles,
dévotes et générales processions et letanies imploroént la glorieuse
vierge Marie, les ordres angéliques de paradis, seiiict Pierre,
prince des appostres, voustre patron, et tous les seinctz et
seinctes estre intercessurs jjour eulx envers la majesté divine :
et par lur dévotes et continuées oraysons ont toujours apeisé la
ire divine et de Dieu impétré grâce : et par les susdit moyens
sont esté délivrés de peste, de famine et de toutes autres ti-il)u-
lations : et ont toujours évité la guerre^ : eome |)lisjurs foys
depuis XL ans j'ay vlicu : et croy que aucuns de vous en ont
bonne mémoire : i)ar quoy ne est nul bessoing les vous esc.rii)re.
Et au tamps de vous ancestres, la cité de Genève estoit à toutes
les autres cités de la christieuté exem])leire de dévotion : et en
étrangers à cette affaire. Il écrivit aux Kribourgeois, que s'il n'obtenait pas
réparation, il aurait recours à l'Emjx'i'cur et aux princes chrétiens (N'oy. le
Journal du catliolique Jean Balanl. Genève, 185-i, p. 278, 279). Le duc de
Savoie prétendait aussi que sa juridiction avait été violée. Les (ienevois
])roposèrent vainement que le procureur tiscal fût échangé contre Botii-
vard, prisonnier à Chillon. Pantin, sur la requête de l''riliourg, et après de
longs pourparlers, « Xoble Louis de Mandalluz « olitint. le 1!) septembre,
la libération de son frère. Mais, dans l'intervalle, l'Evêque et le Duc avaient
levé des troupes et ameuté contre Genève les Chevaliers de la Cuiller. L'au-
teur des ('lironiques ])récitées a donc ])n dire que l'arrestation de Mandallaz
fut l'une des causes de la guerre de l")oO.
* Vous rap])eler.
468 FRANÇOIS DE MANDALLAZ AUX HABITANTS DE GENÈVE. 1543
céi'iiiioiiios, office, hoiinur et cuit divin, entre toutes cités la pre-
mière et plus excellente : et sy bien de Dieu ])rotégée que bien
sovant dormiés suavemant en vous couches, estant les portes de
la cité la plus part de la nuit overtes : et nul ennemis vous don-
mageoif. Et sy bien \ per aucung sien occulte jugemant, Dieu a
permis [que] ayés per aucung temps répudié la susdite dévotion
et office divin, toute foys ne veut que continués à leiser le beau
temple que en voustre cité en son nom a esté édifiez, désert du
divin office et de la très sacrée oblation du précieux corps de
nostre créatur et rédemptur Jhésuchrist : ne ausy que mettes
en oblivion les belles et généralles processions que aviés acous-
tumé fère en (lenève : à cause de quoy, à ce que puis com-
prendre, Dieu, qui a cure de tous Immeins et singulier emaut de
ceulx desquieidx Hz ne veult la damnation, vous veuglant révo-
quer et réduire en la voye de dévotion de vous prédécessurs,
permetz la mort pestiféré soy peistre des corps de plisuei~s (sic)
de vous concitoiens, comboiirgois et cohahitans de Genève : car
les maulx que soutirons bien souvant nous coinj)ellisent * à nous
retorner à Dieu et à le prier mieulx que ne feit prospérité.
A cause de quoy, jnir les viscères de la miséricorde de nostre
créatur et rédemptur Jhésuchrist, tant humblemant que fère
puis, vous supplie avoër pitié, compassion et miséricorde de vous-
mêmes : et par les susdit moyens, come vous prédécessurs pour
le passé ont feit, mettre et fère diligence de apeiser la ire de
Dieu, de qui la main âpremant vous touche per peste. De quoy
je suis (tesmoing Dieu, qui est scrutatur des cueurs des hommes)
très dolant et marri. Se vous le feites, j'ay perfecte confiance au
père céleste, qui est le père des miséricordes et le Dieu de toute
consolation, que ilz aura miséricorde de vous et vous ])erdonra
vous péchés et vous consolera en toutes vous tribulations : et
fera cesser la peste de entre vous : et sera voustre protectur et
deffonsur contre tous vous adverseires visibles et invisibles. Au
quel, jour et nuit, tant dévotemant que fère i)uis, je prie vous
vouloir per sa infinie miséricorde perdonner vous péchés et
® Cos deux affirmations duront paraître ridicules à des hommes qui
avaient lutté i)eudaut près de vingt ans pour leur indépendance, et qui
l'avaient conquise au prix de tant de périls et de sacrifices.
^ Et liien que, etc.
" Nous contraifiiieiit.
loi:i IIARTIIÉLEMI DES PRÉS A HENRI BULLINGF.R. A Zl IIK II. 469
iiisjjircr à cnsiiivrc (Mi (Irvotioii vous |)iv(lécessurs'' : et pd- sa
soincto grâce vous présci-vci- de pcstf et de tdiitis autros mala-
dies, adversités et tribulations : et ii tous vous vouloir (htimcr
en ce munde très bonne et lono-uc \U' : et aj)rès, la vie pcrdu-
ral)lc de paradis. De Sernés, ce *) de auost '" 1 r)4;), per
Voustre (ténioing Dieu) très liuniblc scrvitur l't (.ratur
Fransois de Mandallaz, très indigne prestre.
(Suscription:) A Messiurs les syndi(iues, conseilliers, citoiens,
bourgois et habitans de Genève ".
1267
BxVRTHÉLEMi DES PRÉS à Henri Bullini>er, à Zurich.
De Venise, 11 août 1543.
Inédite, Autograi)he. Archives de Zurich.
Barptolemeus Pratensius 1 Bullingero s.[uoJ S. D. P.
Et absentium ignotorumque virtutes, ornatissime Bullingere,
^ Ces exhortations devaient trouver aussi peu de prise que l'Épître du
cardinal Sadolef (Voy. notre t. V, j). 201-60). Tous les citoyens genevois
avaient juré, au mois de mai lô.SO, de vivre sous la loi de l'Evangile.
D'ailleurs, on n'avait pas oublié à Genève que, i)eiidant les dernières années
du régime épiscopal, la plupart des prêtres et des dignitaires de l'ancien
clergé s'étaient montrés les pires ennrmis de la ville {(ï. t. III, 'j). 31.5,
n. Ul; IV, 245, n. 3, 246, renv. de n. .5; V, .S29, n. 2), et <iue Françoi.s de
J[a)id(tllaz, en ])articulier, avait été l'ami des Peneysaiis et un agent secret
du duc de Savoie. Et lorsqu'on lut la ])résente lettre, quelques-uns des
conseillers pouvaient encore se souvenir qu'on ;nait adressé, en 15.S0, à
l'évéque Pierre de la Baume, à MM. de Berne et de Fribourg, des missives
officielles où François de Ma)tdnllaz était ajjjd'lé « un jjrétre bâtard, de
mauvais nom et famé, un grand larron, un traître à la cité de (Jcnèvc >
(Voy. Balard. o. c, p. 271-77). Aussi le Conseil décida-t-il, Ir 15 août,
(lu'on n'aurait pas égard aux « folles paroles» de Mandallaz, et qu"on lui
répondrait parla parole de Dieu, « (|u'il est ignorant de la vraie lumière. »
Ce fut Caîriii qui, ])eii ajtrès son arrivée de Strasbourg, réjjondit au
curé de Cernex.
'** A. Roget indique i)ar erreur la date du / / août.
'^ Le sceau, d'assez grande dimension, porte trois barres, qui traversent
obli(juemcnt l'écu.
' Nous itrnorons les antécédents de Barihêhnni des Pris, natif de Fonte-
470 BARTHÉLEMI DES PRÉS A HENRI BULLINGER, A ZURICH. 1543
è longinquis locis odoramur atqiio suspicimus, atque eœ qiiidom.
quô siiiit in homine qiiopiam majores, eô magis in sublimi loco
positœ aifulgent iis qui procul absunt. Atque ut navigantes in
alto ad consi)ecti pliari lumen cursum dirigunt, ita ceteros
mortales facere arbitror decere, ut in quo homine excellentis
virtutis splendor emicat, inter hujus vitœ huinanre tenebras, ad
eundem concurrant seque recipiant veluti ex obscuritate, id est,
eorum benevolentiie ac fainiliaritati insinuare se studeant. Qua
de causa, utar in presentia literarum bono, quô magis obligatio-
nem amicitite, qua ti])i me devinxit singularis docti'inœ rarique
ingenii tui admiratio, firmam judices, et tanquam syngrapha
contirmatam habeas. Neque verô mirum til)i videbitur aut pror-
siis temerarium, quôd tiln incogniius literis meis obstrepere
atque interpellare studia tua ausus sim. Est enim hœc pi'opria
et singularis clarorum virorum ratio, ut ab ignotis diligantur,
absentibus interpellentui-, familiares iis sint quos nunquam
viderint.
Meam itaque audaciam velim condones lucuhratiommi tuaruni
exceïlentise, qiiœ te apiid lieruni memn, Regium in Jiac Repn-
hlica oratorem ^ maxima ingratia posnerunt, me verb tihi addic-
tissimum reddiderunt ^ Quod ego til)i non potui non signiticare.
quô magis uniuscujusque referre arbitror, ut omnes suas facul-
tates norit. A'enetiis, 3 idus Augusti 154.-).
&'
Maturinus Virginius,
Fontenieusis apud Pictones,
in (Tallia.
nay-le-Comto, dans le Poitou. Il nous ajiijri'iid lui-mèiiif qu'il remplissait
les fonctions de secrétaire chez l'amliassadeur de France à Venise. Peut-
être était-il frère de Pierre des Prés, sieur de la Court de Chiré, près de
Fontenay, personnage qu'on surnomma plus tard h curé de Chiré (Bèze.
Hist. eccl. 1.580, I, 764), mais qui terminait sa lettre du 1" mars 1.562 à
Calvin en signant : « ]M.[inistre] de Chiré. » Voy. Benj. Fillon. L'Église
réf. de Fontenay-le-Comte, 1872, p. 26.
- La charge d'auihassadeur de France à Venise fut tenue de 1540 à
1541 ])ar Guilluiinie Pellis.sier, évéque de Monpellier. Il eut pour succes-
seur, en 1541, Georges d'Armagnac, évêque de Rodez (Cf. Moréri, art.
Armagnac). En 1543, l'ambassadeur français à Venise était Jean de Mont-
luc, évêque de Valence dès 1553 (Cf. Papiers d'État de Granvelle, ni, 1).
' Voyez la lettre de Parthél. des Prés à BuUiniier du 11 novemltre 1543.
154:] PIKURE TOLSSAIN A MATTHIAS KHB. A IU( tl K\\ III. 471
1208'
PIERRE TOissAix à Mallliias Eib. à Hi(|iu'\vir.
De Monlbéliaid 11 août 1543.
Inédite. Autograj)lio. Arcli. de Téglisc de IVAhi.
S. Chai'issime et obscrvaiidi' Iratcr. Jainjaiu iiiilii iiidiravit
coiniimiiis iioster aiiiicus Cancellarius^ miiitiimi se istiic mit-
tore, si quid ad te forte serib(n-e vellem. YA j^ratias ago tibi
quàm possum maxiiiias pro tua de nobis soUicitudiiie, toque por
Dominum oro, ut nos somper et i)r('('il)us et consilio adjuvare
pergas. De vino jjudet nie, te totios olitundoro : cœtorùm (pio-
niam me uiti-o invitas ad tuani liumanitatem abutendam. et
misisti optimum et milii, meo judicio, si unquani aliud l)ibi,
saluberrimum -, si liujusmodi très vol quatuor o;>/a'', sive plus
aut minus, ut sese ofîeret commoditas, adhuc mihi cini possit,
gratissimum fuorit, Quod ul)i signiticaveris, vas simul et i)ecu-
niam mittani. Et si aurigam non statim nactus luoro, mihique
vinum servetur, ego acceptis tuis litoris preeium por Caifcel-
lar'mm primo quoquo temi)ore mittam. Quôd si nos Dominus
Deus in proximam vindemiam servaverit, orabo te ut de medii
aut circitor boni alieujus novi vini voetura milii jjrosjiicias. Id
quod ad te familiariter scribo, non ut quen(|uam grav(Mn, noc
tam ut loculo quàm valetudiui consulam. ([uod vix credas quanto
cum corporis natura jdus satis imbcM-iliis dispeudio. vinum hîc
hactenus quod foré venit, l)i))erim. Sed nibil est dims iit Pr'ni-
ceps noster Georgins intelligat nie hac lu i-ctua iiti opéra. Bene
vale, vir amicissime. Mon])elgaril;e postridio i-nurcntii iri48.
Tuus (\\ animo P. Tossams.
(InscripUo :) T'idelissimo Cliristi scrvo 1). Matthiu' Krbiu
Ecclosite Richoviilensis pastoi-i. fratri et amico suo chariss.
Richenvilljp.
1 Sigismond Stier ÇS"- 1205, 126fi).
^ ToHSsnin snuftVait rl*^ In iiTavcllc.
^ De rallemaml Ohm, (Jhme {mnn\).
472 JEAN CALVIN AU CONSEIL DE GENÈVE. 1343
1269
JEAN CALVIN au Gonseil de Genève.
De Strasbourg, 13 août 1543.
Autogr.Arcli.de Genève. J. Bonnet, o. c. I, 91. Calv. 0pp. XI, 602,
Magnificques et très honorez Seigneurs,
Les huict jours que Messieurs de ceste ville nous avoient re-
quis d'attendre, se sont convertis en trois sepmaines : et encor
n'en avons-nous point résolution finale. Car leur principal am-
bassadeur * n'est pas encor retourné de la court de l'Empereur.
Et c'estoit celluy qui pouvoit déclairer les choses, affin que sur
son rapport on print conseil.
Toutefois ma conscience me presse de ne plus délayer. Car je
ne doibs pas estre mené tellement d'affection de servir à la
ville de 2Ietz, que je ne regarde le debvoir que j'ay envers vous
pour y satisfaire. J'ayme mieulx avoir perdu un volage, que de
si longuement vous défaillir. Pourtant j'ay proposé du tout
d'aller pour la dernière fois dedans trois jours par devant Mes-
sieurs du Conseil, et leur déclairer que je ne puis plus attendre :
et, ce fait, m'en retourner par delà : sinon quil [1. que] l'entrée
fust preste desjà à Metz : ce qui n'est point à espérer. Car le
Conseil de Metz, au lieu de respondre aux protestans, a envoie
par devers l'empereur, pour avoir une alonge : et mectera poine
de reculler tousjours tant qu'il pourra^. 11 est vray que Nostre
Seigneur pourra bien rompre toutes leurs machinations et les
dissiper. Et le principal est de le prier qu'il nous vueille adres-
' L'ancien bourgmestre Jacob Stunn.
^ Voyez la p. 404, lig. 7-20. On lit dans Seckendorf. IH, 4()() : « Literas
ex foiiventu [Smalkaldensi] die 19 Julii, duces fœderatoruni ad seiiatum
[Metenseni] dederunt, seriô liortantes ut et maledicum illum [scil. Vcd-ohim]
compescerent, et secundùni pacta ipsorum rogatu inita condonatorem
evangelicum tuerentur. Offerunt etiani, si senatus id peteret, theologos
mittendos, qui rdigionis evangelica^ rationem redderent et cuni adversa?
]»artis saccrdotibus disputationeui instituèrent. Responsuni senatus non
invenio. Praîvaluit antiquaî superstition is studium et autoritas cleri. »
15i3 LE CONSEIL l»E STRASBOURG AU CONSEIL DE GENÈVE. 473
ser en son œuvre. Car aultrcinciit nous u^ iJi-otitci-oii^ i-idi. u'cu
consultant, n'en faisant tout ce (lui sera en nous. Mais j"a(l-
viseray de suivre le ])lus })rochain (j4ril nie nionstrei-a, c'est-à-
dire de m'emitloirr envers ceux de Metz, tellement (lue je ne
vous frustre poinct de mon service. i)uis qu'il m'a s])écialement
obligé à vous.
A tant, ma^nitir<iues vt très i-edoubtez seigneurs, après
m'estre huml)lement recommantU' à voz bonnes grâces, je itrye
nostre bon Dieu de vous gouverner par son s. esj)ei"it en sa
gloire et au salut de vostre ville, vous maintenant en bonne
prospérité. De Strasbourg, ce xiu d'aoust.
Vostre luimble serviteur
Jehan Calvin.
(Suscription :) A Magnitic(iues, puissans et très honorez Sei-
gneurs, Messeigneurs les Syndicques et Conseil de Genefve ^
1270
LE CONSEIL DE STRASBOURG au Gonsell de Genève.
De Strasbourg, 16 août 1543.
Manuscrit orig. Arch. de Genève. Cal. ()\)\). XI, ()04.'
Prudentibus et i)neclaris amicis et vicinis suis cliarissimis
Syndicis et Senatui GenevensisCivitatis, Petrus SturiM, magister,
ET Senatus Argentinensis s. I). p. amieitiam et beurvolcntiam
suam paratam otferentes.
Amici cbarissimi, ad decimnm octavum .Innii nobis epistolam
misistis', in qua rogastis ut Joainii Calviuo, theologo et pastori
^ Au dos do la lettre lo secirtairc frciicvois a écrit cette note : • I>e Mous''
Calvin de Estrabotirff, ce 22 Au<ïnsti 1.543. »
* Cette lettre du 18 juin au Conseil de Strasbourg est imprimée dans les
Calvini Opéra, XI, .5(J!). Nous avons donné (N" 1247J la lettre française
que les magistrats de Genève adressèrent, le susdit j'uir. au Conseil de
Bàle, et qui est, en ])lusieurs jioints, de même teneur.
474 LE CONSEIL DE STRASBOURG AU CONSEIL DE GENÈVE. 1543
vestro, adsimus contra Petrum Caroli, qui Metu doctorem agit,
qui etiam, quô de principio cursui Evangelii obstot, cum ministros
onmos Evangelii, tuiii Calvinum pra'cipuè calumniis gi'avat
et accusât luereseos. Ac quomafhnodum ox literis vestris intel-
leximus, ita sose ros habet. Nam, ut etiam ex aliis cognovimus,
Carolus apud Metenses yàm inenses aliquot suis criminationibus
plurimùm obstat et otiicit Christi evangelio. Qua indignitate
etiam nos comj)ulsi" unà cum religionis nostrce sociis nuper, inter
cnetera postulata, petivimus a Meteusihiis ut Carolnm juberent
de his calumniis, ])rœsente C(dvi)w atque Farello, rationem
reddere : eaque de causa ambo ajiud nos aliquamdiu hœserunt,
ut si conventus de hac re^ baberetur, pro Evangelio et pro se
ipsi sese defenderent. Sed quoniam a Metensihis nondum quic-
quam, utque utrinque erat decretum, responsum est, et cum socii
religionis nostrœ SmcdkaJduv sinuil fuerint, rursus Metensïbus
scripserunt ', ut facerent quemadmodum convenisset, et Petnis
Caroli de suis criminationibus responderet, et nostris provide-
rent ut qui mitterentur legati, tutô ])i*oticisci jjossent, id quod
non solùm ad defensionem personarum. sed etiam ad utilitatem
religionis plurimùm conduceret. Sed adbuc nibil a Metensibiis,
quod nos quidem sciamus, responsum est. Calvhius verô atque
Farellns suo oflfttio atque voluntate rationibus religionis non
defuerunt, et bucusque ai)ud nos expectarunt. Yeruntamen
quoniam ignoratur an responsuri sint Aïetenses, aut quid sint
resi)onsuri, et fortassis in longum tempus bœc causa extrabetur,
aut nibil in eadem elaborabitur : consilium dedimus Ccdvino
atque Farello, qno ad suos i^edirent et ecdesias sïbi coiiimissas
curarent. Quod si fortassis aliquando Metenses diem ad coUo-
quium statuant, signilicabimus in tempore, quô sua religio-
nisque causa adsint. Ac quia uterque, Calvinns atque Farellus,
religiosè et sanctè apud nos vcrsati sunt, quemadmodum decet
eos qui studiosi sunt Evangelicœ doctrinœ et veritatis, de qua
re nos ipsis ultro et libenter testimonium damus, à vobis petimus
ut Calvinum de hac mora atque expectatione excusatum hahere
velitis, si in hac causa elahoratum non sit : isque vobis pro suo
erga vos vestramque ecclesiam singulari officio sit commendatus.
^ Sous-ontciidu Mel/s.
* Voy<'z If X" j)n''C('(l('nt, note 2.
lois LE CONSEIL DE STRASBOURG Al X CONSKII.S liK NKICHATEL. 475
Nos otiam vicissim. si (|ui(l in liujusinodi ivhns f.iccrc iiotorimus
qiioil gratiim vobis sit. scdiilù id et tidditcr siiscipicimis. Datji'
XVI. Augusti Aiiiio Doiiiiiii m.u.xliii. '^
(Insen2)tio :) Fnuiontihus et i>iii'claris aiiiiris et viciuis suis
c'harissimis Syndicis ot Senatui GencvcMisis civitatis '•.
LE CONSEIL DE STRASBOURG aux Coiiseils de Neiicliatol.
De Strasbourg. IG août 1543.
Inédite. Maimscrit original. Arch. de Neucliâtel.
(Traduit de l'allemand.)
Aux honorables et discrets le Gouverneur, les Ministraux et
magistrats de Neucliâtel, Nous offrons, nous Pierre Sturm,
Bourgmestre, et le Conseil de Strasbourg toute amitié possible
et tout bien.
Chers amis, vous connaissez le différend qui s'est élevé et qui
dure encore entre les magistrats de Metz ot <iuelques-uns de
leurs bourgeois, à cause de l'évangile de Christ, et vous savez
qu'un certain Pierre Caroli, docteur à 2[etz, calomnie et doit
avoir taxé d'hérésie, dans ses prédications, ceux qui servent !<•
Seigneur en prêchant l'Évangile, et spécialement Messieurs les
théologiens GuillanmeFurel et Jean Calvi». C'est pourquoi on
s"est accordé ici récemment à i-econnaître. que ceux de M(>tz
devaient contraindre le susdit 1)'' Pierre CaroJi h reiidn'conii)ti'
de ses accusations en présence des iirémentionnés jPr^>c/etCV//r/y/.
A cet effet, ceux-ci ont passé dans notre ville un temps assez
long, et ils ont attendu le nidiiH'iit où ils pourraient se justifier
et rendre compte de leur doctrine.
Mais parce que ceux de Metz ont traîné l'affaire en longueur
jusqu'à présent, et n'ont pas (Micore répondu à la lettre récente
que nos alliés de la religion leur ont adressée de Smalhilde», et
* Note du secrétaire soiievois : <■ D'Estralmiirir 27 Augusti 1513. •■ (v
dut être aussi la date du retour de Calrin à Genève.
476 LE CONSEIL DE STRASBOURG AUX CONSEILS DE NEUCHATEL. lo43
qu'on ne peut pas non plus savoir s'ils veulent y répondre et
forcer Caroli à se présenter au colloque, — nous avons conseillé
à MM. Farel et Calvin, qui ont attendu bien assez longtemps,
et dont Tabsence pourrait être désavantageuse pour les églises
qui leur sont confiées, de retourner chez eux et de pourvoir leurs
églises de la sainte doctrine. Et nous leur avons dit, que nous
ferions en sorte qu'ils fussent appelés à temps et en mesure d'ar-
l'iver et d'assister au colloque, dans le cas où ceux de Metz
fixeraient un jour pour cela. Ils y ont tous deux consenti sur-le-
champ.
Mais les frères de l'Évangile à Metz nous ont demandé avec
instance que M' Farel voulût bien attendre jusqu'à ce que notre
ancien bourgmestre, M. Jacoh Stnrm, qui est maintenant auprès
de notre très gracieux seigneur Sa Majesté Impériale, fût de
retour et pût s'entretenir des affaires avec lui. Et comme cela
concerne les affaires religieuses, et que les pieux chrétiens de
Metz peuvent en recueillir de la consolation, nous avons sollicité
^I' Farel de jn'olonger encore son séjour. Il n'y a consenti
qu'avec i)eine, désireux qu'il est de rejoindre son église ^ Aussi
vous prions-nous très amicalement de ne ])as lui en vouloir à
cause de sa temiiorisation, mais de considérer qu'elle était néces-
sitée par les affaires de l'Évangile à Metz, et, en conséquence,
de tenir M"' Farel i)our excusé. Nous serons toujours empressés
à vous rendre semblable service, si l'occasion s'en présente.
Donné le jeudi 16 Août, l'an, etc., xlih.
(Suscription :) Aux Nobles, discrets, le Gouverneur, les Minis-
traux et magistrats de Neuchâtel.
' De la lettre de Farel du 5 septeml»re suivant, comparée avec la note 4
du N" 1270, on i)eut inférer qu'il rentra à Neuchâtel vers le 24 du mois
d'août, après une absence de plus d'un an.
APPENDICE
DES TOMES T, If, VIT, VIII
|95bis
CLAUSSEQUiN D'AYS à Francois de Hannonville \ à Meiz.
De Tliionville, 17 octobre 1524.
Autographe. Bulletin de la Soc. de l'Hist. du Protestantisme
français, 1880, |). A'û.
Beati estis cnni maledixeruiit rohis homhtes, etc.
Très cher frère en Jhésucrist, salut! Et vous })laise savoir
que j'ay dernièrement receu voz lettres-, du contenu esquelles
ne me puis assez esmerveilhM' : néantmoins (pic je croy vérita-
blement le tout estre de Dieu, car aultreniciit ne ])ourroit vciiii-
à clarté l'hérésie du pa])e et de ses adhérans. Aussy est-il néces-
saire ([uMl viengnet des scandales. Ve autem per queni'\ etc.
Au suri)lus, très cher frère, sachez que moy estant eu la coiii-
l)aigni(> de sept ou huict personnaiges, tant nobles (pic aiiltrcs
* Voy. dans notro t. IV, p. 436-39, los deux lettres adressées en 1524
par F. (Je HainioiiviUe à ClaHS'seqio)i (VALr, seiiriioiir d'Ancy et Solirne.
^ M. N. "Wciss (liullctiii cité, ]>. 457) dit que la pr(^seiite lettre répond à
celle de Hannonville (mai 1524) qui annonçait l'arrestation Ae Jean Chas-
iellain (IV, 430). ^Nlais il nous jjarait ])i'n ])rolialili'. vu In pruxiniité- de
Metz et de Thionvill<', que Claussequin eût attciulu (piatre mois pour
répondre. Nous croyons que ])ar ces mots : « j'ay dertnèretnent reçu vos
li'ttn's, » l'écrivain fait allusion à une missive plus récente que celle du
mois de mai.
* Citation abrégée dr révansile selon St. Matthieu, cli. xviii, fin du v. 7.
478 CLAtSSEQUIN d'AYS A FRANÇOIS DE HANiNONVILLE, A METZ. 1524
gens de bien, Clément de Gorse ' m'a reproché qne j'estoye lutJié-
riste, et que le bruit est parniy la cité que j'ay faict venir le hon
disciple ^ à présent en la main des Juifz. Et davantaige, que in-
continant que j'ay [sjceu sa prinse, que m'en suis fuy et absenté
hors de la dicte cité*^, et sans ce qu'il estoit conclus quelque
chose secrète contre moy et aultres. Sur lesquelh^s paroles luy
ay donné une gracieuse resi)once (^n i)renant le tout en pa-
cience, de bon cueur, car tous les assistans sont tous bons évan-
gélistes, et sçaivent bien les tortions dessusdictes, etc.
Et, très cher frère, sachez que me donne merveille (\\\q Bacca-
reti me détient ce que le hon miré m'a envoyé de Bdle \ et vous
prie qu'il vous plaise enquérir secrètement que ce peult estre.
Et, pour des nouvelles, sachez qu'il est bruit i)ar des(;a qu'il y a
une grosse armée ensemble pour destruire les évangélistes ^ et
veullent comancer à Moiibéliair, comme pourrez ouyr d'aultres
plus à plain.
* On l'appelait ainsi ])arc(' que son père était originaire de Gorze.
^ Claussequin veut-il parler ici de Jean Chastellai)i ou de Jean Védaste
(Cf. l'Index du t. III)? Ils étaient alors tous les deux prisonniers, le pre-
mier à Nomény, le second à Metz. La qualité de disciple, attribuée à Chas-
tellain ne devrait pas nous étonner, quoiqu'il fût âgé d'environ cinquante
ans (I, 346). Depuis qu'un cordelier surnommé « le Bon-Disciple » était
venu de Montbéliard pour prêcher l'Évangile à Metz (I, 371, n. 5), son
surnom était peut-être usité entre les Messins pour désigner un évangéliste,
® Voyez la réponse de Hannonville du 21 octobre 1524 (IV, 438, renvoi
de note 3).
' « Ce Baccareti ou Baccarat était notaire (Auguste Prost. Corneille
Agrippa, sa vie et ses œuvres. Paris, 1881, I, 382) et il avait été chargé
par le bon curé, c'est-à-dire, sans doute, par Jean Rogier Brennon, curé
de Ste-Croix, à Metz, de remettre à Claussequin deux livres allemands sur
lesquels estoit escript Luther; il s'y était refusé parce qu'il craignait « plus
le pappe que Dieu icy. » C'est évidemment Claude Chansonnette qui conti-
nuait à envoyer de Bàle à Jean Rogier ce qu'il envoyait auparavant à
Agrippa. » (Note de M. X. AVeiss. Bulletin cité, 1886, p. 4.57, 458).
A notre avis, « le bon curé » désigne Didier Abria, qui séjourna assez
longtemps à Bàle en 1524 et 1525. Voyez son article dans l'Index du t. III,.
et les pp. 386, 388, 406 du t. V.
^ Nous ignorons les circonstances qui avaient donné lieu à ce bruit. Ce
fut seulement au mois d'avril 1525 que Claude de Lorraine, comte de
Guise, rassembla à la hâte six mille honnnes, pour marcher à la rencontre
des paysans allemands qui menaçaient l'Alsace (Cf. Sleidan, I, 261. —
René de Bouille, o. c. I, 80, 81).
1525 l'IKRHK TOISSMN A ul ILLAI.MK FAllKI.. A SlUASlKil [{C. . 479
Trrs clici' tVorc, sache/ ([uc vosti-r aljsciicc me poisc mais
jVs])èn'(iii('(iii(^lqU(' Jour serons eiisenil)le en vrayi' amour clires-
tienne, aidant le bon Créateur, le(iuel veulle donner sa grâce à
tous ceulx (jui la desiront.
A Tliionville, ce xvn" d'octobre, l"aii m.xv wini.
Le tout vostrc Clausseqli.n I>avs.
Fostdatnni. Sachez, frère, que ce dinianclie xi'de ce mois t'ust
icy ^nif/ père deschanU de Mets, lequel feisf m/f/ seruioi/ toUde-
meid selon VÉvangïlc. Et s'il vouloit continuer, il nièneroit le
l)euj)le de icy fort légièrenient à bon port. Nomen ejus frater
MicJtaël ^
(Suscription :) A mon très cher frère Fran(;ois de Haiinonville.
etc. A Metz'".
149a
piEREE TOUSSÀIN à Guillaume Farel, à Strasbourg.
De 13àle, 20 juin 15:25.
Manque
Voici le résumé de cette lettre', te! (lu'il se trouve dans les
Observations séculaires de Paul Ferrij (^lanuscrit de la Bibl. de
Metz :)
« Lettre latine de Pierre Toussait/, escrite de Basle le 20 Juin
1525 à Farel, (jui estoit à Strasbonnj, où il luy mande ce qui
s' estoit passé à Metz depuis le départ du dit Farel'- : Que le len-
demain il avoit eu commandement de sortir de Metz pi-ompte-
' On ne sait i)as antre chose de ce personnage.
^" Panl Ferry a écrit snr l'original la note suivante : <• On rci)roclie à
Claussequin qu'il est luthérien. Frère Michaël de Mi-tz iiresche l'Evangile
à Thionville. »
1 M. le bibliothécaire Henri Hurtin a iiieii voulu nous en (•(>niiiiuiii(iner
une copie. Nous lui présentons ici nos reniercienients.
2 Le départ, ou plutôt la fuite de Farel, dut avoir lieu « un peu avant
la St.-Jean, » entre le 11 et le 15 juin 1525 (Voyez le t. I, p. 338, n. 5).
D'après la déposition de Jean le Clerc, (jui nous seniiije inexacte (V, 111,
n. 50), Farel serait resté à il/ef^: jusqu'au T.» juin.
480 iMERHE TOUSSAIN A GUILLAUME FAREL, A STRASBOURG. 1325
ment, à peine de la vie; qu'il estoit allé au Conseil en demander
la cause, qu'on ne luy avoit pas dite ; qu'au sortir il avoit trouvé
sur la place Androuyti Roucel'\ le maistre-Esclievin, se pro-
menant avec quelques gentilshommes, etc. Que le peuple assis-
tant avoit eu grand desplaisir de cela; que si le chevalier, qu'il
dit estre toujours veritatis Evangelicse 2)ropugnator stremdssi-
mus (et qui estoit le S' Nicole d'Esch \ comme il appert par une
lettre que luy escrivit Farel de Strasbourg le 9 .Tuillet 1 52G....)
qu'il ne nomme point, y eust esté, il y eust eu sédition; qu'ayant
eu advis que s'il ne sortoit, la nuit on le mettroit dehors et
seroit banny à tousjours, il s'estoit résolu d'obéir (son but
estant de se conserver le moyen et obtenir liberté de retourner),
et le messager qui avoit promis de le conduire s'en estant ex-
cusé, — jugeant par là qu'on luy dressoit quelque embusche —
il s'estoit retiré à Basle en toute diligence. Que des orateurs de
Metz le nommé Pliilippe % loi's absent, favorisoit fort à l'Évan-
gile; que, comme il vouloit monter à cheval, Nicole Boucel, qui
estoit maistre-Eschevin l'an de devant et luy estoit devenu amy ^
ayant ouy ce qu'il avoit dit en sa cause, luy avoit envoyé offrir
son service et tesmoigné le desplaisir de le voir si fort persé-
cuté par leurs Ordinaires''. Tesmoigné avoir regret de ne
s'estre comporté un peu moins chaudement, et n'avoir connivé
à plusieurs choses, ny monstre tout ce qu'il avoit en l'esprit. S'il
peut obtenir son accommodement, qu'il changera son canonicat
contre une cure, non qu'il ait envie de regagner leurs bonnes
grâces, mais i)0ur avoir la porte ouverte pour annoncer l'Évan-
gile, ce qu'il souhaite au i)éril et à la perte de sa vie. Et, en un
2)ostdatuni , l'advertit de dire aux marchands de Metz, s'ils
alloient à la foire à Strasbourg ", qu'il n'estoit allé à 3Ietz que
j)0ur voir la ville et Messire Nicole d'EscJi''. »
* Androuin Boucel était sans doute parent de Nicole Moucel (renv. de
n. 6).
* Voyez l'Index du tome Y, et, en partieulier, les pp. 38.5, 386.
*• Philippe {(VEscli Y) l'un des orateurs de Metz.
* A comparer avec le tome V, p. 387, lignes 1-3.
^ C'est-à-dire les officiers de l'Évêque, lequel était alors absent (I, 365,
866, 368, lig. 16).
* Elle commençait le 26 juin.
® Depuis son procès avec François de Gournay (Y, 386), le chevalier
Nicole d'Esch ne résidait i)lus à Metz que rarement.
l')2tj GUILLAUME FAREL A NICOLAS d'eSCH, A METZ. 481
179 a
GUILLAUME FAREL à NicoluS (rEscIl, à MolZ.
De Strasl)ourg-, 9 jiiillrl l.riG.
Manque
Le niinistro Paul Fcitv (M1 doiiuc le im'suhk' suivant, (pii nous
a été obligeamment commiuii(iué par .M. Henri lUirtin, bibliothé-
caire de la ville de Metz :
« Une lettre de Farel escrite de Strasbourg, le 9 Juillet 1526,
à Nicolas d'Esch, luy rend tesmoignage de constance en la vé-
rité, et àdvis que Faber Stajmlensis a\ oit auparavant traduit en
françois le N. T. et les Pseaumes * pour aider à la vérité, et [que]
pour éviter d'estre adjourné au Parlement, comme il avoit esté
adverty qu'on vouloit faire ^ s'estoit retiré à Basle et de là à
Strashom-g, sachant qu'il y estoit : oii il estoit arrivé peu devant
la Toussaint, et y avoit passé l'hyver avec luy et sept ou huit
autres chez Ccqnto'^; la joye qu'il avoit eue d'y voir la réforma-
tion''; et qu'il avoit esté rappelle en France '\ où il estoit re-
tourné et avoit esté embrassé par François I, retourné de sa
I)rison d'Espagne. Parle de Testât d'alors de l'Académie de
Strashourg^, de la diette de Spire'' ; dit que plusieurs ])endent
[1. déi)endentj de Luther et d'autres hommes, qui puis après
auront la pure cognoissance de Dieu : lesquels il faut sup])orter
Au-dessous de ce qui précède, on lit dans les extraits de Paul Ferry :
« Autre lettre latine de luy [^Toussahi] escrite de Paris au dit Farel, le
14 Novembre [1526]. Semble que de Basle il y fust allé, et qu'il y escrivoit
souvent bkmdè, si forte aliquaiido putebit aditus » (Cf. t. I, 418, n. 3 ;
444, 462-465).
1 Voyez notre tome I, N" 69, 79, i)p. 132-38, 159-69, 220, 221, 223,
note 21; t. IV, p. 431, 435.
'' Cf. I, 401-403.
* Tome I, N"' 167, 168, pp. 405-415.
* I, 481; V, 402, renvoi de note M; VllL p. 275, renvoi de note G.
' I, 421, note 6.
6 I, 433, note 11.
' TomeV, p. 400, 101.
T. \aii. 31
482 HU.MBERT DE PRA.ROMAN AUX CBANOINES DE LAUSANNE. 1329
jusques à ce qu'ils soient grands en Nostre Seigneur. Fait men-
tion d'Erasme dissimulant, et du petit tils^ du dit Nicole d'Esch,
qui estoit à Strasbourg; se recommande à M. son frère ^ et à
Begnaut^^, fils de son dit frère.)) (Observations séculaires de
Paul Ferry. Tome 2. Siècle XVI°'% § 390.)
HUMBERT DE PRAROMAX ' aux Clianoiiies de Lausanne.
De Friboiirg, 2 décembre (1529).
Inédite. Autographe -. Manuscrit de notre collection.
Mangnifiques, spectables et vénérables mes [honorés] Sei-
gneurs, tant et de sy boun cœur que fè[re puis] à vostre boungne
grâce me recoraande.
Messieurs, y let venu par devant Messeigneurs Micliiel [Guil-
let^], se conplei[g]nant que vostre révérende Seigneurie n'a
« T. V, p. 412, 413, 417.
»-'" Philippe et Regnault d'Esch (V, 408, lig. 14; 416, reuv. do n. 8).
* Il apj)artonait à une famille considérable, qui a donné sept avoyers au
canton de Fribourg, et il fut avoyer lui-même pendant les années 1528 à
1530.
* Le papier étant rongé dans la marge de droite, nous avons dû suppléer
plusieurs mots à moitié détruits.
' Le nom de famille a dis])aru, mais nous le suppléons sans hésiter. Un
différend qui souleva les plus violentes inimitiés existait alors entre les
frères Michel et Jean Guillet (N" 1189, n. 2), d'une part, et le Chapitre
de Lausanne, de l'autre. Michel Guillet, mayor perpétuel du village de
Crans* (où le susdit Chapitre possédait l'église, la juridiction et une
notable partie du territoire), s'attribuait, à cause de son office, plus d'auto-
rité que les chanoines de Lausanne ne voulaient l'endurer. Un paysan de
ce village, Jean Poux, surnommé le Merloz, les vengea en fourrageant la
maison de Guillet. Celui-ci le fit arrêter à Genève. On lit, du moins, dans
le Registre du Conseil, au 19 janvier 1529 : « Negotium odibile du Merloz.
De incarccrato ad instantiam Guillieti, qui fecit partem crimiiuvlem, et
* Situé à une lieue S.-O. de Nyon.
lo29 HIMBERT DE PRAHUMAN AUX CHANOINES DK LM SANNE. 483
poyën vosu asoj)té la lostrc (nw Mess™ vous avioiit cscripte* i)ar
sy-devant. Dont Mess'" vous esci'ii)fvont^j, vous j)naiit (|uo
ancoro so vouliés fôrc de niafi-clit'''! ])6uv bycn de i)ays ", et ])Our
éviter i)lus gross incoiivt'iiycii comant seons ([uc se^ et plus
attenta coniiiaritioin' I). lùihri. iiomine Capifuîi Lausannensis, et audit'ia
querelis parte Dominonim de Capitulo, et etiani illis Guillirti, I)"' conclii-
serunt ut justicia miiiistretiir, qiiùd ipse detentiis exaniiiietur, et liât ipsum
respoiidere, attentis iuformatioiiibus siiinj)tiï^. »
Selon Bouivard (Cliroiiiqiies, II, 409, -410), « Guillet le lit ]»i<'ii(lrc et
gehenner, eu laquelle jïéln'nne il coufessa, oultre le fourage, aulcungs
meurtres. Mais nonobstant tout cela, il fut cogneu et prononcé innocent
l)ar la court du lieu [c. à d. de Crans], où les i)aysHns jugent selon la cous-
tiime du jjavs dïllec, qu'est au pays de Vaud, et fut contrainct Guillet à le
lascher. »
Cette libération irrita les bourgeois de Lausanne. On lit dans la liste des
griefs qu'ils formulèrent en 153.3 contre leur évëque et le clergé : <> il/3/, de
Chapitre, tous en général, ont soustenu Iouï temps ung homme nommé le
Merloz, lequel az estez favorisez d'eulx et az fayt beaucop de mal et l'ont...
fayt tirer hors de prison; en après luy ont liailliez des gens pour luy aydcr
az rompre la mayson de Johan G uilliet et tailUer arbres et arrachés vignes.
Et jamays ne volurent hijve justicez : duquel mal messieurs les ambassa-
deurs de Fribour l'ont vieu et sçavent comment illen vaz. » (Recès des
diètes, vol. de 1533-40, p. 87. — Ernest Chavannes. Extr. des Manuaux
de Lausanne, n, 343). Bezanson Hugues écrivait, en effet, de p'ribourg au
Conseil de Genève, le dimanche 8 août 1529 : « Demain se tiendra ici le
Grand Conseil pour l'affaire des Guillet, et, à ce que j'ai pu entendre, ils
euvoyeut ambassadeurs à Crans pour voir le beau f/oucernement, et soyez
sûrs qu'il en viendra du mal et bien grand, et appercevrez en bref que le
déluge tombera sur les chanoines de Lausanne et peut-être plus avant »
(Bezanson Hugues par J.-B.-G. Galiffe. ]Mém. et Doc. de la Soc. d'Hist. de
Genève, XI, 510).
*'° A notre connaissance, ces deux lettres n'existent plus.
* Des marches. On a])pelait ainsi des conférences entre les arbitres élus
])ar les plaideurs de deux États confédérés. MM. les chanoines ne se pres-
sèrent pas de recourir à un arbitrage. On sait, par les Docum^ns sur le
Pays de Vaud, 1817, p. 212, que Noble Jean Guillet, « à cause de l'office
de la mayorie de Crans, » se présenta devant la cour d'appel du gouverneur
et bailli de Vaud, ù Moudon, les 30 août, 15 novembre et 19 décembre
1529, et que sa cause y fut successivement « déduite » contre messires les
chanoines Jean Musard, Henri Sapientis et Pierre Perrin. Le 15 no-
vembre le prévôt et le Chapitre firent défaut.
C'est seulement à propos de la seconde incarcération du Merloz à
Genève (8 juin 1530) que Balard dit : ' Le différent avoyt esté desbatu à
Rome et jniis à Frii)ourg et à la marche » (.Journal cité, p. 273).
^ Pour bien de paix.
484 HUMBERT DE PRAROMAN AUX CHANOINES DE LAUSANNE. 1529
grosse c[omant] savés. Considéré les ocurant qiiy 'pour le pré-
se[ut sont] touchant seste histériène seste **, et mêmemant en vostre
vile, est non pas généralemant, niés par aucun particulier, à se
que j'entens, qui font plusyœurs menase, y lest à crayndre quy
ne h[ayent] quéque intéligense'". Parqiioy je vous prie, corne
seluy quy désire estre vostre boun amis, de considéré à quoy
l'église est venue, cornant savés, et que de présent n'est pas de
hesoyén de f [ère] se que l'on pouroyëthyen^K Et considéré que
se MeS"'^ n'estiont, à quoy vous seryés, et aus[si] de vostre esfat^^.
Dieu nous doyënt, par sa grâce et miséricorde, vertu [etj pui-
sanse à la mentenir '^ ! Auquel prie à vostre mangnifique et véné-
rable Seigneurie dongner bougne vie est longe. De Fribourg, se
2 de Décembre [1529 '*], par le tout vostre serviteur
HuNBERT De PraroiMan chevallier '\
(Suscrijjtion :) A nobles, spectables et vénérables S'^ Mess'"" de
Chapitre de Lausanne, mes tré honorés S'"'*.
® Veut-il dire : plus gros inconvénients comme sont [ceux] que [je]
sais ?
^ Cette luthérienne secte. L'Évêque et le Chapitre de Lausanne la signa-
laient déjà au clergé genevois dans les premiers jours de février 1528. Le
dernier registre du Chapitre de Genève contient cette note du secrétaire
Jean Martini : « Veneris, 7 februarii 1528. Mihi commissa littera missiva
destinanda de D"» Episcopo Lausannensi et Capitulo ejusdem loci, pro
pessima secta leutherana abhorrenda » (Arch. de Genève).
'" Allusion aux trois tentatives que Farel avait faites à Lausanne en
octobre et en novembre 1529 (Voy. notre t. II, N"' 2G2-266, pp. 197-206).
Le jeudi 9 septembre, même année, le conseiller fribourgeois Pierre
Arsent avait été envoyé à Lausanne, pour se plaindre de ce que le curé
de Gressié (Gressy), près d'Yverdon, avait été chassé par quelques Lausan-
nois (Arch. de Fribourg. Livre des Instructions).
" C'est-à-dire, le temps où nous sommes devrait vous conseiller la modé-
ration.
** C'est comme s'il leur disait : N'ayant pas d'autre appui que mes Sei-
gneurs, vous feriez bien de suivre leurs conseils.
^^ Maintenir l'Église.
" Le millésime est déterminé par les faits indiqués dans les notes 3, 6
et 10. En décembre 1530, le langage de l'écrivain eût été ditiérent. Jean
Poux, « le fourrageur » n'existait plus. A la réception d'un ordre de Rome,
le capitaine fribourgeois Wilhelin Cheseaux, dûment autorisé par ses supé-
rieurs, avait enlevé le Merloz à Crans, dans la nuit du 7 au 8 juin 1530,
et l'avait emmené à Genève, où celui-ci fut condamné à mort le 16 juillet.
(Reg. du Conseil. — Balard, o. c. 273, 274, 277. — Bonivard, 1. c.)
LA CLASSK ItE NEUCHATRL A LA CLASSK liK MiiMlil- 1.1 \ Ul>. '(S5
LA CLASSE DE NEUCHATEL à la ClassG de Monlhélianl.
De Ne n clin loi fmars lôU ' ?)
Inédite. Miiiuto originale 2. Bibl. des pasteurs de Neiiehatel.
S. Peints Tossunnsfrater noster s'Kju'iJicdr'ii ii()hts'\ ros coin-
muni consensu ad gloriam Doinini, scandala vitaiida, veranique
inter vos charitatem servandam, instituisse, ut si quis ex vobis
privatim in re privata à fratre liesus aut offensns esset, vel
aliquid in eo rideret, aid de eo aiidiret non ita magna dignum
animadversione, ])rivatim fratrem ea de re admoneretis. >Sed si
frater in fratre videret aut de eo audiret quodferri nonposset
sine detrimento gloriie Dei, niinisterii dede^ore et ecdesise offeii-
dicuJo, iitpote si quis de fornicatione, ebrietate, falsa doctrina,
liœrcsi, aut aliis id genus accusaretur, eum qui sciret, aut audi-
ret de fratre uUo aliquid liujusmodi, dehere coram fratrïbus
amicè indicare, quô accusatus se purget, et absolvatur si inno-
cens sit, vel si sit facti reus, fratrum senteutiaui et correctioïKMu
ferat, aut si necessarium fuerit. i-es ad Magistratum referatur.
Q^iod quidem pium instiiutntn restrum veliementer laudamus et
^^ Il s'est qualifié « clievaiipi- » et iinii Avoyer, parco qu'il écrivait offi-
cieusement.
'® Le manuscrit ])orte les incisions ordinaires et des traces du sceau.
1 Voyez la note 3.
^ Cette lettre, très endommagée, est de la main de Pierre Toussarn. On
ne peut su])])()ser qu'il l'ait com])Osée, mais il en a i)eut-être écrit la minute
sous la dictée de ¥arel : ce qui exjiliquerait i(>s nombreuses ratures que
présente le manuscrit, surtout au milieu et à la fin. Au reste, il est certain
que la missive fut envoyée à la Classe de Monthéliard, puisque Pierre Foret,
dans son Apologie, en cite tout le commencement jusqu'à Quod quidem
pium insfitufam.
^ 'J'oussuin avait fait une visite aux pasteurs de Neucliàtcl, en mars
lô-iL II écrivait à Farel, le 4 avril suivant (VIT, 7S) : « l'necipua causa
quare ad vos mense Ajuili |1. .Martin] ])rofectus sum, erat quôd Micliaël
[Dubitatus] Foreti causam... defeiulendam suscipiens, j)alàm rejecisset
coHsIitufionem nosfrani, de erratis qua' ferri non possunt, ajiud fratre><
amicè indicandis. »
486 LA CLASSE UK JSEUCHATEL A LA CLASSE DE MOiMBÉLL\RD. loil
cvpinobamns, ministerio et vestra societate iiidignos jiidicantes
qui liuic sauctie ordinationi siibscribere et subjacere nollent.
Eosqiie abiiti Scriptiira qui ad institutum hoc rejiciendum addu-
cuiit illa Christi : a Si peccaverit in te frater, etc. * » Eos verô
fratres qui seniel subscripserunt huic vestrœ ordinationi, ean-
dem posthac non posse rejicere, aut contemnere, sine perjurio
et manifesta iniquitate, etc.
Ad id autem quod idem Tossarms ex nobis petiit, quid de
fratre ministro judicaremus qui ex sua statione et ecclesia, sive
sciens, sive nesciens, decem pueros passus esset aliô ad papistas
ferri baptizandos % noc unquam verbum ullum ea de re ad fratres
retulisset, nec ad supremum niagistratum, — eum non minis-
trum Christi, non episcopum, sed ventris mancipium canemque
mutum judicaremus, indignum cui oves Christi committerentur.
Ad hœc, si frater aliquis fratrem alium apud alium aut alios ex
fratribus privatim seriô accusaret de hseresi aut falsa doctrina
et rem esse certam afïirmaret, judicamus eum vel eos fratres qui
hoc audissent, nulla ratione reticerc posse, sed mox fratribus
indicare debere, accusatum vocandum, diligenter examinandum
et audiondum, etc. Et ut hœreticis et perversse doctriuie doc-
tori])us, censemus non esse credendum Verbi ministerium, ita
dicimus eos qui maligne et falsô fratres de hujusmodi crimini-
bus accusant ", non fratres [nuncujpandos nec viros Verbi Dei
ministros esse, sed perfidos ac nebulones, gravissimaque pœna
dignissimos. Quôd si multùm clamemus adversùs aliorum vicia,
et nostra ac fratrum crimina togere ac dissimulare voluerimus,
Dominus nos malè perdet.
Prteterea ad conservandas ecdesias, nudtaque mala vitanda,
jndicamus esse necessarium, ne ecclesise quenquam recipiant ac
Yerhi ministerio pirseficiant, ahsque honesto iestimonio' . Et ora-
mus vos per Dominum no quem ex nostris, nobis insciis, et sine
nostris literis recipiatis, promittentes vicissim vobis, nec nos
quidem ex vestris ullum unquam in fratrem et ecclesiœ ministe-
rium [recepturos] qui, relicta sua statione sine fideli à vobis
* Évangile selon S. Matthieu, X\1II, 15-17.
*"^'*' En comparant ces passages avec la liste des griefs articulés contre
Tierre Furet (Vil, 237-239), on voit que c'est lui surtout qui est visé dans
la présente lettre.
' A comparer avec le t. VII, ])p. 103, renvoi de note 1): ICI, note 5.
15il LA CLASSIL DG NELCIIATëL A LA (LASSK IIK MOMUÉLLMIU. 487
testiinonio Imc veniret, daturosqiio oixM-am ut ai)U(l alias (iiuxiuc
ecdesias Gallkaiias oa lox servetiir. Quandoqiiidcni certioH est
non esse serros Dei, sed erronés et nel^doiies, qui desertis ecdesiis
et provhiciis suis, sine certa vocafione, et insciis fratrihus jam
hue jam illuc se conferunt ,^ etc.
Sed ojJtima quœqite de vohis omnibus, nohis promiftimus et
expedmmis, cousuleiites vobis iu Domino, ut si qiiis((iiiod al)sit)
ex vobis vos intortiirbare vellet, ot saiiis tVali-um consiliis
acqiiiesccre vestramque monitioneiii et côiTcctionem recipere
nollot, ilhim j)i'o fratre non liaboatis sedojiciatis i)otiùs, scientos
quantum malorum et incommodi jam doderint çcûq'&W^ pseudo-
minisfri quidam, quôd statini in cos non sit animadversum, sod
eos magistratus ac fratres diutiiis tulorint quàm dobcbant. Sed
gaudemus vos talem hahere Prindpem et magistratum Jidum,
qui ut verorum Christi servorum verè sunt amantes ac studiosi,
ita neminem ferre velint (ut nulla quidem ratione ferre debent)
qui suo rcctè non fungatur munere. Ad quam rem si sedulô
sempev ac diligenter advigilarint, malosque statim protligarint
ac puniverint, non deerunt illis boni viri, et cuni fructu in
eorum ditionibus ])ra^dicabitur Evangelium Christi. Qui vos,
charissimi fratres, ecclesiae suœ sanctœ, in unitate sjjiritus et
charitate vera quàm diutissimè servet! Valete.
Fratres vestri Farell.
Capunclll'S.
Barbari.nus et cieteri.
(Inscriptio :) Ministris classis Monbelgardensis.
Vilnlcentio N^.
Gratum fuit milii intelligero ex Tossano, studium tuum.
fidem ac synceritatem in tuo ministerio, et obsecro te per Domi-
num Jesum ut ])ergas. Vale cum iixore et Jiliolo.
9 Vincent Hortin, ami de Toiissain (^7, 400, YÏI, 153. 171). et suc-
cesseur de P. Foret dans les paroisses d'Ktobon et de Bianioiit.
488 LES CANTONS ÉVANGÉLIQUES ET MULHOUSE A FRANÇOIS I. 1541
1005b
LES CANTONS ÉVANGÉLIQUES ET MULHOUSE à Fcançois W
De Zurich, 25 juin 1541.
Inédite. Minute originale. Arch. de Zurich. Copie communiquée
par M. le D' P. Scliweizer, archiviste d'État.
Delata est ad nos, serenissime atque cristianissime rex, angus-
tia miserorum regni vestri, qui partim Oratianopoli et ceteris
dicti regni urhihus et locis in carcerïbus, partim itaqne in miser-
rimo exilio, quo cum liberis suis miseris manent ob piam evan-
gelicœ religionis doctrinam, quam in Christo Hiesu nobiscum
habent communem, gravantur molesta nturque. Quod nobis ex
commiseratione Cristiana qua illis afficimur non modicum doloris
mœroi'isque attulit. Quum autem magnorum princii)um officii
sit piam Christi religionem summa tueri virtute, celsitudo ita-
que vestra non ignoret religionem ii)sam multis et variis majo-
rum erroribus esse obfuscatam, neque eam debito et evangelico
ordine tractari, et aliquando veris cristianœ doctrinse sectatori-
bus à malevolis id vicii impingi, quôd publicorum motuum
omnisque inobedientise et rebellionis auctores sint (quod tamen
à pio cristiano alienissimum est, cum evangelica doctrina nil
nisi caritatem, quae omnibus subjecta est, doceat), preterea nos
ex multis argumentis benevolentiam Celsitudinis vestrae, bonum
itaque et amicissimum illius in nos animum se])enumero cogno-
verimus, — spe promptae exauditionis, Cel. vestram oh Cristi
salvatoris nostri amorem precamur, ut, semota indignutione in
suos concepta, illis heuigne parcere eosque nostri intuitu regia
gratia amplecti et à vincidis dimittere, relegatosque et exules
calamitosos revocare, ac regio decreto ordinare dignetur ; neque
* Voyez la lettre que les Protestants d'Allemagne adressèrent à Fran-
çois L le 23 mai 1541 (t. VU, p. 126-128). Les N"' 972, 973, 974, 979, 997,
même volume, donnent beaucoup de détails sur l'intervention des Evangé-
liqucs de la Suisse et de rAllemague eu faveur de leurs coreligionnaires
de la France.
i
lo'll LES PASTKUIIS DE STRASitOUKCi AUX CIIANOLNES DE METZ. 4SI)
contra conscientiam confessionem doctrime pnedidu' sacra scrrp-
tura fundatie ahjicere cof/at/fiir, cwn id sit morte acerhms.Quiwo
ut hac in ro erga mis(>ros illos se tam clomcntom rogia vostra
majestas exhibeat, etiain at(}ue etiaiii omniiis, qub(\ \\. qiioV|
sentire valcant, nostras i)rocos illis fiiisso iVuctiiosas.
Per id vestra Col. apiid cnnctipotoiitem Deiim oiinicscjnc j)ios
cristicolas non modicinu laiidis at(iue benovolontia' obtin('l)it,
nobisque perinde rem faciet gratissimani, quam casibus contin-
gentibiis sunimo conatu ac benevolontissinio animo erga rogiam
vestram majestatem reliquiimque tlorentissiminn regmini indc
cuncto temi)ore rependere studebimus : (nunn Deus Optinius
Maxiniiis ineolumem semper et regni suiaugustum {sic) conser-
vare dignetiir. Ex Tiguro Elvetiorum, su!) ur])is illius sigillo,
vicesima qiiinta junii MDXLP.
Cel. vestrœ
paratissimi
MaGISTRI CIVILM, CONSULES ET SENATORES AC SENATUS
URRILAl ET CIVITATLM ElVETI.E,
TiGURi videlicet, Bern.ï, Basile^e, Schaphusii ac Ml'lhisii
ET Sancto Gallensis.
(Inscriptio :) Serenissimo juxta ac cristianissimo et potentis-
simo régi et domino, Domino Fi-ancisco, Francorum régi, etc.,
domino et amico nostro clementissimo ^
LES PASTEURS DE STRASBOURG aux ClianoJnes de iMetz '.
De Sli'asljoui'g, ^5 i)clui)re I5il.
Inédite. Minute orig. Arcb. du Séminaire protestant il
Strasbourg. Copie moderne dans la Collection Sinder à Zuiidi.
Composée par Martin Blcer-.
{Ad hlasphemos Metensium Canonicos Epistola.)
Misericordia Domini illuccat Vobis, ut Christi tandem jugiim.
* La ré])onse du Roi est datée i\>- .Moulins, ol juillet lôll. Nimi- Tav^ns
publiée dans le t. VU, p. 212-214.
490 LES PASTEURS DE STRASBOURG AUX CHANOINES DE METZ. lo4i
siib que salvari tantùm potestis, admittatis, nec frustra frangere
coneiniui, convitiarique in vostram ipsorum pernitiem, praecli-
cantibus et recipieutibus illud, aliquando desinatis!
Relatum est ad nos pridem et nuper, quàm gravïbvs et in nos,
et in eos qui nohiscum consentiunt in religione, vel ad nos mi-
grant, criminationihus, iisquefaïsissimis debaccJiemini, tanquam
homines impios et religionis Christi hostes acerrimos. Memineri-
tis primùm homines esse vos, deinde in Urbe arnica nostrae
liabitare. Nam ut memineritis quid Christianum et Canonicum
nomon postulet, cum nec quid utrumque significet cognoscere
videamini, non audemus nionere. Rogamus itaque vos, ut vel
liomines vos, vel vicinos, habitantesque apud amicos nostne
Reipub. cogitetis, ut tam inipotentibus et plané inipiis calumniis
contra nos vobis aliquando temperetis. Scriptune toti sacrée nos,
et omnihus omnium Conciliorum veterum Synodis Jîdem cerfam
hahemus. Cunctos Episcopos et Populos qui in Christo Domino
salutis suae tiduciam totam ponunt, idque confessione tum oris,
tum vitae testantur, vel eatenus, ut non numerandi sint inter
eos de quibus Paulus pronuntiat. quùd nullam habent in Regno
Christi partem, ut membra nostra in Christo amplectimur, A
nemine discedinms, neminem rejicimus, vitia modo manifesta in
dodrina, ceremoniis et disciplina Ecclesiœ correximus. Non po-
tuimus, et sanè per vestrî similes adversarios maxime impediti
(quanquam et nostra ipsorum et nostrorum hominum inlirniitas
nobis ea in re o])stiterit plurimùm), et corrigere et restituere
omnia ad formam Christi et apostolicam, ut cui)imus et elabora-
mus. Sed non cessamus in hoc studio et conatu. NuUam igitur
caussam hahetis, ut nos hsereticos vel schismaticos criminemini.
In vita eorum qui nostram doctrinam ore projitentur, multa
cidpari passant : multô enim ubique plures vocati, quàm electi :
nec uspiam desunt qui pietatem cum verbis confiteantur, factis
negant. At quid Vos ipsi) cpiid vestrif Canonici dicimini, et
opes magnas Ecclesiae, hoc est Christi et pauperum, absumitis :
at quotusquisque inter vos est. qui unquam seriô cogitarit ad
eam rationem vitam suam instituere, (juam Canones requirunt?
* Nous avons dt^à mentionné cotte pièce (Vil, 445, n. 3) à propos de la
lettre des pasteurs strasbourgeois du 26 mars 1.542 à Matthieu de la Lande,
prédicateur catliolique à Metz,
* La minute a été écrite par son secrétaire.
Io41 LES PASTELRS DE STHASItdL lUi ALX CHANOINES DE METZ. A[)l
Unde scilicet et nomon hoc habetis, et istis o])ibus ahutiiniiii.
Legite cap. : In omnibus De Conser. dist. 5, et cognoscite quœ
sit régula Caiionicorum. Jam verb h^resis est et idololairia Ca-
nones Ecdesiœ p(dàm contemnere. Ita, (lui non vocatur légitimé,
sed Canonicatum invaserit ulla caniali gratia, amhitionc vel
pretio, is Simoniacae haereseos tenetur, et ejici omnium Chris-
tianorum consortio débet. Qui ullani susi)ectam mulierem domi
alat, vel adeat, aut adeuntem se sustineat, depelli sacro ministe-
rio (b^bet. In quo si non pareat, inter inipiOs et ab Ecclesia aliè-
nes liabendus est. Qui in Presbyterorum ordine constituti, non
prœdicationi Yerbi Dei, qui in Diaconii gradu non eleemosyna-
rum curœ intenti sunt, sed cantorum munus in Ecclesia olnre
volunt, anathemate plectendi sunt. Qui sacras Missas, hoc est
administrationem divinissiniEe Cœnse Dominica', aliave 8acra-
menta, vel ipsi non légitimé, ita ut Dominus instituit, adminis-
trant, vel illégitime administrantibus adsunt, vel etiam impui-i
vita administrant, aut talibus in administratione sacra commu-
nicant, nullo in Ecclesia loco relinquendi sunt. QuidV ut uno
verbo dicam, quicunque non sana doctrina et incul])ata vita
gregi Dominico pascendo o])eram suam fidelem, juxta Legem
Christi et sacros Canones impendunt, hi omnes anathema habei'i
debent : siquidem in Clericorum loco, et facultatum f]cclesi{e
abliguritione persévérant.
Ista sunt Lege Dei, sanctissimis Canonibus, et sacratissimis
religiosorum Imperatorum Legibus ita constituta et sancita
quàm religiosiss.[imè], omniumque S. Patrum scriptis contir-
mata. Jam conferte cum his vitam, institutum et mores vestros,
et ejicite trohes tantas ex ocidis vestris, tum et nostras sive trahes
sivefestucas eriiere stiidete.'^os doctrinam et Sacramenta Christi,
ut diximus, ita ut Scriptura sacra et veteres Canones, ut S. Patres
docent, administi-amus, vivere congruenter illis laboramus. Si
secùs de nobis sentitis, admonete, ai'guite, mendacii convincite,
blasphemare tantùm desinite, donec impietatisconviccritis. iSV«,
et ita liheat vobis atrocissimis Conviciis nos insectari, cogitfdjit
Magistratus noster, id apud vestrum impetret, id aut erroris aut
scelerum nos convincatis, aut à tanfis adversùs nos calumniis
vohis tandem temperetis. Imi)endet nobis utique judicium Do-
mini, qui corda intuetur : liunc metuite. Venict enim cum non
putatis omnis impietatis non ferendus Ultor. Hune nos oral)i-
492 [pierre HRliLLl] ET L'ÉGLISE FRANÇAISE DE STRASBOliRG 1542
mus, ut VOS ad se coiivertat iu tempore, et agnoscere tempus
visitationis vestrae faciat, priusquam cum iis in aîternum excin-
damini, qui illi renunciant : « Nolunius liunc regnare super
nos.» Sed si quis in vestro Collegio est, studio aliquo Christi
accensus, et qui viam Domini nec blasphémât ipse, nec blasphe-
mantibus consentit, ad liunc nihil hujus nostrœ querimoniœ
pertinere volumus. Imô taies et in Domino ut fratres amplecti
et colère cupimus. Argentorati xxv octobris anno 1541.
MaRTIjNUS BuCERUS ET CETERI
C0NCI0NAT(»RES ET PaSTORES
EccLESi^ Argentoratensis.
1101b
[PIERRE BRULLI] ET L'ÉGLISE FRANÇAISE DE STRASBOURG
au Conseil de Strasbourg".
25 mars 1542.
Manque
L'original de cette lettre était écrit en allemand. Les nouveaux
éditeurs des Calvini Opéra (t. VI, Proleg. p. xv) l'ont résumée
en latin dans un ])aragraphe que M. 0. Douen (Clément Marot,
II, 649) a traduit comme il suit :
« Nous avons trouvé certaine lettre datée du 25 mai 1542
adressée par Pierre Alexandre, pasteur de l'église française de
Strashourg^, au magistrat de notre république et conservée
' « Cette lettre a dû être ég'aréo, dit M. Douen (II, 652) : elle n'existe
ni aux archives, ni à la bibliothèque de l'université de Strasbourg; mais
elle a laissé des traces dans les Procès-verhaux du Conseil des XXI, con-
servés aux archives. On y lit à la date du 25 mars [et non du 25 mai]
1542, ce qui suit : « Le 'prédicateur et les frères de la communauté fran-
çaise supplient qu'on écrive à ceux de Metz au sujet de quelques Psautiers
qui ont été saisis à Metz. On décide d'écrire imniédiatenient et amicale-
ment. Ces Psautiers ont été imprimés ici et sont conformes à ceux d'ici. »
(Trad. de l'allemand).
^ «MM. Reuss père et fils pensent que la lettre adressée au magistrat ou
Conseil des XXI par l'Église française; n'avait d"autre signature que :
Pierre, ou bien : Le pasteur et les frères de l'Église française, et que c'est
^
1542 AL' COÎSSKII. I»K STIIASHOLIU;. 41)3
dans les archives de la ville, lettre dans laquelle Tauteur raji-
porte qu'il a récc^nnient fait inii)rimer une nouvelle édition de
la lifinyie et du Psautier j'ranrais'\ Va précédente étant vendue ;
([u"il en a envoyé à Metz près de six cents exemplaires '►, Icscpiels
ont été saisis et retenus aux portes de cette ville par ordre des
consuls % principalement i)arce que le typograi)lie — par une
en voulant préciser ou édaircir cette (lésiiiiiatioii (juc l'un des éditeurs des
Opéra Cahini a écrit, j)ar distraction, F/erre , Alexandre (qui fut, en
effet, pasteur de cette Église en 1555) au lieu de Pierre BruUi » (Douen.
0. c. II, 652-653).
Calvin écrivait de Strasbourg, le 25 juillet 1511 : Je jtense ^\\w le jtrétli-
cateur de Metz, qui loge chez moi, me succédera (Voyez notre t. VII.
p. 196, renv. de n. 14, 20. — Douen, II, 655-657). Et Jean Sturni com-
mençait sa lettre du 29 octobre 1542 à t'alvin (N" 1173) par ces mots :
« Petrus, concionatornoster, valdè angitur de ea pecunia quam tibi débet.»
La tradition locale et Jean Crespin sont d'accord pour attester (juc Pierre
Brulli « succéda à Calvin. » — Pierre Alexandre était en 1540 aumônier
de la reine de Hongrie, et déjà suspect à la cour de Rome (Cf. Lpemmer, o.
c. p. 244, 251, 252). Eu 1541 il publia un Psautier à Anvers (N" 1136,
note 11). Nous ignorons à quelle époque il fut poursuivi comme hérétique;
mais l'on sait que sa condamnation ne fut i)rononcée à Bruxelles que le
2 janvier 1545 (Cf. le Bulletin ciré, 2"'" série, XII, 394). Son nom figure
pour la première fois dans la corresjwudance de Calvin au mois d'avril
1546, et il n'existe aucun indice positif de sa présence à Strasbourg avant
cette année-là.
' Voici le titre complet de ce psautier, que nous avons déjà mentionné
dans le N° 1136, note 11 :
LA MANYE | re de faire prières aux églises Fra)icoy- \ ses. ta)tf deuât
la predicatio côme après, \ ensemble pseaulmes & cantiques franco \ ys
qûon chTite aus dictes églises, après sen \ suyt lordre et façon d'adminis-
trer les sacrementz de Bapicsme, et de la saincte | Cène de nostre seigneur
lesu Christ, de es \ pouser et confirmer le mariage deuant | l'assemblée
des fidèles, auecques le sermon | tant du Baptesme que de la Cène. Le
tout I selon la parolle de nostre seigneur. |
*S'. Paul aux Coloscen. 8.
Enseignez et admonestez l'vn l'autre en \ pseaulmes en louenges et
chansons spiri- \ tuelles auec grâce. Chantans au \ seigneur en rostre
cueur. I M. D. XLII.
C'est un ])etit in-8° de 160 ])ages numérotées, de 29 lignes. La j)réface
et le reste de l'ouvrage sont en caractères gothiques.
* Calvin nous apprend lui-même (t. V, p. 452, n. 21) qu'il se préparait
déjà en décembre 1538 à envoyer un recueil de ])saunies aux p]vangéli(iues
de Metz.
^ C'est-à-dire, du Conseil des XIII.
494 LE DUC DE LORRAIiNE AU CONSEIL DE BALE. 1543
pruclonce imprévoyante et un zèle inconsidéré et excessif —
avait mis à la fin de l'opuscule : Imprimé à Rome avecprivïlege
dn pape^'. Il demande ensuite au magistrat strasbourgeois d'in-
tervenir auprès des autorités messines, afin que les volumes
soient remis à ceux auxquels ils avaient été adressés dans un
but excellent et en vue du progrès de la cause évangélique. »
1 220bis
LE DUC DE LORRAINE au Goiiseil de Baie.
De Nancy, 16 avril 1543.
Inédite. Manuscrit original, Arcli. de Bâle.
(Traduit de l'allemand. Extraits.)
Antoine, par la grâce de Dieu, duc de Calalire, de Lorraine,
de Bar et de Gueldre, notre amical salut à vous, fermes, pru-
dents, honorables, sages et particulièrement bons amis.
Après avoir dit qu'il est mémoratif de la bonne et amicale alliance de
voisinage qui existait entre son i)ère [René II], roi de Sicile, et les Ligues
de la haute et de la basse Allemagne, et qu'il désire maintenir cette
alliance, ainsi que les bonnes relations de voisinage et de commerce établies
entre ses sujets et les Bâlois, — le Duc résume brièvement la lettre que
le comte Guillaume de Furstemberg adressait au Conseil de Bâle et à celui
de Berne le 29 mars [N° 1216]. Puis il continue en ces termes :
Tous ces mauvais traitements auraient été infligés aux honr-
geois de Metz par les Français et les Lorrains, et par le comte
d'Aumale, fils aîné du très noble prince le duc de Guise, notre
cher frère', qui devait être alors dans notre ville de Pont-à-
Mousson ^ d'après la lettre que vous a écrite le comte Guillaume.
^ Ou lit, au bas de la page 159 de ce psautier : « Imprimé a Rome par
le commandemept | du Pape, par Théodore Brùss Allemant. son im- | pri-
meur ordinaire. Le. 15. de feburier. »
Certains auteurs ont pris au sérieux cette inscription et vanté, à ce pro-
pos, la tolérance du pape. Mais nous avons vu (note 1) que le livre avait
été imprimé à Strasbourg, et l'on a de bonnes raisons de croire qu'il sor-
tait des presses de Jehan Knobloch (Cf. 0. Doucn, o. c. I, 333, 341-343, 352).
* Voyez, sur le comte d'Aumale et sur le duc de Guise, la note 7 du
N" 1216.
1513 LE DUC DK L(limAl>'K AU CONSKII, ItK HAI.K. /(9o
Cette lettre, dont iiik^ ('0|)i(' nous est pai*vemi(>, i-aconte les faits
longuement et avec d'autres i)ai-oles. Le Comte y mentionne
aussi (luelques intelligences et une convention qu'il dit avoir
conclue avec le Conseil de Metz et quelques particuliers, à cause
de notre foi chrérieune''. De qu(>lle foi, pareille à la sienne,
entend-il parler? 11 ne nous convient ])as de nous prononcfM' là-
dessus.
Mais, pour en revenir à notre i)reniiè('e o{)inion sur le ra])-
jtort que vous a fait le comte Oaillaume, nous vous informons
que ni nous ni les nôtres n'avons été présents à tout ce <|u'il
raconte, encore moins y avons-nous prêté nid'" ou appui; et il
ne se trouvera jamais conforme à la vérité (pie nous ayons favo-
risé [celte entreprise] par une exigence ou un commandement'
Mais on trouvera, au contraire, que beaucou]) de nos sujets et
serviteurs, de la nol)lesse et autres, sont restés, avec notre jx'!--
mission, au service du Comte jusqu'à leur sortie de Gorze, et
grâce au bon vouloir que nous lui avons toujours témoigné. Et
si quelque malheur lui est arrivé, à cause de ceux de Metz ou
des gens de guerre du roi de France ou d'autre.'^, il nous fait
tort en nous imjjliquant dans cette affaire, car nous n'en sommes
nullement la cause et nous n'en avons ahsolumoit rien su.
Nous aurions j)lutôt sujet de nous jjlaindredu Comte de Fur-
stemberg, à raison de l'accusation qu'il a lancée contre nous et
les nôtres, et tout cela malgré la bienveillance, la mansuétude et
l'amitié que nous lui avons montrées jusqu'ici. P^t dans les nom-
breuses difficultés où il s'est trouvé, et dans les demandes qu"il
nous a adressées, spécialement j)oui- des entrejjrises inconsidé-
rées, nous n'avons pas seulement fait un accueil bienveillant à
sa personne, quand il est venu à notre coui-, mais nous lui avons
aussi accordé libre passage dans toutes les villes de notre Duché;
et, i)ar notre bonne intercession, il a été pourvu de |ilusieurs
avantages : d'un office et d'une pension notable en argent, et
nous l'avons gratifié d'une seigneurie, sa vie dui-ant.
* A la tin do s;i lettre, le due Antoine exjilifjne spécieusement la j)ré-
sence de son frère à Font-à- Mousson. Mais ehaeiin j)ouvait comprendre
que Ze duc de Guise n'était j)as venu en Lorraine ])our visiter sa mère,
mais tout d'abord pour assaillir, à Gorze, les Évangéliques messins, ou
surveiller à distance cette expédition jieu plorieuse (Cf. j). 823, n. 2(1).
* Voyez la page 305, note 2.
496 LE DUC DE LORRAINE AU CONSEIL DE BALE. 1543
Mais vous allez être plus complètement renseignés à son sujet.
L'éié dernier, nous avons permis que des gens de guerre fussent
rassemblés sous lui, autour de Gorze, par notre cher baron de
Heidecl-, et, lorsque ces mêmes gens sont partis de là, 2>our
entrer au service du roi de France \ le dit Comte, de sa propre
autorité, a mis sous sa main M abbaye de Oorze, qui ne lui appar-
tient pas. Seulement, il prétend, sans en avoir fourni la preuve,
que le Roi lui a donné cette abbaye en garantie d'une grosse
somme d'argent". Or, comme l'abbaye de Gorze est enclavée
■*"* Il était naturel qu'avant de déclarer la guerre à l'Empereur (12 juil-
let 1542), François I ne négligeât rien pour s'assurer la coopération du
comte Guillaume, disgracié jadis (VI, 124-126), mais qui pouvait lui
rendre encore les plus grands services. On sait que ce dernier enrôla trois
mille lansquenets pour l'armée française (Cf. p. 307, n. 8), et le duc
Antoine reconnaît qu'ils furent rassemblés autour de Gorze pendant l'été
de 1542; mais il conteste que le Koi lui eût « donné » l'abbaye de Gorze.
Le service rendu par Furstemberg méritait cependant une récompense. Or,
nous avons vu (p. 92, n. 6) que le Boi avait garanti, en 1538, à ce général
les revenus de deux seigneuries de la Bresse, atin d'acquitter les sommes
considérables qu'il lui devait. Le procédé étant commode, pourquoi n'en
aurait-il pas usé en 1542, alors que Furstemberg était tenu, suivant
l'usage, de payer d'avance à ses trois mille lansquenets une partie de leur
solde ?
Nul doute que les deux contractants ne fussent persuadés d'avoir
fait une bonne affi\ire. L'obtention de la susdite abbaye ne procurait
pas seulement à Furstemberg de riches revenus. Elle lui permettait aussi
de s'établir solidement en Lorraine, et d'y favoriser les progrès de la
Réforme et les intérêts des Protestants d'Allemagne. Il est vrai que
« la forteresse de Gorze lui fut livrée par le Roi à certaines conditions, »
restées inconnues (p. 307, n. 8); mais on ne peut douter que ce fût à titre
de gage ou d'hypothèque. Dom Calmet, o. c. II, 1242, dit même que le Roi
« lui en avoit fait présent. » Aussi le comte Guillaume se crut-il autorisé
à protéger son bien au moyen d'une garnison ; et la preuve qu'il était dans
son droit, c'est que François I le laissa tranquille jusqu'au moment où il
apprit, probablement par le duc de Guise, que Furstemberg allait embras-
ser le parti de l'Empereur (n. 12). — Voilà, croyons-nous, l'histoire vrai-
semblable de l'occupation de Gorze par le comte Guillaume. Le P. Meu-
risse, o. c. p. 35-37, en donne cette relation fort différente :
« L'an 1542,... Gaspard de Heu.... cet instrument d'iniquité ayant esté...
eslevé sur le trosne de la souveraine Magistrature, l'enfer fit jouer en suitte
tous les ressors de sa puissance et de sa furie, jjour faire plier la ville de
3Ietz sous les loix de l'Hérésie. Le Landgrafï' de Hess, le Duc de Wi[r]tem-
berg et les villes de Strasbourg et de Francfort, qui de long-tems en
avoient coiiccu le dessein, se liguèrent ensemble à cet effet et mirent des
1513 LE DUC DE LORRAINE AU CONSEIL DE RALE. 497
dans noti'o duché de Lorraine ot de IJar. nous avons autorisé le
comte Gnilldione, on vertu de notre constante et tidèle amitié, à
traverser de jour et de nuit notre pays avec ses gens, en toutf
liberté, aussi lon,ii:tenii)s que nous y consentirions.
En notr(^ qualité de i)arent respectueux do deux grands et
puissants monarques, dont nous sommes le vassal", et aussi
comme i)rince du saint Empire romain, et compris dans la paix
générale de rplmpire, nous avons vivement sollicité les susmen-
tionnées Majestés, ot nous avons obtenu d'elles que h monastère
de Oorze fût au bénéfice de la neutralité, afin de nous mettre à
l'abri des troubles d'une guerre imminente". Et nous avons
négocié avec le comte GuiUaume, par Tintermédiaire de quel-
ques-uns de nos fidèles conseillers, pour qu'il consentît à nous
l'émettre la dite abbaye, pour laquelle nous voulions nous obliger
à lui faire livrer pendant quelques années une bonne somme
d'argent, aussi longtemps que le Roi consentirait à cet arrange-
ment. Néanmoins, le Comte s'est renforcé avec ses gens de guern-
dans l'abbaye de Gorze : ce qui (telle était notre confiance) ne
nous a pas empêché, lorsqu'il s'est présenté devant nos fidèles
serviteurs, de lui permettre, ainsi qu'à ses gens, d'aller vt venir
par notre Duché.
Mais, en retour des marques d'amitié et d'atfection que non
lui donnions, il- nous a mis en oubli et nous a trompé. Ses gen
postés à Gorze, et qui se composaient en pai'tie d'hommes banni
pour leurs méfaits et d'un ramassis de vauriens \ se sont mis à
trouj)i)es sur pied commandées par le comte G. de Furstembery... Et ces
trouppps se rendirent autour de Metz au mois de May suivant, atfin d'en
occuper les avenues, et de tenir les Messins en sujection. Et pour ne man-
quer point de lieux de retraite, le Comte de Furstemberg s'alla loger iire-
niièrement à Ancy. et de là à Gorze... la veille de S. Jean Bajuiste. »
Le Journal de Jean Le Coulloii (1527-1587) pulilié par E. de Bouteillfr
(Paris, 1881) suffirait pour intirmer la thèse de Meurisse.
" Le duc Antoine était vassal de François î i)our le duché de Bar.
^ Par un manifeste daté d'EcIaron, 12 juin 1542, François /donna son
consentement à la neutralité du duc de Lorraine jiendant sa guerre avec
Charles-Quint (Papiers d'État de Granvelle, II, 624-628). L'Fmpereur
confirma cette neutralité jiar Icttns jtatentes données à Bruxelles le
10 juillet suivant (Mémoires de Granvelle, III, 82, 83).
** Ajjrès avoir pris connaissance de la lettre de Farel à Myconius du
20 avril (Cf. jtp. 325-328), les Bâlois auraient eu le droit de répondre au
T. VIII. 32
498 LE DUC DE LORRAINE AU CONSEIL DE BALE. 1543
lever une somme d'argent sur quelques prélats, curés et autres
de nos sujets, à titre d'impôt, dans notre duché de Lorraine et
de Bar. Et ceux qui refusaient de payer, on les menaçait de leur
courir sus et de les endommager. Cela se prouvera au moyen de
quelques billets écrits par un colonel de Oorze nommé Datzemal
et par la signature du Comte lui-même.
Le Duc émimère ensuite les déprédations que la garnison de Gorze a
commises dans l'abbaye àç: St.-Arnoul^ et dans quelques villages de l'évê-
ché de Verdun, « appartenant (dit-il) à notre fils, évéque de Metz '", » —
ainsi que dans le monastère de l'Estainche^^, qu'ils ont pillé et rançonné.
Ils ont aussi fait prisonnière, sur le grand chemin, une nol)le abbesse,
« Malgré nos réclamations et les plaintes qui nous arrivaient journelle-
ment, le Comte Guillaume n'a puni personne. «
Dans le temps de ses négociations avec les députés des très
nobles princes le chic de Wurtemberg, le landgrave de Hesse, des
louables villes impériales de Francfort et de Strasbourg, et avec
ceux du maître-échevin, du Conseil et de la communauté de la
ville de 2Ietz, nous avons bien voulu que certains de nos fidèles
conseillers aidassent au dit Comte, à ceux qui l'accompagnaient
et à ceux de Metz, en assistant à leur conférence, pour tâcher de
les concilier entre eux. Et, afin d'y contribuer d'autant mieux et
de garantir la sécurité du Comte, nous lui avons ouvert notre
ville de Pont-à-Mousson et permis qu'il vînt en personne auprès
de nous à Nancy, avec sa suite. C'est alors qu'il nous a humble-
ment prié d'accorder le passage aux cinq ou six cents lansque-
nets qu'il voulait, disait-il, conduire de Oorze en Allemagne^-.
duc Antoine : Ce n'est pas à nous de qualifier les torts de ceux que Y. E.
appelle des bannis et des vauriens; mais nous savons que, soit en débattant
les articles de leur capitulation de Gorze, soit en escortant, pendant leur
retraite, les Évangéliques de Metz, — ils se sont montrés gens de cœur et
d'honneur.
^ St.-Arnoul, abbaye de Bénédictins, près de Metz.
*" Quoiqu'il n'eût jamais été ordonné prêtre, Nicolas, fils cadet du duc
Antoine, porta de 1543 à 1548 le titre d'évêque de Verdun et celui d'évéque
de Metz. Le cardinal Jean de Lorraine, son oncle, lui avait abandonné
l'administration de ces deux diocèses (Cf. Dom Calmet, o. c. II, 12G7).
" L'Estainche ou VEstanches, abbaye de religieuses de l'Ordre de
Citeaux, située près de Xeufchâteau, en Lorraine, s'est appelée plus tard
Notre-Da mc-de- VÉia ng.
1- En d'autres termes : au service de l'Empereur. Ce serait donc vers
le milieu de mars 1543 que G. de Furstemberg aurait, par cette démarche
î
1343 LE DUC DE LORRAINE AU CONSEIL DE BALE. 499
Nous le lui avons graciouscmont et gi-atiiitcuirut accordé. Mais
ces lansquenets vivaient aux (lé])ens de nos pauvres gens.
Nous avons également accordé libi'^e ])assage au reste de s(»s
gens, qu'il a laissés à Gorze, lors de son départ, ainsi (|ii;ui ])ré-
dicant nommé Pfurel, lesqu(>ls en ont été chassés j)ar les Fran-
çais. On nous aurait su très bon gré de faire quelque mal à ce
prédicant ou de Tarrêter avec ses compagnons : ce qui nous eût
été facile, non-seulement i)arce qu'ils étaient en j)etit nonil)re. et
([ue nous connaissions bien leur gîte, mais aussi jjai'ce que nous
aurions bien su et pu, dans une autre circonstance, les milever
de Gorze et d'autres lieux. Mais nous n'avons i)as voulu \q faire '^
Pour ne pas vous ennuyer par une trop longue lettre,
et afin de vous détourner d'ajouter foi aux rapports du susdit
Comte ou de ses envoyés, nous vous réj)étons que ce qui a été
dit ci-dessus est la pure vérité, et spécialement, qu'en notre
(|ualité de prince neutre, que les actes de guerre survenus dans
et autour de notre Duché ont chagriné au plus haut ])oint. nous
n'avons aucune intention de nous mêler, en ([uelque sorte que
ce soit, de ce qu'a entrepris le roi de France, ou notre frère, (jui
est son lieutenant-général. C'est donc à S. M. Royale ou à son
Lieutenant-général, et non j)as à nous, (pie le Comte devait s'en
prendre.
Et quant à l'euti'éc^ de notre cher frère dau'^ notice ville de
auprès du duc Anfoine, révélé son intention de quitter le service de Fran-
çois I. Mais on a lieu de croire ([w les Guises en étaient déjà infoilnés.
Quoi qu'il en soit, ils furent, en assaillant la ville de Gorze, le 25 mars,
les exécuteurs d'une ven^jeance moitié ])olitique, moitié cléricale (Cf. les
pp. 305, n. 2, 30(), 323, ii. 2G). l^e côté ^jolitique de leur expédition ne
semble pas avoir frappé les contemporains. C'est pourquoi Toussain disait
cinq mois plus tard : L'affaire de Gorze est autre que beaucou]) de gens
ne le pensent.
'* Xous avons, par erreur, un \n'U exa^^éré les mérites du duc Aiifonit
envers Farel et les 3ïessins qui se retirèrent à Strasbourg (Page 320,
note 50). On lit, en effet, dans la déclaration de François 7 du 12 juin
1542 (n. 7) : « Nostre cousin le duc de Lorraine, durant la dite guerre, ne
se meslera d'une part ni d'aultre, et ne donnera port ne faveur, ne...
aucun em])escliement à noz gens de guerre.... Les gens de guerre, tant
d'ung cousté que d'autre, ne pourront dedans les pays de nostre d. cou-
sin... conduire ou fain; aucunes prinses, en façon ni en quelque occasion
que ce soit.... Et ne debvront les d. gens de guerre de diacun cousté mener
aucuns prisonniers... en aucunes des villes ne par le pays de nostre dit
500 LE DUC DE LORRAINE AU CONSEIL DE BALE. 1513
Pont-à-Monsson, elle n'a eu lieu que de notre consentement, et
avec une suite peu nombreuse, pour faire la révérence à S. E.
notre chère mère, la très noble princesse et reine de Sicile'*,
comme c'est le devoir d'un fils envers sa mère. Au dire du Comte,
quelques hommes et quelques femmes auraient été emmenés
captifs à Pont-à-Mousson. Si la chose a eu lieu, c'est sans notre
su et vouloir. Après nous en être informé, nous avons trouvé
qu'aucun homme n'y a été conduit ni retenu par notre frère. Il
ne s'y trouve que deux femmes qui, à la prière des parents de
rhôte de notre cher frère, y sont encore, et dont l'une a été
peut-être laissée dans notre dite ville i)Our sauvegarder son
honneur.
Nous vous prions avec un zèle amical d'examiner les choses et
de les croire telles que nous l'avons dit, et de maintenir Tan-
tique amitié entre la ville de Bâle et nous... Et, quoique le Comte
Ghdllaume vous ait informés autrement, ainsi que la Louable
Confédération, veuillez nous faire le plaisir de nous apprendre
que vous avez reçu notre rajjport et que vous y avez ajouté
foi... Nous attendons là-dessus votre bonne réponse'". Donné
dans notre ville de Nancy, le xvr"" Avril, l'an, etc., XLIII.
C. Mérigny(V).
(Suscriptiou :) Aux fermes, prudents, honorables et sages, nos
cousin.... Item que tous... de quelque estât qu'ilz soient, et non estans en
<armes, puissent seurement aller et passer pîir iceulx [pays]. >>
^^ Son mari, René II, fils de Ferry, comte de Vaudémont, et de lolande
d'Anjou, portait le titre de roi de Sicile, parce qu'il avait hérité des pré-
tentions de sa mère sur le royaume de Naples (Cf. Moréri). Après la mort
de René, sa veuve, Philippe de Gueldre, assistée de maître Nicolas Le
Clerc, docteur en théologie, consacra onze années à l'éducation de sa
famille. Puis elle se retira au couvent des Clai'isses de Pont-à-Mousson, et
y fit profession le 15 décembre 1519, en présence de ses enfants et de sa
cour. « Dans cet austère asile, où elle devait terminer ses jours « en opinion
de sainteté » à l'âge de quatre-vingt-cinq ans (26 février 1547), son humi-
lité fut constamment telle que, soumise à toutes les obligations de son
Ordre, portant les mêmes vêtements, vivant de la même nourriture que les
autres religieuses, elle signait ses lettres à ses supérieures : « Votre pauvre
fille et sujette, sœur Pliilii)pe, humble servante de Jésus... » (Voyez Dom
Calmet, II, 1121-1124. — R. de Bouille, o. c. I, 40-41.)
** C'est grâce à l'obligeance de M. le D' R. AVaekernagel, arcliiviste
d'Etat du canton de Râle- Ville, que nous avons reçu luu' copie de la lettn^
1343 LE DlC DE LORRAINE AL CONSEIL I»E RALE. oOI
particulièrement bons amis le lîonr^mcsti-c et le ( '(iii>>('il de
Bâle.
iirioiiialc du duc Antoiiif et de la ré])ousi' d<'s Bàlois. Voici cette ivpoiisc,
traduite de l'allemand :
Au iJac de Lorraine.
Excellence,
Nous avons reçu et entendu lire aujourd'hui la lettre que Votre Excel-
lence nous a envoyée ])ar le ])résent jjorteur, au sujet de ce qui s'est passé
à (xorze, le saint jour de Pâques. Nous ne voulons pas cacher à V. E. que
cet événement nous cause un grand cJuigrin, et que nous éprouvons commi-
sération et i)itié pour les jiauvres gens qui ont jiéri si misérablement. Mais
])uisque nous avons précédemment reçu le rapport du comte Guillaume de
Furftfemherg, et maintenant celui où Votre Excellence se justifie, nous
voulons conserver et témoigner les sentiments qui conviennent, dans ce
temps-ci, aux personnes aimant la paix et la tranquillité. Et, désirant les
exprimer à V. E., nous n'avons pu, cette fois, dans notre réponse, négliger
de lui témoigner notre respect et nos dispositions de bons voisins. Donné
le lundi xxiii""' jour d'Avril, l'an, etc., xliii.
H. Offenhurg.
ADDITIONS ET CORRECTIONS
Page 16, à la tin de la note 4, ajoutez : La tradition relative au <• berger
qui départagea les voix » est contredite par l'histoire. Deux lettres que Je
Conseil de Soleure lit écrire le 17 mai 1542 (l'une au Conseil de Berue,
l'autre au dé])uté soleurois à la diète de Baden) affirment que, sur les trois
cents bourgeois qui votèrent, le 14 mai, au Landerou, une douzaine seule-
ment acceptèrent la Réforme, et que tous les autres se déclarèrent pour la
messe. (Voyez les Recès des diètes suisses, volume de 1541-1548, p. 138.)
P. 19, ligne 4, après Salleure, placez un renvoi à la note suivante : On
lit dans le Manuel de Berne du 11 mai : « Décidé de répondre à ceux de Xeu-
châtel, au sujet de la lettre des Soleurois [X" 1116],.... que nos députés [au
Landeron] doivent, à l'occasion des affaires et des biens de la cure, parler
amicalement et affectueusement de l'intérêt [en question] et viser surtout
à ceci : que l'honneur de Dieu soit avancé et que la Parole divine soit accep-
tée par les Landeronais. S'il en advient ainsi, il n'est pas nécessaire
d'écrire aux Soleurois pour s'excuser, puisque la question sera décidée.
Dans le cas contraire, les députés ont plein pouvoir de s'entendre pour
rédiger une réponse avec ceux de Neuchâtel et de Tenvoyer par eux à
Solaire » (Trad. de l'allemand). — Le malicieux secrétaire a écrit, à la
suite, cette réflexion : « Non potuit tela bene texi quam Senatus 2^er-
2}lexè et intricate ordierat. »
Le Conseil d'État de Neuchâtel et les IV Ministraux ne répondirent qui"
le 19 mai à la lettre de Soleure. Cette réponse, assez habilement rédigée,
se trouve dans les Becès des diètes, vol. cité, p. 139.
P. 31, à la fin de la note 5, ajoutez : Le 15 août suivant, MM. de Berne
décidèrent que Maître Robert serait établi à Morrens, village situé à l'O. de
Montheron.
P. 34, notes 5-6, la mention de Jeanne de Lonvain est un anachro-
nisme : ce fut plus tard qu'elle devint la femme de Gaspard de Heu.
P. 35, ligne 5 du texte, dirimuerunt exige cette correction : [1. direme-
runt].
P. 36, à la fin de la note 8, ajoutez : On y voit, au 10 mai 1542, que le
médecin décédé à Thonon était originaire de l'Italie.
P. 36, ajoutez à la note 9 : Le 5 juin 1542, MM. de Berne décidèrent de
faire construire des bains à Maxilli, au N.-E. d'Évian. o Scabiosorum.
rugosoruin et decrepitorum calcule plurimùm probata est aqua illa, » dit
le procès-verbal de la séance. Mais le secrétaire a terminé ce paragraplie
comme il suit : « quorum nullus tamen ea lotus, rugas, scabiem et seniuni
ADDITIONS ET COHUECTIONS. o03
flbliiit, sod sii))r(Miias t.-mtuiiiiiioilo ulcrruiii cnistas scmpiM- ri'piilliil.-in-
teis. »
P. 37, à la fil) de la iioti' lô. ajouti'Z :
Au iTsto, il est possible que li' lUniid ici iiiontioniu'- fût ruii dfs
meniiires do la famillo de Christophe Fdhri (Cf. li's ]ip. 202, 255, le t. VI.
p. 127, et la lettre du 10 mai 1514).
P. 50, tin de la note 22, ajirès incartadex, lisez : qui sont au détriment
du service. (Cf. IV, 262-03, où on lit : <> Suspectée sunt michi adniodum
repentiuje Thomœ [Maliiigiii] vocationes. »
La vie (V Hugouin d'Anie.r. ]tersonnaire « rielie en richesses et en folie, »
il été racontée par Pierretleur (^Mémoires. ]i. 183-30). L'ex-vicrtire d"<")rlie.
Claude Giiyot, y figure d'une façon qui ne dut ))as lui faire lionneur.
P. 52, note 11, ligne 8, au lieu de poxir procéder à un examen des choses,
afin, lisez : pour obtenir, etc.
P. 61, note 7, ligne 3, rem])la(cz 1511 par 1512, et lignes 4-5, lisez :
Jean Crespiu, qui assistait au supplice de celui-ci et en a publié le récit,
l'a placé, par erreur, eu 1540, — la sentence qui condamna à la peine de
mort Claude le Painctre étant datée du 17 novembre 1541 (Voyez l'article
publié par M. N. Weiss dans le Bulletin, 1892, \). 466-468).
A la fin de la même note, supj)rimez le renvoi à l'Appendice. La place
nous ayant manqué pour donner in extenso la lettre de Jacques iJrijander,
nous la reproduirons, s'il plaît à Dieu, dans le t. IX, d "aiuès lOuvrage pré-
cité : Ejjistolfe a Belgis vel ad Belgas scriptpe, 1017, j). 55-67.
P. 61, à la fin de la note 8, supiirimez la dernière jdirase.
P. 69, à la note * ajoutez : Nous devons à rextrênie obligeance de notre
dévoué ami et compatriote, M. Franck Olivier, étudiant à Berlin, unecojjie
du bon ordonnancé par les syndics et de la quittance de 1\ Vint. Voici le
texte de ce document :
« Nous, Scindicques et Conseyl de Genève, à nostre bien aynié trésorier
général, Salutz. Vous commandons que deslyvrés à maystre Pierre Vyret.
ministre évangélique. \)mw rentier poyement du passé de ce qu'il a servye
en l'église de C4enève, la somme de vingt-cinq escus soley, desqueulx vous
tiendrons compte. Actum 10 .Tullii 1512.
Curteti, C. Pertem])S. C. Roset. V. Iîifi.
Je Pierre Viret confesse avoir receu la somme de 25. v soleil, selon le
contenu de ce présent mandement de Mi'ss[i]eurs, par ]\Ions[i]eur le tliréso-
rier sieur Pierre Tissot, le 10 de Juillet 1542. »
On voit par là que le Conseil de Genève redev.iit à Viret treize écus, et
qu'il en ajouta douze, à titre de gratification,
P. 71, note 13, à la fin du pn^mii-r jiarajrra])be, ajoutez : Le 12 dé-
cembre 1542, MiM. de Berne annonçaient au bailli d'Kcballens. qn>^ Zihédêe
et le vicaire Guyot étaient autorisés à reprendre leurs fniKtimis A Orlif
(Manuel du d. jour).
P. 83, ajoutez à la note 4 : Selon M. le jirofosscur C. Cornélius. Petit on
Pictiod était le surnom du conseiller Jean ChauJtetnps.
P. 92, à la fin de la note 0. ajoutez : Toutefois nous devons noter le
504 ADDITIONS ET CORRECTIONS.
fait qu'au mois d'août 1542, Xkolas Paris, de Châlons-sur-^Iarne, qualitié
de « libraire portant marchandise, <> fut arrêté dans la Bresse avec Jean Vial
et Benoit Delphin. On ne connaît pas l'issue de leur procès, commencé à
Bourg, et qui se continua en septembre et en octobre. Mais Paris semble
avoir été relâché. Du moins Brunet (Manuel du libraire) mentionne un
Nicolas Paris, qui imprima, de 1.5-l;2-1547, dans l'abbaye delaRivour, près
de Troyes. Il avait pour marque le palmier, avec la devise : Pressa valen-
tior. On le retrouve à Genève, où il fut admis comme habitant en 1557
(Communication obligeante de M. X. AVinss).
P. 104, note 2, ajoutez : En réalité, ils se nommaient JMossard, et ils étaient
natifs de la "Charité-sur-Loire (Cf. Séb. Castellion, sa vie et son œuvre, par
Ferdinand Buisson. Paris, 1892, t. I, p. 181).
P. 125, à la fin de la note 28, ajoutez : Il faut aussi reconnaître que
(liàteillon était présomptueux. Il l'avoua plus tard avec candeur : « Su-
perlnim fuisse fateor, et doleo et i»udet. Insolescebat enim animus stulta
(juadam et juvenili persuasione cognitionis earum scientiarum et linguarum
(juibus saepe soient earum studiosi plus tribuere quàm spiritui » (Castellio-
nis Defensio, p. 21. — Viret, lettre du 16 février 1544).
P. 127, note 6, lisez : « Les \TI de la guerre » formaient un corps distinct
de celui des XIII Jurés de Metz.
P. 154, notes 4, 6 et 10, au lieu de la dernière phrase, lisez : Qu'il soit
« retourné dans la ville » quelques semaines plus tard, on n'en peut guère
douter : Toussain l'affirmait en septembre 1543.
P. 167-168. Supplément à la note 18.
Benoît de Pontareuse, natif d'Estavay^r, protonotaire apostolique, cha-
noine de Fribourg, de Xeuchâtel et de Lausanne, se qualifiait en 1523
" aumônier du roi de France, curé de Branges [Saône et Loire'?] et de
Bex» (Cf. Matile. Musée hist. de Xeuchâtel, m, 139, 146, 151.— Fréd. de
Chambrier. Hist. de Xeuchâtel, p. 281). On ne sait pas à quel titre il obtint,
à Lausanne, la belle maison dont nous venons de parler. Messire Jacques
de Montf'alcon l'avait léguée au Chapitre; mais les magistrats lausannois
s'en étaient emparés « par force, » et c'est peut-être pour les apaiser que
Pontareuse paya une certaine somme à l'Abbaye des Enfants de la Ville.
Toutefois, lors du grand procès entre la Ville et son évêque, la susdite
maison fut, par sentence arbitrale des députés de Berne et de Soleure
(29 mai 1533), adjugée à Benoît de Pontareuse, « sa vie durant, » sous
réserve des « directes [c. à d. des droits seigneuriaux] que les Xobles et
bourgeois de Lausanne ont et pourront avoir dessus icelle maison » (Cf.
Mém. et Doc. de la Suisse romande, t. VII, p. 756. — Ernest Chavannes.
Extraits des Manuaux de Lausanne, II, 331).
La sentence précitée peut servir à expliquer ce passage du Manuel
lausannois : « 1536, 5 Xovembre. Fut conférue et bailliée la meyson
de la ville, apartenant pour lors à Mons^^ Pontherouse, à messire Karoli,
par la condition que, quand le dit Pontherose viendroyët (n'est i)as au
pays), que le dit Karoli doibje vuydé la dite meyson ■> (Cf. E. Chavannes.
Extraits cités, 1536-1564, p. 3),
AnniTIONS ET (.(tRRKiTloNS. 505
On voit, par la lottif de Viivt du i) août 15U, qiio la Ville inaintiiit
SOS prétentions sur « la cure de Pontherouse ■. et tinit i)ar l'oliteiiir.
P. 199, au bas du texte, après cisiter les pestiféreiix, nous .niriniis du
renvoyer à la note suivante :
Manuel de lierne du 18 octobre 1542 : •■ Kcrire aux baillis du Pays
romand, que mes SeiuiH'urs ont a])])ris avec chauriii que des prédicant» n<'
veulent ])as visiter les malades. La volonté de mes Seitrneurs est que,
lorsqu'un prédicant sera réclamé par un malade, il se rende aujjrès de lui,
et (lu'il puisse néanmoins aller et venir au milieu du ])euj)le, sans encourir,
pour ce fait, la baine de personne » (Trad. de l'allemand).
P. 201, notes 25-26, ajoutez : La maison louée ])ar Thomas linrlxtri»,
A Boiidri, fut acbetée i)ar l'Etat et devint la cure de la jjaroisse. (Communi-
cation de M. le pasteur Gagnebin.)
P. 219, notes 24-25, première liuiie, supprimez procureur général : ce
magistrat ayant d'autres fonctions que le lieutenant de la Justice.
P. 220, note 3, au lieu de Keitipen, lisez K'otipeii. La première de ces
villes est située dans la Prusse rhénane.
P. 222, la tin de la note 2 est inexacte en ceci, que les « frivoles
demandes ■> de Michel Guillet s'adressaient à MM. de Berne et non aux
(Genevois.
P. 239, note 2, à la tin du second paragraj)he, ajoutez : M. l'archiviste
d'État H. Tiirler, auquel nous avions soumis la traduction de ces passages
diiiiciles, a eu la bonté de faire des recherches à ce sujet et de nous commu-
niquer les deux pièces suivantes :
« Nous LE LIEUTENANT DE l'aVOYER ET CONSEIL DE BERNE, faisOUS SaVOir,
])ar les présentes, que le noble, etc., Avoyer Jean-Jacques de Watterille
nous a demandé souventefois et encore aujourd'hui de lui confirmer
l'achat des dîmes du Chapitre de Lausai/tie (ju'il a fait en 1532. et de le
dispenser des cens'^ qu'on lui a réclamés à cause de Amj/^/v r/^' Poïitheruuse.
Sur quoi nous avons décidé de reconnaître la teneur de son acte d'iichat,
de la garantir en lieu et place du susdit Chapitre, et de le remj)laceF jjour
le ]>aiement des cens, dont nous le dis])ensons, — aussi bien dans le cas où
la dite prébende de Pontherouse serait remise entre nos mains, que dans
celui où elle ne le serait pas.... Fait le 22 mars 1540. >> (Trad. de lallemand.)
« Nous Lieutenant et Conseil de Berne, sçiivoir faisons à tous par ces
présentes, que nous... avons donné, cédé et transpourté... à Noble spectable
seigneur Jehan Jacques de Watterille, nostre Advoyer, la cure de l'inithe-
rouse, au Conté de Neufchastel (à nous apartenant à cause du Chapitre de
Lausanne), avec toutes ses apartenances, soit l'ii maisons, i)laces, prez,
terres, bois, dismes, censés... Et ce... en respect des bons et agréables ser-
vices que le dit S' Advoyer journellement nous faict... Et, en oultre, par
«ondition que le d. S' Advoyer <'t ses successeurs tenaiis la dite cure,
soyent obligés de souldoyer et entretenir le ministre de la jianille de I)ieu
au dit Pontherouse en leurs propres desiwns et telz gaiges que luy a esté
ordonné... Ce ix' de Juing 1543. •> (Obères Spruchluich. Anh. de Berne.)
* Savoir : Un demi-muid do vin, le tiers d'un mnid de froment, et de l'avoine.
506 ADDITIONS ET CORRECTIONS.
Dans ces deux actes, il s'agit donc de la cure de Pontareuse, près de
Boudri, C. de Neuchâtel (t. Il, p. 456, 457, 475. — Bojve, o. c. II, 450.
— G. de Pury. Les biens de l'Eglise réf. neuchâteloise, 1873, p. 46 — 49),
et non de la cure de Bertoît de Pontareuse à Lausanne.
P. 240, note 4, ajoutez : On trouve à la page 395 du Compendium
Grammaticœ Grœcœ Jacohi Ceporini (Tiguri, Chr. Froschover. 1553) une
pièce de trente vers latins, adressée par M. Guaîfher à Jean Friess.
P. 253, note 11, ajoutez : On lit dans les Observ. séculaires de Paul
Ferry, II, § 407 : « Une lettre escrite à [1. de] Strasbourg, le 29 Janvier
1543, par G.[;uillaume'\ comte de Furstemhcrg au maistre-Eschevin et
Trèze, par laquelle il tesmoigne estre satisfait de la Rép. de Metz, après
avoir veu la lettre du 23 du dit mois et ouy M. de Montoy, de leur part,
et entendu ses instructions sur l'emprisonnement de ceux qui luy avoient
fait, à Metz, l'injure dont il s'estoit jilaint, mais avoir volonté de se venger
d'aucuns... de tout temps ses ennemis, et en avoir lors les moyens. »
P. 259, ajoutez à la note 14 : Citons encore ce paragraphe du Manuel
de Berne du 25 janvier :
6 Comme M. l'avoyer de Watterille doit aussi avoir été blâmé nominati-
vement par Viret, à cause des biens d'Église, et que, pour cela, le susdit
M. l'Avoyer demande à mes Seigneurs comment il doit se conduire dans
cette aiïaire, — on lui répond que, même dans le cas où Viret (qui le
conteste) l'eût désigné par son nom, lui [M. de Watteville] n'aurait pour-
tant pas été, dans l'aifaii'e principale, accusé et blâmé davantage que mes
Seigneurs ne l'ont été collectivement ; et, puisque ceux-ci, comme corps,
ont démontré leur innocence et veulent la prouver ultérieurement, celle de
M. l'Avoyer est par là-même hors de cause, ainsi qu'ils le tiennent pour
justifié. Ils le prient donc de ue pas pousser l'affaire plus loin. Il s'est
déclaré satisfait. » (Trad. de l'ail.)
P. 279, note 8, ligne 2, lisez : Le duc Antoine de Lorraine eut deux
fils : François, né en 1517, et Nicolas, qui fut coadjuteur de son oncle
Jean, puis évêque de Metz et de Verdun (1543-1548). Il renonça à l'état
ecclésiastique et prit le titre de comte de Vaudémont et de duc de Mercœur
(Cf. Dom Calmet, o. c. II, 1232, 1267-1269).
P. 281, note 3, ligne 7, au lieu de interrogés à Berne par le Conseil,
lisez : qui comparurent à Berne.
P. 304, dernière ligne du texte, au lieu de comte, lisez duc.
P. 305, à la note 2. ajoutez : INIeurisse dit. p. 78 : « En suitte de ce
traité honteux et infâme, l'on accorda aux Luthériens la Chapelle de S.
Nicolas du Neuf-bourg, pour l'exercice de leur religion prétendue, et un
Ministre nommé Watriii du Bois, apostat de l'ordre de S. Dominic, com-
mença d'y prescher publiquement dès la S. Jean de la mesme année 1543. ■>
Après avoir reproduit ce ])assage, moins les injures, Paul Ferry ajoute:
<■ Mais Messieurs lui commandent de cesser incontinent après Pâques, et
nr i)rrschcr ]iliis ((Uf les dimanches et les festes. Feuille où advertissement
des choses qu'il faut représenter aux Etats jjrotestants à Kuremherg.
(Liasses). »
P. 323, à la tin d.' la note 26, ajoutez : Selon D. Calmet, II, 1123-1124,
ADDITIONS ET COUHKCTIu.NS. 507
« elle vit en i'sj)rit les maux que les hérésies de Li(I]„t et de Ctilrin cau-
sèrent de son temps dans l'AUemaiïne et dans la !• ranec, et ce fut jiar ses
<>xliortations (jue le duc A>/ti>/)n\snu tils. alla au devant des hérétiques qui
s'étoient avancez jusqu'à ^'r«-er»e, et qu'il'^ieur livra la hataille, certain d--
la victoire dont hi Princesse sa mère l'a voit assuré. ■>
P. 325, ligne 13. A cet endroit, où Farel achève de raconter la joanièe
du 25 mars, il convient de com])arer son récit avec une narratiun catho-
lique et circonstanciée. La voici telle (jue Doni Calniet (t. 11. ]>. 1244-45)
l'a empruntée aux Chn»/ifiitex géuéraJcs de S. Benoit, t. 3, p. 24 15 :
« Le comte de Fur.siemhenj, ai)rès avoir exercé mille sortes de violences
et d'extorsions dans le pays, résolut de faire é'oorjrer, le jour même de
Pâques, tous les Catholiques de Gorze qn\ ne voudroient ]ias fairi' la Cène
à la Luthérienne ; mais... Claude Duc de Guise en ayant eu avis, lit avan-
cer quelques troupes jusqu'au Pottf -à- Moussa», d'où elles tilèrent si
secrètement droit à Gorze, qu'elles y arrivèrent assez tôt pour préviMiir
l'exécution d'un dessein si barbare. Les Ltifhériens étoient déjà sortis du
CMteau pour cela, lorsqu'ils virent les soldats du Duc de Guise qui
entroient dans la ville avec grand bruit, au son des trompettes et des tym-
bales : ce qui les fra])])a d'une si grande terreur, qu'ils tournèrent leurs
armes contre eux-mêmes et commencèrent à s'entretuer. Les antres
voulurent gagner le Château, mais ils furent prc'venus et égorgés sur la
place. Ceux qui étoient dans 1(> Cliâteau se précipitèrent par les fenêtres:
de sorte qu'il n'en écha])i)a qu'un assez petit nombre, qui ])rirent secrè-
tement la fuite. Alors les Catholiques tirent éclater leur joie et h'ur
reconnaissance par le son des cloches de l'Abbaye et de tonte la ville, qu'on
n'avait pas osé sonner dejjuis ))lusieurs mois; et le peuple accourut aux
Eglises, pour rendre grâces à Dieu d'une délivrance si ines])érée. »
Ajoutons que Dom Calmet, avant de citer ce morceau, dit que Claude
de Guise surprit le bourg de Gorze, « le jjropre jour de Pâques 25'"^ de
Mars 1543, comme ils [les Luthériens] étoient à table. ■> — Ximsgerii.
o. c. p. 100-101, a composé son récit de cette journée à l'aide de traits
empruntés aux Chroniqu<'s messines, à l'IIist. de l'Hérésie à Metz et aux
Chroniques de St. Benoit.
Les événements du 25 mars sontaus,si mentionnés ir.xr Mélnnchfho» . dans
sa lettre du 8 arril 1543 à l'Electeur de Saxe (Bretsclmeider. Melantlnuiis
Epp. V, 90), par l'Électeur dans sa réponse du 10 avril (Ibid.), et encore
par Mélanchthon. lettre à Camerarius écrite vers le Ifi avril (Ibid. V, 93).
P. 334, note 1. ajoutez : Ferry, manuscrit cité, II, J? 411, mentionne une
« Requeste allemande de ceux de la religion chassés de Metz au Landgrave
Philippe de Hesse et à Messieurs de Strasbourg du 3 avril 1543. »
P. 356, note 27. La phrase allemande citée par Mijconius signitie : On
en viendra encore à ce point, que nous devrons nous casser la tête les uns
aux autres.
P. 357, ligne 13, supj)rimez le j)oint après vero, et ))lacez un ])oint d'in-
terrogation après verè.
P, 365, à la fin de la not(> 16, ajoutez : C)n lit dans Rucliat. o. c. V, 237:
* Un bourgeois de la Bonneville, nommé le l'elou.r, lit imprimer en Aile-
308 ADDITIONS ET CORKECTIONS.
magne un livre qui contenait la doctrine des Analiaptistes, et en tit tirer
1500 exemplaires. Il en dél)ita un bon iiominx' dans le comté de Neuchâ-
tel. Les Bernois l'ayant su, écrivirent le 2S mars [154-1: V] au Conseil de la
Bonneville, pour les exhorter à i-emédier à ce mal et à supprimer ces livres. »
P. 371, note 3, ajoutez : Godefroy et Littré suggèrent un sens plus
naturel. Dans tous les passages de leurs Lexiques où figurent la locution
au fort, elle peut se traduire par au fait, en fait, en réalité (Communica-
tion obligeante de notre ami M. le professeur Jules Le Coultre).
P. 381, ligne 15. Le morceau qui commence à Veràm hoc est et s'étend
jusqu'à Neque duo sunt, est reproduit, presque mot jiour mot, aux pages
(Î3-64 de l'écrit pseudonyme de Calcin intitulé : « Pro G. Farello et coUegis
eius, ad versus Pétri Caroli theologastri calumnias, defensio Nicolai Gallasii.
(Genevpe, Jo. Girard.) 1545, » petit in-8".
P. 403, note 1, ajoutez : L'un des députés de Metz était Michel de
Gournay (Ferry, manuscrit cité).
P. 438, note 4, ajoutez : Paul Ferry, Observ. sécul. II, § 417, mentionne,
sans le reproduire, un document daté du 25 juin 1543 et intitulé : « Advis
envoyé de Basle à Calvin et Farel d'adviser aux moyens d'aller seurement
à Metz, au cas qu'ils voulussent conférer avec le moine du dit Metz qui les
en avoit requis. C'est Caroli. » (Communication obligeante de M. Ernest
Chavannes.)
P. 440, note 1, ligne 2, lisez : le 16 juin (Teissier. Essai sur les commen-
cements de la Typographie à Metz, 1828, p. 41). La date du 6, indiquée par
les Chroniques messines, p. 863, est inexacte : la diète de Sjiire, que l'Em-
pereur présida en 1544, n'ayant été close que le 10 juin.
Pour compléter les détails relatifs à la crise ecclésiastique de 1542 (Cf.
les pp. 95-104, 109-111, 114, 115, 117, 121-24, 135, 136, 138-41, 172-74),
nous aurions voulu comparer le catéchisme bernois de 1536 avec celui de
1538, et signaler ceux des passages du second où l'on trouve les corrections
faites par Bucer. Mais n'ayant pas réussi à nous les procurer tous deux,
nous renvoyons le lecteur au mémoire que M. E. Gûder a publié sur ce
sujet, dans le journal Die Kirche der Gegenwart (Sechster Jahrgang.
Ziirich, 1850, pj). 319-346), et nous devons nous contenter de reproduire
la dernière ])artie du Catéchisme édité par Megander en 1580* telle qu'elle
existe dans la traduction imprimée à Genève, sous le titre que voici :
* Il est intitulé : « eyn kurtze ABEr christenli | che vsslegung, fiir die jugend,
der Ge- | botten Gottes, des waaren Ghristeii- | lichen Gloubens, vniidVatter vnsers : |
mit eyner kui-tzen erliiterung der Sacra | menten, wie die zil Bàrnn in Statt via | Land
gehalten. Diu-ch Caspai- Gross | maii, in fraagswyss gestellt. | Im 1536. | Jar. » — Très
petit in-8o de 32 feuillets, dont le dernier est blanc. Au recto du 31'"<', on lit : « Getruckt
zfi Baselby | Lux Schouber. » En tête, une épître de l'auteur à ses collègues, datée de
Berne le 31 Mai 1536.
AKUniONS ET CORRECTIONS.
oOU
E X P O S I-
TION CHRE-
S T I E N N E
Dés dix coDiDiandeiuens,
Des articles de la Fo\,
De l'oraisoii de noflre
Seigneur,
Reiglée & modérée félon la capacité et
entendement dés enfans, auec l'explica-
tion dés Sacreniens, efcrite en forme de
Dialogue Latin, & de hit in en fran-
çoys : riouuellemet & fidèlement reueuë.
Ecclefiaûc 12.
Ave memoyre de ton Créateur es
iours de ta ieunefie.
M. D. XL.»
De la Cène du Seigneur.
I)r'lliall(lc.
Qui est \c stTOiid sacrciiicnt ?
Rcsponsc.
La Cène et action do j^racos de nostrc Seigneur lesns Clirist.
D. Qu'est ce (^uc la (Vue du Seigneur? — R. ("est un(> ioye solennelle
dés fidèles, en laquelle on rend grâces à Dieu, ])Our la mort de son tilz.
— D. Combien de choses princii)aleinent sont à regarder et considérer en
la Cène du Seigneur? — R. Troys. — D. Récite lés moy. — R. Le signe, la
1 Petit iii-80 de 40 feuillets non chiffrés. Caractères italiques. Au verso du dernier
feuillet, la marque typographique de Jehan (Térard : une épée tenue par une main et sur-
montée de sept flammes. Voyez Th. Dufour, Notice citée, p. 178, 179. La Pr-'f-c.» -1 ■•
Megander est omise.
Nous adressons nos remerciements publics à M. Frank Olivier, qui a bien voulu co-
pier pour nous, à la Bibliothèque Pvoyale de Berlin, une partie de ce rarissime opuscule.
olÛ ADDITIONS ET CORRECTIONS.
vérité de la cliosf, l'obligation ou exhibition. — ■ D. Quel est le signe ? —
R. Le pain et le vin. — D. Pourquoy le irAÏn et le vin sont ilz ajjpelez
signe? — R. Par ce qu'ilz sont pris en signe, et tesmoign.age d'une chose
saincte, c'est à dire de la grâce divine, acquise et donnée par lesus Christ.
— D. Qu'est ce que la chose ou la vérité en la C'ene ? — R. C'est le corps et
le sang de Christ offert i)0ur nous, par Iesa,& Christ mesme : en remission
de noz péchez, et rédemption de la mort éternelle. — D. Qu'est ce que
l'obligation, l'exhibition, ou protestation dés fidèles en la Cène? — • R. Hz
s'obligent et rendent tenuz envers Dieu et toute l'Eglise par deux choses,
— D. Qui sont elles? — R. La première est que devant toute l'Eglise pu-
bliquement confessons mettre nostre espérance au seul Dieu, et ce par la
mort et mérite de lesus Christ. — D. Quelle est la seconde? — R. Que nous
nous exhibions, demonstrions et par Sacremens obligions, et déclarions
à l'Eglise (laquelle mange le pain avec nous), estre un. corps, auquel n'y a
nulle discorde, ains au contraire une grande Foy et Charité. — D. Qui
sont donc ceux qui peuvent, et doivent user de ce Sacrement ? — • R. Ceux
qui ont renoncé à eux mesmes, lés croyans, et généralement tous ceux qui
sont et désirent estre disciples de Christ. — - D. Qui est celuy qui a renoncé
à soymesme, et qui est d'un cœur humilié et mortifié? — R. C'est celuy
qui met et fiche sou espérance au seul Dieu, par la mort et mérite de
Christ. — D. Qu'est ce que estre disciple de Christ ? — R. Estre disciple
de Christ n'est autre chose que croyre à luy, obeyr à sa doctrine, et ensuy-
vir sa vie.
D. Est ce une mesme chose manger le corps de Christ, et manger
le Sacrement? — R. Il s'en fault beaucop, car tous ceux qui usent devant
l'Eglise de ce Sacrement, c'est à dire de ce pain et vin, ne mangent i)as le
corps de Christ. — D. En quelle forme donc se mange le corps de Christ?
— R. Manger le corps de Christ ne requiert la bouche, lés lèvres, ny lés
dentz; mais la seule Foy, par ce que par icelle seulle le fruict et utilité de
la mort de Christ est receue et entendue. — D. Dy moy briefvement et en
peu de parolles, qu'est ce que manger le corps de Christ. — R. Manger le
corps de Christ n'est autre chose, que croyre que Christ a baillé son corps
à mort pour nous, et a espandu son sang en la remission de noz péchez.
— D. Veu que le corps de Christ n'est mangé que par I"oy, à quoy donc
prouffite le Sacrement? — R. Le Sacrement n'a pas esté en vain institué
de Christ, il a aussi sa force et efficace : car par iceluy noz sens extérieurs
sont menez et tirez à l'intérieur et à la chose de laquelle il est signe. —
D. Ne me peulx tu monstrer et exposer plus clerement. — R. Ouy bien..
LTn mari voulant s'en aller dehors, baille et délaisse à sa femme bien aymée
un amieau])Our souvenance, et en signe de memoyre et recordation. Quand
icelle après le parlement de son espoux regarde et contemple ceste bague,
elle a son mary beaucouj) j)lus présent qu'autrement, combien qu'elle l'ayme
d'un vray et franc cœur. En semblable raison par le Sacrement, c'est à dire
par le pain et vin, sommes attirez et menez à contempler et considérer de
de ])lus prés icelle chose, c'est à dire nostre rédemption et réconciliation
envers le père céleste, faicte ])ar la mort et passion de lesus Christ.
D. Qu'est ce que l'intérieur, et icelle chose dont tu jiarle ? — R. Comme
ADDITIONS ET COHHKCTIONS. 511
nous avons i;\ dit, (■"r>t iiiii' cniitniiiil.itioii et action île «rracrs, pour la
mort de lesus Christ, — D. Pounjuov Cinist a il institué cestc loufnpc ot
ioye solennelle devoir estre faicte et célébrée en pain et vinV — lî. l'onr
deux causes principalles. — D. Qui est la/jjreniii'rc V — K. l'ar ce que If-
pain et vin, qui-sontle signe, ont quelque convenance et similitude avec
la chose signifiée, c'est à dire avec la spirituelle inanducation du cor|)s de
Christ. — I). Comment se doibt entendre, celaV — K. Tout ainsi que le
pain naturel fortifie et confernie la vie de l'homme, et le vin estanche la
soif et resiouyt le cœur : aussi nostre anie famélique j)ar un seul lesus
Christ est sustentée, repeuë fortifiée, rassasiée et resiouye. — D. Le Sacre-
ment donc (comme ie puis entendre) mms donne et augmente la Foy. —
R. Le sacrement a ti'lli' et aussi t^rande vertu et efiicacc que la prédication
extérieure de la parolle, ceneantmoins le seul es])erit de Dieu vivifie toutes
choses en nous. — L). Quelle est la seconde cause V — II, Tout ainsi que le
pain est faict de plusieurs grains, et le vin de plusieurs grappes et raisins,
aussi tous lés fidèles faictz, constituez et composez de plusieurs membres,
sont un corps duquel Christ est le chef.
D. Puis que c'est pain et vin, comment s(; faict que en mangeant ces
choses aucun puisse manger et boyre son iugement ? — II. En tant que
touche la matière, ce pain et vin p.e diffère en rien d"un autre jjain et vin :
mais quant à l'usage, il est sainct, sacré, benist, grand, magnifique et pré-
cieux, parce que c'est le pain et le vin du Seigneur. -- I). le desireroj^e
que cela se dist et fust exj)osé plus clerement. — R. le le te declaireray
par similitude. Les[c]eau qui est jxmkIu et apposé à une lettre ou contraet,
quand à la matière, il est semblal)le à quelque autre cire : mais entant
qu'il est signe dés tables et testament ou de (juelque autre instrument,
elle est si noble et précieuse que (juiconciue la violera et corrom])ra, il a
mesme violé et faict iniure à celuy du(juel est le s[cjeau et qui a scellé et
cacheté lésdictes lettres. — 1). I)y moy linallement pourquoy advient et
comment se peult faire qu'aucun au Sacrement puisse manger sa mort et
condemnation ? — R. Par ce qu'il ne iuge point le corps du Seigneur. —
D. Qu'est ce que iuger le corps du Seigneur? — R. Rien autre chose, que
sentir magnifiquement de Christ, et de son Eglise et avoir icelle en grande
estime. — 1). Qui est donc cehiy (jni ])rent et mange ce Sacrement, à sa
mort et condemnation? — R. C'est celuy qui est pariure et desloyal envers
Christ et son Eglise. — D. ()n\ est celuy qui est pariure et desloyal envers
Christ et son Eglise? — iî. Quiconque n'a et ne reçoit lesus Christ ])Our
son seul sauveur, qui ne cerche point la remission dés péchez ausangd'ice-
luy, qui se feint et simule estre membre du corps de Christ, et ne l'est pas.
D. le desireroye à ceste heure savoir de toy, si Clirist est en la Cène dés
fidèles ou non. — R. Si Christ n'estoit en la Cène dés fidèles, c'est à dire,
si son corps n'estoit là mangé et son sang beu : quelle seroit la Cène du
Seigneur ? — J). Comment donc, et en quelle sorte est il er. la Cène dés fi-
dèles? — R. Non pas en ceste forme et manière, (jue iugent maintenant et
songent lés Papistes, tellement que le vray naturel et essentiel corjis de
Christ soit corporellement uny au pain, ou en jjain converty, transformé
et transsubstantié (afin que i'use de leurs motz) mais plustost par médita-
512 ADDITIONS ET CORRECTIONS.
tion, Foy contemplation et sacramentalement '^ — I). Qu'est ce qu'avoir
Christ par méditation et contemplation ? — R. Quand la pensée et ame du
fidèle a le corps de Christ présent par contemplation, c'est à dire, son in-
carnation, passion, mort, résurrection et ascension. — T). Si donc le corps
de Christ n'est au pain, c'est à dire, n'est converty et mué en pain, ou le
pain mué en son corps : pourquoy Christ appelle il le pain son corps ?
— R. Cela n'est pas seullement commun et familier à la sainte escripture:
mais aussi à toutes autres, de prendre le signe pour la chose signifiée, es-
sentielle, et existente. — D. Peuls tu bien monstrer et enseigner cela par
similitude? — R. Ouy bien. Lés tables, letres, et instrumentz cachetez et
scellez, esque[l]z l'héritage et succession de mon père (qui consiste en mai-
son, seigneurie, champs et prez, à moy donnez et délaissez) est contenue,
ie lés appelle le testament de mon père, iaçoit qu'ilz soyent seulement le
signe de son laiz et testament. — I). Accommode ceste similitude, et la
faictz servir à ton propos. — R. Tout ainsi Christ a donné et baillé au signe,
c'est à dire au pain et vin, le nom de la chose signifiée et figurée, l'appel-
lant son corps, combien que ce soit seulement le signe de sou corps immolé
et sacrifié pour nous en la croix. — D. Ou et en quel lieu fault il célébrer
la Cène du Seigneur? — R. Attendu que c'est le pain de communion et de
l'Eglise de Dieu, la fault faire et célébrer en la présence de toute l'Eglise
et assemblée de Dieu. — D. Quand ce doibt elle célébrer et solenniser ? —
— R. Selon le bon vouloir et plaisir, ordonnance et institution d'une chas-
cune Eglise*.
%
Fin du Dialogue.
Mon enfant estudie à sapience à fin de respondre sagement. Prover. 27. b.
Car qui respond la paroUe devant quil ayt ouy : ce luy est folie et ver-
gongne. Prover. 18. c.
2 On lit dans l'édition allemande : « Zwaar nit wie der Bapst darvon redfc, das ist, nit
der waar lyblioh natiirlich und \và>ieulich lyb deni brot vereynbart, in das brot verwendt
oder verkeert : sunder in der betraclitung und anschouwung des gloubens. » Le mot
sacratnentalement n'y est pas.
* Grâce à la parfaite obligeance de M. leDi'Hermanu Escher, bibliothécaire de la ville
de Zurich, nous avons pu constater, que le traducteur français du Catéchi>me de 1536
s'est, en général, acquitté fidèlement de sa tâclie. Mais parfois il use un peu librement
des périphrases et nniUiplie les adjectifs. On peut supposer qu'il voulait ainsi épuiser
l'idée de certains mots de l'original, ou bien qu'il a suivi la traduction latine de
Joannes Rheilicanus (<'f. notre t. IV, p. Si'i, n. 16).
TAltLETTKS (HRONULOCilQUKS. 5 I i}
TAHI.mKS i:ilKOM)LO(;iQUKS
1542, 9 mai. Synode assemblé à Neuchâtol poui- réorganiser le
Consistoire.
1542, 22 mai. Le pape Paul III convoque le Concile à Trente
pour le l'"" novembre.
1542, 12 juin. En prévision de la guerre avec l'Empereur, Fran-
çois I proclame j)ar un édit la neutralité de la Lorraine.
1542, 19 juin. Léon Jude meurt à Zurich.
1542, 23 juin. Le comte Guillaume de Furstemberg occupe la
vill(> de Gorze.
1542, juin-septemb]-e. Redoublement de la persécution dans
quelques provinces de la France.
1542, r' juillet. Processions à Paris. Édit contre les hérétiques,
1542, 10 juillet. Pierre Viret quitte Genève et va reprendre ses
fonctions à Lausanne.
1542, 12 juillet. François I déclare la guerre à Charles-Quint.
1542, 13 juillet-12 août. Guerre des Princes protestants contre
Henri de Brunswick.
1542, 21 juillet. Le pape institue la congrégation du saint office
ou de rinquisition.
1542, juillet-août. Crise ecclésiastique à Berne. Les disciples de
Zwingli l'emportent sur ceux de Bucer.
1542, vers le 10 août. Farel part de Neuchâtel et se rend à Metz.
1542, 15 août. Le gouvernement bernois ordonne aux pasteurs
du Pays romand d'enseigner la doctrine de la sainte Cène
suivant les principes admis dans la Dispute de Berne.
1542, août-octobre. Plusieurs Évangéliques italiens se réfugient
en Suisse.
1542, 3 septembre. Première prédication de Farel à Metz.
1542, octobre. Berne met en vente les biens ecclésiastiques de
ses nouvelles provinces.
T. VIII.
33
514 TABLETTES CHKOiXOLOGlQUES.
1542, 2 octobre. Au moment de j)rêcher dans une église, Farel
est contraint à sortir de Metz; il se retire à Montigny.
1542, T'" jours d'octobre. Le Conseil de Metz fait publier un
édit impérial interdisant « les nouvelles doctrines. »
1542, l*"" novembre. La Classe de Lausanne adresse des repré-
sentations à MM. de Berne sur le mandement du 15 août
et sur la vente des biens d'Église.
1542, V moitié de novembre. Clément Marot se réfugie à Genève.
1542, vers le milieu de novembre. Farel rentre à Metz.
1542, 6 décembre. Lettre de remerciements des Évangéliques
vénitiens aux pasteurs de Genève.
1542. On publie à Genève le livret intitulé : La forme des prières
et chantz ecclésiastiques, avec la manière d' administrer les
Sacremens.
1543, janvier. Les ministres de la Classe de Lausanne sont ré-
primandés, à cause de leur lettre du l"' novembre.
1543, mi-janvier. Farel quitte Metz et se retire à Gorze.
1543, 31 janvier. Ouverture de la diète impériale de Nuremberg.
1543, janvier ou février. Paleario signale aux Réformateurs les
préparatifs de la cour de Rome en vue du Concile.
1543, 11 février. Traité d'alliance de Charles-Quint avec le roi
d'Angleterre.
1543, 11 février. Épître de Guillaume Farel au duc de Lorraine.
1543, 14 février. Le parlement de Paris condamne VInstifution
de Calvin et les ouvrages d'Etienne Dolet.
1543, février. Calvin publie à Genève son livre contre Pighius.
1543, 10 mars. La Faculté de Théologie de Paris rédige une
confession de foi en XXV articles.
1543, 15 mars. Clément Marot dédie à François I vingt nou-
veaux psaumes.
1543, mars. Calvin publie à Strasbourg la troisième édition
latine de son Institution.
1543, 16 mars. Les Princes protestants obtiennent du Conseil
de Metz un temple pour les Évangéliques.
1543, 25 mars. Le duc de Guise assaille traîtreusement les
Évangéliques messins assemblés à Gorze.
1543, 28 mars. Farel échappe à ses ennemis et se retire à Stras-
bourg.
1543, 16 avril. Le duc Antoine de Lorraine déclare qu'il a
TAHLETTES CHRONOLOGIQUES. 5I5
entièrement ignoré les projots du due de Guis»' eontre les
Évangéliqnes messins,
1543, 20 avril. Farel envoie à OswaUi Myeonius la narration
détaillée des événements du 20 mars.
1543, avril. Dans ses prédications à Metz, le 1)"^ Caroli accuse
d'hérésie Farel, Calvin et Viret.
1543, 14 mai. Pierre Caroli provoque Farel à une dispute.
1543, 14-21 mai. Conférence à Strasbourg entre les députés de
Metz et ceux des Princes pi-otestants. •
1543, 17 mai. François I fait expédier aux \'audois de la Pro-
vence ses troisièmes lettres de grâce.
1 543, 21 mai. Réponse de Farel à la « lettre de défiance » de Caroli.
1543, vers le 25 mai. Réponse de Caroli aux i)laintes poi-tées
contre lui dans la conférence de Strasbourg.
1543, 1" juin. Le pape remercie les magistrats de Cologne de la
résistance qu'ils o])posrnt aux i)rojets de réforme de leur
archevêque.
1543, 10 juin. Nouvelle édition de La forme des jnièi'es et chanfz
ecclésiastiques. Préface de Calvin.
1543, 19 juin. Calvin i)art de Genève pour se rendre à Strasbourg.
1543, 25 juin. Seconde Épître de Farel à Caroli.
1543, 25 juin. Neuf jésuites s'établissent h Cologne.
1543, f) juillet. Une bulle du pape suspend le Concile.
1543, 23 juillet. Des lettres patentes de Fran(;ois I j)i-omulguent
la confession de foi rédigée i)ar la Sorbonne le 10 mars.
1543, vers la tin de juillet. L'p]mpereur, venant d'Italie, arrive à
Spire.
1543, i3 août. Un curé savoyard exhorte les Genevois à rétablir
les cérémonies catholiques.
1543, 16 et 17 août. Le Conseil de Strasbourg annonce aux
Genevois et aux Neuchritelois (|u'il n':\ pu obtenir pour
Calvin et Farel, une conférence avec i'ierr(> Caroli.
1543, vers le 22 août. Calvin et Far(>l rentront en Suisse.
516
LISTE CHRONOLOGIQUE DES PIECES DU VOLUME.
LlSTi: CHKONOLOGIQUE
DES PIECES CONTENUES DANS LE HUITIEME VOLUME
Les lettres inédites sont distinguées par un astérisque placé avant le Numéro.
NUMEROS
mo.
1111.
*1112.
*1113.
llli.
lUo.
*11I6.
*1117.
*lil8.
1119.
*li20.
1121.
*1 122.
*li2.3.
*1124.
1123.
*lf26.
*H27.
*li28.
*il29.
1130.
*1I31.
1132.
*1133.
*1134.
ANNEE PAGES
loi2
Guillaume Farel à Jean Calvin, 2 mai 3
Le Conseil de Berne au Conseil de Neuchàtel, 4 mai . 6
Les Conseils de Neuchàtel au Conseil de Berne, o mai . 7
Pierre Toussain à Guillaume Farel, 7 mai 9
Théodore de Bèze à Maclou Pompon. 7 mai .... 10
Jean Calvin à Guillaume Farel, 10 mai 12
Le Conseil de Soleure aux Conseils de Neuchàtel. 10 mai. li
Les Conseils de Neuchàtel au Conseil de Soleure, limai. 17
Les Conseils de Neuchàtel au Conseil de Berne, il mai. 18
Jean Calvin aux Évangéliques de Lyon (vers le milieu
de mai) 19
Pierre Foret au Conseil de Berne, 13-20 mai. ... 28
Pierre Viret à Oswald Myconius, 16 mai 29
Le Conseil de Berne au Gouverneurdc Neuchàtel, 19 mai. 32
Pierre Toussain à Guillaume Farel, 23 mai .... 33
Christophe Fabri à Guillaume Farel, 23 mai .... 35
Oswald Myconius à J. Calvin et à P. Viret, 30 mai. . 38
Sébastien Miinster à Guillaume Farel, 31 mai ... 40
André Zébédée au Conseil de Berne (vers la fin de mai). 42
Jean Bosset au Conseil de Berne (l'""s jours de juin) . 49
Le Conseil de Strasbourg au Conseil deBàle, 7 juin . 32
Jean Calvin à Guillaume Farel, 16 juin 54
Pierre Toussain à Guillaume Farel, 10 juillet. ... 57
Eustache de Knobelsdorf à Georges Cassander, 10 juillet. 59
Le Conseil de Berne à la Reine de Navarre, 15 juillet . 63
Le Conseil de Berne au cardinal de Tournon, 13 juillet. 65
LISTE CHHONOLOGIQLE DES PIÈCES 1>L VOLUME. 517
NUMÉROS PACiES
1135. Tliéodore de Bèze à Macloii Pompon, 19 juillet . . (Il»
1136. Pierre Viret à Jean Calvin, 21 juillet f,S
1137. Simon Siiltzer à Jean Calvin, ai juillet 7:2
1138. Martin Hucer à Jean Calvin, 23 juillet 73
1139. Jean Calvin à Guillaume Farel (28 juillet) .... 78
1140. Jean Calvin à Benoit Te.xlor (28 juillet) 82
1141. Jean Calvin à Pierre Viret (28 juillet) S2
*I 142. Le.s Pasteurs de la Prévôté au Conseil de Berne, 29 juillet. 8.")
1143. Pierre Viret à Jean Calvin. 30 juillet . ..... Kd
1144. Pierre Viret à Jean Calvin, 8 août 87
1145. Claude de Sachins à Jean Calvin, 12 août .... s9
1146. Conrad Pellican à Jean Calvin, 13 août '.):{
*1147. Les Conseils de Berne aux Pasteurs du Pays romand,
13 août 95
*1148. Le Conseil de Berne au.x doyens des Classes du Pays
romand, 16 août 102
1149. Jean Calvin à Pierre Viret, 19 août 103
1130. Jean Calvin à Pierre Viret, 23 août 109
*11S1. Eynard Pichon à Rodolphe Gualtlier, 27 août . . . 112
*1132. Le Conseil de Berne h Pierre Viret, 29 août . . . . NI
1133. Jean Calvin à Guillaume Farel, 30 août Ho
1154. Jean Calvin à Pierre Viret (l*^'» jours de septembre) 117
1133. C. S. Curione à Jean Calvin, 7 septembre .... 118
1136. Jean Calvin à Pierre Viret, 1 1 septembre 121
*llo7. Martin Bucer à Guillaume Farel, 13 septembre .... I2."i
1138. Simon Sullzer à Jean Calvin, 16 septembre .... 120
1139. Jean Calvin à Pierre Viret (entre le 12 et le 19 septemb.) 132
1160. Pierre Viret à Jean Calvin, 19 septembre !:{4
1161. Jean Calvin à Pierre Viret, 23 septembre . . . . 137
1162. Simon Sultzer à Jean Calvin, 4 octobre l.'iS
1163. Jean Calvin à Pierre Viret (3 octobre ?) l 'i I
1164. Martin Bucer à Jean Calvin, 6 octobre i'iti
1165. Guillaume de Furstemberj,' au Conseil de .Metz, 8 oclnb. |.")1
*1166. Martin Bucer à Guillaume Farel. Il oololtre. . I3i
1167. Simon Sidtzer à Jean Calvin. 21 octobre I"it)
1168. Guillaume Farel à Jean Calvin, 22 octobre .... lo!»
1169. Guillaume Farel aux Pasteurs de NeucliAtel. 23 octobre. 160
*1170. Renée de France à Henri Bidlin^^er. 21 octobre. . . Hi|
518
LISTE CHRONOLOGIQUE DES PIECES DU VOLUME.
NUMÉROS PAGES
1171. Jean Calvin à 'Pierre Viret (entre le 25 et le 28 oct.) . 163
1172. Martin Biicer à Jean Calvin, 28 octobre 168
1173. Jean Sturm à Jean Calvin, 29 octobre 170
*1174. La Classe de Lausanne au Conseil de Berne, l"'' nov. 171
1175. Bartaudière à d'Espeville (J. Calvin), 4 novembre . . 177
1176. Les Princes protestants au Duc de Lorraine, 7 novemb. 181
*1177. Celio Seconde Curione au Conseil de Berne, 8 novemb. 184
1178. Jean Calvin à Henri Bullinger, 8 novembre .... 186
1179. Jean Oporin à Jean Calvin, 10 novembre 188
*1 180. Pierre Toussain à Matthias Erb, 20 novembre ... 190
*1181. Celio Seconde Curione au Conseil de Berne (27 nov.) . 191
*1182. Pierre Yiret à Guillaume Farel, 27 novembre . . . 194
*H83. Jean Fathon à Christophe Fabri, 28 novembre . . . 197
1184. Thomas Malingre à Clément Marot, 2 décembre. . . 202
1185. Simon Sultzer à Jean Calvin, 5 décembre 209
1186. Les Évangéliques vénitiens aux Pasteurs de Genève,
6 décembre 212
1187. Jean Calvin à Pierre Viret (vers le 8 décembre). . . 215
1188. Jean Calvin à Guillaume Farel, 15 décembre . . . 220
*1189. Le Conseil de Berne au Président de Chambéry, 15 déc. 222
1190. Benoît ïextor à Jean Calvin, 19 décembre .... 223
1191. Antoine Fumée à Jean Calvin (vers la lin de 1542) . 228
*1192. Nicolas [d'Auxerre] et J. Bonivoye au Conseil de Berne
(1542 ou 1543) 234
*1192 bis. [J. Bonivoye et Nicolas d'Auxerre] à P. Kuntz (1542
ou 1543) 235
119-2 ter. Jean Calvin à Michel Varod (1542 ou 1543) ... 236
1543
*1193. Pierre Toussain à Matthias Erb, l*"'' janvier . . . . 237
*1194. Le Conseil de Berne au doyen et aux jurés de la Classe
de Lausanne, 2 janvier 238
='==1195. Béat Comte à Rodolphe Gualther, o janvier . ... 239
1196. Simon Sultzer à Jean Calvin, 8 janvier 240
1197. Jean Calvin à Oswald Myconius, 12 janvier . . . . 246
*1198. Le Consistoire de Berne à Pierre Viret, 19 janvier . . 247
*1 199. Jean Fathon à Christophe Fabri, 26 janvier . ... 250
1200. Simon Sultzer à Jean Calvin, 31 janvier 256
LISTE CHRONOLOGIQUE DES PIÈCES [>L VOLUME. ol9
2ÎCMÉR0S PAGKS
*1201. Jean Cliai)onneau à Guillaume Farel (janvier) . . . 2o9
1202. Aonio Paieario à Luther, Mrlanchllion. Biicer, (Calvin
(janvier on février) 260
1203. Guillaume Farel au Duc de Lorraine, H février. . . 268
1204. Le Conseil de lierne à ses députés à Lausanne, 12 fév. 280
1205. Simon Sultzer à Jean Calvin, i:{ février 28i
1206. Jean Calvin à Pliili|)|ie Mélanehthon (!'•'' moitié de fév.) 285
1207. Jean Calvin à Pliilij.pe Mélanehthon, 16 février. . . 286
*l 208. Béat, Comte à Rodol|)he Gualther, l*"'- mars .... 288
1209. Conrad Pellican à Jean Calvin. 3 mars 290
*12ia. Pierre Toussain A Matthias F:rii, 1 mars 291
*1211. Pierre Viret à Guillaume Farel. 15 mars 293
1212. Pierre Kuntz à Jean Calvin, 20 mars 295
1213. Jean Calvin à Pierre Viret (24 mars) 297
1214. Pierre Toussain à Jean Calvin, 24 mars 299
1215. Jean L'Archer h Guillaume Farel, 27 mars .... 300
*1216. Guillaume de Furslemherg au Conseil de Herne, 29 mars. 304
*12I7. Guillaume de Furstemberg'à son ambassadeur en Suisse,
31 mars 309
1218. Le Conseil de Strasbourg au Conseil de Metz, 5 avril . 311
1219. Le Conseil de Metz au Conseil de Strasbourg, 9 avril . 314
*1220. Gaspard de Heu à Guillaume Farel, 10 avril. . . . 315
1221. Jean Calvin à Conrad Pellican, 18 avril 317
1222. Guillaume Farel à Oswald Myconius, 20 avril . . . 320
*1 223. Jean Hibit à Conrad Pellican, 22 avril 331
1224. Le Conseil de Genève à Guillaume Farel, 24 avril . 333
1225. [Guillaume Virot] aux réfugiés messins, 27 avril . . 334
1225 bis. Béat Comte à Nicolas de Watteville, 27 avril. . . 336
1226. Antoine Fumée à Jean Calvin (avril) 338
*1227. Le Conseil de Berne au Parlement de Dole, 7 mai . . 340
1228. Philippe Mélanchtlion à Jean Calvin, limai. . . . 3il
1229. Conrad Pellican à Jean Calvin. 13 mai 314
1229 l)is. [L'Église de Metz] aux Princes protestants (l"^'' moi-
tié de mai) 346
1230. Pierre Caroli à Guillaume Farel, 14 mai 31!^
*1231. Pierre Viret à Guillaume Farel, 19 mai 352
*1232. Antoine Thomassin au (iiuiverneur de XeuchAIel (vers
le 21 mai) :{57
520 LISTE CHRONOLOGIQUE DES PIÈCES DU VOLUME.
^fUMÉROS PAGES
i233. Guillaume Farel à Pierre Caroli, 21 mai 369
*1234. Le Conseil de Berne à la Classe de Morges, 21 mai . 373
1235. Jean Calvin à Pierre Yiret (vers le 27 mai) .... 376
1236. Jean Calvin aux Pasteurs de NeuchAtel, 28 mai. . . 378
1237. Pierre Viret à Jean Calvin, 29 mai 383
1238. Guillaume Farel au Conseil de Genève, 31 mai . ... 386
*1239. Guillaume Farel aux Pasteurs du Pays romand, 31 mai. 388
*1240. Guillaume Farel à la Classe de NeucliAtel, 31 mai . . 392
1241. Eustorg de Beaulieu à Clément Marot (au mois de mai). 400
1242. Le Conseil de Metz au Conseil de Strasbourg, i^r juin . 403
1243. Ehrhard Schnepf au duc Christophe, 3 juin .... 408
1244. Le Conseil de Berne au Bailli d'Yverdon, 4 juin . . 409
1245. Le Conseil de Neuchàtel à Guillaume Farel, 13 juin . 410
*1246. Les Pasteurs de Neuchâtcl à Guill. Farel, 16 juin . . 413
*1247, Le Conseil de Genève au Conseil de Bàle, 18 juin . . 416
*1248. Christophe Fabri à Guillaume Farel, 20 juin. ... 418
*1249, Pierre Toussain à Guillaume Farel, 23 juin .... 420
1250. Guillaume Farel à Pierre Caroli, 23 juin 421
1231. Pierre Viret au Conseil de Genève, 27 ou 28 juin . . 434
1232. J. Calvin et Guill. Farel au Conseil de Strasbourg (29 ou
30 juin) 437
1233. Jean Calvin à Pierre Viret, l^r juillet 440
1234. Jean Calvin au Conseil de Genève, l^"" juillet . . . 441
1255. Jean Calvin aux Pasteurs de Genève, 1<"' juillet . . . 444
1256. Les Pasteurs de Genève à Jean Calvin, 11 juillet . . 446
1257. Le Conseil de Genève à Jean Calvin, 11 juillet . . . 430
1258. Philippe Mélanehthon à Jean Calvin, 12 juillet . . . 451
*1259. Le Conseil de la Aeuveville au Cons. de.Berne, 15 juill. 452
1260. Les Ministraux de Neuchâtel au Conseil de Strasbourg,
16 juillet 453
*1260/'/s. Les Ministraux de Neuchàtel au Conseil de Berne,
16 juillet 454
1261. Le Gouverneur de Neuchàtel au Conseil de Strasbourg,
17 juillet 455
1262. Jean Calvin au Conseil de Genève, 24 juillet ... 457
1263. Jean Calvin aux Députés genevois à Berne, 24 juillet . 460
*1264. Pierre Toussain à Matthias Erb, 29 juillet .... 462
*1265. Pierre Toussain à Sigismond Stier (août ?) .... 464
LISTE CHRONOLOGIQUE DKS IMKCKS I»l VULL.MK. 521
NUMÉROS PAGES
'''lâGG. Fi-iiiirois (k' Maiidiillaz aux hahitaiits de (itMiève, i) aoiit. 4(16
^''1:2()7. Bai-thélemi des Prés à Henri By.lliii<;er, 1 1 août. . . Uîl»
*1:2()8. l*ierre Toussain ù Mattliias Erl), 1 1 août 'i7l
12(59. Jean Calvin an Conseil de Genève, i;{ août, .... 172
1270. Le Conseil de Strasbourg- an Conseil de Genève, IGaoùt. 473
*1271. Le Conseil de Strasbourg aux (Jonseils de NeuchAtel,
16 août 175
Appendick hes tomes I. II. VII. Vin.
io2
iio Ins. Claussequin (PAysà Franroisde llannonviile, 17oct. 477
152o
149 r/. Pierre Toussain à Guillaume Farel, 20 juin. . . . 479
1526
179 ^<. Guillaume Farel à Nicolas d'Esch, 9 juillet. ... 481
1529
*268 a. Humbert de Praroman aux Chanoines de Lausanne,
2 décembre \Si
1541
*957rt. La Classe de NeuchAtel à la Classe de Mop.lbéliard.
(mars?) 485
*1005 h. Les Ontons évangéliques et Miillinnsc à Friiiicuis I.
25 juin 488
*1054r;. Les Pasteurs de Strasbourf,»' aux Chanoines de Metz,
25 octobre 489
1542
llOli. [Pierre Brulli] et lÉglise Française de Strasbourg; an
Conseil de Strasbourg-, 25 mars 492
1543
*122() Ai'.v. Le Duc de Lorraine an Conseil de HAle, 1(> avril V94
322 LISTE ALPHABÉTIQUE DES C0RHESP0NDANT5.
LISTE ALPHABÉTIQLK
DKS CORR ES PONDANTS
(Les chiffres arabes ordinaires indiquent les N*»» des lettres écrites par les coiTespon-
dants, et les chiffres en italipie, celles qiii leiu' ont été adressées.1
Apreniont (Le seigneur d'\. Vciyez Calvin.
Archer (Jean 1'). 121o.
Auxerre (Nicolas d'). 1192. 1192 bis.
Ays (Claussequin d'). 123 bis.
Bâle (Le Conseil de). 1129, 1247, 1220 bis.
Bartaudière. 1173.
Beaulieii (Eustorg de). 1241.
Berne (Le Conseil de). ilM, il22. 1133. 1134, 1148, 1132, 1189,
1194. 1204, 1227, 1234, 1244. — 1112, 1118, 1120, 1127,
1128, 1142, 1174, 1177, 1181, 1192, 1216, 1259,
1260 bis.
Berne (Les Conseils de). 1147.
Berne (Le Consistoire de). 1198.
Bèze (Théodore de). 1114. 1133.
Bonivoye (Jean). 1192, 1192 bis.
Bosset (Jean). 1128.
Brulli (Pierre). 1101 b.
Bucer (Martin). 1138. 1157, 1164, 1166, 1172. — 1202.
Bullinger (Henri). 1170. 1178, 12i!7.
Calvin (Jean). 1113, 1119, 1130, 1139, 1140, 1141, 1149, 1130,
1133, 1134, 1136, 1139, 1161, 1163, 1171. 117S, 1187, 1188,
1192 ter, 1197, 1206, 1207. 1213, 1221, 1233. 1236,1252,
1233, 1234, 1233, 1262, 1263, 1269. — lllO, 1125, 1136,
1137, 1138. 1143, 1144, 1145, 1146. 1155. 1158, 1160,
1162, 1164, 1167, 1168, 1172,1173, 1175, 1179, 1185,
1190, 1191, 1196, 1200, 1202, 1205, 1209, 1212, 1214,
1226, 1228, 1229, 1237, 1256, 1257, 1258.
LISTE ALPHABÉTIQUE DES COHnESPONDANTS. .'523
Cantons évangéliqiies (Les). Voyez Suisse (Les cantons cniiii{,'.'li(|ues
de la).
Capnius. Voyez Fumée.
Caroli (Pierre). 1230. — 1233, 1250
Cassander (Geortres). 1132.
Cernex (Le curé de). Voyez Mandallaz.
Chanibéry (Le président de). 1189.
Chaponneau (Jean). 1201.
Comte (Béat). 1195. 1208, 1225 bis.
Cnrione (Celio Secondo). 1155, 1177, 1181,
Dôle (Le Parlement de). 1227.
Erb (Matthias). 1180,1193, 1210. I2<ii, 1208.
Esch (Nicolas d'j. 179 h.
Espeville (M"" d'). Voyez Calvin.
Fabri (Christophe). 1124, 12'i8. — 1183, 1199.
Farel (Guillaume). 1110, 1168, 11G9, 1203, 1222, 1233, 1238. 1239,
1240, 1250, 1252, 179 a. — JI13, II lu, 1123, 1124,
1126, 1130, 1131. 1139, 1153, 1157, 1100, 1182,
1188, 1201, 1211, 1215, 1220, 122 i, 1230, 1231,
1245, 1240, 1248, 1249, 149 a.
Fathon (Jean). 1183. 1199.
Ferrare (Renée, duchesse de). 1 170.
Foret (Pierre), 1120.
Franç^ois I. 1005 b.
Fumée (Antoine). 1191, 122(i.
Furstemberg (Guillaume, comte de). 1165, 1216, 1217.
Furstemberg' (L'ambassadeur de Guillaunn' de). 12 17.
Genève (Le Conseil de). 1224, 12'i7, 1257.— 1238, 1251. 125 1.
1202, 1209, 1270.
Genève (Les députés de). 1203.
Genève (Les habitants de). 1260.
Genève (Les pasteurs de). 1256. — IISO. 1255.
Gualther (Kodolphe). 1151, 1195. I208.
Hannonville (François de). 125 bis.
Heu (Gaspard de). 1220.
Knobelsdorf (Eustache de), 1132.
Kuntz (Pierre). 1212. — 1192 bis.
Lausanne (Les chanoines de). 208 a.
Lausanne (La Classe ou les pasteurs de). 1174.
524 LISTE ALPHABÉTIQUE DES CORRESPONDANTS.
Lausanne (Le doyen et les jurés de la Classe de). 1194.
Lorraine (Antoine, duc de). 1220 bis. — 1176, 1203.
Luther (Martin). 1202.
Lyon (Les Évangéliques de). 1119.
Malingre (Thomas). 1184.
Mandallaz (Le curé François de). 1266.
Marguerite de Navarre (La reine). 1133.
Marot (Clément). 1184, 1241.
Mélanchthon (Philippe). 1228, 1258. - 1202, 1206, 1207.
Metz (Les chanoines de). 1054 a.
Metz (Le Conseil de). 1219, 1242. — 1165, 1218.
Metz (L'église réformée de). 1229 bis.
Metz (Les réfugiés de). 1225.
Montbéliard (La Classe ou les pasteurs de). 957 a.
Morges (La Classe de). 1234.
Mulhouse (Le Conseil de). 1005 b.
Munster (Sébastien). 1126.
Myconius (Osvvald). 1125. — 1121, 1197, 1222.
Neuclîâtel (La Classe ou les pasteurs de). 1246, 957 a. — 1169,
1236, 1240.
Neuchâtel (Le Conseil d'État de). 1261.
Neuchâtel (Les Conseils de). 1112, 1117, 1118. — 1111, 1116,
1271.
Neuchâtel (Le Gouverneur de). 1261. — 1122, 1232.
Neuchâtel (Les IV Ministraux et le Conseil de la ville de). 12i5,
1260, 1260 bis.
Neuveville (Le Conseil de la). 1259.
Oporin (Jean). 1179.
Paleario (Aonio). 1202.
Pays romand (Les pasteurs du). 1147 , 1239.
Pays romand (Les doyens des Classes du). 1148.
Pellican (Conrad). 11 'i6, 1209, 1229. — 1221, 1223.
Pichon (Eynard). 1151.
Pompon (Maclou). 1114, 1135.
Praroman (flumbert de). 268 a.
Prés (Barthélemi des). 1267.
Prévôté (Les pasteurs de la). 1142.
Prolestants d'Allemagne (Les princes). 1176. — 1229 bis.
Renée de France. Voyez Ferrare (Renée, duchesse de).
LISTE ALPHABÉTIQUE DES COIUIKSI'ONDANTS. 525
Uil)it (Jeiiii). 1223.
Sachins (Claude de), llio.
Srhiiepf (Ehrhard). 12i3. ;
Soleure (Le Conseil de). 1116 — ill' .
Stier (Sigismond). J2i>5.
Strasbourg- (Le Conseil de). 1129, 121H, 1270, 1271. — li'JO,
121-2, 1252, 1200, 1201, llOl h.
Strasbourg (L'église française de). 1101 b.
Strasbourg (Les pasteurs de). 1054 a.
Sturm (Jean), 1173.
Suisse (Les cantons évangéliques de la). 1005 b.
Sultzer (Simon). 1137, H58, 1102, 1107, 1185, 1196, 1200, 1205.
Textor (Benoit). 1190. — 1110.
Thomassin (Antoine). 1232.
Tournon (Le cardinal de). 113 1.
ïoussain (Pierre). 1113, M23, 1131, 1180, 1193, 1210, 121i,
1249, 1204, 1265, 1268, 149a.
Trévise (Les Évangéliques de). 1186.
Varod (Michel). 1192 ter.
Vénitiens (Les Évangéliques). Voyez Trévise et Vicence.
Vicence (Les Évangéliques de). M86.
Viret (Pierre). 1121, 1136, 1143, 1144, 1160, 1182, 1211, 1231,
1237, 1251. — 1125, 11 11, 1149, 1150, 1152, 1154,
1150, 1159, 1101, 1103, 1171, 1187, 1198, 1213,
1235, 1253.
Virot (Guillaume). 1225.
Vullierens (Nicolas de). Voyez Auxerre (Nicolas d').
Watteville (Nicolas de). 1225 bis.
Wurtemberg (Le duc Christophe de). 1243.
Yverdon (Le bailli d'). 1244.
Zébédée (André) 1127.
INDEX ALPHABÉTIQUE
DES
NOMS DE PERSONNES
QUI SE TROUVENT DANS LE HUITIÈ:\IE YOLOIE
Les noms imprimés en petites CRpitAles désignent Ws aufeiirs des Lettres,
et ils sont suivis des Numéros d'ordre de celles-ci. Lorsque dans uu article
le chiffre de la page est seul indiqué, la personne à laquelle il se rapporte
figure seulement dans le texte; s^'û est suivi de la lettre n., la personne
n'est mentionnée que dans les notes. L'abréviation et n., après le chiffre
d'une page, signifie que le nom propre se rencontre à la fois da>is le texte
et dans les notes.
Les noms de lieux ne sont reproduits que lorsqu'ils servent à désigner
un individu ou des collections de personnes, et l'on a omis tous les noms
des personnages qui n'appartiennent pas au seizième siècle.
Abère (Les habitants d'), voy. Habère.
Abria (Le curé Didier), 478 et n.
Adam, le drapier, 324 et n.
Adam (Michel), 333 et n.
Adrianus, voy. Blauner.
Agianthus, voy. Saiiit-Flour (Antoine de).
Aigle (de 1'), 10 et n., 11.
Aix (Claussequin d'), voy. Ays.
Aix (Le parlement d'), voy. Provence (Le
parlement de).
AJbe (Le duc d'), 130 n.
Albret (Jeanne d'), 74 n.
Alcala (Les théologiens d'), 350.
Alciat (André), 88 n., 165 n., 380 et n.
Alexandre (Pierre), 33 n., 70 n., 492, 493 n.
Alexis, voy. Gaudinoeus.
Allemagne (Étudiants de la Haute-), 158.
Allemagne (Les Pasteurs évangéiiques de
1'), 261 etn., 262 n.
Allemagne (Les églises évangéiiques de 1'),
267.
Altieri (Balthasar), 212 n.
Amanus, 187 n.
Aiibrosius, voy. Cliareigne.
Amerbacli (Boniface), 246 n., 380 n.
Anabaptistes neuchàtelois (Les), 358-368.
Ancillon, 153 u.
André ***, beau-frère de Fabri (Ghristo-
plie), 201 et n., 254 et n., 255.
Andronicus (Fortunat), 247 et n., 248,
249.
Angelander (Jo.), voy. Engelmann.
Angélus ***, 345 et n., 346 n.
Angleterre (Les Évangéiiques de 1'), 267
Aniôres (Le seigneur d'), voy. Sachiiis
(Claude de).
Auiebaut (Le maréchal d'), 108 u.
INDEX ALPHABÉTIQUE DES NOMS.
3^7
Annonius, 5 ii.
Anr>" (Maître), voy. Mare (Hi'iiri de la).
Antoine, duc de Lorraine, voy. Lorraine.
Aiitonius (Mai-cus), 178 n.
Apreniont, pseudonyme de ("alvin (Le
seigneiu" d'), 233 et n.
Aquilius, voy. Aigle (de 1').
Archer (Jean l'), X» 12L5. — 300 et n.,
304 n., 378 n., 392 n., 414 n.
Ai-cuarius, voy. A relier (1').
Armasnac (L'évêque Georges d'), 470 u.
Arnes (Ilugoniu d'), 50 n., 503.
Arquerius, voy. Archer (1').
Arsent (Le conseiller Pierre), 484 n.
Articulants (Les), 87 n.
Aubéry, avocat général (Jacques), 4 u.
Audincourt et Exincourt (L'église d'), 58
et n.
Augsbarger (Michel), 143 n., 280 n.
Aulbe ou Aube (Regnanlt d'), 153 n.
Aulbonne (Bastian on Sébastian d'), 386 n.
Aumale (François de Lorraine, comte d'),
306 et n., 307 et u., 310, 323 et n.,
329 n., 335 u., 494 et n., 499 n.
Ausserre (Nicolas d'), voy. Auxerre.
AuxEKKE (Nicolas d"), N»» 1192, 1192 bis.
— 234 et u., 235 et n., 236.
Avignon (Les syndics d'), 4 n.
Awe (Georgius ab), 408 et u.
Ays (Claussequin ])'), Nol25 bis. — 477 et
n., 478 u., 479 et n.
B
Baccarat ou Baccareti, 478 n.
Baiilod (Hugonette), 255, 256 n.
Bailloz (Loys), 254.
Baillez (Guillaume), 255.
Balard. père (Jean), 145 n., 219 et u., 467
n., 469 u., 483 n., 484 u.
Balard (Louise), 219 n.
Balbus (Jo.), voy. Bègne.
Bâie (Les citoyens de), 39, 41.
Bâle (Le Conseil de), 38, 39, 52, 309, 311
n., 330 et n., 416, 418, 441, 450, 473
n., 489, 494, 497 n., 500, .501 et n.
Bâle (Les députés de), 74 et n., 108 et n.,
109 n., 143 n.
BMe (L'église de), 38.
Bâle (L'évêque de), 52 n.
Bftle (Les pasteurs de), 41, 73.
Barbarin (Thomas), 5etu., 32 n., 41 et n.,
198 et n., 201 et n., 255, 302 et ii.,
388 n., 397 n., 413, 414 n., 416 et n.,
487, 505.
Barbe, la revendeuse, ,307 n.
liarberonsse, 108 n., 130 et n.
Barralis (Jehan), 87 n.
Barrault, voy. Borreaul.
Bar'pîvudière, N" 1175.— 177 et n., 178
n., 180, 181 n.
Bartholomaius ***, 180 etn.
Baume, évéque de Genève (Pierre de la),
466 n., 467 n., 469 n.
Baux (Jean), 87 n.
Bavière (Louis et Guillaume, ducs ài'), 76
et n., 257 n., 420 et u.
15avière (Sabine, duchesse de), 420 n.
Bkauliku (Eustorg ou Hector de), N"
1241. — 207 n., 400, 401 n., 4U2 n.,
403 n
Beanmont (M'' dej, 2'J8 et n.
Beauvais (Françoise de), 37 u.
Beauvais (Louise de), 37 n.
Bègue (Jean le), 206.
Béguin (Le secrétaire Y»), 388 n., 444 n.
Bellay (Martin du), 108 n.
Bellegarde (Clande de), 37 n.
Bellegarde (Simon de), 37 et n.
Bellelay (L'abbé de), voy. Cognât.
Bellomontanns, voy. Beaumont.
Benoît (Le docteur Jean), 60 n.
Beraldus (Joannes), 184 et n.
Berandns (Joannes), 184 n.
Bérauld ("François), 184 n.
Bérauld (Jean), 179 n.
Bérauld (Nicolas), 184 n.
Bernard (Jacques), 3 n., 75 et n., 79 et n.
Berne (L'avoyer de), 98 n., 100 n., 139,
505, 506.
Berne (Le Conseil de), N"» 1111, 1122,
1133, 1134, 1148, 1152, 1189, 1194,
1204, 1227, 1234, 1244. — 6 «t n.,
7 et n., 8 n., 9, 15 n., 16 n., 18, 19,
28 et n., 29 n., 30, 31 n., 32, 33,
35 n., 36, 38, 39, 42, 43 n., 49 et u.,
50 et n., 51, 52 n., 53 et n., 58, 63,
64 et n., (55 et n., 66, 71 n., 73 n.,
74 n., 84 n., 85, 88 u., 94 n., 95, '108,
109 n., 110 et n., 111, 114 etn., 119 et
n., 122, 123, 132 n., 134, 135. 1.36
et n., 139 et n., 142 et u., 143 et u.,
145, 147 etn., 166 n., 167 n., 171 etn.,
172 n., 173 n., 174 n., 175 n., 191,
192 n., 193 n., 200, 203 et n., 217 n.,
222 et n., 223, 234, 236, 238 et u.,
239 n., 243 n., 244 n., 245 u., 258 n.,
259 n., 280 et n., 281 n., 282 n., 283,
284 et n., 285, 294 n., 298 n.. 304, 309
etu., 310 n., 311 n, 336 n., 337 n.,
528
INDEX ALPHABETIQUE DES NOMS.
340, 350, 352 n., 353 n., 354 et n., 356
n., 375 et n., 385 n., 386 n., 409, 411,
417, 418, 434, 435 et n., 452, 453, 454,
455, 456 n., 469 n., 489, 494, 502, 503,
505, 50S, 508.
Berne (Le Conseil des Deux-Cents ou des
Boui-geois de), 120 n., 122 et n., 139,
210, 281 n.
Bers-e (Les Conseils de), X» 1147. —
95, 97 n., 99 n., 209 et n., 281 n.
Bern'e (Le Consistoire de), No 1198. —
216 n., 247 et n.
Berne (Les députés de), 8, 35 et n., 52 n.,
71 et n., 85 n., 143 n., 222 n., 280 et
n., 294 n., 375 n., 502, 504.
Berne (L'église de), 6 n., 7, 96 n., 101 n.,
110.
Berne (MM. de), voy. Berne (Le Conseil
de).
Berne (Les pasteurs de la ville de), 38, 73
n., 89 et n., 95 et n., 96 et n., 103 n.,
131, 209 et n., 210, 211 etn., 243 et n.,
244 et n., 245 et n., 281 n., 356 et n.,
435, 508 n.
Berne (Les Classes allemandes du pays
de), 103 n., 104 n.
Berne (Les Doyens des Classes allemandes
de), 114 n.
Bernois (Les), voy. Berne (Le Conseil de).
Bertaudière (Mauclerc ou Prévost, sieui- de
la), voy. Bartaudiére.
Berthod (Le trésorier Jacques), 386 et n.
Bésard ou Bisard (Martin), 61 n.
Béze (Le chanoine Audebert de), 66 et n.,
67.
Bèze (L'abbé Claude de), 67 et n.
Bèze (Le bailli Pierre de), 66 et n., 67.
Bezœus, voy. Bèze.
BÈZE (Théodore de), N^s 1114, 1135. —
10, 66 et n., 67 n., 68 et n., 83 n., 105
n., 110 n., 111 n., 121 n., 122 n., 123
n., 124 n., 207 n., 216 n., 220 n., 229
n., 297 n., 298 n., 470 n.
Bibliander (Théodore), 73, 74 n., 93 et n.,
94, 188 n., 189 n., 194 n., 319, 332,
345.
Bigothior (Claude), 91 n.
Blamont (Les paroissiens de), 29 n.
Blanc (Anton, le), 184 n.
Blanch (Matthieu), 137 n., 256 et n., 298 n.
Blauchet (Pierre), 79 n., 83 et n., 106 et
n., 163 et u., 164 n., 449 n.
Blauner ou Bloner (Adrien), 157 n.
Blois (Les Jacobins ou Domhiicaiiis de),
209.
Blonay (Michel de), 35 n.
Bock (Hans), 52.
Bois (Jacques du), 223 n.
Bois , imprimeur (Michel du), 80 et n.,
297 n.
Bois (Guillaume du), 297 et n.
Bois (Richard du), 205.
Bois (Valentin, Veltin, Valtrin ou Watrin
du), 33 n., 335 et n., 506.
Boisset (Claude), 447 et n.
Bôle (Les gens de), 202, 254.
Bonardus (Vincentius), 178 n.
Bon disciple (Le), 478 n.
Bonivard (François), 222 n., 466 n., 467
n., 483 n., 484 n.
BoxiVOYE (Jean), N»» 1192, 1192 bis. —
234 et n., 235 et n., 236 et n.
Bonleucourt ou Boul encourt (M'' de), 27 n.
Bonnestraine, moine augustin, 398 n.
Bonneville (Le Conseil de la), voy. Neu-
veville.
Boquin ou Bouquin (Pierre), 170 n.
Bordeaux (Le parlement de), 107 n., 303.
Borreaul (Claude), 282 n.
Bosc (Jean de ou du), 377 et n.
Boscanus (Jo.), voy. Bosc (Jean de).
Bosco (de), voy. Bosc.
Bosquet (du), voy. Bosc et Val-Bousquet.
BossET (Jean), N» 1128. — 49, 50 n., 52.
Bouche d'or, voy. Perrin (Pien-e).
Bouquin (Le docteur P^obcrt), 60 n.
Bom-bon (Le connétable Charles de), 279 n.
Bourbon (Renée de), 279 n.
Bom-bon (Antoinette de), 306 n.
Bourg-en-Bresse (Les suspects d'hérésie
à), 91 n.
Bourg-en-Bi-esse (Le clergé de), 92 u.
Bom-g-en-Bresse (Le Conseil de), 92 n.
Bourges (Les Carmes de), 170 n.
Boui'guignons (Les), 308 n., 322, 335 n.,
399.
Boussu'ou de Grand-Ry, 177 n.
Boussiro]! (Françoise), 180 n.
Boyer, martyr (Le Conseiller Guillaume),
107 n.
Brand (Joder), 74 n.
Brand (Théodore), 140 n.
Brandebourg, Électeur et archevêque de
Mayence (Albert de), 74, 76 et n.
Brantôme, 269 n.
Bray (Guy de), 277 n.
Brennon (Le curé Jean-Rogier), 478 n.
Brentius (Jo.), voy. Brentz.
Brentz (Ji-anj, 463 n., 465.
Bretelz, notaire (A.), 17 n., 19 n.
INDEX ALIMIAIJKT
Brilly (Joan de), voy. Boiiivoyi?.
Bnilêros, dit do la Fontaine (Estienne de),
207 n.
Brulerius Fontanus (S.), voy. Brnléres.
Brulli ou Bkusli (Pierre), N» 1101 b. —
33 11., 170 et n., 492, 493 n.
Brunon (Le docteur), voy. Niedbrucker.
Brauswick (Eric de), 76 n.
Brunswdck (Henri, duc de), 74 et n., 7ô,
76 et 11., 77, 257 et n.
Bruss (Théodore), voy. Knoblodi (Jehan).
BucER (Martin), N»» 1138, 1157, 1164,
1166, 1172. — 4 et n., 5, 39 et n., 41,
.53, 57, 73 n., 74, 75, 77, 81 n., 101 n.,
107 n., 120, 122, 125, 126 n., 127 n.,
128, 139, 142 n., 146, 147 n., 148 n.,
149 n., 151, 152 n., 154 etn., 156, 157
et n., 166 et n., 168, 169 n., 170, 199
n., 220 n., 257, 260, 261, 268, 284, 322
n., 330, 341, 344, 346 n., 356 n., 397
et n., 434 n., 452 n., 489, 492, 508.
Bucer (Les partisans de), 73 n.
Bucerani, voy. Bucer (Les partisans de).
Biichlin (Paul), voy. Fagius.
Buchinann, voy. Bibiiander.
Budé (Guillaume), 88 n., 380 n.
ButHer (Piene), 158 n.
Bullingor (Hem-i), 93 et n., 94, 97 n., 114,
144 n., 161 et n., 186, 187 n., 188, 192
et n., 193 n., 240 et n., 289 et n., 290,
317, 319, 344, 345, 469, 470 u.
Bulliiiger (La famille de), 194 n.
Bui-e (Idelette de), 56 et n., 82, 86 n., 87
et n., 109, 224, 227.
Busleiden (Le chanoine Jérôme), 380 n.
Buy (Le seigneur de), voy. lieu (Gaspard
de).
Cœsar, voy. Charle>-Quint.
Csesariani, voy. Impériaux (Les).
Calvin (Antoine), 89, 138 n., 163 n., 217
et n., 299.
Calvin (Idelette), voy. Bure (Idelette de).
Calvin (Jean), N"« 1115, 1119, 1130,
1139, 1140, 1141, 1149, 1150, 1153,
1154, 1156, 11.59, 1161, 116-3, 1171,
1178, 1187, 1188, 1192 ter, 1197,
1206. 1207, 1213, 1221, 12.3.5, 1236,
1252, 1253, 1254, 1255, 1262, 1263,
1269. — 3, 5 et n., 14 n., 19 et u., 20 n.,
30 et n., 31 n., 33 n., 34, 36, 38, 4(), 41
n.,5.3, 54, 55 n., 68, 70 n., 71 et n., 72,
T. VIII.
iC»i"K DES .NOMS. 5:29
75, 77, 78 et n., 79 n., 80 n., 81 n., 82,
83 n., 84 n., 86 et n., 87 et n., 88 et n.,
89 et 11., 90 n., 91 11., 92, 93 et n., 94,
101 n., 103, 105 n., 107 n., 108 n., 109
et^n., 110 n., 111 et n., 11.5, 116 et n.,
117, 118, 120, 121, 122 n., 125 et n.,
129, 131, 132 et n., 1.34 et n., 1.35 n.,
136 n., 137 et n., 138, 140 n., 141 et n.,
142 n., 143 n., 146 et n., 147 Ji., 148
n., 1.56, 158 n., 159 et n., 163 et n.,
166 n., 167 et II., 168, 169 n., 170
et II., 171, 174 n., 176 n., 177 et n.,
180, 181" n., 186 et n., 187 n., 188,
190, 194 et n., 196, 197 n., 205, 206 n.,
209 et n., 211 n., 212, 215, 217 n., 220
et n., 221 et n., 223, 224 n., 225 n., 228
et n., 229 n., 231 n., 233 et n., 235 n.,
2.36, 237, 240 et n., 244 n., 245, 246,
250, 256 et n., 258, 260, 261, 262 n.,
268, 284 et n., 285, 286, 287 u., 288 n.,
290 et II., 291, 293 n., 295, 296 et n.,
297 et n., 298, 299 er. n., 303 et n.,
317, 318 n., 329 n., 338 et n., 339 n.,
341 et n., 342 n., 343 n., 3-44 et n., 345
n., 346, .351 n., .353 et n., 354 et n., 3.55
et n., .365 n., 370, 376 et n., 377 n.,
378 et n., 379 n., 383 et n., 386, 387
et n., 391 n., 397 n., 4<X), 405, 407 et
n., 413, 417 et n., 418, 419, 4.35 et n.,
436, 437 et n., 438 n., 440, 441 et n.,
442 n., 444 et n., 445, 446, 447 n., 448
II., 450, 451 et n., 452, 457, 460 et n.,
462 et 11., 469 n., 470 n., 472, 473 et
II., 474, 475 etn., 476, 493 n., 507, 508.
Calvin (Le tils à,- Jean), 109, 170 et n.
Camerarius (Joachim), 182 n., .507.
Camerle (Jacques), 121 n.
Camillus (Julius), 165 et n.
Canus (Alexandre), 91 n.
Capiton (Wolfgang-Fabricius), 39 et n.,
41, 158 et n., 187 et n., 481.
Capnius, voy. Fumée.
Capunculus (Jo.), voy. Chaponneau.
Carchien, voy. ('arquien.
Carlstadt (André), 73.
Carmel (Gaspard), 201 et n., -302 et u.,
415 n., 416 n.
Caroli (Pierre), N" 12-30. — 168 n., 299
n., 313 n., 329 et n., 3-35, 348 n., 349
et n., 351 n., 352 et n., 3.53 et n., 369,
370, 374, .377, 378, 379 n., 387 et n.,
388 et n., 389 et n., 390 n., .397 et n.,
404 et n., 405 et n., 106, 4(J7 et n., 410,
411, 417 et n., 420, 421 et n., 423 n.,
427, 429, 433, 435, 436, 437. 438, 439,
34
330
INDEX ALPHABETIQUE DES NOMS.
4i0, 441 n., 443, 444 n., 445 n., 450 et
11., 454, 455, 474, 475, 476, .504, 508.
Carolus, voy. Caroli.
Carchien, Carqiiien ou Carquiii (Jean),
153 n., 1.55 n., 316, 317 n.
Cartier (Giron), 107 n.
Cartier (Jehanne), 107 n.
Cassander (Georges), 59 et n., 63.
Castalion (Sébastien), voy. Châteillon.
Castellain, (Jean), voj-. Chastellain.
Castellanus (Petnis), voy. Chastel (Pierre
du).
Castre.s (L'église de), 377 n.
Cavaillon (L'évêque de), 4 n.
Cepormus (Jacobus), 506.
Cernex (Le curé de), voy. Mandallaz.
Chablais (Les habitants du), 199 et n.
Chablais (Les Catholiques du), 36 n.
Chalant (Le comte René de), 65 n.
Chambéry (Le 2"i président de), 90 n.
Chambéry (Le président de), voy.Pellisson
(Reymond).
Chambout (Urbain), 37 et n.
Champereau (Amé ou Edme), 3 n., 30 n.,
83 et n., 106 n., 207 et n., 227, 449
et n.
Clianal ou Chasnal (Angelin), 91 n.
Chansonnette (Claude), 478 n.
Chaponseau (Jean), N" 1201. — 37 et
n., 81 et n., 206, 259 et n., 260, 301,
376, 379 et n., 380 et n., 381 n., 382,
383, 396 n., 413 n.
Chareigne (Ambroys de), 179 n.
Charles, duc d'Orléans, voy. Orléans.
Charles IH, duc de Savoie, 91 n., 143 n.,
145 n., 199 n., 222 n., 466 n., 467 n.,
469 n.
Charles-Quint (L'empereur), 40, 41 n., 57
n., 74 et n., 77, 130 n., 152 n., 154 n.,
160 et n., 168 n., 189 et n., 242 et n.,
251 n., 257 n., 261 n., 262 n., 263, 264,
265, 266, 267, 268, 306 n., 322, 342,
.350, 351, 371, 378 n., 404, 420, 440 et
11., 442, 444, 445, 459 et n., 467 n.,
469 n., 472, 476, 496 n., 497 n., 498 n.,
508.
Chastel (L'évêque PieiTe du), 4 n., 303 n.,
380 n.
Chastellain, martyr (Jean), 398 et n., 399
n., 477 n., 478 n.
Cliàteillon (Sébastien), 78 et n., 104 et n.,
105 et n., 124, 125 etn., 137, 227, 504.
Châteillon (La sœur de Séb.), 104 n.
Châteillon (Les beaux-frères de Séb.), 104
et 11., 1(J5, 504.
Chaultemps (Jean), 353 n., 503.
Cheminus, voy. Chemin.
Chemin (Nicolas du), 228 n., 229 n.
Cheseaux (Le capitaine Wilhelm), 484 n,
Cliesne (Léger du), 11 n.
Cliiré (Le curé de), 470 n.
Chœneis (Messii-e), 307 n.
Chollet (Dom Guillaume), 47 n.
Claude ou Glande (Jacques), 358, 360,
364, 366, 367.
Claude «-»«, 190 n.
Claude *■*■*, principal à Tlionon, 419.
Clément de Gorze, 478 et n.
Clerc (Claude), 413 et n.
Clerc (Jean le), 479 n.
Clerc (Le docteiu- Nicolas le), 60 n.
Clérembault (Ai'noul), 207.
Clêves (Guillaume, duc de), 74 et n., 130,
168, 169 n., 443 et n., 459 et n., 461.
Cognât (L'abbé Jean), 51 et n.
Cognatus (Gilbertus), voy. Cousin.
Coligny (Gaspard de), 184 n.
Colinseus (Simon), vov. Colines.
Colines, imprimeur (Simon de), 223 n.
Collier (L'ex-prévôt Claude), 385 n., 386 n.
Cologne (L'archevêque de), voy. Wied
(Herniann de).
Cologne (La Faculté de théologie de), 407.
Cologne (Les magistrats de), 458 n.
Colombier (M"" de), voy. Watteville (J.-J.
de).
Comes (Beatus), voy. Comte.
Comte (Béat), N»» 1195, 1208, 1225 bis.
- 31, 39 et n., 41, 69, 132 n., 164 u., 194
n., 216 et n., 239, 240 et n., 247 et n.,
248, 249, 288, 289 et n., 336 et n., 337
n., 338, 385 et n., 397 et n.
Concenus ou Conzenus, voy. Kuutz.
Constantin, martyr, 107 n.
Contarenus, voy. Contarini.
Contarini (Le cardinal), 242 n.
Conti (Il maggior fratello di), 193 n.
Coq (Jacques le), 28, 33 et n., 116 et n.,
196, 197 n., 199 et n., 215 et n., 216 n.,
220, 253 n., 309 n.
Coq (Ruprecht du), 335.
Corauld (Élie), 55 n., 105 n.
Cordier (Mathurin), 40 et n., 78 et n., 167,
412, 415.
Cornaux (Le gouverneur de l'église de),
368.
Cornaux (Les paroissiens de), 357, 359-368.
Cornaz ou Corne (Le syndic Amblard), 83
et n., 87 n.
Corneille (Érasme), 336 n.
INDEX ALPHAIIK
Cornier (Éi-asme), 336 n.
Cornior (Jean), 336 ii.
CortaiUod (Les habitants do), l'J'J.
Cortesius (Jo.), voy. Courtois.
Cossé-Biissac (L'évêquo Pliilippe de), 67
et n.
Cossoiiiensis(Petrus),voy.Masuyor(Pierre).
Coullon (Jean Le), 497 n.
Com-tois (Jean). 201 et n., 3U1 et n., 309
n., 376 n., 379 et n., 381 et n., 383 n.,
388 n-, 392 n., -113 et n.
Cousin (Gilbert), 180 n., 3-16 n.
Coutances (L'évêque de), voy. Cossé.
Couxat (Didier Le), 153 n.
Crans (Les paysans de), -183 n.
Crespin (Jean), 4 n., 61 n., 181 n., 228 n.,
229 n., 347 n., 503.
Crassier (Les Catholiques de), 32 n.
Cressier (Les Évangéliques de), 6 n., 32 et n.
Cressier (Les paroissiens de), 7, 8, 32.
Crok (Matthieu de la), 206 et n.
Cruciatus (Matthseus), voy. Croix.
Cuiller (Les Chevaliers de la), 467 n.
Cuuier (Thomas), 37 et n., 198 n.
Cuiie (Jean), 332 et n.
CuKiONE (Celio Secondo), X^» 1155, 1177,
1181. — 94 et n., 118 et n., 120 n.,
133 et n., 134 et n., 135 et n., 144 n.,
161 et n, 162 et n., 178 et n., 179 et
11., 181 n., 184, 185 et n., 191, 192 n.,
193 et n., 216 n., 218 et n., 354 et n.,
357.
Cui-ione (La famille de C. S.), 94 n., 119
n., 161 n., 162 n., 179 n., 185 n., 191,
192 et n., 193 et n., 194 n., 218 et n.
Ciu'tet( Jean- Ami), 503.
D
Dadaz (Estienne), 87 n.
Daniel *«-», 37, 202, 255, 503.
Dardier (Jean), 386 n.
Datzemal (Le colonel), 498.
Dauphin (Le), 108 n.
Debosque (Jean), voy. Bosc.
Dentiêre (Maiie)^ voy. Entière (Marie d').
Delpliin (Benoit), 504.
Dijon (Les habitants de), 68.
Dobt (Michel), 58 et n., 200 et n., 301
et n., 302, 355 et n., 357, 376, 377 n.,
379, 388 n., 392 n., 413 et n., 414 et n.
Dole (Le parlement de), 340, 386 n.
Dolet, imprimeur (Estienne), 292 et n.
303 et n.
DoUée ou Dolleci (Thiébault), 153 n.
TlylK DES .NOMS. 531
Domange dit le Tienne, 153 n.
Domévre (Les moines de), 328 et n.
Dommartin, évêque de Verdun (Vary de),
399 n.
Doi-lîi (André), 130 n.
Dryandei- (Jacobus), 61 n., 503.
Dubitatus (Miehaël), voy. Dobt.
Dubois (Valentin ou Waltrin), voy. Bois.
Duby ((."onrad), 43 n., 47 et n., 48 n., 49 n.,
503.
E
Ecclesla ou Hcclesiasticns (Philippus de),
voy. Église (Philippe de 1').
Échallens (Le bailli d'), voy. Duby.
Effiiiger(Christoffel), 74 n.
Église (Philippe de 1"), 79 et n., 83 n., 84,
449.
Églises réformées de la Suisse (Les députés
des), 97 n.
Empereur (L'), voy. Charles-Quint.
Empire (Les Ordres do 1'), 257.
Endsberg (Je), 284 et n.
Engelmann (Jean), 408 n., 463 et n., 465.
Entière (Mario d'), 106 n.
Épagnier (Los habitants d'), 364.
Érasme de Rotterdam, 226, 246 n., 345 n.,
346 n., 380 n., 482.
Erb (Matthias), 190 et n., 191 et n., 237,
238, 291, 293 et n., 462 et n., 464, 465,
471.
Erlach (L'avoyer d'), 350.
Esch (Le petit fils de Nicole d'), 482 et n.
Esch (Nicole ou Nicolas d'), 480 et n., 481,
482.
Esch (Philippe d'), 480 et n., 482 et n.
Esch (Regnault d'), 482 et n.
Espagne (Les Évangéhques de 1'), 267.
Estang (Les religieuses de Notre-Dame de
1'), 323 n., 498 et n.
Estauge, imprimeur (Jacques), 203 n.
Estienne, imprimeur (Robert), 4 et n., 184
n., 291 n.
Espeville (M"" d'), voy. Calvin (Jean).
Faber Stapulensis (Jacobus), voy. Fèvre
(Jacques le).
Fabui (Christophe), N'* 1124, 1248. —
35 et n., 36 n., 37 n., 38, 71 et n., 103
n., 197, 198, 199, 201 et n., 202, 2.50,
254 n., 255, 418, 419, 503.
Fabri (Hugonette), 36 n., 254, 255, 256 u.
532
Fabri' (Les parents d'Hugonette), 254.
Fabri (Le clianoine Piçrre), 483 ii.
Fabricius (Érasme), 191 ii.
Fagiiis (Paul), 158 et n.
Fagiiet, martyr (Pierre), 107 n.
Farel (Catlierino), 416 n.
Farel (Claude), 37 et n., 124 et n., 156,
201 et n., 250, 252 et n., 255, 256 n.,
260 n., 294 n., 322 n., 331 n.
Farel (Daniel), 37 n.
Farel (Françoise), voy. Beauvais (Fran-
çoise de).
Farel (Gauchier), 37 et n., 260 et n., 293,
294 et n., 330, 331 n., 357 et n., 397 et
n., 412, 416.
Farel (Les frères de Guillaume), 5etn., 81,
416 et n.
Farel (Les adversaires de Guillaume), 269,
270, 271, 272, 273, 274.
Farel (Guillaume), Nos mo, 1168, 1169,
1203, 1222, 1233, 1238, 1239, 1240,
1250, 1252, 179^ — 3, 5 et n., 6 et n.,
9, 12 et n., 16 n., 20 n., 28, 30 n., 33
et n., 35, 37 n., 38, 40 et n., 41, 54, 55
n., 57, 58 et n., 71, 78, 86, 87, 105 n.,
106 et n., 115 et n., 116, 124 et n., 125
et n., 126 n., 127 n., 128, 129 et n., 137,
148 et n., 149, 150, 151 n., 152 n., 154
et n., 156 et n., 157, 159 et n., 160 et n.,
161 n., 171 et n., 194 et n., 195, 196
et n., 197 n., 199 n., 200 et n., 201 et n.,
215 et n., 216 et n., 218, 220, 221et n.,
227 n., 235 n., 250 et n., 251 n., 252
et n., 253, 259 et n., 260 et n., 268
et n., 274 u., 280, 284, 290, 293, 295,
296 n., 297 et n., 299, 300, 301 n.,
302 n., 303 n., 304 et n., 306, 307 et n.,
309 et n., 310 et n., 313 n., 315, 317,
318, 320 et n., 321 n., 322 n., 323 n.,
324 n., 325 n., 326 et n., 328 n., 329 n.,
330, 331 n., 333 et n., 334 et u., 345
et n., 346 n., 347 n., 348 n., 349 et n ,
351 n., 352, 353 n., 357, 365 n., 369,
371 n., 375, 378 n., 379 n., 386, 387 n.,
388 et n., 391 et n., 392 et n., 394 n.,
397 n., 898 et n., 399 n., 400 n., 404 n.,
405, 406 et n., 407 et n., 410 et n., 411
n., 412 et n., 413 et n., 416 et n., 417
et n., 418, 419 et n., 420, 421, 422 n.,
432 n., 434 et n., 435 et n., 436. 437
et n., 441, 442, 444, 445, 448 et n.,
449, 450 et n., 452, 454, 455, 456 n.,
457, 458, 461, 463 n., 474, 475, 476
etn., 479 et n., 480, 481 et n., 484 n.,
485 n., 487, 497 n., 499 et n., 507, 508.
INDEX ALPHABETIQUE DES NOMS.
FATHOJf (Jean), Nos 1183, 1199. — 36
et n., 160 n., 197 et n., 200 n., 201 n.,
202, 220 n., 250, 252 u., 255, 322 n.
Faurin (Jean), 377 n.
Faye (Estienne), 292 n.
Fer ou le Fert (Anne le), 163 n., 217 n.
Fer ou le Fert (Nicolas), 138 et n., 163 n.,
217 et n., 377 et n.
Ferdinand, roi des Romains, 40 et n., 75,
77 et n., 131 n., 143 n., 241 et n.
Ferdinand (Les députés de), 75.
Ferdinand (Les alliés de), 76.
Ferrare (Hercule d'Esté, duc de), 178 n.,
193 n.
Ferrare (La duchesse de), voy. Renée de
î^rance.
Fèvre d'Étaples (Jacques le), 206 n., 275
et n., 481.
Fidelis (Le cordelier), 252 n., 313 n.
Fischer (Le conseiller Crispin), 49 n.
Florence (Les habitants de), 144 n.
Fontaine (Estienne de la), 207 et n.
Fontaine (Antoine de la), 207 n.
Fontenil (Le sieur de), voy. Ruel (Laurent
du).
Forest (L'ambassadeur Jean de la), 331 u.
Foret (Pierre), N" 1120. — 28 et n., 29
et n., 34 et n., 57 et n., 58, 485 n., 486
n., 487 n.
Fortunat, voy. Andronicus.
Franc (Claude), 87 n., 132 et u., 163 n.
Franc (Domaine), 87 n.
Français àWittemberg (Étudiants), 158.
France (Les Évangéliques de), 107 n., 108
et n., 232 et n., 267, 292, 488, 489.
France (Les rois de), 333.
Francfort (Les magistrats de), 149 et n.,
150 n., 330.
Francfort et de Strasbourg (Les députés
de), 149 et n., 150 et n., 305, 403, 404,
405, 498.
Franck (Le capitaine Henri), 252 n., 330
et n.
François I, roi de France, 4 et n., 11 u.,
35 et n., 39 et n., 41, 57 et n., 59, 60
et n., 64, 65 n., 74 et n., 76, 91 n., 106
n., 107 et n., 108 et u., 130 et n., 145
n., 165 n., 218 n., 223, 242, 243, 257,
266, 275, 292, 298 n., 303 et n., 306 n.,
307 n., 311 n., 323 n., 325, 331 n., 332
et n., 333 n., 350, 351, 352 n., 371,
373, 385, 386 n., 400, 402 n., 405 u..
459 etn., 461, 495, 496 et n., 497 et n.,
499 et n., 504.
François ««», 38.
INDEX ALI'II.VFIETIQLE DES NOMS.
rjsii
Frt'nnoville (Robert de), 205.
Fiibonrg (Le Conseil de), 42 et n., -13 ii.,
•14, 45, 47 n., 48 et n., 49 n., 71 n., 132
n., 355, 385 n., 467 n., 4G9 u., 482,
483 et n., 484 n.
Fiibonrg (Les députés de), 49 n., 71 et n.,
483 n.
Friess (Jean), 506.
Froment (Antoine), 106 et n., 107, 108,
297 n.
Fro!«chover, imprimeur (Christophe), 506.
Froment (La femme d'Antoine), voy. Kn-
tiére (Marie d').
FuiiÉE (Antoine), >« 1191, 1226. — 228
et n., 229 n., 233 n., 338, 339 n., 34(J.
Fumée, sieur des Roches (Adam), 228 n.
Fumée (Hardouin), 228 n.
Fumée (Paul), 228 n.
FuKSTEilBERG (Le coiiite Guillaume de),
Nos 1165, 1216, 1217. — 74 et n., 92
n., 150 n., 151, 152 n., 153 n., 160,
227 n., 228 n., 253 et n., 304, 305 n.,
306 n., 307 n., 308 n., 309 et n., 310
et n., 311 et n., 315 et n., 323, 324,
.326, 328 n., 329 n., 330 et n., 335 n.,
352 n., 377 n., 378 et n., -103, 405, 407,
411, 436, 494, 495, 496 et n., 497 etn.,
498 et n., 499, 500, 501 n., 506, 507.
Furstemberg (L'ambassadeur du comte
Guill. de), 309 et n., 310 n., 353 n.
Furstemberg (Les soldats de), voy. (îorze
(La garnison allemande de).
Ci
Gaienses (fratres), voy. Ciex (Les ministres
de la Classe de).
Gallasius (Nicolaus), 225 n., 508.
Gallus (Jacobus), voy. Coq (Jacques le).
Gamajit (Gaspard), 148 n., 152 n., 153 n.,
154 n., 316.
Gascogne (Les nobles de la), 303.
Gast (Nicolas du), 11 n.
Gatis (Vincent), 249.
Gaudellaire (Jean), 375 et n.
Gaudinajus (Alexis), 10 n., 11.
Gazeau, imprimeur (Guillaume), 93 n.
Gelida (Jean), 331 n.
Gênes (Les habitants de), 144 n.
Geneston (Matthieu de), 69 et n., 79 et n.,
83 et n., 86, 218, 220, 298 n., 447 n.,
449 et n.
Genève (Les chanoines ou le Chapitre de),
423 et n., 484 n.
(ienève (Le clergé catholi(|ue de), 469 n.
lieiiève (Le Collège de), 105 et n.
Genève (Le Conseil ou les Magistmts de),
N"» 1224, 1247, 1257. — 68 m., 79 n.,
^0 n., 83 etn., 84 n., 104 n., 106 n.,
109 et n., 143 n., 145 etn., 147, l()3n.,
165 et n., 222, 333 et n., 334 et n., 353
n., 354 et n., 355 n., .386, 387 n., 388,
407 n., 416, 418 et n., 434, 436, 438 n.,
441, 444, 447 et n., 448 et n., 449 n.,
450, 457, 460, 469 n., 472, 473 et n.,
474, 475, 482 n., 483 n., 484 n., 503.
Genève (I^a congrégation de), 27 et n.
Genève (La congrégation génériile de),
21 n., 24 n., 446.
Genève (Le Conseil général de), 68 n., 69
n., 145.
Genève (Le Conseil des Soixante de), 145
et n.
Genève (Le Conseil des ])..ny.(',.„t, d.'V
109, 145 et n., 146 n.
Genève (Le Consistoire de), 104 n., 142 et
n., 446.
Genève (Les députés de), 38 n., 89, 117,
355 n., 460, 462.
Genève (Les écoles de), 187.
Genève (L'Église de), 39, 55, 117, 124,
156, 215, 287, 354, 390 n., 443, 445,
446, 447, 450.
Genève (L'église italienne de), 187 n.
Genève (Les Pasteurs de), N" 12.56. —
12, 55, 68 n., 69 n., 83 n., 84 n., 89,
287, 387 et n., 444, 445, 446, 4-17 n.,
•148, 449 et n.
Genève (Le peuple de), 53, 72, 124, 137.
401 n., 444, 466, 469 et n.
Genève (Les Réfugiés à), 14, 213, 218.
Genève (Le trésorier de), 69 n.
Genève (Les Syndics de), 56.
Georgius ■»*■», 94 n., 120.
Gérard ou Girard, imprimeur (Jehan), 122
n., 124, 1-1.5 et n., 268 n., 277 n., 345 n.,
347 n., .349 n., 365 n., 4.50, 508, 509 n.
Gering ou Gennig (Béat), 73 n., 75, 95,
96 n., 99 n., 117 n., 131, 159, 244 n.,
245, 285.
Gen%Tis (Le docteur Henri), 60 n.
Gesner (Conrad), 114, 158 n., 221 n., 224
n., 226 n.
Gex (Le doyen de), voy. Camerie.
Gex (Les ministres de la Cla.<se de), 1 3.5 n.,
1.36 et n., 256 et n., 298 n., 376 n.
Gindron (L'ex-chanoine Franvois), 70 et n.
Gingins (Axné de), 466 n.
Girardin (Jérôme), 3-KJ n.
Gii-ardin (Claude), 3-10.
534
INDEX ALPHABETIQUE DES NOMS.
Gii-on (Le chancelier Pierre), 18 u., 19 n.,
114 n., 285 u.
Glareanus (Heiuicus), 112 n.
Gois, imprimeur (Antoine des), 70 n.
Gondellaire (Jean), voy. Gaudellaire.
Gorze (Les bourgeois de), 306 n., 307,
324, 325, 335 et n., 398 et n., 507.
Gorze (Les femmes de), 252 n.
Gorze (La garnison allemande de), 308,
310 et n., 315, 323 n., 325, 326, 327,
328 n., 329 et n., 497 et n., 498 n.
Gorze (La garnison française de), 335 n.,
400 n.
Gorze (Les moines de), 325, 326, 398
et n., 400 n.
Goslar (Les habitants de), 75.
Gouniay (Le maître-échevin de), 335 n.
Gom-nay (François de), 480 n.
Gournay (Michel de), 508.
Gournay (Nicolas de), 335.
Gournay (Thiébaud de), 335 n.
Graffenried (Le banneret Jean-Rod. de), 8,
185 et n.
Grameliiius (Matthaeus), voy. Malingre
(Thomas).
Granvella, Granvellanus, voy. Granvelle.
Granvelle, chancelier impérial (Nicolas
de), 242, 258 et n., 470 n., 497 n.
Granvelle, évêque d'AiTas (Antoine de),
258 n.
Gratarolus (Guillelmus), 192 n.
Grâter (Gaspard), 463 n.
Grégoire, 153 n.
Grenoble (Les Évangéliques prisonniers
à), 488.
Gressy (Le curé de), 484 n.
Grisons (Les mercenaires du canton des),
242, 243.
Grivat (Claude), 47 n.
Grue (Jo. à), voy. Grus (J. le).
Gras (Jean le), i76, 177 n., 238, 239 n.
Grynseus (Simon), 97 n., 187 et n.
Grj-nœus (Thomas), 86 n., 131, 159, 285.
Gualther (Rodolphe), 112, 114, 162 n.,
194 n., 239 et n., 240 et u., 288, 289
et n., 506.
Gualtherus (Cornélius), 59 n., 63 n.
Guast (Le marquis Alphonse du), 130
et n., 242 et n.
Gueldre (Le duc de), voy . Cléves (Guill. de).
Gueldi'e (La duchesse Philippe de), 306 n.,
323 n., 495 n., 500 et n., 507.
Guillaume (Le comte), voy. Furstemberg.
Guillaume le maignier, 153 n.
Guillet (Jean), 222 n., 482 n., 483 n.
Guillet (Michel), 222 et n., 482 et n., 483
n., 505.
Guinther ou Gunther d'Andernach (Le
médecin Jean), 317 et n.
Guise (Claude de Lorraine, duc de), 306
etn., 307 etn., 308,310, 311 n., 316 n.,
317 n., 323 et n., 325, 328, 329 n., 333
n., 351, 478 n., 494 et n., 495 n., 496 n.,
499 n., 507.
Guise (Les soldats du duc de), 307, 308
et n., 310 et n., 312, 316 et n., 323 et
n., 324, 325, 326, 327, 328, 329 et n.,
352 n., 399, 400 n., 499, 507.
Gui-in (Pierre), 86 et n., 87 et n., 117, 403
et n.
Guyenne(Le parlement de), voy. Bordeaux.
Guyot (Le vicaire Claude), 42 et n., 43,
44, 45, 46, 47 et n., 48 et n., 71 n., 503.
Gyraldus (Lilius Gregorius), 165 n.
H
Habère (Les habitants d'), 35 et n.
Hainaut (Jean de), 108 n.
Hannonius, 5.
lîannonville (François de), 399 n., 477
et n., 479.
Hédion (Gaspard), 77, 157, 299, 397 et n.
Heideck (Le baron de), 496.
Hénard, 198.
Henri VIII, roi d'Angleterre, 267, 459 et
n., 461.
Hermance(La paroisse d'), 91 n.
Hesse (Philippe, landgrave de), 74, 75 et
n., 76, 77, 149 et n., 150 n., 251 n., 257
n., 305, 312 n., 330, 403, 498, 507.
Heu (Gaspard de), N» 1220. — 34 n.,
126 n., 127 et n., 148 et n., 150 et n.,
151 et n., 154 et n., 155, 251 et n., 315
et n., 316 et n., 321 et n., 323 n., 378
et n., 405 n., 458 et n., 502.
Heu (Robert de), 127, 150 etn., 151.
Hieronimus Lucensis (Magister), 345 n.
Hochberg (Jeanne, marquise de), voy.
Neuchfttel (La comtesse de).
Holard (Jean), 88 et n., 109 n.
Hongrois (Les généraux), 241 et n.
Hortiu (Vincent), 487 et n.
Hory (Le maître-bourgeois Guillaume), 360
et n., 415 et n.
Hosen (Philippe), 309 n., 310 n., 330 n.
Houi-y, voy. Hory.
Hubert (Coiu'ad), 330 et n.
Hugues (liezanson), 483 n.
Hussonet(Jean), 153 n.
INDKX AMMIAHET
Imbert, voy. Paccolet.
Impériaux (Les), 39, 76, 241 et n., 322,
378 II., -1:00 II., -143 n., 459 ii.
Isacia (Magarotha Blaiica), 162 n.
Italie (Les Évangéliques do 1"), 266, 267.
Italie (Les Réfugiés venus d'), 213, 285,
291.
Jacobus, voy. Coq (Jacques le).
Jacomiu ou Jacquomiu, 153 n.
Jacotté ou Jacottet (Antoine), 364, 366,
367.
Jean-Frédéric, Électeur, voy. Saxe.
Joachim II, Électeurde Brandebourg, 41 n.,
241 n.
Johaiinie (l'iançois La), 107 n.
Jonvilliers (Charles de), 143 n., 1G3 n.,
297 n., 441 n.
Joyau, martyr (Jean), 107 n.
Jude (Léon), 73 et n., 93 et n., 97 n., 186
et n., 187 et n., 333 n.
Juliers (Le duc de), voy. Clèves (Guill. duc
de).
Ju.ssiacus (Nicolaus), voy. Wandart.
K
Koch (Ulrich), 8 et n.
KsoBELSDOUF (Eustache de), N" 1132. —
59 et n., 63 et n.
Knobloch, imprimeur (Jehan), 346 n.,494 n.
KuxTZ (Pierre), X» 1212. — 73 n., 75,
95 et n., 96 et n., 97 n., 98 n., 99 n.,
100 n., 102 n., lU n., 117 n., 121 n.,
122, 123, 131, 132Ln., 134, 139 n., 159,
210 n., 211 et n., 235, 236 et n., 244
et n., 245 et u., 249, 256 n., 285, 295,
296 n., 297 et n., 337 et n.
Lacisio (Paolo), 169 n.
Lande (Matthieu de la), 490 n.
Landeron (Le Conseil du), 7.
Landeron (Les paroissiens du), 7, 8, l.>
et n., 17, 18, 32 et u., .502.
Landgravius ou Lantgnivius, voy. Hesse
(Philippe de).
Landoz (Le commissaire Jean), 217 n.,
280 n.
lyLK DKS NO.MS. 535
Landry (Le curé KniiK/ois), 339 n.
Lange (Jean), 345 u.
Lausanne (L'abbaye di'> Knfaiils de), ,504.
Lausanne (Le bailli di'), 64 n., 61» n., \l\>,
120 n., 134, 137 n., 193 n., 282 n., 284 n.
Lausanne (Les bourgeois de), 483 n.
Lausanne (Les chanoines ou le Ciiapitiv
de), 69 «., 239 n., 482 et n., 48:^ i...
484 et n., .504, 505.
Lausanne (La Class.- d.'), N" 1174. —
88 11., 111 n., 132 n., 136 n., 142 u..
147 n., 166 II., 167 n., 171, 174 n., 2(i'.'
n., 210 n., 211, 216 et n., 238 et n., 243
et n., 244 et n., 247, 249, 280 n., 281 n.,
283, 284, 355 et n., 356.
Lausanne (Le l'ollége ou l'École de), 71
et n., 94 ii., 120 n., 133 et n., 354.
Lausanne (Le Conseil d«'), 30 et n., 3»
et n., 39, 53 11., 69 et n., 88 n., 132 n..
164 n., 168 n., 196, 197 n., 384, .ÔUL
Lausanne (Le Consistoire di'), 132 n., 24S
et n., 384 et n.
Lausanne (Le diacre de), 196, ,385 et n.
Lausanne (Les XII écoliers de MM. d •
Berne à), 134 n., 191 er n., 354 n.
Lausanne (L'Eglise de), 30, 68, 70 n., 390 n.
Lausanne (Sébastien de Montfaiicon, évèqiie
de), 483 n., 484 n., 504.
Lausanne (Les ministres de la Classe de),
64 n., 69, 119 et n., 135 n., 253 et n.,
258 n., 259 n., 281 et n., 284 n.
Lecomte ou Le Comte de la Croix (Jean),
206 et n.
Leipsic (L'église de), 158 n.
Libertetus ou Libertinus, voy. Fabri
(Christophe).
Libertins (La secte des), 229 n., 231 n..
339 n.
Libres.p,.nseurs (Les), 229 -•tu., 230, 231,
232, 233, 339 n.
Lichtenfels (Le prévôt Cornélius de), 85 n.
Lignières (Les Évangéliques d.-), 4.52, 453
et n.
Limbourg (L'évêque Érasme de), 157 i-t n.,
168.
Lionart (Le comte de), 228 n.
Longueville (La duchesse J.-anne de), voy.
Neuchftt.'l (lia comtesse de).
Loriol (Famille de), 90 n.
Lormine (Les Évangéliques d<' la), 74 n.
LOKRAINE (Antoine, duc de), N" 122<J bi-.
— 34 et n., 181, 182 n., 268, 269 etii..
306 n., 308, 329 n., 351, 352 n., 378 et
n., 494, 495 n., 4'.»6 n.. 497 n.. 4'.t,S i...
499 n., .501 n., 506, 507.
536
INDEX ALPHABETIQUE DES NOMS.
Lorraine (Claude de), voy. Guise.
Lorraine (François de), voy. Aumale (d').
Lorraine (François, duc de), 279 n., 506.
Lorraine (Le cardinal Jean de), 300 n., 323
n., 329 n., 399 n., 480 n., 498 n., 506.
Lorraine (Nicolas, duc de), 498 n., 506.
Lorraine (Les princes et les princesses de
la maison de), 253, 269, 279 et n., 500 n.
Lorraine (René H, duc de), 269 n., 494,
500.
Louis XII, roi de France, 161 n., 269 n.
Louis, roi de Hongrie, 74 n.
Louvain (Jeanne de), 34 n., 502.
Louvain (Le Collège de), 380 et n.
Louvain (Les magistrats de), 380.
Louvain (Les théologiens de), 350, 380.
Louys (Le châtelain Jacques), 360, 366.
Lôwensprung (Le bailli Lus), 192 et n.,
193 n.
Lucensis (Magister Hieronimus), voy. Hie-
ronimus.
Lucques (Les Augustins de), 169 n., 170.
Lacques (L'église réformée de), 169 ii.
Lucques (Les magistrats de), 118 n.
Lugrin (Les habitants de), 35 et n.
Lunardus (Philenus), 346 n.
Lustry, ex-prévôt de Lausanne (François
de), 69 n.
Luthard (Jean), 73 et n.
Luther (Martin), 61 n., 63, 96 n., 97 n.,
118 n., 149 n., 151 n., 158 et n., 169 n.,
188, 189 n., 213 n., 221 n., 251 n., 260,
268, 288 et n., 303, 304 n., 305 n., 464,
465, 478 n., 481, 507.
Luthériens (Les), 95 n., 107 n., 108 n.,
316, 323 n., 330 n.
Lyon (L'archevêque de), 292 n.
Lyon (Le carme de), 12, 13, 14, 20 et n.,
" 21-27.
Lyon (L'église évangélique de), 13, 24.
Lyon (Les Évangéliques de), 19.
n
Maci-inus, voy. Maigret.
Maigi-et le Magnifique (Laurent), 145 et n.,
180 n., 205 et n., 403.
Maior (Je), voy. Meyer (Jean-Hem-i).
Malingre (Jean), 202 n.
Malingre (Thomas), No ii84. — 50 n.,
71 et n., 132 n., 202 et n., 203 n., 207
n., 208, 209, 219 n., 503.
ManjîAllaz (Le curé François de), N"
1266. — 466 et n., 467 n., 469 et n.
Mandallaz (Louis de), 467 n.
Maudalus, 462 n.
Manderscheid (Le comte Théodoric de),
149 n.
Mandola, voy. Mandallaz.
Mantova (Benedetto de), 261 n.
Manuce (Aide), 112 n.
Manuel (Le poète Nicolas), 36 n.
Marcoui-t (Antoine de), 205, 238 n., 258 n.,
259 n., 281 n., 294 n., 297 et n., 355
et n., .356, 376 n., 384 u.
Mare (Henri de la), 3 n., 30 n., 83 et n.,
105 et n., 207 et n., 354 et n.
Mareschal, 153 n.
Marguerite d'Angoulème, voy. Navarre.
Marguerite de Navarre, voj'. Navarre.
Marie, reine de Hongrie, 70 n., 74 et n.,
351, 493 n.
Marlière (Antoine de la), 206 et n., 207 n,
Marot (Clément), 70 n., 71 n., 202, 203 n.,
208, 218 etn., 219 n., 400, 402 n., 403.
Marot (La femme et les enfants de Clé-
ment), 219 n., 402 n.
Martin (Jean-Pien-e), 34 et n., 153 u., 316,
Martini (Le secrétaii'e Jean), 484 n.
Martinus •■■®*, 61.
Martoret du Rivier (François), 71 et n.,
110 et n., 111, 166 n., 172 n., 174 n.,
176, 177 n., 238, 239 n.
Martyr Vermigli (Pierre), 169 et n., 354.
Masuyer (Pierre), 91 n., 124 et n.
Mathiat (Piéresson), 153 n.
Mathiat dit de St-Aniould (Pierson), 153 n.
Matthey ou Matthieu (Claude), 47 et n.,
48 n., 49 h.
Matthieu »»», 137, 138, 256.
Mauclerc, voy. Bartaudière.
Maxllly (Le seigneur de), voy. Blonay.
Maxilly (Les habitants de), 35 et n.
May (Claude), 386 n.
Mayence (L'archevêque de), voy. Brande-
boui'g (Albert de).
Mazègle (Le châtelain André), 367.
Megander (Gaspard), 94, 97 n., 100 n.,
101 n., 122 n., 192 n., 194 n., 319, 508
et n., 509 n.
Mélanchthon (Philippe), N»» 1228, 1258,
— 107 n., 118 n., 149 n., 182 n., 188
et n., 189 n., 212 et n., 213 n., 260,
268, 285, 286 et n., 287 n., 288 n., 299,
341 et n., 342 n., 343 n., 344 et n., 356
n., 397 et n., 451 et n., 452 et n., 507.
Melfi (Girolamo da), 165 n.
Meramingen (Les habitants de), 257 n.
Ménard (Jean), 207 et n.
Mercier (Jean), 84 n.
INDEX AI.I'IIAIIKTI
Méiigny (C), 500.
Mérindol (Les Vaudois de), -1 ii.
Mei-loz (le). 482 II., -183 u., 484 n.
Merveilleux (Jean), 385 et n., ilO et n.,
456.
Mftz (Les bannis de), 33, 153 n., 304, 305,
308 n., 311, 312 n., 330, 334 n., 403,
404, 507.
.Metz (Les bourgeois de), 312, 313,314.
Metz (Les Catholiques de), 34 et n., 150,
152 n., 183 n., 317 n., 320.
Metz (Les chanoines de), 377, 489.
Metz (Le clergé de), 152 n., 253, 305 n.,
313, 315, 321, 322, 329, 330, 372.
Metz (Le Conseil des XIIl ou le Sénat
de), N"» 1219, 1242. — 33 n., 34, 74 n.,
126 n., 148, 149, 150 et n., 151 et n.,
154, 159 et n., 160 n., 305, 311, 314
et n., 321, 322 et n., 323 et n., 330,
834, 335, 347, 348 n., 372, 377 et n.,
378, 403, 405, 406, 407, 411, 438, 439,
440, 442, 444, iô7, 472 et n., 474, 475,
476, 480, 493 n., 495, 504, 506.
Metz (Le Conseil des VU de), 127, 128,
504.
Metz (Les députés de), 305 n., 403, 404,
405, 498.
Metz (L'Église léfoimée de), N» 1229 bis.
— 33 n., 116 n., 294, 295, 299 n., 320,
329, 330, 346, 375, 391, 395.
Metz (Les Évangéliques de), 9, 33 n., 34,
57 et n., 116 et n., 126 n., 127 n., 148,
149 n., 151 u., 152 et n., 168, 171 et
n., 182, 183 et n., 184, 200 et n., 215,
221 et n., 251 et n., 253 et n., 305, 306
et n., 307, 308, 309, 310, 311, 312, 313
et 11., 314 n., 315, 321 et n., 322 et n.,
323 et n., 324, 325, 326, 328 et n., 329
et u., 335 n., 336, 347 n., 352 et n.,
372, 377 n., 378, 404 n., 4<J5 n., 415,
417 n., 457, 458, 473, 47.5, 476, 493 n.,
494, 495, 498 n., 499 et n., 506, .507.
Metz (Les députés des Évangélii|ues de),
126 n., 251, 252 et n., 253.
Metz (L'évéque de), voy. Lorraine (Jean
de) et Lorraine (Nicolas de).
Metz (Les habitants de), 126 n., 320, 384,
429, 431, 497 n.
Metz (Les Jacobins ou Dominicains de),
126 n., 148.
Metz (Le maître-échevin dei, vo\ . Heu
(Ga.spard de) et Raigecourt(Pwichard de).
Metz (Jean de), voy. Niodbnicker.
Metz (Les pasteurs ou prédicateurs de), 33
n., 305 n., 309 n., 312 n., 315, 323 et n.
(JLK DKS .\U.MS. 537
Metz (Les réfugiés de), 330, 334 et n.
Meyger ou Meyer (Le bourgmestre Adel-
berg), 38 et n.
Meyel- (Le baïuieret Bernard), 38 et n., 39,
53, 330, 331 n.
Meyer (Jean-Henri), 147 n., 284, 285 n.
Michel, imprimeur (Jeliau), 206 n., 274 n.,
4-17 n., 448 n.
Michel, de Metz (Frère), 479.
Mindeu (Les habitants de), 257 n.
Ministres com-eui"s (Les), 320 u., 487.
Mirabilis, voy. Merveilleux.
Moguntinus, voy. Bi'andebourg (Albert de).
Moines réfugiés dans la Suisse romande,
226.
Molans (La diinv d. O. voy. liobrac (Je-
hanne de).
Monchius, voy. Monchy.
Monchy (Abram de), 206 n.
Monchy (Michel de), 206 n.
Monchy (Gabriel de Sénai-pont ou de), 20G
et n.
Monder (Piene), 205.
Montbéliard (La Classe de), 414, 485, 487.
Montbéliard (Les Conseillers de), 29-3.
Montbéliard (L'Église de), 301 et n., 462
et n., 463, 464, 465.
Montbéliard (Le bailli ou le Gouverneur
de), 9, 34 et n., 57.
Montbéliard (Les Ministres ou les Pa-^-
tenrs de), 29, 58.
Montfalcon (Jactiues de), 504.
Montlnc (Jean de), 470 n.
Montoy (M. de), .")06.
Morand (Jean), 205, 356 et n., 376 n.
Morato (Fulvio Peregiino), 94 n.
Morges (La Classe de), 135 u.,'375 et n.
Morges (Jacques de) et Morgiensis (Jaco-
bus), voy. Coq (Jacques le).
Morone (Le cardinal), 242 n.
Moi-us (Thomas), 380 n.
Mossard (Les frères), 504.
Mouchy, voy. Monchy.
Moudou (Le bailli de), 28.
Moutier-Grandval (Le Chapitre de), 50 n.,
51, 52 n.
Moutier-Grandval (Les Évangéliques de),
49, .50 et n.
Mouti.-r-<Trandval(Le Prévôt de), 51, 52n.
Moutier-Grandval (Les prédicants de), 52
n. Vov. au>si Prévoté.
Moutier-Grandval (Les pnid'hommes de),
.50 n.
Ml-lhouse (Le Conseil de), N" 1<H)5 b. -
488, 489.
538
INDEX ALPHABETIQUE DES NOMS.
Mulot (Michel), 302 et n., 338 et n., 359,
360.
MuxsTER (Sébastien), N» 1126. — 40, 41
et n.
Munster (L'évêque de), voy. Waldeck.
Musard (Le chanoine Jean), 483 n.
Musard ou Mussard (Pierre), 104 ot n.,
105 n.
Mycoxius (Oswald), N» 1125. — 29, 31,
38, 40, 78, 97 n., 140 etn., 187 n., 246,
257 n., 320 et n., 330, 331 n., .356 n.,
387 n., 434 n., 507.
N
îssegueli (Sébastien), 137 n.
Negelius, 137.
Nsegueli (L'avoyer), 143 n., 280 u.
Nassau (Le comte Guillaume de), 335 n.
Navarre (Marguerite, reine de), 63, 64 et
n., 65 n., 106 et n., 107 n., 218 n., 298
et n.
Neuchntel (Le Collège de), 40 n., 412 et n.
Neuchâtel (La comtesse de), 9, 15, 16, 32,
364, 385 et n., 386 n., 456 et n.
Neuchâtel (Le Conseil d'État de), N"
1261. — 9, 17, 18, 19, 368, 455, 456
et n.
Neuchâtel (Les Conseils de), N"^ 1112,
1117, 1118. — 6, 7 n., 9, 14, 17, 18, 19,
475, 476, 502.
Neuchâtel (Les Consistoires du comté de),
6 et n.
Neuchâtel (Les députés de), 385 n.
Neuchâtel (L'Église de), 6 n., 7, 159, 301
n., 309, 3.55, 394 n., 412, 415, 506.
Neuchâtel (Le Gouverneur de), N» 1261.
— 3 n., 6 n., 9, 15, 17, 32 et n., 33
n., 199 n., 357, 385 n., 396 n., 415 et
n., 455, 456 et n.
Neuchâtel (Les habitants du Comté de),
355, 386 n.
Neuchâtel (Le Lieutenant général de), voy.
Neuchâtel (Le Gouverneur de).
Neuchâtel (Le maire de), 6 n.
Neuchâtel (Les IV Ministraux et le
Conseil de la ville de), N"» 1245, 1260,
1260 bis. — 7 n., 9, 16 n., 410 et n.,
412 ot n., 415, 4.53, 454, 455.
Neuchâtel (La Classe ou les Pasteurs
de). Nos lo^g^ 957 ^ _ g^^ 129 et n.,
161 et n., 376, 380 et n., 391 n., 392
et n., 395 n., 398 n., 400, 413, 415 et n.,
416, 485 (>r n., 487.
Neuchâtel (Les Pastt-urs du comté de), 3
n., 6, 58 n., 113 n., 1,59 n., 216 et n.,
301, 302, 353, 365 n., 378, 384, 387
n., 412.
Neuchâtel (Les Pasteurs de la ville de), 6
n., 220, 435.
Neuchâtel (Le Synode de), 3 et n., 6 et n.
Neuveville (Le Conseil de la), N" 1259.
— 452, 453 et n.
Nicolas «-«■«, 319 n., 332 et n.
Nidepontanus, voy. Niedbrucker.
Niedbrucker (Jean-Bnmon), 150 et n., 155
n., 405 n.
Noll (Anthoni), 249.
Nomény (Le mayor de), 328 et n.
O
Ochino (Bernardlno), 144 et n., 164 et n.,
165 et n., 169 n., 178, 180 n., 187 et
n., 221, 224 et n., 268, 288, 318 et n.,
319, 345 et n., 445 et n.
Odonus (Jo. Angélus), 346 n.
Oecolampade (Jean), 39 n., 97 n.
Offenburg (H.), 501 n.
Olivétan (Pierre Robert, dit), 220 n.
Oporin, imprimeur- (Jean), N° 1179. —
120, 188 et n., 190 et n., 354 n.
Orbe (Le bailli d'), voy. Duby.
Oi-be et de Grandson (Les baillis d'), 71 et u.
Orbe (Les Catholiques d'), 42 n.
Orbe (Le châtelain d'), voy. Warnéry.
Orbe (Les Évangéliques d'), 42 n., 134 n.
Orbe (Le gouverneur d'), 43 n.
Orléans (Charles, duc d'), 74 n., 108 et u.,
405 n.
Oiry (L'inquisiteur Matthieu), 292 et n.
Oi'slèresou d'Ursières(Anastasie d'), 259 n.
Ortin, voy. Hortiu (Vincent).
Ougspurger, voy. Augsburger.
0\v (Jean de), 408 n.
( )\v (Jôrg von), 408 et n.
Ozias (Philippe), voy. Église (Phil. de 1').
Paccolet (Imbert), 133 et n., 134 u., 298
et n.
Padoue (Les théologiens de), 350.
Paglia (Antonio dalla), voy. Paleario.
Paguetius, voy. Paquet.
Paleario (Aonio), N" 1202. — 144 u.,
260, 261 n., 263 u., 264 n.
Paquet (François), 145 et n., 219 et 11.
Pariât (Gérard), 37, 135 et n., 217 n., 254u.
Paris (Nicolas), 504.
INDEX ALI'HARKTIUIE DES ^OMS.
539
Paris (L'église de), 235 n., 38'.).
Paris (Le ck-igé de), «0 et n., 68 ii., 235 n.
Paris (Les Évangéliques de), 1 1 ii., 232 et n.
Paris (Le parieineiit de), 1 1 et ii., 50, 60
et 11., 61, 68 11., 108 n., 218, 219 n.,
228 11., 229 11.
Paris (Les martyrs à), 59, 60, 61, 62, 63.
Paris (Le peuple de), 60, 61,62.
Pai-is (Les théologiens de), 350, 406.
Paris (L'Université de), 11 et n., 60 n.
Parisi (Le cardinal), 242 n.
Paul m (Le pape), 91 n., 144 n., 162 n.,
192, 242 et n., 257, 262 et n., 263,
265, 266, 288 et u., .850, 351, 371,
373, 391, 458 u.
Payenie (Le Colloque de), 28 n., 29.
Payerue (Le doyen de la Classe de), 29.
Pays-Bas (La Gouvernante des), voy.
Marie.
Pays romand (Les doyens des Classes du),
102 et u-, 103 n., 104 n., 110, 111, 114
et u., 117 et n., 121 et n., 134, 171,
173 n., 210 n.
Pays romand (Les baillis du), 505.
Pays romand (Le peuple du), 166.
Pays romand (Les Classes ou les Pasteurs
du), 95, 102 n., 114 n., 135 n., 166,
172 n., 175 u., 287 n., 387 n., 388, 391.
Pectavel (Pierre), 202.
Peinant ou Peunant (Vincent), 205 et n.
Peintre (Claude le), 61 n., .503.
Pellican (Conrad), ^'<•" 1146, 1209, 1229.
— 93, 94, 194 n., 290 et n., 291, 297
et n., 317, 318 n., 319 n., 331, 333 n.,
344 et n., 346 et n.
Pellissier (L'évêque Guillaume), 470 n.
Pellisson (Jean), 64 n.
Pellisson (Le président Pveymoiid), 219 n.,
222 et u.
Pelot ou le Peloux (L'anabaptiste Pienv),
358, 359, 360, 361, 362, 364, 365 et n.,
507.
Peneysans (Les), 222 n., 223 u., 469 n.
Pergula (Martinus à), 193 n.
Perrenot, évêque d'Arras (Antoine), voy.
Granvelle.
PeiTenot, seigneur de Granvelle (Nicolas),
voy. Granvelle.
Penin (Le conseiller Aniied ou Amy), 145
et n., 353 et n.
Perrin ou Periini (Le chanoine Pierre),
68, 69 et n., 483 n.
PeiTot (Olivier), 159, 160 et n., 161 n.,
194 11., 295 n., 309 n., 334 n., 352 n.,
412 n.
l'ertemps ((-lande), 89 n., 5(«.
Petit ou Pictiod, voy. Ciiaulteiiips (Jean).
Petits-Cantons (Les Suisse."! dos), 243.
Petitjean (Jean), 153 n.
Pétreniand, 416 et n.
Pfiitferlin (Ciiristophel), voy. Piperinus.
Philippe (Le capitaine général Jean), 87 u.
Philippe de liesse (Le Land^nive), V'>y.
liesse.
Philippe, (iraleurde Metz, 480 et ii.
Picard ou le Picard (Ledocfi-ur Krau<;-ois),
60 n. -
PlCiio.v (Kynard), N" 1151. — 112 «t n.,
113 et 11., l't'.t et n., 2.5.5.
Pierretteur (Le banneret Pierre de), 42 u.,
43 n., 48 11., 88 n., 143 n., 235 n., .50.8.
Pigghe (Albert), voy. Pighius.
Pighius(Albertus),220etn., 221 n., 240 n.,
2.56 n., 285, 287 et n., 338 n., 33'.»,
341 n.,'.343 n., 451 n.
Piguet (Antoine), 80 n.
Pinguet (Martin), 399 et n.
Piperinus (Christophoms), 236 n., 284 n.
Pirrhus, 445 et n.
Planche (Thomas de la), 198 u.
Poitiers (Les théologiens de), 350, 406.
Pompon (Madou), 10 et n., 11, 66, 68.
Pompon (La femme de), 10 et n., 11.
Pomponius (Madovius ou Macutus), voy.
Pompon.
Pons, comte de Mareiiues (Antoiii-- 'l'>
178 n., 180 et n., 181 n.
Pons (Madame de), 178 n., 180 et n., 181 n.
Pont (François du), 38 n.
Pont-à-Mousson (Les Clarisses de), 323 n.,
500 n.
Pontanus (Gregûriu^), 251 n.
Pontjuia, voy. Pons (Madame de).
Pontareuse ou Pontlierouse (Le chanoine
Benoit de), 167 n., 504, 505, 506.
Poiitareu.se (Le ministre de la pai"oisse
de), 505.
Pont-d'Aiii (Le prédicaiit de), '.12 n.
Pool (Le cardinal), 242 n.
Pon-al (Ami), 54 et n., .55 n., 56 n.
Porret (Michel), 37 et n.
Portus (Frnnciscus), 84 n.
Postel (Guillaume), .331 et n., 332 et n.
Poupin (Ab.-1;, 354 n., 4-17 n., 44'.» et n.
Poux (Jean), voy. Merloz (le).
Poyet (Le chancelier Guillaume), 108 et n.
Pningins (M' de), voy. XeuchAtel (LeG.iu-
verneur do).
PuAROMAX (lIuinb.Mt de), X« 268 a. -
4S2 et 11., 484 et n.. 485 n.
o40
Pratensius, voy. Pré> (des).
Prés (Barthélemi des), îv*o 1267. — 469
et n., 470 n.
Prés (Pierre des), 470 u.
Prévost, voyez Bartaudière.
Prévôté (Les Pasteurs de la), N" 1142.
— 85.
Prévôté (Les habitants de la), 50, 51, 85.
Prince, imprinienr (Le), 226 n.
Princeps, voy. Prince (Le).
Probst (Jacoi)), 189 n.
Protestants d'Allemagne (Les princes),
X" 1176. — 74 n., 75 et n., 76, 77 et n.,
108 n., 152 n., 157, 171 n., 181, 182 n.,
18.3 n., 200 et n., 212 n., 251 et n.,
253, 257, 307 n., 311, 312, 316, 322,
330, 335 et n., 346 et n., 348, 377 et n.,
403, 404 et n., 405, 406, 407, 410, 411,
417, 421 u., 428, 435, 436, 437, 438,
439, 440, 441 n., 442, 457, 472 et n.,
474, 475, 506.
Protestants d'Allemagne (Les ambassa-
deurs ou députés des), 148, 149 et n.,
150 et n., 154 n., 182 et n., 304, 305,
311 n., 323 et n., 348 n., 404, 411, 435,
439, 457, 474.
Protestants (Les docteurs des Princes), 406,
428, 438, 472 n.
Provence (Les Vandois de la), 4 et n.,
275 n.
Provence (Le parlement de), 4 u.
Pyrrhus, surnom de Zébédée (Andi'é), 445n.
«
Quincy (Jeanne de), 224 n.
Quercu (Leodegarius à), voyez Chesne
(L. du).
Querquinne, voy. Carchien.
INDEX .VLPHABÉTIQI K DES NOMS.
R
Piabier (Antoine), 91 n.
Pvaigecourt (Richard de), 323 n., 335 et n.
Piavot, imprimeur (Claude), 44 n.
Rebit ou RiBiT (Jean), N» 1223. — 176,
177 n., 298 et n., 319 n., 331 et n.,
332 n., 333, 357 et n.
Rebit ou Ribit (Hippolyte), 133 n.
Régis (Le notaire Jean), 222 n.
Regressu (Adam à), voy. Retours.
Reliquanus, voy. Rhellicanus.
Renatus? (Camillus), 193 n.
Renée de France, N» 1170. — 84 n..
119, 120 n., 161 et n., 162 u., 163,
178 n., 179 et n., 180 et n., 181 n.
Retours (Adam de), 70 n.
Rhellicanus (Joannes), 88 n., 112 et n.,
113 et n., 187 n., 512 n.
Rhenanus (Beatus), 88 n.
Rhodes (Les habitants de), 40 et u.
Richard (Le docteui- Pierre), 60 n.
Richardot (François), 119 et n., 178 n.,
179 n., 180 n., 181 n.
Richardot (Pien-e), 180 n.
Rigault, imprimeur (Benolst), 226 n.
Rihel, imprimem- (Wendelin), 79 n., 166 n.,
224 n., 345 n.
Ritter (Érasme), 73 n., 95 et n., 96 n.,
117 et n., 131, 139 n., 142 et n., 209
et n., 211, 243 et n., 244 et n., 256 n.,
284 et n., 297 n., 336 et n., 337 et n.,
338, 356 n.
Rive, seigneui- de Prangius (Georges de),
vo}-. Neuchîitel (Le Gouverneur de).
Pvobert ou Robert! (Le diacre Vital), 31 n.,
196(?), 197 n., 502.
Pvobrac (Jehanne de), 64 et n.
Rotfet, imprimeur (Estieune), 70 n.
Rogier ou Rougier (le chii-urgien Jean),
376 et n., 378 n., 379 et n.
Roma (Le Jacobin Jean de), 275 et n.
Roph (Estieune), 104 n.
Rosenblatt (Wibrandis), 39 et n.
Roset (Claude), 331 n., 503.
Rosiu (Agnès), 332 n.
Rossem (Martin van), 74 n.
Roucel (Androuin), 480 et n.
Roucel (Nicole), 480 et n.
Rougeot ou Rougier, chirurgien (Jean),
415 et n.
Ruel, martyr (Laurent du), 63 n.
Rurti (Pierre), 333 n., 436 n., 460 n., 503.
Rumlangen (Ébrard de), 187 n.
S
Sachins, seigneur d'Aiiières (Claude de).
No 1145.— 89 et n., 90 n., 91 n., 93 n.,
224 et n.
Sachins, seignem- de la Mylatière (Claiide
de), 90 n., 91 n.
Sachins (François de), 90 n., 92, 93 u.
Sadolet (Le cardinal Jacques), 4 u., 287,
469 n.
Saint-Flour (Antoine de), 10 et n., 11, 67.
Saint-Gall (Le Conseil de), 489.
Saint Office (Le tribunal du), 118 n.
Salanianque(Les théologiens de), 350,406.
INDEX ALIMIAIIETIULE 1»K.S NOMS.
541
Salzbourg ( L'arche vêqno de), 76 ii.
Sapiontis (Le chanoine Henri), 483 n.
Sarpi (Paolo), 2-i2 ii.
Saubonne (Miclielle de), 177 n., 180 n.
Saunier ou Sonier (Antoine), 217 n., 218
et n., 25-1 n.
Savoie (Le duc de), voy. Charles IIL
Savoie (Louise de), 30G n.
Savoie (Le président de), voy. Pellisson
(Reymoiid).
Saxe (Les églises de la), 158 n.
Saxe (Jean-Frédéric, Électeur de), 75 et n.,
149 et n., 251 n., 257 n., 330, 507.
Schaffouse (Le Conseil de), 489.
Schefler, voy. Scepperus.
Sceppenis (Cornélius), 251 n.
Schmid (Conrad), 73 u., 95, 100 n., 140 n.
ScHXEPF (Ehrhard), N» 1243.— 408 et n.,
409, 463 et n.
Schorro (Nicolas), 249.
Schouber, imprimeur (Lax), 5U8 n.
Secretaiu (Antoine), 44 n.
Senarclens (Claude de), 82, 83 n.
Senarclens (François de), 82, 83 n.
Sénarpont (Gabriel de), voy. Monchy.
Senensis (Bernardinns), voy. Ochino.
Sevenus (Gérard), 77 et n.
Simler (Josias), 169 n.
Simonin de Gorze, 153 n.
Sinapius (Jeau), 180 et n., 181 n.
Sleidau (Jean), 60 n., 108 n., 160 n.,
242 n., 444 n.
Smalkalden (Les princes et les villes de la
ligue de), voy. Protestants.
Soleure (L'avoyer de), 18.
SOLEURE (Le Conseil de), N" 1116. — 14
et n., 15 n., 17, 18, 32 n., 385 u., 502.
Soleui'e (Le secrétaire de), 18.
Soleurois(Les),voy. Soleure (Le Conseil de).
Soliman (Le sultan), 40 n., 41, 130 n.,
242, 332 et n., 333.
Sonerius, voy. Sauni^'r.
Sorbonne (Les docteur> de la), 62, 292
et n., 350.
Soubi>e (Le seigneur de), 180 n.
Spalatin (Georges), 75 n., 158 n.
Stade (Fi-antz von), 343 et n.
Stadianus (Franciscus), voy. .Stade.
Stephanus (Robertus), voy. Estienno (Ro-
bert).
Sthôlli (Blàsy), 74 n.
Stier (Le chancelier Sigismond), 237 et n.,
291 et n., 293 et n., 464 et n., '^5,471.
Strasbourg (Les chanoines ou le Chapitre
de), 157 et u.
Strasbourg (Le Conseil de), N"" ll2i»,
1218, 1270, 1271. — 38, 52, 125 n.,
126 n., 127 et n., 1.50 n., 311, 312 et n.,
314, 316, 330, 335 n., 4U3, 405, 417
ef'n., 418 n., 421, 435 et n., 437 et u.,
41tJ, 441, 442 et n., 450 et n., 453,454,
455, 4.56 et n., 457, 458, 'Uil, 472, 473
et n., 475, 492 et n., .507.
Strasbourg (Les députés de), '.t7 n., 157 n.,
305, 311.
Stra.>bourg (L'École ou Académie de), 169,
481.
Strasbourg (L'Église de), 170, 490.
Stra.sbourg (L'église frani/aise de), X"
1101 b. — 170 n., 293 n.. 492 et n.
Strasbourg (Le pasteur de l'église fran-
çaise de), X- 1101 b. — 170 et n., 4W2
et u., 493 n.
Strasbourg (L'évêque de), voy. Liinbourg
(Érasme de).
Strasbourg (Les Pa-tem-s de), N" 1054 a.
115 n., 127 n., 128, 415, 489, 490 n., 492.
Strasbourg (Les réfugiés de Metz à), vny.
Metz (Les réfugiés de).
Sti-asbourg (Les savants de), 435 n.
Strasser (l'aul), 73 n.
Stupaïuis (Joan. Xicolaus), 118 u., 185 n.
Sturm de Sturmeck (Jacob), 149 u., 150
et n., 472 et n., 476.
Sturm (Jean), N" 1173. — 77, 80 n., 165 n.,
170 et n., 171 et n., 416, 451 et n., 493 n.
Sturm (Pierre), 149 n., 473, 475.
Suisse (Les r-antons évangéliques de la),
> 1005 b. — 310, 488 et n., 489.
Suisse (Les pasteurs évangéliques de la),
261 et n., 262 n., 268.
Suisse (Les églises évangéliques de la),
266, 267.
Suisse romande (Les pasteui-s de h), vov.
Pays romand.
Sultzer (Simon), N™ 1137, llos, iii>_',
1167, 1185, 11116, 12(X), 120.5.— 72
et n., 73 n., 75, 95 et u., 96 n., 97 n.,
99 n., 110 n., 117 n., 129, 131 et n.,
137 n., 1,38, 140 n., 141, 147 n., 1.56,
1.59, 201 et n., 209, 210 n., 211 n..
212, 216 et n., 240, 243 n., 244 n., 245,
256 et n., 257 n., 258 .-t n., 284, 285
et n., 296 n., 297 et n., 298.
Sylvius (Jacobus), voy. Bois (Jacques du).
Tngautius (JoannesJ, 223 n.
Tallauge (Le sieur de), vov. Gouniav
Thiébaud de).
542
INDEX ALPHABETIOUK DES NOMS.
Tam-us (Sigismuudus), voy. Stier.
Ti'lamonius, voy. Tillniann.
Telorus (JoaniK's), voy. Endsberg.
Terentiano (Julio), 169 n.
Termègne (Jean de), 153 ii.
Textor fBenoîf), N" 119». — 82 et n.,
90 11., 92 n., 93 n., 223 et n., 224 n., 225
et n., 227.
Textor (La famille de B.), 225 et n., 227.
Thièle (Les habitants de), 364 et n.
Tliomas «««- (Maître), 198.
Thomas ••■*■*■, de Cornaux, 367.
Thomassist (Antoine), N" 1232. — 357
et n., 358 et n.
Thoinassin de Chevillon, 153 n.
Thonon (La Classe de), 36, 135 n., 217 n.,
280 n.
Thonon (Les pasteurs de), 36.
Thonon (Les habitants de), 36 et n.
Thonon (L'École de), 36 et n.
Thonon (Le sous-niaître de l'École de), 36.
Thonon (L'abbaye de la Jeunesse de), 36 n.
Thorel (Noël), 156 n.
Thunstetten (Le doyen du Chapitre de),
280 n.
Tillier (Antoine), voy. Lausanne (Le bailli
de).
Tillmann (Bernard), 131, 159, 285.
Tissot (Le trésorier Pierre), 89 n., 503.
Toloraei (Claudio), 164 n.
Tornacus (Jo.), voy. Tournay.
Toulouse (Le parlement de), 107 n., 108 n.
Toulouse (Les théologiens de), 350, 406.
Tom-nay (Jean de), 71 et n., 176, 177 n.,
238, 239 n., 376 et n.
Tournes, imprimevir (Jean de), 93 n.
Tournon (Blanche de), 65 n.
Tournon (L'évéque Claude de), 63.
Tournon (Le cardinal François de), 64,
65 et n., 66, 303 n.
Tournon, neveu de Claude et de François
(Claude de), 63 et n., 64 et n., 65.
Toussais (Pierre), N"» 1113, 1123, 1131,
1180, 1193, 1210, 1214, 1249, 1264,
1265, 1268, 149 a. — 9 et n., 33, 34
et n., 57, 58, 190, 191, 200, 215, 221 n.,
237 et n., 238, 291 et n., 292 n., 293
et n., 299 et n., 301, 420, 421, 462
et n., 464, 465 et n., 471 et n., 479,
481 n., 485 et n., 486, 487 et n., 504.
Tragus (llieronymus), 224 n.
Trebelliano (Theodosio), 169 n.
Treppereau (Louis), 79 et n., 83 n., 84 n.,
106 et n., 207 et n., 449.
Trepperelhis, voy. Treppereau.
Trévise (Les Évangéliques de), N» 1186.
— 212, 213 n., 214.
Tryve (François de), 34 n.
Tschudi (.î^gidius), 88 n.
Tuilerie (L'hôte et l'hôtesse de la), 399 n,
Tm-ca, 94 n., 120 et n.
Turcs (Les), 41 et n., 57, 76, 77, 108 et n.,
1.30 et n., 131 n., 241 et n., 242, 257,
264, 287, 343, 459, 460 n., 461.
Turcs (Les députés des), 77, 130.
Turtaz (Elisabeth), 109 et n., 133 n.
Turtaz (Hugues), 133 et n.
Turterus, voy. Turtaz (Hugues).
U
Ungnad (Jean), 241 n.
Urseriis (Anastasia de), voy. Orsières.
Ursinus, pseudonyme de Guill. Farel,
259 n.
Vadian (Joachim), 93 n., 144 n., 161 n.
Valais (Les députés du), 35 et n.
Valaisans (Les), 35 et n.
Val-Bousquet ou du Bosquet (Hélie), 377 n.
Vandel (Les frères), 466 n.
Vandel ou Wandelly (Thomas), 466 n.
Varod (Michel), 236, 237 u.
Vassy (Les Évangéliques de), 306 n.
Vatake (François), 290.
Vaud (Les Églises du Pays de), 101 n.,
356 et n.
Vaud (Les pasteurs du Pays de), 84 n.
Vaud (Les villageois du Pays de), 234 n.
Vaud (Le gouverneur et bailli du Pays
de), 483 n.
Vavre (Les habitants de), 363 et n.
Védaste (Jean), 478 n.
Veltin (Frère), voy. Bois (Valentin du).
Venise (Le Sénat de), 213 n.
Venise (L'ambassadeur de France à), 470
et n.
Vénitiens (Les), 130, 144 n.
Vénitiens (Les Évangéliques), 212, 213 n.,
214.
Verger (Éloy du), 226 et n.
Vergerius (Eligius), voy. Verger.
Véron (Claude), 207 et n.
Verratus (Frater Jo. Maria), 178 n.
Vert (Estienne Le), 206.
Vevey (Le Colloque de), 238, 239 n., 245 n.
Vevey (Les députés de la Classe de), voy,
Lausanne (Classe de).
Vial (Jean), 504.
l.NDKX AI.IMIAIIETK.
ViCENCE (Les Évaiigéliques de), N" 118G.
— 212, 213 II., 211.
Viller (de), 335.
ViKET (Pierre), N"* 1121, 1136, 1143,
1144, 1160, 1182, 1211, 1231, 1237,
1251.— 3etn., 5, 13, 14, 28, 2it, 30 n.,
31 et n., 34, 36, 38, 39, 40, 44 ii., 53
et n., 54, 68 et n., 69 n., 71, 72, 78, 79,
84, 86, 87 et 11., 88 n., 89, 101 n., 103,
104 II., 106 n., lOit .'t n., 110 ii., 111
et n., 114 et n., 115, 117, 118, 119,
121, 122 n.. 132 et n., 133 et n., 134,
135 n., 136 n., 137, 110 et n., 141,
142 n., 146 n., 148 n., 163 et n., 166 n.,
167 n., 168 11., 174 n., 176, 194 et n.,
196 et n., 215 et n., 216 n., 218 et n.,
220, 224 et n., 235 n., 238 et n., 239 n.,
244 et 11., 245 et n., 247, 248 n., 249 n.,
258 n., 259 n., 277 n., 284 et n., 285,
290, 291, 293, 294 u., 295, 296 n., 297,
.303, 329 11., 351 lu, 352,353 n., 354 n.,
355 II., 357, 370, 376, 378 et n., 383,
384 11., 385 n., 386, 387 n., 391 n., 397 n.,
400, 417 et II., 419, 434, 435 u., 436
et u., 440, 441, 448, 503, 505.
Viret (La femme do F.), voy. Turtaz (Eli-
sabeth).
Viret (La tante maternelle de), 109 et n.,
111.
Virginins (Maturimis), voy. Prés (Bartlié-
lemi des).
ViROT (Guillaume), N» 1225. — 323 et n.,
329 et n., 334 et n., 335, 437 et n.
Vito de Sicilia, 285 et u.
Voittre, banquier (Ricliard), 399 n.
Volât (Jean), 337 n.
Voye, martyr (Ay mon de la), 107 n., 303 n.
Viiliierens (Nicolas de), voyez Auxerre
(Nicolas d').
W
Waldeck (L'évêque Frantz de), 157 et n.,
250 et n., 292 et n.
Wandart (Nicolas), 105 et n., 354 n.
Waiidée, voy. Wandart.
Wandel (Thomas), 466 n.
Wandel (Pierre), 143 et n.
Warnéiy ou Warney (Fi-ançois), 44 et n.
Watteville (L'avoyer Jean -Jacques de),
199 et n., 200, 239 n., 294 n., 386 n.,
505, 506.
Il K ItKS N(».MS. 543
Watteville (Nicolas de), 249, 336 et n.,
338.
Welches (Les doyens), 114 n., 121 n.
Wied (L'aichevê<iue llerinaiiii de), 157
e* n., 250 et n., 287, 292 et n., 299,
397 et n., 452 n., 158 et n., 459 et n.,
461.
Wis>hauen (Gaspard), 249.
Wouters (Cornélius), voy. (Jualtheiois.
W'nrtemberg (Le comte Georges de), 9 et n.,
28 et II., 29 et il., 57 n., .58, 191 et n.,
237 et u., 292, 293, 464, 465, 471, 487.
Wurtemberg (Christophe, duc de), 57 et n.,
200, 237 n., 292 et n., 299, 301 et n.,
379 n., 108, 409, 414, 420 et n., 4(j3 et n.,
465 et n.
Wurtemberg (Ulric, duc de), 76, 150 n.,
257 n., .301 et n., 302 n., 30l, 330,405,
408, 409, 496 n., 498.
Yveidon (Le bailli d"), 409.
Yveidon (La Classe d'), 111 n., 134 n.
Yverdon (Les prédicants d"), 50 u.
Z
Zébkdée (André), N" 1127. — 5, 42 et n.,
43 II., 48 11., 49 n., 71 et n., 111 n., 121
et n., 132 et n., 133 n., 134 et n., 145,
445 II., 503.
Zulouir fMarti), 249.
Zurich (Les bourgeois de), 187 n.
Zurich (Le Conseil de), 187 et ji., 193 n.,
31 1 n., 489.
Zurich (Le Collège de), 187 n.
•Zurich (L'Église de), 239, 345.
Zurich (Les étudiants de), 187 n.
Zurich (Les Pasteurs et Professeurs de),
73 n., 113 n., 120, 210 n., 290, 291 n.,
333 n.
Zurkinden (Nicolas), 140 n., 280 n.
Zwick (Jean), 158 n., 187 n.
Zwickau (Le pasteur de), 158 n.
Zwingli (Régula), 239 n.
Zwinf.'li (Ulric), 100 ii., 118 n., 123, 124.,
169 n., 239 n.
Zwinglieiis (Les), 330 n.
ERRATA
P. 6, première ligne, lisez aux Conseils.
P. 102, X- 1148, ligue 3, lisez 1542.
P. 117, ligne 3 du texte, au lieu de vobii, lisez robis.
P. 180, ligne 6, lisez npoasxixr}.
P. 192, ligne 8, au lieu de Campii, lisez Campi.
P. 214, ligue 24, au lieu de omnimo, lisez omuino.
P. 214, ligne 31, au lieu de vohis, lisez nohis.
P. 219, note 21, ligne 2, au lieu d'écrits, lisez édits.
P. 221, note 4, ligne 6, au lieu de augustiis, lisez angustiis.
P. 237, note 3, ligne 3, effacez Ulric.
P. 286, lig. 6 du texte en remontant, au lieu de sus, lisez suo.
P. 288, avant-dernière ligne du texte, au lieu de gub, lisez qubd.
P. 303, lig. 7, au lieu de christani, lisez christiani.
P. 419, avant-dernière ligne du texte, lisez Guîielmo.
P. 436, lig. 13, au lieu de troy, lisez trop.
P. 463, lig. 9, après festa, placez le renvoi de note 6.
P. 479, lig. 5, supprimez m. dans le millésime.
P. 508, ligne 6, au lieu de figurent, lisez figure.
FIN DU TOME HUITlExME
GEORG a: C^ ÉDITEURS
QENÈVÊ, B A LE ET LYON
Bordier (Hpiiri). La Saint-Barthélomy ot la critiquf moderiio. In-4o,
HT) ]), avoc 9 pi. o{ fig. dont 1 pi. on chromo. 1870 10 —
Calvin. Récit de la dci-nièrc maladie et de la mort de J. Calvin, ])ar un
témoin oculaire {Th. âe Bezé). In-12. 186i — 60
Catéchisme français de Calvin publié en 1537, réimprimé pour la pre-
mière fois d'après un exemplaire nouvellement retrouvé, suivi de la plus
ancienne confession de foi de l'église de Genève, avec deux notices par
Albert Eilltet et Théophile DiFom. In-16 de 434 p., pajiier de Hol-
lande, avec 2 fac-similé. Epuisé, les derniers exemplaires à . . . . 20 —
Fazy (Henri). Procès de Jérôme Bolsec. In-4". 1866 5 —
— Procès de Yalentin Gentilis et de Nicolas Gallo (1558) publié d'après
les documents originaux. In 4". 1878 4 —
— La Saint-Barthélemv et Genève. Etude historique, avec documents.
In-40, 131 p. 1879 ..\ 5 —
Galiffe (J.-B.-G.). Genève historique et archéologique, avec dessins et
illustrations de H. Hammann. In 4», environ 90 grav. dans le texte et
un plan synchronique. 1869 — 72 37 50
— Le refuge italien de Genève aux XVI'«e ot XVII'ne siècles. in-80.
1881 5 —
-s®.::;. Dé)iombrcineiit biographique et généalog. du Refugi^ italien de Genève et des
colonies espagnole, portugaise, gi-ecque, juive et turque, qui s'y rattachent.
Genève ecclésiastique ou Livre des spectables Pasteurs et Pro^ >urs
qui ont été dans cette Eglise depuis hi Réformation jusqu'en 186 »5 p.
In-8« .' 1 50
Goltz (Baron de). Genève religieuse au XIX'"*^ siècle, ou tableau des faits
qui, depuis 1815, ont accompagné dans cette ville le développement de
Vhid idualisine ecclésiastique du ré>-eil, mis en regard de l'ancien sys-
tème héocratique de l'église de Ca-v^iii. Traduit de l'allemand par
C. Malax. In-8», 592 p. 1862 7 50
Merlo d'Aubigné (J.-H.). Caractère du réformateur et de la réformation
de Genève. In-8'^. 1SG2 1 —
Rilliet (Albert). Le rétablissement du catholicisme à Genève il y a deux
siècles. Etude historique d'après des documents contemporains pour la
plupart inédits. In-S», 256 ]). 1880 .' 5 —
Roset (Michel). Les Chroniques de Genève, ])ubliées d'ajjrès le manuscrit
original des Archives de Genève, par Henri Fazy. Un l)eau vol. in-80.
Ruchat (Abr.). Histoire de la Réformation de la Suisse. Edition avec
a])pendice et des notices sur la vie et les ouvrages de Ruchat, par
L. ViLLiEMiN. 7 vol. in-8o, 1835 à 1838. (Publié à fr. 35) 20 —
Schmidt (C, prof, de théol.). Les libertins s])irituels, traités mystiques,
écrits dans les années 1517 à 1549, ]iublié d'après le manusci'it original.
In-120, 248 p. 1876 7 50
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lîoiit'vo. — lni|ii'. \V. Kiinili^ cl Fils
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Herminjard, Aime Louis
Correspondance des
refonnateurs
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